lôy, qucleplus petit; mais que ces rayons ne doiuent point auoir plus do force en chafque partie de cet elpa- ce, qu’en celuy où le plus petit les ramafle. En forte qu'on peut faire des verres ou miroirs extrêmement pe- tits, qui brullerontauetautant de violance que les plus grands. Et un miroir ardent dont le diamètre n’eft pas plus grand qu’enuiron la centiefme partie de la diftance qui eft entre luy & le lieu où il doit rafifembler les rayons : - | / du F y- Ifr Discours Huictiesme. Up dufoleil; c’eft a dire, qui a mcfme proportion auec cette diftance, qu’a le diamètre du foleil auec celle qui eft en- tre luy & nous, fuft-il poli par vn Ange ne peut faire, que les rayons qu'il aflemble efchauffent plus en l’endroit où il les aflemble, que ceux qui vtencnt directement du So- leil. Ce qui fé doit aufly entendre des verres bruflans a proportion. D’oif vous pouués voir que ceux qurne font qu’a demi fçauans en l'Optique fe laiflent perfuadcr beaucoup de chofes qui font impoflibles, & que ces miroirs dont on a dit qu’Archimede brufloit des nauires de fort loin, deuoient eftre extrêmement grands, ou pluftoft qu’ils font fabuleus.
La quatrième differëcc qui.doit eftre remarquée entre les verres dont il eft icyqueftion appartiêt particulière- ment a ceux qui changent ladi/pofltion des rayons qui vienent de quelq; point afTés proche d’eux,& confifte en ce que les vns,a fçauoir ceux dot la foperflcie qui regarde %ers ce point eft la pins creufoaraifon de leur grandeui* peuuent receuoir plus grade quantité de ces rayons, que T w r&r i2o La Dioptriqjie les autres, encore que leur diamètre ne foit point plus grand. Et en cecyle verre Elliptique NOP, queic fuppQle fi grand que fes extrémités N & P font les poins où fe. termine le plus petit diamètre de l'Elli- pfe, furpaffel'hyperboliqtie QRS, quoy qu’on le fup- pofe auffy tant grand qu’on voudra; & iltie peut eftre furpafle par ceux d'aucune autre figure*. Enfin ces ver- res different encore en ce que pour produire les mef- mes effe&s eu elgard aux rayons qui fe rapportent a, vu feul point ou a vn feul cofté, les vns doiuent eftre plus en uombre que les autres, ou doiuent faire que les rayons qui fe rapportent a diuers poins, ou a di- uers coftés, fe croyfent plus de fois. Comme vous av*s vû que pour faire auec les verres Elliptiques^ que les rayons qui vienent d’vn point s'affemblcnt en vn autre point, ou s’efeartent Comme s’ils yenoient d'vn autre point -, ou que ceux qui tendent vers vn point s’efeartent derechef comme s’ils venoient d'un autr^ point; ileft toufiours befoin d’y en employer deux; au lieu qu’il n’y en faut employer qu’vn feul, fionfefert des hyperboliques. Et qu’on peut faire que les rayons parallèles demeurans parallèles occupent vn moindre çfpace qu’auparanant, tant par le moyen de deux verres hyperboliques conucxes, qui font que les rayons^qui vienent -de diuers cofte's fe- croyfent deux fois; que par le moyen d’vn eonuexe de d’vn con- caue, qui font- qu’ils ne fe croifent qu’vne fois. Mais il eft euident que iamais on ne doit employer plufieurs verres a ce qui peut eftre auffy bienfait par l'ayde d’vn feul, ny faire que les rayons fe croi- : • fent I2Z Discours Neufiesme.
font plufieurs fois lors qu’vne fuffift.
Et generalement, il faut conclure de toutcecy que les verres hyperboliques & les elliptiques font préfé- rables a tous les autres qui puiflent eftre imagines, & mefme que les hyperboliques font quafi en tout préfé- rables aus elliptiques. En fuite de quoy ie diray main- tenant de quelle façon il me femble qu’on doit com- pofor chafque efpece de lunetes, pour les rendre lès plus parfaittes qu’il eft pofîible.
9 » \ LA DESCRIPTION DES LUNETES. • ïfcours TL eft befoin premièrement de choifir vne matière -■-tranfparente, qui eftant afles ayfée a tailler, & néant- moins alTés dure pour retenir la forme qu’on luy donne- ra, foit en outre la moins colorée, & qui caufe le moins de refleâion qu’il eft poflîble. Et on n’en apointenco- re trouuéqui ait ces qualités en plus grande perfe&ion que le verre, lors qu’il eft fort clair, & fort pur, & com- pofede cendres fort fubtiles. Car encore que le criftaf de montaigne femble plus net & plus tranfpârent, tou- tes fois pource que fos fuperficies caufent la reflexion de plus de rayons que celles du verre, ainfl que l’experien- ce femble nousapfendre, il ne fera, peut eftre, pas fl propre a noftre deflein. Or afin que vous fçaehiés la caufe de cette reflexion, & pourquoy elle fc/ait pluftoft Q_ fur 122 La Dioptrkv) v fur les fuperficies tant du verre que Ài. criftal, que non paseni’efpaifleurdeleurcors, &pourquoy elle s y fait plus grande dans le criftal que dans le verre, il faut que vous vous fouuenic's de la façon, dont ie vous ày cydefi- fus fait conceuoir la nature de la lumicrei lors que iay dit, qu’dle n’eftoit autre chofe dans les cors tranfparens que Tadtion ou inclination a fèmouuoir d’vne certaine matière très fubtile qui remplit leurs pores: & que vous penfie's que les pores de chafcun de ces cors tranfparens fontfivnis & fi droits que la matière fubtile qui peut y entrer coule facilement tout du long, fans y rien trouuer qui Tarrefte. Mais que ceux de deux cors tranfparens de diuerfe nature, comme ceux de l’air & ceux du verre ou du criftal, ne fe rapportent iamais fi iuftement les vns aus autres, qu’il n Y ait toufiours plufieurs des parties de la matière fubtile, qui, par exemple, venant de l’air vers le verre, s’y reflefchifTent, a caufe qu’elle $ rencontrent les parties folides de fa fuperficie: & tout de mefrne, venant du verre vers l’air, fe reflefchifTent & retournent au dedans de ce verre, a caufe qu’elles rencontrent les parties folides de la fuperficie de cet air5 car il y en-a auf* fÿ beaucoup en 1 air qui peuuent eftre nommées folides à comparaifon de cette matière fubtile. Puis en confide- rant que les parties folides du criftal font encore plus grofles que celles du verre, & fes pores plus ferrés, ainfi qu’il eftayfe'aiuger de ce qu'il cft plus dur & plus pe- fant, on peut bien penfer, qu’il doit caufer fes refle- xions encore plus fortes, & par confèquent donner paflage a moins de rayons que ne fait ny l’air ny le verre $ bien que cependant il le donne plus libre a ceux Di scours Neuf iesme. 123 ceux aufquels il le donne, fuiuant ce qui à elle dit cy- deflus.
Ayant donc ainfi choifi le verre le plus pur, le moins colore, & ccluy qui caufc le moins de reflexion qu’ilcft pofîîble, fi on veut parfon moyen corriger le défaut de ceux qui ne voyent pas fi bien les obiets vn peu efloi- gne's, que les proches* ou les proches, que les efloignés* Jes figures les plus propres à cec effedt font celles qui fe tracent par des hyperboles. -Comme par exemple l'œil B,ouC, eftantdiipoféafaire que tous les rayons, qui vienent du point H, ou I, s’aflemblent.exa&ement au milieu de fon fonds, & non pas ceux du point V, ou X, il faut, pour luy faire voir diftin&ement l’obiet qui eft vers V, ou X, mettre entre deux le verre O, ou P, dont les fuperficies, l’vne con- uexe & l’autre conca- , ayant les figures tracées par deux hy- perboles qui foyent telles qu’H, ou I, foit le - point brûlant de la concaue,qui doiteftre tournée vers l’œil, & ou Y j celuy de la conuexe.
Et fi on fuppolé le feulemtent a quinze . # - °« 124 La Dioptrique ou vingt pieds de diftance,ilfuflîra, au lieu de l’hyper- bole dont il deuroit eftre le point bruflant, de fe feruir d'vne ligne droite, & ainfi de faire l’vne des fuperficies dû verre toute plate j àfçauoir l'interieure qui regarde vers l'œil, fi c’eft I quifoitaflc'sefloigné; oul’exterieu- re, fi c’eft VTCar lors vne partie de l’obiet de la grandeur de la prunelle pourra tenir lieu d’vn feul point, acaufe que fon image n’occupera guerês plus d’efpace au fonds de l’œil, que l'extremite de l’vn des petits filets du nerf optique.Etmefme il n’eftpasbefoindelë feruir de verres differens a chafq; fois qu’on veut regarder des obiets vn peu plus ou moins efloignés l'vn que l’autre; mais c’eft ailes pour l’vfage d’en auoir deux, dont l’vn foit propor- tionne" a la moindre diftâce des chofes qu'on a couftume de regarder, & l’autre a la plus grande; ou mefme feule- ment d’en auoir vn j qui (oit moyen entre ces deux. Car les yeux aufquels on les veut approprier, n’eftans point tout a fait inflexibles, peuuentayfementalTdschanger leur figure, pourl’accommodera celle d'vntel verre.
Que fi on veut par le moyen aufly d’vnlèul verre faire que les obiets acceflïbles, c’eft a dire ceux qu’on peut approcher de l’œil autant qu’on veut, parodient beau- coup plus grands, & le voyent beaucoup plus diftin<fte- ment que fans lunetes: le plus commode fera défaire celle des fuperficies de ce verre qui doit eftre tournée vers l’œil toute plate, & donner à l’autre la figure d’vne hyperbole, dont le point bruflant Ibit au lieu où on vou- dra mettre l'obieeft. Maisnote's queie dis le plus com- mode, car i’aduoue bien que donnant à la fupcrficie dç ce verre la figure d'vne Ellipfe, dont le point bruflant Discours Nbufibsme. izy foit aufly au lieu où on voudra mettre l'obiet, & a l’autre celle d'vne partie de Sphere, dont le centre foit au mef- me lieu que ce point bradant, l’effedt en pourra eftre vn peu plus grand: mais en reuanche vn tel verre ne pourra pas fi commodément eftre taille. Or ce point bradant, foit de l’hyperbole, foit de l’ellipfe, doit eftre fi proche, que l'obiet, qu’il faut fuppofor fort petit, yeftantmis, il ne refte entre luy& le verre, que fortement autant d*e- fpace, qu’il en faut, pour donner partage a la lumière qui doitl’efclairrqr. Et il faut enchafler ce verre en telle forte, qu’il n’en relie rien de découuert que le milieu, qui foit enuiron de pareille grandeur que la prunelle, ou mefme vn peu plus petit. Et que la matière en quoy il fera enchafle foit toute noire du coftd qui doit eftre tourne’ vers l’œil, où mefme aufly il ne fora pas inutile qu’elle foit garnie tout au tourd'vn bord de panne ou ve- lours noir, a fin qu'on la puifle commodément appuier tout contre l’œil, & ainfi empefeher qu’il n’aille vers lny aucune lumière, que par l’ouuerture du verre. Mais en dehors il fora bon qu’elle foit toute blanche, ou pluftoll toute polie, & qu'elle ait la figure d’vn miroir creux, en • forte qu'elle renuoyc fur l'obiedt tous les rayons de la lumière qui vienent vers elle. Et pour fouftenir cdt obiet en l'endroit où il doit eftre pofo'pour cftrevû, iene défi- approuue pas ces petites fioles de verre ou de criftal fort tranfparent, dontl'vfage eft défia en France afles com- mun. Mais pour rendre la chofoplus exa&e, il vaudra encore mieux qu’il y foit tenu ferme, par vn ou deux pe- tits reflors en forme de’bras, qui fortent du chaftïs de la lunete. Enfin pour ne manquer point de lujnfore ilfau- Q, j «ira 1 16 La Dioptriqjje dra en regardant cet obiet le tourner tout droit vers le folcil. Comme fi A eft le verre, C la partie intérieure de la matière en la quelle il eft enchafleVD l'exterieure, El’obiet, G le petit bras qui lefouftient, H l’œil, & 1 le foleil, dont les rayons ne vont point en l'œil directement, a caufe de l’interpofition tant de la Iunete que de l’obiet, mais donnans contre le cors blanc, où le miroir D, ils fe re- ftefehiflent premièrement de là vers E, puis d'E ils le reflelchiflent vers l’œil.
Que fi on veut faire vne Iunete la plus parfaitte qui puifle eftre pourferuir a voir les Aftres ou au- tres obiets fort efloigncs & inaccef- fibleSj On la doit compofer de deux verres hyperboliques, l’vn conuexe & l'autre conca- ( ue, mis dans les deus bouts d’vn tuyau en la façon que vous voyés icy reprefcntec. Et premièrement abc la fuperficie du verre concaue doit auoir la figure d' vne hyperbole, qui ait fon point brullant a ladi- ftance a la quelle l’œil, pour lequel on prépare cette lu- nete, peut voir le plus diftinCtement fes obiets. Comme icy l’œil G eftant dilpoféa voir plus diftindtement les obiets qui font vers H, qu’aucuns autres, H doit eftre le point brullant dç l’hyperbole abc: & pour les vieillars, qui voyent mieux les obiets fort efloigncs, que les pro- ches, cette fuperficie abc doit eftre toute plate; au lieu que pour cepx qui ont la veuë fort courte, elle doit eftre aflës- « Discours Neufiesmb.
1X7 aflVsconcaue. Puis l’autre fuperficie def doit auoir la figure d’vue autre hyperbole, dont le point bruflant I foit eüoigné d’elle de la largeur d’vn pouce, ou enuiron, en forte qu’il fe rencontre verslefonds de l’œil, lors que ce verre cft appliqué tout contre fa fuperficie. Notés toutes fois que ces proportions ne font pas fi abfolu- ment neceflaires, quelles ne puiflent beaucoup eftre chanut La Dioptriqjie changées, en forte que fans tailler autrement la fuperfi- cie a bc pour ceux qui ont la veuë courte, ou longue, que pour les autres, on peut a fies commodément le lèr- uir d’vne mefme lunete pour toutes fortes d'yeux, en al- longeant feulement ou accourciflant le tuyau. Et pour la fuperficie def, peut eftre qu’a caufe de la difficulté qu’on aura a la creulèrtant comme i’ay dit, il fera plus ayfé de lay donner la figure d'vne hyperbole, dont le point bruflant foit vn peu plus efloigné. Ce que l’expe- rience enfeignera mieux que mes raifons. Et ie puis feulement dire en general que les autres choies, eftant efgales,d’autantquecepoint I fera plus proche, d'au- tant les obiets paroiftront plus grands, à caufe qu’il fau- dra difpofer l’œil comme s’ils eftoient plus prés de Iuy; & que la vifion, pourra eftre pins forte & plus claire, à caulè que l’autre verre pourra eftre plus grand; mais qu’el!enelèrapaslidiftin<fte,lionle rend par trop pro- che, à caufe qu’il y aura plufieurs rayons qui tomberont trop obliquement fur fa fuperficie au pris des autres. Pour la grandeur de ce verre, la portion qui en demeure decouuerte, lors qu’il eftenchalfé dansletuyau KLM, n’abeloind’excederquedefort peu la plus grande ou- uerture de la prunelle. Et pour Ion efpailTeur elle ne fçauroit eftre trop petite;car encore qu’en l’augmentant on puifle faire' que l’image des obiets foit vn peu plus grande, a caufe que les rayons qui vienent de diuers poinss’efcartentvnpeu plus du collé’ de l’œil, on fait aufty en reuanche qu’ils paroiftenten moindre quantité & moins clairs. &l’auantage de faire que leurs images «deuienent plus grandes fe peut mieux gaigner par autre . ujî moyen.
Discours Neufiesme; 129 moyen! Quant au verre conuexe NOPQ, là fuperfi- cic N Q P qui eft tournée vers les obiets,doit eftre toute plate; & l’autfé N O P doit auoir la figure d’vne hyper- bole, dont le point brufianr 1 tombe exactement ' au mefmelieu queceluy de l’hyperbole def de l’autre verre, & Toit d’autant plus efloigné du point O qu’on veut auoir vnelunete plus parfaitfe. En fuite de quoy la grandeur de fon diamètre N P fe détermine par les deux lignes droites I d N, & I/P, trrces du poiut bruflant I, par d, & /, les extrémités du diamètre du - • verre hyperbolique def, que ie fuppofe^ efgaler celuy de la prunelle. Où toutes fois ilfaut ren^quer qu’enco- re que le diamètre de ce verre N O P QJoit plus petir, les obiets n'en paroiftront que d'aurant plus diftin<fts; & n’enparoiftront pas moindres pour cela, nyen moindre quantité’, mais feulement moins efclairés. C’cft pour- quoy lors qu’ils le font trop, on doit auoir diuers cercles de carton noir, ou autre telle matière, comme 123, pour couurir lès bords, & le rendre par ce moyen le plus petit que la force de la lumière qui viYnb- dçs^obiets pourra permettre. Pour ce qui eft de refpailfeur de ce— verre, elle ne peut de rien profiter, nyaufly de rien nui- re, fiuon en tant que le verre n’eftiamais fi pur, & fi net, qu'il n'empefche toufiours le palfage de quelque peu plus de rayons queue fait l’air. Pour le tuyau KLM, il doit eftre de quelque matière aflc’s ferme & folide r afin. que les deux verres enchaflesen fes deux bouts y retie- nent toufiours exactement leur mefme fituation. Et il doit eftre tout noir par le dedans, & mefme auoir vn bord de pane ou velours«noir vers M, affin qu’on puifle K en 130 ' La Dioptrique en l'appliquant tout contre l'œil, empefcher qu’il n’y entre aucune lumière que par le verre N OPQ^ Ht pourfàlongueur& là largeur, elles font âflfés détermi- nées paria diftance & la grandeur des deux verres. Au refte il eft befoin que ce tuyau foit attache' fur quelque machine, comme R S T, par le moyen de laquelle il puifte eftre commodément tourné de tous coftés, & are- fté vis a vis des obiets qu’on veut regarder. Ht a ce't effeéfc il doit y auoir aufly vne mire ou deux pinnules, comme V V, fur cette machine. & mefme outre cela, pour ce que d autant que ces lunetes font que les obiefs paroif- fent plus grandi, d'autant en peuuent elles moins faire voirachafque rois, il eft befoin, d’en ioindre auec les plus parfaittes quelques autres de moindre force, par Vayde defquelles on puifle, comme par degrés, venir a la connpiflance du lieu, où eft l'obiet que ces plus par- faittes font aperceuoir. Comme fonticyXX,& Y Y, queie fuppqfe tellement aiuftces auec la plus parfaite QL M, que fi on tourne la machine en telle forte, que par exemple la planète de Iupitcr paroifte au trauers des deus pinnules V V, elle paroiftra aufly au trauers de la lunete XX, par la quelle outre Iupiter, on pourraaufly diftinguer ces autres moindres planètes qui l'accompaignentj & fi on fait que quelqu’vne de ces moindrcs*pIa- netes fe rencontre iuftement au milieu de cette lunete X X, elle fe vçrra aufly par l'autre Y Y, où paroiflant feule & beaucoup plus grande que par la precedente, on y pourra diftinguer diuerfes régions: & derechef entre ces diuerfes régions, celle du melieu fe verra par la lu- nete KLM, & on y pourra diftiDguer plufîeurs chofes particu- Discours Nëufiesme.
particulières par Ton moyen; maison ne pourroit fç$- uoir,que ces chofes fuflcnten tel endroit de la telle des planètes qui accompaignent Iupiter, fans l’ayde des deux autres, ny aufly ladifpofêràtaonftrer ce quieft en tout autre endroit détermine' vers lequel on veut re- garder.
On pourra encore adioufter vne ou plufieurs autres lunetes plus parfaittes auec ces trois, au moins, fi l’artifi- ce des hommes peut pafler fi auant. Et il n'y a point de différence entre la façon de ces plu s parfaittes, & de cel- les qui le font moins, linon que leur verre conuexe doit eftre plus grand, & leur point bruflan t plus efloignd. En* forte, que fi la main des ouuriers ne nous manque, nous pourrons par cette inuention voir des obiets,auffy parti- culiers, &aufly petits,dans les Aftres,qucceux que nous voyons communément fur la terre.
Enfin fi on veut auoir vne luuete qui face voir les ob- iets proches & accefîibles le plus diftin&ement qtfilfe peut, & beaucoup plus que celle que i’ay taatoft deferite pourmefme effed:, on la doit aufly compofer de deux verres hyperboliques, l'vn coucaue & Üautrc conuexé, enchafles dansles deux bouts. d’vu tuyau, & dont le con- caue a b cd efîoi t tout fêmblable a ccluy de la preceden- te. Comme aufly N O P la fuperficie intérieure ducon- Mais pdur Texte rieure N RP, au lieu quelle uexc.
eftoit toute plate, elle doit icy. eftre fort conuexe, & auoir la figure d' vne hyperbole, dont le point brnflant extérieur Zfoit fi proche, que l'obiet y eftant mis, il np refte entre luy & le verre qu’autant d’efpace, qu'il en faut pour donner paflage ala lumière qui doit l'efclairer.
R 2 Eutf R 2 Eutf Puis le diamètre de ce verre n a pas befoin d'eftre fi grand que pour la lunete precedente, ny ne doit pas voyéscn auffy eftre fi petit que celuy du verre A de l’autre d’au- uT* parauant. mais il doit a peu prés eftre tel que la ligne droite N P pafle par le point brufiant intérieur de l’hy- perbole N R P: car eftant moindre, il receuroit moins de rayons de 1 obiet Zj & eftant plus grand, il n’en rece- . nroit que fort peu d auantagejen Ibrte qtlfe ion efpaifleur deuant eftre a proportion beaucoup plus augmentée qu auparauant, elle leur ofteroit bien autant de leur for- ce que fa grandeur leur en donnerait, & outre celal'ob- ietaépourroitpas eftre tant ePcIaire". Il fera bon aufly de La Dioptri QJJE.
t f * » Discours Neufiesme. 133 de pofer cette lunete fur quelque machine comme S T, qui la tiene directement tournée vers le foleil. Et il faut enchafler le verre 5IOPR dans le milieu d'vn miroir creux parabolique, comme C C, qui raflemble tous les rayons du foleil au point Z, fur l'obiet, qui doit y eftre fouftenuparlepetitbrasG» qui forte de quelqu’cndroit de ce miroir. Et ce bras doitaufly fouftenir, autour de cét obiet, quelque cors noir &obfcur, comme H H, iu- fteraent de la grandéur du verre NOPR, afin qu'il empefehe qu'aucuns des rayons du foleil ne tombent di- rectement fur ce verre; car de là entrans dans le tuyau, quelques vns d’eux fepourroient reÜefohir vers l'œil & affoiblird'autâtla viiion, pource qu'encore que ce tuyau doiue eftre tout noir par le dedans, il ne lç peut eftre tou- tesfois fi parfaitement que fa matière ne caufo toufiours quelque^eu de reflexion, lors que la lumière eft fort vi- ue, ainfi qu’eft celle du foleil. Outre cela ce cors noir H H, doit auoir vu trou an milieu marque Z, qui foit de la grandeur de robiet,afin que fi ce'c obict eft en quelque façon tranfparent, il puifle aufly eftre efdairé partes ra- yons qui vienent directement du foleil; Ou mefme en- core fi befoin eft, par ces rayons ramafle's au point Z pat vn verre bruflanr, comme 1 1, de la grandeur du verre N O P R, en forte qu’il viene de tous coftds autant de lumière fur l’obiet, qu'il en peut fouffrir fans en eftre confumd'. Et il fora ay Ce de couurir vne partie de ce mi- roir C C, ou de ce verre 1 1, pour empefeher qu’il n’y en puifTe venir trop. Vous voyéS bicnpourquoy i'ay icy tant de foin de faire que l’obict foit fort efclaire/}& qu'il viene beaucoup de fes rayons vers l’œil, car le verre R j NOPR N O P R qui en cette lunete fait l’office de la prunelle, & dans lequel fe croilênt ceux de ces rayons qui vienent dediuers poins, eftant beaucoup plus proche de lobiet que de I’œil.eftcaulè qu’ils s’eftendent fur les extrémités du nerf optique, en vn elpace beaucoup plus grand que n’eft la fuperficie de l’obiet.d’où iis vienent; & vous fça- ués qu’ils y doiuent auoir d’autant moins de force, qu'ils • ylontpluseftendus, corne on voit au contraire qu'eftaus raflemblés en vn plus petit efpace par vn miroir ou verre bruflant, ils en ont plus. Et c'eft de là que dépend la longueur de cette lunete, c’elfca dire,Ia diftance qui doit eftre entre l’hyperbole N O P & fon point bruflant. Car d’autant qu’elle eft plus longue, d’autaut l’image de lobiet eft plus eftendue dans le fonds de l’œil, ce qui fait que toutes les petites parties y font plus diftinétes. Mais cela mefme affoiblift aufly tellement leuç aétion, qu’enfinellenepourroit plus eftre lèntie fi cette lunete eftoit par trop longue. En forte que là plus grande lon- gueur ne peut eftre determince que par l’experience, & . mefm.% elle varie, félon que les obiets peuuent plus ou moinsauoirde lumière, làns en eftre confumés. Iefçay bien qu'on pourroit encore adioufter quelques autres