SigPhi · Michel de Montaigne

Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IV (French)

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prononciation est altérée par le patois de son pays; avec l’âge, il a perdu l’habitude qu’il avait, étant enfant, de s’exprimer et d’écrire en latin (SALLUSTE, CÉSAR, SÉNÈQUE, PLUTARQUE, MESSALA), 477.--De quel prix est la beauté corporelle? c’est elle qui, la première, a mis de la différence entre les hommes, 479.--Montaigne était d’une taille au-dessous de la moyenne. A l’encontre de ce qui est pour la femme, chez l’homme une taille élevée est la condition essentielle et presque unique de la beauté (C. MARIUS, les ÉTHIOPIENS, les INDIENS, JÉSUS-CHRIST, PLATON, PHILOPŒMEN), 481.--Généralement maladroit aux exercices du corps, il était cependant vigoureux et résistant, quand les fatigues auxquelles il se livrait provenaient de sa propre volonté, 483.--Son état de fortune à sa naissance lui assurait l’indépendance, il s’en est tenu là, 485.--Sa nonchalance est telle, qu’il préfère ignorer les préjudices qu’il peut en éprouver que d’avoir à s’en préoccuper, 487.--Toute réflexion, toute délibération lui sont pénibles, bien qu’une fois sa détermination prise, la résolution ne lui fasse pas défaut, 487.--L’incertitude du succès l’a dégoûté de l’ambition, qu’il n’admet que chez ceux qui sont dans l’obligation de chercher fortune pour se maintenir dans la condition où ils sont nés (le chancelier OLIVIER), 489.--Son siècle, par sa dépravation, ne convient nullement à son humeur, 491.--On n’y connaît pas la franchise, la loyauté et, lui, abhorre la dissimulation (ARISTOTE, APPOLLONIUS), 493.--La fourberie finit presque toujours par avoir de mauvais résultats; il est plus nuisible qu’utile pour les princes d’y avoir recours (METELLUS MACEDONICUS, LOUIS XI, TIBÈRE, SOLIMAN), 495.--Montaigne, ennemi de toute contrainte et de toute obligation, apportait dans ses relations avec les grands une entière liberté de langage (ARISTIPPE), 493.--L’infidélité de sa mémoire lui rendait impossible de prononcer des discours de longue haleine, 497.--Il était tellement rebelle à toute pression, que sa volonté elle-même était parfois impuissante à obtenir obéissance de lui-même (un ARCHER), 497.--Son peu de mémoire qui se révélait en maintes occasions, le mettait notamment hors d’état de démêler dans ce qui lui venait à l’esprit, ce qui lui était propre de ce qui était une réminiscence de ses lectures (MESSALA CORVINUS, GEORGES TRAPEZUNCE), 499.--Il avait l’esprit lent et obtus, mais ce qu’il avait une fois compris il le retenait bien (PLINE LE JEUNE), 501.--Son ignorance à propos des choses les plus communes, 503.--Il était foncièrement irrésolu, trouvant tour à tour également bonnes les raisons alléguées pour ou contre, ce qui le portait dans les cas douteux à suivre les autres ou à s’en rapporter au hasard, plus qu’à se décider par lui-même (RENÉ DE LORRAINE, CHRYSIPPE, MATHIAS, SOCRATE), 505.--Par la même raison, il est peu favorable aux changements politiques, parce qu’on n’est jamais sûr des institutions nouvelles qu’on veut substituer à celles existant depuis longtemps déjà (MACHIAVEL), 507.--Sur quoi est fondée l’estime que Montaigne a de lui-même; il croit à son bon sens, du reste personne au monde ne s’imagine en manquer, 509.--C’est ce qui fait que les ouvrages uniquement inspirés par le bon sens, attirent si peu de réputation à leurs auteurs; chacun se croit capable d’en faire autant, 511.--Montaigne estime que ses opinions sont saines; il en voit une preuve dans le peu de cas qu’il n’a jamais cessé de faire de lui-même malgré la profonde affection qu’il se porte, 511.--Les autres regardent en avant d’eux; lui ne regarde que lui-même, s’examine, se contrôle et exerce ainsi constamment son jugement, 513.--Il estime peu son époque; peut-être ce sentiment provient-il en partie de son commerce continu avec l’antiquité autrement riche à tous égards, 513.--C’est toujours avec plaisir qu’il loue le mérite partout où il le constate, chez ses amis et même chez ses ennemis (les PERSES), 515.--Les hommes complets sont rares; éloge de son ami Étienne de la Boétie, 515.--Les gens de lettres sont vains et faibles d’entendement; peut-être exige-t-on trop d’eux et est-on, envers eux, moins porté à l’indulgence, 515.--Mauvaise direction imprimée à l’éducation qui se borne, en fait de morale, à des définitions, au lieu de nous en inculquer les principes, 517.--Effets d’une bonne éducation; elle modifie le jugement et les mœurs. Les mœurs du peuple, en leur simplicité, sont plus réglées que celles des philosophes de ce temps, 517.--Hommes de guerre, hommes politiques, poètes et autres qui, seuls, parmi ceux de son siècle, semblent à Montaigne mériter une mention spéciale (le duc DE GUISE, le maréchal STROZZI, les chanceliers OLIVIER et L’HOSPITAL, DAURAT, THÉODORE DE BÈZE, BUCHANAN, MONT-DORÉ, TURNEBUS, RONSARD, DU BELLAY, le duc d’ALBE, le connétable DE MONTMORENCY, M. DE LA NOUE), 519.--Éloge de MARIE DE GOURNAY, sa fille d’alliance, 519.--En ces temps de guerre civile continue, la vaillance, en France, a atteint presque à la perfection et y est devenue une vertu commune, 521.

CHAPITRE XVIII.

=Du fait de donner ou recevoir des démentis=, =II=, 521.--Si, dans son livre, Montaigne parle aussi souvent de lui-même, dont la vie n’offre rien de remarquable, c’est pour laisser un souvenir de lui à ses amis (CÉSAR, XÉNOPHON, ALEXANDRE, AUGUSTE, CATON, SYLLA, BRUTUS), 521.--Mais alors même que personne ne le lirait, il n’en aurait pas moins employé, d’une manière agréable, à s’étudier et à se peindre, une grande partie de sa vie; que lui importe le reste, 525.--Son siècle est si corrompu que l’on ne se fait plus scrupule de parler contre la vérité, défaut imputé à bien des époques aux Français (PINDARE, PLATON, SALVINUS MASSILIENSIS), 527.--Et cependant rien ne les offense plus que de leur en faire reproche, probablement parce que les reproches mérités blessent plus que les accusations non fondées; et aussi, parce que mentir est une lâcheté (LYSANDRE), 527.--Le mensonge est un dissolvant de la société; il est en abomination chez certains peuples de l’Amérique récemment découverte, 529.--Les Grecs et les Romains, moins délicats que nous sur ce point, ne s’offensaient pas de recevoir des démentis (CÉSAR), 529.

CHAPITRE XIX.

=De la liberté de conscience=, =II=, 529.--Le zèle religieux est souvent excessif et conséquemment injuste, 529.--C’est à ce zèle outré des premiers chrétiens qu’il faut attribuer la perte d’un grand nombre d’ouvrages de l’antiquité (l’empereur TACITE et CORNELIUS TACITE), 531.--Leur intérêt les a aussi portés à louer de très mauvais empereurs favorables au christianisme, et à en calomnier de bons qui lui étaient contraires; du nombre de ces derniers est JULIEN, surnommé l’Apostat, qui était un homme de premier ordre; sa continence, sa justice (ALEXANDRE, SCIPION), 531.--Appréciation portée sur lui par deux historiens chrétiens ses contemporains, AMMIEN MARCELLIN et EUTROPE, 533.--Sa sobriété, son application au travail, son habileté dans l’art militaire (ALEXANDRE LE GRAND), 533.--Sa mort a quelque similitude avec qu’il ne mérite pas, n’ayant vraisemblablement jamais été chrétien par le cœur. Il était excessivement superstitieux; l’exclamation qu’on lui prête, lorsqu’il se sentit frappé à mort, ne semble pas avoir été dite (MARCUS BRUTUS), 535.--Il voulait rétablir le paganisme et détruire les chrétiens en entretenant leurs divisions par une tolérance générale, 525.--Nos rois, probablement par impuissance, suivent le même système à l’égard des catholiques et des protestants, 537.

CHAPITRE XX.

=Nous ne goûtons rien qui ne soit sans mélange=, =II=, 537.--Les hommes ne sauraient goûter de plaisirs sans mélange; toujours quelque amertume se joint à la volupté; il semble que, sans cet ingrédient, on ne saurait la supporter (ARISTON, PYRRHON, ÉPICHARME, SOCRATE, MÉTRODORE, ATTALE), 537.--Au moral, il en est de même; point de bonheur sans quelque teinte de vice, point de justice sans quelque mélange d’injustice (PLATON), 541.--Dans la société même, les esprits les plus parfaits ne sont pas les plus propres aux affaires; tel homme du plus grand sens ne sait pas conduire sa maison, tel qui connaît l’économie publique laisse glisser en ses mains toute une fortune (SIMONIDE et le roi HIÉRON), 541.

CHAPITRE XXI.

=Contre la fainéantise=, =II=, 543.--C’est un devoir pour un prince de mourir debout, c’est-à-dire sans cesse occupé des affaires de l’État; pourquoi des sujets se sacrifieraient-ils au service et aux intérêts d’un souverain dont l’âme est avilie par l’oisiveté (les empereurs VESPASIEN et ADRIEN)? 543.--Il est naturel qu’un prince commande ses armées; les succès qu’il remporte sont plus complets et sa gloire plus justifiée (SÉLIM I, BAJAZET II, AMURAT III et CHARLES V; les rois de CASTILLE et de PORTUGAL), 545.--A l’activité les princes doivent joindre la sobriété (l’empereur JULIEN, la JEUNESSE LACÉDÉMONIENNE et la JEUNESSE PERSANE, les ANCIENS ROMAINS), 545.--Le désir de mourir bravement et utilement est très louable, mais cela n’est pas toujours en notre pouvoir (les LÉGIONS ROMAINES de M. Fabius, quelques SOLDATS INDIENS, PHILISTUS), 547.--Bel exemple de vertus guerrières donné par MOULEY-MOLUCH, roi de Fez, dans un combat où il expire vainqueur des Portugais, 547.--Tranquillité d’âme de CATON, résolu à la mort et sur le point de se la donner, 551.

CHAPITRE XXII.

=Des postes=, =II=, 551.--Montaigne, petit et trapu, courait volontiers la poste dans sa jeunesse, 551.--L’usage de disposer à demeure des chevaux de relais, de distance en distance, a été établi par CYRUS, roi de Perse; les ROMAINS ont agi de même (VIBULLIUS RUFUS, CÉSAR, TIBERIUS NÉRON, SEMPRONIUS GRACCHUS), 553.--Emploi d’hirondelles, de pigeons pour faire parvenir rapidement des nouvelles (CECINA, D. BRUTUS), 553.--Au PÉROU, c’était avec des porteurs que se courait la poste; mesure prise en TURQUIE pour assurer le service des courriers, 553.

CHAPITRE XXIII.

=Des mauvais moyens employés à bonne fin=, =II=, 553.--Les états politiques sont sujets aux mêmes vicissitudes et accidents que le corps humain; lorsque leur population s’accroît outre mesure, on recourt aux émigrations, à la guerre, etc. (les anciens FRANCS, les GAULOIS et BRENNUS, les GOTHS, les VANDALES, les TURCS, les ROMAINS, ÉDOUARD III roi d’Angleterre, PHILIPPE DE VALOIS), 553.--La faiblesse de notre condition nous réduit à recourir parfois, dans un bon but, à de mauvais moyens (LYCURGUE, CONDAMNÉS A MORT livrés vivants au scalpel des médecins), 557.--Les spectacles de GLADIATEURS avaient été inventés pour inspirer au peuple romain le mépris de la mort (l’empereur THÉODOSE), 557.

CHAPITRE XXIV.

=De la grandeur romaine=, =II=, 559.--Montaigne ne veut dire qu’un mot de la grandeur des Romains, à laquelle il ne trouve rien de comparable.

N’étant encore que simple citoyen romain, CÉSAR donne, vend, propose des trônes (CÉSAR et CICÉRON, M. FURIUS, le roi DÉJOTARUS et un GENTILHOMME DE PERGAME, le roi PTOLÉMÉE), 559.--Une lettre du sénat romain suffit pour faire abandonner ses conquêtes à un roi puissant (POPILIUS et le roi ANTIOCHUS), 561.--Les Romains rendaient leurs royaumes aux rois qu’ils avaient vaincus, pour faire de ceux-ci des instruments de servitude (AUGUSTE, le roi breton COGIDUNUS, SOLIMAN), 562.

CHAPITRE XXV.

=Se garder de contrefaire le malade=, =II=, 563.--Exemples de personnes devenues soit goutteuses, soit borgnes après avoir feint de l’être pendant quelque temps (CELIUS, un HOMME cité par Appien), 563.--Réflexion de Montaigne sur un vœu formé par quelques gentilshommes anglais, 565.--Il faut empêcher les enfants de contrefaire les défauts physiques qu’ils aperçoivent chez les autres, de peur qu’ils ne les contractent eux-mêmes, 565.--Exemple d’un homme devenu aveugle en dormant, 565.--Une folle habitant la maison de Sénèque, devenue aveugle, croyait que c’était la maison qui était devenue obscure; réflexion de ce philosophe sur ce que les hommes ressemblent à cette folle, attribuant toujours leurs vices à d’autres CHAPITRE XXVI.

=Du pouce=, =II=, 567.--Usage chez certains rois barbares de cimenter leurs alliances en entrelaçant leurs pouces, les piquant, et suçant le sang l’un de l’autre, 567.--Étymologie du mot pouce, 567.--Coutume des Romains d’abaisser ou d’élever le pouce pour applaudir ou pour ordonner la mort des gladiateurs, 567.--La mutilation du pouce chez les anciens dispensait du service militaire (les ROMAINS, AUGUSTE, C. VATIENUS, PHILOCLÈS, les ATHÉNIENS et les ÉGINÈTES, les LACÉDÉMONIENS), 569.

CHAPITRE XXVII.

=La poltronnerie est mère de la cruauté=, =II=, 569.--Vérité de l’adage qui fait le titre de ce chapitre; le vrai brave pardonne à l’ennemi qu’il a vaincu, le lâche l’injurie et le frappe même lorsqu’il est réduit à l’impuissance (ALEXANDRE tyran de Phères), 569.--Tuer son ennemi quand il est abattu, c’est se priver de la vengeance; mieux vaudrait le conserver à la vie, pour jouir de sa honte. Celui qui succombe n’est pas du reste le plus à plaindre; le repos lui est acquis, tandis que le survivant est obligé de fuir, de se cacher (BIAS, LYSISCUS, coutume du royaume de NARSINGUE), 571.--Une chose inexcusable c’est d’attendre la mort d’un ennemi pour publier des invectives contre lui (ASINIUS POLLION et PLANCUS, ARISTOTE), 573.--Les duels dérivent d’un sentiment de lâcheté, de la crainte que notre adversaire ne renouvelle ses offenses; l’usage de s’y faire accompagner de tenants dans les querelles particulières part de ce même sentiment, la peur de se voir abandonné à soi-même devant le danger; devoirs des tenants en pareille occurrence (le duc D’ORLÉANS et le roi HENRY d’ANGLETERRE, les ARGIENS et les LACÉDÉMONIENS, les HORACES et les CURIACES, un frère de MONTAIGNE), 573.--S’il est vrai que, seul, le courage doive être honoré, l’art de l’escrime est à flétrir, puisqu’il ne procure la victoire qu’à force de feintes et de ruses; de plus, il porte à violer les lois (le consul P. RUTILIUS, CÉSAR à Pharsale), 577.--D’ailleurs, à la guerre, cet art est inutile et parfois dangereux (PHILOPŒMEN, PLATON), 579.--Les gens sanguinaires et cruels sont généralement lâches, et un premier acte de cruauté en amène nécessairement d’autres (l’empereur MAURICE et PHOCAS; PHILIPPE roi de Macédoine, THÉOXÈNE et PORIS), 581.--Les tyrans s’ingénient à prolonger les tourments de leurs victimes; mais leur intention est souvent trompée, les tortures violentes tuant, et celles qui sont tolérables ne suffisant pas à leur rage, 583.--Dans les exécutions ordinaires de la justice tout ce qui outrepasse la mort simple, est cruauté (JUIFS crucifiés), 583.--Détails de quelques supplices atroces; Montaigne pense que les plus hideux à voir, ne sont pas toujours ceux qui causent le plus de douleur aux malheureux qui ont à les subir (l’empereur MECHMET en ÉPIRE, CRÉSUS; GEORGES SÉCHEL, chef des paysans polonais révoltés), 585.

CHAPITRE XXVIII.

=Chaque chose en son temps=, =II=, 587.--Ce furent deux grands hommes que CATON LE CENSEUR et CATON D’UTIQUE; mais celui-ci l’emporte de beaucoup sur le premier, 587.--Dans sa vieillesse, CATON LE CENSEUR s’avisa d’apprendre le grec; c’est un ridicule, toutes choses doivent être faites en leur temps (Q. FLAMINIUS, EUDÉMONIDAS et XÉNOCRATE, PHILOPŒMEN et le roi PTOLÉMÉE), 587.--Nos désirs devraient être amortis par l’âge, mais nos goûts et nos passions survivent à la perte de nos facultés; quant à lui, MONTAIGNE, il ne pense qu’à sa fin et ne forme pas de projets dont l’exécution nécessiterait plus d’une année, 589.--Sans doute un vieillard peut encore étudier, mais ses études doivent être conformes à son âge, elles doivent lui servir à quitter le monde avec moins de regrets (CATON D’UTIQUE), 589.

CHAPITRE XXIX.

=De la vertu=, =II=, 591.--Par le mot vertu, il faut entendre ici la force d’âme. Ce n’est pas en des élans impétueux mais passagers que consiste ce genre de vertu; elle demande de la persévérance, un caractère solide et constant, et se rencontre rarement, 591.--Bien qu’il la possédât à un haut degré, PYRRHON essaya vainement de toujours mettre sa vie en conformité avec sa doctrine; c’est que ce n’est pas tout de témoigner de la fermeté d’âme dans une circonstance donnée, le difficile est de se montrer tel dans toutes ses actions, 591.--Traits de courage amenés par une soudaine résolution (un PAYSAN et un GENTILHOMME du pays de Montaigne, une FEMME de Bergerac), 593.--Autres exemples, ceux-là suite de déterminations, de projets arrêtés longtemps à l’avance; ces actions fortes et courageuses longuement préméditées sont, en général, le fruit de préjugés absurdes ou de fausses doctrines (les FEMMES HINDOUES, les GYMNOSOPHISTES, CALANUS), 595.--Le dogme de la fatalité, souvent mis en avant mais facile à réfuter, est fréquemment exploité pour surexciter les esprits; c’est lui qui inspire tant d’audace aux TURCS (les BÉDOUINS, deux MOINES de Florence, un JEUNE TURC, HENRY DE NAVARRE), 597.--Quant aux assassins, la plupart du temps ce sont les passions religieuses ou politiques qui arment leur bras (les assassins du PRINCE D’ORANGE et du DUC DE GUISE, la secte des ASSASSINS), 601.

CHAPITRE XXX.

et d’un pâtre monstrueux; ce qui nous paraît tel, ne l’est pas pour la nature, 605.

CHAPITRE XXXI.

=De la colère=, =II=, 607.--Il vaut mieux confier les enfants au gouvernement qu’à leurs propres parents (les institutions de LACÉDÉMONE et de CRÈTE), 607.--Ceux-ci les châtient quelquefois dans des transports de colère, ils les accablent de coups, les estropient; ce n’est pas correction, c’est vengeance, 607.--La colère nous fait le plus souvent envisager les choses sous un aspect trompeur; les fautes qui nous irritent ne sont pas telles qu’elles nous paraissent. Combien hideux sont les signes extérieurs de la colère (CÉSAR et RABIRIUS), 609.--Il ne faut pas juger de la vérité ou de la fausseté des croyances et des opinions des hommes par leur conduite habituelle (EUDAMINONDAS, CLÉOMÈNE, CICÉRON et BRUTUS, CICÉRON et SÉNÈQUE, les ÉPHORES de Sparte), 611.--Modération de quelques grands hommes sous l’empire de la colère (PLUTARQUE et un de ses esclaves, ARCHYTAS de Tarente, PLATON, le lacédémonien CHARYLLE et un ilote), 611.--Nous cherchons toujours à trouver et à faire trouver notre colère juste et raisonnable (CNEIUS PISON), 613.--Les femmes naturellement emportées, deviennent furieuses par la contradiction; le silence et la froideur les calment (l’orateur CELIUS, PHOCION), 615.--Pour cacher sa colère, il faut des efforts inouïs; elle est moins terrible quand elle éclate librement (les HOMMES de guerre, DIOGÈNE et DÉMOSTHÈNE), 615.--Attentions à avoir quand, dans son intérieur, on a sujet de se mettre en colère, 617.--Caractère du courroux de MONTAIGNE; il feint parfois d’être plus en colère qu’il ne l’est réellement, 617.--Il ne croit pas que la colère puisse jamais avoir de bons effets, même quand il s’agit de forcer les autres à pratiquer la vertu; c’est une arme dangereuse; elle nous tient, nous ne la tenons pas (ARISTOTE), 619.

CHAPITRE XXXII.

=Défense de Sénèque et de Plutarque=, =II=, 621.--Combien est fausse la comparaison que l’on a voulu établir entre SÉNÈQUE et le cardinal DE LORRAINE, en s’appuyant sur le portrait injurieux que l’historien Dion trace du premier; il est plus rationnel de croire ce qu’en disent Tacite et quelques autres qui en parlent d’une manière très honorable, 621.--Quant à PLUTARQUE, il a été accusé par Bodin, d’ignorance, d’excessive crédulité et de partialité; réfutation de ces accusations.

Sur le reproche d’ignorance, Montaigne n’a pas le savoir nécessaire pour en juger, 623.--Nombreux exemples témoignant que les faits avancés par Plutarque et qualifiés d’incroyables par son critique, n’ont rien d’impossible (un enfant de LACÉDÉMONE, PYRRHUS, les jeunes SPARTIATES, AMMIEN MARCELLIN et les ÉGYPTIENS, un PAYSAN ESPAGNOL et L. PISON, EPICHARIS, de simples VILLAGEOIS du temps de Montaigne), 623.--C’est un tort de vouloir juger du possible et de l’impossible par ce dont nous sommes nous-mêmes capables (AGÉSILAS), 629.--La partialité de Plutarque en faveur des Grecs et au détriment des Romains n’est pas mieux fondée, d’autant qu’il ne prétend pas que les grands hommes de ces deux peuples qu’il met en parallèle, ont même valeur; il ne porte pas sur eux d’appréciation d’ensemble, il ne compare que des points de détail en des situations déterminées, 629.

CHAPITRE XXXIII.

passions, tel est le but de la philosophie. Mais il en est d’une violence extrême; et, des appétits qu’elles font naître en nous, ceux que l’amour occasionne semblent les plus excessifs; peut-être est-ce parce qu’ils intéressent à la fois le corps et l’âme, 633.--De combien de moyens ne s’est-on pas servi pour les amortir: les mutilations, les cilices, les réfrigérants de toutes espèces (un PRINCE français, XÉNOCRATE), 633.--Chez quelques-uns, l’ambition est plus indomptable que l’amour; Jules César, qui était d’une incontinence excessive, a toujours su réprimer la fougue de cette passion quand il s’agissait de grands intérêts (CÉSAR, MAHOMET II), 635.--D’autres, au contraire, ont fait céder l’ambition à l’amour (LADISLAS roi de Naples), 637.--César ne sacrifiait jamais à ses plaisirs une heure de son temps quand les affaires l’exigeaient tout entier; il était à la fois le plus actif et le plus éloquent de son époque; il était aussi très sobre (CÉSAR et CATON), 639.--Sa douceur et sa clémence ont paru douteuses; mille exemples prouvent qu’il avait ces qualités (les CAPITAINES de Pompée, César à PHARSALE, C. MEMMIUS, C. CALVIUS, CATULLE, C.

OPPIUS), 641.--Mais son ambition effrénée l’a amené à renverser la république la plus florissante qui ait jamais existé, ce dont rien, d’après Montaigne, ne saurait l’absoudre (MARC ANTOINE), 643.--Exemple extraordinaire d’un jeune Toscan, SPURINA, qui, extrêmement beau, se cicatrisa tout le visage pour se soustraire aux passions qu’il inspirait, 645.--Une telle action ne se peut approuver; il est plus noble de lutter que de se dérober aux devoirs que la société nous impose, autrement c’est mourir pour s’épargner la peine de bien vivre (SCIPION et DIOGÈNE), 645.

CHAPITRE XXXIV.

=Observations sur les moyens que Jules César employait à la guerre=, =II=, 647.--Dans le chapitre précédent, Montaigne a examiné les vices et les qualités de CÉSAR, il s’occupe ici de ses hauts faits et de ses talents militaires; selon lui, ses commentaires devraient être le bréviaire de tout homme de guerre, 647.--Pour rassurer ses troupes alarmées de la supériorité numérique de l’ennemi, il leur exagérait lui-même cette supériorité; il accoutumait ses soldats à lui obéir sans les laisser commenter ses desseins; très ménager du temps, il savait amuser l’ennemi pour le surprendre avec plus d’avantage (le roi JUBA, CYRUS, les SUISSES), 647.--Il n’exigeait guère de ses soldats que la vaillance et la discipline, parfois il leur donnait toute licence; il aimait qu’ils fussent richement armés, les honorait du nom de «Compagnons», ce qui n’empêchait pas qu’il ne les traitât, le cas échéant, avec beaucoup de sévérité, 649.--Il se complaisait aux travaux de campagne, 651.--Il aimait à haranguer ses troupes avant le combat, et ses harangues sont des modèles d’éloquence militaire, 651.--Rapidité de César dans ses mouvements; aperçu de ses guerres nombreuses en divers pays, 653.--Il voulait tout voir par lui-même; préférait obtenir le succès en négociant, plutôt que par la force des armes; il était plus circonspect qu’Alexandre dans ses entreprises, et donnait hardiment de sa personne chaque fois que la nécessité le comportait (bataille de TOURNAI, siège d’AVARICUM, guerre contre AFRANIUS et PETREIUS, César à DYRRACHIUM, César franchissant l’HELLESPONT), 653.--Sa confiance et sa ténacité au siège d’ALÉSIA; deux particularités dignes de remarque à propos de ce siège (LUCULLUS, VERCINGÉTORIX), 657.--Avec le temps, César devint plus retenu dans ses entreprises. Quoique peu scrupuleux, il n’approuvait cependant pas qu’on se servît de toutes sortes de moyens à la guerre pour obtenir le succès (ARIOVISTE), 659.--Il savait très bien nager et aimait à aller à pied, 659.--Ses soldats et ses partisans avaient pour lui une extrême affection et lui étaient tout dévoués (l’amiral DE CHATILLON, SCEVA soldat de César, GRANIUS PETRONIUS, le siège de SALONE), 661.

CHAPITRE XXXV.

=Trois bonnes femmes=, =II=, 663.--Quelques épigrammes de Montaigne contre les femmes qui font parade de leur affection pour leurs maris seulement quand ils sont morts (la VEUVE d’un prince français), 663.--Cependant, dans l’antiquité, il en relève trois qui voulurent partager le sort de leurs époux se donnant la mort. La première, une italienne, citée par Pline le Jeune, était de naissance commune; son dévouement, 665.--Les deux autres sont nobles; l’une est ARRIA, femme de Cecina PÆTUS; son énergie, 667.--L’autre est PAULINA POMPEIA, femme de Sénèque; son histoire, 671.--Singulière preuve d’amour que, de son côté, Sénèque, renonçant pour elle à mourir, avait donnée à sa femme, 675.

[B.42] TROISIÈME VOLUME.

CHAPITRE XXXVI.

=Quels hommes occupent le premier rang entre tous=, =III=, 11.--Trois hommes des temps passés occupent, selon Montaigne, le premier rang entre tous. Le premier, c’est HOMÈRE, le prince, le modèle de tous les poètes; estime que l’on en a fait dans tous les temps (ARISTOTE, VARRON, VIRGILE, ALEXANDRE LE GRAND, CLÉOMÈNE, PLUTARQUE, ALCIBIADE, HIÉRON, PLATON et PANETIUS, MAHOMET II et le pape PIE II), 11.--Le second est ALEXANDRE LE GRAND: ses belles actions pendant sa vie si courte; il est préférable à César qui pourtant lui est supérieur sous certains rapports (ANNIBAL, les MAHOMÉTANS), 15.--Le troisième et le meilleur de tous, c’est ÉPAMINONDAS; il l’emporte sur Alexandre et César, mais son théâtre d’action a été beaucoup plus restreint. Les Grecs l’ont nommé le premier d’entre eux; il réunissait toutes les qualités que l’on trouve éparses chez les autres, et chez lui elles atteignaient la perfection, 19.--SCIPION ÉMILIEN pourrait lui être comparé, s’il eût eu une fin aussi glorieuse. Ce qu’on peut dire d’ALCIBIADE, 21.--Bonté, douceur, équité et humanité d’Épaminondas (PÉLOPIDAS, les BÉOTIENS), 21.

CHAPITRE XXXVII.

=De la ressemblance des enfants avec leurs pères=, =III=, 23.--Comment Montaigne a fait son livre: il n’y travaillait que lorsqu’il avait des loisirs; un valet lui a emporté une partie de son manuscrit, il le regrette peu, 23.--Il y a sept ou huit ans qu’il a commencé à l’écrire, et depuis dix-huit mois il souffre d’un mal qu’il avait toujours redouté, de coliques néphrétiques, 23.--Combien les hommes sont attachés à la vie! Pour lui, il est bien plus sensible aux maux physiques qu’aux douleurs morales, et cependant il commence à s’habituer à sa cruelle maladie qui lui offre cet avantage de le mieux familiariser avec la mort (MÉCÈNE, TAMERLAN et les lépreux, ANTISTHÈNE et DIOGÈNE), 23.--Il n’est point de ceux qui réprouvent que l’on témoigne par des plaintes et des cris les souffrances que l’on ressent, quoiqu’il arrive à assez bien se contenir, et que, même dans les plus grandes douleurs, il conserve sa lucidité d’esprit, s’observe et se juge, 27.--Ce qui l’étonne et qu’il ne peut s’expliquer, ce sont ces transmissions physiques et morales, directes et indirectes, des pères, des aïeux, des bisaïeuls aux enfants (la famille des LÉPIDES à Rome, une famille de THÈBES), 31.--Il pense tenir de son père ce mal de la pierre dont il est affecté, comme aussi il a hérité de lui de son antipathie pour la médecine, 31.--Motif du peu d’estime en laquelle il tient cette science, elle fait plus de malades qu’elle n’en guérit, 35.--La plupart des peuples, les Romains entre autres, ont longtemps existé sans connaître la médecine (les ROMAINS, CATON LE CENSEUR, les ARCADIENS, les LIBYENS, nos VILLAGEOIS), 39.--L’utilité des purgations imaginées par la médecine n’est rien moins que prouvée; sait-on du reste jamais si un remède agit en bien ou en mal et s’il n’eût pas mieux valu laisser faire la nature (un LACÉDÉMONIEN, l’empereur ADRIEN, un LUTTEUR et DIOGÈNE, NICOCLÈS), 39.--Les médecins se targuent de toutes les améliorations qu’éprouve le malade et trouvent toujours à excuser le mauvais succès de leurs ordonnances (PLATON, ÉSOPE), 41.--Loi des ÉGYPTIENS obligeant les médecins à répondre de l’efficacité du traitement de leurs malades (ESCULAPE), 43.--Le mystère sied à la médecine; le charlatanisme qu’apportent les médecins dans la désignation et le mode d’emploi de leurs drogues, leur attitude compassée près de leurs malades en imposent; ils devraient toujours discuter à huis clos et se garder de traiter à plusieurs un même malade, ils éviteraient ainsi de déceler les contradictions qui règnent entre eux, 45.--Sur la cause même des maladies, que d’opinions diverses! 47.--Quand la médecine a commencé à être en crédit; fluctuations que, depuis cette époque, ont subies les principes sur lesquels elle repose (HIPPOCRATE, CHRYSIPPE, ÉRASISTRATE, HIÉROPHILE, ASCLÉPIADE, THÉMISSON, MUSA, VECTIUS VALENS, THESSALUS, CRINAS de Marseille, CHARINUS, PLINE L’ANCIEN, PARACELSE, FIORAVENTI, ARGENTARIUS), 47.--Rien de moins certain que les médicaments qui ne font pas de bien ne font pas de mal; en outre, les méprises sont fréquentes; la chirurgie offre une bien plus grande certitude, 49.--Comment ajouter foi à des médicaments complexes, composés en vue d’effets différents, souvent contraires, devant se produire simultanément sur divers de nos organes? 53.--Chaque maladie devrait être traitée par un médecin distinct qui s’en serait spécialement occupé (les ÉGYPTIENS), 55.--Faiblesse et incertitude des raisonnements sur lesquels est fondé l’art de la médecine: l’un condamne ce que l’autre approuve, 55.--Quoique Montaigne n’ait confiance en aucun remède, il reconnaît que les bains sont utiles, peut-être aussi les eaux thermales; diversité dans les modes d’emploi de ces eaux (sources minérales en FRANCE, en ALLEMAGNE, en ITALIE), 57.--Conte assez plaisant contre les gens de loi et les médecins (les HABITANTS du pays de Lahontan), 61.--Autre conte sur la médecine (un BOUC nourri d’herbes apéritives et de vin blanc), 63.--Ce n’est que leur science que Montaigne attaque chez les médecins et non eux, pour lesquels il a la même estime que pour les gens de n’importe quelle autre profession; limite dans laquelle il se confie à eux; combien au surplus ne font pas, pour eux-mêmes, usage des drogues qu’ils prescrivent à autrui (LYCURGUE, un GENTILHOMME gascon), 65.--C’est la crainte de la douleur, de la mort, qui fait qu’on se livre communément aux médecins (les BABYLONIENS, les ÉGYPTIENS), 67.--Sur quoi, du reste, la connaissance que les médecins prétendent avoir de l’efficacité de leurs remèdes est-elle fondée (GALIEN)? 69.--Insertion d’une lettre de Montaigne à Madame de Duras. Elle lui a entendu exposer ses idées sur la médecine, elle les retrouvera dans son ouvrage où il se peint tel qu’il est, ne voulant pas paraître après lui autre qu’il n’était de son vivant, se souciant peu de ce que, lui mort, on en pourra penser (TIBÈRE), 71.--S’il a parlé si mal de la médecine, ce n’a été qu’à l’exemple de PLINE et de CELSE, les seuls médecins de Rome ancienne qui aient écrit sur leur art, 75.--Il se peut que lui-même en arrive à se remettre entre les mains des médecins; c’est qu’alors, comme tant d’autres, il sera gravement atteint et ne sera plus en possession de la plénitude de ses facultés; au surplus, sur ce sujet comme sur toutes autres choses, Montaigne admet fort bien que tout le monde ne soit pas de son avis (PÉRICLÈS), 75.

[B.44] LIVRE TROISIÈME.

CHAPITRE I.

=De ce qui est utile et de ce qui est honnête=, =III=, 79.--La perfidie est si odieuse que les hommes les plus méchants ont parfois refusé de l’employer, même quand ils y avaient intérêt (TIBÈRE et ARMINIUS), 79.--L’imperfection de la nature humaine est si grande que des vices et des passions très blâmables, sont souvent nécessaires à l’existence de la société; c’est ainsi que la justice recourt quelquefois et bien à tort à de fausses promesses, pour obtenir des aveux, 79.--Dans le peu d’affaires politiques auxquelles Montaigne a été mêlé, il a toujours cru devoir se montrer franc et consciencieux (HYPÉRIDE et les ATHÉNIENS, ATTICUS), 81.--Quelque danger qu’il y ait à prendre parti dans les troubles intérieurs, il n’est ni beau, ni honnête de rester neutre (GÉLON tyran de Syracuse, MORVILLERS évêque d’Orléans), 85.--Quel que soit le parti que l’on embrasse, la modération est à observer à l’égard des uns comme vis-à-vis des autres, 87.--Il est des gens qui servent les deux partis à la fois; ils sont à utiliser, tout en se gardant du mal qu’ils peuvent vous faire, 87.--Quant à Montaigne, il disait à tous les choses telles qu’il les pensait, et se contentait de ce qu’on lui communiquait sans chercher à pénétrer les secrets de personne, ne voulant du reste être l’homme lige de qui que ce fût (PHILIPPIDE et LYSIMAQUE), 87.--Cette manière de faire n’est pas celle que l’on pratique d’ordinaire, mais il était peu apte aux affaires publiques qui exigent souvent une dissimulation qui n’est pas dans son caractère, 89.--Il y a une justice naturelle, bien plus parfaite que les justices spéciales à chaque nation, que chacune a créées à son usage et qui autorisent parfois des actes condamnables lorsque le résultat doit en être utile (l’indien DENDAMIS), 91.--La trahison, par exemple, est utile dans quelques cas, elle n’en est pas plus honnête; ceux qui s’y prêtent en sont flétris et on ne saurait vous imposer d’en commettre (deux COMPÉTITEURS au royaume de Thrace, l’empereur TIBÈRE et POMPONIUS FLACCUS, les LACÉDÉMONIENS et ANTIPATER, les ROIS D’ÉGYPTE et leurs juges), 93.--Si elle est excusable, ce n’est qu’opposée à une autre trahison sans que pour cela le traître cesse d’être méprisé; parfois il est puni par ceux-là mêmes qu’il a servis (FABRICIUS et le médecin de Pyrrhus, JAROLEPC duc de Russie, ANTIGONE et les soldats d’EUMÈNE, l’ESCLAVE de Sulpitius, CLOVIS, MAHOMET II, la FILLE DE SÉJAN), 95.--Ceux qui consentent à être les bourreaux de leurs parents et de leurs compagnons encourent la réprobation publique (WITOLDE, prince de Lithuanie), 99.--Les princes sont quelquefois dans la nécessité de manquer à leur parole; ils ne sont excusables que s’ils se sont trouvés dans l’impossibilité absolue d’assurer autrement les intérêts publics dont ils ont charge, 99.--Comment le SÉNAT DE CORINTHE s’en remit à la Fortune, du jugement qu’il avait à porter sur TIMOLÉON qui venait de tuer son propre frère, 101.--Acte inexcusable du SÉNAT ROMAIN revenant sur un traité qu’il avait ratifié, revirement fréquent dans les guerres civiles, 101.--L’intérêt privé ne doit jamais prévaloir sur la foi donnée; ce n’est que si on s’est engagé à quelque chose d’inique ou de criminel, que l’on peut manquer à sa parole, 103.--Chez ÉPAMINONDAS, l’esprit de justice et la délicatesse de sentiments ont toujours été prédominants; son exemple montre qu’ils