SigPhi · Flora Tristan

Pérégrinations d'une paria, tome I

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Communiquez-moi vos projets, ce que vous comptez fiure^^ué saVëâs et vous devez croire ^er^onnè ne prend plus d'intérêt à vous que moi. f^^^ë^^'k^ heureuse et contente. Vous savez combien je vous aime, et tout ce qui vous touche de près m'intéresse péut-4*re plus ique vous. Tâche* ®èm àitt^è m^é^màm versf mm ôhelè $ cèlà voùs sera Ç votïs Fêtes naturellement. Les environ* de Cuzco sont charmants: tempérament dé ces pays. Nous avons les fruits d^ûrbpé! et d'Amérique. Chaque pays a un climat différent. €letlë capitaîe^st triste et sale; mais il n'y pleut pas tant comme c^flit^yiM^ été iirès ■ bienrG^ttvOh a^nr îîioi les plus glandes attentions. Ifts q*MuM4b^^ jgl * Je désire de tout mon cœur que ce griffon» âge vous trouve en benjie santé* ^ « Votre affectionné compatriote, ca%:oj$|^^ et tout mon désir est de vous servir en tout ce qui me sera possible, Ne doutez point de ma sincérité.

« Y otre plus sincère ami, <* F. MlOTA. » M. Miota et son cousin mtémâ <pi«?e jours à Aréquipa; ils partirent ensuite pôur le Guzco, où lé docteur de Castellac élait arrivé depuis JIIÉ^wisier e& te ^ lè général Miller dans son ^rçgei^ prendre r^i^^ le général Miller parte luî-teêâïë très mal le français et pas mieux Féspagnol.

M. Crévoisîer est le type du Français d'avant la révolution; sa politesse recherchée;, sa gaîté, son ton léger et badin, son bon cœur, sa mau- vaise tête/ toute sa personne enfin, ainsi que ses manières, retracent parfaitement ce qu'é- taient nosf ^ajads^pêresj fixais;; Mti$ ééttè frivole envdoppe du. siède passé,; M- eréVQïsier pos~ %ddt(> fes 5 ^Qttiitieèn fearjplns^ ei^mifeielletf aiix Som- mes réunis en société; c'est l'être le plus l$fà% le pïife f fetôrïë^ y n le plus iponctuel ^e j'aie jâftitfis i^tie^réi^ jotiîly 4^tkf#tfKW/^'& mm^V^ oiît Waès if ritf $f$Bft ééù$} fife; Hcrfit yâîné^élaitWîi |^riie patriote, i\ m' çn témoignait toute sa sarti^Caçtion par son inépuisable gaîtë^ -et je dois dire* cpie, jïehdàîrt son séjoùr à Métjùipà ^jé ne m%nhiïyâi pas un seul instaiit. II feUut enfin^cju'il partît, les travaux de Ja suçi^rie r^afflaieixt ses £oin$. Il retourna à > Camana, ^emportant avec lui ma kiticèré iedlâWtiÉi^:f yBiia K îl|lieE|^ '^aiMij^: llëB lettres qu il pi écrivit.

Camana, i5 octobre i833.

« Charmante et belle demoiselle, « J'ai l'honnenr de vous annoncer mon retqùr dans ce pa^ ap^ès trois, iqnrs de marche^ lesquels in^ont bien dérangé, par l'extrême chaleur dont j ai souffert^ et sur- tout par le. cruel souvenir de la séparation de ma bonne enchère eom^ auprès d'elle « mais enûn il mut savoir se résoudre à tout et disposer avec plaisir d'un beau moinent. quand 4 se présente» comme aussi se confirmer, avec ^résignation <mand^ tJ*est positivement ce qui m'est arrive. J'ai eu l honneur .pas des plus heureux.iPatienceî >M^^tà^'È^'-^ bien, «f^^fe et son a.mable ^j^' quels se sont empressés à me venu^ ^v ^^l^ jnpn aml^nlI^j^on^àein^Qd^ ^ e vos nouveUes, etiputé là famille a été au désespoir de ne vous avoir pas vue venir avec moi. Je leur ai fait comprendre que ç'a été pour vous chose impossible, vu la crainte où vous étiez d'at- traper ici les tercianas (fièvres), d'après tout ce qu'on vous en disait du risque que Ton court par l'approche de là saison étouffante que nous éprouvons dès à présent. Enfin je leur ai fait voir que, quoique vous soupiriez du désir de les connaître, vous préférez attendre un mois de plus pour jouir, bièn portante, de leur société, et n'a- voir pas le désagrément d'être au lit malade et privée de leurs belles réunions. Ils en sont convaincus, et plusieurs ont dit que vous aviez raison, excepté M. Tristan, qui absolument aurait désiré vous voir et vous embrasser.

« J'ai été interrogé sur le motif de votre arrivée au Pérou, et j'ai répondu que vous étiez si réservée, qu'il m'a été impossible de rien savoir de vous; niais que vous m'avez fait entendre que vous n'aviez d'autre désir que celui d'être auprès de votre oncle et de conserver sa tendresse et son amitié; mais que j'ai compris aussi? par quelques paroles 'qui vous sont echâ|^és T^ué vous ve- niez avec Ipeïquës preténtibias sùlr dés affaires d'intérêt, mais que je n'en savais pas davantage, > v « Àcela M.Tristan rh'a répondu lorsque^ occasion s'en présentera, il vous répondra par vos propres lettres, c'est à dire qù'iï croit' que vous n'avez pas des droits à la légitimité; mais qu'il suspend 'toute' péh'seë jùsqù'à ce « Le conducteur me pÉëssè V M à vous dire sinon que je vous aime qé coeur ^ et que je suis et serai pour toujours votre plus fidèle, dévoue et très passionne serviteur, Deuxième lettre, Camana, 3 décembre iS33.

« Charmante et précieuse demoiselle,...Je vous parle franchement. Comme les Français passent, parmi les autres nations > pour être in- constants, et vu que vous ne m'écriviez pas, je vous ai appelée ingrate. Je m'en repens et vous prie de me pardonner cette légèreté de ma part, que vous ne méri- tez pas* Dès l'instant que l'on confesse ses péchés de bon cœmyon mérite le pardon. Vous avez de l'indulgence; c'est encore une de vos vertus* Ainsi donc faisons la paix, aimable Florita, et çlès ici je vous ^embrasse ten r « Mais cependant faUncore envie de.m.e rjepejaitir ppur T vous avoir traitée d'màu^ente, puisque je me souviens que vous prétendez m'aimer plus clans un jour que moi je ne puis vous aimer dans un mois. J'oserai vous assurer que c'est tout au rebours* car|^^ sible de me surpasser en amitiés Enfin, c'ejst toujours une chose bien flatteuse J)our moi de recè^o^ un compli- ment si cher et si tendre d*une personne aussi aimable que vous. Je vous eû remercie du profondjde mon cceui;, e#;^m^ssm^yq^ occasion de vous prouver toute l'estime et l'amitié sin- cère que je vous porte.

« Jè souhaite que vous fous voyiez lé plus tôt possible avec M. votre oncle, et que toutes les choses Client bien; mais je crains des discussions qui pourront vous cha- griner, non tant à cause de lui, car il a de bonnes inten- tions à votre égard, mais à cause des autres héritiers, car ils auront beaucoup de peine d'être obligés de rendre. Enfin daignez, je vous prie, m'écrire souvent, et surtout racontez-moi * vo£ affaires lorsqu'elles t seront! fevorables. Quel que soit votre sort, je vous répète encore ce que je vous ai promis au moment de vous dire adieu: ma mai- son etlfcpèu jèpdâiède sërbntBûfïurs à votre ser- vice /Si 5 je n^aîs^u^mo^ joiè sèi^ait de ï&pâMi^ . ". Ayez un peu dé p^ïéïSté; f! ièï'-'' sonniez pour queïqués jours le fiafedSgè de' éés imjkùdéntë ét imfte- cfflés pa&bséui; ÀWrrh^ ffiTvotre oii«^»uWà?îë conçois qù'it est V&îâ!: «M^^^W^^^ê^êë: M gens si ridicules et si méprisables j mais enfin, je vous le repWen^,;Muè^po#^u J élq^ ***** " ' va* bien semé. Je ^ paraiso. Je ^is parier -^^m parlerai dé ^ A^équipa, ville d'intérieur, n'offre au corn- merçe que 4ps ressource^ linjUées. Le nombre dj^s étr apçers y e$t ^ussi très restreint. La seiilp mai§op française est celle de M f -Le Bris. Wle existe, au Pérou, depuis dix; ans, et ses aflmres soiît înoîîtées sur la pljis graiid^ écheHe, Avant que le Pérou ne fût exploité par la concwrre^çe et ru^nét par les g^rres civiles, M f; ^e,%i^ gçgng une fortune de pl^^ieijrs, miUiquç; mais ses maisons de faïgaraisp et cle Lima,, par trop de laissexvaller dans les affaiïm, éprouvèrent, des pf^te^énprines, I| fallut que la m^sou een+ ira^ ^Ar^ïiîiBa a H mm des de^ aiv- tves f,M fl,Le |*ris, q$i fst un frab% négopiauA,^ aj^,W^ a été soignée. Son esprit fin, légèrement sardo- nique, donne beaucoup de piquant à sa con- versation. La bonté de son cœur, la générosité de son ame sont admirables et surpassent tout ce qu'on pourrait en dire.

M. Le Bris réalise ce que je désignerais volon- tiers par le beau idéal du négociant. Arrivé au Pé- rou, dans un temps où les affaires étaient faciles, il avait pu donner un libre essor à ses vues d'en- semble, à ses idées larges et grandioses. Son gé- nie conçoit de vastes opérations, en embrasse les détails et en confie l'exécution avec une intelli- gence et un discernement remarquables. Il orga- nise le travail, le répartit entre ses nombreux commis, selon les capacités qu? il a su leur décou- vrir, et sa justesse de tact, de jugement est pres- que infaillible. Sa hardiesse dans lès affairés n'est pas celle du joueur; elle résulte de sa confiance dans l'exactitude de ses combinaisons. Très la- borieux, sk régularité en tout peut servir de modèle j et ce négociant apporte, dans ses re- lations commerciales, tant d'intégrité, de ponc- tualité, que sa parole vaut un écrit. Il est exempt de toutes ces lésineries, ces petitesëès dont il semblerait que le commercé français ne peut jamais entièrement se dépouiller. M. Le Bris, en toutes circonstances, est d'une obligeance inépuisable^ mais son désintéressement, sa générosité envers ceux de ses commis qui, par leur intelligence, répondent à ses vues, peu- vent, en France, être offerts en exemple. A-t-il envoyé l'un d'eux dans un département éloigné, si l'agent fait réussir l'opération qui lui est confiée, M. Le Bris lui alloue une portion «les bénéfices à litre de gratification. Lorsqu'un pe- tit marchand vient lui demander du crédit, il ne s'informe pas, avant de lui en accorder, si le petit marchand est pauvre ou richë, mais s'il est laborieux et probe; et quand, sur ce point, les rëiiseijgnemënts sont favorables; M. Le Bris fait des avances pour des sommés considë^ La Daàison de ce resjtèetablë négociant ne pré- senteras ce luxe excessif que lès Anglais étalent avdé ostentation dan^Mléûi^ rtdbi y est conve- nable et d^ne propreté recherchée. M. Le Bris reçoit beàucôup de mondë > î cëiiÉ^t^re d' un grand noihÉfe de bâtiments, les ca|Staines et subréèargiies qui viennent à Aréquipa n'ont pàk #àÉtrë maison que la sienne; Il invité eôiàMàfàto^ officiers de la mâïlné royale, ainsi que tous les voyageurs de dtstmctioi^qui viennent visiter le pays. On disait r lors de mou d[épart d'Ar équipa, que M. Le Bris allait y être noiumé viçe^consuj, afia^ quq le commerce français eût un, représentant dans cçtte Il ne sç souciait pas, d/abord d'ac- cepter^ tant lHnjdé|»e^d^nce;. <}é son caractère xér pugnœ aux fonctions publiques; nyûs, par in- térêt pquir le çpmEn^rce national, ilj a proniis d'^fer à sa nqffiinajiqn.

M; Viollier, gijf mier QQipçiis de ta maison,, qui représente jVf. I^B^is lorsque ç^lnj^pi e^st absent, est un jçune iSu^se de trente ans, çlevé à Bordeaux ^ et résjgd^nt an, Pé^QU depuis dix ans. j^&s ^i^%^t3p^ff^^è '^^i^.^x, des jepnj?| geçs de -\^ivj|a^ê^ f j^z'ili^ ^ç,J|sl.^^fi^ç^.^/ jr,*yy ai connu M. Deloi\ de Bordeaux, et M. Jacmaintenant pour leur çomlpte.

4l^wpa i ce font, avec ceux je viens de qi^|3d(|nçr^ ^>, t |^|i^ign^|i, 4^ f J^y^^rt^f dont îe magasin de nouveautés est le pbi$ ^eau de ïf% yiUe, jMM- Cerf, Juifs dç Bççs|, qui venaient d^p% leur m^sin toute^ sortes )^ f i^j^f^ t siett|$ ^ tuellement, les affaires de courtage dont ifs s'occupent spécialement les appelant sur tous les points du Pérou. Au collège, est attaché up Français,, en qualité de professeur: il se nomme Ml Morinière. C'est donc, en tout, huit à dix Français résidant dans uiiq ville de trente mille ames. £)n inp^agjn^rait^ naturellement que ces messieurs, parlant la même langue > originaires d|u ipme pays, ayant les mêmes habitudes, devraient, à une si grande distance de leur patriç, rççliercher la société les uns des autres, vivre eatre: eus* dans- des. relatipna;d'^|iiit^* Eh bien! il n'en est rien. Ces hommes se détestent, sç, déchirent à î 'envi.Pendant Igs sept quç j'ai passés à Aréquipa, j'ai eu je tei^p^de juges mes lorsqu'elle est excitée par la rivalité et la j^Jousie. C'est un spectacle qui provoque, le djr goût que d'entendre et voir agir ces individus. M^rPsf?,,^cupafltfla jjrein^ p^ace par^ fortune, était l'éternel objet de l'envie de ses compatriotes. Sa loyauté/ §a générosité, établies depuis longfenips. d'unie raanjère incontestable > notent pas éprise à leurs pr<?px% M§ rWm vaut l^toqner. de ce côté * ils;. tombaient sans ménagement, mm son caractère qu'ils, dépcignaient comme violent, âpre et difficile à vivre. De lui,, on allait à M. Viollier, qu'on traitait d'hypocrite et de flatteur.- M. Morinière était outré contre MM. Le Bris et Viollier. M venait me voir très souvent, et ne tarissait pas sur les griefs qu'il avait contre ces messieurs.

Dans les colonies, tout le mouds fait du com- îherce: ces habitudes spéculatrices existent par- tout dans les deux Amériques. Les préjugés de notre vieille Europe sur les professions n'ont pu s'y propager. L'esclavage du nègre y a bien fait classer les hommes par nuances de cou- leurs, mais ils ne le sont pas par le genre de travail dont ils s'occupent. M. Morinière, quoi- que employé au collège, se livrait aussi au né- goce. Il avait eu recours à M. Le Bris, qui, d'abord, lui accorda son aide et son appui; mais ce négociant reconnut bien vite l'inap- titude aux affaires du professeur de philoso- phie. Il lui fit observer amicalement qu'en con- tinuant à foire des opérations commerciales il coîïipromettrait son argent et celui des autrfes. M. Morinière eut la faiblesse de s'offenser d'une observation dont il aurait apprécié lâf ^iStesse s'il avait réfléchi à riUœmpatSbiHté dès deux occupations qu'il cumulait) et combiën l^hbîtïme dont l'esprit est engagé dans les hautes concep- tions de la science est peu susceptible de donner aux menus détails du commerce l'attention con- tinuelle qu'ils exigent. Par le refus de M. Le Bris, te professeur, se trouvant déçu dans s$s espérances de lucre, répandit partout, sur la dureté et l'égoïsme de son compatriote, des ca- lomnies qui provoquèrent le sourire, parce qu'on en voyait la causé, et auxquelles per- sonne n'ajouta foi, la réputation de M. Le Bris étant au dessus de pareilles attaques. Telle était la position respective des Français habitant Aî^équipa.

-. L'origine de cette ville est assez fabuleuse. Cependant on lit, au Cuzco, dans une chro- nique contenant des traditions indiepne^ que, yers h xn e siècle de notre ère, Maita-Capaei, souverain de la ville du Soleil, fut refiyei^é fle son trône. Il se déroba à ses ennemis par la fuites eri^^ dans les forêts, sur les sommets glacés des ^nt^ne$i accompagné de quelques uns des siens; le quatrième jour, haf ass^ jde fatigua ^ mourant de faim et de soif, il £ -arrêta $m fiel du^ v^pto f Tout à coup, cédant à une inspiration divine,,Maita plante son s'icrie u: Jréqmpal mot qui signifie, m^m 1 ' Sans lie là *FitrôMeïièe. ^Lei; cftâ$ se sont développée^ èUr là %r*e ùàt /m^e^^hùiùr à leur mérite; mais, souvent aussi/à çàtiées te $îë* ittênië^db^ TWièi^ë, d^kok)^ <^>û^ rappel le le Ga ve des rieuse; que le volcan dont la gigantesque élé- vation frappe les sens de stupeur les protège ou ne saurait les atteindre.

Le volcan d'Aréquipa est UJ*ç4$? plus hautes montagnes de:1a.. ch?une ^9^^WJÙ m- tièranent isolé, il présente un cône parfait. « ^uniformité de sa teinte gri$g lui don*ie un air de tristesse. Le sommet en ©$t presque cons- tamment eouyççt ^r^|gp; f pçtte neige, plus ou moins épaisse, diminue 4& lever au coucher du soleil. Quelquefois le volcan jetjtç de, 1^ fu- mée; cela arrive particulièrement le soir:: spuà un tremblement de ^^^^p^^hî^§fe#^ loppent presque toujours le sommet de la mon- tagne et semblent: ï& couper; on -en distingue paupft^ten^ „jrien|ieide toutes nuances,.posée sur çe cône d'une lia tête menaçante, j^.^^ ^qu^îsp^^ m-H Mon cousin Althaus & gr^i 4^ > soi^pift du vcdoan, visité $Qf4gS^^ gouffre jusqu'à la troisième cbemi^^ || sur son voyage volcanique, des notes et des dessins très curieux, que j'ai regret de n'avoir pas en ma possession pour les communiquer au lec- teur. Il fit cette ascension, accompagné dé dix Indiens armés de crocs. Cinq seulement furent assez forts pour le suivre; trois restèrent èh route et deux périrent en tomte ils furent trois jours à monter jusqu'au sommet, et ne purent y rester que quelques heures, tant le froid était intense. Les difficultés de la descente surpassèrent de beaucoup celles de la montée. Tous furent blessés, déchirés; Âlihaitô faillit se tuer* Jt»e voleaii ^'^ll^éit^pi^ààiîgpW- par un autre nom ) est à ^dGiïze mille pieds au dessus du niveau de la mer; les dèux montagnes qui l^avoisinent, l'une à droite * Faiitre à gauehe, dont les sommets y couverts de neiges éternelles, étincellent de mille reflets sous les ri^p du soleil, sont à une très grande distance di>lui, et plus gigantesques, encore* la {tfethi^ se nomme &ickaimpicku > * la* secipte Chdùhàurj ce sont deux volcans entiêremeîrt #BUits; L*ex- trême élévation de ces trois montagnes isolées, dont la lààSe est ëfle^mêmë très élevée au dessus de la pampa, les fait, die ce point de ym 4 pa- raître se tenir. - ' *' t.

t.

r. Lors de la découverte, Francisco Pizarrp éta- blit, à Aréquipa, un évêché et un des sièges du gouvernement. Les tremblements > de terre ont, à divers^ épocpes, causé, à cette ville, d'épottl- vantais désastres. Ceux de 1582 1^00 la dé- truisirent pre^qu'en entier, et ceux de 1687 et 1 785 m lui lurent guère moins ituiestes* Les rues d' Aréquipa so£t larges, percées à angles droits, passablement bien pavées. Dans le milieu de lacune dlelles coule un ruisseau; les frincipales put uft trottoir en larges dalles blanches 1 j elles sont toutes assez bien éclairées, chaque pariétaire étant tenu, sous^peine d'a- mende, de mettre w lanterne de*ahfr-sa poiie^ La gl ande plaoe est spacieuse; la cathédrale en occupe le soté nprfL; fj^telfrcter^ilJe # la prison nrilitaire so?*l^ hmï des maisons particulières forment les deux autres c&tés> ^ rexoeptioft de la cathédrale, toutes ces constructions sont à ar- ceaux; smm te galeries, voit di§s, bouti- q%ç& de diverses mai^aadisietv GrfWë plafîe^i!t a^x marchés de la mile, aux.-..■fi&^^^mxr-^ trottoirs et réparer les anciens. La ville, sous son administration, fut très piH>prémën% tenue. Mon oncle apportait à la salubrité pu - blique une surveillance toute spéciale. o - - vues; etc., etc. Le' pont, sur le Chile, est grfrs- siéremèttt construit et peu solidè pour résister, dans certaines saisons, au torrfent qui passe des- Airéfuipa refcferittè beaucoup» dë éèùvëuts d'iiomtrie* et de ferai mes; tous ont dé très belles élises. La cathédrale est très vaste; ntàis elle est sobibrer, triste ', dHMe architéctûré lourde; Sama-losa, Sà^ttHCathalina, Santô- Franeisco se distinguant par la beauté de leur coupole, d'une pî^digîeuge ëlë^ifonV Bans toutes les églises, sé vbient des figures groïèS--- ques, en bois, en plâtre, personnifiant les idoles dil cathélieigï^e péruvien; çà et là, quelques omuim grosëiêrèS détonent y aux saitits %ii? eïles représentent, l'aspefcÈ le pl^ puisse fenagiiierv L'égpse dë^ |esutféâ fait, â cét égard, ^èepliëtt: dte fest j)lus convenable dâtis & mprésen«:aLtiôa des saiàfe quelle offre à l'in- vocation des dévots. Avant Findépmiancé, tiï&rws^^^ l^taabè^^ ifes auteis, €tc,,; éii argent lËiasMf et autres déjà plusieurs présidents et chefs de parti, après ■ avoir, dans leurs querelles, épuisé le trésor de la république, ont, sans scrupule, dépouillé les églises. Les devants d'autel, les colonnes, les chandeliers ont été fondus pour payer des sol- dats, alimenter les vices des /généraux. Les or- nements précieux qui ont été respectés sont menacés d'éprouver, plus tard, le même sort; pendant la dernière guerre entre Orbegoso et Bermudez, il était question 4'enleyer aux vier- ges leurs perles, leurs diamants, etc.

Ar équi pa possède un hôpital pour les malades, une maison de fous> et une autre pour les enfants trouvés. Ces trois hospices sont, en général, très mal tenus: j'aurai, ailleurs, occasion de par- ler de ma visite à l'hôpital; je suis ailée aussi vi- siter les enfants trouvés, et n'ai pas été plus satis- faite des soins qu'on leur donne que de ceux dont les malades sont l'objet: c'est pitié dte voir ces malheureuses petites çr^tures nues > mai- gres, dans un état déplorable. On croit i remplir les devoirs de la charité en r Jeur fournissant quelques aliments pour soutenir leur chétivê existence; du reste, aucune instruction ne leur est donnée,<auçun art ne leur aesftjpippf is; aussi ceux qui survivent deviennent-ils i dçs, vagar bonds, conséquence nécessaire dercé çQupable délaissement. Le tour qui sert à introduire, dans * l'hospice, ces infortunées victimes me parait assez bien imaginé; c'est une boîte en forme de berceau; renflant y est déposé, à l'ouverture du dehors, sans que les déposants puissent être vus du dedans de l'hospice; Ce mode évite, à la mal^ heureuse mère forcée d'abandonner son én(ant| l'obligation de se révéler; obligation qtii fait commettre bien des crimes!...Lés maisons, bâties très solidement en belles pierres blanches, n'ont qu'un rez-dë-chaussée voûté, à cause dès tï^inblèmejûts dé terre; elles sont, en général, spacieuses et commodes; elles ont «ne grande porte cochère aa milieu de la f&çâde; toutes les fenêtres sont gWDéès et sans titres; les fconsti^tôioii^ de la ïnaisoii (brnietrt trois cours; le salon, les châMbrës à èoucher^ lès bureaux sont danâ la première; dans la se- conde, qui e^t un jardin > se trouvant la salle à manger, galerie ouverté apprcypriéé âù climat, là diapèltey la feîiandëïie et divers offices; Î& troisième cour, située dans Iw foiidy ëét Ôccîipëè parla ëuisitie;;etf le iogeifaent dës ^séfcivls. ' Les intirsdès maiso^ seuir; les^ pèèesy quoique vdutéesv Sôàttrês ële-^ vées; quelques unes, seulement, ont unè tapis^- serie en papier jusqirà m des autrfes sont éntièrémâit nus et bfenèhîs à la chaux. Ces voûtes font ressembler les apparte- ments à des caves, et la monotonie de leur teinte blanche fatigue et attriste/ Les ameu- blements sont lourds i: les lits.v les corn- modes, dans ç|e$ proportions g^ante§ques ^ les chaises pesantes, les tables > semblent avoir été faits pour demeurer en place; tes miroirs sont en métal, les draperies sans goût; depuis quel- ques années, les tapis anglais se vendent à si bas prix dans le pays, que tout le monde en a couvert le carreau de& appartements; pa$ une pièce n'est planchéiée.; - r •. \ et, toutefois, sont inhabiles à *le® ^rô^ui^vles jouissances. Leur cuisine est détestable $ $m «M*- ments ne sont pasjj^s, et ¥m$ m^k^m çst jeppore danfs la MM est très fertile. Néanmoins, les légumes eaf mp& mauvais; leg pommes de terre né sont pas la* *|npus^^ leëîpc^ison» dura et sans saVeur^* ld i£iaïî$e Wtè £&mm& ju*; «afin > jusqu'à la v^lailte, don^ ccttia^ semble avoir subi riRfluence vok^ qa#^ beurre, te fromage sont apportés de loin et n'aimyew ^ la cote; l'huile dont <^ use^ rée; le nucrè grossièrement raffiné; le pain mal fait; en définitive, rien n'est bon.

'Voici ipiel -est leur mode de nourriture: on déjeûne à neuf heures du matin; ce repas se compose de riz avec des oignons (cuits ou cr us, oft ïïieî des oignons partout), de mouton vMij mais si salement, que jamais Je n^ai pi* m manger; puis vient \e chocolat. A trois heu- çe$, on sert> pour dîner, une olla podrîda (puçhero est le nom qu on lui donne au J?#ou)j c'est un mélange confus d^alimeâts disparate; bçeufy lard, uiouton * bou^^ à huit «fe J^^iBi^«|^*ppfs l^s ^ fîTMits, Hfïi, lepr tombent «pus la m^^t#l§ qyv pommer, poires* pçéhes^ prudes? raisin§, ©te*; un ço#~ çert de ^pif^^^ ^ig^ipcf f £ disfpj^nts ne révolte pa$ davantage que |\e le font la vrçç é li^W^ie g^dg çet^imalpMB ^i^apk Vm* n^pt^uite 4$$ éc^e^$^e^ pépies avec ém, tqp^%|du|riz^ des oignons crus et du piment i d$s,yiai^ sucre; du poisson au ipi|»^t^^^9sl^e avec d^ pignons cru$, d^s e$ di* £ piment^ dernier ingrédient se tf Ouve^ en pijQfpsio% agggft.

la bouche m est cautérisée y pouç tes sji|ypQj|tf ij, ».

le palais doit avoir perdu sa sensibilité. L'eau est la boisson ordinaire. Le souper a lieu à huit heures; les mets y sont de même espèce qu'au dîner.

Les convenances, dans le service et les usages de la table, ne sont pas mieux senties que les harmonies culinaires. Encore aujourd'hui, dans beaucoup de maisons, il n'y a qù' un verre pour tous lea convives. Les assiettes* les couverts sont malpropres; la saleté des esclaves n'en est pas seule cause; tels maîtres, tels valets; les esclaves des Anglais sont très propres. Il est de bon ton de faire passer, au bout de la fôiirchette, uni morceau pris dans sdn assiette aux personnes auxquelles on veut foire une politesse. Les Européens se sont tellement révôltés contre cette coutume, qu'elle tombe maintenant en désuétude $ mais il n'y a que quëlques années que les morceaux A'olla, de poisson, les ailes de ^ëtïléts y dégout- tant la sauce, circulaient autour de la table, portés au bout des fourchettes paif les esclaves.

Comme tout est très (^r, 1^ dmef s invités «ont àssè£ rares * fet les inv^ ont prévalu sifœt q^ duite. Tous les dimanche on donnait un dîner aux pàreiits ^-^^Stefe intimes étaient invités, et le soir on prenait du thé, du chocolat, des gâteaux. Les seules choses que j'aie trouvées bonnes à Ar équipa sont les gâteaux et les friandises que font les religieu- ses; grâce à mes nombreuses relations, je n'en ai jamais manqué pendant mon séjour, ce qui m'a permis de faire de triés bons petits goûters. ;j Les Aréquipéniens aiment beaucoup tous les genres de spectacles; ils courent avec un égal empressement aux représentations théâtrales et religieuses. Le défaut total d'instruction leur en fait un besoin et les rend spectateurs faciles à satisfaire. La salie de spectacle est bâtie en bois, et si mal construite, qu'on n'y est pas à couvert de la pluie; trop petite pour la popu^ lation, il arrive souvent qu'on n'y peut trouver place. La troupe est cependant bien mauvaise; elle se compose de sept à huit acteurs, rebuts des théâtres d'Espagne, et s'est renforcée^ dans le pays, 'de deux ou trois Indiens; elle joue totitë espèce de pièces j comédies, tragédies, ofréfaS; estropie Lôpez de la Véga v Caldéron, éedrche la musique à donner des attaques de ûéirfs, le tout aux applaudissements du public. Je suis allée quatre à*cSnqfbiè% c^théateii^ ^ y jouait la tragédie; je remarquai qu a défaut de manteaux, les acteurs se drapaient avec de vieux châles de soie* Les combats de coqs, les danseurs de corde, les Indiens qui font des tours de forcé > tous ces spectacles attirent la foule,. Btt a«idb^:fea^ eais; avec sa femme, ^ gagné au ^éma trente mille piastres* • L'église péruvienne exploite, au profit de son influence;, le goût de la population* Ihdépen- damment des grandes processions qui se font aux fêtes solennelles, il ne se passe pas de mois sans qu'il ne s'en, fasse dans les rues d'Aré-r quipâ. Tantôt ce sont les moines gris, qui, le soir, font une procession ptfurles mortsy et deë mandent pour te& morts >;et on leur dônne pour les morts; une autre |bi$i> m m^ém^mâ^ cains, qui font, en l^onneur ide la A^erge, leuç promenade religieuses ensuite c'est pour \àhU# font Jésu$^^ ^ c'est à ne jamais fiftir. J'ai dépeint la pro^i: cession des fê(,e$ solennelles j je ne fatiguerai pas le lecteur de la descriptte#f celles do#t les saints sont le prétexte j on y étale moh» de luxe, de pompe que dans la première; *$ais le $mà en est M%^emeD^ décentes bou^niieriet, qui 4^ I peuple, n'y sont pas moins: scandaleuses; loin tes ces processions ont un trait de ressemblance; les bons moines y demandent toiyours^ et^ourr jours on leur donne.

G'e$t pendant la semaine sainte qu'ont lieu les grandes saturnales du catholicisme péruvien » Dans toutes les églises d'Axéquipa, on fait uii énorme tas de terre et de pierres sur lequel on plante des franches d'olivier pbut figure^ le calvaire avec ses roches et ses arbres. Sur cette montagne factice^ on donne, le vendredi saint, la représentation du supplice de Jésus. On: le voit arrêté, flagellé et crucifié avec les deux larrons. C'est l? histprique de la Passioit, sans l'omission d'aucune circonstance, mis ei* action; \e tout accompagné de chants, de récitatifs: puis arrive la mort du Chrastf les cierges s'é-* teig&eùt > le$ tépèbres régneot..a ^ ks mceurs faeiles de çe peuple entassé dans ces églises peuvent foire ^tumer m {qui se passé: alors mm dî^eçses pwties^i l^îise*^.; maïs Dieu ^fcmi^cordieux^ lèsimoines^ ses mini^i^^ disposent de s^n^ ^ Sdescentei df çroix ëit la? s^ttodte ^fôce i ^tfiié ifeiïè confuse d'hommes, de femmes de races blanche; iudiêliUë ffe iïègre assiégé cris lamentables; bientôt, les arbres déracinés, les roches enlevées au sol sont dans leurs mains; ils expulsent les soldats, s'emparent de la croix, en détachent le corps; le sang découle des plaies de ce Christ de carton, les hurlements de la foule redoublent. Le peuple, les prêtres, la croix, les branches d'olivier, tout cela, pêle-mêle, fait un chaos, un tumulte, une confusion épouvantables qu'on n'imaginerait jamais devoir rencontrer dans le temple d'une religion quelconque; ét près- què toujours, dans ces scènes de désordre, il y â des personnes plus ou moins grièvement blessées.

te soir, on voit dans les rues les habitants aller faire des stations dans toutes les églises; en s'y rendant, ils récitent leurs prières à haute voix. Lés plus zélés se jettent à genofe, embrassent la terre; d? éitres se douttifit dte grands coups de poing datis la poitriùe; ceui-ci se mettent des haillons <mi*Sï# «ÉèJ ceux-là vont nù-pieds portant la croix sur le dos; d*autre$ s,e chargent de pavés, et | dans chaque maison, ce sont des extravagancés toutes plus insensées: qu'une dévotion supèï^toeuâé suggère à ces têtes exaltées*! €ee iifeét jaiÉais dans leur conscience qu'ils cherchént leur de- voir, mais dans le merveilléux de leurs croyant ces. Le moyen de ne pas se croire exempté des vertus sociales, lorsqu'on fait de pareil? tours de force.».: tels sont les résultats auxquels arri- vent les religions qui isolent leur foi de la cha- rité..., Le jour de Pâques, on fait des visites à toutes ses connaissances, et là conversation ne roulé quei sur les fêtes de la semaine sainte; ejle se résume en ceci: ~r « Eh bien! mi senora, vous êtes-vous bien amusée? c'était très bien à Santo- Domingo, à Santa-Rosa: ha! cela m'a fait beaucoup dé plaisir. — Et moi, senor, je n'ai rien trouvé d'aussi joli que les autres années; la religion perd de sa splendeur: ce n'était pas gai du tout à la cathédrale,- à Santa-Cathalina, elles ne font plus de descente de croix; et, à force de voir tous ces Sambos se battre pour avoir un morceau de croix, la chose m'a paru monotone: cela ne vaut pas la peine qu'on se donne pour suivre lès stations. Mi senora, le beau temps est passé, nos églises ne sont pas , içicte tétaient; les daines de Santa«rGathaïina dépensent iéur argçnt à aché* tejr des pianos importés de ïrànce et ne fbi*t . plus de descente de ^^^i^f^v/i-.s&.t. ^^^;fà. Le dimanche, à la messe, les hommes se tiennent tous debout, parlent entre eux en riant, ou regardent les jôHes femmes qui sont à ge- noux devant eux, à moitié cachées dans leur mantille. Les femmes ellés-mêmi^ sont très distraites, n'ont jamais de livre; tantôt elles regardent le <^stùme de letfct ^>ïèitié^ ou parlent à leurs négresses placées derrière eltëS; on les voit parfois nonchalamment cotisées m$ leur tapis r dormant ou faisant la converËatiôrti Aes moinès qui disent la messè *Wt tôu- jôiJirs salement mis; les pauvreè Indiens qui la servent sont nu^ pieds et à demi vêtu$. Là tnusique, dans toutes ces églises, vit quelque «feose d'affreux ï;:&nfe^l^ de musettes se joignent à largue; tôusKceè ins- truments sont tellement discordants 9 les ehants qu'ils acœmpagnetït^u^ Wpeu^^eiis^hlBv qu;ike&ïi«^^ tm quart d%eurè àrtes entendit ^ pm i»e itritatkm ife »ei^ pat** toiste ia goaï^ ztëçï iïïb 0^pe^^lm béauisf au moins^ $um hrilkn* verras Fiasipide stérilité <l«g oérémoqies. Bu reste t àu Bémû $j èe? n'est ^lère ^qu& <œtiï^ f**e tes églises sont fréquentées^ t ^ mm - Ée d^é dé «HljBi^ est parvenu se reflète dans tout* Les amuse- ments du carnaval ne sont pas plus décents, à Argquipa, que les farces et bouffonneries de la semaine sainte.