I. La nature de la sanction restitutive implique: l'> que les règles correspondantes expriment des états excentriques de la conscience commune ou qui lui sont étrangers; 2» que les lapports qu'elles déter- minent ne lient qu'indirectement l'individu à la société. Ces n.pports sont positifs ou négatifs 118 II. Rapports négatifs dont les droits réels sont le type. Ils sont négatifs parce qu'ils lient la chose à la personne, non les personnes entre elles. — Réduction à ce type des rapports personnels qui s'établissent à l'occa- sion de l'exercice des droits réels ou à la suite du délit et du quasi-délit, — La solidarité qu'expriment les règles correspondantes, étant négative, n'a pas d'existence propre, mais n'e>t qu'un prolongement des formes positives de la solidarité sociale 123 III. Rapports positifs ou de coopération qui dérivent de la division du travail. Sont régis par un système défini de règles juridiques qu'on peut appeler le droit coopératif; vérification de cette proposition à propos des différentes parties du droit coopératif. Analogies entre la fonction de ce droit et celle du système nerveux 130 I\'. Conclusion: Deux sortes de solidarité positive, l'une qui dérive des similitudes, l'autre de la division du travail. Solidarité mécanique, solidarité organique. La première varie en raison inverse, la seconde en raison directe de la personnalité individuelle. A celle-là correspond le \ ^ droit répressif, à celle-ci le droit coopératif 138 CHAPITRE IV (p. li2-lo7) AUTRE PREUVE DE CE QUI PRÉCÈDE Si le résultat précédent est exact, le droit lépressif doit avoir d'autant plus la p épondérancesur le droit coopératif (juc les similitudes sociales sont plus étendues et la division du travail plus rudimentairo, et inver- sement. Or, c'est ce qui arrive 142 I. Plus les sociétés sont primitives, plus il y a de ressemblances entre les individus; ressemblances physiques; ressemblances psychiques.
4()4 TABLE DKS MAHÈKES.
rages. L'opinion contraire vient de ce qu'on a confondu les types collectifs (nationaux, provinciaux, etc.) et les types individuels. Les premiers s'elTacent en effet tandis que les autres se multiplient et deviennent plus prononcés. D'autre part, la division du travail, nulle à l'origine, va toujours en se développant 142 H. Or, à l'origine, tout le droit a un caractère ix^pressif. Le drgit des peuples primitifs. Le droit hébreu. Le droit hindou. Dévelojjpement du droit coopératif à Rome, dans les sociétés chrétiennes. Aujourd'hui,.
le rapport primitif est renversé. Que la prépondérance primitive du | / xy droit répressif n'est pas due à la grossièreté des mœurs.. jj 148 PRÉPONDÉRANCE PROGRESSIVE DE LA SOLIDARITÉ ORGANIQUE ET SES CONSÉQUENCES L La prépondérance actuelle du droit coopératif sur le droit répressif démontre que les liens sociaux qui dérivent de la division du travail sont actuellement plus nombreux que ceux qui dérivent des similitudes sociales. Comme cette prépondérance est plus marquée à mesure qu'on se rapproche des types sociaux supérieurs, c'est qu'elle n'est pas acci- dentelle, mais dépend de la nature de ces types. Non seulement ces liens sont plus nombreux, mais ils sont plus forls. Critère pour mesurer la force relative des liens sociaux. Application de ce critère 158 n. En même temps qu'ils sont moins forts, les liens qui dérivent des similitudes se relâchent à mesure que l'évolution sociale avance. En effet, la solidarité mécanique dépend de trois conditions: 1'^ étendue relative de la conscience collective et de la conscience individuelle; 2o intensité; 3" degré de détermination des états qui composent la pre- mière. Or, la première de ces conditions restant tout au plus constante, les deux autres régressent. Métiiode pour le prouver d'après les variations numériques des types criminologiques. Classification de ces derniers.. 163 IIL Régression et disparition progressive d'un grand nombre de ces types 168 IV. Ces pertes n'ont pas été compensées par d'autres acquisitions. Théorie contraire de Lombroso; réfutation. Le nombre des états forts et définis de la conscience commune a donc diminué 177 \^ Autre preuve. Les états de la conscience conmiune, particulière- ment forts, prennent un caractère religieux; or, la religion embrasse une portion toujours moindre de la vie sociale. Autie preuve tirée de la diminution des proverbes, dictons, etc. La solidarité organique devient donc prépondérante 182 TARLK DES MATIÈRES. 405 CHAPITRE VI (p. 189-217) PRÉPONDÉRANCE PROGRESSIVE DE LA SOI.ID.vniTÉ ORGANIQUE ET SES CONSÉQUEN'CES ( Suite ) Pages.
I. Structures sociales corrcspomiant à ces deux sortes de solidarité. Type segmentaire; sa description; correspond à la solidarité mécanique.
Ses formes diverses 189 II. Type organisé; ses caractères; correspond à la solidarité orga- nique. Antagonisme de ces deux types; le second ne se développe qu'à mesure que le premier s'ell'ace. Toutefois, le type segmentaire ne disparait pas complètement. Formes de plus en plus etfacées qu'il prend 19" III. Analogie entre ce développement des types sociaux et celui des types organiques dans le règne animal 208 IV. La loi précédente ne doit pas être confondue avec la théorie de M. Spencer sur les sociétés militaires et les sociétés industrielles. L'ab- sorption originelle de l'individu dans la société ne vient pas d'une trop forte centralisation militaire, mais plutôt de l'absence de toute centrali- sation. L'organisation centialiste, commencement d'individuation. Con- séquences de ce qui précède; 1« règle de méthode; 2° l'égoïsme n'est pas le point de départ de l'humanité 210 CHAPITRE YII (p. 218-251) SOLIDARITÉ ORGANIQUE ET SOLIDARITÉ CONTRACTUELLE I. Distinction de la solidarité organique et de la solidarité industrielle de M. Spencer. Celle-ci serait exclusivement contractuelle; elle serait libre de toute réglementation. Caractère instable d'une telle solidarité. Insuffisance des preuves par illustration données par M. Spencer. Ce qui manifeste l'étendue de l'action sociale, c'est l'étendue de l'appareil juri- dique; or, elle devient toujours plus grande 218 II. Il est vrai que les relations contractuelles se développent; mais les relations non contractuelles se développent en même temps. V'érifi- cation de ce fait à propos des fonctions sociales diffuses: 1» le droit domestique devient plus étendu et plus complexe; or, en principe, il n'est pas contractuel. De plus, la place restreinte qu'y a le contrat privé devient toujours plus petite: mariage, adoption, abdication des droits et des devoirs de famille; 2" plus le contrat prend de place, plus il est réglementé. Cette réglementation implique une action sociale positive. Nécessité de celte réglementation. Discussion des analogies biologiques sur lesquelles s'appuie M. Spencer 225 go 466 TABLE DKS MATIÈRES.
Pages.
III. Vérification du même fait à propos des fonctions cérébro-spinales de l'organisme social (fonctions administratives et gouvernementales). Le droit administratif et constitutionnel, qui n'a rien de contractuel, se développe de plus en plus. Discussion des faits sur lesquels M. Spencer appuie l'opinion contraire. Nécessité de ce développement par suite de l'effacement du type segmentaire et des progrès du type organisé. Les analogies biologiques contredisent la théorie de M. Spencer 239 IV. Conclusions du premier livre: la vie morale et sociale dérive d'une double source; variations inverses de ces deux courants 247 LIVRE II LES CAUSES ET LES CONDITIONS LES PROGRÉS DE LA DIVISION DU TRAVAIL ET CEUX DU BONHEUR D'après les économistes, la division du travail a pour cause le besoin d'accroître notre bonheur. Cela suppose qu'en fait nous devenons plus heureux. Rien n'est moins certain 255 I. A chaque moment de l'histoire, le bonheur que nous sommes capables de goûter est limité. Si la division du travail n'avait pas d'autres causes, elle se serait donc vite arrêtée, une fois atteinte la limite du bonheur. Cette limite recule, il est vrai, à mesure que l'homme se transforme. Mais ces transformations, à supposer qu'elles nous ren- dent plus heureux, ne se sont pas produites en vue de ce résultat; car, pendant longtemps, elles sont douloureuses sans compensation 257 II Ont-elles d'ailleurs ce résultat? Le bonheur, c'est l'état de santé; or, la santé ne s'accroît pas à mesure que les espèces s'élèvent. Compa- raison du sauvage et du civilisé. Contentement du premier. Multiplica- tion des suicides avec la civilisation; ce qu'elle prouve. Conséquences importantes au point de vue de la méthode en sociologie 2G5 III. Le progrès viendrait-il do l'ennui que causent les plaisirs devenus habituels? Ne pas confondre la variété, qui est un élément essentiel du plaisir, avec la nouveauté, qui est secondaire. Caractère pathologique du besoin de nouveauté quand il est trop vif 276 TABLE Di:S MATIÈRES. 467 CHAPITRE II (p. 282-312) LES CAUSES rages.
I. Les progrès de la division du travail uiit pour causes: l» l'eflacement du type segmentaire, c'est-à-dire l'accroissement de la densité morale de la société, symbolisé par l'accroissement de la densité maté- rielle; principales formes de cette dernière; 2» l'accroissement du volume des sociétés, pourvu qu'il soit accompagné d'un accroissement de densité 2H2 II. Théorie de M. Spancer, d'après laquelle l'accroissement de volume n'agirait qu'en multipliant les différences individuelles. Réfutation 290 III. L'accroissement de volume et de densité détermine mécanique- ment les progrès de la division du travail on renforçant l'intensité de la lutle pour la vie. Comment se forme le besoin de produits plus abondants et de meilleure qualité; c'est un résultat do la cause qui nécessite la spécialisation, non la cause de cette dei'nière 2Ji IV. La division du travail ne se produit donc qu'au sein de sociétés constituées. Erreur de ceux qui font de la division du travail et de la coopération le fait fondamental de la vie sociale. Application de cette proposition à la division internationale du travail. Cas de mutualisme.. 305 . LES FACTEURS SECONDAIRES — INDÉTERMINATION PROGRESSIVE DE LA CONSCIENCE COLLECTIVE La division du travail ne peut progresser que si la variabilité indivi- duelle s'a(;croit, et celle-ci ne s'accroît que si la conscience commune régresse. La réalité de cette régression a été établie. Quelles en sont les causes? 313 I. Comme le milieu social s'étend, la conscience collective s'éloigne de plus en plus des clioses concrètes et, par suite, devient plus abstraite. Faits à l'appui: transcendance de l'idée de Dieu; caractère plus rationnel du droit, de la morale, de la civilisation en général. Cette indétermi- nation laisse plus de place à la variabilité individuelle 318 IL L'effacement du type segmentaire, en détachant l'individu de son milieu natal, le soustrait à l'action des anciens et diminue ainsi l'autorité de la tradition 322 III. Par suite de l'effacement du type segn:eitaire, la société, enve- loppant de moins près l'individu, peut moins bien contenii- les tend'Uices divergente' 330 IV. Pourquoi l'organe social ne peut pas à ce point de vue jouer le rôle de segment 335 468 TABLE DES MATIÈRES.
CHAPITRE IV (p. 338-366) LES FACTEURS SECONDAIRES (suitej — L'HÉRÉDITÉ Pages- L'hérédité est un obstacle aux progrès de la division du travail; faits qui démontrent qu'elle devient un facteur moindre de la distribution des fonctions. D'où cela vient-il? 338 I. L'hérédité perd de son empire parce qu'il se constitue des modes d'activité de plus en plus importants qui ne sont pas héréditairement transmissibles. Preuves: 1° il ne se forme pas de races nouvelles; 2° l'hérédité ne transmet bien que les aptitudes générales et simples; or, les activités deviennent plus complexes en devenant plus spéciales. Le legs héréditaire devient aussi un facteur moindre de notre dévelop- pement parce qu'il faut y ajouter davantage 343 IL Le legs héréditaire devient plus indéterminé. Preuves: l» l'ins- tinct régresse des espèces animales inférieures aux espèces plus élevées, de l'animal à l'homme. Il y a donc lieu de croire que la régiession continue dans le règne humain. C'est ce que prouvent les progrès inin- terrompus de l'intelligence, laquelle varie en raison inverse de l'ins- tinct; 2" non seulement il ne se forme pas de races nouvelles, mais les races anciennes s'effacent; 3" recherches de M. Galton. Ce qui se trans- met régulièrement, c'est le type moyen. Or, le type moyen devient toujours plus indéterminé par suite du développement des différences individuelles 358 CONSÉQUENCES DE CE QUI PRÉCÈDE I. Caractère plus souple de la division du travail social comparée à la division du travail physiologique. La cause en est que la fonction devient plus indépendante de l'organe. Dans quel sens cette indépendance est une marque de supériorité 367 II. La théorie mccaniste de la division du travail implique que la civilisation est le produit de causes nécessaires, non un but qui par soi- même attire l'activité. Mais, tout en étant un effet, elle devient une fin, un idéal. De quelle manière. Il n'y a même pus de raison de supposer que cet idéal prenne jamais une forme immuable, que le progrès ait un terme. Discussion de la théorie contraire de M. Spencer 375 III. L'accroissement de volume et de densité, en changeant les sociétés, change aussi les individus. L'Iiomme est plus affranchi de l'organisme; par suite, la vie psychique se développe. Sous l'influence des mêmes causes, la personnalité individuelle se dégage de la personnalité collée- TABLE DKS M.UIÈRES. 469 Pages. tive. Puisque ces transformations dépendent de causes sociales, la psycho-physiologie ne peut expliquer que les formes inférieures de notre vie psychique. C'est la société qui explique l'individu en grande partie. Importance de cette proposition au point de vue de la méthode. 3^5 LIVRE III LES FORMES ANORMALES lA niVISION DU TRAVAIL ANOMIQUE Formes anormales où la division du travail ne produit pas la solidarité. Nécessité de les étudier 395 L Cas anormaux dans la vie économique: crises industrielles plus fréquentes à mesure que le travail se divise; antagonisme du travail et du capital. De même l'unité de la science se perd à mesure que le travail scientifique se spécialise 395 IL Théorie d'après laquelle ces effets seraient inhérents à la division du travail. D'après Comte, le remède consiste dans un grand dévelop- pement de l'organe gouvernemental et dans l'institution d'une philo- sophie des sciences. Lnpuissance de l'organe gouvernemental à régler les détails de la vie économique; — de la philosopliie des sciences à assurer l'unité de la science 400 IIL Si, dans tous ces cas, les fonctions ne concouœnt pas, c'est que leurs rapports ne sont pas réglés; la division du travail est anomique. Nécessité d'une réglementation. Comment, normalement, elle dérive de la division du travail. Qu'elle fait défaut dans les exemples cites.
Cette anomie vient de ce que les organes solidaires ne sont pas en contact sulfisant ou suffisamment prolongé. Ce contact est l'état normal.
La division du travail, quand elle est normale, n'enferme donc pas lindividu dans une tâche, en l'empêchant de rien voir au delà 408 CHAPITRE II (p. 419-434) LA DIVISION DU TRAVAIL CONTRAINTE I. La guerre des classes. Elle vient de ce que l'individu n'est pas en harmonie avec sa fonction, parce que celle-ci lui est imposée par contrainte. Ce qui coDSliluc la contrainte: c'est toute espèce d'inégalité 470 TABLE DES MATIÈRES.
Pages. dans les conditions extérieures de la lutte. Il est vrai qu'il n'est pas de société où ces inégalités ne se rencontrent. Mais elles diminuent de plus en plus. La substitution de la solidarité organique à la solidarité mécanique rend cette diminution nécessaire,...419 II. Autre raison qui rend nécessaire ce progrès dans la voie de l'éga- lité. La solidarité contractuelle devient un facteur de plus en plus important du consensus social. Or, le contrat ne lie vraiment que si les valeurs échangées sont réellement équivalentes, et, pour qu'il en soit ainsi, il faut que les échangistes soient placés dans des conditions extérieures égales. Raisons qui rendent ces injustices plus intolérables à mesure que la solidarité organique devient prépondérante. En fait, le droit contractuel et la morale contractuelle deviennent toujours plus exigeants à ce point de vue.
La vraie liberté individuelle ne consiste donc pas dans la suppression de toute réglementation, mais est le produit d'une réglementation; car cette égalité n'est p<is dans la nature. Cette œuvre de justice est la tâche qui s'impose aux sociétés supérieures; elles ne peuvent se maintenir qu'à celte condition 427 AUTRE FORMli ANORMALE Cas OÙ la division du travail ne produit pas la solidarité parce que l'activité fonctionnelle de chaque travailleur est insuffisante. Comment la solidarité o:ganique s'accroît avec l'activité fonctionnelle dans les organismes, — dans la société. Qu'en fait, l'activité fonctionnelle s'ac- croît en même temps que la division du travail, si elle est normale. Raison secondaire qui fait que celle-ci produit la solidarité 435 I. Solution du problème pratique posé au début. La règle qui nous commande de réaliser les traits du type collectif a pour fonction d'assurer la cohésion sociale; d'autre part, elle est morale et ne peut s'acquitter de sa fonction que parce qu'elle a un caractère moral. Or, la règle qui nous commande de nous spicialiser a la même fonction; elle a donc également une valeur morale.
Autre manière de démontrer cette proposition: Conjecture sur le caractère essentiel de la moralité induite des classifications précédentes. La morale, c'est l'ensemble des conditions de la solidarité sociale. Ouo I^ division du travail présente ce critère i'i5 TABLK DES MATIÈIŒS. 471 Pages.
II. Que la division du travail ne diminue pas la personnalité indivi- duelle. 1° Pourquoi serait-il dans la logique de notre nature de se déve- lopper en surface plutôt qu'en profondeur? 2" Bien plus, la personnalité individuelle ne progresse que sous rinduence des causes qui détermi- nent la division du travail.
L'idéal de la fraternité humaine ne peut se réaliser que si la division du travail progresse en même temps. Elle est donc liée à toute notre vie morale 452 III. Mais la division du travail ne donne naissance à la solidarité que si elle produit en même temps un droit et une morale. Erreur des éco- nomistes à ce sujet. Caractères de cette morale; plus humaine, moins transcendante. Plus de justice. Considérations sur la crise actuelle de la morale 457 Botdetnx, — Impr. O. OocsouiLnou, ruo Guiraudc, 11.
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