SigPhi · Flora Tristan

Pérégrinations d'une paria, tome I

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par le langage» Je pris & main, et la serrant avec amour, je lui dis: Oh! mon oncle, que j'ai besoin de votre affection!...Ma fîlîè^vbtis Favez tout entière. Je vous aime comme mon enfant: vous êtes ma sœur, car votre père m? a servi de père. Ah î ma chère nièce, que je suis heureux de vous voir, dp eontepapleEd^ qui me rappellent si fidèlement ceux de mon pauvre fr^re* C'est lui, lui, mon frère; mon cher Mariano, dans la personne de Florita» M- 11 m'attira vers lui, je penchai ma têt# sur sà poitriney au risque de me jeter à bas dé «ion cheval, et restai ainsi assez longtemps. Je me relevai baignée de larmes: étaifc*cé de jèie^ de douleur ou de souvenirs? je ne sais...; mes émotions furéht trop vives et trop confuses pour que je puisse en préciser la causée Cës mëssiëutfs nous avaient r^nte t j^ës^ufâi mes feïix^ trà~ vaillai à reprendre mm eàïme^ (St marchai m avant arec mon oncle sans parler; Eh éntbâfit dans la eoui*y 3#a tante j sine, puisqu'elle est sœur dg Mamiela, viïp â^i devas| dé ûsoL>hëi^ mais au fond duquel je démêlai une grande sé- cheresse d'ame. J'embrassai ses enfants, ses trois filles, Son garçon, et tous quatre finè;^W^t très froids* Quant à ma cousine Manuela, il n'en fut pas de même; elle se jeta dans mes bras> m'embrassa avec tendresse > et les yeux pleins de la i oies, U voi& jémue, me dit: Ah! ma copine, qu'il me tardait de vous connaît»! Depuis que j'ai appris votre existence / j® vous aime* j'admire votre courage et pleure sur vos chagrins, r— Nous restâmes prés de deux heures dans cette campagne. Je nie promenais dans le jardin avec mon oncle j je ne pouvais me lasser de leq tendre: il parle le français avec une pureté et une grâce charmantes. J'étais ravie de son esprit, son amabilité me fascinait.

Vers sept heures, nous nous mîmes en route pour Àréquipa. Mon oncle monta sur sa belle et fougueuse jument çhilienne. L'habileté, la grâce avec lesquelles il la conduisait dénotaient assez que son é(|j^ion équtf^re avait eu lieu en Andalousie. J'étais encore, Icètte fois, en tête de la. nombreuse, ca^^aâiè; njpà oncle, à ma droite, ne cessâ|tîife rarlntretenir de la manière la plus amicale, % H f, En arrivant à la maison, nous trouvâmes ma cousine Carmen occupée à faire les honneurs, dans le grand salon, aux nombreux visiteurs venus pour recevoir don Pio et sa famille.

cousine avait fait préparer un souper splendid'e: ma tante y invita les personnes présentes. Quel- ques unes acceptèrent; les autres demeurèrent à ? causer ou à fumer. Je restai longtemps avêe mon pactes sa conversation avait pour moi un attrait ipésistible. Il fallut cependant se retirer^ -jet, quoiqu'il fut tard, je ne le quittai qu? à regret y j*en étais enchantée et, jouissan t du bonhettr de me trouver auprès de lui, je n'osais réfléchir à ^ ^e que je devais en attendre, entièrement subjuguée parle charme qu'il avait répandu sur moi.