COMMENTAIRE PHILOSOPHIQUE Surces^parplesdc Où l'on prouve par plufieurs raifons démonftratives qu'il n'y a rien de plus-abominable que de faire des converlions par la contrainte, 6c l'on réfute tous les Sophxifmes àc> Converti ffeurs à contrainte, 6c l'Apologie que S. x\ugufl:in a faite des perfccutions Traduit de FA?iglois du Sieur yean Fc:i de Bruggs par M, J, F, LE LIBRAIP».E AU LECTEUR.
CEt Ouvrage devant contenir 3. parties on vous donne ici les deux premières qui contien- nent I.!cs preuves directes de la tolérance & la réfuta- tion du fens literal de ces paroles Contrain-les Centrer. z. La rcponle à quantité d'obje£î:ions. La 3. partie, aui contient la réfutation des raifons particulicres dont S. Auguftin s'cft fcrvi pour juftiiicr les perfécutions, vous fera donnée incelTan- ment. Ce fera un Commentai- re Tbilofophiqtiâ fur z lettres de S. Awiiullin.
DIS- D I SCOURS Préliminaire qui contient plu- fieurs remarques diftinctes de celles du Commen- taire.
N François que fa'ucis 'và af- fez, fouvenî fendant un l'oiage que je fis en France il y a'j.ou)^, a?înées^ s* étant réfugié en AngU~ terre après l'expédition des Dragons, r?7e difoit toutes les fois que nous parlions cnfem" h le que d^ toutes les ca^illations dont les Mijfionnaires {ç^ par ce mot;/ ente?idcii Frétres, Moines > Procureurs du Roi, Ju'- ges, Intendans, Oficiers de Ca'Vakrie <^ d' Infanterie, (^'^ autres perfonms de toute condition O'fexe) Pa'v oient fatigué il ny en avoit point qui lui eut paru plus ^fotô (^ en même tcms pl-^s-liîigieufe ^ per- plexe que celle quils f ondoient fur ces pa» rôles de 3^e///;-C/jmContrain- les d'en- trer pour apurer la perfécutton, ou comme ils dijbient, la chant ah k (^ falutairc vio- * 3 Icnct Vj PREFACE.
knce qiiîls faifoîcnt aux Héretic^iies pour les retirer de leurs égûrewens. Il me té' ?noignoit fouhaiîer pijjionncment Que l'on ' réfutât cette chimère des perfecuteurs, (j^ comme il croioit avoir remarqué en moi fîon feuleme?7t U7te aliénation extrcme des ferfécuticns, mais aujfi (quelque coutume de chercher les bonnes raifons des chofes, /"/ me dit a^uil me croioit propre à cette enîrepr^fi, (^ // me repréfenta quy rêiiffif" fantyComiTje ill'ejpéroit, jepourrois rendre un grand fervice a la bonne caufe, ^ même à tout le monde. Il ajoùtoit ^u'tl /ivoit un TraduHeur tout prêt <jui mettroit fi non en beau François, au moins en ' fiile bien mtelligille ce ^ue je compofirois en ma langue.
Je lui répondis que je ne préfiimots pas ^J]cz, de ma fufiflince pour croire que je fuffe rien produire de ce quil me difiit- Id'^ ^ que j'a'vojs encore moins bonne O' pinion des Co7ivertij]'^urs que je croiois incapables de Je corriger jamais ^ au poi'nt ou et oit 'venue leur biz^arre preocupation y '% éf' quen gaiéral les livres?ie f.iifoie7it qua- PREFACE. vij qu'arnufer le monde ap'és avoir donné hiert de la feine aux Auteurs, d'oà il leur ar» rivoit nouvelle matière de chagrin en voiant ^ue ce dont tls sétoient pomù dt grands éfets ne produifoiî aucun change^ ment. Comme cefi tm homme d'un ej^rit ardent comme il Ca témoigné dans un pe^ tit livre quil a nommé Ce que c'efl que la France toute Catholique fous le régne de Louis le Grand » ;/ me prejjoit à outrance toutes les fofs quil me voioit fans faire aucun conte de mes excufes. Enfin taTît pour me délivrer de fin importumté, que pour voir dequoi je ferms capable fur un fu]eî qui me pa* roif[bît fort-évident d'un côté mais de ï aU' tre atîrainant à des conféquences un peu bien dures Çi on ne les éclairât pas bien, je lui promis de faire un Commentaire Philofophique fur les paroles de Uparabo^ k nuptiale dont les Converti eur^ ceft-à^ dire les perfécuteurs abufent, car deJoT' mais ce fira la même chofe que conver^ tîjfcurs, c^ mal honnête homme, c^per^ Jecuteur, o^ tout ce quon peut dire d'in- * 4 jitresj vrj PREFACE.
jures, awfi je me fer'virai indifferenmeni de ces ter-f'/ies 9 ce qu'il éîoit à propos de maro^uzr des î entrée.
Il ejl arrivé an 'mot. de ConvertiÇfeur la même cbofe cjua celui de l'Iran (^ de Sophifie, Ah commmceTnent le mot de Jtran ne 'votuoit dire autre cbofe que Rai > (3" celui de Sophifie que philo fop! je, 7/7 aïs f/*irce que pJuficurs de ceux qui éxercoient \ Tûutcnîé Souverai^ie e?i ahujcrent ■uilainc^ \ ment ^ cruelement ^ ^ que plufteurs de ceux qui profejfoient la phîlofophie tombe' vent dans de faujfes ^ ridicules fuhtilî- tcx, propres à ohfeurcir la vérité, leurs no'/yis devi'nrent odieux ^ 72e (l<rnijierent phis que de mal hoiinétes gens, ^ re^ Jpccïfvement que des cruels, des oprejjcurs^ des c:Jîc:neurs (^ des fourbes, l^oila, l'i- mage naïve de Li dejlmée du mot de Coî2verti(feur: il devoit originairement /lénifier une ame véritablement zélée pour la %'érité é^ pour détromper les crrans^ piais d m lignifiera plr.s quun Charla* tan y qu^ un fourbe quun vc'eury quun fiCc.igeur de maifons ^ <^uu7ie ame fans pi- PREFACE, i X pi- PREFACE, i X pitié ^ ftVis humanité y fafts équité ^^u un homme qui cierchs à expier en f ai fa rit fiufrir les autres, fes tmpudi citez, pajjées eb^ à veîiir çr tous fes dérégîe?fjens, ou fi Hon trouvé ejue tous ces atributs ^jecon-- viennent pas précifement â chaque Conver^ tijjeur àtfons en moins de mots quel fera le fèns jufie é^ légitime déformais de ce terme. Il fi^nifiera un monfre moitié. Ir/tre (j^ moitié Dragon, (^ qui comme le Centaure de la fable réumjjoit en une même perfonne l'homme ç^ le cheval y confond en un fcul fupùt les perfo?2nage: difere?:ts de Aliffionnaire qui diJputCy c!^ de Soldat qui bourrelé un pauvre corps, (^ qui pille, une mai fin» On dit quil y a \ déjà quelques Cabarets eit AUemagrie qui ont pour Enfcigne le Conveiiijfeur habillé fur le modèle de quelques tailles • douces j qui ont courut â ce qu'on dit de fEv^'que de Munfler Bernard de Gakn, où en lui voioit fur la îéte u?ie 'moitié de mitre (^ une moitié de Cafque; une croffè d'une 717 ain (^ un fabre de l'autre) une moitié j de rochet ^ une moitié de cuiraffe fur le * 5 coripi X PREFACE.
corpî c^ aifîfi du refie à proportion, fa i- fant fonner le ryionte à cheval à la moitié de fa mejje, c!r la charge à l'endroit oà il auroit falu dunner la bénédtclion, é' rite milTa eft. Ceft dit- on fur ce mo- dèle mutatis mutandisi les chofes à changer étant changées quon a fabriqué h^ feigne du Convertiffeur fanicufe Au- lerge déjà ou Cabaret dajts quelques vil- les Impériales, Foiczf AI Arnaud mérite quon lui réponde fur ce quil a tant relevé ce quavoit dit Pag-réab/e Auteur de la I o politique du Clergé comme un éloge dts Frotefians, qu'ils ne le mettent pas dans le monde lur le pie de Converti Heurs. // y a dequoi s"^ éton- 7ier que les Imagerrs de Hollande fe foicnt laiffez^ primer par les Alle'mans.
Af étant donc réfclu de travailler à un Commentaire de nouveau g-effre Cur les fa- njeufes paroles^ Contrain-les d'entrer, je crns qu'ail fa loi t dépaïfer un peu AI ' les ConvertfJJeurs, je veux dire les tirer de leurs lieux cominuns, (j?^ leu^ propofer des dificu'te-L fur lefquelks ils n'aient pas eu PREFACE. xj PREFACE. xj encore le îems cP ïn'venîer des échapaîoi' res y car voila le g^rand but des 'Ecrivains de ce parti là. ils saîacbent hien moins à p'ouver leur Téfe t ejui^â éluder les rai- fins doJ7t en les acable femb labiés à ces faux téyrioins, Grecs de nation defqueh Ciceron a fi hien dépeiî/t le caraBére y nunquam laborant quemadmodiim probcnt quoddicunt, fedquemad- modum ic cxplicent dicendo. Ainft je prévois cjite s ils me répondent <, ils laifi' fieront me- principales diftcaîteZ'? &" cheV" cheront Çi je nie finis contredît en <^uel^ue lieu, (i j^ai fiait ^uehite remarque ^ui fioiî un faux raifionncment, fi mes prin- cipes ont des conféquctices abfiurdes, s'^ils ne font <jue cela je leur déclare de ho7ine heure que je ne me tiendrai fas pour re* futé, 7ii ma eau fi moins vicier iiufe dans le fio?id, car la vicloire d'aune caufie ne fie perd pas parce oiî^il fira arrivé à un A- vocat de ne ratfionner pas toujours jufie, d"^ avoir des penfiées e?i un lieu qui Jie fiont pas tout à fiait la fiuite de celles qu il a eues en un autre y de poujfer trop loin en cer* * C tains tains endroits fa pointe, de s^ égarer queU c^uefois. l'ouï cela m^ffi arrivé peut-être ^ mais comme nonohfiant ces défauts qui m font cjue ceux de la perfunne du Défenfeur^ C^ non pas ceux de la caufe, )e croi avoir dit des chofes qui établi ent incontefahle» TKent ce que j'ai voulu foutenir, je dé' clare encore wi coup que fi les Conver-^ îîjfèurs veulent fe jufnfier il faut qu'ails réponde72t à ce que je dis de fort c^ de raifonnahk, é^ qu'ails n^ imitent pas cette métode des Controverfijles qui fait qu'oïl ?iy a poi?ît de livre fi terraflant contre le- quel o?i ne publie de réponjes, (^ qui con- fi]re e?i ce q:yc?i cherche les endroits ou un Auteur aura mal cité un pafjlige, an- fhîé une vaifon tantôt d''une manier e tan- tôt d'^u7ie autre, c^ q^^^ l^orr'peut rétor- quer, d^ commis ttls autres défauts pref- cuc inévitables. Un homme qui fait ra- ma(]er tons ces endroits y (^ détacha quel- eue raifon de ce qui eii fait Papui dans les pages précédentes, & la véritable fin eu allufion auquel l'Auteur l'avoitdefinée fuit ime gi'ofe réponfe au meilleur livre, la* R E F A C E. xiij laquelle far oit triop7pher a ceua qui nt comparent pas èxacïemenî é^ fans préocu" paîion les deux pièces. Voila d^cii Z'ient ou on répond d tout, wais à propre" merit parler ce ftejl pas réfuter un II- 'vre, cefi laijfer fa caufe dans les fers, cefi feulement faire /'Errata de fin Ad' ^er faire, (^ pour moi fi 07i nt fait autre chofe contre ce livre je me tiendrai pour Vainqueur, Comme je ïai fait â la prière d'un François Réfugié, é^ pour être traduit en François, (^ â Ncajïon des ptrfécit' tiens qui ont été faites en France aux Pro- tefcans, /é nai point cité d'autres livres que ceux qui fint tre )- connus aux Convcr' lijfeurs François. Sans cela faurois pà renvoier fouvent 'mon Lecteur â de tres" excellens Ouvrages qui o?it été écrits en langue Angloije fur la quejiion de la tolé- rance. Il 7iy a point de nation qui prO' duifè autant d Ecrits fur cela que la mtrt p.irce quily a bien des Sectes qui depuis long" tems y fint traverfées par la Domi^ nante. Les Fapijles eux?n^mes font les xiv PREFACE.
xiv PREFACE.
premiers en ce F aïs- ci a crier c^hîI ny a rien Àe plus - m)ufle cjue de 'véxer la con- ftence. Venfée ridicule en leur bouche, (^ non feukme?ît ridicule, wais tratîrejjc ^ de cette mauvaifè foi qui eft leur com- pagne inféparahk depuis tant de fiécles, car ils natendroient pas trois ans a bràler Ô* égorger tous ceux qui ne ^voudroient pas aller à la meJJ'e s'ils aqueroient des for- ces hajlantes pour cela, ^ ft ton avoit la lâcheté de ta?7t de parafites de Cour a^ mes Vénales, c^ indignes de la Religion Troteflante dont ils ont du moins Pexté- rieur, qui travaillent au renvefjement de /î harriere fondamentalle qui balance fi falutiiirement la puijjance monarchique. Adais jejpére qu'il rejiera d'ajjez, bonnes âmes ér dajjez, bons Patriotes (j^ bom Frotefians pour corriger les mauvais éjets de la complaifance de ces faux f -ères, O* qu'ainfi Dieu no?fs c^njervrra le calme dont 7J0US jouijfons quoique fous un Sou- *verain Catholique. Les malheurs qutfent nrrivex, à nos jréres de France tourneront tomme il/ a aparence à notre profit. Ils noHS PREFACE. XV noHS PREFACE. XV • mus ont remis dans la nécejjaire défiance du Papîfme, ils nous ont fait 'votr que cette faujje Religion ne s^a?f7e7jde p^s par le long lige, quelle efi toujours comme au tems jadîs animée de l^Efprit de fourbe (j;' de cr Haute, é^ que malgré la pohtejfe l'hon» nêteté la civilité qui régne dans /es wa^ nieres de ce ftécle pluj quen aucun autre, elle efi toujours brutale ^ farouche. Cho- fe étrange tout ce quil y avoit de groffier dans les mœurs die nos ancêtres s efi: éva- noui', à cet air rufiique ç^ fmvage des vieux tems â fuccede far toute l^ Europe Chrétiemîe une douceur (j^ une civilité eX' trJme. Il ny a que le Fapifme qui ne Je fent point du cljangement, (^ qui rttieyit toujours fo7i ancienne çj^ habituelle feroci" té. Nous nous imaginions nous autres An» glois que c était une bête aprivoifée, un Loup O" tf^ Tigre qui nvoit oublié fon na- turel f-.uvage, mais Dieu merci aux ConvertiJJcurs de France nous nous fom' mes defabuftz,, c^ nousfavons à qui nous aurions â faire fi iioîre fort et oit entre leurs watns* Cefi principakmoji des vices de Réli' xvj PREFACE.
Réli' xvj PREFACE.
Religion que l'on peut dire quih ne sa- privoifent jamais de homie foi, nun- quam bona fîde vitia manfueicunt. Dku ^veuille que de plus en plus nous pro- fitions de la calamité de nos frères pour nous tenir dans une jufe précaution.
Cette férocité du Fapifive ne doit pas être fuputée comme on faifoit il y a im i.n par un parallèle entre ï augmentation de politejfe de ce fiéck, é^ la dimmution des peines dont il s'efi fer"ji pour les conijer^^ fions. Nous difions il y a autant de bar - barie à Drazuonncr e?îcachoter, encloï' trer, ç^c, les gens de contraire Religion dans un fiéclepoli y éclairé^ homjcte corn- ?rie le notre, ou il y en avoit â les fupli' cicr par la main des bourreaux dans des Siècles d'ignorance grojfiers, fauvages, ou l'on navoit pas bien quitté les maurs Scithes 5 Gothiques, Vandaliqms, o^ Sar*' TTiatiques des peuples qui inondèrent autre^ fois l'Empire Ro?nam, (jr qf^i )' fonde" rent les Roiaumes c^ Etats qui font au- jourd'hui dans l'Europe Occidentale. Ccfi tnoim à des gens qui 71 ont pas encore dé* poiiiUé PREFACE. xvij poùiUé cette barbarie de leurs Ancêtres, C^ (^ui 11 ont pas eu le tems de s'habituer '- avec de nouvelle-: opinions^ de fr.ire mou» rir ceux qui les proftfjhîî, au il ne l'efi â des gens qui ont dépoiii'lé tout à fait la rouille de leur préwiére origi?2e qui Je font civilifez, par la culture des fiences ç^ des beaux arts, qui ont vécu toute leur vie dans les mêmes villes, mêmes converfa* tiens y mêmes parties de divertîjjement bien fouvent avec ceux de la Religion, porté les armes pour les même intei'êts 9 (^ de. la même afeEiion avec eux, de les chica" ner, i?îquiêîer, tourmenter j vexer en letrrs biens, ^ en leurs per formes comme on ïa fait en France, Voila comment?;orîstrcU' vions légalîté, o^ quelquefois mênie la longueur des peines 7jcus femhloit ewpor» ter la balance, 177 ais néanmoins ce dernier fuplice, cette mort pa-r la mai7t du Bour» reau qui ne fe trouvoit pas dans la dcr^ niere ptrfecution e'mpêchoît la plupart des gens de la trouver égale avec celle des fié ^ des paff'ez., à moins qu'on ne fit compen~ fation de ce quil y avoit de moins de ri* gueur gueur xviij PREFACE. gueur dam ce ftécle^ci avec ce ^ttil y a- ^oit de phfs- d ignorance ^ (j;^ de férocité grojfiere dans les autres terni, mais fans toutes ces compenfations, ^voici légalité toute nette entre perfecution O' peyfécuîion: ^uon les compare but à but (^ par ab" fira^ion aux circonjiances du plm ou dti ff^oins de politeffe des fié clés y on les trou* -ver a égales depuis la déclaration du mois de Juillet dernier qui défend a peine de /<i ?nort par tout le Roiaume de France tout exercice d autre Religion que de la Romain ne y é^ qui i' exécute fans rewifion par tout ou Ion a le courage de faire le moindre exercice, Supofons les Réformez, de Fran'^ ce auffi courageux que fétoient kurs An- cêîres fias Fra7içois I. (^ Henri IL ou que l' et oient les Anglois fous le régne de Marie-) vous ne verriez, pas moins de pO" îences aujourd'hui qu autrefois, Pe/om bien cela (j^ confidérons quel malheur nous pen- droit fur Li tête fi?iom iT.iJirns croître le Tapifme dam ces bien-bcureux Climats Je ne veux pas que cela nous porte à faire aucunes repré failles Jur ks Fapiftcs;?jQn PREFACE. xix ie deîefte ces imitations; ]e fouhaite feule- ment quïls naquierent pis la force d'éxé- cuter ftrr nous ce c^uils favcriî faire» Quand je dis que les Troteftans ne fè doivent pas fervir de repré failles lors qu'ils le peuvent, ce neft pas pour la pitoiahlt raifon quen donne un Auteur François dans un ' livre quon m'a prêté depuis que mon Commentaire eft imprime. Cette rai- fon efi fi bourrue que je naurois jamais deviné quon s en ferviroit, ^ cefi pour cela que je ne m'en fuis pas fait um oh- jeHion, Mais j'avois tort de croire qu'il y ait quelque chofe de trop ahfurde pour ces Mejfieurs Id, il femhle quils prennent pour leur Caraciére de fè rendre au fi ri- dîcules dans leurs Apologies, que terribles dans leurs exploits y (jr on nefauroitajfez, admirer que dans une nation ou il y a tant de bonnes plumes on laiffe imprimer tant dâ méchantes juftification s de ce quon a fait. Il vaudrott mieux fe taire que fi défendre ft pitoiablement. Voici la fiaifante I Conformité de h conduite de rEsLlifc de Fr. avec cciie d'Atxi^ne.
XX PREFACE.
fanîe fenfée de cet Auteur, Il introduit quelques pcrfo'fînes craig^tant que les 'vio- lences faites a ceux de la Religion en Fran» - ce ne nuijmî aux ditljoli-jucs en d'autres Tais, Toujours cfl il à craindre /difcnt quelques-uns, que les Proteitans voianc la manière dont on les trai- te préfentement en France ne fe croient en droit de traiter ainii les Catholiques dans les lieux oii ils font les maîtres. Mais en vérité il faudroit avoir perdu toute honte pour prétendre que des gens fortis de l'Êghre depuis moins de deux cens ans & de la manière que tout le monde fait, des gens qui n'ont d^autorité que celle qu'ils le font donnée à eux-mêmes, & que qui- conque voudra fe féparcr pourra fe donner avec tout autant de couleur fullcnt dans les mêmes droits que rEgUfe Cathohquc qui aiant été fondée par Jcfus-Chritôcparles A- pôtres s'cil maintenue fans interrup- tion PREFACE. xxj PREFACE. xxj tion dans la fuccefficn de tous les (îécles 5c fe maintiendra jufques à la fin du monde fans que la malice Se les artifices de toutes les Sectes qui s'en réparent puifie jamais la faire méconnoitre...Il faut donc a- voir perdu toute honte encore une fois pour prétendre que des enfans révoltez eufient autant de droit fur leur mère qu'elle en a fur eux ÔC que pour faire entrer dans leur Commu- nion ceux qui n'en ont jamais été ils pufient prendre les mêmes voies que l'Eglife efi: en droit de prendre pour faire rentrer danslafienne ceux qui ne fauroient difcouvenir d'en être fortis. Ainfi il ne faut pas craindre que ce qui fe paffe préfentement en France puiile être tiré à confequen- ce en faveur des Proteflans. Ils peu- vent faire la même chofe dans les lieux où ils font les plus-forts mais ce qui eft à l'égard de l'Eglile une conduite fainte 6c régulière parce qu'elle eft fondée fur une autorité légitilégitixxij P R E F A C E. légitime ne feroit à leur égard qu'u- ne oprcflion tirannique parce q.ue l'autorité leur manque. Comme les Rois puniflent du dernier fupli- ce ceux qu'ils trouvent les armes à la main contre eux, des révoltez ont quelquefois fait le même traite- ment à des prifonniers qu'ils avoient lait fur les troupes du Roi. D'où vient donc que la même chofe eft une action de juflice à l'égard du Souverain êc un atentat à l'égard des autres? C'efl que d'une part elle fe fait avec une autorité légiti- me, 6c que de l'autre elle fe fait fans autorité. Il en fera de même quand ceux qui fe font révoltez con- tre PEglife voudront faire entrer les Catoliques dans leur Communion par les même voies par où l'Eglife tâche de les faire entrer dans la (ien- ne.
Je demande pardon à mm LeBeur de lui mettre ici devant Us yeux la CO' pie d'un fi long ttjju d^ impertinences, £/- u PREFACE, xxiij ce que ces gens là feront toujours des en" fanr^ (^ raifonneront toujours en enfans, avec toute f^ habileté cju'^tls peuvent avoir d'^ ailleurs? Efi-ce que jamais on ne leur fera comprendre ce qui faute aux yeux de tout k monde, qî4^il »'y a rien de plus- ridicule que de raifonner en fufofant toujours ce qui ejl en quefiion \ Il s^agit entre eux ^ nous fi PEglife Romaine e(l la véritable Eglifè; k bon fens veut que nous prouvions qu^elle ne Peft pas par des Principes communs, é^ non pas par mtre prétention même qu^elle ne Ptfi pas » ^ ' qu'yeux de leur coté prouvent quelle l^eji non pas par leur prétention (cela n^eftpas pardonnable à un écolier a Dejpautere, ) mais par des maximes qui nomfoient com» munes à eux ^ à nous. On leur a repré' fente cela mille é^ mille fois, on Pa fait ferteufement, on Pa fiit en les tournant en ridicules, mais rien ne les fiauroit gue* rir 5 ils réviennent toujours â leur vieux jargon, miis fommes PEglife, ér vous, étez, des rebelles, donc nous pouvo7Js vous cb.itfer 9 fans que vous nouspuiffiex, rendre de xxlv PREFACE.
de droit la pareille. Çiuelfond de patiifiu ejlfuffantpour ces cbofes.
Il y a des gens qui nom difent anjec le wè» me fang froid, ér le même air d'^e^ctrava^' guer gra'vement, cjue pour hien juger fi ies Huguenots ont droit de fe plaindre il faut fe repréjenter le jugement que PEglifi Gallicane fait d^eux ^ c^efi quelle lescon^ fidére comme des crifans rebelles fur lef- quels elle a retenu l'autorité du châtiment four ks faire rentrer dans leur devoir. Il faut que ) ^ avoué' que je ne comprens plus ou ces gens là puijent tant de miferahles pagnoteries (qud me foit permis de me fervir de ce mot-là pour repréjenter des fadaïfes dont on ne peut ajjex, exprimer ia hafjefje é^ le ridicule) ne voient ilspM que la prétention des Frotefians une fois pofee leur donne un prétexte plus'plaufible de perfécuter le Papijme, que ne Peji ce- lui que k Faptfme ez'?primte de fa préten^ tion, La prétention des Troteftans eft que PEglife Romaine bien loin d'hêtre cette é- poujè de JefffS'Chrit ^qui efi la mère des vrais PREFACE. XXV vrais Chrétiens, nefi qu'aune infp.mefrO' fiituée qui s'^efi [ai fie de la maifisn, ûjjijlêe d'une trouve de Rufiens^ de coupe-jûrets, é^ de o^€7rs de fie ^ de corde, qui en a chûjjé le ^ére, la mère (^ les enfans, qui a égorgé de ces enfans le plr/s. quelle a pu, qui a forcé les autres d la recosh- noîîre four la maîîrejfe légitime, ou les a contraints de l'ivre exilez^. Ces e?ifans éxdez., ces enfaiis qui ne peuvent plm li" lYC dans la honte de faire femhlant de re» connaître pour leur y/iére une putain qui a cha£é leur mcre, o^ qui a tué une par^ îie de leurs fi ères, ce font les Proîe flans; ou du moins ils le prerendent. Voila donc d un coté une Eolifé qui prétend être la mère de fcrmilie, C" que ceux qui?îe la reconnoijjehî pa^ pour tille fo7it des enfa/ts defoiéijjuns. t^ voila de l autre des en- fans qui prétendent que ce neft quune /i- l?cminable paillarde qui s'^efifiiKifie far for* ce de la maifion ^ en a chafié la venta- hle r/2/:2rrcfiè. C^ les vèriiabies héritiers four y introduire fis fi.tellites, (^ les ccm^ pltces de fa dèbfiucje. A ne ccnfidérer xxvj PREFACE.
xxvj PREFACE.
ejue les prétentions refpechves des parties la rigueur eft pltts^rtaturelle (^pius-ratfor.nahle dans ks Vrotefitins cjue dam l^Eglife 'RofVaine. Car l'E^hfe B^omnine en fupofant fes prétentions dott confer'vcr une tenélrejje de rtiére pour les Trctefians, ér ne doit fe fèrvir que d'une correcfion modérée four le. ramener à robétjf,:nce. On fait pargnât fon fik Ahf-.ion qui avcit armé contre lui, (^ poujje la rchelhon aujTi loin fjiiil ax'oit pu y (j^ il y a bien peu Je mé' res cjui n aiment mtcux foufrir les injolenccs de leurs enfjns, e^ue de ki en acu» ferr devant- Us ^Ju^es lors nu elles croie?it au ils en /eroiŒt puniâ de mort. Awjï les fupliccs efi'oi.-.hles aue lErrlîJè P.omaine a fait fufiîr aux Hérétiques pendant tant de fécles font mie rio^ueur d^ autant plus dénaturée ^ monfrueufe que plus on Jupofira fes prétentions.
Ai^t^'s £7; fupofint les prétentions des Trotefians leurs rigueurs la plus - fei'ércs fcroient dû7js l'ordre des chofes humaines. Car lors quil s\:git de venger une mère f indtiinS' PREFACE. xxvij indigvcmevî ch^jjée Je fa maifon par une futnin, é^ de la rétablir chez, elle ^ la nature foufre ejue des enfavs aient toute la 'vicueur r^ toute la véhémence imagina" hle. (j^ on '/e trouz'e pninî Wûurvais c^uih n\iîent ni pour cette vilaine femme oui a- ifoiî ufùrpé leur bien, ni peur /es f:utatrs (^ adherr.ns aucune mdulge77ce, Scws c^ue {épluche peniode pr.r période le p^'d'^'ge ci-dejjffs cite, le lecteur intelli^ ^tnt conncjt dé] a r>uel en e(i le ridicule ^ (j^ cjue ^dwais rien ri a éîé plus-rai fcnna- hle cjue le fircit la cri^iiîte de ces ejucl'jues uns -, fi les Prcfcfians vculoient imiter l Etrlïfe R omai'û e. Car au on fe reprefcn - teun^yu l'étiit où les:. Religions vi' 'voient il y a 20. ans, en ffpoJa?it leurs prétentions trjpecliz'es. fEglife Rc7rawc fi crciant la mère de tom les Chrétier-js a~ voit trouvé à propos pour le bien des en- fan- qui la reccimofjoierit de 7ie pas pour" fuivre fei droits fur ceux qui perJevéro!e?}t dan< leur dejobétjfr.rce. L Eoiifi ProtC' fiante croient la Romairie une adulteref fi qui au préjudice de fes droits f.ijoit la xxviij PREFACE.
xxviij PREFACE.
Wfiîîrejje dans la maifon foufroit four h bien de la faix quelle en ocupât les pluS" heaux afarîewens, ^ fujpendoit le droit truelle a'uait de fourfmvre la punition des fauteurs çj" des adherans de cette impudi- {^ue ufurpatrice. C était donc un état de Trêve '■> ÎJEghfi Komaine vient à violer la Trêve, é^ Je met à pourfuivre fes prêtent tions I contraignant tout ce qui étoit en Fra7îce dans le parti déjà Rivale dfe ran • ger dans fo?i parti, §lui ne voit que U Froîeftante a îom les droits -du monde fur le fié ou ncris concevons la chofe, de pour-' fuivre la punition des complices de l'ufur^ patrice. De firte que l'Egli/è anglicane fourroit dire aujourdhui a tous les Papi' Jles Ai'iglo^s. Je vous ai remis la pei- ne qui vous croit deue pour avoir perféveré dans le parti d'une pu- tain qui m'avoit chaflce de la mai- fon moi qui étois la véritable mè- re de famille, mais puis qu'elle maltraite mes fidèles entans, je ne veux plus dii'crer la peine qui vous ell deuë.
Quon Quon Q^ion njote le iugewent de cet Auteur ^ui dit far deux fois, qu'il faut avoir perdu toute honte pour prétendre que des enfans révoltez eulîent au- tant de droit fur leur mère qu'el- le en a fur eux. Mais qui lui a dit que les Vroîefians font- des enfans révolter, fi" von fa propre maroîte, deftpofer toujours ce qui efi en queflion? Il faloiî pour être un peu éxaSl propofir ainfi [état de la ^uejHon j il faut avoir perdu toute honte pour prétendre que des en- fans qui ne veulent pas reconnoî- tre pour leur mère celle qu'ils croient n'être qu'une brigandc ad- ukercife proilituce à tout venant, euficnt autant de droit de la châ- tier, qu'une mcre en a fur ceux qu'elle prétend être fes enfans. La chofe étajjt atnfi propofée bien loin quil faille avoir perdu toute honte pour préten^ dre cela, qutl faut a'voir perdu le fens commun pour r.e le prétendre pas, car quel droit peut-être plus- légitime que celui des enfans pour chajjcr de leur maifon une, XXX PREFACE.
XXX PREFACE.
vilaine few?ne ejul déshonore kur famile^ (^ Li mémoire de leur père, aui exclut leur mère de fon dou.ure ^ de de torfsfes droits de 'uidutté -, (^ ^ûJpîUe leurs hitns d'Vic un parti de Debaucb^z^ 'uaUts O* fervanîes quelle aféduns. Demeurer d.jriS fG72 varîi après 7?7éme aue li mère éx!lce a été reîahlii a ans fa maifoii comme élit ïa éîé Dieu merci en Angleterre par fis file les enfims, c'efl comme et nprés le ra- pcl du Sèrèhijjïme Roi Cl.K-.rks IL c^ fon rétjhlijjement eu tro'ne défis Ancc'tres, o?i f.voit 'Voulu perjévcrer dans le parti de CromweL Et quoit ne dîfe pof cjuil y a bhn de la diference puis <^ue i'ujurp^tij?i de Cromwel navoit duré que 9. ou.0. fins, car norts co7i'venons tous de ce pri/i^ cipe commun > quil n f a p^int de pre- fiription contre la 'vérité, c^ atnfi encore oue ce ferott à préfcnf wîû eritreprife m- jujie aux defiendans de Charkm^igne s il y en a'voit, de vouloir détrôner les difi-en^ dûJis de îîu^ujs Cûpet, la longue pojjef^ fion ainfît reclijié lUnjuitice qui fut frMe a la famille de Lharlem^gne par ce Hugues^ ce PREFACE. xxxj €2 ne fi jamais une înjujrice de 'vouloir ati bout de 'rntlle, de dtvtx-mille ans cJ" vlits nc^oije'JiQn du 7r}en(onge ra^ekr la venté de fon éstl (^ la remettre daris tons fes droits. Et p^:r la on fait tomber, c^ on les a fait tomber ft foitvent ^u^on a honte de le redire > ioL's Us lieux communs des Papijies, jur la fucceffion non interrom^ pue ij^c, tout ce qutls peuvent dire n'em' péchant pas cjue le menjonge n ait pîi chajfer la 'vérité y il faut 'voir fi la chojè eft éfeclive-f-nent arrivée comme lepréte?i» dent les Frotefrr.ns, Il faut 'voir o^ui a droit ou qui a tort dans le fond ^ car s'il ne s^agit que de prétendre é^ fi cela fujh pour perfécu'cr^ tout le monde perjécutera^ chiicim dira qu* il eji perjecuté intifi^ ment ci?- quil perjécute ^uflemcnt, (^ en ah'ndcrr.'t que Dieu vnide ce grand prccez, â la fin du monde les pltts-forts oprtme^ ront toUjQurs les pins • foihles â bon conte.
Ne font-cc pas là de beaux principe:?
// cjt donc clair que le drcit de perfé' cuîer ne fauroU être contejlé aux Prote^ fi ans par la rai fin ridicule donf s'efi Jcrvi xxxij PREFACE. cet Auteur, mais ftulement par celles cjU€ {ai établies Jans cet Ouvrage y e^ui T oient untverfelkment a toutes les Religions.
Je ne dirai rien en particulier fur l é^ xe,'/7ple ao7Jt il fe fert d un Roi qui châ- tie fcs fujcts rcvoltfZj (j^ de ceux-ci qui ufifit quelquefois de rcpréfiilles fur les prijonnurs qu ils font fur les troupes dté Roi y car l' aplicatioii quil en fait nefi ^ue la marotte ordinaire de fm parti. Il faut qu:l fâche que les Rroteflans f re- gardent comme ceux qui com hâtent pour l.i Rei?7e légitime y. (^ les Paprjres comme les fujets rebelles de cette Reme qui Pa- "voient dépouillée de pref^ue to:/ffs Etats^ Ô* qui lui en retiennent encore la pL'fs - confdérahie partie, demeurant opiniâtre- 7ne?jt dam Cobéijjan-:e dune adultère ffe très- légitîmeme?it répudiée, (^ ^«^ continue Jesprollituîions.
Rréfntemenî il faut que je drje quel- que chofe fur ime objeclion qu'on me peut faire fur ce que les loix de ce Roi a urne excliiîf'tt de toutes charges les Papifhs, {^' é- xigent deux is ferment de fuprcmatie.