SigPhi · Pierre Bayle

Dictionnaire historique et critique (Tome 2)

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dinal d'Armagnac. Elle fut trouvée une nombreuse compagnie («).

Îarmi les papiers de Bernard de San- orry, qui la mit au jour en 1613 (58). Consultez M. Hnet, qui parle am- plement de ce livre, et qui conjecture que Philander en est le vrai père (Sg).

Plusieurs autres voulurent bien que leurs maisons servissent à cetusage(è); mais, par malheur pour les poètes, ils leur laissaient Il nous apprend que ce Fumée se vanta souvent bien des frais à faire (C): d'avoir eu l'original grec, par le c'était à celui qui devait lire son moyen de Lamané, protonotaire du ouvrage, à garnir la chambre; cardinal d'Armagnac Notez que l'édition indiquée par M. Cave, et qu'il avait vue dans la bi- bliothèque de M. Vossius, n'est pas la première. J'en ai une, qui est de Pa- ris, chez Michel Sonnius, en 1699, irt-ia. Le titre ne difl'ère presque en rien de celui que l'on a vu ci- dessus (60). La préface est de Bernard de San-Jorry, et datée de Castres, le i*"^. octobre iBgô. Elle nous apprend que San-Jorry, presque septuagénaire. avait trouvé parmi ses papiers une copie de cet ouvrage, laquelle ilat'ait fait écrire sur celte qui avait été en- rayée à M. de Lamane, et qu'il pria jyi. de Fonbouzart, lequel s'en allait en cour pour quelques siennes affaires.

c'était lui qui payait le louage des chaises. Il y a quelque appa- rence que l'empereur Hadrien, qui aimait et qui entendait les sciences, se proposa entre autres fins, quand il fit construire l'A- thénée, de ne plus laisser les auteurs sous le joug de ces in- commodités. Il ne faut point douter que ce lieu ne servît aussi de collège (c): non - seulement on y lisait des ouvrages, mais on y faisait aussi des leçons. Je trouve même que le sénat s'y lui faire ce plaisir de se charger de cet assemblait quelquefois (d). On a étendu le nom de ce lieu sur tou- tes sortes de collèges destinés à l'explication des sciences et des langues, car on les appelle en latin Athenœa. Il y en a même qui croient que les bibliothèques ont porté le nom &Athenica{e).

œu\'re, et \'ouloir prendre la peine de le communiquer h quelque imprimeur, passant par Paris.

(58) Tiré de M. Cave, Histor. Litterar. de Scriptor. eccleslast., pag. 4o (59) Huel, de l'Origine des Romans, pag. ^2. et suif.

* On trouve, dil Joly, des traits curieux sur ce roman dans la Biblioiheca grœca. de Fabri- cins, liv. V,chap. I, pag. 88, et cliap. VI, (60) Au lieu de Théogone, mon édition porte Thcogènes, et au lieu de Pherecides, elle a Pherecydes.

{a) Frontonis platani convulsaque marinora clamant, Semper et assiduo rupiee lectore columnœ.

^b) Stella, clans Martial, Epigr. VI du IV''. livre; Tilinnius Capito, dans Pline, Lettre XII du VIII". livre; Quadratus, dans Z'Epict. d'Arricn, livre III, chap. XXllI.

(c) Voyez, la vemarcjue (A.).

{d) Voyez la reniarçue (A.), sur la fin.

(e) Salmas., iuTrebell. PoUioa.de Trigenta et à ceux qui voulaient lire leurs Tyrannis.

coup de monde. Jl parait par le ^^..^^ ^ ^^ g^ec 'Afl^vi, la déesse des commencement des satires de beaux-arts et des sciences: on trouva ATHÉNÉE (A) était un édifi- ce public dans Rome, bâti par l'empereur Hadrien (B), pour servir d'auditoire aux docteurs, ATHÉNÉE.

iuste qu'un édifice fait en faveur des Homa foveret ulnis, quoqiie recitante savaus portât le nom de cette déesse. crepUanlis Alhenœi subsellia cuneata DiiHlfiiies-uns ont cru aue c'était un 9Urt<ere«t«r('j). L'étymologiequeDion Quelques-uns ont cru que c e temple qui lui était consacré; mais Aurélius Victor ne nous en donne pas cette idée. Gymnasia, dit-il (i), en parlant de Tempereur Hadrien, docto- resque curare occœpit, adeb quideiu ut etiani ludum ingcnuarum arlium quod Athenœum i'ocant, constitue- ret. Les autres historiens qui en par- lent ne le représentent que comme un lieu à leçons, à déclamations nous donne est une nouvelle raison contre ceux qui ont pris l'Athénée pour un temple de Minerve: il dit que ce lieu s'appelait ainsi, à cause des exer- cices des gens de lettres ctTro tîïç h olùtS Tcëv -TTiTTcti^iii/Aha»/ ÀTKï\<riaiç {8). Il nous apprend aussi que le consul assembla le sénat dans l'Athénée, lorsqu'il eut su que les cohortes prétoriennes avaient arrêté les raeurtriei's de Pertinax. h'oblectures: Adylthenœum audiendorum jection qu'on pourrait tirer de ce que et grœcorum et latinorum rhetorum ce/ le sénat ne s'assemblait que dans des poëtarum caussâ fréquenter processit: "' * c'est ainsi que Lampridius parle tou- chant Alexandre Sévère. On cite ce passage dans Calepin, peu après avoir débité que l'Athénée était consacré à Minerve, et que les poètes et les au- tres écrivains grecs 3' apportaient leurs ouvrages, comme les écrivains latins apportaient les leurs dans le temple d'Apollon. Jugez par -là de l'exactitude de ceux qui ont composé. ou corrigé ce gros dictionnaire. Cru- quius use du même partage; il envoie les poètes latins au temple d'Apollon, et les poètes grecs dans le temple de Minerve, lequelilnomme Alhénée{2). Mais continuons à voir ce que les an- ciens ont dit du lieu en question. Cùm Pertinax eo die processionem quant ad Athenœum paraferai, ut audiret poê- lant, ob sacrificii prœsa^iuni distii- lisset (3). Un autre dit que Gordien, qui fut empereur, avait déclamé dans 1 Athénée: ubi adoleuit, in Athenœo conlrouersias declamawit (4). Philo- strate dit que le sophiste Adrien, qui tint le haut bout à Rome, n'avait pas plus tôt annoncé qu'il haranguerait, que les sénateurs, les chevaliers et tout le monde, accouraient à l'Athé- née; Apo^û) ê^aipowv èç to 'Aân'vstiov 'opfAiiç juiçoi (5). Contenta cursu et studio in- Jlanimaloin Athenœum conuolabant. Ajoutons encore ces paroles de saint Jé- rôme: Quandb omne Athenœum scholaslicorum vocibus personabat (6); et celles-ci de Sidonius ApoUinaris: Di^nus omnino quem plausibilibus (1) Aurélius Victor, in Hadriano, (2) Cruquiu;, in Horat., Sat. X, lib. I.

(3) Julius Capitolin., in Perlinace.

(4) Capitolin., in Gordiano. ($) Pliilostr., in Adriano.

(ô) Hieron., de Obilu Paulioa; ad Pammacb.

lieux consacrés par les augures ne balance nullement les raisons qui montrent que l'Athénée n'était point un temple de Pallas. Au reste, ceux qui disent que le premier lieu qui a été nommé Athénée était dans Athè- nes (9) auraient bien de la peine à le prouver. Le bon M. de Marolles se faisait de ce mot-là une idée beau- coup plus fausse, car il a dit dans sa traduction d'Aurélius Victor, qu'Ha- drien fit venir des doctes et des gens de lettres de toutes parts, comme s'il eût i^oulu mettre Athènes dans Rome. J'observerai par occasion que, dans la ville d'Alexandrie, c'était au tem- ple des Muses, que les poètes, les rhétoriciens et les grammairiens s'as- semblaient pour fair« montre de leur esprit: 'ATrÂyn Tra^à to rî/unvoi tSv •yfO./xfjt.a.'rn^Sù't ot Tra.iS'iÇ <foiTœvTîç, TrofoSy- Ttti Totç 'iTTiéii^îiç. Abducit ad jyiusa- rum templum, qub poëtœ, rhetores, grammatici ventilantes, prœbent suo- rum ingeniorum specimina. C'est ainsi que parle de la pratique de son temps un auteur du Vl*. siècle, je veux dire Zacharie de Mitylène, dans son livre De niundi opificio. Voyez la page 339 du onzième tome de la Bi- bliothèque des Pères, imprimée à Pa- ris l'an 1644.

(B.) Il fut bdti par l'empereur Ha- drien. 1 Je l'ai prouvé par le passage d'Aurélius Victor: ainsi Casaubon est très-bien fondé à se moquer de Théo- (7) Sidon. Apollin., Epist. XIV, Ub. IX, Vide etiain Epist. IX eiusd. lib. et Epist. VIII.

(8) Xiphilin., in Didio Juliano, sub fin. ou Xilander traduit AÔnvetlov par Templum Minervae.

(9) Le Thésaurus Fabri, édition de 1692.

ATHÉNÉE.

dore Marsilius, qu'il traite assez du- rement sans le nomi;ner (lo). Cet homme emploie beaucoup de verbiage dans son commentaire sur Perse pour prouver que l'Athénée, et le temple d'Apollon Palatin, étaient la même chose. Vossius lui a relevé la même faute, et lui a donné pour complice le père Raderus sur l'épigramme LXX du livre X de Martial (ii). 11 au- rait pu lui donner pour second com- plice Savaron, qui, par ces paroles d'Horace Hœc ego ludo, Hœc ego ludo, Qute nec in œde sortent cerianlia judice Tarpà (12) entend qu'Horace ne voulait pas que ses vers fussent lus dans l'Athénée (i3). Il donne cette explication comme les propres paroles d'un ancien sco- liaste. Lipse se sert de la même auto- rité, quoiqu'il avoue qu'un autre vieux scoliaste entend là par œdum le temple d'Apollon Palatin (i4). Si ce savant homme avait songé au pas- sage d'Aurélius Victor, il n'eût point préféré l'explication du premier de ces scoliastes, à celle du dernier (i5). Voyez en son lieu l'article Tarpa.

(C) Ceux qui prêtaient leurs mai- sons aux poètes, pour y réciter leurs ouuraf^es fleur laissaient bien des frais à faire. ] L'auteur du dialogue de Causis corruplœ Eloquentiœ m en est garant, lorsqu'il dit, Domum mu- tuatur, et auditorium exstruit, et Sub- sellia conducit, ut beatissinius reci- tationem ejus ei^entus consequatur. Juvénal me servira de second témoin j car il menace les poètes du chagrin de ne trouver aucun grand seigneur, qui leur donne de quoi se rembourser de la dépense qu'ils auront faite: Nemo dahil regum quanti subsellia constent. Et quie conduclo pendent anabathra tigillo, Quceque reporlandis posila est orchestra ca- ihedris (i6_).

Je ne voudrais pas nier qu'ils n'aient quelquefois récité dans une maison de louage • mais je ne saurais m'empé- cher de dire que Vossius le soutient sans nulle raison, puisque les témoi- gnages qu'il en allègue ne signifient rien moins que ce qu'il prétend. Le premier passage qu'il cite est celui du dialogue de Causis corruptœ Eloquen- tiœ, où l'on vient de voir domum mutuatur, ce qui signifie maison d'emprunt, et non pas maison louée. Le second est de Juvénal, et consiste en ces paroles: C'iim jam célèbres notique Poette Balneolum Gabiis, Romte conducere furnos Tentarenl (11); -^ Ce qui ne marque que la maudite stérilité du métier, qui avait pensé contraindre les poètes à faire banque- route aux muses, afin de gagner leur vie dans quelque emploi mécanique, comme vous diriez la profession de baigneur, de boulanger, de crieur. Le troisième témoignage est tiré de ces paroles du même Juvénal: Ipse facit versus, atque uni cedit Homero Propter mille annos; et si duUedine famte Succensus recilet, Maculonis commodat Il est si manifeste que, dans ce pas- sage, non plus que dans le précé dent, il n'est point dit que les poètes louassent la chambre où ils récitaient leurs poésies, qu'on ne saurait com- prendre comment de telles méprises ont pu échapper à la vue du savant Vossius. Remarquez qu'elles se trou- vent dans un livre qui fut imprimé durant la vie de l'auteur (19), et qui a pour titre, de Imitatione cum orato- riâ tum prœcipuè poëticâ, deque Reci- talione Veterum. Ce dernier sujet a été traité amplement par CresoUius dans son Théâtre des anciens sophis- tes.

(n) Juvénal., Satirâ VU, vs. 3.

(10) Casaubon Perlin.

Comment, in Capitol. Viu ATHÉNÉE, grammairiea (..) Vossius, de Imita.., png. 36. S^'^^' natif de Naucratis en Égyp- (is) Horat., Satir. uit., w. 37, w. /. te, 3 flcuri au IIP. sièclc (A).

(i4) Lipsius, Episi. XLViii, Ceniuriœ II, Hics de SOU tcmps: il avait tant " * *■ lu, et il se souvenait de tant de choses (i5) Voyez Vossius, de Imitât., pag. 6l. (16} Juvénal., Satirâ VII, vs. 45.

qu'on peut justement le ATHÉNÉE.

nommer le Varron des Grecs (a). De tous les ouvrages qu'il com- posa (B), il ne nous reste que ce- lui qui avait pour titre Les Dip- nosophistes, c'est-à-dire, les Sophistes à table {b), dans le- quel il introduit un certain nom- bre de savans de toutes sortes de professions, qui discourent d'une infinité de choses à la table d'un bourgeois de Rome, nommé La- rensius. Il y a une infinie varié- té de faits et de citations dans cet ouvrage d'Athénée, qui en rendent la lecture très-agréable à ceux qui sont assez habiles pour aimer l'antiquité avec con- naissance de cause. Mais il ne faut point douter que les savans qui étaient contemporains de l'auteur, ne jugeassent moins avantageusement de son ouvra- ge que l'on n'en juge en ce siè- cle. Ces savans pouvaient aller à la source, et y avaient vu la plu- part des choses qu'Athénée leur débitait: ainsi ils ne considé- raient son ouvrage que du mau- vais côté, que coinme un entas- sement et une compilation de recueils. Mais pour nous, qui ne pouvons plus consulter qu'une très-petite partie des auteurs al- légués par Athénée, et qui ne trouvons que dans son livre cent particularités curieuses dont il parle, nous regardons sa com- pilation comme un trésor très- précieux; nous la considérons du beau côté, et nous transportons sur l'auteur l'estime que (a) Voyez la préface de Casaub. sur Athénée.

(b) AÊi7rvoiro<f iç-âv ^iCM'atTrévTê »*» i'ix.a.. Deipnosopliistarum libri quindecini. Vossius aurait mieux fait de ne pas employer deux fois dans la même page {c'est la 232"=. de Histor. Griccis, ) le term» Asi7rvoiro«piç'iK»y.

TOME II.

TOME II.

nous avons pour les raretés qu'il rapporte, qui ne sont devenues des raretés, que parce que les li- vres d'oii il les avait tirées ne subsistent plus. C'est ainsi qu'il y a tel compilateur, dont notre siècle ne fait nul cas, qui serait admiré d'ici à mille ans, s'il ar- rivait dans la république des let- tres les mêmes révolutions qui ont fait périr la plupart des li- vres des anciens auteurs grecs et romains. Nous ne pouvons pas répondre qu'il n'arrivera jaiuais rien de semblable. Ne blâmons donc pas ceux qui compilent, ils travaillent peut-être plus utile- ment pour les siècles à venir, que les auteurs qui n'empruntent rien de leurs confrères. On trou- ve dans les Dipnosophistes de no- tre auteur plusieurs traits de médisance, et plusieurs mor- ceaux de la chronique scanda- leuse, et bien des contes obscè- nes. Il ne nous reste point de livre qvii ait été plus maltraité qu'Athénée par les copistes (C); toutes les éditions que l'on en a sont très-imparfaites (D). Quel- qu'un avait fait un abrégé de cet ouvrage (E); M. Moréri s'est voulu mêler de dire un mot de cela, et s'est fort trompé (F). Tout ce qu'il a dit d'Athénée, et de deux autres personnes de ce nom, est défectueux (G). Nous verrons en quoi cela consiste dans la dernière remarque de cet article.

(A) Athénée ajleuri au III'.

siècle. 3 M. le Fèvre a censuré Helvi- cus qui, en citant Suidas, a mis Athénée sous l'empire d'Autonin Plus (i). Ce sont deux fautes j car Suidas (i) Tanaq, Faber, Epistol. LXIII, lib. I, pag. an, 3ia.

32 ATHÉNÉE.

le fait fleurir sous Marc Aurèle, et ne sa conjecture; c'est que le passaj^c mérite pas en cela d'être copié, vu dont il s'agit commence ainsi: Puisqu'Oppien, qui a dédié un poème à que j'ai fait mention de la ville d'A- Fempereur Caracalla (a), mourut lexandrie, Callixène n'avait garde de avant Athénée. Il ne fallait donc pas parler de cette façon dans un ouvrage qu'Helvicus plaçât Oppien 5o ans concernant cette ville-là (7). C'est après celui-ci. C'est une faute que donc Athénée qui se sert de cette M. le Fèvre lui reproche, cl il sou- phrase, après avoir achevé de raptient qu'Athénée a vécu en même porter ce qu'il empruntait de Calai^ait composé divers oufra- _ _ _ en avait écrit un des rois de gard du temps- K<*J tov oxlyùù tt^o «//«ëv Syrie, comme il nous l'apprend lui- ■ytvô/xivov 'OTrTrtctyo]/ to» Ki'm»* (3), et même (8). Vossius lui en attribue un qui paulo anie nos cixit Oppianiim autre sur les hommes illustres et les Cilicem, dit-il, en parlant de plu- générau - d'armée qui s'étaient battus sieurs auteurs qui avaient écrit de la en duel (9}. 11 se fonde sur ces paroles pêche. On objectera sans doute, qu'il du IV". livre r'OTt <f« jt*J oî êV(fo^oi xotî ol dit ailleurs (4), qu'il a connu le poète yijuôvn 'i/Lf.ovof/.âiX'^vv x.a.1 'tx. -Trponhna-taiç Pancrates, qui reçut quelque présent toût' 'iTroiaui h iKKcin iifnKiL[/.iv (10). de l'empereur Haàrien j mais cela ne Illustres quidem viras et exercituuni forme point un grand embarras, il suf- duces provocatos singulare certamen fit de supposer que Pancrates était fort non detrectâsse alibi diximus. Cette jeune en ce temps - là, qu'il vécut matière serait très-propre pour un quatre-vingts ans, et qu'il mourut traité particulier 5 mais elle pourrait avant qu'Athénée fût parvenu à 1 an aussi être insérée comme un épisode 30 de sa vie. Vous trouverez par-là dans un autre ouvrage, et surtout par que rien n'empêche que celui-ci n'ait un auteur qui battait autant de pays vécu iusques à l'empire de Gordien. qu'Athénée en peu de temps, et qui Si M. de Tillemont se fût souvenu du aimait la rapsodie autant que lui. passage grec d'Athénée que j'ai cité, C'est pourquoi l'opinion de Vossius la vieillesse qu'il eût cru devoir don- n'est pas fort certaine, ner à cet écrivain lui eût paru plus (C) Il ne nous reste point de livre surprenante; car il le suppose^b/'fdg*^» plus mal traité qu'Athénée par les en se figurant seulement que son ou- copistes. ] On ne saurait compter les vrage fut écrit après la mort de Com- omissions, les transpositions, les mode, et la raison qu'il en donne est fausses leçons, vu leur grand nom- qu' Athénée ap-tiit connu le poêle Pan- bre. Voilà des fautes qu'on peut impourtant le désapprouver en consé- eux. 11 nous manque les deux prequence du passage grec que l'on a vu miers livres, le commencement du ci-dessus. N'allez point me dire que troisième, et la plus grande partie ce n'est point Athénée qui se vante du dernier. Pour suppléer cette perte d'avoir connu le poète Pancrates, et le mieux qu'il a été possible, on a que ces paroles-là sont de Callixène impi'imé avec ce qui nous reste d'enle Rhodien, qu'il avait cité peu au- tier l'abrégé de ce qui s'est perdu; paravant. Cette supposition n'est car, comme je dirai bientôt, on a point recevable. Casaubon a fort bien encore l'abrégé de tout l'ouvrage. vu que les paroles de Callixène man- (D) Toutes les éditions que l'on en quent dans le livre d'Athénée (6); <iiO«t ïrès-J>wpar/rtt/«. ] La première mais il a omis une très-forte raison de est celle qu'Aide Manuce donna l'an (a) Qui fut luéVan 117.

(5) Tillemonl, Hist. des Empereurs, Um. II, pag. 8ag.

(6) Casiob., iu Alljtn., pag. gSS.

(7) 'Ev To7ç TTipi 'AXlÇctVtTiP »»'*?• In suit libris de Alexaiidrid. (Athen., lib. XV, pag.

(8) Alben., lih. V,pag. an.

(d) Vossius, de Histor. grscis, pag. 282. (10) Alben., lib. IV, cap. XIII, injin»'.

ATHÉNÉE.

i5i4- Marc Musurus, Grec de nation, meilleur Athe'nëe qu'on puisse ache- l'assista de ses soins et de ses lumières, ter. M. Tabbé de -Marolles a traduit en Cependant comme ils n'avaient pas notre langue cet auteur erre. Je ne de bons manuscrits, et qu'ils n'eu- doute pas qu'il n'ait suivi comme son rent pas l'exactitude ne'cessaire en unique modèle la version latine, et corrigeant, il demeura une infinité qu'il n'ait commis beaucoup de fautes, de fautes dans leur travail. L'édition Je ne connais cet ouvrage que par le de Bâle, qui suivit celle-là, en i535, Journal des Savans(i5). 11 est in-^°., apud Joiinnem f^alderurn, in-folio, et fut imprimé à Paris, l'an 1680. par les soins de Jacques Bedrot, et de C'est la première traduction française Christien Herlinus, ne valut pas de l'original, et la dernière compo- mieux. Natalis Cornes osa bien se ha- sition du traducteur. J'ai ouï dire sarder à mettre en latin Athénée, qu'elle s'est si bien vendue, qu'on ne Personne n'ignore qu'il avait de l'éru- la trouve presque plus chez les librai- dition. On connaît par sa Jlylhologie res, et qu'elle est d'une cherté exces- qu'il avait fort lu et fort étudié; mais sive *. Quant à ce qui a été débité comme il n'entendait rien dans la cri- touchant une traduction faite par tique,il est certain que sa traduction Sanga, voyez ci-dessus les citations est du dernier pitoyable. C'est la pre- (i i), (12), et (r3). mière qui ait été publiée. u4nte omnes (E) Quelqu'un aidait fait un abrégé alios ( nam de Sangâ Roniano i^ereor de son ouvrage des Dipnosophistes. 3 ut credendutn sit Paulo Joi^io, ) la- Casaubon avoue de bonne foi que cet tinumfecitAilienœum{\i).Quaiiu'is abréviateur lui est inconnu, et (ju'il rumor spargeretur Sangam palricium n'en connaît, ni lenom, nile pays, ni le romanum, virum, ut aiunt, exiviiœ siècle (16). 11 le met néanmoins plus de doctrinœ, id prœstitisse (la). Casaubon 5oo ans au-dessus de lui, et il est bien ne marque pas en quel endroit Paul assuré qu'il le faut mettre au-dessus Jove a dit cela: c'est au livre de Pis- d'Eustathius (1^), parce qu'Eustathius cibus romanis. Voici ses paroles: s'est servi plus d'une fois de Fabrégé Sanga Romanus, poêla lepidus, cujus d'Athénée préférablement à l'original, beneficio jiOienceum Latinum legimus ce qui l'a fait tomber dans quelques (|3). Mais ces cinq dernières paroles fautes (18). Casaubon prétend que cet ne se trouvent point à l'édition de abréviateur était quelque granimai- Bâle, en i56i, per Henricum et Pe- rien, qui entreprit sur Athénée la truni Pernam, ce qui montre que même chose qu'Hermolaus avait en- Paul Jove avait reconnu qu'il s'était treprise sur l'ouvrage d'Etienne de trompé. Dalechamp, médecin célèbre, Byzance, et qui mérite qu'en certai- donna une seconde traduction, qui nés choses on loue son érudition, et vaut mieux que celle de Natalis Co- qu'en d'autres on blâme son manque mes, et qui aurait pu être beau- d'exactitude (19). Les manuscrits d'A- coup meilleure qu'elle n'est, si l'au- thénée étaient déjà fort corrompus, teur avait eu moins de pratique. Mais quand cet abrégé fut fait. Deux raicomme il s'attachait à sa profession, sons le prouvent: on voit dans l'abrégé et qu'il ne donnait à Athénée que le plusieurs corruptions semblables à temps que ses malades lui laissaient celles de ces manuscrits; et l'abré- de reste, il n'a point fait tout ce qu'on viateur avoue qu'il passe certaines pouvait attendre de lui, quoique pen- choses, parce qu'elles ont été falsi- dant près de trente années il ait con- fiées (ao). Casaubon avait le manu- sacré à cela tout le loisir qu'il pouvait scrit de l'abrégé (2 r). David Hoes- trouver (i4)._0n en est demeuré là. (,5) /)„ ao ma< 1680.

L'édition de Dalechamp, le grec d'un côté, le latin de l'autre, avec le vo- lume des notes de Casaubon, est le (11) Casaubon., Pr«f. Animadv. in Aiben.

(12) Dalechampius, Epiit. dedic. Athenzi. (i3) Paulus Jovius, Pisclbus romanis, cap.

XXXI, pag. 104, édition, an. i53i, ex officind pae- 3 Frobenianii.

» Cela n'est plus; ii existe nne aalre trajuction française d'Athénée par Lefebvre de Villebrune, i';85-Qi, cinq volumes in-4°.: elle n'est pas estimée, étant inûdèle et très-mal écrite.

(16) Casaubon. Animadrers. in Atben.,init.

(17) Idem, inPrcrfat. et mAnimadv., pag. 3. (i8) Idem, in Animadv., pag^ i etx, (19) Casaubon. Animadvers., in Aitea | Ci4) Ex Prmfat. Casaubon. in Atben*Km.

(,2o) Idem, Prcefaiione. (ai) Idem, Animadv., initia.

5oo ATHÉNÉE.

chelius le lui enroya: il y manquait le premier livre et une partie du se- cond, de sorte qu'on avait retranche' du commencement presque tout ce qui en avait été inséré dans les édi- tions d'Athénée, pour suppléer ce qui s'est perdu des Dipnosophistes.

(F) M. IHoréri s'est voulu mêler de (G) Ce qu'il a dit., de deux autres personnes de ce nom est fort défec- tueux. ] Ce sont Athénée l'historien et Athékée le philosophe. M. Moréri débite que le premier Athénée a écrit l'Histoire de Sémiramis, et que cette histoire se trouve dans le deuxième livre de Diodore de Sicile, et que Muparler de l'abrégé d'Athénée, et ret l'a décrite sans citer l'auteur. 11 s'est fort trompé. ] Voici ses paroles: faut être bien peu attentif, lors qu'on Athénée a écrit un ouvrage desDipno- ne sent pas que ces paroles renfersophistes en quinze litres, qu'Hcrmo- ment je ne sais quoi de contradictoire.

laûs de Byzance mit en abrégé, selon Suidas, ie ne dis rien de son péché d'o- mission: il est assez évident qu'il de- vait nous dire si ce que l'on a est l'ouvrage même, ou seulement l'a- brégé qu'il nous annonce. Arrêtons- nous seulement aux. péchés de com- mission. 1°. Il est faux qu'Hermolaiis Un historien met-il dans un petit coin de son ouvrage tout ce qu un autre historien a écrit sur un long règne, sur un règne lecond en evenemens r Un critique comme Muret pourrait-il enfermer dans un de ses courts cha- pitres (îS) toute la vie de Sémiramis? Cela est absurde. 11 fallait donc s'exde Byzance ait abrégé Athénée. 2°. 11 primer en cette manière, ou en quel- est faux que Suidas le dise. 3°. Il est que autre semblable: Diodore de Si- faux que Suidas ait parlé d'aucun cile rapporte une action de Sémiramis, abréviateur des Dipnosophistes. Ca- et cite un auteur qui s'appelait Athé- saubon me parut d'abord être la cause née. Muret rapporte la même action, de l'égarement, la cause, dis-je, très- sans citer personne. Conclure de là innocente; car qui aurait jamais de- que cet Athénée avait composé l'his- viné que l'on broncherait sur ces pa- toire de Sémiramis, et par conséquent rôles? Putem confectam Constanti- nopoli ante annos quingcntos et am- pliiis hanc epitomen ab aliquo gram- malico, qualis fuit Hermolaus Byzan- tius, auctor eorum excerptorum quœ qu'il doit avoir place entre les histo- riens, c'est aller trop vite: sur ce pied-là. Sénèque aurait fait l'histoire de presque tous les grands hommes; car il n'y en a guère dont il ne raphodiè pro 'Eôvixôiv Stephani libris in porte quelque action, ou quelque sen doclorum manibus versantur (22)- Mais j'ai trouvé dans la suite que c'est Charles Etienne, qui a trompé M. Mo- réri. Je pense que Volaterran est le premier qui a imputé faussement à Suidas d'avoir dit qu'Hermolaiis de Byzance avait abrégé Athénée. On re- leva cette faute de Volaterran dans l'édition d'Athénée de l'an i535, comme on peut l'apprendi'e sans con- sulter cette édition, pourvu qu'on jette les yeux sur la Bibliothèque de Gesner. Quelque aisé qu'il fût de ne pas tomber dans la même faute, puis- qiie Gesner la marquait, il est sûr que Charles Etienne, Lloyd, et Hofman y sont tombés tout de leur long 5 et ils ont assuré, (|ui pis est, qu il ne nous reste d'Athénée que l'abrégé d'Hermolaiis Byzantin: Opus, quod ad nos sanc haudquaquhm integrum pen'enit; ejus epitome ab Hermolao Byznntio Tantom relicta: authore Suidd.

(31) Idtm, Aclmndv., pag. 3.

tence mémorable. Cela soit dit contre Vossius, qui, à tout hasard, met au nombre des historiens celui dont Dio- dore de Sicile fait mention; mais il s'est bien gardé de dire positivement que cet Athénée ait fait l'histoire de Sémiramis.

A l'égard d'Athénée le philosophe, il est faux que Strabon, cité par M. Moréri, dise qu'il enseigna dans Rome la philosophie d'Aristote; qu'étant retourné chez lui il fut accusé d'a- voir dessein de former une républi- que, et qu'on l'arrêta. Voici ce que Strabon en dit (24): « Athénée, phi- M losophe péripatéticien, natif de Sé- » leucie dans la Cilicie, eut part au M gouvernement, et fut démagogue » (a5) dans sa patrie, pendant quel- (23) C'«< le Xyil<=. du yi*. livre variarum Lectionum. Moréri l'a cilé; mais on a mis celle citation à l'article (i'Atliénée, me'decin.

(24) Sirabo, lib. XIV, pas- 46i- (25) Qu\l me soii permis d'employer ce mQt à In manière des Grecs, pour signifier ceux ATRAX ou ATRACIA. 5oi j) que temps. Ensuite il devint intime embouchure dans la mer lonienj. ami de Murcna, et s'enfuit avec lui „e (/j, passait par le pays des w quand on eut découvert que Mure- Afp j> na avait conspire contre Auguste. -Airaciens.