SigPhi · Pierre Bayle

Dictionnaire historique et critique (Tome 2)

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(C) Il se transporta dans l'île de Céa.] Le grec de Diodore de Sicile porte tiç K£ vmtov, et un peu après «V tï Kâ. Rhodoman traduit in Co insulam, et in Co. Cette traduction embarrasse les lecteurs, car elle les porte à croire que cet historien grec parle là de l'île de Cos, la patrie du grand Hippocrate, et non pas de l'île de Céa, comme font les autres auteurs, quand il s'agit d'Ariste'e. Soyons néan- (26^ Virgil., Géorgie, lib. IV, vs. SaS.

(27) Idem, ibidem, lib. I, vs. i4 (28) Opplaa. Cyneg., Ub. IF. (2g) Nonnns, Dionys., lib. V.

(Soi Plin,, Ub. VII, cap. LVI, pag. 99. (3i) Varro, de Lingiiâ Ut., lib. IK, pag. 3^. (32) 'Apiç-stioc Tf^Tov Tijv ipya- (34) Il faut lire Agrseus.

(35) ^o>« Vossius, deTheolog. Genlili, lili. VII, cap. X.pag. 35o.

moins assurés qu'il parle de l'île de Céa, soit qu'il faille corriger le texte en mettant Kîa, au lieu de Kœ (36) *, soit que les règles de la contraction aient pu permettre qu'on dît indiflé- remment K«è ou Klai, quand il s'agis- sait de cette île (37). Prenons garde à ces paroles de Diodore, Trctpà. t£i Ke/œv Ti/udùç, de honoribus apiid Ceos (38j. Elles montrent visiblement qu'il ne prétend point parler de l'île de Cos. Quoi qu'il en soit, alléguons quelques auteurs qui ont assuré qu'A- ristée s'établit dans l'île de Céa, et commençons par le commentaire de Servius sur ces paroles de Virgile: El cultor nemorum, cui pinguia Ceœ, etc., qu'on a vues ci -dessus (Sg). Aristœum invocat, id est Apollinis et Cy renés filium,...hic ( ut etiam Sallustius do- cet ) post laiiialum à canibus Aclceo- nem filium Thebas reliquit, et Ceam insulam tenuit primo adhiic homini- bus uacuam{^o). Apollonius nous ap- prend qu'Aristée ayant été appelé par les habitans des îles Cyclades, pour faire cesser la peste, passa de Thessalie en l'île de Céa...AiTêv ^''oyi Tarpàç è<f>sT//ît $9/«v. «V (f= Ksffi x«.T{v*cra-a,To Xaov iiyilfa.ç Is relictd ex parenlis jussu Phthiâ in Ceum ivit habitatum, eontraclo exercilu E Parrhasiis.

Le scoliaste de ce poète assure, comme je l'ai déjà dit, que ce fut dans la même île qu'Aristée enseigna à faire le miel et l'huile. 'Apiç-otîoç Si h ti? Kéço iVftev T« f/.i\i<r<nufyiKit TrfSroç, kxi TilV TOÛ iKcLtHV KXTtpyUTtstV (^'i). NoUS verrons dans la remarque (F), qu'il y établit des lois pour le culte de la Canicule. Varron Atacinus avait ra- conté dans son poème des Argonautes, (36) C'est la pense'e de Vossius, Je Theoloe. Gentili, l,b. VU, cap. X, pag. 35o.

" Wesselingue, dans son excellente édition de Diodore de Sicile, ( Amstelod., 1745), a adopté l'opinion de Bayle et a écrit Ksai, au lieu de K*.

(37) C'eslla prétention de Saumaise sur Solin, (38) Et non pas apnd Coos, comme Rliodo- man a traduit.

(4») Servius, in Géorgie., lib. I, vs. 14. (40 Apollon., Argon., lib. II, m. 521. (42) Schol. Apollon., in lib. 11^ yf. 5qo.

ARISTÉE.

qu'une grande mortalité de bestiaux plaisii" d'avoir perdu Acte'on lui donna ayant affligé cette île, Aristée s'y - '-'.i-'--a» 1_ d_--i:-.^ transporta par le conseil d'Apollon, et la délivra de ce fléau, après avoir fait un sacrifice à Jupiter Icmseus. Les vents et les chaleurs qui causaient la mortalité s'apaisèrent. Aristée étant mort, les habitans de l'île de Céa obéirent à l'oracle, qui leur com- mandait de le mettre au nombre des dieux, et ils le nommèrent Nomius et Agreiis, à cause du bien qu'il leur avait fait par son adresse dans la nourriture des troupeaux, et dans la culture des terres (43). Ne soyez point surpris de voir ici qu'il fit cesser la mortalité en calmant les vents, et de trouver ci-dessous, qu'il la fit cesser en faisant lever des vents; car c'est ainsi que sont faites les anciennes tra- ditions: l'une réfute l'autre ^ l'une oublie les particularités qui sont les seules que l'autre n'oublie pas. Une narration complète eût pu apprendre, qu'en faisant changer le vent, il ra- mena la santé 5 mais ceux qui ne sa- vent pas tout dire observent que le vent cessa: n'attendez point d'eux le reste j ou que le vent se leva: vous n'en saurez point davantage j ils ne vous apprencfront pas que le vent con- traire fut arrêté, et que le vent fa- vorable lui succéda. La correction d'un passage d'Héraclide, que j'ai lue dans Saumaise, me paraît heureuse; cependant je ne voudrais pas jurer qu'il n'y eût dans l'original, que le fléau e l'île de Céa venait du vent. *âofâç ov(n\ç (^wrcûv ko.) ^mai\ S'ia. to ttvhv l'vno-ia.z (44> Quiim contigisset hïc aliquando magna lues stirpibus et ani- mantibus propter continuas Etesiarum Jlatus. Saumaise corrige ainsi. Ai* jît>iV«.toto TTVêîv iTtio-ictç. Joucm rogot^it a: un tel dégoût pour la Béotie, et pour tout le reste de la Grèce, qu'il fut cher- cher une demeure dans les pays éloi- gnés (47). Ce fut alors, disent-ils, qu'il conduisit une colonie en Sar- daigne. On a dit que Dédale, s'étant sauvé de l'île de Crète, s'associa avec lui pour la conduite de cette colo- nie (48) j mais la chronologie réfute cela invinciblement. Il était contem- porain d'OEdipe, roi de Thèbes (49): il n'a donc pu lier aucune partie avec Aristée gendre de Cadmus. Quoi qu'il en soit, les variations sont ici bien dégoûtantes. Pausanias dit qu'une troupe de Libyens s'était établie dans la Sardaigne, et associée avec les na- turels du pays, avant qu'Aristée y allât; mais Aristote raconte qu'Aristée fut le premier qui la cultiva, et qu'au- paravant elle ne servait de demeure qu'à beaucoup de grands oiseaux (5o). Consultez M. Bochart, qui soutient que ce voyage d'Aristée est une fa- ble (5i).

(E) L'Arcadie...fut l'une des prin- cipales stations d'Aristée.'} C'est pour cela que Virgile le surnomme Arca- dius, quand il parle de l'invention de produire de nouvelles abeilles: Tempus et Arcadii memoranda inventa Magislri Pandere, quoque modo cœsis jam stepè juvencis Insincerus apes tulerit cruor...(Si).

Cet art fut une invention d'Aristée, et le fit honorer comme Jupiter dans l'Arcadie. Post ed (Ceâ) relictâ, cum Dcedalo adSardiniam transilumfecit. Haie opinioni Pindarus refragatur, qui eum ait de Ceâ insuld in Arcadiam migrasse, ibique uitam coluisse. JVam apud Arcadas pro Jot^e colitur, quod Etesias fiare (45): ce qui s'accorde primus oslenderit qualiter apes dé- dirai dans la remar- béant reparari (53). Justin donne à avec ce que je que (F).

(D) De Libye...iljit uoile vers la Sardaigne.] Selon Diodore de Sicile, il fut s'établir dans l'île de Céa, après la mort d'Actéon, et puis il alla en Libye, et après cela en Sardaigne (4^); mais d'autres prétendent que le dé- (43) Voyei Vossius, de Tlieolog. Gentili, llb. Vil, cap. X,pag. 35o.

(44) Heraclides, de Poliliis, pag. 20.

(45) S'ilmaà., in Solin., pag. i44' (46) Diodor. Siculus, libro If, çapile Lxxxir.

Aristée un grand royaume dans l'Ar- cadie: je citerai ses paroles dans la (47) Pausan., lib. X, pag. 332. Voyez aussi Silius Italie, lib. XH, pag. 498.

(48) Pausan., liO. X, pag. 33a. Sallustc avait dit cela, comme on Va vu ci-dessus dans un passage de Servius, citation (4o).

(5i) Bochart., Geograph. sacr., parte II, lib. I, cap. XXXI, pas. 632, 633.

(52) Virgil., Géorgie., lib. IV, vs- 283.

(53) Servius, in Géorgie, lib. I, vs. i4' ARISTÉE.

remarque suivante. Il n'est pas vrai, comme M. Lloyd l'assure, qu'Apollo- nius fasse passer Anslee de 1 Arcadie ea l'île de Cea. Il a copie cette faute de Saumaise(54)- (F) Je n'oublierai point la décou- fettc astronomique que l'on donne a u4rii,lée.'] A ne considérer les paroles de Justin que fort superiiciellcmant, il pourrait venir dans l'esprit qu'il attribue à Aristée la première de- couverte des solstices; mais ceux qui Quadniginla diebus; et hodiique saceniutet tn Co Anle CanUulœ exortuin cperantur sacris.

Diodore de Sicile ne fait pas enten- dre avec assez de clarté, si les vents étesieus furent l'efièt du sacrifice d'A- rislée(58j. 11 semble dire que ce sa- crifice ayant été oflert en\iron le temps du lever de la canicule, temps qui concourt avec la saison de ces vents etésiens, la peste cessa. iMais il est sûr qu'il prétend cpie les ardeurs lisent avec attention s'aperçoivent de la canicule furent adoucies par les aisément qu'il parle du lever delà ca- actes de religion qu'Ariitée fit. Il nicule. yîrislœum in Arcadid latè reg- trouve en cela im sujet d'étonnement ndsse, eumque priinum et apium et puisque la même personne dont le met/is usurn et laclts ad coagula ho- fils avait été' déchiré par les chiens minibus tradidisse, solstiliatesque corrigea la malignité d'un astre qui ortus sideris printum infenisse (55). s'appelle le chien. Je laisse son grec, Les plus savans critiques ont remar- qué (ju'il faudrait lire ou ioZifitia/i5(7ue ortus sideris, ou solstitialesque ortus Sirii (56). L'une et l'autre de ces deux leçons nous donnent la canicule, à ce qu'ils prétendent. Ce qu'il y a de certain est que cet astre avait une re- lation particulière à notre Aristée. En voici la cause: les chaleurs de la canicule désolaient les îles Cyclades, et y produisaient une peste que l'on pria Aristée de faire cesser. 11 passa alors en l'île de Céa, et fit bâtir un et je ne rapporte que la traduction de Khodoman. Singularem hanc re- runi coni'crsionem, si quis penitiùs exaniinet, merilo demiretur. Qui enim Jilium a canibus discerptum uidit, is cœlcslè sidus canis nnniine appellatum, quod hominibus ejt ilium edferre putalur, miiigauit, et mortw libus non paucis auctor salutis exti- tit (Sg). D'autres auteurs disent en termes clairs et précis, que les dévo- tions d'Aristée furent la cause de ces vents-là. Canicula exoriens cestu eo- rum (60) loca et ogros fructibus orbaautel à Jupiter: il offrit des sacrifices à ce dieu 5 il en ofl'rit aussi à cet hal ■■ et ipsos morbo affectos, pœnas astre malfaisant, et lui établit un Icario cum dolore sujf'erre cogebat, anniversaire. Cela produisit un très- eb qubd latrones recipissent. Quorum bon effet; car ce fut de là que les vents rex Aristeus, Apollinis et Cryectésiens tirèrent leur orgine; vents nés filius, Actœonis pater, petit à qui durent quarante jours, et qui tempèrent l'ardeur de l'été parente quo facto à catamitale cici tatem posset Uberare; quem Deux jubet multis hostiis expiare Icarii ,,• ~ „,,,, -„,,■, mnrleni, et ab Jove petere, ut quo l£p^ T IV ££f êÇ£v 6v oyp«^.v «^rêf. xHVû. tefiipore canicula exoriretur, dies 2..f.^,*c/T^ T€ K.oyKTi, A...To.o <f txwT. quadraginla wcnlum daret, qui œstui TcL,o.,i7riUx^va-i,i^i,TmiKA^oicLVf^, caniculœ mederetur. Quod jussum Aristeus conf'ecit, et ab Joi^e impetra- uil ut Etesiœ Jlarent (61). Le sco- liaste d'Apollonius dit formellement, qu'à la prière d'Aristée, les vents etésiens soufflèrent. "Oti 'irmrlci.1 iTrviu- o-a.» 'Afiiç-cLÎov ot(TS3-a//£vou (62). Con- sultez aussi le commentaire de Ger- (.<i8) DloJor. Sîcui., lib. IV,cap. LXXXIV, (Oo) C'eit ainsi qu'il fauL lire, et non pat coriim. Vuyei SaMtaaMe, jur Solin, pag. 1^4.

((ji) Hygiu. Poètic. AstroDom.,, /16. II. cas.

(62) Schol. lApollon., in lib. II, vs. Soo, 22 T'itin augusla extructa ara Jovis Humiferi, Sacra lilalo fecil in montosis et slellœ illi Sirio, el ip.'i Jofi Saturni Jilio. Cujus rei graùd Venli Diales anniversarii perfrigeranl lel- lurein (,'>41 Salmas., in Solin., pag. gg.

1 55) Justin., lib. XIII, cap. VII, pag.

^5(5) Voyez le Juslin Variorum de M. Grœ- viiis, sur cet endroit.

(57) Apollon., Argon., lib. II, vs. 5^.

TOME H.

338 ARIS raanicus sur les Phénomènes d'Aïa- tus (63). Parlons de l'anniversaire qu'il établit. Il ordonna que tous les ans les prêtres de Cea ofiVissent des sacrifices avant le lever de la cani- cule, et que les habitans se missent en armes, pour observer le lever de cette constellation, et pour lui ofîVir des victimes (64). 'Evo^&SsTHirê yàp rci; Kœoi? (lisez Kiiotç) kolt hm-uTov f/.iè' OTThaiV (TnTtlpiiv T»V STrlTOXllV TOV Kuvoç, Ktti Bùm *(/'Tœ(65). Cicéron dit qu'ils ci-oyaient prévoir, par l'ob- servation de cet astre, si l'année serait saine ou non. Ceos accepintus orlum caniculœ diligenter quolannis soleie seruare, conjecturamque capere, ut scribit Ponlicus Heraclides, safu- brisne an pestilens annus fulurus su{66). Manile attribue la même chose aux Ciliciens (67). Je ne sais si les habitans de la Calabre, qui fai- saientdes vœux à la Canicule, avaient emprunté d'Aristée médiatement ou immédiatement cet acte de religion.

Sic cum slahuUt et messibits ingens Ira Deùin el Calabri populator Siriuf ari'i Incubuil, coil agrestum manus inscia priscttm In nemus, el miseris diclM pia vota sacei- Quelles superstitions! mais ce n'é- taient pas les plus étranges qui fussent dans le paganisme. Au reste, le pas- sage de Justin que j'ai rap|)orte au commencement de cette remarque, formera ici un incident. M. Lefèvre de Saumur croyait être le premier qui l'eût entendu. « Justin, dit-il, » ne prétend point dire qu'Aristée M enseigna l'usage du lait: cela eût )) été contraire à la vérité, et à toute i> l'antiquité, il ne parle que de l'in- » dustrie de cailler le lait. » Sed os- tendisse hnruinibus quâarle coagulum ex lacté conjici conformarique pos- iet{6c)). « Il ne pi'étend point même i> qu'Aristée ait inventé l'usage du » miel: le lait et le miel servirent à j) la nourriture du plus grand des 1' dieux.. » JYam Jupiter pater ille (63) Germ. in Aralca Phœnom., in Aquario, (64) Apollon., lib. H, vs. SiS. Vous Irowe- rei les paroles ci-dessus, citation (S"]).

(6r,) Scliol. Apollon., in lib. Il, vs. SaS.

(66) Ciceio, «le Diviiia»., Itb. I, cap. LVII.

(68) Valer. Flaccus, Aigonaut., lib. I, vs. 682. (<x)) Tanaq. Faber, Not. iii Justin., lib. XIII, cap. yii.

TÉE.

Jiominumque deilmque nielle nutritus est ac lavle('^o). « Il parle donc de » l'invention de cailler le lait avec » du miel. » Ergô aimd dociiitAiis- tœus, scVicet coagulum Jieri ex niix- turâ, seu ut Orœci l'ocant, cramale nicllis et laclis. Hune locitm à neniine hacteniis intellectum aihitror (71). Celte explication me paraît très-belle, mais les raisons sur quoi on la fonde prouvent trop; car si l'ancienne tra- dition sur les aiiraens qui furent don- nés à Jupiter pendant son enfance avait empêché Justin de dire qu'A- ristée montra aux hommes l'usage du miel, il n'aurait point débité que Gar- goris roi des Cynètes ( 72 ), ou des Cunètes, fut le premier inventeur du miel; et néanmoins, il l'a débité clairement, et sans qu'on puisse don- ner à ses termes deux explications. Quorum (Cunetum) rex uetusli.'isimus Gargnris mellis colligendi usum pri- mus ini'enit (']3). Je ne vois point qu'on puisse prétendre que Justin a tellement respecté les traditions poé- tiques, qu'il s'est bien gardé d'avan- cer des choses qui les réfutassent- Une infinité d'auteurs ont dit qu'A- ristée inventa le miel; leurs paroles signifient cela précisément, et ne peuvent point être détournées à ce sens -ci: llinuenta un certain mélange du miel et du lait, pour composer une coagulation. On pourrait donc croire raisonnablement que Justin parla comme eux, et qu'il ne tint aucun compte de ce que les poètes avaient débité touchant le lait et le miel de Jupiter. Notez en passant, que les inventions d'Aristée consis- taientquelquefois dans des mélanges; car il fut le premier qui apprit aux Thraces à mêler du miel avec le vin de Marone. Ariitcpum prinnim om- nium in eddem gente met vdscuisse fino, suai^itate prœcipud utriusque nalurœ spontè proi^enienlis (74).

(G) ni sa fille Maoris. \ Il n'y a guère d'auteurs qui en parlent; mais voici ce (pi'Apollonius en racon- te (75): Ce fut elle qui prit le petit (70) Idem, ibid. (71; Idem, ibid. (73) Peuple d^ Espagne.

(73) Justin., hb. X'tlV, cap. IV.

(74) Plin., lib. XIV, cap. IV, pag. 127.

(75) Apollon., Argon., lib IV, vs. u3i el seq.

ARTS Bacchus sur son gnon, après que Mercure Tout tire du milieu des flam- mes. Ce tutelle qui lui fit prendre du miel. Elle demeurait alors au centre de nie d'iiubœe. Elle s'exposa ù l'in- dignation de Junon, par le bon of- fice qu'elle rendit à cet enfant, et fut contrainte d'abandonner le pays, et de se sauver dans un autre, en l'île des Phéaques, où elle fit une infinité de biens aux habifans (76). Inférons de là qu'Aristëe, oncle d'alliance de Bacchus (77), était beaucoup plus âj^é que lui. Cela ne l'e'fule point ce ([ne Diodore de Sicile raconte touchant l'admission d'Aristëe aux Orgies, etc., iii ce que d'autres supposent, qu'il com- mandait quelques troupes dans l'armée de Bacchus (78) ^ car il est de l'ordre ([ue la supériorité appartienne à un rils de Jupiter, lors même qu'il est plus jeune.

£VV«îT110-IV, Kt infiniiis beuvii insolarios opibus.

Zdetrif ibid., vs, ii4o.

(^'j) Il était mari d'Àutorioé, sœur de la mère de Bacchus.

(^8) Nonnns, Dionysiacor. lib. XIII.

ARISTÉE, le Proconnésien, en latin Aristeas. M. Moréri s'étant contenté de dire qu'il vi- vait au temps de Cyrus (A), et qu'il composa V Histoire des Ari- rnaspes, et un ouvrage de l'Ori- gine des Dieux, le tout rempli de fables (B), a oublié ce qu'il pouvait mettre de plus singulier dans cet article. Donnons donc ce supplément, et disons que cet Aristée, étant mort dans son pays {a), fut vu le même jour, et à la même heure, faire leçon en Sicile. Ce spectacle ayant été renouvelé plusieurs fois, et pen- dant plusieurs années, obligea les Siciliens à bâtir un autel à Aristée, et à lui offrir des sacri- fices {b). Hérodote a parlé assez fa) L'île de Proconnèse, dans la Propon- iide.

(h) £x Âpollonii Dyscol. Hist. Coraraeal., cap. II.

TÉE. 33g amplement de ce miracle (C). Pline rapporte qu'on vit dans l'île de Proconnèse l'àme d'Aris- tée sortir du corps par la bou- che, sous la figure d'un cor- beau (c). D'autres disent que cette âme sortait du corps, et y retournait à sa fantaisie (D). Strabon donne Aristée pour l'un des plus grands enchanteurs qui furent jamais (d). Quelques-uns prétendent, qu'afin de lever l'in- crédulité qu'on avait pour sa doctrine, il fit accroire que son âme séparée du corps avait fait plusieurs voyages (e). On trouve six de ses vers dans le Traité de Longin (/). On en trouve quel- ques autres dans les Chiliades de Tzetzès (g). On le voit cité deux fois dans Pausanias {h). Au reste, ceux qui prétendent qu'il n'était pas tout-à-fait mort, quand son âme allait faire des voyages (/), ne diminuent guère le merveil- leux de ce prodige. Il n'est pas besoin de remarquer que Plutar- que s'est moqué de ce beau conte (k). Le Giraldi a fait quel- ques fautes (E).

(c) Plinius, lib. m, cap. LU, pag. 85. {d) StraLo, l,b. XIII, pag. 4o5.

(f) Longin., TTSp tî-vj.o:'?, secl.IX, p. 26. ig) Tzetzes, Histor., chil. ^11, pag.

l!^[\. yoyez Casaubon sur Âtliénée, liv. I, pag. l3.

{Il} Pausan., lib. I, pag. 22, et lib. V, (i) Maxim. Tyr. Orat. XXVIIl, pag. 282.

{k) Plut, in Romulo, pag. 35.

(A) Mnréri s'est contenté de dire qu'il vitrait au temps de Cyrus.'] On prouve cela parle témoignage de Sui- das. Notez que Cyrus commença de régner en Perse l'olympiade 55. Vos- siiis infère de là, que Suidas disant d'un cote qu'Aristée florissait pen- dant la Se. olympiade, et de l'autre que c'était au temps de Cyrus, n'a ARISTÉE.

point observé rexactltude ( i )• L'a- erani. jfccessi tamen, percunctatusque nonyme, quia décrit les olympia- prel'uim suin: et adductus mird atquc des, met Ariste'esonsla 5o*.: cela ne insperatâ uilUale, libros plurimos cere s'accorde point avec ce que d'autres pauco emo; eosque omnes duabus ont dit qu'Homère fut son disciple (a), proximis noctibus ciinhu transeo: Tatien l'a fait antérieur à Homère (3), atquein legendo carpsi exindè quœet en a été repris par Vossius, comme dam et nola^'i nilrabilia et scripioilbus si par-là il eût voulu trop favoriser feiè nostris intentata; eaquc his cornla bonne cause dans ce point-ci, c'est mentariis adspersi{6). La suite de ce que l'Age d'Homère a suivi de loin chapitre d'Aulu-Gelle est toute pleine celui de Moïse (4)- Cette censure me des narrations chimériques qu'il avait semble un peu mal fondée, car Ta- lues dans ces écrits-là, ou dans Pline, tien a pu se servir légitimement d'une 11 faut savoir que YUistoire des Aiitradition qui se trouvait établie maspes, composée par Aristée, était parmi les païens. Nous avons vu un poème (7). Et que sait-on, me qu'on disait que notre Aristée avait direz-vous, si l'auteur ne L'écr'n'it pas enseigné Homère, et nous lisons dans sans avoir dessein qu'on ajoutât Joi à Hérodote qu'Aristée parut au monde ses récits? L Ariosle n'a jamais eu trois siècles après avoir composé un une pareille pensée. Pourquoi ne jupoëme (5). On ne convenait donc gérions- nous pas des anciens poêles pas qu'il eût fleuri au temps de Cyrus. comme de lui 'a cet égard? Je vous Notez qu'Hérodote naquit l'an i*^"^. de réponds qu'Aristée n'avait point pour la 74^' olympiade, et qu'il ne parle but de divertir ses lecteurs par des point de cette dernière apparition récits qui fussent considérés comme d'Aristée comme d'un fait nouvelle- des fables j car il n'eut recours à ces ment arrivé: il insinue, au contraire, contes, qu'afîn de guérir l'incrédulité que la tradition des Métapontins sur qu'il rencontrait dans les esprits. On cette aventure-là venait de loin; car ne croyait pas qu'il fût philosophe, et il ne dit point qu'ils en marquassent l'on se fondait sur ce qu'il ne disait le temps. point que personne l'eût instruit (8).

(B) Ses écrits sont remplis de fa- 11 leva cet obstacle, en débitant que i/es.j Aulu-Gelle raconte, qu'étant à son âme était sortie de son corps, et Brundisium, il vit exposés en vente que, s'élevant vers le ciel, elle avait plusieurs paquets de livres, et qu'on vu tous les pays grecs et barbares, et ui laissa à très-vil prix ceux qu'il fini ses courses dans les climats hy- /oulut acheter. C'étaient tous ouvra- perboréens. Il se vanta d'avoir découges d'auteurs grecs, qui avaient ra- vert par ce moyen la situation des massé beaucoup de mensonges sur- lieux, les coutumes des habitans, les prenans et incroyables. Aristée est le qualités naturelles des élémens, etc., premier des écrivains: Fasces libro- et d'avoir même observé le ciel plus runi uenalium expositos vidimus. Al- exactement que la terre. N'était-ce que ego ai'idè statïm pergo ad libros. point produire ses contes comme des £rant aiitem isti omnes libri grœci lettres de créance? Ne voulait-il miraculorum fabularumque pleni: point par-là s'établir une autorite' res inauditœ, incredulœ; scriptores qui fît recevoir les autres choses qu'il t'eteres non pari^œ auctoritatis, Aris- voudrait dire? 11 fallait donc (ju'il teas Proconnesius, et Isigonus Ni- proposât celles-là comme des taits cœensLs, et Ctcsias, et Onesicritus, véritables. On les prit pour tels; car et Polystephanus, et Hegesias. Ipsa on ajouta plus de foi à cet homme- autem t'olumina ex diutino situ squal- lebant, et habilu adspecluque tetro r, (1) Vossius, cle Historiris Crxcis, lib. IK ^ (a) Sirabo, lib. XIF, pag. 439.

(3) T.itian., Oral, ad Grsecos, apadVossiam de Himor. GiKcis, lib. I, cap. I, piig, 'j.

(4) Vossius, de Hist. Grœcis, lib. /, cap. /, vag. G.

(5; llerod., li/>. IV, cap. XIF.

(6) Autus Gellius, lib. IX, cap. IF, pag. 229. NoTEi ijur DI. Huet, Uemonstrat. Evangel., Propos. IX, cap. CXLII, pag. loi-j, cite cet endroit ti'Aulu-Gelle comme contenant que les choses que Con ai'ait racontées touchant Aristée étaient fausses. Ce n'est point la pensée d'Au- lu-Gelle.

(■j)Herod., lib. IF, cap. XIII et XIF, Strobo, lib. I, pag. i5, et lib. XIII, pag.

(8) Maxim. Tyrlus, Dissert. XXII, pag. ïaS.

ARISTÉE.

là, qu'aux philosophes qui dogmati- sèrent sans aucun déguisement (9). Notez que ûeuys d'ilalicaruasse rap- porte que tout le monde ne convenait fias que notre Aristee fût l'auteur des ivres qui portaient son nom (10).

ristëe (i4), dédièrent un laurier d'ai- rain à Apollon. Ce laurier ayant par- lé dans le temps qu'une danseuse de Thessalie s'appiochait de la grande place de Métapont, les devins, qui étaient là, furent saisis subitement (C) Il fut i'u plusieurs fois après d'une fureur si étrange, qu'ils déplemenl de ce miracle. ] Voici le pré- cis de sa narration. Aristee, l'un des principaux de l'île de Proconnèse, entra un jour dans le logis d'un fou- lon, et y mourut. Le foulon ferma sa porte, et fut annoncer aux pa- rens la mort d'Aristée. Cette nou- velle se répandit bientôt par toute la ville j mais pendant que l'on s'en entretenait, il vint un homme qui assura qu'il avait rencontré Aristee allant à Cyzique (11), et qu'il lui avait parlé. Les parens se transpor- tèrent à la maison du foulon, avec tout ce qui était nécessaire pour l'en- terrement, et ne trouvèrent Aristee ni mort ni vif. Il se montra au bout de sept ans, et composa le poème des Arimaspes, après quoi il dispa- rut. Deux ou trois siècles s'étant écoulés, il se montra aux habitans de Métapont (12), et leur commanda de faire un autel à Apollon, et de metlretoutauprès une statue en l'hon- neur d'Aristée le Proconnésien. 11 leur dit qu'ils étaient les seuls Italiens qu'Apollon eût honorés d'une visite, et qu'il l'avait accompagné dans ce voyage, et qu'il était non pas Aris- tee, mais un corbeau, quand il l'y accompagna. Ayant dit ces choses, il disparut. Les Métapontins consul- tèrent l'oracle de Delphes, pour sa- voir ce que c'était que cela. 11 leur fut répondu qu'ils feraient bien d'obéir, lis exécutèrent donc cet ordre (i3). L'historien témoigne que l'on voyait de son temps, à la grande place de Métapont, la statue d'Aris- tée, proche de l'autel d'Apollon, et environnée de lauriers. Joignons à cela un fait rapporté par Athénée. Les Métapontins, après le retour d'A- (10) Dion. Hallcariias., in Judicio de Thu- eji., cap. XXVI, pag. 384.

(il) 5e/onPlutarque, dans la Vie de Romulus, ■pag. 35, il y eut des gens gui assurèrent qu'Ut l'avaient vu sur le chemin de Crolûne.

(12) Ville d' Italie.

(i3)Herod.,M. IV, cap. XIV, avait reçu de Philomèle un présent sacré, c'était une couronne de lau- rier d'or, que ceux de Lampsaque avaient consacrée au temple de Del- phes (i5). Observez aussi qu'Énée de Gaza, en rapportant la narration d'Hérodote, y ajoute cette circon- stance: c'est que les sacrifices des Jlétapontins étaient censés apparte- nir en commun à Apollon et à Aris- tee, comme à deux divinités (16). Origène a observé qu'Apollon voulut que cet Aristee fût honoré comme uu dieu par les habitans de Méta- pont (17). Meursius prétend qu'Athé- nagoras a reproché aux païens d'a- voir honoré notre Aristee dans l'île de Chios, et de l'avoir pris pour le même dieu qu'Apollon et Jupiter (18). Xioi 'Afiç-sotv Tov CLÔTOV itett AisL kol) 'ATrôwtu vt'/UiÇGVTêç ( 19 ). C/iii Aris- teum, qtiem et Jowem arbitrantur et Apollinein. M. Huet s'imagine, avec beaucoup de vraisemblance, qu'au lieu de Xioi, il faut lire Xim, et qu'il s'agit là d'Aristée, fils d'Apollon et de Cyrène (20); car ce dernier Aris- tee fut honoré dans l'île de Céa (ai)- C'est de lui que Sufl'ridus entend le passage d'Athénagoras (22). M. Huet montre que ces deux Aristées ont été souvent confondus l'un avec l'au- Ceux qui veulent que tout roman