pour plufieurs raifons, car ils peuvent nous plaire & nous (èrvir en difFe'rentes manie'res. La reflemblan- ce des humeurs -, des inclinations, des emplois, leur air, leurs manières, leur vertu, leurs biens, i'afîe- â:ion ou l'eftirae qu'ils nous témoignent, les fèrvices qu'ils nous ont rendus ou que nous en efperons, & plufîeurs autres raifons particulie'res nous de'termi- nentà les aimer. S'il arrive donc que quelqu'un de nos amis, c'eft-à-dire quelque pcrlbnne qui ait les mêmes inclinations, qui foit bien-fait, qui parle d'u- ne manière agréable, que nous croyions vertueux, ©u de grande condition, qui nous te'moigne deTaf- fedionSc de l'eftime, qui nous ait rendu quelque fervice, ou de qui nous en efperions, ou enfin que nous aimions pour quelque autre raifon particulière.; s'ilarrive, dis- je, que cette perlonne avance quelque proportion, nous nous enlaiflons incontinent per fuader fans faire ufage de nôtre raifon. Nous fbûte- uons fôn opinion fans nous mettre en peine fielleelif ' conforme à la vérité', & fouvent même contre nôtn! propre confcience, félon l'oblcuritè & la confufîoi «le nôtre efprit, félon la corruption de nôtre cœur, & félon les avantages que nous efperons tirer de nôrn j^ufïè gfc'nérofîté.
Iln'eftpasne'cefïàire d'apporter ici des exemple >articuliers de ces ckofesycar ou ne fe trouyeprcl DE LA VERITE'. tiVRE IV. 495^ ^e jamais une feule heure dans une compagnie {ans Chap. en remarquer pluiieurs, fi l'on y veut faire un peu XIII. de réflexion. La faveur & les rieux, comme l'on dit ordinairement, ne font que rarement du côte' de la vente > mais prefque toujours du côté des perfbn- lies quel'onaime. Celui qui parle eft obligeant & civil: il a donc raifbn. Si ce qu'il dit eft feulement vrai femblable, on le regarde comnae vrai, & fî ce qu'il avance, eft abfblument ridicule & impertinent » ^ il deviendra tout au moins fort vrai-fèmblable. C'eft un homme qui m'aime, qui m'eftime, qui m'a ren- du quelque fervice, qui eft dans la difpofîtion Se dans le pouvoir de m'en rendre, qui afbûtcnu monfen- timenten d'autres occafions, je fèrois un ingrat & un imprudent fî je m'opporois aux fîens, & fî je; manquois mêmes à lui applaudir. C'eft ainfî qu'on, fèjouë de la vérité, qu'on la fait fervir à Tes intérêts, & qu'on embralïe les faulïes opinions les uns des au très.
Un honnête homme ne doit point trouver à redire c[u'on l'inftruife & qu'on l'éclairé, quand on le fait félon les règles de la civilité: & lorfque nos amis fè choquent de ce que nous leur repréfèntons modefte- ment qu'ils fè trompent, il faut leur permettre de s'aimer eux-mêmes & leurs erreurs, puilqu'ils le veu- lent, 8c qu'on n'a pas le pouvoir de leur commander, ni de leur changer l'efprit.
Mais un vrai ami ne doit jamais approuver les er- reurs de fon ami. Car enfin nous devrions confide- rer que nous leur faiibnsplus de tort que nous ne pen-^ fbns, lorfque nous deltendons leurs opinions fans difcernement. Nos applaudiiTemens ne font que leur enfler le Cœur & les confirmer dans leurs erreurs j ils de viennent incorrigibles; ils agifrent& ils décidcnç; enfin comme s'ils étoient devenus infaillibles.
D'où vient que les plus riches, les plus puiiTans » les plus nobles, & généralement tous ceux qui font élevez au deffus des autres, fe croyent fort fouvent infaillibles j & qu'ils fc comportent' comme s'ils a- X 6 voient 494 EjE la recherche Ch A?, "Voient beaucoup plus de raifon que ceux qui font d'u^ XllL 1^6 condition vile ou me'diocre, fi ce n'eft parce qu'oa approuve indifféremment & lâchement toutes leurs penfe'es? Ainfi l'approbation que nous.donnons à nos amis, leur fait croire peu à- peu qu'ils ont plus d'ef- pritquelcs autres i ce qui les rend fiers, hardis, im- prudens, & capables de tomber dans les erreurs les plus grolïïeres fans s'en appercevoir..
C "e(t pour o. li que nos ennemis nous rendent fou vent un meilleur fervice, & nous éclairent beaucoup plus l'efprit par leurs oppofitions, que ne font nos amis, par leurs approbations; parce que nos enne- mis nous obligent de nous tenir fùrn os gardes, ôc d^cti e attentifs aux chofes que nous avançons j ce qui feulfuffit pour nous faire reconnoître nos e'gare- mens. Mais nos amis ne font que nous endormir ^ Si nous donner une faufle confiance, qui nous rend. vains & ignorans. Les hommes ne doivent doncjar mais admirer leurs amis, &/è rendre à leurs (enti-- mens par amitié, de même qu'ils ne doivent jamais s'oppofer a ceux de leurs ennemis par inimitié; Mais, ils doivent fe défaire de leur efprit flattear oucon- tredifant pour devenir finceres, & appjouvcr l'évi^ iJence & là vérité par tout ou ils la trouvent.
Nous devons a.u fli nous bien mettre dans Tefprit y. que la plupart des hommes font portez à la flatterie- ou à nous faire dts complimens, par une efpcce. d*incliaation naturelle, pour paroirre fpirituels, pour attirer fiir eux h bienveillance des autres, &. «fans l'efpérance de quelque retoiîr, cuenfîn par une efpéce de malice & de raillerie j & nous ne devons pas nous laifïèr étourdir par tout, ce que l'on peut nous dire. Ne voyons-nous pas tous les jours que des perfonnes, qui ne fe connoifïent point, ne lailfent pas 2e s^éieverf'un l'autre jufquesau.rnuës,, la premiè- re fois mêmes qu'ils fè voyent & qu'ils fè parlent? &qu'3?a-t-il déplus ordinaire que de voir des gens nui donnent des louanges liyperboîioues, & qui té- ^«igneiu.dej raouvemens extjcaordinaires d'admira Ù9m Ù9m DE È A VERITE'. LtvR& IV. 497 tîonà uneperfbnne qui vient deparkr en publicq-, CHAp," mêmes en préfènce de ceux avec lefquels ils s'en font XIIL mocquez quelque tems auparavant. Toutes les fois qu'on (e récrie, qu'on pâlit d'admiration,,&,com- me furpris des chofes que l'on entend, ce n'eft pas une bonne preuve que celui qui parle dit des merveil- les i mais plutôt qu'il parle à des hommes flatteurs»; qu'il a des amis, ou peut-être des ennemis q.uife divertiflent de lui. C'eft qu'il parle d'une manière engageante, qu'il elt riche & puiflànt, ouiî on le veut, c'eft une allez bonne preuve que cequ'il dit eft appuyé' fur les notions, des fènsconfufes & obfcurcs, mais fort touchantes & fort agréables, ou qu'il a quelque feu d'imagination, puifque les louanges {è donnent à l'amitié, aux richefTes, aux dignitez,aux yrai-(cmblances, & très -rarement à. la vérité'.
On s'attendra peut-être, qu'ayant- traité en général des inclinations des efprits,je doive dépendre dans un détail exaâ: de tous les mouvemens particuliers qu'ils refientent à. la vue du bien & du mal, c'eftrà-dire que je doive expliquer la nature de l'amour, delà Haine, delajoye, de la triftelTe, & de toutes les pallions intelleâ:uelles tant générales que particulier res, tantfimplesquecompofées. Maisje nemefiiis^ pas engagé à expliquer tous les différens m.ouvemens. dont les efprits font capables.
Je fiiis bieaaifè que l'on fçacReqùe mon defïcin principal dans tout ce que j'ay écrit juf qu'ici de la re- cherche de la vérité 5 a été de faire fentir aux hom- mes leur foibleiTe& leur ignojance, & que nous fem- mes tous fujjsts à l'erreur & au péché. Je l'ai dit, Se. je le dis encore,, peut-être qu'on s'en fouviendra r je n'ai jamais eu deflèin de traiter à fopd de la nature de l'efprit 5 mais j'ai été obligé d'en dire quelque chofèpour expliquer les erreurs dans leur principe, pour les expliquer avec ordre, en un mot pour me rendre intelligible, & (îj'ai paUe les. bornes que je me fuis propoféesj c'eft que pavois ce me (èmblbic. des chofes. nouvelles à dire, qui me paroilîbient der 496 DE LA RECHERCHE Bec, Chap. confcquencc, & que je croyois même qu'on pooi^ XIII. roitlire avec plaifir. Peut être me (uis-je trompe', mais je devois avoir cette pre'fomption pour avoir lé courage de les e'crire: car le moyen déparier, lorf- qu'on n'efpere pas d'être e'coute'? Il eft vrai que j'ai dit beaucoup de choies qui ne paroiiïent point tant appartenir au fujet que je traite, que ce particulier desmouvemens deTame: je l'avoue, mais je ne pre'- tens point m'obliger à rien, iorfque je me fais un or- dre. Je me fais un ordre pour me conduire, mais ja pre'tens qu'il m'eft permis de tourner la tête lorlquc je marche, fi je trouve quelque chofè qui mérité d'être confidere'. Je pre'tens mêmes qu'il m'eft péri . mis de me repolèr en quelques lieux à l'e'cart pour- vu que je ne perde point de vue le chemin que je dois fùivre. Ceux qui ne veulent point fe délafler avec moi peuvent palîèr outre; il leur eft permis i ils n'ont qu'à tourner la page: mais, s'ils fe fâchent, qu'ils fçachent, qu'il y a bien des gens, qui trouvent que ces lieux que je choifis pour me repofèr, leur font • trouver le chemin plus doux & plus agréable.
TA, DES CHAPITRES CONTENUS en ceVolume^ LIVRE PREMIER, Des erreurs des Sens, € H A P» I. TA E la nature, tP" des propriété^ de _xJ l'entendement. De la nature O* des propriété^ de la -volonté, O' ce que cejl que la liberté. Pag. i ChavAJ. Desjugemens O' desraifonnemens. Qu'ils dépendent de la volonté. De Tu/age qu'on doit faire dé fa liberté à. leur égards Deux règles générales pour éviter l'erreur O' le péché. Réflexions necejpii' r es fur ces relies...lO Chap.III. BJponfes à quelques obj calions. Remar- ques fur ce qu'on a dit de la neceffité de V évidence rS ' Ghap.IV. Descaufes occafionneLles de l'erreur -> O* qu'il y en a cinq principales. Deffein gênerai de tout l'ouvrage (T defjein particulier du premier Li- Chap.V. des sens. Deux manières d'expliquer comment ils /ont corrompus par le péché » Q^e ce ne font pas nos fens, mais nofire liberté qui efl la véri- table caufede nés erreurs, i^/e pour ne fe point^ tromper dans lufage de fes fens. 28 Chap.VI. Des erreurs de U veuëà l'égard de l'eten— tendue en foi. Suite de ces erreurs fur des objets in- vifibles. Des erreurs de nos yeux touchant V étendue confiderée par rapport,; 6 Chai\ VII. Desfrreurs de nos yeux touchant ■ les figu* res. Nous n'avons aucune connoiffance des plus peti- tes, g«e la çonnoiRance quç nous avons des plus gran^^ dcs^ 'iesnejï pas. exaSîe. Explications de certains ju^e^ mens naturels, qui mis empêchent de nous tromper,. 'Que ces mêmes jugemens nous trompent dans des ren^ contresparticulieres. 49 Chap.VIII. Que nos yeux ne nous apprennent point la. grandeur ou la yitefe du mauyement conftderé en foi, Que la durée qui eft necejfaire pour connoître lemou- •vement ne nous efl pas connue. Exemple des erreurs ■ denosyeuxtouchant le mouvement O' lerepos. 5 4 Chap.IX. Continuation du mèmefujet. Preuve géné- rale des erreurs denôtre veuë touchantde mouvement. Qu'il ejl necejfaire de connaître ladiflance des objets pour juger de la grandeur de leur mouvement, Exa^ tnendes moyens pour reconnoifîre les dijlances, 59' €hap.X. Des erreurs touchant les qualitezfenfihles.. VidinÛion deVame CT du corps. Explication dts or- ganes des fens, cJ' queUè^ partie du corps Pâme ejl immédiatement unie. Ce que les objets font fur les corps. Ce qu'ils produifent dans Vame, ^ C les rai- fonspom le/quelles l'ame n'apper^oit point les mou- yemensdes jibresdu corps. Quatre chofes que Von confond dans chaque fenjation. ^ 7® Chap.XI. De l'erreur ou Von tomhe touchant Vaâ ion des objets contre les fibres extérieures de nos/ens.Caa- je de cette erreur. Objeâion CTréponfe. 77 ChaPo-XU. Des erreurs touchant les mouvemens- de^ fibres de nosfens. Que nous nappercevons pas ces mouvemens, ou que nous les confondons ■ avec nosfe-^r- fations. Expérience qui le prouve. Trois fortes de fen- fations. Les erreurs qui les accompagnent. 79- Chap. XIII. De la nature de s j en fations. Qu'on lescon^ noifl mieux qu'on ne croit, Obje^iionO' réponje, Pourquoi Von.s' imagine ne rien connoijlre de ces fen- fations. Qu ' onfe trompe de croire que tous les hom - mes ont les mèmes^ fenjoùonsdes- mêmes objets, Ob- jeBion O" réponfe, ^ ^, €ha^p.XIY. Des faux jugemens qm accompagnent nos.'^ fenfatianS; €?" que nous, confondom avec elles, ^ai" fmtde ces faux jugemens.. Que V erreur m fç tr-Quve DES CHAPITRES.
point dans nos fenfations, mais feulement dans cesjii- gemens. 9 7 Ch A v.'KV.Explfcation dès erreurs particulières delà Vue pour fervir d'exemple des erreurs (Générales de nos Cens. 102 Chap.XVI. Çlueles erreurs denosfens nous fervent de principes généraux, C^ fort féconds pour tirer de fauffes conclufionsy le fquelles fervent de principes à leur tour. Origine des différences efentielles^ Des formes fuhjlayitielle s. De quelques autres erreurs de la Philofophie de T Ecole. 105 Ch a p. XVII. c^utre exemple tiré de la morale, lequel fait voir que nosjens ne nous offrent que de faux biens, Qu'il ny a que Dieu qui feit notre bien. Origine des erreurs des Epicuriens, O' des Stoïciens. Iio Chap. XVIII. Que nos fens nous portent à Terreur en des'chofes même qui ne font point fenÇibhs. Exemple tiré de la converfation des hommes Qii^^ ne faut point s'arrejler aux manières jenfible s. 115 Chap. XIX. Deux autres exemples. Le premier t de nos erreurs touchant la nature des corps. Le fécond ^^ de celles qui regardent les qualité^ de ces mêmes' Chap. XX. Conclufwn de ce Premier Livre. Que nos ■fcns ne nous fo::t donnex que pour nojîrç corps. Qu'il faut douter de ce qu'ils nous rapportent. Que cen'ejh pas peu que de douter comme il faut, m LIVRE SECOND. De Pïmaginatioii.
PREMIERE PARTIE.
X renferme deuxfacultex î /'««^ aâive, CT* l'autre paffive^ Caufe générale des changement qiê TABLE ^ui arrivent a Vimapnatix>n des hommes, C^ le fon- dement àe ce fécond Lhre. i za Chap. II. De,s efprits animaux y KT des chdngemens aufquels. ils font fifjets en^eneraL ^e le chyle va au cœur, tT quil apporte du changement dans les efprits. Que le vin enfait autant. 150 €)hap«III. QjdeVairquon refpire caufe aujji quelque changement dans les efprits. -? 3 5 Chap, IV. Du changement des efprits c^usé par les nerfs quivont au cœur y C^ aux poumons. De celui quiejî causé par les nerfs qui vont au foie, à la rate tT dans tes vifceres. Çjue tout cela fe fait contre no- Jlre volonté, mais que cela ne fe peut faire fans une providence.,15^ Chap. V. De la mémoire O' des habitudes, 142.
Chap. YI. Que lesfbres du cerveau ne font pasfujetîès k des changemens fi prompts que les efprits. Trois dijferens changemens dans les trois dijferens â- Chap. VII. De la communication qui ejl entre le cet- veau d'une mère O' celui de f on enfant. De la com- munication qui eji entre nôtre cerveau CiT* Us autres parties de nôtre corps, laquelle nous porte 4 V imi- tation O'àla compafjxon. Explication de ta généra- tion des enfans monjlrueux y.O* de la propagation des efpeces. Explication de quelques déreglemens d\efprit & de quelques inclinations de la volonté. De la çon^- cupifcenceC^ du péché originel. OhjeÙions O^re- ponfis. I4S Chap.. VIIÎ. Changemens qui arrivent à l'imagination d*un enfant. qui fort du fein de fa mère', parlacon- verfation quil a avec fa nourrice, fa mère, O* d'autresperfonnes.ç^vis pour les bien élever, 168 S E- DES CHAPITRES.
SECONDE PARTI E.
De rimagination^ H AP. I. I ^ EV imagination des femmes.De celle des- JL^ hommes De celle des vieillards. 1 7?
Dh AP. II. Que les efprits animaux vont d'ordinaire dans les traces des idées qui nous font les plus familières, ce qui fait quon ne juge point fainement des 'cho- HAP. III. De la liaifon mutuelle des idées deVefpritO' des traces du cerveau, O'dela liaifon mutuelle des traces avec les traces, O" des idées avec les /- Chap.IV. Que lesperfomes d'étude font les plus fu- jettes d l'erreur. B^ifbns four lefquelles on aime mieux Jiiivre l'autorité qUe défaire ufage'defon éf- prit, 199 3hap,V. Deux mauvais effets de la leBureflirl'ima^ gination. • 204 Dhap» VI. Que les perfonnes d'étude s'enteflent ordi- nairement de quelque t^uteur j de forte que leur hut principal ejî de fçavoir ce qu'il a cru. fans fe foucier de ce qu'il faut croire. ■ 107 ZnAF.Yll. De la préoccupation des Commentateurs.il ^ I)hap. VIII. Des inventeurs de nouveaux Jyfîemes, Der- .niere erreur des perfonnes d'étude. til Chap. IX. Des efprits efféminé^. Des ejprits fitperfî- àels. Des perfonnes d'autorités De ceux qui font des expériences, 116 TKOl- TABLE TROISIEME PA.RTIE.
De la communication côntagieulê des imaginations fortes.
Chap. I. 'T^EladiJpoJîtiGn que mous av&m à imiter X_^ lesauWes en toutes chofes, laquelle efl l'origine de U communication des erreurs qui dé- pendent de la fuifjancede V imagination. Deuxcaufei principales qui augmentent cette difpoÇition. Ce que c'eji qu' imagination forte ^ Qu'il y en a de plujieurs fortes. Des fous, Ô' de ceux qui ont l'imagination forte dans le fens qu'on l'entend ici. Deux défauts confiderables de ceux qui ont l' imagination foy te. De lapuiffance qu'ils ont deperfuader O" d'impofer. 1 5 6 Ch a p, II. Exemples généraux de la for ce de limaginaX Chap. III, De la fores de l' imagination de ccrîaini lAuteurs. DeTertullien. i^ç Chap. IV. De l'imagination de S eneque. 15,8 Chap VI. Des for cier s par imagination O" des loups- garoux. Conclufiondes deux premiers Livres, 281 LIVRE TROISIE\\lE De l'entendement onde Pefpritpur Ch A p. I. y tXpenféeJeule ejl efentielle d Vefprit J_y Sentir y O" imaginer n'en font qm des modifications. Nous ne connoijjons pas toutes lesi modifications dont nojlreameeji capable. Elles foru^ différentes de notre connoi^ance -i C^ de nôtre amour ^ même elles n'en font pas toujours des fuites. 1 9 <3, Chaé DES CHAPITRES.
Chap,II. Vefprit étant barné ne peut comprendre ce qui tient de l'infini. Sa limitation efl l'origine de be- aucoup d'erreurs^ Et principalement des hère fies, ^ilfautfoumettreVefprità la foi. 199 Ch AP. III. Les Pbilofo^hes fe diffipent Vefprit en s*ap^ pliquant à des fujets qui renferment trop de rapport s y O' qui dépendent de trop de chofes fans garder aucun ordre dans leurs études. Exemple tiré d'z^rifîote, Çue les Géomètres au contraire Je conduifent bien dans la R^cberche de la Vérité. Principalement ceux qui fe ferment de Vzyilgebre, & de l'e^nalyje. Que leur méthode augmente la forcedel'ejprit, O' que la Logique d'z^rijiote ia diminue, ^utre défaut des pcrfonnes d'étude. 3 06 Chap. IV. V efprit ne peut s* appliquer long- temsd des objets quin ont point de rapport à luit ou qui ne tien- nent point quelque chofe de l'infini. V inconfiance de la "volonté efl caufe de ce défaut d'application, O* ■ par confequent de l'erreur. Nos fenfations nous oc- cupent davantage que les idées pures de l'e/prit. Ce qui efi la four ce de la corruption des mœurs. Et de Vi- gnorance du commun des hommes, 311 SECONDE PARTIE.
De Pentendement pur. De la nature des idées.
\^^ fient "véritablement, O' qu elles font nécejfairespour appercevoir tous les objets matériels, Diyifwn de toutes les manières par lefquelles çnpeut "voir les objets de dehors, 3x1 'Chap. II. Çue les objets matei iels nerrvoyent point d'ef- fpeces qui leur rejjemblent. 315 £iiAPt iÛ, ^e l'amena point la puifance de produi- T A B LE re Us iàies. Caufes de V erreur ôùJ'on tombe fur cefu^ Cha'p rV. Que nouf ne voyons pint les objets par des idées créées a-vecnous. ^e Dieu ne les produit pomt en nous- à. chaque moment jKt nous en avons betuAV V. Que Vefprît nevoit m l effenctm l extj^ence des objets en conftderant les propres perfeaionf. Qu tl n'y aqueVieuquilesvoyeencette manière. 337 Chap.VI. Çue nous voyons toutes chofesenDteu. 340 Chap VII Quatre différentes manières de voir les cho- fes. 'comment on comoit Dieu. Comment onconnott les corps Comment on connoît [on ame. Comment on <onnoit l'es âmes des autres hommçs, CT les purs ej- Chap^VïII. Laprefence intime de Vidée vague de Vètre en?énéral ek la cauje de toutes les abjlraâions de- ' refUesdeVefprit, O- delà plupart des chimères de U Philo fophie ordinaire, qui empêchent beaucouf> de Philofophes de reconnaître la foUdité des vrais prin- ' cipesdePhyfique. Exemple touchant l'ej[ence delà matière.
Chap IX. Dernière cmfe générale de nos erreurs Que les idées des chojes ne font pas toujours prejentes- tî'efprit dés qu'on lefouhaitte. Que tout efprit fini eJH fuietk l'erreur. Et pourquoi. Quon nedoitpaspcgev qu'Un y a que des corps ou des efprits, ntqueDiei (oit efprit comme nous concevons lef ejprits. 3 ^î j Chap ^.Exemple de quelques erreurs de Vhyhquedan. Ufquelles on tombe parce qu' on fuppofe que -des choie.' qui différent dans leur nature, leurs qualité^, leu' éteridu'è, leur durée Cr leur proportion fontjembla blés entoutes ces chofes. 1.r^"^} Chap. XI. Exemples de quelques erreurs de Moral qui dépendent du mefme principe, 3^ eonclujion des trois premiers Livres, 3' LU DES CHAPITRES, iJLIVRE QUATRIE'ME.
Des inclinations Ou des mouvemcns naturels de l'elprit.
Chap.I. y Es e/pr lis doivent avoir des inclinations^ JL/ comme les corps ont des mouvemens^ Dieu ne donne aux ejprits du mouvement que pour lui. Les efprits ne fe partent aux biens particuliers que par le mouvement qu ils ont pour le bien en gêner al, Or/- ^gine des principales inclinations naturelles qui ferênt iAdivifion de ce quatrième Livre. 3 9.4.
Chap.II. L'inclinatîm pour le bien en gênerai efl le principe de l'inquiétude de nôtre volonté. Et par con- féquent de nôtre peu d'application CT de nôtre igno- rance. Premier exemple ^ la morale peu connue di^ commun des hêmmes. Second exemple, l'immorta- lité deVame conteftée par quelques perfonnes. Que nôtre ignorance ejî extrême à V égard des chofes ab- ^ flraites, ou qui n'ont guéres de rapport à nous, 400 Chap. III. Lacuriofité efl naturelle CT néce [faire. Trois règles pour la modérer. Explication de la "première de ^cesreglcs. ^j^ jukvAV, Continuationdumèniefujet. Explication de la féconde règle de la curiofité. Explication de la troi- fiéme. r ^2.1 H Ap. V. De là féconde inclination naturelle ou de l'a- mour propre, Ilfe divife en V amour deï'être Cr du ^ bien être, ou de la grandeur O" du plaifir. 41 tf ^HAP. VI. De l'inclination que nous avons pour tout ce qui nous élevé au deffus des autres. Des faux juTemens " de quelque perfonnes de pieté. Des faux jugemens des fuperjîitieux O' des hypocrites^^^e Vbëi ennemi de 3hap. VII. Du defir de /.\ fcience Cr des jugemens des faux fçavans, 47- Ghap.
M TABLÉ DÈS' CHAPITRES.
Chap.VIII. Vudefirdeparoitrefçayant. Des couver^ /ationsdesfauxfi^ayans. De leurs Ouvrages. 444 Chap. IX» Comment l'inclination qtte ion a pour les di^nite;^ O" les richejfes porte à l'erreur, 45 z Ghap. X. DeV amour du plaifir par rapport à la Mora- le. Il faut fuir le plaifir <jtioiqu il rende heureux. Il ne doit point nousporter à lamour des hiensfenjihies, 455 Chap. XI. De r amour du plaifir par rapport aux kien- cesjpeculatives. Comment il nous empêche àeaécou- vrir la vérité. Quelques exemples. ^c 5 Chap. XII. Dej e^ets que la penfée des biens 0" des maux futur s efi capable de produire dans iejprit, 47 >/ Ghap. XIII. Delatroifîéme inclination naturelle^ qui efl l' amitié que nous avons pour les autres hommes» El' le porte à approuver les penfées de nos amis O" aies irorrfperpar de faujfes louanges, 484