tonii dans son édition de Lactance 5 et il le prouve par l'autorité de Cicé- ron, et par celle de Paterculus (10).
(4) Plutarcli., in M. Anton, init., pag. giG.
(fi Tiri-'ile Cl-nmlorp, paf;.:/, el 7S. (■;) Lactant., iib. I, cap. \I ^pag. 34- (8) r.icnro. Oral. Il in Verr., cap. JlT. (g) Idem, Orot. 111 in Vcvr,, cap. XCT. (10) Cerardus Vossius, Not. in Vi^ll. Patercu- lum, pa^. 55, cilil. i636: il cite Cicéron, INE.
INE.
J'ajoute qu'il croit que Florns a pary du même Ai\toine, en disant: Quiiin ille ( Pompeius ) res i/i Asia gerenseo quoque prœfeclum misisset Antonium in aliéna prouincid inclytus fuit (11)} Il montre que Florus a confondu cet Antoine avec Octavius, (|iji, selon Plutarque (12), et Dion (i3), fut en- voyé dans l'île de Crète par Pompée, lorsque Métellus y commandait. 11 a plus de raison en cela, qu'à dire qu'il faut corriger dans Plutarque le surnom de Criticus donné à ce Marc Antoine, et lire Creticus. Je ne sais point de quelle édition de Plutarque il se servit; mais j'ai trouvé KpTixôç dans l'édition de Francfort de 1620, et dans celle de Paris de 1624. Je vou- drais qu'il eût pris la peine d'examiner une erreur chronologique qui paraît être dans Paterculus. Cet historien assuie qu'il ne se passa que deux ans entre la charge qu'on donna à Marc Antoine, et celle que l'on donna à Pompée; et néanmoins, Asconius Pe- dianus rapporte que Marc Antoine l'obtint par la faveur d'un consul ap- pelé Cotta. Je touche cette difficulté dans l'article Céthégcs.
(D) Peut-être faut-il prendre pour une erreur l'éloge qui a été donné par Plutarque a notre Antoine. ] « Marc )) Antoine, dit-il (i 4), était bon et )) droit, et fort libéral. Comme il n'é- » tait point riche, les oppositions » de sa femme gênaient beaucoup sou )) inclination à faire paraître sa libé- » ralité. Il se trouva sans argent un ■» jour qu'un de ses amis lui en em- )) pruntait; mais il ne laissa pas de le » secourir. Il se fit porter de l'eau )) dans un gobelet d'argent, sous pré- )) texte de se raser: il mouilla sa bar- » be, et renvoya son laquais, et donna )) le gobelet à son ami. Tout le domes- » tique fut en désordre: on cherchait » partout ce gobelet; la femme de ■» Marc Antoine faisait un bruit ef- )) froyablc, et voulait mettre tous les » valets à la question II prévint ce- » la, en lui avouant ce qu'il avait fait, )) et en la suppliant de lui pardonner.»
Vrrrinâ I; mais il fallait le citer ^ en'inà II et (m) Florns, lib TU, cap. VII, et non pas cap. f'III, comme (lérard Vossius le cile.
(la) Plut., in Pompeio.
(t 3) DIo, lih. XXXVI.
fi.'i) Plut., in M. Antonio, init., pag. giS, ANTOINE.,4i Pelild taenia il quod eral confessus est. Plutarciue ne représente pas bien le caractère de cet homme: il le fait libéral; il fallait le faire prodigue. Salluste ne s'y est pas trompé: M. Anlonius ptrdundœ pecuniœ genitus, uacuusque curis nisi inslantibus (i6). Ne dissimulons point que Cicéron nie ce que Topinion commune attribuait à ce Marc Antoine. On disait qu'il n'écrivait rien ni de sa recette, ni de sa de'pense: Audimus aliquem tabulas niinquam conjecisse: quce est opinin hominum de Antonio J'alsa, namje- cit diligentissimè (17).
(16) SaUust., in Fragm. Historié., lib. III, (17) Cicero,Orat. I inVerrem, cap. XXIII.
ANTOINE (Cuus), frère du précédent, eut une conduite as- sez déréglée, de sorte que lui et son frère aîné furent mieux les dignes oncle et père du triunijuration de Catilina, contre la- quelle Cicéron se porta avec un grand zèle. Son collègue eut le commandement de l'année qu'où envoya contre Catilina, et rem- porta une victoire complète par son lieutenant général Pétréius; car, pour lui, une maladie feinte ou véritable l'empêcha de se trouver au combat. Dion pré- tend qu'elle était feinte, et qu'Antoine, craignant que Cati- lina ne révélât des secrets fort importans contre lui, ne com- manda point en personne (Z»). Après la victoire, il mena ses troupes dans la Macédoine, et fut battu par les Dardaniens. Il gouverna cette province pen- dant trois ans, avec tant de vio- lence et tant d'exactions, que le vir, que les dignes fils de celui sénat, indigné de sa conduite, qui leur donna la vie. Ce Caïus lui envoya un successeur. A son Antoine porta les armes sous Sylla, pendant la guerre de Mi- thridate, et fît beavicoup de con- cussions dans l'Achaie; ce qui, avec d'autres sujets de blâme qu'on eut à alléguer contre lui, fut cause qu'ensuite les censeurs le dégradèrent du sénat. Il ne laissa pas de devenir consul, pré- férablement à Catilina, l'un de ses compétiteurs; luais il parvint à ce grade avec beaucoup moins de gloire que Cicéron, qui, malgré les coinplots qu'avaient retour à Rome, il fut accusé par Marcus Cœlius; et, quoique Ci- céron eût entrepris sa défense, il fut convaincu et banni. Quel- ques-uns croient qu'il passa quinze ans dans l'île de Cépliaîo- nie, et que Marc Antoine, son neveu, qui se trouva fort jouis- sant à Rome lorsque les assassins de Jules César en furent sortis, le rappela de son exil (A). Il mourut quelque temps après, ac- cablé d'années et de chagrins, et ne laissa qu'une fille, qu'il vit faits lui Caïus Antoine, et Cati- répudier par son mari Marc An- lina, pour l'exclure, fut déclaré toine le triumvir, peu après les consul d'un consentement una- nune, au lieu que Caïus Antoine ne l'emporta sur Catilina que de quelques voix (a). Ce fut (a) Ascon.Pedianus inOrationera Ciceronis in togà candlcià, contra Antoa. et Caiilin.
noces, sous prétexte de galante- rie avec Dolabella (c).
(b) Dio, lib. XXXVH, ad annuin Bomu (c) Vojez la remarque (G) de l'article Fi;lvie, et Glaador^iii Ouoraastic., pagi42 ANTO (A) M. Antoine son neueu...le rappela de son exil. ] Il y a quelques difficultés touchant le temps de ce rappel, qui seront examine'es dans la remarque (H) de l'article de Ful- VIE.
ANTOINE (Marc), l'un des triumvirs *, connu ordinaire- ment en français sous le nom de Marc Antoine sans queue, était petit-fils de Marc Antoine l'ora- teur, et fils de Marc Antoine le Crétique. M. Moréri a parlé am- plement de lui; c'est ce qui fait que je n'en parlerai point. Les faussetés que j'ai recueillies sur ce chapitre pourront trouver place, ou dans l'article de Ful- viE, ou ailleurs.
La seule chose que je veux dire ici de ce triumvir, est qu'il publia un traité touchant son ivrognerie (A).
* Chaufepié a consacré ua long article à Marc Antoine le triumvir.
(A) // publia un traité touchant son ivrognerie.'] C'est un fait, dont les e'crivains modernes ne parlent guère: il est néanmoins fort notable, et il se trouve dans Pline (i): Tergilla Cice- roni M. F. hinos congios simul hau- rire solitum ipsi objicit: Marcoque yigrippœ à teviulento scyphum im- pactum. Etenim hœc sunt ebrietatis opéra. Sed nimirùni hanc gloriani au- Jerre Cicero uoluit interfectori patris sui M. Antonio. Is enimante eumavi- dissimè appréhenderai hanc palmam, edito etiatn uolumine de sud ebrie- tate: quo patrocinari sibi ausus, ap- probawii plané ( ut equidem arbitror ) quanta ntala per temidentiani terra- ruiH orbi intutisset. Exiguo tempore ante prcelium Actiacum id wolumen euomuit: quo facile intelligaturebrius jam sanguine ciuium, et tantb magis, eum sitiens. Je m'étonne que Plutar- que n'ait rien dit d'une telle sinjju- larilé, et que Suétone n'en fasse nulle mention.
(0 Pl»niu8, Itb. XI y, subfiii., cap. uh- INE.
ANTOINE (Caïus), frère du précédent, servit sous Jules Cé- sar dans la guerre contre Pom- pée, et fut contraint de se ren- dre aux ennemis, faute de vi- vres, avec les troupes qu'il com- mandait dans l'IUyrie (a). Après la mort de César, et pendant qu'il était préteur, et que Marc Antoine son frère était consul, il fut envoyé dans la Macédoine pour y apporter l'arrêt du sénat qui donnait à Marc Antoine le gouvernement de cette province. Mais quelque diligence qu'il eût faite, il fut primé par Bru- tus, et il tomba même entre ses mains (b). D'abord Brutus le traita honorablement, et lui laissa les marques de sa préture; mais quand il se fut aperçu que Caïus Antoine tâchait de lui dé- baucher l'armée, il le mit sous bonne garde, et puis il le fit mourir lorsqu'il eut appris les proscriptions du triumvirat, le meurtre de D. Brutus, celui de Cicéron, etc. Marc Antoine, après la bataille de Philippes, ayant Hortensius en son pou- voir, l'immola aux mânes de son frère. Cicéron parle quelquefois de C. Antoine dans ses Philip- piques, et toujours en mal (c).
(à) Glandorp. Onomastic, pag^.So, ex Cae- sare, Lucani Pharsal. libro IV, Eulropio.
{b) Il fui pris par Hortensiiis, qui le li- vra à Brutus.
(c) Glandorp. Onomastic. exPlutarcLo, j« M. Antonio, etc.
ANTOINE (Lucius), frère du précédent, eut les défauts de son frère le triumvir, sans en avoir les bonnes qualités. Il ne manquait pas pourtant de cou- rage. 11 était tribun du peuple, l'année de la mort de César, ANTOINE. 143 pendant que son frère Marc était va grâce de telle sorte devant consul, et que Caïus, son autre Auguste, après la conquête d'É- frère, était préteur. Il fut con- gypte, qu'il fut avancé aux sul l'an de Rome 7 1 3, et triom- charges de degré en degré, et pha le premier jour de son con- enfin au consulat, l'an de Ro- sulat de quelques habitans des me 744- H épousa Marcella, Alpes, qu'il fit accroire qu'il fille d'Octavie; et par ce moyen, avait vaincus, quoiqu'il ne leur étant devenu gendre de la sœur eût rien fait qui fiit digne du d'Auguste, pour laquelle ce triomphe, et qu'il n'eût même prince avait une extrême consi- exercé aucune charge dans leur dération, il tint le premier rang pays. Mais Fulvie, femme de dans la faveur, après Agrippa, Marc Antoine, et belle-mère gendre d'Auguste, et après les d'Octave César, laquelle faisait fils de l'impératrice. Mais il paya alors à Rome tout ce qu'elle vou- d'ingratitude son bienfaiteur, lait, lui procura par son seul puisqu'il fut un des premiers crédit cet honneur- là. Cette qui corrompirent sa fille Julie, même femme impérieuse, vou- ce qui, joint à quelques soup— lant se venger d'Octave, qui avait cous de conjuration, le fit con- répudié sa fille, excita Lucius damner à la mort. Il y a des Antoine à prendre les armes historiens qui disent qu'il se tua contre lui, prenant pour pré- lui-même pour prévenir l'infa— texte la protection des habitans mie de son arrêt (a). Il avait de la campagne, dont on avait étudié sous le grammairien assigné les terres aux sodats. Les L. Crassitius (b), et il composa troupes qu'il assembla ayant un poème de douze livres en été introduites de nuit dans vers héroïques (c), et quelques Rome, il en chassa Lépidus, traités en prose. C'est à lui l'un des triumvirs, harangua qu'Horace adresse l'ode II du le peuple, et lui déclara que, IV*. livre. Il laissa un fils qui suivant l'intention de son frère, était encore extrêmement jeune, il voulait abolir le triumvirat, et qui s'appelait Jules Antoine. Cette promesse répandit la joie L'empereur relégua ce jeune gardans la ville. On le déclara /my^e- çon à Marseille, sous le spécieux rator: il marcha contre Octave prétexte de le faire étudier. Il César; mais, n'osant tenir la cam- lui fit rendre des honneurs fu- pagne, il s'enferma dans Pé- nèbres assez singuliers; car il rouse, où il se défendit jusqu'à fit ordonner par le sénat que ses ce que la disette de vivres le os seraient portés dans le tom- contraignit de se rendre. Octave beau des Octavius (d). Il paraît lui donna ensuite la liberté, et que ce fut là la fin de l'ancienne depuis on ne trouve point ce et puissante famille Aivtoma, qu'il est devenu (a). dont Tacite dit qu'elle avait été Dione etc. 'réf " > (a) Vell. Palerculus, /i6. //, ca;;. C.
(i) Suet. deillustr. Grammat. cv3;>. -Y/'///.
du tnumvir et de l-ulvie, trou- ^c/) Tacit. Aun,, iii> tr, cap. xuk.
illustre, mais Multâ claritudine generis, sed improspera (e). Nous allons mettre ensemble les erreurs de M. Moréri concernant cette fa- mille (A).
(e) Idem, ib. Tacite dit cela à P occasion de la mort de L. Julius Antonius, arrii>ee l'an 778 de Rome, ANTOINE.
malheureuse: Marcs, Le mot Marc est un prénom.
Or les prénoms ne servaient qu'à dis- tinguer les personnes: ce qui distin- guait les branches s'appelait cogno- men, et occupait la troisième place, comme César, Scipion, etc. (2). 4°- Il n'est pas certain que Q. Antonius Merenda, tribun militaire environ l'an 33a de home, fàt fils de T. An- tonius Merenda, deccmvir l'an 3o3. 5°. Il est faux que Tite Live fasse...„,,., mention de M. Antonius Merenda, (A) Nous _allons_ mettre ensertible ^^,^^^j ^^ j^ cavalerie sous la dictales erreurs de M. Moréri concernant cette Jamille. ] 1°. II ne fallait point parler de cette famille dans sa lettre M, à l'occasion de Marc Antoine: il fallait que, tant lui, que sa famille, fussent dans la lettre A. 2°. Il ne fal- lait pas dire que la famille des Anto- NiENS était célèbre a Rome entre les nobles: car il est visible, qu'en par- lant ainsi, on a voulu la distinguer des familles plébéiennes: or c'est une fausse distinction. Le seul tribunal ture de P. Cornélius. Il le nomme simplement M. Antonius. 6". Marc Antoine le Crétique ne fut point tué en combattant. Asconius Pédianus ne laisse aucun lieu d'hésiter là-dessus. Indicto Cretensibus bello, dit-il (3), malè re gestâ ibidem periit. 7°. Au lire de dire que Marc Antoine l'ora- teur ri'écrii'ait jamais aucune de ses oraisons, ilfallait dire qu'il n'en publia jamais aucune (4). 8°. Sa réponse à ,,,,, A. ■ '. -4. ceux qui lui demandèrent la raison du peuple, dont Marc Antoine était j^ ^^ conduite est mal rapportée: il revêtu au commencement de la guerre ^^ répondit point, qu'il ne voulait de César et de Pompée,.justihe in- ^^^^^^^^ ^^^ ^^^^^^ ^ ^^^^ • ^^ Vinciblement que la famille Anloma pourraient coiwaincre d'at^oir mal était plébéienne 5 car il devint tribun ^^^^^ Il ne craignait pas pour ses mots, du peuple sans s être tait adopter ^^ ^^^^ ^^^ phrases, je veuxdire.qu'on par un plébéien; il ne fut pas oblige j^^- reprochât quelque barbarisme, ou de faire comme Clodius, qui, voulant quelque faute contre les lois de la être tribun du peuple, recourut a une grammaire; et c'est néanmoins ce que telle adoption (i). J'avoue que les Antoines ont été au commencement M. Moréri lui impute, comme l'avoue- ront tous ceux qui savent entendre patriciens: cela parait par les char- j^ g^^^ ^^^^ auteur: mais voici ce que ges de décemvirs, et de tribuns mi- jyj^j.^ Antoine craignait, qu'on ne le htaires, qu'on leur conféra dans un convainquît par ses ouvrages de souf- temps où les familles du peuple n a- q^^ j^ ^j^^^^j ^^ j^ ^^^^^^ ^j d'avoir valent pas encore obtenu 1 admission ^.^^^^^^ depuis quatre ans le plaidoyer aux premières dignités de la republi- ^.-j gU^ij ^^^^^ Consultez les remar- que. Mais soit que les Antoines, qui ^^^^g ^g^ gj ^^j j^ l'article de ( Marc ) ont paruavec tant d'éclat au septième Antoine l'orateur, où j'ai parlé am- siècle de Piome, ne descendissent pas - ^ ■. de la même tige que ceux qui portè- rent le surnom de Merenda; soit qu'ils aient passé d'une manière qu'on ne connaît pas du rang de patriciens à celui de plébéiens, comme il est arrivé à quelques autres familles, il est certain que leur maison était plé- béienne au temps de l'orateur Marc Antoine qui en commença l'élévation. 3". C'est une ignorance crasse que de dire que cette maison était divisée en deux branches, des Slerendas, et des (i) Cicero, Oral, prodomosun aJ Poiitifices, cnp. XII J.
plement de ce qui engage les avocats à se contredire, à soutenir un jour une chose, en un autre temps la thèse contraire, selon les difle'rens intérêts de leurs clicns. 9°. M. Moréri prête d'ailleurs une réponse très-absurde à Marc Antoine ^ car on peut écrire un plaidoyer, sans donner des armes à (j) Caïus Julius Cœsar, Publias Cornélius Scipio, etc.
(3) Asc. Pedian., in Cicer. Divinat., -pag. 87. edit. Ludg., in- 12. Il dit in Verrein Je pra;l. urb., ^«g. 87. Crelie mortuus.
ANTONIA.
des critiques; pourvu qu'on le garde dans son cofTre. io°. M. Aquilius n'é- tait pas déjà condamné lorsqu'An- toine entreprit sa cause. 1 1°. Les juges n'avouèrent point que celui qui aidait si soui'ent exposé sa fie pour le salut de la république ne défait pas la per- dre avec tant de déshonneur. Si M. Mo- réri avait su qu'Aquilius n'aurait été condamnétout au plus qu'au bannisse- ment (5), il n'eût pas donné à son style les couleurs de l'art oratoire. 12°. Quelle confusion n'est-ce pas que de dire que Marc Antoine fut con- sul, censeur en Gi6 de Home arec A. Posthumius, en 65^ arec L. f^alé- rius, etc.? 11 y a pis que confusion là- dedans: les îaussetés n'y manquent pas. Marc Antoine fut consul avec A. Posthumius Albinus, Tan 655, et censeur avec L. Valérius Flaccus', (5) Qu'um mibi M. Aqiillius iu civilate reti- nendus essel. C'est Marc Antoine qui parie dam le II'. livre de Cicéron, de Oialore, cap. XLK.
(6) Plinius, lib. rill, cap. Fil. Sigonius et Calvisiiis mettent ce consulat à l'an 654, et la censure deux ans après.
ANTONIA, fille aînée de Marc Antoine (A) et d'Octavie (a), fut une dame que sa vertu et sa beauté rendirent un objet d'admiration (b). Elle épousa Drusus, fils de Livie et frère de Tibère, et en eut beaucoup d'en- fans (c); mais il n'y en eut que trois qui survécurent à Drusus; savoir, Germanicus, Claude qui a été empereur, et Liville qui fut femme du fils de Tibère. An- tonia, jeune et belle encore dans son veuvage, fut recherchée par de grands partis. Elle les refusa tous, et fut un exemple de con- tinence (B) d'autant plus beau, qu'elle vivait dans une cour ex- trêmement corrompue. Tibère, dont l'humeur était si farouche, (fl) Elle était sœur d'Auguste.
{b) 1m<fpatTÙvij ncù x.a.KKii TriptCoitrov. Caslitate et forma inclylam, Plutarch. in (c) Suet, in Claud., cap. t.
TOME n.
I4D respecta beaucoup cette dame; ce qui montre qu'elle avait su joindre à sa chasteté une autre vertu qui était un peu inconnue à la chaste Agrippine sa belle- fille; je veux dire, la douceur et la prudence. Ce fut Antonia qui découvrit à Tibère les machina- tions de Séjan (C): ce prince ne fut point ingrat après un ser- vice de cette importance {d). Pline nous apprend une chose tout-à-fait singulière d'Antonia, c'est qu'elle ne cracha jamais (e). Il dit aussi qvi'elle aimait fort tendrement un poisson, et qu'elle lui fit porter des pendans d'o- reille; ce qui était cause que plusieurs allaient exprès dans sa maison de plaisance pour voir cette rareté (/)■ Cette dame fut malheureuse dans sa famille. A la vérité, Germanicus son fils eut toutes les perfections que l'on pouvait souhaiter dans un héritier présomptif de l'empire, et il était l'amour et les délices de tout le peujale romain; mais cela même mit le comble à l'af- fliction d'Antonia, lorsqu'une mort précipitée lui enleva ce jeune prince. Cette mère désolée ne fut pas en état de mener le deuil quand on fit les funérailles de Germanicus (D). Son autre fils lui était si désagréable, et lui paraissait si bête, qu'elle le traitait de monstre (E) et d'ébauche d'homme, et qu'elle en fai- sait un sujet de comparaison {d) Joseph. Auticj., lib. XVIII, cap. Vlll, (e) Plinius, lib. Vil, cap. XIX.
{f) In eddein villa (apud Baulos, in pai- te Baianâ) Antonia Drusi murœnœ quain diliifcbat inaures addidil: citjiis proptcr fainain nonnulli Baulos fidere conciipivd- runt. Plinius, lib. /Y, cap. Lf.
10 i46 ANTONIA.
quand elle voulait représenter dont Pline est le seul qui parle, un gros lourdaud. Sa fille fut devait apparemment son nom à une autre sorte de monstre: cette princesse (H). Elle ne vit elle attenta à l'honneur et à la point les malheurs de sa (I) pevie de son époux, et poussa jus- tite-fille Antoma, de laquelle qu'au bout ses attentats; car elle M. Moréri n'a point parlé sans fut convaincue d'adultère, et se tromper.
bras secuher, auquel elle tut li- Suétone et Plutarqiie sont contre moi: vrée, fut sa propre mère, qui le premier, formellement, et en prol'enferma dans une chambre, et près termes (i); le second, d'une mal'v laissa mourir de faim (F). Les "^^''^ implicite: car il ne fait autre enfans de Germanicus qu Anto- ^iage de l'une des deux Antonia avec nia élevait chez elle ne lui don- Doraitius, avant que de parler du nèrent pas de petits chagrins, mariage de l'autre avec Drusus (-i).
Elle veillait sur leur conduite; Or, comme Suëtone a écrit après Ta- ..,.,, cite, et qu 11 semble même le reluter mais sa vigilance ne servit qu a quelquefois, ne vaudrait-il pas bien ]a rendre témoin oculaire de mieux lui donner la prefe'rence, et leurs énormes dérèglemens. Elle présupposer qu'il n'a pris le parti congrant délit avec sa sœur [g): ce (,g j,jgj, q^g l'arrangement des mots misérable n'avait pas encore de Plutarque? Que chacun en juge quitté la robe d'enfance, et il comme il lui plaira: j'ai suivi Tacite, s'était déjà souillé d'un inceste ^''"^ prétendre rien contester à ceux J - - qui suivront Suétone. 11 y a deux passages de Tacite, l'un au chapitre XLIV du IV. livre des Annales, l'au- tre au chapitre LXIV du XII*. livre des mêmes Annales, où la femme de Domitius est nommé Antonia minor. Je vois que Lipse ne prend nul parti (3), et que Glandorp preTère celui de Tacite à celui de Suétone (4). H y a une raison pour Tacite, mais qui n'est pas concluante. On pourrait dire que Drusus, qui, en qualité de fils d'une capital. Lorsqu'il fut parvenu à l'empire, il fit décerner tout à la fois à son aïeule Antonia tous les honneurs que le sénat avait dé- cernés à Livie (II); mais ce ne fut que par boutade, puisque dans la suite il ne tint aucun coiïipte d'Antonia, et qu'il lui refusa une audience particulière. Ces affronts la plongèrent dans un impératrice toute-puissante, était un chagrin qui la fit mourir: on a dit même qu'il employa le poi- son, afin de hâter les mauvais effets du chagrin (G). Il ne ren- dit aucun honneur à la défunte, et n'assista pas même à ses funé- railles (/). Le temple d'Antonia, ig) Ex his ( sororibus ) Drusillam vitiâsse firginem prœtextatits acl/tuc crec/itiir.- atçtte etiam in concubilu ejiis (jiiondàm deprehen- ■siis ah ai'iâ Antonia apiid quant simttl eda- cabantur. Suct., in Caligula, cap. XXIV.
{h) Idem, ibid., cap. XV. y oyez aussi Dion, lib. LIX.
(i).Suet., in Caligula, cap. XXIII.
des plus grands partis de Rome, eut l'aînée des deux sœurs; mais on peut répondre que F Antonia qui lui fut don- née était parfaitement belle. Or c'est un droit d'aînesse beaucoup plus an goût d'un jeune prince ( et il n'est pas besoin d'être jeune prince pour avoir ce goût ), que celui qui n'est fondé que sur le plus grand nombre (i) Gerinanicus C. Ceesaris paier, Drusi et minoris jénlomce filius. Suet., jn Calig., cap. I, Vide eliam in Claurl-, cap. I. Ex AntoniU majore patrem Neionis piocreavil ( Domitius ) Suetou., iii Nerone, cap. V.
(2) Pliilarcli., in Marc. Anton., pag. 965.
(3) Lips., in Taclt. Ann., lih. XII.
(4) GlandorpiiOnomasI., pag. 87.
ANTONIA.
d'années. Drusus, en qualité de grand va qui pratiquent ce que l'on accus parti, eut apparemment le choix, et Luther d'avoir permis aux maris. Si sans doute il prit la plus belle des nolit uxor, disait-il, l'entât ancilla deux sœurs, soit qu'elle fût l'aîne'e, On tourne ici la médaille, si nolit si soit qu'elle fût la cadette. desit maritus, i'eniat J'amulus. On a (B) Antonia, jeune et belle encore mulentendulesparolesde Luther. Voici dans son ueui- de contint'/ mari est encore qu'il garda la foi conjugale: />/'uium etiam Germanicum cximiant Claudiœ Jamiliœ gloriam, patriœque rarum ornamenlum, et quod super omnia est operum suorum pro habitu œlatis mag- nitudine, i^itrico pariler ac fratri u4ugustis, dunbus reipublicœ diwi /AtlVlV yÂy.ai Ti ÀTTliTTÎ tS> TTpOÇ STSflOV, nis oculis mirificè respondentem, con- beriunt, fel propler affînitatem quod stitit usuni f^eneris intra conjugis (5; Drusifratris uxorfuerat, i^el propter charitateni clauswn tenuisse (6). Qu'à continentiam, quod florente etiam tum œtale l'idua recusdrit altéras nuptias, licet horlante Augusto ad iterandum conjugium, in eoque uitœ génère ont- neni cai'erit infamiam.
(C) Ce fut Antonia qui découirit a Tibère les machinations de Sejan. 1 Il y a beaucoup d'apparence que Ta- cite avait étendu ce fait; mais par malheur cette partie de ses Annales est perdue. Josephe, si je ne me trom- pe, est le seul historien qui nous ap- prenne la part qu'eut Antonia à la dé- couverte de cette conspiration. 11 est digne d'être cru, parce que les liai- sons de Bérénice, et celles d'Agrippa son fds avec cette dame, et les bons offices qu'elle rendit à Agrippa, la fi- rent connaître dans la Judée, et obli- gèrent l'historien juif à s'informer exactement de ce qui la concernait. Croyons donc, sur son témoignage, qu'aussitôt qu' Antonia eut élé bien inforniéc' du complot de Séjan, elle en écrivit exactement les circonstan- ces à Tibère, qui était dans l'île de îa cour d'Auguste le beau-iils de l'em- pereur se soit contenté de son ordi- naire comme un bourgeois, c'est assu- rément un cas singulier: et il ne ser- virait rien de dire qu'Antonia était si jeune et si belle, que Drusus n'aurait su où aller pour trouver mieux. Com- bien y at-il de princes, de grands sei- gneurs, et d'autres gens pour qui cette raison est tout-à-fait fausse? Mais revenons à Antonia. Voici comment Valère Maxime continue son discours: Antonia quoque feniina laudibus yirilem faniilice suce claritatein super- gressa amorent mariti egregid Jide pensai^it: quœ post ejus excessum J'ormd et œtale Jlorens cubiculum so- crils pro conjugio habuit, in eodem- que toro alterius adolcscenliœ vigor exstinctus est, alterius i'iduitatis cxpe- rientia consenuit. La chasteté d' An- tonia a trouvé des panégyristes dans la Judée. Josephe mérite d'être oui: il nous apprend qu'Auguste sollicita cette dame à se remarier \ mais qu'elle Caprée, où elle lui dépêcha le plus