184. A ces pointsprèsjSi quelques peu d'autres, où S. Auguftinparoit obfcur.oumêmerebutant,il fomble qu'on fe peut accommoder de iônfyAëme: il porte que delafubftancedeDieu, ilnepeatfi>rtir' qu'unDieu, Ecqu'jùntUaCréatureefttiiéeduDcant- Augufi'm.de lib. arb Ub.x.a, C'eâ es qui larcnd «nparfaite,. dsfcâueu&, -&.coiTuptiI;je. 2>« 6#r 3uf.»int, e. Tf. eantr. EfiftaUm Mamchii, c. 36, LcmaUcïiantpisdelanMure, maisdela mauvai-, Je volonté, At^ufi.AMt tout le hvnc de la nature- Jit bit». Dieu ne peut rien commander quiioit jmpo iTiblc. FirmiJ^me creditur Deuntjuffum à'^ nam itr.fofjMia nonfotulJfiprs.cipere. Ltb. dtna-éf erat. c.Ai.e.69. Ntmofeccat inea, quodcâvmnm- pattjl. Lié. î. de lib.arb.c. i û, 17. i. « ■ retroa. c. 1 1 - I.J. IJ-. Sous unDieujufte, perfonoc ne peut être malheureux, s'il ne le mérite, mnuefiip Deojujto- mifereffo quifqu^m, nifimtreatur. foufl.L.b.i. c. .31. l£ Uke arbitre ne fàuioit accomplir 1m Lom- iiiaDdciaca& de Dieu fans le fecours delà grâce, ^f. éid Hikr. Cdfmtup^ti». Nous &vonsQBc la grâce neic donne pM félon lesmeritts. Ep. loâ, 107^110. L'homme dans t'ctat de l'intégrité avoit le ieeaan ùeceflàirc p«mr pouvoir bien fiûre, s'il vouloir, mais le vouloir dépendoit dn librcarbitre, haéibM- . lUiHtariwn, ftriptod foffn, (J./»* qwo nra-fWi»*,, ftd non adjuttrium qm vellet. Lib de eurmpt. c. 1 1.. & c. I o. 1 1. Dieu a laiffé efTayer aux Anges & aux iommcs, ce qu'ils poavoient far leur Hbrc arbîr tre, 6c puis ce que pouvoit fi grâce & u jultice, J. c. lo. 1 1. 11. Le péché a détourné l'homme de Dieu, pour le tourner vers les Créatures. L'b. i. OM. 1. adftmfl. Seplaiioàpechcreftialibertedun. , cfciave. Enchir.e. 1-0}. Uitrum arbitrium nfqut adea in peceati>reni>nfxriit,.litfiriUiidp*ccentmnxi- me omnet, qui eum AUSâtîm ftaimt. Lib. i.aa Bonifie, c. 2. j. ^ iSf. Dieu ditàMoïiè: je ferai mifericorde a ce- lui à qui je ferai mifericorde, & j'aurai pitié de ce- lui de qui j'aurai pitié. (Exod. XXXIII, 19.) Ce n'eft donc pas du vouLmt, ni du coûtant, mais de- Dieu, qui fait mifericorde, Rom.IX. ij-. 16, Ce qui n'empêche pas que toui ceux qui ont bonne- volonté, & qui y perfeverent, ne Ibieni fauves- Mais Dieu Iciu doaocle. vouloir fil le ^re. lirait donc ïSf Esuis «un LA Bomte' db DrEtr; èoac mifèricorde il celai à qui il veut > 8c il éci' durcit qui iiveuC, Rom. 19. Et cependant le mêmcApâtre ditr que Dieu veut que tous les hom- mes foient làuvés, £c parviennent ù la connoiilan- cede la vcritéi ce que je ne voudrois pas interpré- ter fui vant quelques endroits de S. A-uguftin, com- me s'il lignitioit qu'il n'y a point de fauves que ceux dont il veut le ialut, ou comme s'il vouloit lauver «M fiagulos ginerum, fed genir» fingalomm. Mais j'aitne mieux dire qu'il n'y en aaucundontit jie veuille le làlut. autant que de plus grandes raî^ ions le permettent, qui font que Dieunelàuveque «eux qui reçoiccai la foi qu'il Icura offerte, &qui rèndentparlagcacequ'il-leur a donnée, fuivant ce qui convenoit àT'integrité du phn de fcsOuvra ^es, qui ne fauroit être mieux eoni;u, i3(î. '^uaQt à 11 Piedcrtination au falut, cl!a comprend auifi. fclon S. Auguilin, l'ordonnance des moyens, qui mciieront au falut, PrtJtJlmitth SanBeriua nihil aUud tfi, quim trafiuntia p^*- farath bt^fiç'urum Dei,. qitiius etrtiffimf libf rantttr, qfiicunque liieramur. Lib. dt perfev. e. If. Il ne la- conçoit donc point en cela comme un decretabfi^u, il veut qu:'il y ait une grâce qui n'eft rejettée d'aucun cœur endurci. parcequ'elle eft donnée pour ôter liir tout la dureté des cœurs. Lii, de prsdtfl. e. & Lii^ de Grat. e. 13. 14. Je ns trouve pourtant pas que. S. AuguHin exprime as- fcz que cette grâce qui ibumei le cœur. cft toû- jours efficace par elle-même. Et je ne Jài li l'on n'auroît pas du foutenlr ùm Ic cooquer, 'qu'iui même degré de grâce interne ell viâwieux dans l'un, où il elt aide par lescirconftmccsi Scoel'elt pas dans l'autre.
18;. La volonté eft proportîonoée aulèntiment que nous avons du bien, & eu- fuit la. orévalencci Si utrumqut tantitfodtm d'digimm, nihiïhemm dn' bimus. Item, <^d im^Sut nttJtltSM, ftcua- ET LA Liberté' DE l'Homme. III.Paii. i(Î5 4um id oferemur necejje ej!, in c. J". aJ Gai. j'ai expliqué dcja comment avec tout cela nous avons véritablement un grand pouvoir fur notre volon- té. S. Auguftin le prend un peu autrement, 8c .d'une manière qui ne meine pas fort loin, con> me lorsqu'il die qu'il n'y a rien qui Ibit tant cQ notre puiflàace, que l'aâion de notre volonté, - ^nt il rend une railbn <jui cft un peu identique. Car, dit-il, cette adUon clt: prête au moment que aouE voukxiE. HibiltamimH^rtiptttfiateeft, eMum hfit voluttt»! I M inîm mox ut volumus frt,fio eji. Lïb.3.deIib.Arb.c.ï.lib.r.deciT.Deic.io. Mais cela lignifie feulement que nous voulons lorsque nous voulons. Se non pas que nous voulons ce que nous fouhaitons de vouloir. Il y a plus de fujet de dire avec lui: auc valnnias non ejl, ant liber» ikend» e/ï, d, 1. j-c. & que ce qui porte la vo- lonté au bien infailliblement, ou certainement, ne l'empêche point d'être libre. Perquàmaifurditm g^, ut tdea dicamui non ferditere aJ-velutuaiemQ^- bertatem) neftram, quod ètuti ejfe ■valumus, ont» id omnkunaU nm fojfumm ntfcio au» bmâ eonfiric-' timt nature. See dkere audtmus idei Diumnonut-' btntzttm, (libertatem) (id ntaj^tuttm hnhtre jut* tit'iA, quiit non fâiefi utile peecare. Certe Dius ifft rsunqufd quia peccare non potefi, idto libirum arèi~ trium/jaberenegandifs efii dcNat.84Grat,c,4<S.4,7. 48, 49. Il dit suffi fort bien qne Dieu donne le pre- mier bon mouvement, mais que par après l'homme agit au fli. ^guntuT ut agant, non ut ïffi nihil agant. de Corrcpt. c. 1, 188. Nous avons établi que lelibrc-arbitreeftla caufë prochaine du ma! de coulpe, & cnlbite du - mal de peine j quoif^u'il foit vrai que l'imperfec- tion originale des Créatures qui Ce trouve repreîèu- tée dans les idées éternelles, en eft la première £c '.la plus éloignée. Cepeadant M. Bayle s'oppofe toûjomvi cet litige du lihte.adiitTe, ilwreutpas...qu'on tSS Essais sur la Bonté' de Dieu, qu[onluiaitribuekcaLilc du mal: il fauc écouter ics objections; mais auparavant il ièra bon d'edaircir ' «acore davantage la nature de la liberté. Nous a> vans 6it voir que k liberté, telle qu'on la demande dans les Ecoles Théologiques, confiftc dans/'/ute/- iigtffce, quienveloppeunccoiiiioilîâiicedirtindedc iobjctdcla dé iibe ration i dans la fpùntaneité,Si\ec laquelle nous nous déterminons; &. dans la comm- gtme, ceft-à dire dans i'exciufionde la noccfllté lo- gique ou mctaphyrique. L'intelligence cil comme Tame de la liberté, & lercftecneltcommelccorps & ja bafe. La fubilance libre fedctcrmineparelle- roèmc, & cela luivant le motif du bien appergu par l'entendement qui l'incline iàns la jiecefliter: & toutes les conditions delalibertc font convpriTes dans <e peu de mots. Il clt bon cepcndantticËùrevoir S: l'imperlêiUon qui fe trouvedans aOE connois- ccs & dans notre rpontanéité. Se la détcrmim-i tion infaillible qui ell enveloppée dans notre con^ tingence, oc détruifeat point la liberté nila coa- ti nge rte e, Î8<).Notreconnoiflânceefidedeuxrortes,diftiQC- te ou confuiè. La connoiiUnce diilinéte ou l'in- tili'gtnce, a lieu dans le véritable ufage de la Rai- Ibn; mais les lènsnousfournilIèntdespeRlëescoii- .fufcs. Et nous pouvons dire quenouslbmmes ex- empts d'elclavagc. entant que nous agillbos Avéc une coanoifTaoce diftinâe; nuùs que nous iômmes «jlërns aux p^ffions, entant que nos perception* ioat confufès- C'eft dans ce Icns que nousnWont pas toute la liberté d'elprit quîferoitàfbuhaitert Se q'ie nous pouvons dire avec S. AuguHin, qu'étant atTujettis 3U péché, nous avons la liberté d'un etçft, ne laille pas d'avoir la liberté dechuilir confor- mément à l'état où il iê trouve, quoiqu'il C: troii- ve le plus fouvent dans la dure nccefTité de choiGt jsatre deux mavKi parce^u'uue force ^ipeneuiB l'a ET LA Liberté' de l'Homme. III.Pati. 167 .ne le laiflê pas arriver aux biens oùil afpire. Et ce (jue les liens i!c la contrainte; t'ont caunelclave, fc tait en nous par les paillons, dont la violence elt doucci mais n'en cit pas moins pernicicufe. Nous ne vouions à la vérité que ce qui nous p'iîc: n^iis par malheur ce qui nous plaît à prcrcn:, ell fou- venc un vrai mal, (juinousdéplairoitlinojsavioni les yeux de l'entendement ouverts. Cependant ce mauvais état où eil l'cfclave, Se celui où nous ibm- mes n'cmpiiche pas que nous ne failions un choix libre (auilt-biea que lui) de [ce qui nous pktt le plus, dans l'état où nous fommes réduits, fuivant nos forces & nos connoiliaiices prelèntes.
190. Pour ce qui cft de hfponuneïté, ellenoua appartient entant que nous avons en nous le princi- pe de nos aâions, comme Ariftote l'a fort biee compris. 11 cil vrai que les imprenionsdescholèa extérieures nous détournent Ibuvent de notre che- min,8(jqu'oo aditcomcnuoemcni, qu'au moins à ÉtoitTiorsdc nous; & j'avoue qu'on eft oblige de Erler aïnû, en s'accommodant au langage popu- rcj ce qu'on peut faire dans un certain frnslans bleflèr la vérité; Mais quand il s'agit de s 'expliquée exaâement, je mainticnsqucnotre rpontancïtcne JÀuffrc point d'exception,8c qâe tes cholês ejTcrieu- res n'ont point d'influence phytlquefur nous à par- ler dans la rigueur plûlolb^hique.
19 1 ■ Pour mieux entendre ce point, il fàiit lavoir," qu'une fpontane'Ké exaâc nous eft commune avec toutes les fubftances fimples, & que dans la fubs- tance intelligente ou libre, cUedevienc un Empire fur tes aâions. Ce qui ne peut être mieux expliquai que par le fyfiètnt de Pharmmti fréétablie, que j'ai propo£ il y a déjà plulleurs années. J'y feîs voir :qnejiatnre1leinent chaque fùbfbnce lîmple a de la .twTception, Sc que Ibn individualité confille daitf. Ji Joi perpettt^ qui fidt >b fiiite des pcrceptiotiatie des principes aâîoHs t6^ Essais sur la Bonté' di Dieu, qui lui font affeflrées, Eiqui naiflcnt niturcllcmçnt les unes des autres, pour rtprelenter le corps qui lui ellalTjgné, Se par Ton moyenl'Univers entier, Sui- vant le point de vLic propie à cette fubftance fim- ple i làns qu'elle ait befoiu de recevoir aucune in- fluence phyilque du corps; comme ie corpsaulB de fou cûté s'accommode aux volontés de l'ame par iês propres loix, Ec par confcquentncluiobéït, qu'autant que ces loix le portât. D'où il s'enfuie que l'Ame a donc en elle-même une psr&ite fyoa- tmtité, en forte qu^elle ne dépend qOe de Dieu» 8c d'elle-même dans ks aâÙHU.
191. Comme cei^fiême n'apas été connu aupa- ravani:, on a cherche d'autres moyens de Ibrtir de ce labyrinthe, & les Cartefiensmêmesontétéeni- baraffés au fujet du libre arbitre, lis ne Ce payoient plus des facultésdel'Ecole, &ils confideroienc que toutes les avions de l'ame paroiflênt êtredétermi- nées par ce qui vient de dehors, fuivant les impref- fions des fens; & qu'enfin tout eft dirigédansl'U- BÏpers par h providcnce'de Dieu: mais il en nais- fcit naturelleraent cette objeÉtion, qu'ïln'y adonc point de liberté, A cela, Moniteur Dcfcartes ré- pondoit, que nous fommes alTurés de ccccepiovi- denceparlaRaifim, maïs que noiis fiimmesaflruré» ■uOide notre liberté par l'expeiience iatericureque Uotts en avons; & qu'il 6iut croire l'une Scl'autre, ^, quoique nous nevoyions pas le moyen de les concilier.
cilier.
195. C'ctoit couper le nceudGordien,&répoii- dre à la conclufion d'un argument, nonpaseolere- folvant, mais en lui oppofant un argument contrai-' re; ce qui n'eft point conforme aux loix descom-* bats philo lôphiques. Cependant la pliipart des Car- tefîens s'en font accommodés: quoiau'il ic trouve que l'ezperience intérieure qn^ils allèguent, ne prouve pas «à qii'ils {«étendent» comme M. Baylc ' l'aliut bieaiiaontt^ HoiiâNrR(£i3(Pliilof.T.i.
Meta] ET t.A Liberté* de l'Homme. III. Par^ tSy .Mecaph. ]iv. i. part. z. xi.) Barapbra& aiaiî k doftriiie Je M. Defcartcs: Luflafart dti Philcfophtt .(dit-il) font tombés en tntitr, en ee que tes uni nt teuvanr comprendre le rapport quieft entre les aiHatu liéres proviJeaee de Dieu, ont nié que HieufAt . lu cnufeeffidente première des aéliaai du l'ère-ariitri. Cl qui ejt un facrdige: é' '"""trts ne pouvant eonct- ■voir k rapport qui eji entre l'efficacité de Dieu ^ Us allions libres, ont nié que l'homme fût doué de lièer- ié, ce qui ejl une impieté. Le milieu qu'en trouve tntre çes deux txtrémitez,, ejl de dire [\a. ibid. pag.
. 48y>l qmnd nous ne fourrions pas etmpren^t ' tbus les rapports qui font entre la liberté ^ la provi- dence de Dieu, nous ne Uijferions p.u d'être obligés .k riconnollre qiieiious femmes libres dépendans de _Dieu, pareeque ces deux vérités font également con- nues, Cunepar l'Expérience, é'^i'utreparURaifon, que la prudence ne veut pas qu'on abandonne des •vérités dont on tjl ajfuré, parcoqu'on no peutfttseen- ' ce-uoïr laus les rapports qu'tUes ont avec rautrttvtri' tés qu'on cornait, 194. M. Biyle y remarque fort bien à k marge, que ces exprefjions de Monfîeur Régis n'indiquent point que nous coonoijfons des rapports entre les aélions de l'homme l^ providence Je Dieu qui nous parafent incompatibles avec notre liberté, 11 ajoute, que ce '. font des expreflîons meOagées qui a ffoibli fient l'état ..de la qucIVion; les Auteurs fuppofent, (dit-il) ^tu ta difficulté vient uniquementde ce qu'ilneus tnanyu des lumières i au lieu qu'ils devroitnt direqu'ellevuat , principalement des lumières que nous avons, que nous ne pouvons accorder (au fentiment de M. Bay- le) avec nos myfleres. C'cll juftcmeut ce que j'ai dit au commencement de cet Oui/nge, que li les myfteres étoient irrccontiliibies avec laRai&n, & s'il 7 avoit des objoftiQUS inrolublesj bien loiii de ' trouver lenifllere inco^pr^enfible, nousaicom- prcndrîonsu fàuIKté. Il elt mi qu'ici il nes'agit . Tmt II. H d'aw ÉSSAIS SUR LA BoilTfi* M DlÉU," ' d'aucun royflere, maisfeuieincntdelaReligionni- turcUe.
îpf. Voici cependant comment M. Baylc com- bat ces expériences internes, fur lefquclles les Car- tcfiens établiflènt la liberté: mais ilcommence par des réflexions, dont je ne (àurois convenir. Ceux mi n'txfmhtrtit pat k fonds (dit-il Diaionn, art. Hclèn. kt. TA.) et qui ft Pafft en tax, fi ftrfm- •thrtfreîlmim qu'ilifmt lihrts, é- q»' filettr u»- ientififOittiKmfil, c'efi leur faute, c'tfiiarvn , thtàx, Jmt Ht font Its maître}. Ceux quijtmt Wi» jiMtre jMgentmt, fmt des ftrjbmtéi qHtmtiliMiiwte foin les Trf[6rtié-^sf'''^ci>^masikUim-it^0lu\ ^ Îui'm bien refiiehtfur U fngris Ju imitvmint A ■ur ame. Ces ferfonnes là pur i'trihtaîn dotitntUt leur franc arbitre, é"vieimeiit Mime jafqu'àfiper- Juadtr, que leur Raifen é> leur'tfprit font des efclif w qui ne pettvent refifier À la force qui les entraîm, ■tit ils ne voudraient pas aller. C'éttrirnt princijait- ■ment cet fortes -de perfmnts, ^jui attribuoitnt mux Dieux i» caufe de leurs mautiaifes avions.
196. Ces paroles me font louvenîr de colles da Chancriier Bacoto, qui dit ^uc k Philofijplrie goïl- tée mediocrâitaciit nous cltMgoe de Dieu, ntais «tu'dle y ramené ceux qntl'appro^ndifièiît. Xieia eft de même de ceux 'qui réficcbiflént iùrletirsaC- tioiis: il leur paroit d'abord qnc tout ce que nous faifons, n'eil (ju'impullion d'autvui; & que toiit ce que nous concevons vient de dehors par les fens, & le trace dans le vuide de notre efprit, tanauata in tabula rafa. Mais une m cditatioa plus prti ronde nous apprend, que tout (mfme lesiÂiiot^tois 8c les paflions, ) nous vient de not» propre &sds avec une pltbte ipontaneïtc.
197. Cependant M. BaWe cite des Poëtes, ^ préiendtfnt dKculper les oomnres en rejettâat ïa £ui£e fur les Dieux: IMedée pôk'aianctez'OTide:...■ fr^.
ST LA LiraitTX'DSL'HdMUB.in. PaIL 171 Et un peu après Ovidc-lui ftit ajouter: * StdtraMt invitamnovuvîs, aliudque CufiHf^ Mms alind fmidtt 1 v'tdtù mtlier» frobcqui, DeterioT» feiptor.
Mais on ypouvoit oppofër Virgile, chez qui Niiuir Ht avec bien plus de railôn: -- I>t-ne hme aritrm mimihHs ttdâunt, £itiyale, m /ïm euique Dem fit dira cnpido î 298. Monfîeur WitticUusparoitaroir cru, qu'en eflèt notre indépendance n'efl qu'apparente. Car dans fa DifTertation dt frovidintt» Dei ttSuali (n. fil.) il fait conlîftei le libre arbitre en ce que nous Tommes portex de telle fiiçon vers les objeti qui fc prefèntent à notre ame, pour être affirmé* ou niés, aimés ou haïs* que nous ne feauns point^ qu'aucune fbrcecxterieurc nous détermine. 1! ajou- te, quand Dieu produit lui-même nos volitions, ?u'alors nous agïlTons te plus librement, &quc plus a£ïion de Dieu ell efficace Si puiflante fur nous, plus femmes nous les maîtres denosaâions. ^«14 mim Heus operatur ïpfum vtlte, qua e^cacius opt- TMur, eo ma^h uclumut, quid atttem, cum -volu- mus, fitcimus, idmaxime haéemus innofirapoitfia- tt. il eft vrai que lorsque Dieu produit une vo- lonté en nous, il produit une aâion libre: mais il me fcmble qu'il ne s'agit point ici delà caufeuni- verfèlle, ou de cette produâion de la volonté qui hii convient entant qu'elle cil une créature, dont ce qui eft pofitif eft en eflët créé continuellement par le concours de Dieu, comme toute autre réa- .. Ha Uté 172 Emais sur la Bonté' de Dieu," lUé abfoluë des cholès. 11 s'agit ici des railbns de vouloir, Se des moyens dont JJiea ic fen, lors- qu'il noùs donne une bonne vc^mé, ou. nous permet d'en avoir une mauvaifè. C'eft nous tou- jours qui la produirons bonne ou mauvailb, car c'ctt notre aftioni mais il y a toujours des raifons qui nous font agir, fans faire tort à nôtre rponta- neïlé ni à notre liberté. La grâce nciâJtquedoa- ner des imprcflîons qui contribuent à £ure vouloir par des motifs convenables, tel que icroit une at- tention, un 4ic tur hic, un plaîlîr prévenant. Et l'on voit clairement que cela ne donne aucune tUr- tffinte à la liberté, non plus que pourroïE taire un ami, qui conlèille & qui fournit des motif;, Aioli M. Wfttichius n'a pas bien repondu à la qucflion, non plus que M, Bayle, & k recours à Dieu ne iêrC de rien ici.
199. Mais donnons un autre paflâgcbien plusrai- lônnable du m£me M. Ba^Ie, où il combat mieux le prétendu fentiment vit de la liberté, nui la doit prouver chez les Carteficns. Ses paroleslont en ef- fet pleines d'efprit, 8t dignes de confideracion, Se le trouvent dans la Répoulc aux Queflions d'un Provinc. ch. 140. [tom j, p.yôi.ièqq.) lesvoicî: ?«■ le fentiment clair é" f*^ Je tn txijlmee, nous ne difctrnoni fai fi nous txifieiu fMr netu-mêmes, ou fi mus tenant d'un MUr* cf qut mut fommei. Naiu nt Sfcinoru ctU qui fur inh des rifleximi > ("eJl-i-Jiré qu'm meditAni fia'^ timpuijjknee eît nout fommtt de mus evnfervtr autant Î' ue nout -voudrions, dt noui déli-vriT de la dépen- aace des êtres ^jui mus emnroanent, e^c. Ilefimê- , fotjûr que les Payent, [il faut dire la même chofe des Sùc'miens, puisau'ili nlrnt lit treatian'] ne font jamais faT%enus à U cennoigame de ce dogme veri- table que nous avons été faits de rien, ér que nous femmes tirés du néant à chaque moment de notre Jttrit. Ils Ht donc cru faujfemtnt que mt ce qu'il ïTLA Liberté' DE 1,'HoMME.Iir.PAR^ 173 y a lté fnhjiances duns IXlnïvtrs, ex'ifient par tilts- < mêmes, ^ iju'eUes rit ptrinent jamais être aneantits; qu'aia/i elles ne dépe'ident d'aitcuni autrt chofe qu'à l'égard de liiirs modificutims, fujeltes à être détruites far l'aclion d'une caiife externe. Celte er- riur nt ■vieat-elle pus de ee qtie nous ne fentons point Puffim msuriee tptimus eonferoe, que nous ft»- tmt feuUmtnt çffu mm exiftons; que noui It fentons * ^-ji, d'tn$ mtaàtrt qui mms titnJroir éternelle- mnt dims l'tgnerxnce de laeaufejenolreétre/îd'att- trfsbtmitnsttrntuifieourountl Difo/ts au0 (jiu k fenthient cUir^ net 'qui nous avaas des »£iesdt no- tre volonté ne nous feut f as faire difeerner, fi nous nous les donnons nous-mêmes, ou (i nom Ut recevons de la même caufe, qm nous donne l'exijlence. itfaut recourir à la réflexion ou ùU méditation, ajindefai' re ee difctrntmtnt. Or je mets en fait que far des méditations furement philofophiques, on ne peut ja-' fnaii parvenir À une certitude tien fondée que nous femmes lu eaufe tfficienie de nos volitioni, car touti perfonne qui examinera bien leschofes, connoîtra évi- demment que fi nous n'étions qu'un fujet fafff » li- gard de la volonté, nous aurions les mêmes fentt- tnens d'expérience que nous avons lorfque neuscroyont être Hères. Suppo/tz. fur phifir que Dieu ait rtglédt telle fort! les loix de l'union de l'ame ^ iht corps, que toutes les mod'iliiéi de l'ame fans en excepter au- ' eune foient liées necejfmrempnt entr'elki avec iinter- pofition des modalités du cerveau, vous comprendrez^ qu'il ne nous arrivera que ce que nous éprouvons: il y aura dam notre ame lu même fuite de penfées depuis la perception des objets des fens qui eji fapremieredé- ~ Htarche, jufqu'aux volitionsles plm fixes, quifontf» dernière démarche. Il y aura dans cette fuiie le fe»- tintent des idées, etlui des affirmations, celui des ir-_ refolulims, celui des velléités f'it*' des volitionr. Car fait qui TaSe de vouloir mus feU imprimé par mt ctu^t tKtrrititrttfiitqiM nom Ufrtittifiant nluii' r* ■' 174. Essais sur. la Bonté* de Dibu, m4i»tit ilfir/t également vrai que nous-vouSom, (5* ^uemHlftntms i^ue ntits voulons; ^ comme telle tauft exttrUurt tcut mêler autant de plai/ir qu'elle veut dans lu vditim qu'elle nom imprh/.e, nous pcur- rons fentir quelquefois que lei ailei 4e mtre velonti nous pUifent infiniment, (y qt'ili fut tneintnt felea la pente Je nos plus fortes tnclinationt. Haut ne fea- t'irons peint de contrainte: vous fnvtx. la rrutxitnt, Toluntas non poieft cogl: ne eomfrenfx-veui pas tlairtmtttt qu'une girouette à qui l'en imprimeroittoù- jettrs tettt'»-l»-foit [en forte pourtant que la priori- té detutture, oit fi l'on veut même une priorité d'inf- ttmt réel etmiieturoit ah defir de fs mouvoir] le mou- vement vert m eertiUti point de l'ht>riz.ea, er- l'en- vie de fi tourner Je tettté-là, feroitperfuadée qu'elle fe moHvereit d'ellt-mème pour exécuter lesdefiriqu'el- teformerntî jefuppofe qu'elle ne fauroit point qu'il y eût dei vents, ni qu'une caufe extérieure fjt chan- fer toHt-k-la fois i fa fituationé'f" ^'fi'^- ^<»*' voila naturellement dam cet état: nous ne favtmt point fi une caufe invifiiie nous fait paffer fuecfJTrve- ment d^une penfée à une autre. Il eft donc naturel que les hommes fe perfitaJttU qu'ils fi déterminent eux-mêmes, idait il refit à ixaminer s'ils fe trompent M tel* comme en une ia^ti d'autres eh^ei qu'ils af- fifmentpar une ^itet d'infiinS, infant avoir embleyé ht mSMtatieits p&^vfhiques. tuis donc qu'il y a dtttx iMttMes fur ce qui fi piijfe dans l'homme, /'m- t» qu'ilti^ qi^tm fujet fa0, l'autre qu'il a des ver- tus aSives i m ne peut raifonnablement préférer la feeande à la première, pendant que l'on ne peut allé- guer que dis preuvetde fintiment, curnouifiniirims avec une égale force que nousvoulons ceci eu cela, fait que toutes nos volitions fuffent imprimées ànoireame parunecaufe extérieure^ invi/iile, foit quenouslts formajjions nous-mêmes.
300. Il y a ici des railônncmcns fort beaux, qui •nt de k force contce les i^ltêmes ordiaaireG, mais ils ccflenc par rapport au fyftiîme de l'Harmonie préétablie, qui nous meiae plus loin, que cous ne pouvions aller auparavanr. M, Bayle mec en làit, par exemple, ^ue fxr des meditations^urement Shi- hfifhiques, on ne peut jumais^rveair à une ctrtau- it i 'ua fendit, que nmi femmu U ciutft truste dt, ma volitiaut nuis c'cft ua point que je ne luia^ corde pu, car l'étièli&meiu de ce iyâêtac mon-: tieiodubitiiblcinent, que dans le cours delanam- le chaque fubfbnce cft la caulè unique de coûtes fcs aâions, 8c qu'elle cSï exempte de coûte influent ce phyllque de toute autre fubilance, excepté le concours ordinaire de Dieu. El c'ell ce fyltâme qui fait voir que notre fponcaaéLté elt vraie, Se non pas ieulemcnc apparente, comme M. Witti- chius l'avoit cru. M. Bayle foutienc auili par les mêmes railons, (cli.170. p.ii^î.) que s'ilyavoit m fatum A^rdogicum, il ne deirutroit point lalW Ëeité i & je k lui accordcrois, fi elle ne conHIlo^t ' que dans une rpontanci'té apparente.
301. La fpontaneïté de nos ai£lioiis ne' peut donc plus ftrerevoquée en doute, comme ArifloCq l'a bien déOnie, en diûnt qu'une aâion cft fpenn pmie, quand fon principe c dans celui qui agit. SpmlantHm ejl, cujui principium cjî i» agents. Et c'cft ainlî que nos a£tions £c nos volonics dépen- dent entieremeut de nous. 11 ell vrai que nous çe fommes pas les maîtres de notre volonté di> Ecâcinenti quoique nous en foyons la caulë, c^^ nous ne choifiSbiis pas les volontés, comme nou| oWi£f]bns nos aâioqs par nos volontc;. Cepëqt aant nous ayons certidn pouvoir encore fur ndr tic voitutté, Mrçequé qba's pqqvo^ cqncribiief ÏQidirp^cDieqtl vbuloîr uiiç auUfi^U çç que nnuft ^widriona prèlè9teiîieàtti:qnimej'a[mqn-< tré ci delTus >. cç qui ji'cft poiutiof pas vtUt'(t4 ^ ^Qpremont: ^ c'pit ertcfliç fin cela qug Wus,"%ïq« ua gqipire ^ïiçuUçt, ^ Ç^#lç infe EïSAis SUR LA Bonté' de Dieu, me fur nos aéiions & fur nos voloniés, maïs qui refulre de h fpontancïté jointe à l'intelligence.
301. Jufqu'icinousavons explique Icsdeuxcon- ditions de Ja liberté donr Ai iftote a parli:, c'eft-à- dire la fpontaneué & l'intelligence, qui fc trouvent- jointes en nous dans la délibération i au lieu que les bêtes manquent de k lèconde condition. Msii les Schotafliques en demandent encore une troitid- me qu'ils appellent VmJiference. Et en effet, il fiiiit l'admettre li l'indiflcrencc fignific autant que con- tia^tnee; car j'ai dqa dît ci-delfus, que la liberté doit exclure unenecelfitéabfoiue 8c metaphyfique ou logique. Mais commeje mefuisdéja expliqué plus d'une fois, cette indilïérence, cenc contin- gence, ccne non ntcejjiié, ii j'ofe parler ainli, qui eft un attribut caraflcriftique delà liberté, n'em- péche pas qu'on n'ait des ir.ciinaiions plus fortes pour le parti qu'on choilît; & elle ne demande nullement qu'on foit abiblumenr & également in- diffèrent pour les deux partis oppofés.
303. Je n'admets donc l'indifférence que dans un fens qui la fiiït /ïgnifier autant que conlingenee, ou non mcejfité. Mais comme je me fuis expliijué plus d'une fois, je n'admets point une indi^renct d'équititre, & je ne croispasqu'onchoififlc jamais quand on elt abfolument indifterent. Un tcichoiz -fooit une efpcce de pur hazard, lins raîlbn de-' terminante, tant apparente, que cachée. Mais uni tel hasard, une telle cafualité abfoluè' Bc réelle, eft une chimère qui ne fe trouve jamais dans h na- ture. Tous les Sages conviennent que le haaard n'ell qu'une chofe apparente, comme la fortune: c'eil l ignorance des caufes qui Je feit. Mais s'il j avoir une telle indifférence vague, ou bien Ii l'on choilîliôit fans qu'il y eût rien qui nous portât i chpilir, le bazard lèioit quelque ciiDië de réel, fembiablc à ce qtii Je trouvoit dans ce petit détour d«s atomciy ahrivam £ias iïijct& &ia nîlbn,' » DigiUzed by Google 1^ ET LaLiSBRTE* OEL'HoMdK'III. PaR. fJJ ifentiment d'Epicure qui l'avoit introduit pour c- -viter la neccffité dont Ciccron s'ell tant mocquc avec laifijn.
30+. Cette declinaifon avoit une cauic finale dans l'efprit d'Epicure, fon but étant de nous ex- empter du dcftin; mais elle n'en peut avoir d'effi- ciente dans la nature des chofcs. C'ell: une chimer re des plus impoOîbks. M. Bajie la réfute lui. tnéme RiTt biea 1 comme nous dirons tantôt, 6c cependant il eft fondant qu'il patoit admettre lui- même aiUesrs quelque coalc de lèmblable à cette prétendui; décliaùwn. Car voici ce qu'il dit ea parlant de l'âne de Buridan {Diûïonn.art. Buridan, Cit. I îO ClHX f»i tientimt le franc-arbitre profre- mtat dit, admttttnt d*ns l'homme une f mjfmice 4w fi détfrmiatr, eu dit eêti droit, ou du cité gauche^ krf même que les motifs font farfuitemtM égaux dt U part dts dtux oijtts ofpofês. C«r ils préttadeot que notri amefeut dire,fatii avoir d'autre raifoa que 'Celle défait t^defaliierté: f aime mieux eui que ■ tncort que je nt voit rm de plus digne de ma» t^oix éim etti ou dans ceUt.
30;. Tous ceux <}ui admettent un libre arbîtrr proprement dit, a'accordoont pas pour cela à M, Bayie cette détenninatioa venue d'une caufe indé- terminée. Si Auguftin Ecles Thomiftes jugent que tout eft déterminé. Et l'on vwt que leurs adver- &îre£ recourent aufli aux circoaftances qui contri- buent à notre choix. L'expérience ne ftworife nuU kment la chimère d'une indifFereoce d'équilibrej & l'on peut employer ici le raifonnement que M. Eayle employoit lui-même contre la manière des Cartelîeus de prouver la liberté par le fentimenc vif de notre indépendance. Car quoique je ne voie pas toujours la railbn d'une inclmatien qui me fait choiûr entre deux partis qui paroiflënt égaua, il y aura toûjours quelque impremon, quoiqu'impei- ceptibhi oui nous détermine..Vouloir tai^hmtjt E«fAI8 SUR t,A BoKTE* SE DlEIT,' plenieat u&ge de là liberté, n'a rien de fpccifian^ ou qui nous détermine au choix de l'unoudc l'au- tre parti.