(19) Seneea, de Consol. ad Helvlam, cap. X.
(20) Martial., Epigr.XX//, Ub. III.
(21) Charles Etienne le cite in libre de Con- solatione ad Albinam. Casaubon, sur Athénée, pag. 23, cite de même.
(23) Vojii Iti remarque (B), yers lajin.
t74 APIC n'a point, omis. Lloyd a suivi en tout Charles Etienne, excepte qu'il n'a point dit que l'ouvrage de Gulœ Ii- rltamenlis soit aujourd'hui entre les mains de tout le monde. 11 a consi- dérablement augmenté l'article, en copiant ce que Lipse a remarqué sur les trois Apicius: mais il n'a point su que le passage de Suidas, touctiant les huîtres envoyées à Trajan au pays des Parthes, se trouve dans Athénée. La mémoire des plus grands hommes leur fait faux bond raille et mille fois. Voilà Lipse qui cite deux fois Athé- née au sujet des Apicius, et qui ne se souvient pas d'un troisième en- droit d'Athénée, aussi notable, pour le moins, que les deux autres (^S). S'il l'eût consulté, il n'eût point eu de soupçon que le mot Trajan fût cor- rompu dans Suidas. Hofman n'a fait que copier Lloyd, hormis qu'il a cité plus de passages. Ses citations ne sont pas toujours bien justes; car, par exemple, il cite Sénèque de Conso- lât ione ad Albin, et de Oonsol. ad Elbiam, comme si c'étaient deux ou- vrages. Casadbon (24) attribue à Athé- née d'avoir dit que plusieurs gâteaux portaient le nom du premier Apicius: mais il est certain qu'Athénée dit ce- la du second Apicius, de celui qui •vivait sous l'empire de Tibère: Et^s- rsTo (Tê x.n'và, Toùç tiQifmu;|^pôvof ç stvMp tiç AttikioÇ, TThoua-ieeTATCiç, Tpv<^>lT>tç, à.^' ou TThiUKoùvraiv yhn TroKKct 'ATriKia, ôvo- ^«ifêT*f 125). Tiberii sœculo l'ixit Api- cius, fi/' ditissimus, luxu solutus, h quo coniplura placentarum gênera Apicia nominant. Dalechamp a laissé dans la traduction d'Athéuée une faute dont il était facile de s'apercevoir. Elle est au IV*". livre, page 168, E. Athénée, ayant rapporté ce que Po- sidonius avait dit touchant le pre- mier Apiciu*, homme diffamé pour sa gourmandise, ajoute: Uifi Ss 'Attixiou TUU KOÀ att/TOt/ 'iTTf àc-OùTto. eTistCoMTOw iv Tû7ç?rpœToic iifiyiKcty.iv j ce qui signi- fie que, dès le commencement, il avait parlé d' Apicius, qui était fa- rneux lui aussi par sa gourmandise. Ainsi la version latine est fausse: An- tcà nos quoque istius Apicii ob im' tnndioum luxum J'amosi meminimus; •elle est, dis-je, doublement fausse lUS.
car elle ne répond point à la force des mots grecs, et elle impute à Athénée un mensonge. Il n'est point vrai qu'Athénée eût déjà parlé de l'Apicius dont Posidonius avait fait mention. Dalechamp marque qu'Athé- née, au 1I1«. livre, a parlé du même Apicius dont il s'agit au commen- cement de la page 7 (26): je crois que cela est faux. Je ne dis rien sur ce qu'il cite Cœlius, l. 5, cap. 3o (27). il veut parler de Coelios Rhodiginds, dont le V. livre n'a que quatorze chapitres: c'est le chapitre XI du IX*. livre qu'il fallait citer (28). Cet auteur dit là plusieurs choses d'Apicius; mais s'il falsifie partout ailleurs ce qu'il cite, comme il falsifie en cet endroit un passage d'Athénée, malheur à ceux qui le donnent pour leur caution. Athénée, selon lui, raconte qu' Api- cius, cherchant une espèce d'écre- visses à Alexandrie, avec une extrê- me diligence, apprit qu'on en pre- nait de fort grandes sur les côtes de Libye: tout aussitôt, il fit voile de ce côté-là; et ayant trouvé qu'on lui en avait fait accroire, il maudit le pays, et s'en éloigna, bien résolu de n'y retourner de sa vie. Ce n'est nul- lement ce qu'Athénée rapporte: il dit qu' Apicius mangeait à Minturne, dans la Campanie, une espèce de sau- terelles d'eau, qui surpassaient en grosseur les écrevisses d'Alexandrie; et qu'ayant appris qu'on en trouvait en Afrique, qui étaient d'une gran- deur démesurée, il s'y transporta sans délai et avec bien des incommo- dités. Les pêcheurs, avertis de son arrivée, lui allèrent au-devant avec les plus grosses sauterelles qu'ils eus- sent pêchées: il n'eut pas plus tôt su d'eux qu'ils n'en avaient point qui surpassassent celles-là que, sans avoir voulu prendre terre, il donna or- dre qu'on le ramenât à Minturne (29). L'auteur moderne, que j'ai cité, a eu tort de dire que le manuscrit d'Api- cius fut trouvé dans l'île de Mague- lonne, par Enoch d'Ascoli, sous le pontificat de Nicolas V. Il s'appuie (26) Dalecamp. Not. in Atheo., pag- I^S.
(27* Idem, ibid.
(28) Je ne pre'lcnds pas nier que la I'^. édi- tion de Kliodiginus nejut autrement divisée en livres et chapitres, que celle dvnl tout le monde se sert.
APIEN. APION, sur l'autorité de Léandre Albert, et sur celle de Philippe de Bergame: Ut tradit, dit-il (3o), Leander Albertus Bononiensis in Descriptione Ilalice, pag. 267, et Philippus Bergomas in Chronici continuatione qui M. Caeci- liura appellat. Mais ce sont deux écri- vains qui ne font aucune mention de Yile de Maguelonne; et il est constant ([ue le manuscrit ne fut trouvé dans ce lieu-là que par Albanus Torinus, l'an 1529. Philippe de Bergame, sans faire mention du lieu, dit seulement ((u'Enoch Asculanus trouva, du temps de Nicolas V, ces deux livres-ci: Por- phyrion sur Horace, et M, Cœcilius Apicius. Il dit cela sous l'année i454- llerman Buschius s'accorde avec lui à l'égard du temps. Voici les paroles de Léandre Albert: Cujus { Enochi Asculani ) industria M.. Cœlius Api- tius et Pomponius Porphyrio in Ho- ratium circa JYicolaum P^. pontif. in- venti ac è tenebris in lucem i^indi- cati sunl (3i). Volaterban assure que Suidas dit que Marc Apicius composa un livre de Guld. Robert Etienne, grand copiste de Volaterran, assure la même chose dans son Elucidarium Poèlicum. On les en a critiqués: wel- lem locum indicâssent, dit notre mo- derne (32), hoc enim apud Suidant non reperio.
(3o) Joh. Albertus Fabricius, Bibliotb. Lat., (3i) Leand. Albertus, in Descriptione Italiœ, (32) Job. Albertus Fabricius, Bibliotb, Lat., pag. i32.
APIEN (Pierre), en latin Apianus, mathématicien alle- mand, au XVP. siècle. Je n'a- jouterai qu'une chose à ce que Moréri en a dit: c'est qu'on l'ac- cuse d'avoir été plagiaire de Royaumont (A) '*'.
* Leclevc reproclie à Bayle d'avoir traduit le nom de Regiomoatanus.
(A) On l'accuse d' ai>oir été plagiaire de Royaumont. ] Ceux qui grossiront les listes des plagiaires déjà publiées, se pourront servir, s'ils veulent, de ce passage de G.-B. Benedetti: Hœc omnia, dit-il (i), tradita fuerunt et (1) Job. Baptista Benedictus, de Gnomonum Uinbranimque solarium n:>u, eap. Il, Jolio a.
scriptis mandata ah anlii/uis et à re- centioribus usurpala, nt facile depre- hendi polest in Erasmo Osualdo qui ontnem Jerè sui primi mobilis ratio-, neni à Petro Apiano deaumpsit; Pe- trus uero Apianus hœc eadeni cum fnultis aliis propositionibus à ih/onle- Regio accipiens sibi ipsi ascripsit.
APION, fameux grammai- rien, natif d'Oasis en Egypte (A), professa à Rome sous l'empire de Tibère («). On ne peut nier qu'il ne fût savant (B), et qu'il n'eût recherché avec beaucoup de di- ligence les antiquités les moins connues, et ce qui donne à l'é- rudition un caractère d'exacti- tude et un caractère de variété; mais il avait tout l'orgueil d'un franc pédant (C), et il s'amusait trop à des questions difficiles et peu importantes (D). L'empe- reur Tibère ne connut pas mal le défaut de cet esprit; car en- core qu'on n'entende pas peut- être tout ce que ce prince vou- lait dire (d), on connaît sans peine qu'il prenait Apion pour un hâbleur, qui étourdissait le monde par une ostentation trop criante de son savoir. Cet homme fut chef de l'ambassade que ceux d'Alexandrie envoyèrent à Cali- gula, pour se plaindre des Juifs qui habitaient dans leur ville, avec lesquels ils avaient eu de grands dilférens. Il alla à Rome avec deux autres députés. Les Juifs envoyèrent aussi trois hom- mes (c) à Caligula pour justifier leur conduite. Philon était le chef de leur ambassade. Apion y animé de toute la haine que les (a) Suidas in Atjoiv.
{b yojez la remarque (C).
{c'; C'est selon Josephe, Aotiquit. Judaig., ('«' ^f'III, chap. X; car Philon, pag-. ioi3^ du que les députes des Juifs etaieaicinq.
176 APION.
Égyptiens conservaient de temps ce remède n'empêcha pas qu'il immémorial contre la nation ju- ne mourût de ce mal, au milieu daïque, accusa les Juifs de plu- d'une très-grande douleur (h). Il sieurs crimes, et insista princi- s'était vanté d'avoir évoqué l'âme paiement sur ce qui pouvait irri- d'Homère, pour savoir la pa- ter le plus l'esprit de Caligula; trie et la famille de ce poète (/). c'est que les Juifs ne voulaient On connaît le titre de quatre ou pas lui consacrer des images (E), cinq de ses livres (G). ni jurer par son nom, pendant II n'est pas vrai qu'Apion ra- que tous les peuples de l'empire conte qu'Euphranor, voulant lui consacraient des temples et peindre Jupiter, alla à Athènes des autels (d). Un des principaux consulter un professeur qui lisait ouvrages d'Apion était celui des Homère à ses écoliers, et que Antiquités d'Ègjpte. C'est sans ce peintre fit un portrait admira- doute dans cet ouvrage qu'il ble de ce dieu sur la description parla des pyramides assez am- que fait ce poète au livre pre- plement, pour mériter que inierdeV Iliade d'un Jupiter, etc. Pline l'ait mis au nombre des {k). Cette faute, qui échappa au douze auteurs qui ont écrit sur père Rapin, dans la première cette matière (e). Il parla dans édition de ses Réflexions sur la ce même livre fort désobligeam- Poétique, fut cruellement rele- ment des Juifs; mais il ne se cou- vée par le jésuite Vavasseur (H). tenta pas de les maltraiter dans loccasion que lui en tournireut fin, ses Antiquités d'Egypte, il fit (i) r oyez la remarque (D).
un ouvrage tout exprès contre (*) Rapio.Kéflex. sur la Poétique, ««m.
eux [f). Josephe se crut oblige de réfuter les calomnies malicieuses (A) Apion natif d'Oasis en dont cet auteur les avait chargés Egypte. ] Je ne saurais comprendre fr). Apion n était point en vie Vi - • j „ ™ • quand cette réfutation tut taite; ^-^^^ ^^ jeux articles, tantôt sous le car on y donne une remarque nom d'Apian, tantôt sous celui d'Apsur le genre de sa mort. Ou y pion, sans nous avertir qu'il n'y a ° j < »*+„**,„„ là qu'un seul personnage. Je ne crois assure, qu après s être tant mo- ^^'^ ^^,.j ^ ^.^ j^haâles gens qui que des cérémonies judaïqvies, l'aient nomme Apian j mais je sais sans prendre garde qu'à certains que ceux qui se piquent d'exactitude, égards il foulait aux pieds, par «e le nomment poiut Appion. Leur <^,,. i 1 • V raison est que son nom était pris ses médisances contre les 3Uits, j,^^.^^ divinité des Égyptiens, et non les anciennes lois des Egyptiens d'Appia, famille romaine (1). Sa paig) t il s'était VU attaqué d'une trie était horriblement défigurée dans maladie qui exigea des incisions f^l^''^ =,?« l'avait changée en Osias...^ i 11 Le Supplément 1 a marquée comme il aux parties naturelles; mais que ^.^^^J' j^^y^^ remarque qu'Hélico- {d) Ex Joseplù Antiq.. Lb. XVIII cap. X. "»'« avait dit qu'Apion était de l'île (e) Plin.us,hO. XXXri, cap. XIJ. Voj. de Crète; mais 1 ne faut point don aussi Ub. XXXV II, cap. V. ter qu il ne tût d Oasis, puisque Jo- (/) Justin. Paiœn. ad Grœcos, pag. 9. sephe l'assure, et lui fait un crime Clemens Alexautlr. Stroinat. hh.I,pag\ 320.
{g-) Entre autres celle de la Circoncision. (i) Vessins, de Histor, GrKcis, pas- 53»..
APION, d'avoir abjure sa patrie pour se dire Alexandrin (2), Cette accusation de Josephe ne vaudrait rien, quand mê- me il ne l'aurait pas exagérée et re'- paudue dans un grand amas de pa- rolesj car Apion, en se disant Alexan- drin depuis l'acquisition de la bour- geoisie d'Alexandrie, n'avait rien fait que plusieurs célèbres professeurs n'eussent déjà pratiqué. Le surnom de Plislonices, qu'on lui affecte (3), était d'une signification tout -à- lait avantageuse (4) j mais ou ne sait pas la raison pourquoi on le surnommait ainsi. Suidas le fait fils d'un homme qui s'appelait Plistonices, 'ATriaa, ô riA£irov<)to^. Sur ce pied-là, le surnom n'aurait rien dit à sa louange. D'au- tres disent que son père s'apjielail Po- sidonius, "Aît/ûiv, ô Xlaa-uS'aiviou (5). Il ne serait pas impossible que les co- pistes eussent changé nxtiç-ûv/xoii en Tïoa-iij'mvlov.
(B) On ne peut nier qu'il ne fiit savant, ] Tatien le traite d'homme très- renommé, ctvitp S^oKi/ji.âi'ra.'r'ii (6). Aulu - Celle en parle de cette ma- nière: Litteris homo mullis prœJitus, rerumque grœcarum plurima atque va- ria scientia J'uil: ejus libri non ince- lebres f'erunlur, quibus omnium fer- mé quœ niirijîca in jEgypto visuntur audiunturque historia coinprehenditur , (7). Voilà qui regarde sa littérature, «t voici de quoi connaître son caquet et sa hardiesse: Facili atque alacri facundid fuit (8). Mais n'empiétons pas sur la remarque suivante.
(C) // avait tout l' orgueil d'un franc pédant."] Aulu-Gelle nous en dit assez pour nous le faire concevoir sous l'i- dée d'un fanfaron: In his quœ au- divisse vel legisse sese dicit, far- tasse a vitio studioque ostentationis fit loquacior. Est enim sanè quant in (î) JosepVi., contra Apionem, lib. II. (3) Pliniiis, lib. XXXVIl, cap. V; Aul. Gellins, lib. y, cap. XIV. el lib. FI, cap.
«^TfXXxâêif. ^pion grainmalicuf, qui TTKilç-ovl- XHÇ id est, siepè victor est cognoininatus. Cle- niens Alexandr. Strom., lib. I, pag, 820.
(5) Jul. Africanus, apud Euseb. Praeparat. Evangel., lib X, cap. X, pag. 490- Justin. Admonil. ad Graecos, pag. g.
(6) Tatianus, apud Eusebiam, Prœpar., lib.
(7) Aul. Gelliu», ni,. F, cap. XI F.
(8) Idem, lib. FI, cap. Fil.
prœâicandis doctrinis suis fendilator (9). Apion se vanta, avec la dernière ellronterie, de donner l'immorlalité à ceux à qui il dédiait ses ouvrages. Jamais prédiction ou promesse n'a été plus fausse. Aucun de ses livres n'a pu résister aux injures du temps- et si d'autres auteurs ne nous eus- sent appris qui il était, nous ignore- rions aujourd'hui et son nom, et sa personne: il n'a donc rien fait en faveur de ceux qu'il mettait à la tête de ses ouvrages. Rapportons le pas- sage de Pline en son entier: yl/iion quidam grammaticus, hic queni Ti- bcrius Cœsar cyvibalum mundi uoca- bat, quiimpublicœ fantœ iympanum, potiiis fidcri posset, immortiUlate do- nari a se scripsit, ad quos aliqua componebnt ( 10). M. de Tilleraont avoue qu'il n'entend pas ce que Pline dit de notre i^ion en cet endroit-là (11). J'aime mieux avouer la même chose que d'adopter l'interprétation que j'ai lue dans le Supplément de Moréri. // se vantait, voilà les pa- roles du Supplément, d'immortaliser ceux à qui il dédiait quelqu'un de ses ouvrages. C'est pourquoi l'empereur Tibère l'appela la cymbale du mon- de: sur quoi Pline dit qu'il fallait plutôt l'appeler le tambour du monde, parce qu'il ne rendait qu'un son des- agréable. Mais, premièrement, il n'est pas vrai que Pline rapporte que parce qu'Apion faisait tant de cas de ses épîtres dédicatoires, cet empereur le nomma Cymbahan mundi. En second lieu, Pline ne dit pas qu'il le fallait appeler plutôt tambour du monde: il se sert de la yihraise publicœ famce tympanum, qui a une force particu- lière pour représenter cet homme comme une espèce de orieur public, qui, au son du tambour ou à son de de trompe, fait savoir à tous les ha- bitans d'une ville ce qu'on souhaite que personne n'ignore. En troisième lieu, Pline ne dit point qu'à cause qu'Apion ne rendait qu'un son dés- agréable, il valait mieux l'appeler tym* panum que cymbtilwu. Qui a dit au continuateur de Moréri que la cym- bale soit plus agréable que le tambour? (Dj II s'aïuuiail trop a des ques- {çt)Idem, lib. r, cap. XI F. (lo)Plinius, in Prœfalione Natur. HUt, (11) Tillcm., Hiiloiredes Einperemi, tom. /, i7« API lions dijjflciles et peu importantes. ] Jali'S Anicainle nomme le plus poin- tilleux «les grammairiens, ou celui qui recherchait les clioses avec le plus lie curiosité et de scrupule ^ê/Jisp'yô- TctToç yfo.fAy.a.'viKÛv (12). Selon Suidas, ou lui avait donné le surnom de y-'a^,- 6«ç; ce mot signifie travail, et a plus do force en cet endroit que celui de /xo;tâ>ifôç, laborieux, ou importun, qui, selon la conjecture d'un habile homme (i3), s'est peut-être glisse dans Suidas au lieu de ^ci;tâûç.. Di- dyme, qu'on surnomma x,"-^"-^'''''^!"'^ (i4J, c'est-à-dire, Vhomme aux en- trailles d'airain, eut en la personne d' A pion un disciple qui fut son par- fait imitateur. Apion, laborieux com- me son maître, eut, comme lui, un surnom qui marquait ce tempérament; je ne pense pas que le disciple fût d'un autre golU que \g maître tou- chant le choix des matières. Didyme fit des traités sur la patrie d'Homère, sur la véritable mère d'Enée, sur les mœurs d'Anacréon et de Sappho (i5). Son disciple rechercha si ardemment quelle était la patrie et la famille d'Homère, qu'il se servit pour cela des évocations magiques. H crut avoir fait une remarque merveilleuse, lors- qu'il découvrit que les deux premiè- res h'ttres de l'Iliade, prises numéralement, valaient 48- Sur ce fonde- ment, il assura qu'Homère attendit à mettre le premier vers à la tête de l'Iliade, que ses deux poèmes fus- sent achevés, et que, pour commen- cer l'Iliade, on clioisit un terme dont les deux premières lettres marquas- sent que ces deux poëmes contenaient 48 livres. Voilà qui sent les mystères de la cabale. Cet homme, qui était si grand ennemi des Juifs, ne don- nait pas mal dans leurs rêveries, par rapport aux mystérieuses positions des lettres. Quoi qu'il en soit, écou- tons ceux qui nous apprennent les faits que j'avance: Quœrai aliquis quœ sint nientiti ueteres iiini^i, ciiin ado'escentibus nobis t'isus /4piongram- maticœ artis, prodiderit cyiiocvpha-- (12) Jul. Afrtcan., apud Euscb. Prstpar. EvaD^cl., lib. X, cap. X.
(i4) Amm. Marcellin, lib. XXII, cap. ull., (i5; Scneca, Epislol., LXXXJ'III, pag. 36i.
ON.
liam herbam quœ in Mgypto voca- retur Osf rites, diuinam et contra om- nia bénéficia; sed, si lola erueretur, stathn euni qui eruisset, niori: seque evocdsse umbras ad percontandum U<>- merum qudnam palrid, quibusque pa- renlibus genitus esset, non tamen au- sus projiteri, quid sibi respondisse diceret ( 16). Il paraît, par ce pas- sage, qu'Apion s'était vanté lui-mê- me, dans ses écrits, d'avoir employé la magie pour s'aboucher avec Ho- mère, et qu'il faisait le mystérieux sur les réponses qu'on avait faites à ses demandes. Cela sent fort le charlatan. Pline fait assez entendre le jugement qu'il faisait du personnage. Sénèque ne l'estimait pas beaucoup. Apion grammulicus, dit-il (17), qui sitb C. Cœsarc totâ circwulatus est (18) Grœ- cid, et in nomen Honieri ab omnibus duitatibus adoplatus, aïebat, Hnnie- rum utrâque matcrid consuinmatd, tt Odysseâet Iliade, principiuin adjc- cisse operi sua quo bellum Trojanum complexus est. Hujus rei argumentum ajferebnt, quod duas litleras (19) in primo versu poiuisset ex induslnd li- broruni suorum numerum continentes (20). Nous apprenons par ces paroles que ce grammairien en donnait bien à garder à la Grèce, puisqu'on l'y recevait, dans toutes les villes, com- me un second Homèi'e, comme un Homère ressuscité. Un homme qui a du savoir, et outre cela de l'impu- dence et du faste, trompe bien des gens par son babil.
(E) // accusa les Juifs dei'ant Ca- ligula de ne ifouloir pas lui consacrer des images. ] Ce fut la principale accusation. Joscphe, dans l'endroit que le continuateur de Moréri a cité, le raconte nettement: et comme c'é- taient les Juifs d'Alexandrie qu'Apion avait ordre d'accuser, il est manifeste qu'il ne s'agissait pas de ce que les Juifs de Jérusalem faisaient, ou ne faisaient point. Cependant, si l'on en (16) Plinius, lib. XXX, cap. II, suhjinem.
(18) Le manuscrit de Lipse, sur ces parolet de Sénèque, approuve cHte leçon, el prétend <;«* Apion était un charlatan ei un saUitnbanquef Agyrta (uit et eiiculator, (i^) Le premier mot de l'Iliade est /XMVIV. La lettre /^ vaut 4o, T» vaiU 8.
(10) Coiifer <i lia Platuch. SytTtpos., lib- IX, APION, tr croit notre continuateur, il ne s'a- gissait que de cela, et ce n'était point la ville d'Alexandrie qui se plaignait des Juifs, c'était Caligula qui se plcii- gnait de ce qu'ils n'at^aienl pas l'Oulu recevoir son image dans le Temple de Dieu. Il faut avouer que cet empereur 79 79 composa une Apologie, où il répondit à ces censures, et aux calomnies que l'on débitait contre les Juifs. La moitié de l'Apologie ne regarde pas Apion, quoiqu'on la cite ordinairement commesi elle était toute co/itre /4pion. Elle est citée par Origène sous le titre fit de grands eflbrts pour faire placer de Anliquitate Gentis Judaïcee (a3) sa statue dans le Temple de Jérusalem (ai); mais avouons aussi, que l'am- bassade de Philon, ni celle d'Apiou, ne regardaient pas ce fait. Phiion, lorsqu'il rapporte si exactement les plaintes et les questions que Caligula lui fit, ne raconte rien qui concerne (G) On connaît le titre de quatre ou cinq de ses livres. ] J'ai parlé de ses Antiquités d'Ef^ypte, divisées en cinqlivresfa^), etdeson Traité contre les Juifs, J'ajoute qu'il composa un Traité de Luxu Apiai (aS), un au- tre de Lingud Romand (36), et uu cette statue du Temple (23). Caligula autre de Disciplina metallicd (27).
fait des plaintes générales de ce que les Juifs étaient les seuls qui refusaient de l'honorer comme un dieu. Apion l'avait déjà aigri sur ce sujet, afin de l'empêcher de rendre justice sur le fond de l'affaire. Il s'agissait pro- prement des privilèges dont les Juifs devaient jouir dans Alexandrie: leur cause était bonne, ils l'auraient gagnée devant des juges désintéressés. Que fit Apion? il donna le change, il rendit odieux les juifs à Caligula, il se jeta sur les accusations d'impiété, il amusa le bureau par des incidens captieux. C'est ainsi qu'en usent tous les jours les faux dévots, pour se maintenir dans la très-injuste domination qu'ils usurpent, tant sur les consciences, que sur toutes sortes d'afl'aires. On ne saurait trop souvent le répéter.
(F) Josephe se crut obligé de réfuter les calomnies malicieuses dont cet au- teur avait chargé les Juifs. ] Le con- tinuateur de Moréri broncfie encore en cet endroit. Cela, dit-il, donna lieu ensuite à Josephe d'écrire la t^ie et les erreurs d' Apion. 11 n'est point vrai que Josephe ait écrit la vie de ce gram- mairien; et c'est parler peu exacte- ment, que de dire qu'il écrivit ses erreurs. Ces paroles inspirent natu- rellement cette pensée: c'est que Jo- sephe écrivit un livre de controverse contre les hérésies d' Apion. La vérité est, qu'ayant appris que plusieurs critiques s'étaient élevés contre ses Antiquités judaïques, non pas pour en condamner la forme ou le style, mais pour l'accuser de mille fables débitées à l'avantage de sa nation, il (71) Philo, de Légat.
(as) Jbiii., png. io4i et seqq.