LET. DE L'AUT. A Mr. DE S**'". 107 verfftirq, & cduL de tâtis lea Philofophes, em- ployé environ crois cens pages au fujet de quel* oHea Feafées de Pajcal ^ue j'avcns examinées dans noios d.'une feuîlie. ■ Je UÀs coujourfi pour ce que j'ai die. Le dé- faut de la plûparc des Livres eA d'être trop loGi|3. Si on avoic la raifon pour foi^ on feroic coure; mais peu de raifoiT & beiMicoup d'in- jures ont fait les trois cens pages. - J'ai toujours cru que Pajcal ii'afwt jette fes. idées fur le papier, que pour les revoir & en re- jetter ane partie. Le Critique n'ea vea rien croire. Il foutîeni; que L'afçal aîmoit toutes fes idées, & qu'il n'en eue retranché aucune; mais a'il favoit que les Editeurs eux-mâmes en fuppri- nmenc ta moitié^ il jèroic bien furpris.
I! n'a qu'à voir celles que le Peic des MoIlofU ' % recouvrées depuis quelques wIn^'^.l, écrites de la n^in de Pafcal mâaie i il fera bien plus fur- pris eDcore. Elles font imprimées dans le itc> cueii de Tellorature. En voici quelques-unes. ' Stlon let lumières naturtlles s'il y a un Dwu, il n'a m parties ni bornes, il n'a aucun rapport à nous. Ksus jomkis donc incapables de cannoître ni te. qu'il ejl, ni s'il efi. Croyez- tous en bomie foi, Mon- • neur, que Pafcal eut confervé ce s'il cjl V Appa- remment que le Père Hardouin avoit eu cette Senfée, quand tl mit Pafcal dans là ridicule lille es Attiées modernes. Je ne me fenlirais pas ajjez âcfovea pour trouver iims la Nature de quoi convaincre des Athées. MmQ^xçky Locke, Wolff & tanc d'autres ont :,q,t,=cdbïGooglc; 108 LETTRE DE L'AUTEUR ont eu cette force; & aflûrëinent Pafcal rauroit eue.
Toutes les fois qu'une Proposition eji ittconceva' M^, il ne faut pas la nier, mais examiner le con- traire; isî s'il tjl manifejtement faux y on peut af- firmer le contraire tout incomprébenjiblc qu'il efi>^ - Pafcal avoit oublié fa Géométrie, quand il fai- foit cet étrange raffbnnement. JDeux quarrés font un cube, deux cubes font un quarré; voilà deux proporuions Contraires; toutes deux égale- ment abfurdes, &c.
■ 7e veux vous faire voir me chojè infinie C? indi- vifible; c'ejî un point fe mouvant par-tout d'ime vt- ttjft infinie; car il ejl en tous lieux i^ tout entier.
Voiià qui efl encore bien antimathématique. Il y a autant de fautes que de mots. AfHlrémeoc- de telles idées n'étoient pas faitâs pour être em- ployées. Mon Critique changera un peu d'avis» s'il va à votre école. U verra qu'il s'en faut biea qu'on doive croire aveuglément tout ce que Paf- cal a dit. ' 11 croyoit toujours pendant la dernière année de fa vie voir un abîme à côté de fa chaifè. Fau- droit-il pour cela que nous en imaginallions au- tant? Pour moi, je Vois aulS un abîme; mais c'eft dans les chofesqu'il a cru expliquer.. • Vous trouverez dans les Mélanges de Leib- nitz, ^ue la mélancolie égara fur la fin la Raifon de Pafcal; il le dit même un peu durement. U- n'eft pas étonnant, après-tout, qu'un homme d'un tempérament délitât, d'une imagination trifte,- comme Pafcal ^ foiC',à force de mauvais régime « Çar- :,q,t,=cdbïGoOglc parveDO à déraogër les organes de fon cerveau. Cette maladie n'efl ni plus furprenantc, ni plus humiliante, que la fièvre i<i ia migraine. Si le graiMJ Pafiat en a été aitaqué, c'eâ. Sam/m qui perd fa force.
Je né fçai de quelle maladie était affligé le Doâeur qui argumente fi amèfement contre moi; imais il prend le change en tout, & prin- cipalement fur l'étac de laqueftion.
Le fonda de me» petites Remarques fur les Pen/ées de Va/cal^ c'eu qu'il faut croire ^ns doa- ■Ce au Péché originel, puisque ta Foi l'ordonne.; & qu'il faut y croire d'autant plus que la Raifoa e(t abfolument impuifTante à nous montrer quç la Nature Humaine eft déchue. La Révélation ièule peut nous l'apprendre Plmsti s'yétoîtja- <lis caÎTé le qez. Comment pouvoit-il favoir que Jes. hommes avoîenc été autrefois plus beaux, plus grands, plus forts, plus heureus: qu'ils 9e .voient eu -de belles ailes, & qu'ils avoient fait des.etifans fans femmes?
Tous ceux qui fe Ibnt fervîs de la Phjlîque pour prouver la décadence de cê petit Globe de notre Monde, n'ont pas eu meilleure fortune que.Platon. Voyez-vous ces vilaines Monta- gnes, difoietii-ih i ces Mers qui entrent dans les terres, ces Lacs fans ilTuë? Ce font des d&m fl'un Globe maudit. Mais quand on y a regar* dé de plus près, on a vu que ces Montages é- toient néceflàires, pour nous donner des Riviè- res & des Mines, & gue ce font Tes perfe^tiont d'uQ Monde Ibénî.
De :,q,t,=cdbïGooglc; iiô LETTRE DE L'AUTEOR De même mon Cenlèur aUtlw qoe nôtre vie ell fore Tsccourcie en comparaison de <:elte de* Corbeaux & des Cerfs; il a entendu dinç' il ik ■ Nourrice que les Cer^ vivent ti-ois cent ans, A les Corbeaux neuf cens. La Nounke d'H^fiot- de lui avoit fait aullt apparemment le roéme conte. Mais mon Docteur n'a qu'à interroger quelque Chafléur; it faura que les Cerfs ne vont jamais à vingt ans. Il a beaa faine, l'Homme eft de cous les Animaux celui à qui Ûen accor^ êe la plus longue vie j &. qoand mon Crkiqoc me montrera un Corbeau qtii aura cent deux an# comme Mr. de St. Auîmt & Madame de (Jjo» clos, il me fera plaiOr. • ■ C'eft une étrange rage que celle de que^uei Mefliéurs, qtri veulent ablolument que nous 1^. yons niiftrables. Je n'aime point un CharfetM qui veut lie faire accroire que je feis nuriade^ ^our me vendre fes Pilluîes. Garde ta ^gtie^ mon ami, & laifle-moi ma Jânté. Mais pou^ quoi me djs-tu dps injures parce que je me por- te bien, & qoe je ne vetix' point de twi or- viétan T Cet homme m'en dit de três-gr<rfrtères, ft^ ïoo la louable coutume des gens, pour qui iea rieurs ne font pas- H a été déterrn' dâm je n« fçai'qud fcomart, je ne fçM quelles LetH^s fw la nature de l'Ame, que je n'ai jamais écrites ( & qu'on Libraire a toujours- imCes fooe mMi nom à bon compte, auflî>bien que beaucoup d'autres chofes que je ne lis point.
Mais puisque c^c hoaune ka ht, 'A devoit TOir dbïCoogIc voir. qu'il t& évident que ces t^tcres fur la qa* ture de T*Ame ne font pomc de moi, & qu'il' y a.dçs pitges entières copiées mot à iqoc de çù ^e |*ai aiftrefois écrit iW Locke. U eiï clair ^u"éUêS font de quelqu'un qoi m'a vtrfrf; mais je nç vole point ainfi, quelque pauvre que je ptuT- f^ être; 'Mon Dofteur Te luë à proovef que l'Ame eft ffûrituelle. Je veux croire que la fîeniie l'eft; mais en vérité ks raifonnemens le font fort peu. Il veut donner des fouflets à Locke fur m» jbuë; parce que Locke a dit que Dieu écoit af- lèz puiflànt pour f^e penfer an élément delà. Matière, Hus je relis ce Locke, & P'QS j* voaârds que tous ces Meffieurs l'étudiafient, fl rtie'femble qu'il afait comme Aagufté, gui don-' Îa un Edit ae çoerceriâo infra fines Imperio. Locke a ref^rré l'Empire de la Science cour l'affermir. ÇKi'efl-ce que l'Ame? Je n'en Jçai rien. Qu'eft- çe qiie lakMatière? Je n'en içai rien. voiHi Jofeph Leibnîtz, ijui a découvert que la Matière eft un aiTemblage de Monades. Soit. Je ne le comprends pas, ni lui non plus^ Eh bien, mon Ame fera une Monade; «te me vo^à-t-il pas bien inftruic? Je vais vous prouver que vous êtes immortel, rae dit mon Dofteur. Mais vrai- ment il me fera plaiHr; j'ai tout aufli grande en- vie que lui d'être immortel. Je n'ai f^it la Hen- ri & de que pour cela. Mais mon homme fe croit bien plus fUr de l'immortalité par iès Ax- gumens, igue moi par ma Henriade: db.,Goog[c db.,Goog[c ' yiwtiu vanitatum, i^ Metapbylica vamtas!
'Noas ibmmes faits jiour compter, mefijrerj' peferf voilà ç^ qu^à faii Nevston; voilà ce que vous faites, zvçc Mon/ieur Mus^mbreeè.,-Mai». pour l£s premiers ï^incipes 'des chofes,.nbui ir'en favons pas plu? qa'Epîfiétnon. & Mà!tre'£- 'l^s JPtiilQrophes qui font des Sy^êm^sfur la! lècrette conftrûftion de l'Univers, font comme' Bos Voyageurs qui vont à Con/îaminople", '&'qui garlent du Serrail; ils ii'en opç vu que Içs de- ors, & i[s prétendent favoir ce que fait le Sul- tan avec feis.. Favorites.. Adieu, MonGeur, iî quelqu'un voit im peu, c*e[t vous; mois je tiens mon Genïeui^ aveugle.' J'ai l'honneur de l'être ^uflî; mais, je fuis un Qmnze-^ingt de. Paris, Si. iui un avei^le de Province. Je ne fuis pas aflèà aveugle pbîjrtant pour qe pas voir -Ecut vptrfi mérite," & vo^us favez cojnbiçn. mon cœur-elï iènfibte à^ifôire amitié. Je. fuis', &c.
J Chày lez. âe yuïH 1741.