SigPhi · Leibniz

Essais de Théodicée sur la bonté de Dieu, la liberté de l'homme et l'origine du mal

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306. M. Bayle pourfuit: Jl y a pour le muhs itux veyei, par le/quellu l'htmmefe ptui désagir4ei fiigt$ de l'é^juiliire. L'uni tft celle <fue j'uidéjaullt- ffiit, i^efifiur fefintttr Ht L'agreubU imagination, gu'iltjlle maître ehex, lui, qu'il »e tlépiaJ pai Jet *6jets. Cette voye le trouve bouchée: on a beau vouloir &ire le maitrcchez foi, celanefournitriea de déterminant, 8c ne favorifc jas un parti plus que l'autre. M. Bayle pourfuit; // firoit cet jf3t: je vmx tréftrtr ceci il cela, parce qu'il meplutt à'tn ufcr ainji. Mais ces mots farci qu'il me plait.farce- fue ul efi mm ^ïfi'r, renferment déjà un penchant 3P7. On n'a donc point droit de continuer ain- fi: Et alors ce qui le Jéterinir.eroit, ne [croit p»i fris de l'objet j le motif ne ftroit liré que des idées, «u'ont les hommes de leurs propres peifeiiims ou dt Uursfrckl/éf naturelles. L'autre loye tft ctlUdufett 9H du hazard, la courte paille diciderBÎt. Cette voye tt iffiië, mais elle ne va pas au but, c'eft changer de quaôioD, car ce n'eft pas alors l'homme ^iji décide i ou bien fi l'on prétend que c'eft toâjotirs l'homme qui décide par ie Ibrt, l'homme niënne n'eft plus dans l'équilibre, parce^ue le lôrt ne l'eft point, & l'homme s'y eft attache. 11 y a toujours dcsraifonsdans la nature, cui &nt cauiè de ce qui wrivc par hazard ou par le ibrt. Je m'ctonne un peu qu'un ciprit aufli pcrciranC que celui de M. Bayle ait pu tellement prendre le change ici. J'ai expliqué ailleurs la véritable réponfequifati^faït au ibphilme de Buridan; c'eft que le cas du parfait é- «^uilibrecft impoflibie, l'Univers ne pouvant jamais ttre mi-purti, en fiirteque toutes!es imprclBont ^iflut tfqu>»)entes de part & ^'autre.

ieu» Digilized by Coogle leurs cçatre l'i^iBcicace cmmerîqiu; ou ^blôlu* ^cnt tn(jéfmîe. Cîceron ayoit dit (t^^ns &n Livre îitfatf) que Carneade avoir trouvé quelque choie de plus lubtil, c^uc la déclinaîfoti des atomes, en attribuant la caule d'une prétendue indifFcrcnceab- iblumcnt indéfinie aux mouvemens volontaires des ames, parceque ces mouvemens n'ont point bc- foin d'une cauiè externe, venant de notre na- ture. Maïs M. Bayle (Dtâioon. artic. Epicure, 5. 1 14 j.) réplique fort bien, ^ue tout ce qui vieiit c la nature d'upe chofê eftdcterminé: ainûlad^ terimiiiatipa relie toû^quis, 8c l'échappatoire if Carneade ne ftrt de rien.

309. Il montre ailleurs, (Rep. au FrovÎDC. cb. 50. T. t. p. 2 1 9.) qu'une lièertejvrt éloignée dt eêf équiliire ^étendu ejf mctmparaèkmeiit plui nvnnt»- geufe. y'enteru (dit-îl) me liberté ijui futve mm- jours Ui jHgtmens de l'efprit, qui ne fwjfe rt- fifier à des abjeti tlaireimnt connus comme bons. Je ne eonnm point de gens qui ne conviennent que U Vfrité clairement cmmé imejjîte (dérermïne plutôt à moins qu'on ne parle d'une necelTité morale) It eenfentmtnt dtl'ami,PexferteneenoHsl'enfeigne. Ûh tnfitgne cenfiitptmtnt dins le} Ecoles que comme It vr»i ejl Pobjtt df l'tntetidetnent, It bien tfi l'objet Jf- lu vemtéi i¥f tmmi i'enti^tment nepntja- i^wir V** t» qifi ft montre » liùfiHi hpfif- tenee rff k vtrki' A» vemti ne peut jattiâhrim ai- mer qui ne lia faroijfe bon. bp ne croit jamais If fnHx estant que faux, ^ m n'aime jamais le mal taiant que pial. Il y a dans l'entendement une Jf- Urmination tiaturelle au vrai en gênerai, él" ^ ehk- qift veriti particulière clairement connue. Il y adani M volonté uvt détermination naturelle au bien en ge- ^trat: d'eu fhtfîeitrs Fhîlofiphes concluent que dès }»e let biens fartica^frs naifs font connus clatrement; vous fommet vestjftis h kt mn>tri L'q^endemjiftii» fuffni4 (f*0iii %fte'%M^ifi9l>lettff^mtrent^^ \ \ i8o Essais sur là Bonté' de DrEU," turément, dt forte qu'il y a lien de diHter s'ili font faux Cl veriluèiks: delà pliifiiiirs cancluent ijuela uotûité ne demeure en équilière que torique l'ame tfi incerraint, Ji l'objet qu'on lui prefenie ejî un éieti àfgn égard: mms qM'rfwj^î dés qu'ellefe range à l'affirma' tiue, elîts'attachetiectffairemtnt k ett oijet-là,juf- qu'à et qut d'autres jugemejis dt i'e/frltla dittrmi^ nent d'nnt autre manière. Ceux qui fXplÎMtent dt. tttie forte la liberté, y cretenttreuvtr une affts,em- fle mutitre de mérite ^ de démérite, faretqu'ilsfup- fefent t^ut ces jugement de l'efprit précèdent d'une at- flkatien Hère de l'àmt à examiner les cèjttt à Itt ctmfurer er.ftmble,é-àen faire le difcernetnent. Jt ne doit pas ouèlicr qu'il y a de fort favans kommei (comme Bellarmin. lib, de Gratis & iibero arbi- trio C. 8, &9. & Camcron in refpûiifionead Epis- tolam Viri Dofti, id cft Epiicopii) qui fouiiennent fur des ruifons tris-frejfnates, que lavoltntéfuittoù- jauri necejfairtment le dentier »£it fratiqut de Cen- itndtment.

j I o. Il &ut Biirc quelques rcroataiies Ibr ce dis- cours; une connoîDance bien claire du meilleur dé- termine la volonté, mais elle ne laoeceflite points proprement parler. Il faut toujours diflinguer en- tre le ncceflàire & le certain ou finfaillible, com- me twus avons déjà remarqué plus d'une fois S & dtilinguer la neccdité mciaptiyfique de la neccdité morale. Je crois aulVi qu'il n'y a que la volonté de Dieu qui fuive toujours le jugement de l'enten- dement; toutes les Créatures intelligentes font fu- jeties à quelques palfjons, ou à des perceptions au moins, qui ne conliftent pas entièrement en ce Sue j'appelle idées adét^uaies. Et quoique cespas- ons tendent toujours au vrai bîciLdans les bien- teureux, en vertu des loix de la nature & du Sys- tème des chofes préétablies par raport à eaxj ce n'cfî pas pourtant toujours en ibrte qu'ils en aient une parfaite conaoïflànce. Jl cfl eft d'eux comme DigilizBd by Google iVtâLïBKRTÉ'BBL'HoMNR.IH.PAR.. itl .denous', qui n'tntendwil pas toujours!a raïfônde nos ÏHfHnâs. ■ Les Aa^ts & les Bieaheureax IbnC (les Ciéaturcs aulli-bicn que nous, où il y a tou- jours quelque perception confufc mêlée avec des connoiflànces diftindes. Suarès a dit (juelquecho- fe d'approchant à leur fujet. Il croit (Traité de, rOraiibn, liv. i. ch. n. (que Dieu arcglé les cho- fcs par avance, en forte que leurs prières, quand elles le funt avec une volonté pleine > réuflificnt toujours, c'ell un échantillon d'une Âmawitprt^ tnHie. Quant à nous, outre le jugement de l'en-- te^dement, dont nous avons une connoif&nce ex» Srefic, il s'y mêle des perceptions confufes des, ins, qui font naître des paflîons U. même des in- clinations inlënlibk's, dont nous ne nous apperce- Tons pas toujours. Cesmouvemens traverfent lbit< vent le jugement de l'entendement pratique. - jn. Et quant au parallèle entre le rapport de l'entendement au vrai, 6c de b volonté au bienj il faut iàvoir qu'une perception claire & diftinâc d'une vérité contient enelleaiiuellement l'ailirma- tion de cette vérité: ainfi l'entendement eftneces- fitc par U. Mais quelque perception qu'on ait du 'bienj l'effort d'agir après le jugement, qut&iti mon avis l'effence de la vùlonté, en elt: AiStmewt ainli comme il &ut du tems pour porter cet c%rt à iôn comble, i! peut être iùrpendu > Ec même changé par une nouvelle perception ou inclination qui vient à k traveriè, qui en détourne l'eiprit, Ec qui lui feit même faire quelquefois un jugement conv^ire. C'eft ce qui fait que norrc ame a tant de moyens de refiller àlavcritéqu'tlîeconnoît, 5c qu'il y X un fi grand trajet de l'eiprit au cceur. Sur tout lorsque l'entendement oe procède en bonne partie que par des ftnféti feurdei, peu capablcs.de toucher, comme je l'ai explique ailleurs, AinliU liaifonentrclejugetnent Se la volonté n'cilpatlîne« ccl&iie ^'on pourroit penlèr.

its EsSAH SUR LA BotfTk' DB DlE?; 311. M. Bayie pourfuit fort Hea Cp.»ii,) J3^ u ttt peut fas être un défaut J4ni V*ta$ dt l'hom- me, qut dt n'avtir feint U liberté d'mdigirenct 3 liant au bien en gênerai } cf ferait plùtii un défer- re, une imptrfeShn extravagante,^ fi l'on peuvtit ^e veritablewtnt; Feu m'imforted'être heureux ou malheureux; je n'ai pas plus de détermination à ai- mr le bien qu'à le haïr; je fuis faire également l'un & ^'««fe. Or fi c'eâ une qualité louable Mvantageufe que d'être déterminé quant au bien nj gênerai, ce ne peut pas être un défaut que de fi trouver neceÛàé quant à chaque bien particulier r#- eoanu manififiement peur notre bien. U femble wé- ffM que eefoit une confequtnce nectjfaire, que fi l'x- me n'a point de liberté d'indiferenee quant au bien en gênerai, elle n'en ail point quant aux biens par- ticuîïert, pendant qu'elle juge mtradiUoiremeni quf et font des biens pour elle.^ ^utpenferions-nous d'u- ne ame, qui ayant formé ce jugement-là, fe van- teroit avec rayon d'avoir la force de ne pas aimer ftsbiens, é-féi^e de leshêir, érqt'direit.Jecm- neii clairement que ce font itt hitni pour moi, j'ai toutes les lumières necejfairesjitr ce point-là i cepen- dant je ne veux peint les aimer, je veux let ha'ûri mon parti efi pris, je l'exeeuiei ce n'ejl pas qu'aucH- ve raifon [c'cft-à-aire, qudiiuc autre railbn que celle qui cft fondée fur tel efi mon boa plaijïrj m'y engage, mais il me plaît d'en nfer aiafi; quf fenferions-nous, dU-je, d'un* telle gtge t Se (0 ttouveriotM-nous pat plus îmfitrfiùtt., & p(»t pt^l- hiureufi que fi elle n'aveit fat mit Ub^rté 4'iH7 Merenttt, *ia. S«B feulement la dolirine qutfiumet M w« Umi mx derniers aBei de l'tntendemtnt, dm» untidiephuavantageufi de l'itat de l'me. mnk X mJtre auM qu'il efi &'J\ff*'^^Z rhomme m io^ur par ce f^^""™' 4ieindf,rmti t/rilfi^J»¥i^^rr^ Digilized by Google frit furfti veritâilii intérèli, é" iH0-lôt f» vdunté ft cotifermera aux jugemini tjift /# R»ifm aura prmoncti. Hais l'ii a Mite iittrtt 'mdtpendmtê de la Raifon é" dt la qualité du ebjtts eWirimm fonnits; il fer» le plus indifciplimièle de teHt ht mnimaux, è" pourra jAmais l'ajfurer de lui faire prendre le Èai} parti. Tout Iti (cnftih, ttus les raifonnemens J» mande purrutt être trh-iautb- les; lient Ini âelëira-tK, veut lté tanvMiitmit l'u- prit; & nésamems f» vtlsBti fir» htjtltt, ^ dtf weurertt immfiHt ttmmê m rtehr; Virg,il, JE», lib, 6. V. 4.70, Nec miels inccrptovultum lèrmonp movetur. Quàm 11 dura lîlex aut iltet Marpeâa cautes.

Utttquiate, unvain taprictln ferâ roidir contre touttt fortes de raifani; il Jie lui plaira pas d'iàmiT fonbitn tlairement eentiu; il lut flaira de le haïr. Trouvez' vtus, MonfiettT, qu'une telle faculté foitlt plus riehf frefent que Die^ ait pu faire ài'hemme, 0>l'ii>ftru- tatnt unique de notre bnheur t JU'eJi-ee fatflâtit «« oèiactt if eietrf filitilé i Ifi-ee da qitoiftgurij^ Sue aa Muvoir dirtt J'ai œépnlëtousicsjogeniflu e ma Kaifiin ■ éc j'ai tmvi ont route tome iiSÏ- rente par le' SkA iBotif de mon bon plaifir l Dg quels regritt ne feroit-eH fat déchiré tneteat-l2i,fila dittnainatioa qu'on aurait frife éteit dommageallef Une telle liberté ferait dont plus nuiJibU, qu'utilta/tx kommtsi parteque l'entendemeatne.teprtfenttreitfat itfix, iUa ttiUe la benté des objets four oter » la vo- Jmté la forte de la reje0iea. Il vaudreït dont iafini- mat tnieifx à thm^e t/u'ilfiif loûjaurt ueteffairt- mtat détirmiai tar le jugement fh l'entendement, qui de permettre h la vet^té de ^pendre f»n aHion, car far et afyfttt il fandittdrtit pùti fxciUment ^ ^ui "jt^ Essais sua la Bonté* de Dieu^ ell très vrai qu'une liberté d'indifférence ïndéfinîcr^ fc qui fût {ans aucune railoa déterminante, lêrott aufli nuiiible Se même choquante,. qu'elle ell im- praticable Se chimérique. L'homme qui voudroit en uièr ainfi/ou fkire au moins comme s'il agi& foit fans fujet, palferoit à coup fûr pour un extra- vagant. Mais il elï très vrai aulTi que la cho&t& împoflîble, quand on ] a prend dan& la rigueur de la îuppofition: Se aufli-tot qu'on en veut donner un exemple, on s'en écarte, 8c on tombe dans le cas d'un homme, qui ne fe détermine pas fans fii- jet, mais qui fe détermine plutôt pat inclinatlott ou par paflion, que par jugement. Car aufli tôt qiic l'on dit; je méfrije les jugmens de m* Raifoa far It feul mBl^demonéonfltiifir lilmeplaUtTeni^tr »mfii c'en autant que fi l'ondîfbit; Je pié&remoD incL'nation à mon intérêt, mon plailiià mon uttliti. ~ jtf. C'cft comme fi qnclquenommecapridear, Vimaginant qu'il lui cfl: honteux de fiiivre l'avis de -fis amis ou de lès ièrviteuis, préfeoit la fiitis- -&âion de contredire a l'utilitcqu'ilpourroitrc^ •tir» de feur conlèit. 11 peut pourtant arriver que 4ins une aftâirc de peu de conîèquence un homme fige même agiffe irrégulièrement Se contre ibn in- térêt • pour contrecarrer un autre qui le veut con- traindre, ou qui le veut gouverner, ou pour con- fondre ccuï qui oblcrveotlcs démarches, Ileft boa même quelquefois d'imiter Brutus en cachant fon «fprit, & même de contrcfiiire l'iofcnfé, comme fit David devant le Roi des Philiftins. . iif. M. Baylc ajoute encore bien de belles cho- ies, pour iàiie voir que d'agir contre le jugement de l'entendement feroît une grande ïmperteâioiL Jl ob&rve (pag- 215-.) que même iêlonlesMoiinif- ■tes, rtnttndem'im qui l'utqHhte J* fm I>Ef ini/R, pHfnmê te. qui */i LE MEILLEUR}, il introduit Dieu (ch. 9'>. pa^. î»7*) dilàntànosprcp. zoïers Peret dvis.li! Jardlo d'Hcilea; ^tvau ai ' ïTLA Liberté' DELHoMMb. ni.PAR.i8î ém«é md eomo'iffMce, lafacuité it ^ugtr dts ehofes,^ ^ un fUin fauvêir dt diffofer Je uos volant éi. jtvous denntTAiJts iafiruïiiens ^ dts erdres, maii Itfraic- Ariître tfHfjt vous *i commitniqué eji d'une Itlle AMNrr, qut vous Avtx. U'it farce égale, (Iclon les oAalîoDs) Je m obéir </' defaèéir. On vous iittiera: fi veut faite) ua éon ufage de votntiitr- ti, vouiferex, heuivux, (y fi vohi en ftiiitiua mau- vais ufage, vous ftrix. m.tthiur(ux, C'ifi à vaut de voir ji vous notiltx. tne dtmanikr comme une nouvelle grâce, ou ^iie je i/eui permet le d'ahufir di vetre liberté, lorsque vous en formerez lu réfolu- tien, ou que jt vous en empêche. Songex.y bien, je vous donne vingt ^ quatre heures tîé ctmfrenez-vBUs pas flairement {ajoute M. Baylc) leur Bjsiftn qui n'avoit fai été encore ebleurcii. far h fethé, leitr tût fait tmelure qt^ilfalUit de-- mandtir i Dieu, eemmt U temble des faveurs dmt U tel tv^t honoris, de ne point permettre qi^ilt /» ftrijjfent par l§ HsaiÊvais.ujage de leurs foreeit Et ne fiut il pas mvouer que fi Adam, par un faux feint fhotsntHr doft conduire lui-mêmtr eût'refiiff Hiie direHion Divine qui eût mis fa félicité à cou-- vert, il auroit été Ceriginal Jet fhaïteni Jet Icares? il auroit été prtfque aa_Sî impie aue l'Ajaii Je Sophocle, qui nouloit vairicre fans raffï/lance des deux, qi*i ^'fi»' 1"' les plui poltrons feroient' fuir leurs ennemis avec une telle a^jlance.

317. M. Baylc fiiit voir auffi (ohap. 80.} qu'on ne fê félicite pas moins, ou même qu'on s'applau- dit davantage d'avoir été Bfliné d'en-oaut, que d'ê- tre redevable de fon boobeur à Gm choix. Et & on trouve bien d'avoir préféré un tnltinâ tumul- tueux, qui s'étoit élevé tout d'un coup, à des rai- fonî mûrement examinées j on en conçoit une joye extraordinaire; car 00 s'imagine, ou que Dieu, ou que notjc Ange gardien, ou qu'un je. ae iài quoi, qu'on le leprelênte fous le nom vague I!■ ■ (li^i'ia %i6 Eiuis-fiUK LA Bonté' de DieVj i'efiriKot, nousapoufTé à cela. En effet, Syl!» 8e Ccfitt fe glorïHoicat plus de leur fortune que de leui conduîie. Les Paycos, Se particuiïercmeDt les Poètes {Homère furtout) dctcrminoicnt leur* Héros par rimpullion Divine, Le Héros de i'Ç- ceide ne marche que fous la direâion d'un Dîçu. C'écoit un éloge trés-fin de dire aux EmpercurSi Si'ils vainquoient fi; par leurs troupes, & par leurs ieuxi^u'ilsprètoicntàieurs Généraux: Te copiai, ttCBBjïhumt^tuoif fiente DivesidhUotace. Les Généraux combattoient fous les auff ices des Empe- reurs, comme fe rcpolant fur leur fortune > car lesaufpices a'apparti^noientpïsauxfuUalternes. On ^applaudit d'être fa/ori du Ciel, on s'cllime da- vantage d'être heureux, que d'iltte habile. Il n'j • point de gens qui lè croient plus heureux, que les inrltiques qui s'imaginent le tenir en repos, §C que Dieu asit en eux.

. îi8. De rautre côté, comme M. Bayle ajou- te, chap. 8j. Un Phihfofhi Stotciin tuti nttatht à Uut mt fatale ntctjfité, tli au^ftafihlt qu'un MUtrt humait au pUifir 4'avoir bien cheifi. Et tant hartimt fie jugement trouvera qui iien Uin de (t plaindre qu'on ait dilièeré hngttmi, ^ cheiji enjî» le parti leplut honniie, e'rfl une fatiifaSlion iacroya61i que de ft ftrfuadtr qu* l'on efi fi affermi dans l'nmour dt lu ViTtu, que font rejifier le moini dumondeon rejette' roit une tentAtioa. XJnhtmme, à qui l'en J^epafedê faire um aSiea oppofit i fan devoir, à fm honstur, à" àf» ct^cience, ^ qui ripoodfur U champ qu'il tfi iacapaèle d'un tel crime, qui en egèt ni s'en trouve point capable, tfi iitn pltts content de fa ptr- fgnne que l'il demwdoit du ttmi pour y fonger, ^ l'il fe jtntoit irrefolupendant quelques heures quel par- $i prendre. On efi lien fâthi en plujieurt rentontret denefe pouvoir déterminer entre deux partis, t^l'on feroit bien-aife que le cmfeil d'un bon ami. ou quel- ofieftteMri i'ta bautttotitpoitffitàf»irimibtnehoix, » -i - Tout iT LA Liberte'de l'Homme. III. Par. 1 87 Tout cela nous tait voir l'avantage qu'un jugement détermine a fur cette indiSerence vague qui noue hiSc dans l'incertitude. Mais enfin nous avons af- fez prouvé qu'il n'y a que l'ignorance ou la palTion qui puifle tenir en fufpens, & que c'cftpour cela que Dieu ne l'eft jamais. Plus onapprochc de lui, plus la liberté eftpatftiitc, & plus etlcfedétcrniine par le bien & par la laiibn. Éc l'on préférera toiî- jours le naturel de Caton, doai Velleïus diloit qu'il lui éioit impofiible de &ire une aâion mal* honnête, à celui d'un Itomme qui ièra capable de balancer.

3 (p. Nous avons été bien-aîfes dcreprefènterfie d'appuver ces raifonnemeiis de M. Bayle contre î'indilïérence vague, tant pour éclaire ir la matière, que pour l'appolèr à lui<même, & pour faire voir qu'il ne dévoie donc jmint fe plaindre de U prétendue necefTité impofee à Dieu de choifu" le mieux qu'il eft pofTible. Car ou Dieu agira par une indifférence vague Se au hasard, ou bien il agira par caprice ou par quelque autre paflîon, ou enâo î! doit agir par une inclination prévalante delà Rai> fon qui le porte au meilleur. Mais les palfioni qui viennent de la perception confufed'un bien ap- parent, ne fauroient avoir lieuenDieui Se l'indu- fcrcnce vague ell quelque chofe de chimérique. Il le choix de Dieu. C'cft une imperfeâion de no- tre liberté qui tait que nous pouvons choifir le mal au lieu du bien, un plus grand n^al au lieu du moindre mal, le moindre bien au lieu duplosgrand, bien. Cela vient des apparences du bien &du maj qui nous trompent i au lieu que Dieu e(t toûjoun porté au vrai Ec au plus grand bien, c'eh-à-dire au vrai bien ablbiument qu'il ne iàuroit manquer de connoitre.

jio. Cette faufTe idée de la liberté, formée par ceux (jfù noucoateojde l'exempter, j« as dix ^88 Essais svr la Bonté' de lïrEtr» pas de la contrainte, mais de la nccefiité même,' voudroient encore l'exempter de Is certitude 8t de h détermination, c*ell-à-dirc de ia railbn & de Ja Jjerfedtjon; n'a pas liillc de plaiie 1 quelques Scho- aftiques, gens qui s'cmbarafîentfonvent dans leurs fubcilités, iSi prennent la paille des termes pour ]c grain des choies. lis conçoivent quelque notion chimérique, dont ils fe figurent de tirer des utili- tés, & qu'Us tâchent de maintenir par des chicanes. La pleine indifférence eft de cette nature: l'accor- der à la volonté, c'eft lui donner un privilège fera- blablcàcclui que quelques Carteiicns & quelques' Myfti<}ues trouvent dans la Nature Divine, de ^iivoii fcre l'impoflible, depouvoirproduiredes abfurdîtés, de pouvoir feive que deux propolitions contradidloires foient vrayes en mi me tems. Vou- loir qu'une dccerminatian vienne d'une pleine in- différence abfolumenc indéterminée, eft vouloir qu'elle vienne naturellement de rien. L'on fuppo- Ic que Dieu ne donne pas cette déti;rminat!on, elle n'a donc point de fource dans l'ame, ni dans le corps, ni dans les cir confiance s, puisque touC éft fuppofé indéterminé; & la voilà pouriant qui Kiroîc 8c qui exïfte, lins préparation, ûns que rien s'y ditpofc, làns qu'un Ange, fans que Dieu même puiflè voir ou faire raircomment elle exis- te- C'eft non Iculement fortir de riea, mais tnéme c'eft en Ibrtir par fbi-même. Ccne doftri- ne introduir tjuelquc cholè d'auffi lidicule que 1» déclinaifon des AtomCs d'Ëpicnre dont nous avonr déjà parlé, qui prétendoit qu'un decespetitscorps allant en ligncdroite, fedelournoittoutd'uncoup de fon chemin fans aucun fujet, feulement parce- que la volonté le commande. Et notez qu'il n'y a eu recours que pour làuver cette prétendue liberté de pleine indifférence, dont il paroît quek cfaime-' re a été bien ancienne, & l'on peut dire avec rai- fcn: Chim*ra Ch'mAram f»rif, V«ijat. Voici comme MonGcur Marckettï l'a ex- primé dans fa jolie i'radu<ftion de. Lucrèce ea yeri Italiens ■ à laquelle on n'a pas encore rotilu lail|: fer voir le jour •: Ub. i.

Ma eh'i frincifii pot mt terrais punit Hcila tor Jritln via, tlii vedir puaie f Si finalmente ogni hr /nota {empre Itifiet/U f'ag^THfp», e datl' ant'uo ,, ^tmfrt cm ardin cirio il nuovo nafin , Ni' iraeeimdo i frirai femiffanao JDi mfto un tal frineipio, il i^ual peï rmpa - r diertti 4tl fatù, accio non feg un . L'unn caufa deil' altra ia injmito; ■ Ottdt han auejia, iich' h, del tato fciolta Libéra voluntà, per cuî ciafcuno Va dùve piîf l'agrada î I moti ancor* . Si declinan {«vente, t nm in ttmp» . Certo, nt certa région, m» falg . ^uando I dove eommanda il nojlra ariiirh, ÎBiche feax.' aUun duééio à fueflt cofe [. ' - 1- Hàfol frineipio. il voter proprio, e quihdi ., V»ttfaifemTftt4<i per le memhra i moti, P eft piMftnt qu'un homme comme Epicure, aprèi avioir écarté les Dieux & toutes les fubllanccs incor- porelles, a pu s'imaginer que la volonté, que lui- mime compofc d'aiomes, a pu ayoir un empi«' fur les atomes. & les détourner de Içur chemin, fans qu'il Jbit poUàble de dire comraeuc.

311. Çarneade, fans aJJer jufqu'aux Atomes, a voulu trouyer d'abord dans f'ame lic l'homme U railon de la prétendue indiliêrencc vague, prenant .pour la raifon de la chofc cela même dont Epicure f Jierchoit la raifon. Carncade n'/ gagnoit rien, finpo qu'il trqmpoit plus^û^ment des' gens peu...1 attenr . • Elle.a ^t^ 'Mfnibie iepéis la ptuBifiG BdiiiàDrde ^«{OuTrage, aLondicica 1717.

ipo Essais sur la Bonté' de Dieu, attentifs, en transférant l'abfurdité d'unfujct, où elle eft un peu trop manifefte, à un autreJujct, où il cil plus ai fc d'embrouiller les choies, c'cft-à-dire, du corps fur l'ames parceque k plupart des Piulo- Ibphes avoient des notions peu diftinâes de h na- ture de l'ame. Epicurc, qui [a compofoit d'Ato- mes, avoit raifiia au moins de chercher t'origi- se de £i dctamiiiation dans ce qu'il croy oit l'origi- ne de l'amc même, C'eft pourquoi Ciceron & M. Bayle, ont eu tort de le tant blâmer } & d'é- pargner, & même de louer Carreade, qui n'eil pas moins déraifonnable: & je ne comprens pas, comment M. Bayle, qui étoit iî clairvoyant,s'cft laiffi payer d'une abfurdité dëguifée, jufqu'à l'ap- Çeller le plus grand effort que l'cfprit humain pu iflê taire fur ce fujet: comme fi l'amc qui cft le liège àe la Raifoo étoit plus capable que le corps d'agir ùas être déterminée par qucl^ie rai^ ou caaSs interne ou eiiternei ou coimne lîjc grand princi' pe, qui porte que rien ne Se âît êas eau», se rcgardoit que les corps.

3ÏJ. Il left Tiù que la Forme ou l'Ame a cet avantage Ciu la Matière, qu'elle eft la fource de l'aâion, ^Qt en foi le principe du mouvement ou du changement s en un mot > -re àtmxù'nitf, comme Platon l'appelle; au lieu que la matière eft feulement paflive, & a befoin d'être poullee pour agir > ij'""" • *" H"'' û cft aâivc par cile-mémc, (comme elle l'cft en eiïct) c'eft pour cela mâme qu'elle n'eft pas de foi abfolument in- dif&rente à l'aftion, commela matière, & qu'elle doit trouver en foi de quoi fc déterminer. Etlè- lon le §ftêmc de l'Harmonie préétablie, l'ame trouTCenelle-mênie, & dans fa nature idéale an- térieure k l'exiâence, les raifons de lès détermina- tions réglées Vat teut ce epi l'environnera. Par-là die ètoit déterminée de toute éternité daiu ion é- tat4k{ia».p^&bilï(éà-a^rltbrcineiit, commeelvr LA Liberté" de l'Homme. ITT. Par. 191 le ftra dans le tems, lorsqu'elle parviendra à l'e-. xiftence.

31+. M. Baylc remarque fort bienlui-mêmeque h liberté d'indif^cnce, ( ici! c qu'illâut l'admettre) M'exclut pointUs inclinationt, Scne demande point l'équilibre. U fait voir aflcs amplement (Rep. au Provincial, chap. 139. p. 74ti-] qu'on peut com- parer l'ame à uae balance, où ks railbns & lesin- clinations tiennent lieu de poids. EtfiltHtlui, oa peut expliquer ce qui & pa0ë dans nosTC&lntîoiiA par l'hypoihefc que la volonté de l'homme eft com- me une balance qui fc tient en repos, quand les "poids de Ces deux feafïinsiont égaux; Ecquipanche toujours, ou d'un cote ou de l'autre, félon que 3'un des baflins eft plus chargé. Une nouvcUerai- ibn iàit un poids fuperieur, une nouvelle idée rayon» oc plus vivement que la vieille, la crainte d'une groflè peine l'emporte fur quelque pldlîr 5 i^uind deux palTions {ê difputentle terrain, c'efttoûjours la plus forte qui demeure la maîtreffe. à moîni que l'autre ne loic aidécparhRaifon, ou par quel- que autre paffion combinée. Lorsqu'on jette les marchandiicE pour & ûuvcr, l'aâion que tes Eco- les appeileatttifactei eft volontaire Sclibre, Scce- pcocunt l^mour ie la vie l'emporte indubitable- ment fiïr l'amour du bien. Lecliagrinvientduibu- venir des biens qu'on perd; & l'on a d'autant plus de peine à fc déterminer cjue les raifons oppofëej approchent plus de l'égalité, comme l'on voit que b balance ic détermine plus promtemcnt, lorsqu'il y a une grande diâcrence entre les poids.

jZf. Cependant, comme bien fouvent il 7 a Ïliâîeurs partis à prendre, on pourroit au lieu de I Inlaace comparer l'ame avec une force, qui&ic effort en même tans de plufieurs cAtët, mais qui n'tgit que U od die trouve leplus de &cilitë ou le 'mohis de réKftance. Par exemple, l'air étant dont- ~f limé tibp lortemem dans m «tlpiewt de venv.

iç)! Essais sur la Bonté' de Diev, Je callèra pour ibrcir, 11 fait cilbi t lurohaqucpar- tic, mais il ie jette enfin fur Ja plusfoible. C'ell; ainJî que les inclinations de l'ame vont iur tous les biens qui le prefcntcint, ce ibuC des volontés an- tccedcDEcs; mais la volonté confetjuetiie, qui ca cil le refultat, fc détermine vois ce qui touche ie plus.

316. Cependant cette prcvalence des inclinations' n'çmpéche point que Ttiommc ne foit le maître cliczlui, pourvu qu'il £clie uferde l'on pouvoir. Son empire eft celui de kRailbn.iln'aqu'àië pré- parer de bonne heure pour s'oppofèr aux paflîons, ■ & il icra capable d'arrêter l'impetuofitëdes plus fu,- rieufes. Suppofons qu'.^uguftc, piètidonncrdes ordres pour faire mourir Fabius iMa^imus, fefer- vc à Ibn ordinaire du confcil qu'un Philofophe lui avoit donné, de reciter l'Alphabet Grec, avant que de rien faire dans!e mouvement de fa coleie; cette reflexion fera capable de iàuver la vie de Fa- bius Se la gloire d'Augulle. Mais fans quelque re- flexion heureulè dont on eft redevable quelquefois à une boncé'diviné toute p&rtiçuliere',ou&nsqud- quc adreflc açquîlèpar avancé, comme celicd Aa- gufie, propre à nous feîrc Êire les réflexions con- venables en tems & Heu, k pflîon l'emportera fur laRaifon. Lecochereftle maître des chevaux, s'il les gouverne comme il doit, & comme il peut; mais il y a des occalions où il fe néglige. St alors il £iudra pour un tems abandonner fes rênes: Tmttr tquU Murîg», ntc Mdit eurrus htthtnat, '. 317. II faut avouer qu'il y a toujours aflèï de .pouvoir en nous fur notre volonté, mais on ne ;S'aviiè pas toujours de l'employer. Cela fait voir .comme nous l'avons remarqué plusd'imefois, que ]Ce pouvoir de l'ame fur ics inclinations cA une paifEuice ^uï ta peut £tic exercée que d'uticma- Digilized by Google Digilized by Google nicre m£re3ti à peu, près comme Beilarmin rou- kùt que les Papes euflênt droit fur \t tcmpotel des Rois. A la vérité, les aâions externes qui ne fur- paflenc point nos forces, dépendent abbiumeoC oc notre volonté; mais nosvolitions ne dépendent de k volonté, que par certains détours adroits qui nous donnent moyen de fuipcndre nos rélblu- lions, ou de les changer. Nous fommes les maî- tres chez nous, non pas comme Dieu l'eA dans le Monde, qui n'a qu'à parler; mais commeun Prin- ce làge l'efl: dansiès Etats, oucemmeun bonpere de Emilie l'eft dans Baa. domelUque. M, Bayie le prend autrement quelquefois, comme fl c'étoit un pouvoir ablblu,' indépendant des raîfons 8c des moyens que nous devrions avoir chez nous pour nous vanter d'un franc-arbitre. Mais Dieu même ne l'a point, 8c ne le doit point avoir dans ce fens par rapport à fa volonté; il ne peut point changer îa nature ni agir autrement qu'avec ordre; &: com- ment l'homme pourrolt-il fe transformer tout d'un coup? Je l'ai déjà dit, l'empire de Dieu, l'em- Ëire du fage, ell celui de la Raifon. 11 n'y a que •icu cependant qui air toujours les volontés les plus defirables, Se pir confequent il n'a point be- loin du pouvoir de les changer.

jiS. Sil'amc eft la maïtreflè cliez foi (dit M. Bayle, p.7f3.) elle n'a qu'à vouloir, & auffi-tât ce châ^in & cette peine qui accompagne b vic- toire Uït les panions, s'évanouiront. Pour cet ef- fet, il fuilîroit il foo avis de fc donner de l'indiffé- rence pour les objets des palTionsfpag- 7 j-S.j pour- quoi donc les hommes ne fe donnent-ils pas cette indifférence (dit-il) s'ils font les maîtres chez eux? Mais cette objcdlion ell jufteracnc comme fi je demandois pourquoi un pcre de &mille ne fe don- ne pas de l'or, quand il en a befoio? Il en peut acquérir, mats par adrellè. Se non pas comme du tems des Fées, ou da Rot Mtdas » par nn fimplc Ttm II. l com*.

194 Essais sur la Bonté' de Dieu» commandement de la volonté, ou par un attou- chement. Il ne fuÉRroit jàs d'être le maître chez ■ ibi, il faudrait être le maître de' toutes choies, pour le donner tout ce que l'on veut, car on ne trouve pas tout chez foi. En travaillant auffi fur foi, il faut faire comme en travaillant fur autre chofei il faut cunuoître!a conlliiution Se les qua- lités de fonobjet, &y accommoder fes opération;. Çe n'cft donc pas en un moment, &. par un fim-* pie aâcde k volonté qu'on le corrige, & qu'on acquiert une meilleure volonté 319. Il eft bon cependant de remarquer que les chagrins & les peines qui accompagnent ia vidicirc fur Tes pafîions, tournent en quelques uns en p'ai- fir, par le grand contentcrocnc qu iis trouventdans le fentimcnt vif de h force de leur crprit, Scdela, Grâce divine. Les Aftetiques K les vrais Myfti- qucs en peuvent parler par expérience; & même wn véritable Philoiôplie en peut dire quelque cho- fe. *0n peut parvenir à cet heureux ewt,, £cc'cft un des principaux moyens dont l'amc ic peut icr^ vir pour affermir fon empire.

330, Si les Scotiftes & les Molïniftes paroiflènt favorifèr V'mdifftrcnce vague, (ils le paroiflènt, àiCi'c, car je doute qu'ils le ftilcnt Eoutdebon, après 'avoir bien connue) les Thoraiftes gc les AuguAî- Oiens Ibnt pour k prédétermination. Car if&uc neccIEtirement l'un ou l'autre, Thomas d'Aqutn éft un Auteur qui a coutume d'aller au folidc, 8c' le fu'util Scct, c')îrclnnt:i le contredire, obfcur- cit fi>uvau \c: cIio:;-s, au Heu de les éckircir. Les Thiiinilirs iiu.-cnt orJi;iûirciiier.c leur maître & n'admeitcnt point t]uc i'^;me détermine iins qu'il y ait qucl(.)uc pre d é ce r minât ion qui y contri- bue. Mais la piéJéiLTr.ii nation tics nouveaux Tho- miflcs n'eft peut-être pas juftenient Celle dont 00 a befoin. Durant! de Saint Poursain, qui faiibit gfièz &uvent| bandt: à part, Se qui a étç contr-c