NOU.VELLE EbiTIOW, Augmentée de l'Hiftoire de la Vie & des Ouvrages de l'Auteur, M. L. DE NEViriLLE, '"-"■-SECOND.
A AMSTERDAM, Chez François Changuion, MDCCXXXIV, *5 Z>0 j Digilized by CoOglt ESSAI S SUR LA BONTE DE DIEU, L A ■ LIBERTE DE I^'HOMME L'ORIGINE DXJ 'BaU s E co N p » r / e: I^P tachésàdonner une cxpofition ^^ra ample Sçdiflinâcde toute cet" ^^^Jhm| n'ayons pas encore parlé des Usa^Smtfi^ objections de M.Bayleenpar- ticulier, nous avons tâché de les prévenir, 6c de donner les moyens d'y répondre. Mais comme nous nous femmes chargés du ibia d'yfttîsfiiîreea détail, non feulement parcequ'i! y aura peut-être encore des endroits qui mericeront d'être cclairci^ mais encore parce que icsinftanccs font ordinaire* ment pleines d efprit & d'érudition, & fervent J donner un plus grand jour à cette controverlè, il fera bon d'en lappoiter tes principales qui ic tron- .ïiw»iir. A jent 2 Essais sur la BoNte' de Dieu, vent dilpcrftes dans fcs Ouvrages, & d'y joindre nos lôluliens. Nous avons remarqué d'aboi d, t)ùu concourt au mal moral; ^ ait mal ffyjie^t, {J> À l'hn i inMire d'un* manière morale (§• d'me manière flyjîquti que l'htr», me y concourt 'aii_^ moralement ffyjîquemer.i d'iii^e marner eliére (3* Aélîve qui le rend blâmahU ^ funijfuèle. Nous avons montré aufli que chaque point a iâ ditlîcul- tc: mais la plus grande cil de lôutenir que Dieu concourt moralement au niai moral, c*elt-à dire au pcché, iâns être Auceurdu pedié&mimeiàns en être complice.
- io8. Il le en le^r»;»i)W juflement, & en le i^/Mi» iàgement au bien, commenousTavons montré d'une manière qui paroit allez intelligible. Mais comme c'eSi en cela que M. fiaylc ie fait fort principalement de battre en ruine ceux qui Soutiennent qu'il n'y a rien dans la Foi qu'on ne fmtTe accorder avec la Raifon, c'eft aufli particu- ieremcnt ici qu'il faut montrer que nos dogmes font munis d'un rempart, mâme de raiJbns capa- bles de refiAer au feu de plus fortes batteries, pour nous fcrVir de fon allégorie. 11 les a dref- iecs contre nous dans te chapitre CXLl V. de fa Rë- foolc aux Queftione d'un- Provincial (Tom. III. fêg.Sin.) où il renferme la doânne Tiuologique «fipt Pfopoficions, & y oppolb dix- neuf Maxi- mes phîJof<mhiques < comme autant de gros canons «pdîles de feire brèche dans notre rempart. Com- mençons par les Proportions Thcologiques.
109. I. Dieu, dit- il, tEtrt éternel ^ nteejf»iri,_ ÎK^mmtnt bon, faint, frgt ô* fmjfant. fejjeiie dt tOHti éternité une gloire ^ une béatitude, qui nt futvmujêmmi ni troitrt »i diminuer, Cettepropo- fidon de M. Uajk a'eO. pas. moins pUloTophique duolosiquc* Do dire que Dieu poffede une ^intfOMU ell^, c'clïce qui dépend delà Sgmâàtioa du unne.^ L'on peut dire avec quelques-uns que la gloire cil talatistafïtonqu'ontrou- ve dans la connoiiîàncc de lès propres perfcftions;.
dans ce lens Dieu k poOede toûjours: mais quand la gloiie ligiijtie que les autres en prennent connoillàncc, l'on peut dire que Dieu nel'acquiert que quand il fc ùti connoitre a des IJréaiures intcl- ligentts-. quoiqu'il ibit vrai que Dieu n'obtient pas par là un nouveau bien, ik que ce font plutôt Ics Créiturcsrailbnnablesquis'en trouvent bien, lors- ^'eltcs cnviiâgent comme il &ut la gloire de 110. II. Il fe ilittrmhix lih'emmt à la preJtfSa» tni popHei etUxufu'ilUtifltitfottr leur donntrl'txi^ tejKt, 0- m co.-npofn- l'Univers, ^ laijfk teaskia»- prti dans le néant. Cette propofttion eftaufiitrÈs- contbrme a cette partie de la Philofophic.. quî fi'appclie ia Théologie naturelle, tout comme la précédente. Il faut appuyer un peu fur ce qu'on «lit ici qu'il clroilit les Êties poflibles i^u'il lui plut. Gu il t'aut confiderer que lorsque je diS) celit mt pUie, c'cft autant que fi je difois, je le trouve bon. AjaS cVft ta bmte idéale de l'objet qui plaîtj SC k Ait ckoifir patutî btancbup d'mtics bof «irenfienftm moins ^ <Mte bonté Qiii metoti- âie. OtU s'y a «le tes mis Ucns qlù Kiient catfa-^ ' Uesde tdtinalDietK ftpaiconfequcntcequi|)blt kpliuiDiat. SeqHi&ftitdurilîr, cft le'âidl'* Itiir.
III. ni. La nAfMre humatrtt ayant iti du nm~ ire 4tt êtrei ^u'H voulut prodairt. il créa mhomme une femme, ^ leur accord» entre autres faneurs U franc arbitrti défont qu'ils eurent le pouvoir de lui obéin mais il Us menafa de lamsrt, s'ils defobéif- foient i l'Wilree^u'il leur donna de s'aéjienir d'ttaeet- tainfruh. Cette mopolîtion cft; revcléc en partie, & doit -Ixtc idmtie fiu» difficulté, poomi que le A » jrmc i Essais sur la Bonté' de Dieu, j/i-flur iiriiVre foii entendu comme il iàut, fuivant l'explication que nous en avons donnée.
Iiï. IV. Ils en mandèrent fourtant, (5> dh-lors ils Jurent ccndamnés eux toute leur fafteriié aux miferes de cette vie, à la mort temporelle Q'ilaiiairf waim étemelle, ^lf"j^tih à une telle inclimtim tm ftché, qu'ils s'y abandoment prefcmejant fin (J» Jam cep. Il y a lujcc de jugerque t'aétion défen- due entraîna par elle même ces mauvaifes fuites en vertu d'une confequcnce naturelle, & que ce fut pour cela même, & non pas par un ûccrec pu- lement arbitraire que Dieu l'avoit défendue": c'é- toir à peu près con)me on défend les couteaux aux enfâns. Le célèbre Fiudde ou dtFluHièus, An- glois, fil autrefois un Livre de Vita, Marte ^ Re- furreâicne, ibus ie nom de R. Otrt-b, où ïllbutint que le fruit de l'arbredéfcnduétoitunpoMimiQiaîs nous ne pouvons pas entrer dans ce détail; il fufiît que Dieu a défendu une choie nuiftbie, il ne làut donc point s'imaginer que Dieu y ait fait fim- plement k pcrfonnage de Legiflateur, qui donne une loi purement politive, ou d"un Juge qui im- polè & inflige une peine par un ordrede fa volon- té, fins qu'il y ait de la connexion entre Je mal de coulpe Se -le mal de peine. Et il n'ell: point nc- cefBtrc de fe figurer que Dieu juftemcnt irrité amis une corruption tou^ exprès dans l'ame & dans lé corps del hoinme, par une aâion extraqrdinaiiff, pour le punir i à peu prés comme les Atlienietii donnoicnt le ftc de la ciguë à leurs criminels. M. Bayle le prend ainfi, il pavle comme fi la corruption originelle avoit été mife d.ms l'ame du pre- mier homme par un ordre & par une opération de Dieu- G'vd ce qui lui fait objeifter (Rép, au Pro- vinc. ch. 178. p. mS. Tom. lU.) ^ue Lt Rai/em ' n'approiiieroîi point le Monarque, ^rti pour chÂtitr un rebelle condamniroh lui ^ fes éefcendans à iirê inclinés à Je rebtlUr. }l\ais ce châtiment «nireno^ ru* ET LA Liberté' DE l'Homme.II Par. ç tureUemcm aux mëcliaas, ^ns aucune oidotman- ce d'uo Legillateur, & ils prennent goût au mal. Si les yvrogncs cngendroient des entons inclînésaa mfmc vice par une fuite naturelle de ce qui fc pas- le dan.î les corps j ce feroit une punition de leurs progeniieurs, mais ce ne ferait pas une peiae de ht Loi. 11 y a quelque chofe d'approchantdanslcsfuî- tes du péché du premier homme. Caria contem- piadon de ia divine Sagelle nous porte à croire quc- k régne de ia Nature lerc à celui de la Grâce; Se aue Dieu comme ArchiteiSe a tout fait comme coLivcnoit à Dieu conlîderé comme Monar- que. Nous ne connoiirons pas allez ni la na- ture du fruit dcfrndu, ni celle de l'avion, ni fei effets, pour jiigcrdudétailde cette affaire: cepen- dant il raut teoâre cette juftice à Dieu, de eîoiit Îu'cllc rcùfcimoit quelque autre chofe qtw A quti s Peintres nous leprelentent. ii;. V. Il lui a fin pur fin mjmit mifmeBrJe Je délivrtr un tris-petu nombri ihùmmts 4t tetn eoaJitmmtwn, ^ tnlit Wtjfant txpoféi pendant cetit vie à la corruption di* peeht àtlarmfire, il leur m imné des affifiances qui les mettent en étxt d'obtenir la beMitude dn Puradis qui ne finira jamais. PIu- fieurs Anciens ont doute fi le nombre des damnes c& auffi grand qu'on le l'imagine, comme je l'ai déjà remarqué u-deOiu. Et il poroit^u'ilsontcra: qu'il y a quelque mUieir entre U damnation éter- nelle & la partaicc béatitude. Mais nous n*a7ons point belbin de ces opinions, &. ii Tufiit de nous tenir aux icntimens reçus dans l'EgUfe: où il eft bon de remarquer que cette propofition de M.Bayle ell conçue fuivant les principes de ia grâce fuffi- &nte, donnée à tous les hommes, Se qui leurTuf- fit) pourvu qu'ils ayent une bonne volonté. Et quoique M. Baylc foit lui-même pour le parti op- pofé, il a rouiu (comme il dit à la marge) <!viter kl teroKSi <pi ne ceovîeadroieat pas- au fyftême A 3 *Çt EssAIS^ SVR. LA 5oi4TK* Bi» DlBU» des decrcu poftciieuis ilïpiévîijjDa (ksineuemcai contingens.
114. VI. lia prévu ét^eUtmenttimt et i^larn-- •Veroit, il » regli touttt chçfes ^ Us a placées cbucuut tnjin lieu, ^Ulisdirige^gOHverwcentiaueiUnetnt fiua fia pUi^n $tlltr»tnt run ne fr f»il fans, f» pnmi£Iea ou nntrt fik immU, ^ i^'il fMemm fichtr (omme èim lui fimili, autant ^ toutts lu fois ^1 ion lui fem<, tout et quk ae lui fiait fai, le péché par confiquent qui cji la (hoje du mQn~. dt qui l'ofenf» fy- qu'il dêtefie le plus; £5» produire doM chaque urne oumaiae touies Us f:nféis qu'il i^pprouve. Cette tiwiè eft encuie purement phi- loiophique, c'eft à-dire coonoiflable^par les luraie- tesdclaRaifon naturelle. U clt à pioposaulTi, com- me on a appuyé dam k theiè i. lur ce qui pUit, d'appuyer ici Ibv et qui fembl» ém, c'eft<à-dire lur ce ^ue Dieu trouve 00a de iàiie. U pttu éviter QU écarter, comme 6»a luifimiU» taat ee^aa bû fLftt pas: cependant il faut confidercr ^leîqujH <^et» detbaélo^iiemeiitcontiBacatauis jsauz, £c &r tout le pecus, £1 loloacé ante* cedente lepouÔôit, n'om pu 6tre lejetiés pai & volonté coalëquente ou decretoirc, qu'autant que le portoit la règle du meilleur, queleplus làgede- voit chotlir, aprèsavoirtoutmisenl^edccomp- te. Lorsqu'on dit que le péché i'^tafe l» plus» yt'il U déttfii It pins, ce iônt des manières de humwaea. CarOicu, à ptopremeat parier, ne làuroit étsty^mfét c'eft-^- direleie, incommo- dé, inquiété, ou misen colère; kiïtiedittfieTica de ce qui txiùe, fuppofë quedétefterquclquecbo- iè foii ia regarder avec abomination, <l'une ma< niere qui nous cauiè un dégoût, qui nous fiSe b«aucoup de peine, qui nous tâSè mal au coeur: car Pîau iâarwt iouSirii ni cb^[l:tIl * ni douleur, aï incommoditéi il efttoàjearspu&ûemeDteon- tottt 0{Jà £}a wft* Cependant ces «xpnûîoiu du» ETLA Liberté' DE l'Homme.U. Par. j Icu vrai icns Sont bien fondées, La ibuvcraÎM boQté de Dieu fait (jue {a volonté antcccdeace r«- pouAè tout tnal, mais le mal moral' plus que tout autre * elle ne l'admet aulTi que pour di;s railbni lùperieures înrincibies > 6c avec de grands corr^o- tits qui earépaivnt les mauv^iï eftets avec avants* S II eft vrai anfli que Dieu pounoit produire is chaque tme humaine toutes les penfees qaH approave: mab ce feroitagiiptrmiTacle, phisque xmpbft, \e mieux oongu qv^it fiât poffible,' ne Jr porte.
I ifVIT. 2l effri Jtf gracti à Jti gmi qu'Ufititil$ hs dtvw fus Mcetper, f> devoh renire faretr^ fiif plus er'mintls qu'Ut nt It firoimt, l'il ne itt ItHr avcit pai oftries: il leur déclare qu'il feu/xûtr - urdtmmeni i^it'ih les aceejtleitt, (j> il ne leur donna feint les grâces qn'il fiii qu'ils accifiernient. Il eft vrai que ces gens deviennent plus criminels par leur refus ) que li l'on ne leur avoir rien offerr, & que Dieu le iàit bien: mais il vaut mieux permetnc leur crime, qu'agir d'une manière qui reniiroit Dieu blâmable Jui-méme, & ferolÈ que les crimi- nels auroicnt quelque droit do fe plaindre, on di- fiat qu'il ne leur étott pas p<^iblede mieux faire, quoiqu'ils i'aycot ou l'eufiéiit voulu. Diau vcuc qu'ils reçoivent iës grâces dont ils i(>fitéi9al)leir& qu'ils le« icceprenti £c il vent W d«iiscv pflrt^ cuiierement celles qu'il prévate«'iJta6cepteMtait-t mais c'eft toujours par une vtuonté aoMccdente, détachée où particulière, dont l'exécution ne làu- roir «voir toâjours lieu dans le plan général des dloiès. Cette thelc eft encore du nombie de cel- les quelaPhîloiÔpbie n'établît pas moins que la Rà- vélation; de même que trois autres des icpt que noi» venons de mettre icrt n'j «jast en que it. trotfièmc, la quatrième 8c k cinquième qui ajmft - eu befinn de la Ré^htion< s Essais sur la Bonté' pk Dieu, lo&phîqiies que NI. Baylc oppolè aux lept Pi-O£0- fitioas ThéoJogiques, I. Comme l'Etre infiniment farfait trorive tu îui-rn£n:e une gloire une bcaùtude qui ne feu- vtnt jamais ni diminuer, ni croure,/» bonté {eu- U l'a déterminé À créer cet XJnher): Cimtitim d'ètri loué, aucun matij i'iatérSt dt ceafirvir eu ^augmenter fa ieatilM Jeté' ("ghire, n'y enttupan.
Cette Maxime efl: très-bonne: les louanges de Dieu ne lui fervcac dcrien, mais elles lervcntaux liotnines qui le louent, & il a voulu leur bien. Ce- pendant quand on dit que la éonté feule a détermin'i Dieu à créer cet Univers, il eftbon d'ajouter que ià Bohte' l'a porté antecedemmtnt à créer & à produire toutbicnpoCTibk-, maïsi^ucfa Saces- SE ca a fait le triage. Se a été cauie qu'il a cboili ]c meilleur confequemment, & enlîn ^ue lit Puis- sance lui a donné le moyen d'cxecuicr «fintr/- Umat le grand dcllcin qu'il a formé.
1 17. Il- i» hnit de VEtrt infinimint parfait tfi îi^nie, é* /«M»/* pu* infinie fi l'on fouvoit con- cevoir une émilé plus grande que lafitnne. Ceearac- tere d'infinité convient à toutes fei autret firfeéHms, À l'amour de U vertu, À la haine du vice, O'c. elles Joivent être Us pins grandes que l'on fuifie coaeevotr. ^yiyez. Mr. Jurieu dans les trois premieresffSionsdu iugcment fur les Méthodes, oit ilraifimne continuel' wmt fitr ce principe comme [ur une première m- tien. Vafit, auffidans Mr. Witticlùus de Providcntiz Deiv. tx.ctsparelesdeS.Au^fiiHlib. i.dedoâiina Chrin.r. 7. cum cpgitatur Dcus, ita cogitât ur, ut ali<]uîd, quo nibil mclius fit atque fublimius. Et faulopojl: Nec quifquam inveniri potcft qui hoc Dcum crcdat eiîci quo mclius aliquid cil. ] Cette Maxime eft parfaitement à mon gré, 8t i''cn tire cette confèijucnce, que Oicu tait le meil^ eur qui Gàt poffible, autrement ce fèroit borner reicicice de u bonté} ec qi(i lèrait hoiaa&fynti elle - ETLA Liberté' de l'HoMme.II. Par." y elle-même; (i elle ne l'y portoitpas, s'il manquoie de bonne volonié i ou bien ce feroit borner la fn- geJle & la pui/farsce, s'il manquoit dclaconnoillan- ce neeeirairc pour dilcenier le meilleur & pour trouver les moyens de l'obtenir; ou s'il manquoit des forces neceflàires pour employer ces moyens Cependant il y a de l'ambiguïté à dire que l'amour de la vertu & la haine du vice font mtinies en Dieu: lî cekétoitvraiabiôlumeat, 8c jàns reltrîc- tîoa, damrcxercice mâme ■ il n'/.auroit point de vice dans le monde. Mais quoi que chaque per- fcâion de Dieu foîtinfinieen elle-même, elle n'cft exercée qu'à proportion de l'objet, & comme U nature des chofos le porte: ainli l'amour du meil- leur dans le tout l'emporte fur toutes les autres inclinations ou haines particulières: il eft le Icul dont l'cAcrcice même foît abrolumcnt infini, rien ne pouvant empêcher Dieu de fe déclarer pour le meilleur: 8c quelque vice fe trouvant lié avec lè meilleur plan pcfliDlc, Dieu le permet,' 1 18. III. Unebtnté infime ayant dirigé le CréatèHr Jmi la trùduSion du ntendt, tout les caraâtres de feitnce, ^habileté, de pu'ijfance ^ de grandeur qui éclatent dms fan Omr.ige, font dejVmés au boiihfttr de! CrUluris mtdVgmt^s. Il n'a i;c:ilu fwQ connoî- tre/ei perfeciiorii au' afin que celte efpecc île Cfé.ttiiret trouvaffei.l leur félicité d-ins l.t conr.cijfancc, dans l'udmiration dans l'amour du Souverain Etre.
Cette maxime ne me paroit pas aflci exadïcî j'accorde que le bonheur oes Créatures intelligen- tes ellla principale partit' des deUcins de Dieu • car elles lui reilêmbicnt le plus; niais je ne voi pqint* cependant comment on puilTo prouver que rcft, Gta but unique, 11 ell vrai que le règne de la Na- ture doit fervir au reguc dekGrace; mais comme tout eft lié dans le grand deiïèin de Dieu, il ftuC croire que le règne de la Grâce eft aufli en qucleuc Ëi^oa accommodé à celui de la Natuicj ae telle- 10 Essais sttr la Bonté' de Dieu^ forte que celui-ci garde le plus d'ordre & de beau- té, pour rendre le compokdc tous les deuxlepks parfait qu'il fc puiltè. Et il n'y a pas lieu de juger que Dieu pour quelque naal moral de moins reii- Tcrferoic tout l'ordre de la nature. Chaque pcr- leâioD ou impcrfeâîon dansla Créature auin prix, nais il D'y. en a point cpii ait un prix infini. Aiofl. le bien & le mal moral ou phyfïque des Grcatures raisonnables ne paflè point infinimeat le bien 8c le mal qui eftmetapliyllquefèuletnenti c'eft-à-dirc celui qui conlîftedaus la perlêâbn des autres Créa- tures: ce qu'il faudroit pourtant dire fi la prefcnte maxime étoit vrayc à la rigueur. Liors que Dieu rendit railbn au Prophète Jonas du pardon qu'il a- voit accorde aux habitans de Ninive, il toucha même l'intéréc des bêtes qui anroient été envc- lq>pées dans le reoreri^ment de cette nande ville. Aucune fiiblbnce n'eft abTolument mepriiàble ni prccïeufè devant Dieu. Et l'abus ou l'extenlîon. outrée de la prélèntc maxime paroit être en partie ia Iburce des difficultés que M. Baj-'.e propoft. Il c& fur que Dieu fait plus de cas d'un nomme que d'un lion, cependant je ne iài fi l'on peut allu- rer que Dieu préfère un fcul homme à toute l'ef- pece des lions à tous égards: mais quand cela ft- lOÎt, il ne s'cnfuiwroit point que l'intérêt d'un cer- tain nombre d'hammes prévaudroit àlaconfiderar tîcm d'un delôrdre général répandu dans un nomke infini de Créatures. Cette opinion Aroit uo reftc de l'ancienne maxime afièz dccriée, quetout eft fiiit uniquement pour l'homm».
Ï19. IV, Lei hUnfaits iju'ïl cummuniqui aux Cre»tHrii quifint capahlts de félicité at tenJenttju'à Uur èmheur. line permet donc fias qu'ils fervent à tts rendre malhenreafes, ^ Jt le matnah ufage qu'elles en feraient étoit cnfabîe de les perdre, illciir Jennsroient des rnytns fùrt d'en faire toûjoitrs un ton târ/Mt ttl» tt M fmitnt fat it vtrïtithUt etlaLibebte'del'Hohhe.IT. Par, rr ihnfahs, f" ^"'^ ferait plus petite que celle qtit ntuj pouvons concevoir divai ttn autre bienfaiteur, [ye -veux dire dans une eaufe ^uijoindroit k[es prf fini i'adrejfe fûre de l'en bien fervtr].
Voila (jcja l'abus ou le mauvais eUct de la maxi- me précedcute. Il a'e& pas vrai à la rigueur Dieu communique aux Créacures qui font capables àc félicité, ne tendent uniquement qu'a leur bon- heur. Tout eft lié dans la nature; & fi un ha- bile Artifan, un Ingénieur, unArchiieâe, unPo- Kriqiie fage feit fouvent fcrvir uue même chofc i Îlutieurs tins; s'il ^it d'une pierre deux coapt) irs que cela îc peut commodément; l'on peut se que Dieu, dont la làgefTé & la poiflânce font parfeitc), le feit toujours. C'eft méaa^ le ter- Tain, le tems, le lieu, la m atiè re 1 auîlontpoM' 3tnfî dire là dépenfè. ' Ainfl Dieu a plus dtine Toë dans Tes projets. La felïcité èe toute) tes Créatur» raifonnables eft un des buts où il vife, mais cite n'efb pas tout fon but, ni même fon dernier but. C'eft pourquoi le maîiieur de quelques-unes de ces Créatures peut Aîriver fur cmcamitance, 8c comme «ne filitc.d'autres biens plus grandi j c'eft ce que cs^àcpt d-deflus, 8t M. Bayie l'a recon» nu en quelque fiirte. Les biens, enram que biens, eonlîda^enevx-méiifts.'limtl'objet delavcdon- - té antécédente de. Dieu. Dieu predaiiq totnit de raifbn & de connoiRànee dam l'Univers qus An plan en peut admettre. L'on peut concevoir mi milieu entre une volonté antécédente toute pu- re Kc primitive, 8c entre une volonté confequente & finale, La 'j^nté antécédente primitive a pour objet chaque bien & chaque mal en foi, détaché de toute combinaifon, 8c tend à avancer le bien 8ï 3 empêcher le mai; Uvotunté mafiitne vaaiixcom» - Binaiibns, comme lorsqu'on attache un bren à on nadi SGs tlort k vdonté- tar»i]ueliliw tendene* pour & EssAH lUR LA Bonté' de DiEUj Îiour cette combi nation, lors que le bien y iurpalïè e mal; mais la voloalé finale &, decilivc rcfu'ic de la coït lïd crac ion de tous les biens S<. de tous les maux 2ui entrent dans notre délibération, elle refultc 'une combinaifon totale. Ce qui fait voir qu'une volonté moyenne, quoi qu'elle puillè palTcr pour conièquente en quelque ra^ou par lapport à une volonté antécédente pure & primitive, doit être coaliderée comme antécédente par rapport à la volonté finale-Sc decretoire. Dieu donne la Railôa au Genre huniaîiii it en arrive des malheurs par concomitance. Sa volonté antccedente pure tend à donner la Raifon. comme un grand Hen, & à cmptchcr les maux dont il s'agit; mais quaitd il s'agit des maux qui accompagnent ce prclent que Dieu nous a fait de la Raifon, le compofé fait de la combinailôn de la Raifon & de ces maux, fera l'objet d'une volonté moyenne de Dieu; qui ten- dra à pto<3uii'e ou empCcher ce momcnCi lêloo qoe le bien ou le mal y prévaut. Mais quand mê- me il fe trouvcroit que la RaJfon feroic plus de mal que de bien aux hommes, (ce que je n'accorde pourtant point ) au quel cas la volonté moyenne de Dieu la rebuteroit avec ces circonllances, il le pourroit pourtant qu'il fût plus convenable à Ja E:rfeâion de l'Univers de donner la Raifon aux nmmes, nonobftant toutes les mauvailcs fuites qu'elle pou rroit avoir à leur égard; Se par cônfc- queut la volonté finale ou le décret de Dieu, rcful- tant, de toutes les corvlîderations qu'il peut avoir, lèroit de la leur donner. Et bien loin d'en pouvoir Ctre bUmé, il lèroit blâmable, s'il na je fitifoit pas. Ainfi le mal, ou le mélange de biens 8c de mattx où le mal prévaut, n'arrive que par conco- mitance, parce qu'il cft lié avec de plus grands biens qui font hors de ce mélange. Ce mélange donc, ou ce compofé, ne doit pas être confideré çoiatM une grâce, ou somme un preiènt ^ue Dieu IKHU .DigilizedbyCooglei ET LA Liberté' de l'Homme. II. Par. i 5 nous fafle, mais le bien qui s'y trouve mêic ne laiflèra pas de l'écie. Tel cft le prciëm que Dieu fait de la Rai&n à ceux qui en aCeat malj c'eft toujours un bien en £ôi, mais la combinaifon de ce ^en avec les maui: qui viennent de Ton abus* n'eft pas un bien par rapport à ceux qui en dcvien* oeat malheureux; cependant il arrive par conco- mitance 9 parcequ'il fcrt à un plus grand bica par rapport à l'Univers; Bc c'cit ûns doute ce qui a porté Dieu à donner la Raifon à ceux qui en ont &it un inftrumenC de leur malheur: ou, pour p.ir- Icr plus exuStcmentj fuivant notre f)ftâme; Dieu ayant trouvé parmi les Erres pollibics queli^ucs Créatures raifonnibles qui abuicnt de leur Railon, a donné l'exiftcnceà celles qui font compriil-sdani le meilleur plan poiTible de l'Univers. Ainlî rien ne nous empêche d'admetire que Dieu fjit dts biens qui tournent en mal par la faute des hom- mes, ce qui leur arrive fouvcnt par une julîe pu- nition del abus qu'ils ont fiiit de les grâces. Aioy- fius Novarinus a l-iit ua Livre de orutih i)ei beue- ficiii; on en pourroit Faire un de oeultii Dei px'iij, ce mot de Claudien y auruic lieu à i'cgaid de quel- ques-uns: ToUmttir tn Mltum Ut laff» graviere ruant.
Mais de dire que Dieu ne devoir point donner un, bien dont ii fiit q'i'une mauvaifc voionié abuicra, lorsque le plan gênerai des chofes dciranile qu'il le doiinCj ou bien de dire [|u'il ticvoit tîdnner des moyens iïits pour l'empèciicr, cu[it;ain;s \\ ce di'~ me ordre gênerai: c'eiî vouloir (comme j'^i djja remarqué) que Dieu devienne bl;"imblc lui-mime pour empêcher que l'homme ne le ioit. D'objec- ter, comme l'on fait ici, que la bonté de DicuTc- foit pluf petite que celle d'un aotre^ûcn^tcur qui A; ■ " " ' dod-^ 14 Essais sur la Bonté* de Dieu, donncroit un prefcDi ykis utiles c'eft ncpasconfi- derer que la bonté d'un bienfaiteur ne le mci'urc pas par un fcul bien&it. Il arrive ailemenc (jue te Î relent d'un particulier (bit plus grand que celui d'un rince, mais tous les prefcns de ce particulier fe- lont bien inférieurs à tous les prefens du Prince. Ainlï l'on ne fauroît afTezellimcrlesbiens que Dieu fait, que lorsqu'on en conlîdere toute l'étendue > «1 les rapportant à l'Ôni*er» toot entier. Au ref- te. on peut dire que les rrdèn^ qu'on doBoe en jwéroyant qu'ils nuiront loat ks ^lèns d'us ea- a«ni ► ix't"' Hepbm tvtBTéot m&tJmm mtîs.
Mais cela s'entend quand il y a de la ma'ice ou de la coiilpi: dans ceiui qui les donne; comme il y ca avoit lians cet Eutrapclus dont parle Horace, qui fiifoit-dnbîenaux gens pour leur donuer le moyen de fe perdre-, fou uciilin étoit mauvais: mais ce- lui de Dieu ne fauroit être meilleur qu'il cft; fau- dra-t-il gîter fon fyftémc, feudra-t- il qu'il y ait moins de beauté, de petfeftion 8c de raiibn dans l'Univers, parcequ'il y a des gens qui abuièitt d» la Raifoni Les diftons vulgaires ont lieu icr: A- iufus non toUii ufiim, i! y a. fcand/dum, datur» fcni-Jaliim arceftum.
iio. V. Un Etre mul-faifant tfi très-ctifubît it ' tomblrr de tiens magniji<]uti fes tnnimii, hnqu'il fait qu'ils en feront «n nfageauiles perdrà. llnepeut Jonc pus con-uenir à l'Etre hfinimint bm donner mux Créatures un franc arbitre, dont il fauroit trii- ttrtainemetii qu'elles feraient «nufage qui les rendrait malheureufes. Donc s'il leur dorme le Jranc nrbt- ■ *re, Hyjointl'iiriJej'enfervirtoûjottriàfrsbet, é* W ttrmtt fctat qi^ellts negUgent lafivttqueJt eetsrt mmlUrmtmtrt, é" «> "i*'* f'"' * dràtêini'i*^*'^'^*^*" ^^'^^^ ^-^"^ ETlALlBERTE'DfiL'HoMME.ir. Par. turàt plutôt eette faculté que difonfrir qu'elle fut /* eaufe de leur malhtur. Cet» efi d'itumnt flut mrnii- ftfit i^ieltfrme ariitre efi une grâce qu'il leur m Joinée de fin profrt choix, ^ fans qu'Ut ta demari' dftffent, 4e forte qu'il finit flus rtiftnfable du mal- heur qu'elle leur afpùrteroit, que s'il ne l'avait accer- ' dée qu'à Pimfartanet de Uurs prières. j Ce qu'on 3 dit à la fin de la remarque fur la ma- ] ^me prcccdcntc doit être répète ici, &fiillîcpour, fitisBiire à la maxime prerente. D'ailleurs on fup- pofc toûjours cette fâuHè maKimequ'nn a avancée au troîlièmc nombre qui porte que le bonheur de» Créatures raifbnnables eft k but unique de Dieu; ' Si cela étoit, il n'arriveroit peut-être ni péché,, ni malheur, pas même par concomitance. Diea ' luroii ckoilî unefuicedepofTibtes où tougcesmaux lèroient exclus. Mais Dieu manqucroit à ce qui cil dû à rUniverj, c'cfl-à-dire à ce qu'il doit à Toi- î même. S'il n'y avoir que des efprits, ils lèroicnC lâns la liaifon neccflaîre, iàns l'ordre des tems tx. des lieux. Cet ordre demande la matière, le mouvement Se fès loixj en les réglant avec les ei- prîts le mieux qu'il eftpoffiblc, on reviendra i no- tre Monde. Quand on ne regarde les choies qu'e» ^os. ou conçoit mille choies corn me failablesquî ne fàurolent avoir lieu comme i! Sut- Vouloir j que Dieu ne donne point le francaibitrCaaxCréa- rures raiibnnabks, 'c'eft vouloir qu'it n'y nir point de CCS Créatures: îc vouloir que Dieu lesemp.'che ' d'en abuicr, c'cft vouloir qu'il n'yairquccci Crcitures toutes &ul?s, avec ce qui ne ft-roit fait qut 1 ' pour dtcs. Si Dieu n'avoir q'jc ces Cn-atures et* rûe, it les empécheroit (ans doute de.'c perdre. L'on peut dire cependant en un fens, que Dieu tb donné i, ces Créatures l'arc de le toujours bien ' j ièrvir de leur libre arbitre, car la lumière naturelî*, <| to&jouiskTdeaté debiea£uie. mali tt mtnqus.
iiqidzedby Google iiî Essais sur la Bonté' de Dieu^ fjuvent aux Créatures le moyen de le donner la vo- lunté tju'on devroit avoir j &. niL-mc il leur man- 3UC fouvcnC la volonté de le Icrvir des moj^ensqui onncnt indircftcmciit une bonne volonté, donc j'ai déjà parlé plus d'une fois. Il fjut avouer ce défaut, & il faut même reconnaître que Oieu en auroit peut'ftre pu excmptcrles créatures, puisque ricD n'empêche, ce femble, qu'il n'y en ait dont la nature {oit d'avoir toûjouTs une bonne volonté. Mais je léponds qu'il n'eft point nécclîàire, & qu'il n'a point été faifable que toutes les Créatures rai- fonnables cuiTent une Ji grande perfcilion qui les approchât tant de h Divinité. Peut-être nicmc que cela ne f;: peut aiic par une grâce Divine fpe- ciale: mais en ce cas feroit-il à propos que Dieu l'accordât à tous, c'cft-à-dire qu'il agit toujours miraculeufcmenc à l'égard de toutes les créatures raîlbnmbles? R.ien ne lèroit moins raiibnnablcque ces miracles perpétuels. Il y a des degrés dans les Créatures, l'ordre gencralle demande. Et il pa- roit très convenable à l'ordre du gouvernement Di- vin, que le grand privilège de l'after mi iTemcnt dans le bien foît donné plus facilement à ceux qui ont eu une bonne volonté, lorsqu'ils croient dans un éiat plus imparfait, dans l'état de comi-at de pè- lerinage, in E defia mïl'ii.vae, in ftalu uiatariim. Lee bons Anges même n'ont pas été créés avec l'impeccabilite. Cependant je ntofer ois allurer qu'iî- n'y ait point de Créatures bien- heu reufes nées, ou qui foient impeccables &faintes parleur rature. Il y a peut-être desgcnsquidonnent ceprivilegeà la Sainte Vierge, puisqu'auili bien l'Eglife Romai- ne la met aujourd'hui au deflus des Anges Mais il nous fuffit que l'Univers eft bien grand & bien varié; le vouloir borner, c'eftcnavoirpeude con- noiilànce. Mais ( continue M Bayle) Dieu a don- né Je franc arbitre aux Créatures capables de pecher> ùsa (Qu'elles lui denundaQciit cette grâce. £t ce- ï«4 tigteed Qy Coogle lui (jui fci-oicun tel prelcnt, rcroitpiusrclponfable du mallicar qu'il appoiteioit à ceux qui s'en Icr- viroienc, que s'il ne l'avoît accordé qu'a l'ioi- portunité de leurs prières. Mais l'importuoicé des pricres ne fait rien auprès de Dieu, il iâit mieux que nous ce qu'il nous faut, & il n'accorde que ce qui convient au tout, 11 lemble que M. Bay- le tiiVc confiftcr ici le franc arbitre dans la culté de pccher, cependant il leconnoit ailleurs que Dieu ît les Saints font libres (ans avoir cet- te iiculté. Quoiqu'il en Ibit, j'ai dcjs aflëi mon- tré que Dieu, failànt ce que là fagelfe & l'a bonté jointes ordonnent, n'efl point refponlàble du mal qu'il permet. Les hommes mêmes, quandilstuot leur devoir, ne font point relponfabifs d;5 cvL'nc- mens, lôit qu'ils les prévoient, ou qu'ils ne les prévoient pas.
m, VI, C'efi un moyiit auffi Çâr d'ôttr h vît i un hcmmt dt lui danner nn cordon de fiyt dearonf»it fertnitumtni qu'il ftfervir» librement four f'éiraa- gler, qutdi u fei^mrder far, quelque tien. On ne veut p»s moins f» mort quand onfefertdeltiprmverê mimiere, que quund on emfloyt l'mu dti étux m- trti; il femilt même qu'on l» veut avtt «s dtffti» plus malin, puisqu'on tmd à lui Uigir tmiie i» f«ê- ne toute la faute de fd perte.
Ceux qui traitent des Devoirs (dt Offictii) com- me Ciceron, S, Ambroife > Grotius, Opalenius, Sharrok, Rachelius, Pufendorf, aufli-bien qucles CafuiAcs, enlèignent qu'il y a des cas oùi'onn'cfl point obligé de rendre le depût à qui il appartient par exemple, on ne rendra pas un polgnûrd. Ion qu'on (ait que celui qui l'a mis en dépôt veut poi- gnarder quelqu'un. Feignons que j'aye entre mes mains le tifon fatal, dont la Mere de Mcleagre fè fcrvira pour ie foire mourir; le javelot enchanié, Sie Ccphale employera fans le lavoir ^ur tuer Prociiii leg cheraux de Tiieieet>qtu ^dure* l8 Essais sur la Bonté' de Dieu, font Hippol)ie ion Fils. On me redemaudc C« choies, b: droit de les rctufer, iàchant l'ulàge qu'on en fera: mais que lèra-ce li un Juge com- Eitent m'en ordonne la reftitution; lorscjue je ne i firaroù |irouvcr ccque je f»i des œauvtufos fui- te^ qu'elle anm, Apollcn m'ay^t pest-toe don- né le don de la Prophétie comme à Caflàndre, à condition qu'on ne me croira pas? Je ferois donc obligé de haire reftitution, ne pouvant m'en dé- fendre làns me ptrdre, aiiifi je ne puis me difpen* iêr de contribuer au mal. Autie comparaifon: Ju- piter promet à Seoiclc, le Soleil a Phaeton, Cu- pidon à Pfyché* ÂccOrder la gnce qu'f» 4e^ aaalidçni. JU jurent par le St^x.
Di tM^ft jnnre t'mtnt ^ fdltrê Numen.
Ob votidroit arrêter, maïs trop tard, la demande «Dtendue à demi, Viltùt OtMs trs hqHenih Offtimtrt, ixitntt j»tnvox froftmt» fnb tttmu