SigPhi · Pierre Bayle

Dictionnaire historique et critique (Tome 2)

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(F) Sa réputation a duré autant que le paganisme.'] M. de Tillemont, qui nie cela, se sert du témoignage de Lactance, et de celui d'Eusèbe. Dès le commencement du quatrième siècle, qui que ce fût, dit-il (aa), n'honorait (19) Vopiscus, in Aureliano, cap. XXIV.

(îo) Lamprid., in Alexandre Severo, cap, XXIX.

(71) Euseb., in Hierocl., pag. 4"^ > ^77 > cité par Tillemont, Hist- des Empereurs, (22) Tillemont, Hist. des Empereurs, l«m. JI, APOLLONIUS.,g3 Apollonius comme un Dieu, quoi- nius (a4). Je trouve dans Eusèbe que, qu'on prétende (jue les Ephésiens ré- de son temps, on faisait courir le bruit tueraient encore sa statue, mais sous que, par l'invocalion du nom d'Ale nom d'Hercule, et non sous le sien, pollonius, il se faisait bien des clioses: parce qu'il était constant que ce n'é- Aôrl>ca. t^v vûv eiViv, ci Trifiîcyouç uti- Eusèbe assure aussi que £ presque"] yof'nt xîtT«»?v«c|)Évon xs^ous-i {jx^). JYeque personne ne connaissait plus alors i/erà hodiè quoque desunt qui eruertos yipnllone, non comme un Dieu ou se dicant ejus nomini ini'Ocato magicas comme un homme extraordinaire et inesse t^irtutes ad superstiliosa quœadmirable, mais même comme un dam peragenda. 11 les appelle macisimple philosophe. M. de Tilleraont ques ou superstitieuses j mais il ne cite le 111*. chapitre du V*. livre faut point douter que plusieurs païens de Lactance, et le traite d'Eusèbe ne les prissent pour de bons miracles, contre Hiéroclès, à la page 468. J'a- Je trouve dans saint Augustin que, de voue que Lactance suppose que per- son temps, on importunait de toile sonne n'honorait Apollonius comme sorte les chrétiens par le chimérique un Dieu: Cur i^itur, demande-t-il, parallèle des miracles d'Apollonius 6 delirum caput, nemo Apollonium avec ceux de Jésus-Christ, et par la ripro Deo colit? nisi forte lu solus illo diculeprétentionqueles premiers é^^ascilicet Deo dignus cum quote insem- laient ou surpassaient les derniers piternum uerus Deus puniet; maisil ne qu'on recourut à cette grande lumière s'inscrit point en faux contre ce que de l'Eglise, pour avoir la réfutation l'auteur qu'il réfute avait avancé, que de cette difficulté: iJeti tamen etiam l'on honorait encore à Ephèse le simu- ego in hdc parte qui plhrimis quicquid lacre consacré à Apollonius sous le rescrlpseris, pnoFVivfiVM esse con/ido nom d'Hercule: Simulacrum ejus sub precator accesserim utad eav\G\LAttTivs Herculis Alexicaci nomine constitu- respondere digneris, in qiiibus nihil tum ab Ephesiis etiam nunc honorari ampliiis Dominum quant alii homines (23). Il se contente de se prévaloir de facere potuerunt, fecisse uel gessisse ce qu'Apollonius n'était point honoré mentiuntur. Apollonium siquidem suum.

sous son vrai nom, mais sous un nom nobis et Apuleium aliosque magicœ emprunté: Ideo alieni nominis titulo artis homines in médium proférant ajf'ecta^'it difinitatem, quia suo nec po- quorum majora contendunt extilisse terat nec audebat. Cela est plus subtil miracu/a (26.) Ce fut alors que saint que solide; car quand les Ephésiens Augustin déclara ce qu'on a lu dans consacrèrent ce simulacre, ils n'eurent l'article (37); c'est qu'Apollonius de intention que d'honorer Apollonius, Tyane valait beaucoup mieux que Juet ils ne se servirent du titre d'Hercule piter: ce qui, pour le dire en passant, ttToTpTronoç, ou Alexicacus, que pour doit, faire honte à je ne sais quels théoraarquer qu'Apollonius les délivra de logiens modernes qui ne sauraient la peste. 11 n'y eut apparemment souffrir que l'on regarde la privation nulle sorte d'arlîGce dans tout cela: de la connaissance de Dieu comme Apollonius ne chercha point à se un moindre mal que le culte des gencouvrir d'un autre nom par aucune tils pour des dieux abominables, et crainte que le sien ne jetât quelque pires, selon le sentiment de saint scrupule dans les esprits. Voilà donc Augustin, que des magiciens: Quis un bon témoin produit par Lactance, autem t^el risu dignum non putet.

touchant le culte que l'on rendait en- quôd Apollonium et Apuleium cœtecore à noire Apollonius au comraen- rosquemagicarum artiumperitissimos cément du quatrième siècle. Avec tout conferre Christo fel etiam prce ferre le respect dû à ce père de l'Eglise, conantur, quanqnàm TOLERABiLiùsyèje ne saurais me persuader que ceux rendum sit quando illos ei potiiis com- de Tyane eussent discontinué leurs vénérations, ou qu'on eût ôlé de ^'''^ ^°-'^" If passage de Vopiscus, dans la tous les temples les images d Apollo- (,5, F,„eb.,.„ nierodem, pag. 54..

(26) Mariellin. ad Augusùnuoi, Eplst. III cap. III, pas- 3io. (l'j) CUaUon [Ji).

parent qu'cun deos suns: multo enim bitées par Philostrate, puisque c'est jnelior, quoil Jatendum est, yipollo- un auteur dont personne ne fait cas, niustuil, (juàm lot stufirorum auctor et que l'on ne met pas même au nomtt perpetrator quem Jot'em nominant bre des philosophes. Cette explic.i- (a8). Le même père remarque que les tion, je 1 avoue, soufl're quelques difpaïens, qui se moquaient de l'histoire ficultés 5 mais il est sAr qu'Eusèbe de Jonas, eussent reçu pour très-vë- prétend attaquer le fantôme de Phiritable une pareille aventure, si elle lostrate, et non le véritable Apolloeût été racontée touchant Apulée, ou nius. Ne déclare-t-il pas qu'il a tou- Apoilonius de Tyane: Si h.»c qund jours regardé Apollonius comme un de Jonâ scriplum est, ylpuleius Alu- savant homme, et qu'il consent qu'on daurensis, vel ^poHonius Tfaneiis, le place au nombre des philosophes fecisse diceretur, quorum nailta mua, avec toute sorte d'honneur i* qu'il ne nidio fidcli auctore, jactitant si rejette que les fables et les vertus snrde istis ut dixi quos magos ^/el philo- naturelles dont Philostrate et quelques sophos laudahiliter nominant taie ali- autres panégyristes ont parlé: et qu'en quid narraielur, non jarn in ùuccis prenant droit sur Philostrale, il moncreparet risus, sed typhus (29). Enliu, trera qu'Apollonius est indigne dètve je trouve qu'Eunapius écrU'ail au compté, non-seulement au nombre commencement du cinquième siècle, des philosophes, mais aussi au nomqn'Apollonlus n'était pris tant un phi- bre des gens d'une médiocre vertu: losophe, que quelque chose ipd tenait tant s'en faut qu'on le puisse metle tnilieu entre Dieu et l'homme, et tre en parallèle avec Jésus-Christ: que Phdosirate dei^ait twoir intitulé Miviiv 'iTrurjci-^w/iAtiici tmv toS *ixoç-f «.tow l' Histoire cni U en a ftitte, la descente ypxi'iiv (A' «ç îi/ôi>v&i/^sv cêç aùx oti yi îv d'un Dieu sur la terre [io). Ai-jedonc (fixocrocfoiç âxx oi/eT' êv 'eTruiKÎ^t kcli /mtort d'assurer que la gloire d'Apol- Tpoïc dvtf'pâ.o-iv â^iov 't^x-flvitv, oùx, oTrccç lonius dura autant qae le paga- tû a-mTiipi w//œv Xpiç-i» 7r*faTi6êv*i tov nisme? 'A^oxxcéviov (3a). Unam modo pcn- II ne me reste qu'à répondre à l'au- sitemus Philostrati historiam, exhdc toritéd'Eusèbe, dont M. deTilleraont enim cciiis rationihus cont^incemus s'est fortifié. J'y réponds facilement, y4pollonium non inter philosophas parce qu'il est clair, par les faits qui locum, ac ne inter medioeris quidem.

viennent d'être allégués, qu'Eusèbe «c usitalœ probitatis i^iros dignuni donne dans une hyperbole qui ne pa- sortiri, nedîtm sit ille Satualori nosiro raît avoir aucune ombre de vérité, ratione aliquâ conferendus.

Comment pourrait-il être véritable (G) // laissa quelques ouvrages que personne, au te;nj>s d'Eusèbe, qui ne subsistent plus.] l\ avait écrit ne faisait Thofineur à Apollonius de quatre livres sur V Astrologie judile traiter de philosophe, puisqu'Am- ct^ire (33), et un Traité sur les Sacrimien Marcellm, dans le même siè- fices (3^), pour marquer ce qu'il fal cle, ayant dit un mot par occasion lait olVrir à chaque divinité. Ce derd'une fontaine qui était auprès de mer ouvrage devint fort célèbre: Eu- Tyane, ne manque pas de se souve- sèbe le cite (35j. Suidas le marque nir d'Apollonius avec cet éloge: Ubi aussi, et y ajoute un Testament, un amplissunus ille philosophas Apol- Recueil d' Oracles et de Lettres ■, Qt Va lonius traditur natiis (3i)? J'aimerais Vie de Prthagore(36). La Théologie, mieux dire, pour l'honneur d'Eusèbe, dont Eusebe cite un endroit (Sj), est qu'il parle de Philostrate, en sorte 3ue son sens soit qu'il n'est pas besoin e réfuter amplement les rêveries dé- (28) August., Kp'isl IV, ftag. 23.

(29) rjem, Epislola XLIX, pag. 208.

(30) Kunapius, de Vitis Plillosoplior., Piaf., ptif^. II. Je 'ne.lers des paroles de M. de Tilieinuot, Hist. de» Enjpereuia, lum. II, (Mi) Amm. Marcellin., Ub XXIT, cap. VI, (3ï) Euseb., in Hierocl., pag. 5i4- (33) ïlif'ifAO.VTiict.çoiç'ipcev, De Divittu- lioiie Axtiorum. l'hiloslrat., m Vità Apollouii, lib.III, cap. XI U.

(34) Idem, ibid. f'ide eliam lib. ÏV, cap. FI.

(351 Euseb. Préparât. Erangel., lib. IV, cap- XIII, pag. i5o.

(3^) Euscb. Uemonstr. Evanjel,, lib. III, cap. III, p"S. io5.

APOLLONIUS.

peut-être la même chose que l'ouvrage sur les Sacrifices. Apollonius ariut écrit une infinité de lettres: Pliilo- strate en a inséré dans son histoire quelques-unes, touti s fort courtes. V Hymne sur la Mémoire n'est pas un ouvrage d'Apollonius, comme M. de Tillemont le prétend, licite le cha- pitre XI du P'. livre de Pliilostrate, page i8. Je n'y ai point trouvé cela, mais seulement qu'Apollonius, âgé de cent ans, avait la mémoire meilleure que Simonide ne l'avait eue, et qu'il chantait souvent l'hymne que Simo- nide avait composée à la louange de la mémoire. Suidas rapporte cela si confusément, qu'il semble dire que ce fut Apollonius qui composa cette pièce. Konig y a été attrapé. Voyez sa Bibliotiiéque, à la page 49- Le Tes- tament, dont Suidas fait mention, iTiaÔM'xH, est sans doute le livre que Philostrate a cité dans ces paroles: Kot« rfiaâiixcti (Tê Ta 'ATToxxaiv/û) yiypâ.'^eL- •r«v ^iKo<!-o<^ixv iyîviTa (38) ^ c"est-à- dire, selon la version de Vigénore: Apollonius at'oit de sa part ausu escrit des mémoires par où l'on pou- foit aisément cognoiire combien il estait curieux, l'aire presque comme transporté après la philosophie.

(Hj On parle d'un autre philosophe fait que traduire, on n'aurait point eu sujet de se plaindre; mais il a joint à sa version quantité de notes fort am- ples qu'il avait tirées pour la plupart des manuscrits du fameux baron Her- bert. C'est le nom d'un grand déiste s'il en faut croire bien des gens. Ceux qui ont lu ces notes m'ont assuré qu'elles sont remplies de venin • elles ue tendent qu'à ruiner Ja r. ligion ré- vélée, et à rendre méprisablt-rKcri- ture Sainte. L'auteur ne travaille pa.s à cela par des raisons proposées grave- ment et sérieusement, mais presque toujours par des railleries profanes, et par de petites subtilités. C'est donc avec beaucoup de justice et de sagesse que ce livre, qui avait été imprimé à Londres l'an 1680 (4o), a été sévère- ment défendu. Ce nouveau traducteur de Philostrate était un gentilhomme anglais, nommé Charles Blount *. 11 publia, en 1693, un traité qui a pour titre les Oracles de la Raison, et l'ac- compagna de quelques autres opus- cules de même aloi. 11 fit une fin tra- gique, en la même année. Il était fort amoureux de la veuve de son frère, et prétendait pouvoir l'épouser sans in- ceste: il avait fait un traité pour le prouver; mais il ne vit nulle appa- rence à obtenir le consentement de l'Eglise. Sur cela, il lui prit une pennommé Apollonius de Tyane.'\ C'est sée de désespoir, et il se tua lui-même. Suidas qui en parle, sur la fui d'A- Vo; S gresphon qui avait écrit un livre touchant les personnes de même nom, 7rifi'Oiji.ceyifA(in, de Homonymis. Cc\a fait souvenir qu'un savant homme, que j'ai cité ci-dessus (39), doute si les anciens ont fait des livres sembla- bles à ceux de Léon AUatius, de Si- meonibus, de PieUis, etc. Qu'il n'en doute point; 6ar outre Agresphon, nous pouvons donner Démétàus Ma- gnes, Quelques sa vans y veulent join- dre Denys de Sinope, et Simaristus; mais ils se trompent. Voyez la remar- que (B) de l'article de ce Démétrius, vers la fin.

(I) Une traduction anglaise de cette f^ie...a furieusement scandalisé les bonnes dmes. ] L'auteur de cette ver- sion ne l'avait conduite que jusqu'au IIP. livre exclusivement. S'il n'avait (38) Pliilostrat., Vita Apollon., Ub. I, cap. ÎII.

(^9) M. de Sallo. forrz la remarque (F) de l'article Allaxiui, ven le tiatieu^ oyez l'Histoire des ouvrages des Sa- vans (40. Au reste, M. de Tillemont, en parlant de ceux qui ont fait la Vie d'Apollonius, s'estanété à Philostiate. Allons plus loin. Nicomacpie, qui vi- vait sous l'empire d'Aurélien, fît la Vie d'Apollonius sur celle que Philo- strate asait écrite. Tascius Victoria- nus en fit une autre sur celle que Ni- comaque avait composée. Sidonius Apollinaris en fit une autre, et se ré- gla beaucoup plus sur le modèle de Victorianus que sur cdui de Nicoma- que (4'i) Nfjus lisons dans Suidas que Sotéiichus, natif d'Oase en Egypte, avait composé la Vie d'Apoïlonius.

(4o) Le titre marque l'année 1680. // faut que le livre soit demeuir cache plusieurs années; car il n'a été condamné qu en i6q3.

* Il exUte une traduction française faite par C-istilboa du travail de filoiint, 1774. 4 ^"'""'«s in-i2. I.a prélacc de cette tradiictioa ftançaise est de Frédéric II, roi de Prusse (4i) Mois de novembre i6g3, pag. i35, i?G.

(^1-) Ut SidoDii Apolliiiari!) Éuiii. III, Ub.

yiu ,g6 APONE.

Cet auteur vivait sous l'empire d'Au- faisait payer de grosses sommes lëlien. Je ne saurais dire sur quoi Sa- ^^^^^ la visite des malades (B). •varon se fonde, lorsqu'il ««et Plutar- 1 soupçonné de magie, et riue parmi ceux qui ont écrit la Vie *' *"''.. f^. » ' Je notre Apollonius (43). poursuivi par 1 inquisition sur jusqu'à la fin du procès, il y a beaucoup d'apparence qu'il eût souffert en sa personne ce qu'il ne souffrit qu'en effigie après sa mort. Nous rapporterons (c) ce que ses apologistes observent. Son cadavre, secrètement déterré par ses amis, échappa à la vigi- lance des inquisiteurs, qui vou- laient le faire brûler (D). Il fut transporté en divers lieux, et entin on le plaça dans l'église de Saint-Augustin, sans épitaphe, et sans nulle marque d'honneur (d.) Les accusateurs de Pierre d'Apone lui attribuent des opi- nions incompatibles: ils veulent qu'il ait été magicien, et qu'il n'ait point cru qu'il y eût des diables (E). Il eut pour le lait une telle antipathie, qu'il n'en pouvait voir manger sans sentir des maux de cœur (e). Il mou- rut l'an i3i6, à l'âge de soixante- six ans (F). L'un de ses principaux livres est celui tjui lui fit donner le surnom de Conciliator. On fait un conte bien ridicule, c'est que, n'ayant point de puits dans sa maison, il fit porter dans la rue, par les diables, celui de son voisin, quand il eut appris que l'on avait défendu à sa servante de continuer d'y venir chercher de l'eau (/). H eût bien mieux (K) Sidonius l'a représenté dans une description, où l'on t'oit un héros de pldlosophie aussi grand qu'on en puis- se unir. ] Afin que chacun en puisse juger, étalons ici les paroles de Si- 'donius Apollinaris. Il avait écrit la Vio d'Apollonius, et en l'envoyant à un conseiller d'Évarige, roi des Gotbs, voici ce qu'il lui dit: Lege i'iiuni {Jidei catholicœ pace prœfatâ) in •plurimis similem tut, id est, à di- i'itibus ambitum, nec divilias ambien- teni; cupidum scientiœ, continentem pecunice; inter epulas abstemium, in- ter purpuratos linteatum, inter ala- haslra censorium: concreturn, hispi- dum, hirsutum, in média nationum dtlibutarwn, atqiie inter satrapas re- ginn tiaratorum myrrhalos, pumica- tos, malobatratos, v'cnerabUi squa- lore pretiosum. Clinique proprio nihiL esui aut indittui de pecude conferret, regnis ob hoc, quœ pererrat^il, non tain suspicioni, quant fuisse suspec- tui: etfortund regiini sibi in omnibus obsecundanle, il/a tanliim bénéficia poscentem, quœ mage sit suelus obla- ta prœslare, quam sumere (44)' (43) S.ivaro, in Sidon. ApoUinar., pag- ^igi- {(fi\) SiJon. ApolUnar., Epist. UI, Ub. VIII, APONE («) (Pierre d'), l'un des plus fameux philosophes et médecins de son siècle *, naquit l'an i^iSo (b), dans un village qui est situé à quatre milles de Padoue. Il étudia long-temps à Paris, et y fut promu docteur en philosophie et en médecine (A). Je ne sais pas s'il mourut fort riche; mais j'ai lu qu'il se («) Quelques-uns le nomment Pierre d'A- vaiie.

* Pour cet article Joly renvoie aux Mé- moircsiiu pèrclNicéron, commesice père rele- vait beaucoup d'erreurs de Bayle. Wiceroii ne reproche à Bayle qu'une fautequ il n'avait pas l'aile. Voyez la noie sur la remarque (F).

{b) Jacobiis Pliillidui Tornasiiuis, Klog. jllustr. Vir, pug. 22.

{d) Tomasini Elog. Virer. illustr., pag. 2.[\, (e^ Mercklinus, i/i Lindeaiorenovalo, pag 8-79. Frcheius, in Tlieatro, pag. 1209. Il ciU MÏuccllus Donalus, et Matth. de Gradibus.

(y ),TomazoIGarsoni, Piazza uniyersale di tulle le professioni, discorso C.V.V.Ïf, folii:» 3tiû, verso.

A PO NE.

fait d'employer les diables à lui gantiorîbus typis demnndare voient faire un puits chez lui, et à bou- *^""* fidisset eus lidoclore vewo, Pacher celui du voisin, ou, pour SX;..:! /'^/.{r]:^^:^'"'"' ^"'"'^ »ns, a le transporter dans gU nomine et auspido in luccm pm- ison, plutôt qu'à la rue *. dire voluerit, ut coi ■ ■. - sa maison, plutôt qu a la rue '^. dire foluerit, ut commuais loci famce benejicio Jiueretur (i).

" Pour de plus grands détails sur Apone, (B) Il se faisait payer de grosses Jolvrenvo.eàlayiedecetauteur, parMa- sommes pour la fisite des malades 1 ^ " ^ pour les visites qu'il faisait dans la (A) Il étudia long-temps h Paris, et y fut promu docteur en philoso- phie et en médecine. ] Naudë observe cela dans une harangue où il relève le plus qu'il peut l'ancienne gloire de l'acade'mie de Paris, Rapportons un peu au long ses paroles puisqu'elles nous apprendront en passant que Pier- re d' Apone lit à Paris le grand ou- •vrage qui le fît nommer conciliateur: Prodeat tandem Petrus Aponensis ab inslgni libro, quem dum festras scho- lasfrequentaret edidit, Conciliatoris nomen adcptus: certè latebal in Ita- Ud, nutli propè cognita, nullis aliis discipiinis, nullis arlibus nedimi pro- priis exçulta, nulld deniquè vel lin- guarum cognltione, uel philosophiœ nitore decorata medicina; ciim ecce tulelaris illius genius, ex Aponensis Balnei pago, Haliam ab ignorantiœ barbarie, t'élut alter Camillus Roniam h Gallornm obsidione liberalurus; di- ligenter inquinl, ubinam gentium hu- maniorcs lilterœ feliciiis excolerentur, philosophia subiitiits traderetur, me- dicina puriùs et solidlits edoceretur: clinique rescii^isset uni Lutetice hanc laudem deberi, in eam statim immo- lât, illius gremio totum se tradit, philosophiœ medicinœque mysteriis se- dulo imcumbit, gradunt, et lauream in utrdque consequitur, utramque postea celeberrimè docet, et post diu- turnani annorum mornm diintiis uestris onustus, imà philosophus, me- dicus, astrologus, mathematicus suœ tcmpestatisprœstanlissimus in patriam suam rci'ertitur, et priniis omnium, Hcardeoni viri grai'issind judicio, sin- ceram philosophiam, et medicinam illi restituit. Undè gralitudinis ergà compellandus uenit, et h l'obis mé- rita gratid prosequendus Michaël An- gélus Blondus medicus Romanus, qubd superiori seculo Aponensis t'es- tri Concilialionesphysiognomicas eleles lieu de sa résidence; mais on assure qu'il n'allait point voir les malades hors de la ville, à moins qu'on ne lui donn.ltcent cinquante francs par jour (3). On ajoute qu'étant mande' par le pape Honore IV, il demanda quatre cents ducats par jour (3), Voilà ce que porte l'abrégé de sa Vie, inséré dans la nouvelle édition de Van der Linden, de Scriploribus medicis. Ca- raérarius rapporte la même chose (4) j mais sans nommer le paj)e qui re- courut à ce médecin. Il n'en use pas de môme à l'égard du lieu où Pierre d'Apoiie demeurait. Il dit que c'était Bologne. Il ne laisse pas de faire mention d'Honoré IV; mais il pré- tend que le médecin qui exigea de ce pape un paiement si énorme n'é- tait point Pierre d'Apone. Voici ses paroles, selon la version de Simon Goulart: Du temps de nos pères, un médecin de Florence, nommé î'ha- dée, acquit une telle réputation, qu'al- lant en pratique hors la uille il gai- gnoit par chascun jour cinquante es- eus, tt appelle du pape Honoré qua- tiiesme, en eut cent par jour, telle- ment qu^à snrt retour de Rome il ap- porta dix mille escus (5). S'il tût con- sulté la clironolûgie, il n'eût pas dit du temps de nos pères; car ce pape fut élu Tan 1285, et mourut Vim 1287. Dom Lancelot de Pérouse, citant Ciaconius (6), dit que ce Tha- dée, Florentin, et professeur à Bo- logne, se fit promettre cent écus par jour, quand le pape Honoré IV le manda; et il ajoute que ce voyage (i) Gabriel Nnudaeas, de Aotiquitate Schûia Medicœ Parisiensis, fjag. 44» ^' seq.

h) Mercklinns, in Lindenio reaovalo. »<?^.

(3) Iitem, ibid.

(4) Camerariiis, MeditatioDs Historiq., (om. /, U^: T,chap.iy.

(5) Là même.

((i) la Vitâ Honorii lY, JÇ)S APONE.

lui valut clîT mille ëcus 5 mais il ob- serve que d'autres écrivent que Pierre d'Apone obtint de ce pape quatre cents ëcus par jour (7). 11 avait dit que ce Pierre ne sortait point de la ville pour voir des malades, à moins qu'on ne lui donnât cinquante florins. Vous trou- verez, dans le Théâtre de Paul Freher, qu'il était professeur en médecine à Bologne, et qu'on l'appelait de tous les endroits de l'Italie pour voir les malades, quoiqu'il exigeât cinquante florins par jour (8). Vous y trouverez aussi qu'il stipula d'Honoré IV la som- me de cent florins chaque jour, et qu'ayniit guéri ce ] ape il en reçut mille. Voilà bien des variations, (C) Jl Jut soupçonné rie ma^ie, et poursun'i par l'inquisilinn sur ce pied- la ] Ce soupçon subsiste encore parmi bien des gens: disons même qu'ils font plus que soupçonner, et qu'ils passent ju.squ'à la persuasion La com- mune opinion de presijue tous les au- theurs est qu'il estait Le plus grand magicien de son siècle; qu'il s'estoil acquis la cognnissance des sept arts libéraux pur Le rnoien des sept esprits faniiliers, qu'il tenait enfermez dans un cristal; qu'il ai'oit l'industrie, comme un autre Paseles, de faire re- i'enir en sa bourse l'argent qu'il ai'oit despencé (9). Celui qui me fournit ces paroles ajoute qu'i/ est constant quil fut accusé de magie en l'an Ixxx de son aage (10), et qu'estant mort en l'an i3o5 (11), que son protès n'es- toit encore finy, on ne laissa pour- tant, au récit de Casteltan {*), de le juger au Jeu, et de brusler un f'i- quin de paille ou d'osier, qui Le re- présenloit, dans la place publique de la fille de Pailoue, pour supprimer par un exemple si rigoureux, et par la crainte d'encourir une semblable peine, la lecture de trois Hures su- perstitieux et aboininabtes qu'il at'oit composez en icelle; le premier des- quels estoit cet Heplameron, qui est maintenant imprimé sur lajin du pre- (7) Secondo Lanrellotl da Perugia, l'Hoggidi, parle II, Disiiigannu WIII, pag. 377.

(8; Vreher., m TI„-atro Viror illustr., pug. lîorj. Il rite Itcrnnrdiis ScirilfODUs, lib. II, clntse IX, llistonaî Palaviure.

(9) Naudé, Apologie des grands Hommes accu- sas de macie, chap. XIV, pag. 38o.

(10) Crta est faux. Vornz la remarque (F).

(11) Cclacslfaux. Vojei, la mfinc remarque. {' ) In Vitis jllustr. Mcdicoium.

mier tome des œui'res d' Agrippa; le second, celuy qui est appelle par Tri- thème Elucidariura Necromanticum Pétri de Albano; et le dernier, un qui se nomme dans le mesme autheur. Liber Experlmentorummirabilium de annulis secundum a8 mansiones lu- nae (12). Voilà des preuves qui sem- blent fortes: néanmoins Naudé n'ea fait pas grand cas. Il les réfute d'a- bord par cette remarque: c'est que Pierre d'Apone fut un prodige d'es- prit et d'érudition dans un siècle de ténèbres; or, cela était fort propre à le faire prendre pour un magicien, puisque d'ailleurs il s'était fort atta- ché aux sciences curieuses et divina- toires. C'est un homme, dit-il ( ' 3), qui a paru comme un prodige et mi- racle paimy l'ignorance de son siè- cle, et (fui, outre la cognoissance des langues et de la médecine, a- uoit tellement recherché celle des sciences moins communes, qu'après ui^oir laissé des tesmoignages très- amples, par ses escrils de physio- gnomie, géomnnce et cliiromanlie, de ce qu'il pom'oit en chacune d'icel- les, il les abandonna toutes, auec la curiosité de sa jeunesse, pour s'adon- ner entièrement a la philosophie, mé- decine et astrologie, l'estude desquel- les liiy fut si favorable, que, pour ne rien dire des deux premières, qui l' insinuèrent à la bonne grâce de tous les papes et soui'erains pontifes qui furent de son temps, et luy acquirent L'authorité qu'il a maintenant parmy les hommes doctes, il est certain qu'il estoit grandement capable en la der- nière, tant par les figures astrono- miques qu'il fit peindre dans la grande salle du palais de Padoue, et les tra- ductions qu'il fit des Ut^resdu rubbi Abraham Aben-Ezra, joint à ceux qu'il composa des Jours Critiques, et de V Esclaircissement de l'Astronomie, que par le tesmoignuge du renommé mathématicien llegio- IMontanus, qui luy a dressé un beau panégyrique, en qualité d'astrologue, dans l'oraison qu'il récita publiquement à Padoue, lorsqu'il y expLiqunii le liwre d'Alfra- gnnus. Ensuite, Naudé observe que Pierre d'Apone déféra beaucoup à l'as- (la; Naudé, Apologie des grands Houiines ac- cuses de Magie, chap. XII, pag 3S, APONE.,99 trologie (i4), et que de là vient que i'oulu rendre à ses mérites, luy dresbeaucoup d'auteurs maintiennent une sont une statue parmy celles des lioniopinion directement contraire à celle mes illustres qui se woyent en sa citadesprdcédeiu, scauoir: qu'il subit une délie, que pur l'attestation publique telle condamnation, non point pour de la taille de Padoue, qui a faict sa magie, mais parce qu'il foulut ren- mettre son effigie sur la porte de son dre raison des effects merveilleux qui palais, entre celles de Tite-Liue, Alarrufent le plus souvent en la nature, bert et Julius Paulus, at-ec cette inpar la i^ertu des corps célestes, sans scriplion sur labase: Petrus Aponus, les rapporter aux anges ou démons. Patavinus, philosophise raedicina'(|ue {7e qui est très-apparent par le recueil sciontissimus, ob idque Concilialoris qu'a JaicL Symphorien Champier(*^) nomcn adeptus, astrologiae Tcrô adeô des passages de ses Différences, qui peritus, ut in magiae suspicionem i ane doivent estre leus sans précaution, ciderit, falsôque de hœrcsi postulaetpar l'authoritépéremptoiredeFran- tus, absolutus fuerit (i6j Jtlais,