S C E N E X.
LLE COMMANDEUR,M A.MaîtrefTe du frère dans rappartement de la fœur, à coté de toi, d'Auvilé, & tu ne l'as pas deviné! Je me doutois bien que les valets étoient mêlés là dedans. C'eft qu'il ne faut rien négliger; fl y a toujours à apprendre où l'on fait du bruit. Voilà la maifon livrée au défordre, des enfans perdus, & Un père bien avancé...Mais pourquoi m'cffaroucher, comme je fais? Quoi! trois ot| Quatre cervdles folles triompheroient de ma prudence! De par le diable qui les mené tous, cela ne fera pas. Voyons, que nous rel^e- t-il à faire: Elle ert icr. Ils ont mon ordre. Mais il n'en exifte pas moins, & je faurai bien trouver le moyen de le faire mettre à exécution. Éloignons ie père, fervons ces enfans ingrats, malgré qu'ils en aient, fauvons-lcs s'il fe peut du ridicule & du d^sh^^n- neur; ce doit être mon ouvrage > puifqu'il ne refte qu^<naoi 4f fenfé dans la familîe.. ' -.
Fia du quatrième A^e.
ACTE CO M É^D JE.
49 ACTE V.
S CEN E P REM lE RE.
LE PERE DE FAMILLE, GERMEUIL, Mr. LE BON.
OLE PERE DE FAMILLE, ii^it^ h GtmuuiL ui, c*eft vous qui égarez mçs enfans. C'cft vous qui ave^ cm-' mené la MaitreiTe de votre ami. Jufques à quand avexvouiE r efolu de voui îouer d'eux »tle mon frère > & de moi \ Connotflez tout rincérêc que je prens à cette infortunée & tremblez de mettre ma patience à uoïc plus longue épreuve. Qu'elle fe trouve, vous dis- )e; je ne vous accorde qu'un inftanc pour me la rendre, & me répondre & duUieu où vous l'avez celée & du l<émps qu'tlle y z viSé. Si vous balancez encore à me fatisfaire, jugez i mûn trou- ble ce que vous aurez à redouter de mon indignation.
Monfieur le Bon> délivrez-moi de ces importuns qui m'obfedent. Je ne veux ni fortir, ni recevoir perfonne aujourd hùf { & qu'on œ'avertifle quand mon frère fera rentré.
S C E N E I 1.
"I^Égare fes enfans! Voilà la récompenfe de ta vertu « & le fuccês ^des vues les plus hotinêtes. Prudence vaine & trompeufe, de quoi m'auras- tu fiprvi?
SCENE I IL GERMEUIL. Ec votre père me la redemande » & né me hlilè xja*iin hifhmt Qour la lui rendre. Sommes-nous aflez o^albeureux I CECILE.?, O Dieu! Ah, Germeuil: pourquoi Vôiis âi-|è cru. Que n*é- Coucois-je mon preflentiment?
GERMEUIL. • Vofez mon défei^oir » & m'épargnes le repTtK^he.^. Mâde^tiî- le, je ne pufs plur rien pour votrcfircte, & deft à vous qu'il faut fonger. J'achève ma ruine, ou je vous tire des embaMauctUtl^ dd je vous ai jetée.
CECILE. Quel eft votre deflein?
GERMEUIL. Voilà votre frerc. Arrêtez-le i fur- tout gardez-vous de l'alarmer.
G eo LE PERE D EF4 M I lie; SCENE IV.
CECILE. Venez, mon frerc..
Dans un même jour, maudit d'un père, pourfufvi par un oncle!
abandonné de cequc j'aime...Je la croyois perdue: & sru moment où je la retrouve, il veut accepter le deshonneur, ou s'en arra- . cher...Ah, Cécile, je m'en vais donc loin de toi, loin d'elle; & où la laiffai^je?...Je ne la, reverrai plus! Je ne la reverrai plus4 "Où eftril cec ami v" Jç voudrois auHi l'embraffen CÉCILE.
Hélas! je oe fais où il eft allé..
CECILE, Je plains fon fort. Je, plains Je. vôtre...,...
^S,A,I N T r A L.B IN. Je vous la recommande à toui deux \ parfes charmes, fa fcu- nefle, fon innocence, fa mif^reîSc fon mall;içur que j'ai faits I...Ma fœurn'oubliez pas que les atyles font facrés« Je fuîi fûiis rautorûé d'un pefe; Vous contîOîflfe* les 'droits de l'infortune. ^'..
Je crains tout de mon oncTe. De quels dangers nous fommes cnvironncs.fî - S A l-^N T I À L Ë'LN; ^"^ Cécile, je le foiw, vpps mç prépc^rez aii conible du malheur*.. Ah! s'il faut ^iiie je meure, finiflèz du mc^ins tnon fl4>pli<;e d'un feul coup...,•'' *.
CECILE, SAINT-ALBIN; Mr. LE BON, Mlle. CLAIRET.
Mlle. CLAIRET..\...Mademoîfelle, votre oiicle'ift rentré, & nous fommes tous en alarmes. SAINT-ALBl iN-.:- ' COMÉDIE. n S C E N E V L CECILE, Mlle. CLAIRET, VMlIc. CLAIRET, Oicî Monfieur votre oncle.
CECILE. Mon frcrei.. Que va-t-il fttre?...O mon père, que vous répon- draf'jel Comment foutcnir la préfenee de mon oncle? Mes genoux fe dérobent fous n>oi. AiTeyons-nous. Fatfons quelque chofe qui me difpenfe dtf le regarder.
S C E N E VII.
CECILE. LE COMMANDEUR.
JLE COMMANDEUR, h MudcmoiftlU Clairet. E t'y prendrai...Ma niçce, tu as là une femine de chambre bien alerte. On ne fauroît faire un pas fans l'avoir fur Cç^ talpns^M Mâi$ comme te voilà râveufe 8t delaiffee.
CECILE* Il eft vrai...que...Ah!
LE COMMANDEUR. La voix & Us mains te tremblent?...C*dl une cruelle chofc que le.trouble. Ton frère n'en a plus tant à préferu:'ii prend, ce me femble, affez doucement fon départ. Voili coTnme ils font tous. D'abord ^ c'eft un dérefpnir à *f e noyer, à fe pendre; tournez la main, pîft « il n'y paroit plus. Je me trompe fort, oh < il n'en, feroit pas de même de toi: fi ton cœur fe prend une fois /cela durera* LECOMMAND EUR, Ton ouvrage va mat?
CECILE. Fort mal.
LE COMMANDEUR.
Comment Germeuil & ton frcre font ils maintenant? Affez b'en je croîl. Cela s'eft apparemment éclairci^ToiUt sîéclaircic à la fin ^ & puis on eft fi honteux de s'être mal conduit.^ Tm ne Ois pas cela M coi qui as toujours été 6 réferyée, fi citcon^eâe.
Tu n'entends rien...C'eft un étrange mortel que ton jaîrttaii*' jours affairé faqs favoir dé* qtipîi toujours regàrdaot, & ne vo^rant rien. Mais revenons à l'ami Germeuil. Je n'ai pas cha0gé d'avis fur fon comgtt a^ mains.
CECILE. Je le crois..,.; LE COMMANDEUR. ': Ni toi nos plus ^ yeft<-Ge pas f Je lui découvre tous les jours SI LE PEJKE DE FAMILLE, quelque qualité ^ & je ne Tai jamais fi bien connu. C efi ungarçoa furprcnanc...mais tu es bien preffée.
CECILE. Mon père urde ireviçnir j & j'en fuis inquiète.
SCENE V I I L ÎLE COMMANDEUR, fiul. Nquietel je te coofeille de l'être, tu ne fais pas ce qui t*attend.- Il eât pourtant été bien à fouhaiter que Ton père fe fât éloigoé^ d'ici: mais j'ai eu beau lui fufciter des affaires au dehors, il écoit die qu'il refieroit cloué chez lui. Voirons donc à nous retourner; niomrons-luî tout le défordre de Tes enfans; St s'il h'eft paspofli- ble de l'entraîner dans le feul parti fenfé qu'il reftojc, ôtons-loi du moins le pouvoir de s'y oppofer.
SCENE IX SCENE IX LE COMMANDEUR, LE PERE DE FAMILLE.
^ LEPERE. DEFAMiLLE.
JEliH bien, mon frère, que peut*il vous refter à m'apprendre?
L E C O M MA N D E U R. Prefque rien: mais attendez un moroenc. {aMUe. Clairet qu*il furprtnd au guet. ) Mademoifelle, approchez. Ne vous gênez poiat \ vous entendrez mieux.
LEPEREDE FAMILLE. A qui en avcz-vous?
LE COMMANDEUR. A la femmede- chambre de votre fille qui nous écoute* L E P E R E D E F A M I L L E. > Voilà reffec dé la méfiance que vous avez femée entre mes en* fans, & vous les avez féparés de moi & voiis les avez mis ea fociécé avec leurs gens.
L E C O M M A N D E U R. ^ Non, mon frère « non; ce n'eft pas moi qui les ai féparés de vous > c^eft la crainte que leurs démarches ne fuflent éclairées de trop près, S'ils font, comme vous dites, en fociété avec leurs gens, x'eft qu'il leur falloir quelqu'un qui les fervit dans leur mauvaife condiriqà i dans leur mauvaife conduite, entendez vous? Il n'y eât jamais ici de fubordination » il n'y a plus ni décence ^ m mœurs.
LE PER£ DE FAMILLE. , Nî mœurs l LE COMMANDEUR. Ni mœurs.
LE PERE DE FAMILLE. Expliquez vous.. / LECOMMANDEUÇ- C'efi bien mon dcffisim ee M é i> lE. a tii ■m» Il ïmsmSSSSiiSSmmm Ji.
S C EN E.X.
LE COMMANDEUR,LE PERE DE FAMILLE,GERMEU^..
GERMEUIL.
Sophie, que vous me redemandez avec laot dinftaace eft ici, « îe vous avoue qu'elle y a toujours été.,.,-.- LE PERE DE FAMILLE.
Chi^z moi!.,, GERMEUIL, Ouï,. Moflfitfur. chez vpuj i «ç c^ft mot qui IV f î coodiute* LE COMMANDEUR.
Qui \ & c'eft votre (ille qui l*a retirée...,.« LÉPEREDEFAMIL LE.
Ma fille f GERMEUIL. ^ Paî, fans la confulter, amené l'innocence a fes genoux. Jai mis votre fille dans la néccffité ou de la recevoir ou de fabaadpnr LE COMMANDEUR. Eh bien, mon frère. La maîtreflc dç votre fiU chez wu$, dans Tappartement de votre fille \ & l'on a ofc vous faire ceiouttajc ». Et l'on ofe vous l'avoncri Et vous le fouffrez l GERMEUIL.. ^-.^ ■ Elle eft en votre puiffance, & vous pouvez i votre gre difporcr de fon fort & de la vie de votre fils; mais j'ai d4 la r^vir à U pour-, fuite de Monfieur & de votre fils. & votre maifon ctoit l'unique afyle fur que fe puffe lui propofer.
LE PERE DE FAMILLE.
Je refpire.
LEÇOMMANDEUR. L*afy!e eft bien choifi $ qu'en dites-vous î Sentirez-vous enfin le défordre où vos enfuis font tombés? & tout le mépris qu'on fait ici de votre autorité?
LEPEREDEFAMILLE. Mon frère, nous fommcs trop heureux. Mes peines vont finir. Germeuil; allez; amenez ici cette infortunée^ & que je la voie fur le champ, GirmttUl fin.
LE COMMANDEUR. Avez-vous la tête perdue! homme in£enfé ^ père aveugle! LE PERE DE FAMILLE. Homme impitoyable, ceffrz Je me tourmenter; & fâchez que d'iin feul met, je pourjrofs vous faire mourir |le bpate & de do«« leur. ( Ici il fi fait du iruitm dcda^j, ) QH^cflr C€ Q«C ^^ brim I j4 tE PERE DE FAMILLE; S G E N E XI.
LE COMMANDEUR, LE P. DE FAMILLE, Mr. LE BON y Mad. HEBERT, DESCHAMPS, Mlle. CLAIRET.
Mr. L E B O N. Monfieur, des cpées « un Exempt, des Gardes j accourez, fi vous ne voulez pas qu'il arrive malheur.
De quoi vous mêlez-vous.
SCENE DERNIERE.
Les Précédens, SOPHIE, UN EXEMPT, SAINT- ALBIN ^ GERMEUIL,, PLUSIEURS GARDES. {Saint-Albin éoaru VExempt & Us Gardes, ) CECILE. Mon percî SOPHIE. Monfieur I SAINT-ALBIN,^ Gtrmeuil qui U retient. Laiffez-moi.
LE COMMAND EU R. Monfieur l'Exempt faites votre devoir.
SAINT^ALBIN. Auparavant il. faut m'ôter la vie.
LE COMMANDEUR. Faites votre {devoir.
LE PEREDE FAMILLE. Regardez là.
SOPHIE. C'cft vous, mon Oncle I Secourez-moi.
LE COMMANDEUR. Que voîs-jc?
SOPHIE. Mon cher ' oncle.
LE COMMANDEUR. Que faites-vous ici? Que ne reftîczvous dans votre Province? Pourquoi n'y pas lecourner quand je vous Tai fait dire V - .perdez pas.
/le PERE DE FAMILLE. Venez, mon enfant, levez- vous.
Madame HEBERT. Ah! Sophie.
SOPHIE. Ah! Madame. ^ * LE PERE DE FAMILLE. àfExempt. Monfieur, reiirez-vou», & n'ayez aucune inquiétude fur la fuite de cette affaire, je réponds de tour. ( à Sophie, ) Raffurez^ vous, mon- ervfant. Ce n'eft que par une tendrefle & des bienfaits proportionnés aux peines que vous avez eues, que votre oncle peut fe réconcilier avec lui-même & avec vous. - SAINT-ALBIN. Mon père ï LE PERE DE FAMILLE.
LE COMMANDEUR. Vous la voulez donc pour votre fille?
LE PEREDE FAMILLE. Vovez: où font les parens qui n'en fuffent vains.
LE COMMANDEUR. Tu la veux pour ta femme?
SAINT-ALBIN. Si je la veux!
LE COMMANDEUR. Ajre-là, j'y confens; auffi bien je n'y confentirois pas qu'il n'en feroit ni plus ni moins. ( au Père de Famille. ) Mais c'eft à con-» dition que vous me fafliez juftice de votre fille & de cet homme là* CECILE. Mon père > vous ne condamnerez pas votre fille fans l'avoir en* tendue?
LE PERE DE FAMILLE. Je vous pardonne...Cécile je vous pardonne: que me deman- dez-vous f SAINT-ALBIN. D'affurer auffi leur bonheur. Ils s'aiment. Mon père, livrez- vous à toute votre bonté. Que ce jour foit le plus beau dé notro Vie.'Germeuîl, approchez...' ""• ^^y^ LECOMMANDEUR. Et ne vous en ai-je pas averti?
LE PERE DE FAMILLE. Et pourquoi^me l'avoîr celé? Germeuil, depuis long-tcms fa vous avois deftiné ma fille, & j!ai aujourd'hui un nouveau motif pour vous l'accorder.
fi LE PERt D£ fAmiLLE.^c; LE COMMANDEUR. Fort Bîcn, voilà le combte. J*ai vu arriver de l6în cette extra^ vagance. Il falloic qu'elle fe fie, & Dieu-merci la voilà faict. Soyons coQS bien joyeux* Adieu » nous ne nous reverrons plus^ L E Pf RE DE FAMILLE. Mon frère.
Adieu.
LE PERE DE FAMILLE. Il changera d'avis. Il nous reliera.
L E P E R £ D E F A M I L L E. ' Cécile « Saint-Albin « approchez. Germeuil j venez, Sophie. Voyons j^ui de nous faura le mieux réparer les peines qu'il a eau- fées. Soyons tous heureux. ( Il Us unit & ajoute ) Le jour qui vous unira fera le plus folemnel de votre vie« puifle-til être aum le plus fortuné? AUon$.M O qu'il eft crael...qu'il tft doux dêuc père 1 FIN.
Oa troave â A?i|DQii» <boz Jacques GAURtoAii > Imprimeoc - Libraicc ^ ^lace Saioi4)idielf oa aflordmcAc complei de Pltcei de Tbéâcre.