SigPhi · Nicolas Malebranche

Entretiens sur la métaphysique, sur la religion et sur la mort

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Théodore, ^e lOKmlez^vous dire^ Arifte? Tout cela eft vrai. Expli-^i quez plus diftindement vôtre penfée. A B. I s T E. ]e croi ^Théodore, que Dieu a uni mon efprit à mon corps,.& que par eçtte union mon efprit & mon corps agifTètM: mutuellement l'un fur l'autre, en confèquence des loix natu- relles que Dieu fait toujours fort éxa^ i4i StririE^Mr €temtfnt. Vdiiàtbuc çe:qoe!i'ai à irons dire.

• -T H B o D o n 1. Vous ne vous expli. qoez pas, Ariftc. C*cft unealTcz bonne marque que yoUs riè v<mis entendez pas. Union, loi^ générales; quelle efpece de réalité' eiîttsndez-vous par ces ter- T H E 6 1 1 ME. Apparemment Arifte croit que ce$ termes font clairs &: fanis équivoque, parce que l'ufage les a ren^ âuj'forttommins. Car quand^on dît foUverit unerchôfe obfcure ou huSb^^ fâhs l'a Vôir^ In'êtiieS examinée, on a peiné à cr6îré qu'elle ne (bit ^as véri» table. Ge mot nmon, eft un des plus équivoques qu'il y ait. Mais il eft fi comnran- & li agréable, qu'il paflè car tout ' (ans ' qbé ^rfo'nne l'a rre te, (ans que perfonne examine'sMl réveille dans l'éfprit quelqiitfldSe dîftinaé. Cat tout ce qui eft fàmiltér n'excite Jkrint cette attention, fans laquelle il eftimpodible de rien comprendre: & tout ce qui tou« che agréa bleménij f^àginatiOn plsltoit fort clair à l'efoilt, qui 'nef fe défie de rien lorfqu'oniëp'aïe Montent.

Jore i Eft^ce que Ton peut douter qa* Tame & le corps ne (oient unis de la naaniete du inonde la plus étroite } Je croirois volontiers que vous vous entei^ dez tous deux pour me renverfèr VeC- prit, & vous divertir à mes dépens, fi je n etois perfuadéque vous êtes de trop honnêtes gens pour avoir un deflèin a peu charitable.

T H E o T I M E. Vous êtes, Arifte, un peu trop prévenu. Théodore foûtient le {)arti de La vérité j & s'il outre un peu es chofes, c'eft afin de noçs redrenèr« Il voit que le poids de nos préjugez nous entraine ^ & la violence qu'il nous fait n'eft que pour nous retenir. Ecoutons- le, je vous prie. ^.

^ IV. Théodore, ypuç le voulez, Àrifte, que vôtre ame (bit unie à va-. tre corps plus étroitement qu'à toute autre chofe. Hé bien j'y confens pour quelque tems: mais c'eft à la charge que vous m'accorderez audî pour un jour ou deux, de ne point rendre raifon de certains cflFets par un principe que ni vous ni moi ne connoillbns point. Cela n'eft-il pas bien rai(bnnable } Xij 044 Septie'me Théodore. Le voici. Il y a entre vôtre efpric Qc vôtre corps Tunioii da inonde la plas étroite. Eh le moïen d'en douter! Mais vous ne fçauriez dire ce que c'eft précifément que cette union. Ne la prenons donc point pour principe de l'expUcation des eâêts dont nous rechercnons la caufe.

A R I s T B. Mais fi ces efïêts en dé« pendent néceflairement?

Théodore. S'ils en dépendent^ nous ferons bien obligez d'y revenir. Mais ne le ruppofons pas. Si je vous demandois, Arifte, d'où vient qu'en tirant feulement le bras de cette cnaife, tout le refte fuit: croiriez-vous m'avoir fuffifaminent expliqué cet eflfet, en me répondant que cela vient de ce que le bras de ce Êiuteiiil eft uni avec les autres Çarties qui le coropofent } Aflfurément *heotime ne (èroit pas content d'une telle répon(e. Il eft permis aux en&ns d'en rendre de pareilles ^ mais non aux Philofophes, fi ce n'eft lorfqu'ils ne prétendent pas philofbpher. Pour con* tenter l'efprit de Theotime fur cette R^^b^cb^ queftion, il Ëtudroit remonter jufqu'à iuuyt'\z caufe phyfique de cette union des ^^4^V parties qui compofcnt les corps dors ^ Entretien. 14^ Entretien. 14^ .8c lui démontrer que la dureté des corps ne peut venir que de la compreflion d'à. ne matière inviHble qui les environne. Ce mot unkn n'explique donc rien. Il a be(bin lui-même d'explication. Ainfî, Acifte » à vous permis de prendre pour des raifons, des mots vagues & gené^ raux. Mais ne prétendez pas nous païer de cette monnoïe* Cat quoique bien des gens la reçoivent & s'en contentent, nous fommes un peu difficiles ^ dans Tappréhenfion que nous avons qu'on ne nous trompe.

AnisTi, Comment voulez-vous que je fafle i Je vous paie d'une mon. Aoïe que j'ai reçu bonnement. Je n'en ai point de meilleure. Et puirqu*eUe a c,otu:s dans le monde, tous pourriez TOUS en contenter. Mais voïons un peu comment vous païez vous - même les gens. Prouvez-moi par de bonnes raî- tons, que le corps 8c l'efprit aeiflènt * mutuellement Tun fur l'autre, uns a-* Toir recours à leur union.

Thbodore. Ne (uppofez point, Arifte, qu'ils agiflènt mutuellemenc, l*un fur Tautre, mais feulement que leurs modalitez font réciproques. Ne fuppo(êz précifément que ce que TeXi- 24^ Séptte^m e perience vous apprend, & lâchez ic vous rendre attentif à ce que je vas vous dire. Penfez-vous qu'un corps puiflè agir fur un autre, ôc le rennuer?

V. Theodoub, Theotime & moi, contradiâion, je dis contradiâion, que les corps puifleni agir fur les corps. Je vous prouve ce paradoxe qui paroitfi contraire à l'expérience, fi oppofé à la .tradition des Philofophes, fi incroïable aux fçavans & aux ignorans. Répondez*.

moi: un corps peut-il de lui-même fe remuer? Confultez, je vous prie, Tidée que vous avez du corps: car fouve« nez -vous toujours qu'il faut juger des Sntret. chofes pat les idées qui les repréfentent, * '^' ^ * 6c nullement par les fen timens que nous ch avons.

A R I s T E. Non, je ne voi pas que les corps puiffent fe mouvoir par eux. mêmes. Mais je ne voi pas bien non plus qu'ils ne le puiflèrit pas. J'en doute.'

T H'i o D o R E. Vôifs faites bifcn de doiitet, & de demeurer tout court; qtiand vous ne voïez pas clair. Mais tachez de voir clair ^ Se de difliper vôtre doute. Courage ^ avançons.

^. Théodore. Confukez> ayeC;atten* tipn les idée$ claires y idon. cher Arifte. Çc font el^s.<{ui répandent dans l(s efprits accentiâ la lumiete qui vou^ manque. Contemplez l'archétype des corps > retendue intellijgible. G^ft^Uf quilcsrepréfentç ^ puilquec'eftjTur^^Ul^ qu'ils,Qnt tous ctc:fqrixie:p. Cett^. lA^f çft.toute lutpineuTe 3 confuUez-U deniq., Np Vôïez*vouâ pas clairement que le^ corps peuvenCwêtre r.emue;^, axais qu'ils ne: peuvent d'euz-cnêfnçs fe r^ppuer? Y<mi beGtieâi. Hè.bieoXuppbipiii^oûp qoe cette^aÂfe^pditTe d'el]e.i»i^ixte;fe femufcr: de qael cpte:ira^t'elle, Xflioa quel degré devUeiTo ^ quand:s!à[vir€^a^ t'isUe de £e remuer vDonhez*-1ui donc encore dé Tintelligence, & une volonté capable de. Te déterminer. Faites en un tpiit uh homme dç vôtre faptetiil. Au- i^ecûeÂc ce poaycMc de fe f emuefr lui fera siflèz inutile.

. A n I s TE. Un homme de mon fau« teliil! quelleétrangepenréel *.' Theotimb, Que trop commune & ttpp v^citable». comme 1 entcuid Tbeo* X iiij 148 Settie'me dore. Car tous ceax qui |ngrac des cho« fes pareax-mêmes, ou par les.fenci«. mens qu'ils en ont, & non point par les Mets qui les repréérncenc, font de cous les objets quelque chofè qui leur ref* fènible à eux-mêmes. Ils fimt agir Dieu comme un homme. Ils attribuent aux b£ces ce qu'ils Tentent en eux. Ils don- nent au feu & aux autres élemens des inclinations, dont ils n'ont point d'au, tre idée que le fentiment qu ils en ont. Ainfiils humanifent toutes choies. Mais tie vous arrêtez point à cela. Suivex Théodore, & répondez lui.

A R I s T E. Je croi bien que cette chaiiè ne (è peut remuer d'elle-même. Mais que fçai-je s'il n'y a point quel, que autre corps à qui Dieu ait donné la puiflance de fe remuer } Souvenez, vous, Théodore, que vous avez à proit- ▼er qu'ily a contradiflion que les corps agiflent les uns fur les autres.

VI, "t* H B o D o R B. Hé bien, Arifte, je vous le prouve. Il y a contradidion qu'un corps ne Toit ni en repos ni en- snouvement. Car Dieu même, quoi* que tout-pui liant ne peut créer qaeU que corps oui ne foit nulle part, ou qui n'ait avec les autres certains rapporta- EntHetien, 74^ ie diftânce. Tout corps eft en repos » quand il a le même rapport de diftance ayec les antres: & il eft en mouvenient, Soand ce rapport change fans ceflè. Or eft évident qae tout corps change oa M change pas de rapport de difunce. U n'y a point de milieu. Car ces deux {>ropofitions: change ou ne change pas, ont contradiâoires« Donc il y a con<« qradiâioa qu'un corps ne (bit ni en re» pps ^ ni en mouvement. ./A RI s T E. Cela n'avoit pas befoin de preuve.

Th E o D G R B. Or c*eft la volonté de Dieu qui donne l'éxiftence aux corps A; à toutes les créatures » dont certainç- ment l'éxiftjcnce n'eft point néceflàke. Cette même volonté qui les a aéex fiibfiftant toûjaurs^ ils (ont toujours: & cette volonté venant à ceftèr, ( je vous parle de Dieu félon notre manière 4e concevoir, } c'eft une néceflité que les corps ce(Iènt d'être. Ceft donc cette. même volonté qui met les corps en rcr pos on en mouvement, puifque c'eft elle qui leur donne l'être, 8c qu'ils ne peuvent éxifter qu'ils ne foient en re« pos ou en mouvement. Car prenez-y garde ^ Dieu ne peut £ûre l'impoifible j^ ^jo Septie'me ^jo Septie'me ou ce qai renferme une contradiéliofi manifefte. Il ne peut vouloir ce qui ne fe peut concevoir. Il ne peut donc vou-^ loir que cette chaife foit, qu'il ne veUiU le en même tems qu'elle foit là ou là » & que fa volonté ne l'y mette j puifque» Vous ne fçauriez concevoir que tfette- chaife foit, qu'elle ne fbit quelque part,- là ou ailleurs.

A R I s T E. Il me femble pourtant' que je puis penfér à un corps, fahs le* concevoir ni en repos, ni èft mouve- ment.

■Théodore. Ce n'eft pas là ce que je vous dis. Vous pouvez penfer à im torps en général, & (kiré comnie it> vôm plaît dès abftraâions. J'en don»: viens. G'eft cela qui vous trompe fou-^ vent. Mais encore oh d>up jeVous dis^ qdèvous ne fçatitiez' concevoir- qu*ufi tel corps éxifte, qu'il ne Coit en même tems quelque part, & que le rapport qu'il a avec les autres change oa île change pai, & par confequéht qu'il ne ïbit en repos ou en mouvement. Donc il y a cohtradiéUpn que Dieu fafle un corps, qu'il ne le fafle en repos ou en mouvenoent.

Ariste. Hé bien, Théodore, Je vou$i Entretien. 251 r Tavoue. Quand Dieu crée un corps, il faut d'abord qu'il le mette en repos, ou en nioovement. Mais l'inftant de la création paififé, ce n*eft plus cela: les corps s'arrangent au hazacd, ouièlon la loi du4>lus fort.

VIL Theodorb, Vinflant delà création paffe! Mais (î cet inftant ne pa(Iè point, vous "Ailà pouffé à bout; il faudra vous rendre. Prenez donc gar-> de« Dieu veut qu'il y ait un tel monde. Sa volonté eft toute^puiSante: voilà- donc ce monde fait. Que Dieu ne veuil- le plus qu'il y ait de monde: le voilà donc anéanti. Car aflfurément le monde dépend des volontez du Créateur.. SLle monda fublifte, c'eft donc. que Died > continue de vouloir que le monde fbic# La confervation descréatures n'eft donc de là part de Dieu que. leitr création continuée. }e dis de la part de Dieu qui agit. Car de la part des créatures » il y pàroit de la diBerence, puifqu'elles pa{^ fdfit du néant à l'être parla création^ ' et que par la conïèrvation elles conti- nuent d^être. Mais dans le fonds la: création ne paflë point, puifqu'en Diett ' la confervation & la création ne (ont. qu'une même volonté^ 6c qui par con«».

IJt SlPTIE^ME fecjaetic eft néceflaircmenc faivie des mêmes eflfècs.

A m I s T E. Je comprens vos rai(bns, Théodore, mais je n en fuis pas con- ▼ainca. Car cette propofition: ilne Dieu ne vemlU plus ^a^Hy ait de momie, le voUk énUanti^ me paroit fauflè. Ilmefemble qu'il ne (uffit pas pour anéantir le mon* de, que Dieu ne vetHle plus qu'il foit: il faut qu*il veuille pofitivemeot qu'il ne foit plus. Il ne faut point de volonté pour ne rien faire. Aind maintenant que le monde eft fait^ que Dieu le laiûèlà» il fera toujours, VIII. Thbodorb* Vous n^ jpet^ez pas, Arifte. Vous rendez les créatures indépendantes. Vous jugez de Dieu 6c de fes ouvrages par les ouvra- ges des hommes, qui fuppofent la na« cure, & ne la font pas. Vôtre maifon ibbfîfte, quoique vôtre Architeâe foie mort. C'eft que les fendemens en font folides, & qu'elle n'a nulle liaifon avec la vie de celui qui Ta bâtie. Elle n'en dépend nullement* Mais le fonds de nôtre être dépend eiTentiellement du Créateur. Et quoique l'arrangement dt <pielques pierres dépende en un fens de U volonté des hommes, en confèquencc Entretien. «55 Entretien. «55 ât raâion des caufes naturelles^ leuc ouvrage n'en dépend point. Mais lITow vers étant tiré du néant, il dépend fi fort de la Cau(è univerielle, qu'il y reton)beroit néceflàirement, fi Dieu ceflbit de le conferver. Cax Dieu ne veut, & mêmes il ne peut faire une créature indépendante de fes volontez.

A R i-s T £• J'avoue, Théodore, qu'il y a entre fts créatures & le Créateur un rapport, une liailbn, une dépendance cflentielle. Mais ne pourroit-on poinc dire, aue pour conferver aux êtres crées leur dépendance, il fuffit que Dieu puifiè les anéantir quand il lui plaira?

THiopo^B. Non i^ni doute,tnon cher Arifte. Quelle plus grande marque d'indépendance, que de fiibfifter par foi-même & fans appui? A parler éjui- Aement, vôtre maifon ne dépend point de vous. Pourquoi cela } C'eft qu'elle fiibfifte (ans vous. Vous pouvez y met- tre le feu quand il vous plaira: mais vous ne la foâtene;^ pas. Voilà pour* quoi il n'y a point entre elle & vous de dépendance efièntiellef Ainfi, que Dieu puifie détruire les créatures quand il lui {flaira, fi elles peuvent fubfifter fans 'infliieûce continuelle du Créateur ^ • elles n'en font point elTenciellemenc dé< pendantes.

Pour vous convaincre entièrement de ce que je vous dis, concevez pour un moment que Dieu ne foit point, L'IT- Hivers ^ félon vous, ne laiikra pas de * fubfifter. Car une caufe qui n'influe point n'eft pas plus néce(Iàire à lapro- duâion d*un effet, qu'une caufe qui n'eft point. Cela eft évident. Or félon cette fuppofition, vous ne pouvez pas concevoir que le monde foit eflèntieL ' lement dépendant du Créateur, pnif- que le Créateur eft conçu comme n'é- tant plus. Cette fuppofition eft impof- fible, il eft vrai. Mais Tefprit peut join« dre ou feparer les chofes comme il lui plaît, pour en découvrir les rapports. Donc u les corps font eflèntiellement ' dépendans du Créateur, ils ont befoin pour fubfifter d'être foutenus par fon influence continuelle, par l'efhcace de la même volonté qui les a créez. Si Dieu cefle feulement de vouloir qu'ils foient, il s'enfuivra néceflàirement & précifément de cela fèul quéils ne fè* ront plus. Car s'ils continuoient d'être, quoique Dieu ne continuât plus de vou- ^ loir qu'ils fufTcnt^ il» feroient indépen- • EUTllEriEN. -if 5 celiement indépendahs y que Dieu ne p(mrroit.plas les détruire: Ceft ce que te vas vous prouver, » 'i 1;X. Un Dieu ihfinfmifhcfage hepecÀ tien vouloir qui nfe foic^^igoe^ poiÀ sinCt dire, d'être voulue ilnei^ peut rieh aitûerquine foit ftiniai)le. Ôrlènêiànfc n'a rien d'aimable. Donc il ne peut être le terme des volontez divines* Afliiré* ment le néant n'a point allez de r^àli« té, lui qui n'en a point du lonty foVit avoir quelque rapport aveel^aâipht^un Dibu; avec une aâion d'un prik infihi.

Donc Dieu ne peut -vouloir pofieîvc-i ment l'anéantiflement de l'Univers. Il n'y a que les créatures, qui faute de pui(rance,ou par erreur, puidènt pren^» dre le néant pour le terme de leurs vo^ lontéz. C'eit que tel objet peut faire obftacle à l'accompliflèment de leurs defirs, ou qu'ils fe l'imaginent ainfi.

Mais quand vous y aurez penfé, vous le verrez bien: rien n'eftplus évident, qu'un Dieu infiniment lage & tout* puiflànt ne peut, fans fe démentir^ dé^i* f4oïer (à puiflànce pour ne rien fkire r que di$.)e, pour ne rien faire! pour dé.

truite fon propre ouvrage, non pour y %^6 Septib'me corriger des defordres qu'il n'y a pét mis, mais pour anéantir les nauires qu'il a faites. Ainfi, Arifte, (bppofS 2ue pour anéantir le monde, il. ne fiid (è pas que Dieu ceflè de vouloir qu'il ibit; fuppofé qu'il faille encore que Dieu ve&ille politivement qull ne (oie {>lus, je tiens le monde néccdaire & indépendant, puifque Dieu ne peut le détruire fans renoncer à (es attributs, Ôc qu'il y a contradiâion qu'il y puifle craoncer* Ne diminuez donc point la dépen« dance des créatures, de peur de tomber dans cette impieté de la ruiner entie. f ement. Dieu peut les anéantir quand il lui plaira, comme vous dites. Mais c*eft qu'il peut ceflèr de vouloir ce qui lui a été libre de vouloir. Comme il fe fuffit pleinement à lui.*mcme, il n*ai» me invinciblement que fa propre fnb* ftance. La volonté de créer le monde, quoiqu'éternelle & immuable, au(E* bien que les opérations immanentes ^ ne renferme rien de néceflàire. Com-» me Dieu a pu former le décret de créer le monde dans le tems, il a pâ, & il peut toujours céder de vouloir que le mon* de (bit; non que Taâedç fon décret puiflc Entretien, 257 poiflb être ou n'ccre pas, mais parce que cet aâe itnmuable & éternel eft parrau tf mène libre, & qu*il n'enferme la du« rée étemelle des ecres créez, que par fnppofiuon. Dieu de toute éternité a voulu, il continuera éternellement de vouloir, ou pour parler plus jufte. Dieu veut fans ceflè, mais fans variété y fans fucceflion ^ fans néceflité, tout ce qu'il fera dans la fuite des tems. Vd&e de fon décret éternel, quoique fimple & immuable, n'eft nécetlàire,' que parce qu'il eft. Il ne peut n'être pas, que par* ce qu'il eft. Mais il n'eft, que parce que Dieu le veut bien. Car de mêmes qu un homme, dans le tems même qu'il re- mue le bras, eft libre pour ne le point remuer, quoique dans la fuppontion qu'il fe remue, il y ait contradiâion qu'il ne fe remue pas. Ainfi, comme JDieu veut toujours,& fans fucceflion, ce qu'il veut) quoique fes décrets foient tmmuables,ils ne laiflènt pas d'être par- faitement libres, parce qu'ils ne fout nécefl^res que par la force de la fuppo- £tion, orenez-y garde, que parce que Dieu eft immuame dans fes deftèins. Mais je crains de m'écarter: revenons à notre fujet. Etes-voos bien convaincu Toml. Y îjS Séptie'me îjS Séptie'me maincenant^que les créatures ^once(Ièl^'^ tiellemeni dépendances du Créateur^ (i • fort dépendantes, qu'elles ne peuvent fubfîfter fans fon influence, qu'elles ne peuvent continuer d être, que Dieu ne continue de vouloir qu'elles foient?

A R I s T E. J'ai (kit tout ce que j'ai pâ, pour combattre vos rai(bns. Mais je me rends. Je n'ai rien à vous répliquer. La dépendance des créatures eft tout autre que je ne penfois.

X. Théodore. Reprenons donc ce que nous venons \le dire, Se tirons- en des confèquences. Mais prenez gar« de que je n'en tire qui ne foient pas clai* rement renfermées dans le principe.

La création ne paflè point, la con- fervation des créatures n'étant de la part de Dieu qu'une création conti-^ nuétf, qu'une même volonl/é'^uî fubfi- fte, Se qui opère fans ccffe. Or Dieu ne peut concevoir, ni par confequent vou- loir qu'un corps ne foit nulle part^ ou qu'il n'ait avec les antres certains rapports de diftance. Dieu ne peut donc vouloir que ce ^uteuil éxifte; & par cette Volonté le créer ou lé cohferver ^ qu'il ne le place là ou là,'bu ailleur^.v Donc il y a convâdiâion qu'un corps Ewa'RET*! EN. 159: Ewa'RET*! EN. 159: Ot pinfiè remuer un autre^ Jcitisoicis: il y a contrjL(liâion*que vous puifliez r&.: muer vôtre fàuceiiil. Ce n*eft pas aflèz, il y a concradiâion que tous les Anges & les Démons joints enfemble puiflènc ébraoiec un! feftu. La déoumftrationen- eft'daire. Ca&iufUe piiiflance, <|aelqua i grande.qaTon ■ l^imagine, ne peut fur^ monter, ni même égaler celle xIo.Dica/ Or il y a contradiâion que Dieu veiiiL le que ce £auteUil foit, qu'il ne veuil- le jqu'il foit quelque part;, & que par reSuEace de ik volonté ^ii: ne l'y oiette^V il'» 1^ con&rve, il' ne^YcséerDonc; mille puiflancé ne peut leitffaniporcer:i où Dieu ne letratirporce pas y tii le fixer: ou l'arrêter où Dieu ne l'arrête pas, fii ce n'eft que Dieu accommode l'cf&cace de fon >a£Hon à Taâion ine£Scace de (es créatures.- Ceft ce* 'qu4r. fatup voiis tx^ < ptiquer^ pour accorder la raifon avec{ rêxpetience iJSc pm^ vous dpnnev l'in« celligence du plus grand, du plus fé- ' cond, ôc du plus neceiïaire de tous lei^ principes, qui eft: Que Dieu ne. com- munique fa pui (lance s|ut créatures, 8c ne les un)t entr'èllès,- iq«e^ parce^^u^l établit' kruits modalitea*, Vraufes^occa- fiônnelles dei^^fitrs qu'il ^oduit lui*' î^o Septie'me î^o Septie'me même; CAufes occafionnelles ^ dis.je,^ qui déterminent l'efEcace de Ces volon- tez, en con(êqaence des loix générales qu'il s'eft prefcrit, pour faire porter à fa conduite le caraétere de (es auributs^ Se répandre dans fbn ouvrage l'uniformi- té d'aftion nécefljûre, pour en lier en*- iêmble toutes les parties qui le compo- (ent, & pour le tirer de la confofion 8c de l'irrégularité d'une efpece de cahos^ où les e(prits ne pourroient jamais rien comprendre. Je tous dis ceci,mon cher Arifte, pour vous donner de i'ardetu: 0e réveiller vôtre attention. Car comme ce que je viens de vous dire du mouve- ment & du repos de la matière pour- toit bien vous paroître peu de chofè, vous croiriez peut-être que des princi* pes fi petits & fi fimples ne pourroient pas vous conduire à ces grandes & im- portantes vérités que vous avez déjà entrevues, & fur lefquellea eft appuïé prefque tout ce que je vous ai dit juf* ^ues ici.

A IL I s T E, Ne craignez point,Theo- dore^qoe je vous perde de vue. Je vous fuis y ce me (êmble^ d'aflez prés; ôc vous me charmez de manière, qu'il me fi^m- Ue qu*on me cranfpoice«Cottrage donc / E NTHETIEN. l6t Te (çâatai bien vous arrêter (1 vous paC &Z trop légèrement pardeflus quelques endroits trop difficiles & trop péril- leux pour moi.

XL Theod oke. Suppofons donc, Arifte, que Dieu veiiille qu'il y «tt fur ce plancher un tel corps, une boule par exemple. Au(Ii-tôt la voilà faite» Rien n'eft plus mobile qu'une iphere fur un plan: mais toutes les Ettiffimces imaginables ne pourront Té- ranler ^ fi Dieu ne s'en mefle. Car en- core un coup y tant que Dieu voudca créer^ ou confer ver cette boule au point A ^ cm à tel autre qu'il vous plaira; & c'eft une néceilité qu'il la mette quel- 2 lie part: nulle force ne pourra l'en lire for tir.. Ne l'oubliez pas, c'eft là le principe.

A n I s T E. Je le tiens ce principe. Il n'y a que le Créateur qui puifTe être le moteur $ que celui qui donne l'être luix corps, qui pni({è les placer dans les endroits qu'ils occupent* Théodore. Fort bien. La force mouvante d'un corps n'eft donc qu8 l'efficace de la volonté de Dieu, qui le conferve fucceffivement en difierens iieui« Cela fuppoIiéyConccvona qiiecec« i5i Septie'me te boule foie mue, 8c que dans la lignée de fon mouvement elle en rencontre une autre en repos: l'expérience nous apprend que cette autre fera remuée immanquablement, 8c félon certaines proportions toujours éxaâement ob- fervées. Or ce n'eft point la première qui meut la féconde. Cela eft clair par le principe. Car un corps n'en peut mouvoir un autre fans lui communi- quer de fa force mouvante. Or la force mouvante d'un corps ma n'eft que la: volonté du Créateur qui le conferve fucceflivemenc en diâFerens lieux. Ce* n'eft point une qualité qui appartienne à ce corps. Rien ne lui appartient que fes modalitez; & les modal itez font inféparables des fubftances. Dondes corps ne peuvent fe mouvoir les uns les* autres, & leur rencontre^ ou leur cboc^ eft feulement une caufe- occaHonnelle' de la diftribution de leur mouvement. ' Car étant impénétrables, c'eft une ef. pcce de néceflîté que Dieu, que je fup- pc^e agir toâjours avec la même effica- ce y ou«la même quantité de force mon- ' vante y répande pour ainûdire dans le. corps choqué'la force mouvante de ce- lai qui le^hoque^^ cela à proportion^ Entretien. 2^5 et la gratideur du choc: niais iêlon cec-> te loijjorfqu'ils fe choquent tous deux^ qUe le plus fort, ou celui qui eft tranf- porté avec une plus grande force mou* vante doit vaincre le plus fbible & le faire rejaillir fans rien recevoir de lui» Je dis fans rien recevoir du plus foible. Car un corps parfaiten^nt dur, tel que je le fuppofe^ne peut pas recevoir en même tems deux imprefEons ou deux mou vemens contraires dans les parties dont il eft compofé. Cela^ne peut arri- ver que dans les corps ou mous ou qui. *P^cjft^ font reflort^Mais il eft inutile * d'entrer ([/^ ^^^^^ préfentement dans le détail des loix du m»wc<>- mouvement. Il fuffit que vous fçachiex 'Z'uvf'^ que les corps ne peuvent fe mou voit mens^u eux-mêmes, ni ceux qu'ils rencontrent^ voLde u ce que la Raifon vient de nous décou^ ^^ch. d» vrir 5 & qu'il y a certaines loix fclon J^^^'vl tefqqelles Dieu les meut immanqua, àt^on de blcment, ce que nous apprenons de *^°®* l'expérience.

XII. Theotime. Ilya long- tiems que |e fuis convaincu 4e ces vc«^ 1^4 Septie^me ritez. Mais puifque vous voulez que ]& combatte les (èntimens de Théodore, je vous prie de me refoudre une petite difficulté. La voici. Je conçois bien qu'un corps ne peut de lui-même fe mouvoir* Mais fuppofô qu'il foit mû^ je prétens qu'il en peut mouvoir un au- tre comme caufe véritable,tomme cacu fe entre laquelle & (on eSèi il y a une liaifon néceflaire. Car fuppofons que Dieu n'ait point encore éubli de lois des communications de mouvcmens^ certainement il n'y aura point encore de caufes occafionnelles. Cela éunt, que le corps A (bit mû, & qu'en fuivant lâ ligne de (on mouvement il enfile le corps B,que je fuppofe concave,& com- me le moule du corps A: qu'arrivera^ t'illChoififlez.

A R I s T E. Ce qui anivera i Rien. Car oii il n'y a point de caufe, il ne peut y avoir d'effet.

T H E o T I M B. Comment, rien? Il faut bien qu'il arrive quelque chofe de nouveau. Car le corps B fera mû enfui- te du choc, ou il ne le fera pas.

Theotime. Jttfques ici cela va Mais 9 Arifte, que deviendra le corps Entretien. 1(5 j OMrpsAà U' rencontre de B?Oai)ré« )aiUir«, ou il ne rejaillira pas. S'il re.* îailltc, voilà un eStt nouveau, donc B (èrala caufe. S'il ne rejaillit pas, ce fera bien pis: car ^làune force détruire» ou du moins fans aâion. Donc le cboe^ des corps n'eft point une caufe oclca« fionttelle:, mais tre8«réelte&crcs-véri^' table ) puifqn'il y a une liaifôn nécet &ire entre le choc & tel efièt que^ vous ▼oudrez« Ainfi •,> .* A k I s T E« Attendez un peu, Theo^ lime. Que me prouvez-vous là? Que* les corps étant impénétrables, c'eft un^^ néceilité que dans l'inftant du choe Dieu fe détermine à faire choix fur ce que vous venez de me propofer. Voilà tout: je n*y prenois pas garde. Vous ne* prouvez nullement qu'un corps mû' puiflè, par quelque chofe qui lui appar* tienne, mouvoir celui qu'il rencontre. Si Dieu n'a point encore établi de loix des communications des niouvemens^ la nature des corps, leur impénétrabi- lité l'obligera à en faire de telles qu'il jugera à propos ^ &il (ê déterminera à celles qui font les plus (impies, fi elles Tuffifent à l'exécution des ouvrages qu'il veut former de la matière. Mais il Tom I. 2 t66 SjSTTie'ME t66 SjSTTie'ME eft clair que rimpénécrabilicé n'a poiot d'efficace propre ^ & qu'elle ne fait que doBuer à Oi'^u » qai traite les chofes kf Ion leur nature, une occafion de diver» fifier.fon aâion^fans rien changer daui Q^ conduite.

. Je veux bien né^iBinoins qu*un corps mû foit la caufe vécitable du mouve« ment de Ceux qu'il rencontre \ car il ne £iut. point di(puter fur un mot. Mais qu'cft ce qu'un corps mû \ Ceft ua cor^ps tranlpocté par une aâion divine. Cette aâion qui'le tranfporte peut au& fi iranfporter celui qu'il rencontre, (i eU le y cft appliquée. Qui en douce? Mais cette aftion^cecteforce mouvante n'api» partient nullement au corps. Ceft l'eu ficace de la volonté de celui qui les crée, ou qui les conlerve fucceflivement et| diâF^rens li;::ax. La matière eft mobile eflènti^lTement. Elle.a de (à nature une capacité paflive de mouvement. Mais elle n*a de capacité ataive^ellc n'cft mûc aftasllement que pat l'adion conti^ naelle du Créateur. Ain(i un corps n'en pv'Ut ebr ailler un autre par une efficace qui appartienne à fa nature. Si les corps ^voiçiH en eux La force de fe moavbir^ ^s plus forts renverfecQient ceux qu'ils rnicontrenc comme; d^fes efficientes.: Mais n'étant mus qne par un autre, leur rencontre n'eft qu'une caufe occa« fionnelle, qui oblige, à caufe de ieuc^ impénétrabilité ^ le Moteur ou le Ctéâm. €€ur à partager fona^tton. £c jparcei que Dieb doit [agiti d'une manière ftm<*: {^le •& uniforme y il a dû ie faire desi oix générales, Se les pJus (impies qui- puiflent être y aâu. que dans la néceflitéi • de changement il changent le moms- ^^ qa'il étoicppiliUe^ acque-patunànnê-- me conduite i ii iprodiiisit xwr. infinité, d'efi&ts; diâècenak* Voilà ^.llieocimey eomme jef compteris le^cbofes. i .• T H B o T I M £• Vous- les comprenes -^ ÊDabien.

,XIII. T H fi o D o R E. Parfaitement bien. Nous voilà tous d'accord fur le*, principe. Suivons -le un peu. Donc^^' Arillie, vous ne pouvez: de vous* même- remuer le bras, changer de place, de (ituacion, de pofture, faire aux autres hommes ni bien ni mal, mettre dans r*Univers le moindre changemenc.Vous voilà dans le monde fans aucune pui&r {koce^immd^ile commeÀn roc, ftupi* de, pour ainfir dire, comme une fouthe. Que vôtre ame foii unie à vôtre corps Zij 1^8 Septie'me Zij 1^8 Septie'me fi écroicement qu'il vous plaira^qae pif lui cite tienne à tous ceux qui vous en* vironnent, quel avantage tirerez-vous de cette union imaginaire? Commenc ferez^vcus pour remuer {èulemcnt le bout du doigt\ pour prononcer feule* ment un monofyllabe? Hetas! H Dieu ne vient au fecours, vous ne ferez que de vains efibrts, vous ne formerez que des defirs impuiflans. £ar, un peu de réflexion, içavez-vous bien feulement ce qu'il faut (aire pour prononcer le J nom de votre meilleur ami, pour cotu:« ber ou cedrè0et celui de vos doigts dont vous faites le plus d'ufâge? NUis (ùp- pofons que vous fçacbiez ce que tout le monde ne fçait pas, ce dont quelques S^vans mêmes ne conviennent pas, fçavoir, qu'on ne peut remuer le bras' que par le moïen des efprits animaux, quicoulant par. les nerfs dans les muff des » les racourciflènt, & tirent à eux les os aufquels ils font attachez. Sup^r pofons que vous fçachiez Tanatomie & le jeu de vôtre machine, auilî éxaâe? inent qu!un horiogeur foiT propix ou-- vrage. Mats du moins (buvenez-vous. du principe, qu'il n'y a.que' le Créa4^ iPiS des corps qui piiiilç çn eue le mo^ fcur* Ce principe fufiit pour Met, que dis- je, pour lier! pour anéantir toutes ¥os fiicultee prétendues. Gar enfin les tfjftiis animaux font des corps, qoel<}î» Ctirs qa'ilrnuiflènt êtrei ce n'eft qoe plus fubtil du (ang & des humeurs^ Dieu feul peut donc m remuer ces jpc* cits corps. Lui feu! peut & fçait les tai« re couler du cerveau dans les nerfi, des fierfs data les mufcles^d'un mufcle daqs ^n antagomfte i toutes chofirs nécjeiË^ tes au moiitement de nos membres^ Dmic nofiobftant l'union de rame te ^ dorcàirpK, telle qu'il vous plaira de 1*& snagkiêr, vous voilà mort & £ins mou^ %«m9nt; fi> ce n^'eft que Djen ve&iUè bien accordes (es volontexlavec^les ^di Ct^s;; {es totontex toA}6ars efficaces^ âvec vos ddtr^ toujours impuiflanss Voi- là, mon cher Arifte ^ le dénoiiemeii^ du myftereé Ceft que toutes les créa^ tures ne font unies qu'à Dieu d'une Union immédiate* Elles ne dépendent 'tnëntieilement fie direâément que de jui. Comme elles font toutes égalèu tnent impuiflantes,' elles ne dépendent point mutuellement les unes des autres. T)n peut dire qu'elles font unies en« €f eUes^&q^^elles dépendent mêmes l«s 270 Septie^me