Il y a des gens qui, pendant toute Tannée-; s'becupënt à vider de$ coquilles d'œufs, Us en font commerce; quand arrive le carnaval, il$ remplissent ces coquilles de diverses couleurs s rose, bleue, verte, rouge, et puis bouchent l'ou- verture avec de la cire. Les dames se munisse d'un panier de ces oaufs, et, vêtues de blancs vont s'asseoir sur le dôme de leur maison j de là elles s'amusent à lancer ces oeufs sur les per- sonnes qui passent dans la rue, Les passants, soit à pied ou à cheval, sont tf^ui^l|>puirviJS des mêmes projectiles et ripostent à leurs àgres* seurs; mais, pour réhdrç le plus geniil/ron remplit àussi ces ceuî& à y encre, de mie/, dV^wife, et^pelqùefbk àe$ Schoses les: plu$ dégoûtantes: plusieurs individus ont eu i^oail ^crevé à ce jcom^ bàtdJuiiQina? montré çtnsgrvent^ jeunes filles font parade des nombreuses souil- lures de leur robe et m m0tifcm& vaines de «es étranges marques de galanterie. Les esclaves participent aussi à ces amusements: ils se jet- tent de la farine, ce mode d'attaque est plus économique; aussi beaucoup de gens en font usage. Toutes ces négresses avec leur peau noire, leurs cheveux crépus, barbouillées de farine, sont hideuses! Lcsoir, on se réunit dans des bals où les danses les plus indécentes sont exécutées; beaucoup de personnes portent des déguisements bizarres; mais il n'y a aucun cos- tume de caractère; ces divertissements durent toute une semaine.
De ces œufs immondes au déluge de dragées qui inondent les passants dans les rues de Rome, de ces grossiers amusements aux mas- ques de l'Italie, il y a la même distance que des comédies burlesques qu'offrent les églises d'A- réquipa pendant la semaine sainte, de la musi- que barbare qu'on y entend, des misérables croûtes, des sauvages ornements dont elles sont décorées, aux majestueuses cérémonies, à la ravissante musique, aux magnifiques produc- tions des arts, à tous ces brillants et poétiques prestiges avec lesquels Rome soutient encore sa religion vermbiriue^ ^ La population d'Af équipa, en y comprenant celle des faubourgs, s'élève [(te trente à quarante mille amesjLon peut considérer qu'elle se com- pose d'à peu prés un quart de blancs, un quart de nègres ou métis^et moitié d'Indiens. Âu Pé- rou, comme dans toute l'Amérique, l'origine européenne est le grand iitm de noblesmpàms te toigage aristocratique du pays * on appelle blancs ceux dont aucun des ascendants n'est In- dien wt nègre 5 j 'ai m plu$ieuE$ 0 dames qui passaient pmr blanche 4 quoique leur peau fût amdêm paiw d' épiées, parce que leur père était né daiïs l'Aîidaloi^febu le royaume de Val ençe; Là population* libre forme donc trois classes pî^cftënt df ' tttois traces bien^ distinctes * eii r ré^éfenné, Mieïpê y négrè; dans la dernière dâ&e^sousladén^ qu*ite §#fent issus, la piwation de f fe Mïî^ 1 ^ établit entre eux l'égalité du malh^nv m Bepuis qtaaâpe m cinq àa^ij^jj^r Çpéréile g^nds «ihange^ qui subsistent encore, comme les cachots de l'Inquisition, pour indiquer le point d'où l'on est parti. Les costumes des classes élevées ne diffèrent en rien de ceux d'Europe; hommes et femmes y sont habillés de même qu'à Paris; les dames en suivent tes modes avec une exac- titude scrupuleuse, sauf qu'elles vont nu-tête, et qu'à l'église l'usage veut toujours qu'elles aillent en noir, avec la mantille, dans toute la sévérité du costume espagnol. Les danses fran- çaises se substituent au fandango, boléro, et aux danses du pays que la décence réprouve. Les partitions de nos opéras se chantent dans les salons; enfin, on en est venu jusqu'à lire des romans: encore quelque temps, et ils n'iront à là messe que lorsqu'on leur y fera entendre de la bonne musique. Les gens aisés (passent leur temps à fumer, lire les journaux et jouer au pharaon. Les hommes se ruinent au jeu, les femmes en toilette. ^ Les Aréquipéniens ont, en général j beau- » CQu^ d'écrit naturel, nné grande facilité d'élo- * cution, ïme mémoire MBUjMnnliB-^ *ii^ilM^a*teiiï gai J leë màhièTésfnobftest ^$ss6nfr&«ife bmmm et essentiellement propres aux intrigues. Les femmes d'Aréquipà f ainsi que celles de Lima, r i m'ont psru bien supérieures a ux hommes; elles ne sont pas aussi jolies que les Liméniennes > ont d'autres habitudes > et leur caractère diffère aussi. Leur maintien *; digne et fier; impose^ # pourrait, à la première vue, les faire supposer froides, dédaigneuses- mais, quand on les con- naît, la finesse dé leur esprit, la délicatesse de leurs sentiments, enchâssées dans cet extérieur grave > en reçoivent un nouveau prix et impres- sionnent pMs vivement. EHes sOnt sédentaire» > laborieuses^ ne ressemblant nullement aux Li- méniennes, que J'intrigue ou le plaisir attirent constamment hors dé^ ^ dames d^îréc^ipa celà la^ec lifté perfection qui surprendrait nos marchandes de modes* Elles dansent avec gracié et déteticév aiment beaucoup k (^Mkem aÊSW^^*^^;^«É-: connais quatre bu; cinq dont les voix fraîches, mélodieuses^ se- raient admirées dans tes mÊïiâ '^WSÊ^il - ïLe*é!ima#d£^^ senteries, tes «Éàux dé têtè > lies ^aÉectibnsi nét^ ël;> Suï ï i»trt Irhtfmes y ft^ftfc très qtients. habitante ont atissi la manie de '0 ctoïl^*^ ëmM jirifexte ^^ai c^modè Hpe k ipieuriîm Se *epé ïai i^r^is^^té ppnr prendre des bains $ néîMM^ l&i® rfteèsk&é?
jeunes filles donnent aux étrangers. En épou- sant un étranger, elles *&pèi>ent voir le pays où il est fié, là, Angleterre, l'Italie; réaliser un voyage dont le rêve a longtemps souri à%iir sflrà^iiâtiôn; et cette perspective donne à ëes unions un dharme tout particulier, lors- q*ttè éditent elles n'en auraient aucun par elles- mii^i 1^ idées de voyage mettent la langue ftffiiçâfetf^tt vogue parmi les damés; beaucoup t'àppretfnent dans l'ëispé^ d'ên a voir besoin un jour; en àttaadant, ^slép jôttfe^nt p^ la lec^ turè dé ^u^çi*es Tins de »C)S bons ouvrages, et, tèiWëtfdéVc^^ apportent avec moins d'ennui la monotonie de la vie tjûWre te ps^sï TOuè les homriiés bien élèfàà isavént àmsi^feri^s* te Panthéon j hmï cimetière ^véllèïia^ttft çô&àfrtiît, ësik jdétofieùés#là ^^'|.ll^#%é: sur la |>êri|e ti'unë colline, en àtce du.iHolcsW y er^eëàjfë im riett de pierre scellée; c'est sur cette pierre que les parents du défunt associent leur yatnité au néant de la tombe. On lit, sur Mes plaques de marbre, de bronze, écrit en lettres d'or: (( Ici, repose V illustre maréchal, le célèbre général y le vé r nérable curé, » D'autres épitaphes, 4' une exé- cution moins riche, font une longue énuméra- tion des vertus des défunts; on n'y rencontre, comme dans tous les cimetières du monde, que de bons pères, des épouses chéries, de tendres mères, etc.; c'est ainsi que la passipn du mo- ment dictant nos par^ dans i'iiidividu mort, les ^ connues.pendant sa vie. Les pauvres ont line fosse commune, fermée, de M même - panière lorsqu'elle est remplie. Le^ ^ çoçps des protes- tants ne sonjt pas admis dans ce cimetière. ^Ce n'est que depuis peu d'années qu'on n'enterre plus dans I les églises; certaines gens en mur- murent et achètent des couvents, à chers de- niers, une place dans leur 4glise, C'est ai$si que r\v^^W^i^i^^ a sp^ tombeau, à* Santo^ J^ming^ facilement, dans ce pay§, des prescriptiqus de desd^ra^^ A Àréqnipa, la mort des gens aisés ne réjouit pas seulement leurs héritiers y les moines y trouvent encore l'occasion de vendre, à prix élevés, leurs robes grises, noires, blanches, carmélites, etc., pour ensevelir le défunt. Il est d'usage et de bon ton de se faire enterrer dans un habit de moine;; aussi ces saints per- sonnages ont-ils, presque toujours, des robes neuves qui contrastent avec la malprppreté du reste de leur costume. Aussitôt que le mori- bond est expiré, on le revêt, n'importe son sexe, de l'habit d'un de ces religieux; il reste ainsi vêtu et visage découvert % étendu sur son lit, durant trois, jours; pendant ce temps se font des visites de condoléance; les parents^ les plus éloignés tiennent le deuil, c'est à dire restent dans la pièce où est le mort pour rece- voir les visiteurs, Ceux^ciy hommes ou feminwB^ sont en deuil; ils font, en entrant* lin sah& grave aiux parents, qui sont sur une estrade, puis vont s'asseoir danSoiin coin ou se mettent em prières* Ou, porte le corps à bra^^ et c'est aussi à bras qu'après la cérémonie on te potte hoi^ de i ^ porté, sur un tombereau, au cimetière* Il n'y a pas de voitures à Aréquipa; ancien-» nement, las grands pmonnages se faisaient porter dans une chaise à bras. H y en a pe <îb^5 mon étieie, qui savait à ma. bonne »a- taan > et dont il se sert hii-4néme quand U €$t ïnalade. Elle ressemble aux; chaises à porteurs qui existaient en France avant 4a révolution. Tôtitlè môndè va à cheval ou à ifoûte* Lesânës île sont destiftés qu'à porter des fardeaux dans les riiohtagnës. Les ïndfews emploient tes Jla- jms 1 à tet i^age* ^?
Lé Ita&ia est la héte de sc»mï*e de§ €<Mpdil- iièrës j c'est avec lui que se font Cous les trans- ports^ et l'Indien s'eù sert pour cdnamegneèr tes vallées. Ce gracieux âiïtMai ést %ès m* tëtësââttt à «ttidier^ C%st te seiil; des animaux qttë l^l^ttme s'est -&ftefc$^^^ réussir mmmï ^ ^msmtM se ladite uiite| mais c est condition qu'on tëen prié eiboÉ qtfon te < hri commande. Cm animaux ne vont jiim^s qu^ïi troupes; $ltes mat plus ou mmm mmmfoimv^M conduites par des indicés qui marchent a une grande di^taniâe;;^ffi|#^fc#sÉ llamasl M la tMflJ*^*sêi^ 1 £&?m<i est du féminin en espagnol et =se prononce Jiaj%0* Je s'arrête aussi. Quand la station 6e prolonge, ^indien iàqttiefc^ v^ abaisser, m décide, après avoir prisfoutes wrtes de précan-r lions, à supplier ses Mtes de coatini^gr tenv route, ii «e iaet à cinquante ou soixante pas de la troupe, prend une attitude immble 9 fait de la main un geste des plus caressants à ses llamas, Um i adresse deà regards léndres^ *ea même témp^ qji'ilî^iiie^ d^ii^ ™ix )dotiGe et avec um patience que je ne pouvais me lasser dkd«ik#^? itmemém^céc; si les Hamas sont disposés à, se remettre en route, ils suivent l'Indien en bon ©k?dre* d un pas égal # ivont $mfcm^$êm^ jambes étant très longues; mais, lorsqu'ils sont de mauvaise humeur, ils ne tournent seulement pas la tête du côté de la voix qui les appelle avec tant d'amour letii^lati^Gt* Ifc j^s^i^^in^i^ portent avec une gracieuse majesté, les longues mitesidèto leurs mouvements souples et craintifs donnent V à ces animaux une expression de noblesse et de sensibilité qui commande le respect. Il faut bien qu'il en soit ainsi, puisque tes ilamas sont les seuls animaux au service de l'homme que l'on n'ose pas frapper, Sfil arrive {chciseèi^ pire^ qu'un Indien > dans sat colère* veuille exiger par la force ou même la menac e ce que le llama ne veut pas faire de bonne Tolontéi^ dès Vmk* mal se sent rudoyer de parole^ mx de gestef#ll redresse sa tête avec dignité; et, «a^s ehercber à fuir pour échapper atoxatoau^is^ traiteménjfë (lellamam'est jamais^ coucbe^^ toiii^ grosses ^ larmes ^ beaux f eu*/ d^ sô^ ëtdâitôl? e$]àâtëèto d'hëutwati^]^ q&i se d#obëii% âveé t^t dè W (smm ^àà laS fiïéfe s&iïMenP*^ îÉW^îi^te seraitdôuee! Mma^mm^ o^Éatle seul moyen de eommnnicalfett avec lësiliiilns dë£ âtonfo^ là rëvéireiicè|^^ dont ils sont l^objët frè pàrt ^astiïnicjuement du sentirnentidè leur utilité. J'en ai vn *|itel<|uefois Ireiil^ t)U quarante intercepter le passage dans une dés rues les plias fréquentées delà ville; les passants arrivés près d'eux lés regardaient avec timidité jeln^ebrçw»ssaient; cfiteOTa^îJia* jour ihftfr entra ^ê^^tai^ toucheF les Marnas, ^andl^ tan m la têtey a^^ longtemps $ m indien aapi'a dit mh awtir mû qm avait trente-quatre ans. Nul autre homme que Y Indien <d&s liBiY^/ier^ tietojce, ^ douifs^Elp^iiiifi^i^ Marnas. trëit $an$3 doute de cet fextirawdiiaaS^e donné qiar ila f^yiae^i^èêï'tadijgé^ *d$tÉèt^ qiiïlèa ïa^^ lui plus qu'il ^è^eufefy^ q ni nous i fait échapper à l'oppression par la zà^tepm mm d^atîp^3B§^ûè^lst Ù^$ÊS^ munre panai i âgs Indiens du Pëttou> ainsi est des plus ennuyeuses; elfe l'était pour moi sartout qui suis d*mie activité incessante; je ne pouvais me faire à celte iHWràKéf^ ^ : i 14 maison de M. Le Pris était la seule où je trouvais quelques disfaaetions. ]Wm$^^mÉ^ sieurs m® tématgoaient lé plus Hendrfc inlérét, et s'emplissaient de m^êt^e agréaMes, Chaque fois qu'il- arrivait lia étranger à Arëqttipa > Mi VicflKer venait m'ect prévenir^ jvtààif M^- saut li portrait, demandait si je élirais quffli^i^ selon que les ^mopnag^ excitaient ma ^id^të. Je vis chez M. lié Bris beaucoup de voyâgetirs, officiers de marine ou* eoi»Bft€arçaa^s.r ne par- l^i t^tçfois que d'un seuls qni h 'appartena i t à aucune de ces deux classes;. >Bf vicofôite de d?a$|*|^$^£ à RiorJanBbèfj ayant obtenu db Mx 4^ Sai«t-Priest, alotf s ambassadeur au Brésil, un cQïigç d^ six mob poujp aller visiter le j ^0|%|^ii^p^^ Èanl lA qiiè le j^ui* tftf M* Vtolf qiji, s'était, installé dans la cliambre de Lè lfeî^, r âbsertt en ce moment ^ et comptait Peste* ^Ji^il^^nj^tB^fese^ àiiA^qu^i^iarf il ISétoikà Bordeaux. Les émanations %dfâtt MPï^ ^aseung înflwen^ sor k brfte et rotofe co^sWuiio^i. $ m^mm hméomàïe tfiïktmài iu^ea4it tout ^aveC ua$ens droit et un calme cpè ^ — Oh! mademoiselle, me dit-4ïj quel Sfciu jolie petite personne si frêle, si délicate > sa char- mante figure toute rose > f ses beaux cheveux blonds si bien bouclés " à examiner ses mains blanches et potelées >; à entendre Iç soïi Éé sa douce yoix, sans hésiter on affirmerait ^PÏë vicomte de Sartiges n est autre chôsë^ feuuîîë. Je vous assure que je l'ai cru d'abord; niais si je le juge d'après ses discours-,- ce doit être un homme, et un homme bien dangereux pour les femmes.» « En arrivant lûer au soiry a u lieu de se reposer > M me nait à me pârl€^|usqu^à une heure du matin. Le principal objet de cette longue conversa tion fut de s'enquérfPiMa vlÉé renfermait beaucoup de jolies femlti^i si jolies femmes étaient mariées ou demoiselles; quel serait le moyen de s'introduire âattf r& d'elles; çt ainsi *4& isuiteu s f^^&^^^ig^iàs^ l'entretien* La b^ève attention cjjull éiMM & tout Jei reste me: parut également étrange, IMfin, mademoiselle, ce jeune homme ou cette jeune femme est pour moi extraordinaire, iitëipfe cable, et j'ai recours à vous, afin que vous-n^ai-* diez à l'étudier, um ^àmno^dm^n. ■.p. JLft soir, M. de Sartiges i»^||^ie^^#iipi M. Viplfter ne disait rien, écoutait le vicomte de toutes ses; oreilles, et- ses regards jnjïi ter-* rogeant semblaient dire: Qu'en pensez^ vous# estrrçe un homme ou uhe femme?
Jayoue que moi-même j'étais très embar^ tassée et h 'aurais pu répondre k cçjtte question* L'enveloppe de ce vicomte ressemblait à celle de ces jeunes Anglaises que nous rencontrons quelquefois sur nos promenades, à ces ravjyfei santés créatures dont les beaux yeux bleus, les célestes regards, les petits traits de yierge,: le teint blanc et rose, les cheveux aux reflets d'or le disputent aux anges de Raphaël. Ce: jeune seulement une impei ceptible moustache blonde garnissait sa lèvre ^iipéi?i^ure: mfëtfgfè mh^, fluets, sa taille fine, sftfl^ra^^ tr^ ann 4'fspiiii^ mise de ce f petit sylphe était en harmonie avec sa ge^&l^ge^ w.m IJn joli pantalon gris à guêtre^^^ soyeuse, une, re^ingotç noire desc^dapt £ velours noif; faisant ressortir deSj gWts j^np^ pile gg^^ àa -cm par une chaîne en cheveux d'un beaïi noir, telle était la toilette du jfcune diplomate, Si, en le voyant, ô&avait peî*të & distinguer à quel sexe il appartenait* en FécdUtâïit la tihtim dëvëriatl pïfrs |>éi^jplfexfe ^iieb^ei-Sa^ ^rattmt^ ehàfrme iinexpruntable f siw -y éu&* baissaient #*ié^ ilnè nfebiiiMr<<fritt! est hieGMrafef jb'^ri^i êoàWér daiïs un hcrapweu î Sa aéa^^tïpmétail biz&î^ey très Tâ^iée et^ r^iplte de t^fe^(porif# giûalftéj â firofessait ^oor toutes te dames line admiration qui le dispensait d'avbti* d# feifioW pdiir ^Bufie; ^iyaffléa^(U^i«^ fâëé xSïblg plus à ¥*mômi i^ïl & vfcïgl^deuè priptefi^p^ ydleMeui ataki#p»l sib ëfe!t# #të éttcôre iaSlpîè^ et difls £<É* temps te moral a vait atteint la décrépitude* Le jeune *itai»t0 ¥essèÉirtli^ kmh ^m^éÊi^â ùM ^ilisé l^aNte et ti'ènfe ptàè rien a apprendre ëtt ieitWk si# te terrey B<§è aux ambassade M $â$m M df^«te^»ëi a*ait eu, «fens 4ê^^ a^a^c^iaiàim^tt tenir aucun compte de la fragilité de sa ché- tive enveloppe, il s'étaitexposé, avec sa faible poi- trine, à l'affreux hiver des mers polaires v Arrivé à Valjkraiso, avec une toux sèche et dans un état d'exf i ême inàïgi%ur, il s'était néanmoins livré aux plaisirs, et, après être resté quelque temps au Chili à mener la vie des marins à tërre, lassé des belles Chiliennes > il avait voulu connaître lësPéruv iérinë^ Cet e^ètrit^uietllard ressemble béaucoiip au dblibriy.^f %Mg^ à l'extrémité de toutes les branches d'un arbre sans se poser sur aucune, où, comme diraient lés fouriéristes, la pâpillonnè 1 est sa dominante* M. de Sartigés fit fureur parmi lefc damés d' Af équipa: c'était à qui d'entré lés plus jèlies aurait une riièehe de Seè blonds cheveux» Quand il passait ^.(i^^W4iio^ J on se Mettait été la porte pôur ^m&Wfôfà ^tfâi^ ^^éiwê^a# blonds ^ i! ^êij^^i'^I^^S^^ de ma société cKtÉS^ àvec le vicomte: quelques ^Éfiaââ^d*4HH^ÏNfr^^ffifi>Ë^: » Lfc S^ème passionnel de Bl. Fourier est tçop connu ppur que jesoi^o^^ède^ » Au PerocL les cheyeux blonds et les.yeux bleus sont les deux gënf és 5 ae beauté' les juufc estinièsr mandaient dans leur naïveté; — Que vous dit donc ce çhanjaant vicomte? vous parle~t-il d amour?...— Non, mesdames, M. de Sar tiges ne me parle pas d'amour, ce qui me fait attacher beaucoup plus de prix à ses fréquentes visites.
M. de Sartigés ne vivait en apparence que pour de frivoles jouissances; cependant il re- cherchait l'instruction partout ou il c-pérait la rencontrer. Il mettait bien ses plaisirs en pre- mière ligne; mais, chemin faisant, il recueillait çà et là des renseignement^ sur les pays qu'il parcourait. Il prenais beaucoup de notes, ques- tionnait le^? personnes capables, et donnait à l'examen de& choses tme attention asse? sou- tenue i M* Vidlli^r m r^veiiait pas de son étonnement } il ne pouvait concevoir comment çe petit être s'exposait volontairement aux plu§ rudes fatigues, les supportait avec courage et bravait toute espèce de danger, • uniqutônîetiÉ pou? satî^fairè m fantaisie de voir du pays. M^¥iollieç ne^ put Jamais s?ex$liqper^ comment cette vie errante, pénible, n'avait changé en rien, ni même modifié le caractère, les goûts et les habitudes du vicomte. M. dé %iv tiges trouvait charmant de coucher en plein air, par terre, sur un sac, au milieu d'une pampa; et, pendant tout sou séjour chez M* Le Bris * il ne cessa de se plaindre de la dureté des sièges en usage à Aréquipa* Au dîner, on mettait sur sa chaise un tapis plié en quatre, 11 se plaignait aussi de la nourriture: on ne savait pas faire le thé, les glaces ne valaient rien} maiâ ce qui le désespérait, ce qui lé rendait réellement mal- heureux, c'est que les hlàn^isseuses du pfs^ ne Savaient pas repàssér sou linge à son gré- Le vicomte avait auprès de lui /pour le servir» mm un domestique, mais une espèce de Miehel-Mô^ ria, qu'il appelait son hvmme. C' était un aheteii militaire, robuste, adroit, intelligent, sachant un peu de tout. Mon cousin Althaus, qui leur avait fait une xarte décote pour se rêndré au Guzco, |fcréte^ plus que le maître> et, pour cette raison^ il aivait nommé jmlvndk te Je m f Ut jaiûi# M, de Sartiges resta trois semaines à Aréquipâ. Chacun s'empressa de le fêter le mieux qu'il put. Nous nous réunîmes en grande cavalcade, afin (telrâikireîv^ trouvent aux environs de la ville. Qti W donnâ pense pas qu'il dut être mécontent dô la rëeëff* tion qu'on lui fit. Il parût pour le Cuzco, charge de lettres de recommandation, et j-ai eu le plai- sir d r apprendre que la connaissance de M. Miota, pour qui je lui donnai une lettre, lui avait été très agréable.
Pendant le séjour de M. de Sartiges à Aré- quipa, vint de Lima un de mes cousins par al- liance, l'homme le plus original què j'aie ren- contré de ma vie, M. d' Althaus* dont j 'ai déjà parlé. Dès la première entrevue, nous fûmes amis- Althaus est Allemand > mais parle français dans la perfection, ayant passé en France une grande partie de sa vie; A partir du moment de son arrivée, je n'eus plus de temps de reste. Sa conversation me plaisait si fort, j'y trouvais tant d'occasions de m'instruirev que jè profitai de ses dispositions musardes pour prolonger avec lui d'interminanables causeries. Gomme sa femme > ainsi que ses enfants et ses domestiques, étaient chez mon oncle, à Gamana, il venait manger avec moi chez ma cousine, en sorte que nous ne nous quittions pais* Althaus a une manière de parler ij^pèr^ comme t gnent 9 qaractérfeeiî^ret qu'on cite ensuite comme I des proverbes. Il fut de toutes nos parties avec M- de Sartiges, et tout ce qu'il me disait au su- jet dé ce jeune homme-femme était digne de re- marque. — En résumé, me disait-il un jour, je vois, ma chère Flora, que depuis quinze ans que j'ai quitté la France, votre jeunesse n'a pas été en s'améliorant. De mon temps, j'ai vu des jeunes gens de l'âge de M. de Sartiges, qui déjà avaient deux épaulettes, et s'étaient trouvés à dix affaires; de ces beaux garçons forts, robus- tes, qui résistaient au froid et au chaud, à la faim et à la soif, à toute espèce de fatigues. C'é- taient là des hommes! Mais des mauviettes somme votre vicomte, qu'on prendrait pour de petites marquises déguiséf §, je voijs 1$ 4ewailde, de quelle utilité peuyent-elles &re à leur pays? Sans doute cela est gentil; m^is est-ce avec des poupées de cette pâture qpe vous çoinptez faire mardier la çivilisatba?
— Àlthaus, vous ne faites cas que de la force physique*- — C'est que la force physique entraîne tou- jours avec elle la force morale. Très cert^ine T ment vous m rencflnti^fe^^ jamais dans une chétive enveloppe de femmelette un César, un Pierre le Grand, un Napoléon.
— Il faut croire, cousin, que les habitudes de jeunesse sont bien fortes,: puisque votre bon sens naturel et vos connaissances scientifiques n'ont pu déraciner en vous les goûts du soldat.
_ Cousine, vous êtes charmante, quand vous vous révoltez contre les soldats. Mate, dites-moi, qu'espérez-vous donc de votre jeune France? fera-t-êlle jamais rien qui puisse approcher des grandes choses effectuées par les soldats de Fem* pire?
Ou peut juger, par ce peu de mots, del$ tour- nure d'esprit de mon cousin Âlthaus* L'homme a disparu dans la profession. Soldat avant tout, il réalise complètement 1M de Walter-Scott. Encore quelques innées ■$ et le type ne &m -geti&fmrà plus en tJRii#op«U r.-^î5 Mthéus fait lai guerre depuis l'âgé dé dix- sept anrfj il a servi cdïimë ^fifeiir du|péfiferfajiB les armées françaises et^daè^ Celtes* de^iallié$.
raière, celle à laquelle toutes les autres tjtoiyetit être siri&rdonnées; # l^kertee pafcfgéât* s'inté- i^iiiîïMuP^^ plus habile. Après tes i 4véilëfflié^^##l##^l resta au service de l'Allemagne: il y avait un très beau grade, de bons appointements > et au* rait pu mener joyeuse vie dans toutes les garni- sons ^ mais son activité guerrière ne pouvait s'accommoder du repos $ il lui fallait Toccasion d? exercer son; art, lè jeu des batailles, les fortes émotions que font naître les chances de succès et de revers^ la joje du triomphe ou l'enseigne*- ment de là défaite. Pendant trois ans il attendit les querelles des rois, accueillant jusqu'aux phis faibles rumeurs qui pouvaient faire présa- ger la guerre, bien décide à ^:^ip^^^i*:it: ifisi rallier m drapeau que paraîtrait devoir fte- , voriser la for|unf | les èfïbrts temps encore * M jeunesse êiï Eurè jj© se trbùtai t condamnée à végéter auprès slé ser^èï^ AL^- thaus se décida à quitter ûi^ pays sui* lequel dî~ saiteil^ Jtt Malédiction 4i£ ^ être tombées II donna m 4éîîds$^^ mille, dont il était tâidifci^ Arrivé à Lima, Althaus se présenta au chef du gouvernement, et, sans autre recommanda- tion que sa bonne mine, ses allures martiales, il fut reçu avec distinction et employé selon ses désirs. Accoutumé aux proportions gigantesques des guerres de l'empire, Althaus n'aurait pu s'imaginer qu'on songeât à entrer en campagne avec une armée au dessous de cinquante mille hommes; aussi fut-il cruellement désenchanté quand on lui dit que le corps d'armée dont on lui confiait le commandement se composait de huit cents hommes! Lorsqu'il vit ces soldats péruviens mal équipés, sans aucune notion de tactique ni de discipline militaires, lâches et sans presque aucune des vertus du guerrier, le pauvre Althaus resta pétrifié, et-- 'miï 5 ip#*t Se moquer tïe lui. Le malheureux fut tenté d'aban- donner l' Amérique et ^accourir aux cHampsjde la Grèee> où il avait appris quë là gii&rïm estait entre la eitoix et ^croissant* Je ne; sais sous la- queUo des deux bannières m on^ ta se^ildëili&àise ranger,v mais Althaus abhorre laao^-il^M^it l^aiieo&p s^ufifeptEdknft le vdpge qurlîb venait de faire, ^Iliu#ejis& distÉaçti^l sép^f Iç pàf& ffeH^£de fit craindre de n'arriver qifefl^^ de lat fin de la lutte. Il se résigna donc à rester au Pérou; et, réfléchissant que, dans ce pays nouveau, ses talents d'ingénieur pouvaient re* cevoir une grande variété d'emplois, il proposa au gouvernement de lever le plan topograpMM- que du territoire, et de se charger de tous les travaux d'art qu'on jugerait convenable d entrer prendre. Sa proposition fut acceptée j il resta attaché à l'armée péruvienne en qualité de colo- nel du génie, fut nommé ingénieur et géographe en chef dé la république et chargé de l'exécution de la&earte du Pérou: on lui alloua 600 pias*- tres par mois ^àOADr fr^ i indépendaminei^l ide ses/fftais $e voyage* 11 eut deux aides de camp attachés à sa perspu^e corn chef du g^nie militaire> et deux aides-géographes poto les trâviaiux topographiques. Il y avait quatorze ans qiïMîil&usM suétait trouvé à toutes les affaires sans avoir jamais reçu dans au- cune la plus légère blessure. En 4 825, il vint, à J^tèrde B^h^, ^ AWqpipa^ et alla loger Il^iàW fille dlTOeî^Dto^demotf pèré,^ eiéijjeidnt, amoureux, de Manuelay quiétàit orpheline. Althaus épousa ma cousine én A 826. Ils fNÉeat, qua^id jlétâi* au Péroïiy trois e»f%ti* Û$m fils êt nxîè filfëç < Althaus a fotitei llfc?éi$to qui Wfléfréfet l'homme: il les tient de sén ktâm dè ieil#tt^ e&tion: il a en même temps des défauts tjfii pâ- raissent irfeonciiiab^^ ses q&àlités <8t qu'ôâ doit attribuer au long exercice de sa profession. On acduse mon cousin d'être du* j où lt<i rëpï*è- cfef Ja sërérité 4? cy^i^ëè y la iteè châtiments dont jl ênjrerk Sjés Soldats ët â6S subordonnés. 5e suisbienioiïï d'exéttàét p&- irfeils défaut^ n^àîs je fer#^ ^ëffi^rqt^^ têi^t^ai^ qu'il faudrait qu'un feétëiÉnf ^ ir^à^ iWto magne fût plus;q*téii»an^ viblent même^ ajairt d^lfëi^iF^^ l'entourent,?bbifc|>ère, beŒ£ép0iïx| Squdi(|ûe^ fciis un peu Très laborieux? R?^^ ches, 4fa4m et travaux de toute nature, une patience extrême. Il possède une rare intelli- gence, des connaissances profondes et presque ^I^ivejp^elle^. So$ esprit est sardonique à l'excès j % frarçchise, la bizarrerie de ses expressions, dépassent tout cq qu'on pourrait en dire. U se rît detpufo wit toi^oprsî h vMè pWsat% et saisit le ridicule des choses et des personnes ay$c tant de justesse, le manifeste ayeç tant de liberté, que les plus braves en frémissent. Althaus n'est pas aimé: il est trop sévère dans l'exercice de i^^Yfi^-et a li^i$sé trop d'^^ On le redoute tellement que souvent ^ d^r tourne <|f c^piu poiw Éviter m repcoiitre. AWi^ avait alors quar^nte^buit ans: $w pfc$* sjiqme ^st tout allemand, blond» &m Wfc fpFt j p'^t un bomme crtrre., infatigable, ponctuel à tous ses $«&q^ grande loyauté dans toutes ses relations. / w ï-m^MÂffM^ de met porter du motif de naon voyage, s'en reposant à cet îégard #w® feipgiie jm de la succession, Althaus, franc militaire, peu versé en matière d'intérêts, ayant affaire à un homme de la force de mon oncle, n'eut pas la meilleure part. Il fut lésé en tout; il se plaignait, entre autres choses, que toutes les bonnes terrés de Camana se trouvaient dans le lot de mon oncle, tandis que les mauvaises avaient été lais- sées pour les parts de Manuela et de la fille de ma cousine Carmen. * r De Camana, mon oncle s'était rendu à Islay pour y prendre les bains de mer. Il me fut évi- dent qu'il àflfëdtàit, en différant, sous divers prétextes/ son retour à Aréqiiipâ dé Montrer ostensiblement qu'il nertie craignait pas. Dépuis trois nk)is, j'habitais sa maison, je l'attendais. Enfin^ il m'annonça son départ d' Islay, m'inyt- tant à venir à sa rencontre, si cela me convenait, jusqu'à sa maison de câtnjkgne^ où il comptait s'arrêter. * hj^iâlsdontc voir cet oncle sur lequel reposaient maintenant toutes mes espérances V l'homme, qui devait tout à mon père, soijt éduéation; son avaïîiéiofént V^*j^ïiti8têty1& sûèfcès* dans' le monde! <|uéllaccueïl MMi^il me i^ë? qt#Ie sensation épf ouverais-jë à sâ vlie? A cët|é ppsée mon cœur battait nesse, j'avais tant aimé cet oncle, que mon ima- gination me représentait comme un second père, j'avais tant souffert lorsque ma mère m'avait dit: « Votre oncle Pio vous a abandonnée, » que je ne pensais jamais à lui sans ressentir la plus vive émotion.
Le 3 janvier, vers quatre heures de l'aprésr midi, je montai à cheval, accompagné de mon cher cousin Emmanuel, d'AUhaus, du bon M. Viollier, mes trois intimes, et suivie d'une foule d'autres personnes, venant plutôt pour satisfaire leur curiosité que par intérêt pour moi ou par prévenance pour don Pio de Tristan. Nous nous dirigeâmes vers la belle maison dé cam- pagne que mon oncle appelle simplement sa chacra *: elle est située à une lieue et demie de là ville. Lorsque nous approchâmes de l'habi- tation, Emmanuel et Alth^is prirent lès devants polir m'annoncer. Peu après, je vis un cavalier venir: à toute bride y je m'écriai: voilà mon oncle! Je lançai mon cheval, et dans un instant je me trouvai auprès de lui. Ce que j'éprouvai alors, je ne Saurais qirïm^ 1 Ce mot n'est pas espagnol; on s'en sert au Pérou pour cosi- gner une maison des champs.