SigPhi · Flora Tristan

Pérégrinations d'une paria, tome I

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(BnF allica BIBLIOTHEQUE NUMÉRIQUE Pérégrinations d'une Mme Flora Tristan...Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France & BIBLIOTHÈQUE NUMÉRIQUE Oallica Tristan, Flora (1803-1844). Pérégrinations d'une paria (1833-1834) / par Mme Flora Tristan...1838.

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Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France Imprimerie de madame H02ARD ( «éc Vallat la Chapelle), me de l'Eperon, 7* PÉRÉGRINATIONS D'UNE P A RI A * PAR M mc FLORA TRISTAN.

DIEU, FRANCHISE, LIBERTE!

TOME PREMIER.

ARTHUS BERTRAND, LIBRAIRE EDITE UR, RUE HAUTEFEUILLE, N° ^3.

paot'y-e vous en Aommape. *$Ah0 devez, vj * acfaeâe, vod fwoptw à v&mr. ^e vœ« de mon cœif/r Jomeke ma ^etmej eâ, vo^an/ pue voeu faùïe& fecfée mufej vom ne • o t Vil) natfo'e /'mimosa/rte de&iï 4at//& c/a$af t e/ cette àrmnoraâée àe fwojïa^e eâ wrwe, avec fox lé /& /utt^f^ce acyutee c/attâ àa cacwtfe, auœ IX ?te àaw*ae'en/ y, cwow i# même aeMerence prte Jaati notre vie&âe SctraAe; i&t fioAu&t- âwtà ne Joit/ fia* a^*&z> Âomopenea < fiottr ywe cet oktacâ retende ee fii*<opi™. f*** & fy<cwattfc^era> c/'eâre co?tdùc/e*<e co??nne âfiœr- taye de fœfc/cwe ef Jet câ^ej mfînej câ la fiofiiiÂtion, towf d'en feront im /^r u*% merùe* et foûwete, toch d'être cm titre a, fa cottJidwatwn, ne éeràfidid enrayée fue comme te dedâ du> relut Je & société.

« ^ue yfi Car, je vous le dis en ve'rité, si vous aviez de la foi gros comme un grain de sénevé vous diriez à cette mon- tagne: Transporte-toi d'ici là, et elle s'y transporterait, et rien ne vous serait impossible.

Le Christ.

Saint Matthieu, xn, 17.

Il x. Dieu n?a rien fait en vain; les mé- chants mêmes entrent dans Potdre de sa providence: tout eat eodhiontte et tout progresse vers un but. Les hommes sont nécessaires à la terre qu'ils habitent? vi- 4 xiv vent de sa vie, et, comme faisant partie de cette agrégation, chacun d'eux a une mission à laquelle la Providence l'a appelé. Nous éprouvons d'inutiles re- grets, nous sommes assiégés par d'im- puissants désirs, pour avoir méconnu cette mission, et notre vie est tourmen- tée jusqu'à ce qu'enfin nous y soyons ra- menés. De même, dans l'ordre physique, les maladies proviennent de la fausse ap- préciation des besoins de l'organisme dans la satisfaction de ses exigences. Nous découvrirons donc les règles à suivre pour arriver dans ce monde à la plus grande somme de bonheur par l'é- tude de notre être moral et physique, de notre ame et de l'organisation du corps auquel elle a été appelée à commander. Les enseignements ne nous manquent pas pour l'une et l'autre 'Isa'-r-^QWË-* . leur, cette rude maîtresse décale, nous les prodigue sans cesse; Mais il n'a été donné à l'homme de progresser qu? âVë# XV XV lenteur. Cependant, si nous comparions les maux auxquels les peuplades sauvages sont en proie à ceux qui existent encore chez les peuples les plus avancés en ci- vilisation, les jouissances des premières à celles des seconds, nous serions éton- nés de l'immense distance qui sépare ces deux phases extrêmes d'agrégations hu- maines. Mais il n'est pas nécessaire, pour constater le progrès, de comparer entre eux deux états de sociabilité aussi éloi- gnés l'un de l'autre. Le progrès graduel de siècle en siècle est facile à vérifier par les documents historiques qui nous re- présentent l'état social des peuples dans les temps antérieurs. Pour le nier, il faut ne pas vouloir voir, et l'athée, afin d'être conséquent avec lui-même, est seul inté- ressé à le faire. ":.• ^: jSl; r ^ Nous concourons tous, même à notre insu > au développement progressif de notre espèce: mais, dans chaque siècle, dans chaque phase de sociabilité, nous XVJ voyons des hommes qui se détachent de la foule, et marchent en éclaireurs en avant de leurs contemporains; agents spéciaux de la Providence, ils tracent la voie dans laquelle, après eux, l'huma- nité s'engage. Ces hommes sont plus ou moins nombreux, exercent sur leurs contemporains une influence plus ou moins grande, en raison du degré de civilisation auquel la société est parve- nue. Le plus haut point de civilisa- tion sera celui oix chacun aura con- science de ses facultés intellectuelles, et les développera sciemment dans l'intérêt de ses semblables, qu'il ne verra pas différent du sien.

Si l'appréciation de nous-mêmes est le préalable nécessaire au développement de nos facultés intellectuelles; si le pro- grès individuel est proportionné au dé- veloppement et à l'application que re- çoivent ces mêmes facultés, il est incoig^ testable que les ouvrages les plus utiles XV1J aux hommes sont ceux qui les aident dans l'étude d'eux-mêmes, en leur faisant voir Findividu dans les diverses positions de l'existence sociale* Les faits seuls ne sont pas suffisants pour faire connaître l'homme. Si le degré de son avancement intellectuel ne nous est représenté 5 si les passions qui ont été ses mobiles ne nous sont; montrées > les faits ne nous arrivent alors que comme autant d'énig- mes dont la philosophie essaie avec plus ou moins de bonheur de donner le mot.

La plupart dès auteurs de mémoires contenant des révélations n'ont voulu qu'ils parussent que lorsque la tombe les aurait mis à couvert de la responsabilité de leurs actes et paroles, soit qu'ils fus- sent retenus par susceptibilité d'amour- propre en parlant d'eux-mêmes, ou par kti crainte de se faire dès ennemis en parlant d'auterui; soit qu'ils redoutas^- sent les récriminations ou les démentis. En agissant ainsi, ils ont infirmé leur xviy xviy témoignage, auquel foi n'est ajoutée que lorsque les auteurs de l'époque le con- firment. On ne peut guère supposer mon plus que lû perfectionnement ait été l'objet dominant de leurs pensées. Ou voit qu'ils ont voulût faire parler d'eu^ V eu fournissant pâture à la curiosité \ s apparaître aux yeux de la postérité autres qu? ils n'étaient h ceux à® leurs contemporains y et qu'ils ont écrit dan& un but personnel. Pes dépositions re- çues: par une génération qui mfyï ■est- pin» intéressée peuvent Merç li^i of- frir la peinture des l mœurs d& ses am- cêtre^ mâis ne sauraient avoir qu'une feiblé inilïfcence sur les siémàes. En eiet, c'est eu général l'opinàem d© nos contemporains qui nous sert dei ixeiir^ et noi£ celle que pourra concevoir de njpi§ la postérité: k& âmes d'élite seules ambitionnent ses ëufiragesi} ïés masses y son£ i./^ «*I Jm*.

Dp nos jfturi> te coryphées fqpt xix sorte que leurs ré v$â*iicms testamentai- res soient publiées immëdkrteîpent après leur mort. (Jestaters qu'ils veulent que leur ombre arrache bravement le ^àasqfue à ceux qui les dut précédés idams la tombe et à quelques uns de leuysf smvfe tahts que la vieillesse a rais kms de scène. Ainsi où* fai*> Jes Rousseau, Foaçhé r i les uGrégoire^ W Lafeyette $ etc...; ainsi feront les ÏMlej^atod, les Chateaubriand^ leà Bémngej^ etca. * % La publication de tiiéna^ires y iaite en itiême temps que la notice nécrol&giqùejou ¥®ï raison* funèbre j ©ffrê sanso Joute plus d'intérêt que si |i cetome^ ceux du duc de Saint-Simon, ils ne paraissaient qufoiii siècle ap&ès L. lfe met* des autéutë^ mais leur i^ioa< ^ foresquempile: ce sont des f ameaux d^unp|irbre abattu y le&ifa&ts ne stuïcèdent ^pm $m p^r ftmi dé leurs flea^s f te sdl ne las fera plus * LHutérêt qui s'attache aux grands évè- XX nements porte généralement les écri- vains à représenter les hommes au mi- lieu de ces grands événements r et leur fait négliger de nous les montrer dans leur intérieur. Les auteurs de mémoires ne sont pas mémet toujours exempts de ce défaut \ quoique r bien mieux que les historiens proprement dits, ils nous fas- sent connaître les personnes dont ils par- lent et les mœurs dé leur temps: mais la plupart 4e ces écrivains ont pris les grands de l'ordre social pour texte de leurs écrits, et nous ont rarement dé- peint les hommes" des diverses profes- sions dont les sociétés humaines se com- posent. Le duc de Saiat-Simpiiinous fait - bien voir les xourtisans ei Ipirp^ intife gues j mais les mœurs du hourgeoi&jde Paris ou de quelque autre partie de la t France, il n? j songe même pas. Le ca- ractère moral d'un homme du peuple ne présentait aux yeux d'un grandi sei- gneur d'alors aucun intéretp JGepepdânt XXJ la valeur d'un individu n'est pas dans l'importance des fonctions dont il est pourvu r le rang qu'il occupe, les ri- chesses qu'il possède. Sa valeur, aux yeux de Dieu, est proportionnée à son degré d'utilité dans ses rapports avec l'espèce entière, et c'est à cette échelle que désormais la morale devra mesurer l'éloge ou le Mâmev Bu temps du dnc de Saint-Simon J on était encore bien â â loin de connaître cette mesure des ac- tions humaines. C'est l'homme qui a lutté contre l'adversité ^ qpi, dans l'in^ fortune, s'est trouvé aux prises? avec te puissance de rang ou de richesse, dont les mémoires, si une croyance religieuse le mettait au dessus de toute crainte \ feraient connaître les hommes tels qu'ils sont, tëtllës apprécieraient d'après leur vâlçut ï^elle^ €é^ êt^ htaâ^ de ses peines et jouit dé ses joies, celui-là doit écrire des mémoires, Idrs^m'ïï s'est trouvé en situation de recueillir des ob- servations, et ces mémoires feront con- naître les hommes sans acception de rangs y téls que l'époque, et le pays les présentent.

S'il ne s'agissait que dé rapporter des faits, les yeux suffiraient pour les Vf ir j mais, pour apprécier l'intelligence et les passions de l'homme » l'instruction nlèst pas seule nécessaire 5 il faut encore «voir souffert et beaucoup souffert* car il n'y a quç l'infortune quipuifîi»ous app em dre â connaît!?© au juste ce que noul àmi Mus t et; ce que valent les autres. Il lan* * de plus, avoir beaucoup:vu4> «6ïl qwt»^ dépouillés de tout préjugé, ppus- Maakà dérions l'humani# ifom auMet §tm& i dei vite afué de mtm é\m&m^ U toi eôâih î^Yoir dans le i5feùrJ»^fuîrta|4yr4^ l^spnessSm de la pensée esfotorâtéft îpPf égard pour l'o^wwcini d'autrui* mh v^S de la consééiice estléW»i|e pfeffe'M de se ftlife des e»n«9Bl^^: i^^ XX11J consideratioiftè individuelles 3 oti Man- que & Sa ihissiOn, Ofl reilie Dieu.

Ou demandera peut-être si les actions des feomnies, au moment bit elles vien* oéût d'être toïttMÎSës | spm toujotftis Utiles à publier. Oui / rdjiOndrâi-ije, tou- tes celles qui nuisent, toutes eelles pro venant, d'un àbiig d'imë i&périoTitë quel- conque soit M &rce m &àmwM+mh d'iàteïiipîee ou M |fôsiliOn / qui ©fessé autrui dans finde^eiïdâac^ que Dierç a départie sans distinction àtoifteiles créai tares, fortes ©a Mi&ëm 'Mm- si fl^cfc vage ^oËîstè? €ati ri là société^ f m immh des ilotes; dans son; seia | si les ldis ne slûf pas Jgalest§>our toas, ji si des préjugés;b©* iigîea&OWàutîmr^^ de BAitMS, M Mors/le ^tènbê déroue* ïnea* q^i ïtBfli^pte igaalér f oppi?es« sein? au iae'pr^ dioit sons >&M?é ^ete$ un VOilë STÉï» la conduite de f Opprimé r *f*f éwté&à ^eha^éjP m joitg; Ixistè^il aiie action * plus oiiëuse qaê ml le de ceâ xxiv hommes qui, dans les forêts de F Amé- rique, vont à la chasse des nègres fugitifs pour les ramener sous Je fouet du maî- tre! La servitude est abolie, dira-t-on, dans S j l'Europe civilisée. On n'y tient plus, il est vrai, marché d'esclaves en place jpuhlique; mais dans les pays les plus avancés, il n'en est pas un oix dçs classes nombreusês d'individus u'aient à souffrir d'une oppression légale. Les. paysans en Russie, les juifs à Rome, les matelots en Angleterre, les femmes partout j oui, partout ou la cessation du consentement mutuel, nécessaire à la formation du mariage, n'est pas suffi- sante pour le rompre, la femme est en servitude. Le divorce obtenu sur la volonté exprimée d'une dés parties peut seul complètement raffranchir, la mettre de n iveau avec l'hommey au «ioios pour les droits civils v Aiiasi donc, tant que le seie faible, assujetti au plus lpft^ ie trouvera contrai nt, dans les: afïeçtions lès XXV moins contrai gnables de notre nature, tant qu'il n'y aura pas de réciprocité entre les deux sexes } publier les amours des femmes, c'est les exposer à l'oppres- sion. De la part d'un homme, c'est Fac- tion d'un lâche, puisque; à cet égard, il jouit de toute son indépendance* On a observé que le degré de mvilisa? j lion auquel les diverses sociétés humai- nes sont parvenues a toujours été pro* j po^tionué au degré d'indépendance dont j y ont joui les femmes. Des écrivains, -J dans la voie du progrès, convaincus de l'influence civilisatrice de la ^^àâm^^et la voyant partout régie par des codes exceptionnels ont voulu i révéler au monde les effets de cet état de choses: dans çe but, ils ont, depruis près de idix ans, âét divers appels aux femmes pour les engager à publier leurs douleurs et leurs besoins, les maux résultants de leur sujétip©:.y et ce qiu'ôu devrait espérer de l'égalité entre les deux sexes. Pas une XX VJ XX VJ s encore, qm je sache, n? & répondu à ces appels. lies préjugés qui régnent au mi* liew de M soiMté'. semblent avoir gltoé leur wwfrgpï et tandis quelles tribut naiix retentissent des demander adres* sées par des t^meà^9^-à 9 ^tenw soit des pensions alimentaires de leurs mao- ris* soit leur séparation î « pas une iï%se élever la Yôi^ contre uâ ordre social qtd* les laissant sa^s profession, les tièïiiil&nS la dépendance, en mèm mm^^M rive leurs fers par Fiàdiâsblubiilité dii mariage; Je me trqmpëf k ttû é6tiW& qm s'est illustré, dès ftowiàébat^ifttrf^- lé vation de la pensée § H ê^gà^ M M pureté du stylé, en prenant la#tlEiJp^ roman pour faire resseif titf Jë mdbfen* dë la position que no? lois ont i&itê >■#!# f^ipa^ -à mis taiifc de ^éîdté ààm '<m peintufô^^ ont été pressenties pan le Jecit^»iM»y cet éjaripiin * qui est une. - f^ïia^n^^ « JiiîjWd^ contente du voile-dtent eltes^ttil^^ XXYlj chée dans ses éerits r les à signés d'un nom d'hqmïîie* Quels retentissements peuvent avoir: des iplamtes que des fic- tions enveloppent? Quelle influence ponf raient-^lleâ exercer lorsque tes faits qui les motivent èé dépouillant de leur réalité? Les fictions plâiseim r oeoupent un instant la peùsée ^ xtiaisne sont jà^ mais te&niobiies des iaictionsdeé %OHiiïies* L'imagination èst Masée g l^îdéèe^îitoS Font renduè défiante âf^ikt^ïm^Bm 9 eÉ ce n'est plus qu'avec de palpables vérités^ d'irrécusable» Mts, ^bnopeiW; espérer d 7 agir sur Fcrpiriiott^ 1 dènt 1# vie a è%è touç fl$eiitii§ par de grandes infortunes fassent piâiieE lettré douleurè; qu'elles exposent les malheurs qu'elles ont éprouvés pat* suitefde }a frtik sition qiiè les idil lipHbiit ^Milft^lfes préjugés doiàt dlès son t enchaînées; mais suitiité*^^ qweMesf ^ iniquités qu i s e dérbbibip é$m iïomtim xxvnj au mépris public?...Que tout individu enfin, qui a vu et souffert, qui a eu à lutter avec les personnes et les choses, se fasse un devoir de raconter dans toute leur vérité les événements dans lesquels il a été acteur ou témoin, et nomme ceux dont il a à se plaindre ou à faire Féloge; car, je le répète, la réforme ne peut s'opérer, et il n'y aura de pro- bité et de franchise dans les relations sô-- ciales que par l'effet de semblables rêvé- lations.. i^a Dans le cours de ma narration, je ^arle souvent de nloi. Je me peins dans mes souffrances, mes pensées, mes af- fections: toutes résulter de l'organisa- tipn que Dieu m'a donnée, de l'éduca- tion que j'ai reçue et de la position que les lois et les préjugés m'ont faite. Rien ne se ressemble complètement, et il y a sans doute des différences entre toutes les créatures d'une même espèce, i^un même sexe; mais il y a aussi des rés* xxix xxix semblances physiques et morales sur les- quelles les usages et les lois agissent de même et produisent des effets analogues. Beaucoup de femmes vivent séparées de fait d'avec leurs maris, dans les pays où le catholicisme de Rome a fait repousser le divorce Ce n'est donc pas sur moi personnellement que j'ai voulu attirer l'attention, mais bien sur toutes: les femmes qui se trouvent dans la même j position y et dont le nombre augmente! journellement. Elles éprouvent des tri- bulations, des souffrances de même na- ture que les miennes, sont préoccupées du même ordre d'idées et ressentent les mêmes affections. u Les besoins de la vie occupent égale- ment l'un et l'autre sexe; mais tous les deux ne sont pas affectés au même degré par l^anaour; Dans l'enfance dés spciétés, 1 Les relevés statistiques portent, en France, à trois cent mille le nombre des femmes séparées d'avec leurs maris.,--v • le soin de sa défense absorbe l'attention de l'homnje y à une époque plus kva*ieéç de civilisation > celui de éme mfertwm: màiô^ danâ toutes les phaseà sociales y HaN ïïïout p&ur la lemme^fai passién pi* votalé de toutes ses pënsées / et Je mobile de tous ses actes. Qû? on ne s'étonne idonc ptàùi de la place que je hà defone ^dans ce livte. J'en parlé d'aptés?. meâi fpWcn pïtès impressibnS et dtë q®e Ij*§n aiucb* Sëf^év Pans tin aultfe du#age, entrant plûis avant dans la ^estim^ je i prén sëtttetai le tableau des maux qsri résul- tent de son esclavage efc d^^^ qti'il â&ftté#rait par son affranchisse^ * ÏÏyaï écrivain doit êtret vrai* sf il ne se sent gas lé courageade illét^éf il dbit mm nôîtcer m i^cerddoe ^ tMire ses seâsbïaMës^a^ écrits résultera des vérités gu'i^ pbilosoph ie la découverte des véidtés?

m4 générales, je n'entends parler ici que du vrai dans le réci* des actions humâmes* Gms wémtMk ëàk h la portée de tmfy U si là connaissance (les Âeiïwm Ûm^hmù^ ir&es de divers dëgtfés >^a^q«efâëtit tdklédtuët, jet dans hs innombrables m& constances de Pex&te®éfe^i; ilw-i appels lent à agirj, est indispensaWe à k eo^ naissancè dtt ncœn^ Tiuifaain ei%i? étud& de soi^même^ la actions des dbëmiiu»^ lienr fmm ijsfoni pnisle imposera dh^pe^i ^ersité, etla plto belle éêcom$mmm& ofe frir à M wrttii Ce seraifc iélètopîBèiit méconnaît^ & une n'est indifférente; toutes accélèrent ou retardent le mouvement progressif de la société. Si l'on réfléchit aù grand n ombre d'iniquités qui se commettent chaque joury et queles lois ne sauraient atteindre, on se convaincra.de d'im- mense amélioration dans les mraur^ qpi résulterait de la publicité donnée^ âux actions privées. Il n'y aurait plus: alors d'hypocrisie possible, et la déloyauté, la perfidie, la trahison mlvm^mmmb pas sans cesse, par des dehorsi trompeurs, la récompense de la vertu $ il pÀurait de la vérité dans les mûeur&i et Jâ fvm* chise deviendrait de l'habiletfei^^^^^^ 4 . Mais où se xencpnttera^it isele^t^n porté f à se demander des êtefes de foi et djiutelligenee dont-^ pide consente à brader; les ^^iia^a^ tions, les haines et ^ poser au grand jour* et les: ^ chées et les noms de leurs auteurs? Pour publier des actions dans lesquelles on ne XXX11J XXX11J serait pas individuellement intéressé et commises par des personnes vivantes, ha- bitant le même pays, la même ville, se trouvera-t-il des gens qui, renonçant à tout intérêt mondain, embrassent la vie du martyr? Il s'en trouvera tous les jours davantage, répondrai-je avec la foi que j'ai dans le cœur» La religion du progrès aura ses martyrs, comme toutes les au- tres ont eu les leurs, et les hommes ne manqueront pas à l'œuvre de Dieu. Oui je le répète -, j'ai conscience qu'il se trou- vera des êtres assez religieux pour com- prendre la pensée qui me guide, et j'ai conscience aussi que mon exemple aura des imitateurs. Le règne de Dieu arrive: nous entrons dans une ère de vérité j rien de ce qui entrave le progrès ne sau- rait subsister; et les mœurs et la morale publique s'y approprieront. L'opinion, cette reine du monde, a produit d'im- menses améliorations: avec les moyens de s'éclairer qui augmentent tous les xxxiv jôu^s^ elle en produira de biôii plus grands encore: après avoir renouvelé l'organisation sociale, elle renouvellera l'état moral des peuples.

En entrant dans la route nouvelle que je viens de tracer, je remplis la missiôti qui m'a été donnée, j'obéis à ma con- science. Des haines pourront se soulever contre moi; mais, être Jé?/oravant tout, aucune considération ne pourra m'em- pêcher de dire la vérité sur les personnes et les choses. Je vais raconter deux an- nées de ma vie: j'aurai le courage de dire tout ce que j'ai souffert. Je norn nie- rai les individus appartenant à diverses classes de là société, avec lesquels les cii**- constances ni'ont misé en rapport: tous existent mcore j je lès ferai connaître par leurs actions «t leurs paroles.

AVANT-PROPOS Avant de commencer la narration de mon voyage, je dois faire connaître au lecteur la position dans laquelle je me trouvais lorsque je l'entrepris et les motifs qui me déterminèrent^ le placer à mon point de vue, afin de l'associer à mes pensées et à mes impressions.

Ma mère est Française: pendant l'émigration elle épousa en Espagne un Péruvien; des obstacles supposant à leur xxxvj union, ils se marièrent clandestinement, et ce fut un prêtre français émigré qui fît la cérémonie du mariage dans la maison qu'occupait ma mère. J'avais quatre ans lorsque je perdis mon père à Paris. Il mourut subitement, sans avoir fait régulariser son mariage, et sans avoir songé à y suppléer par des dispositions testamentaires. Ma mère n'avait que peu de ressources pour vivre et nous élever, mon jeune frère et moi; elle se retira à la campagne, où je vécus jusqu'à Page de quinze ans. Mon frère étant mort, nous revînmes à Paris, où ma mère m obligea d'é- pouser un homme * que je ne pouvais ni aimer ni esti- mer. A cette union je dois tous mes maux; mais, comme depuis ma mère n'a cessé de m'en montrer le plus vif chagrin, je lui ai pardonné, et, dans le cours de cette narration, je m'abstiendrai de parler d'elle. J'avais vingt ans lorsque je me séparai de cet homme: il y en avait si*, en 1833, que durait cette séparation, et quatre seulement que j'étais entrée en correspondance avec ma famille du Pérou.

J'appris, pendant ces six années d'isolement, tout ce qu'est condamnée à souffrir la femme séparée de son mari au milieu d'une société qui, par la plus absurde des contradictions, a conservé de vieux préjugés contre les femmes placées dans cette position, après avoir aboli le divorce et rendu presque impossible la séparation de cofps. L'incompatibilité et mille autres motifs gràves que la loi n'admet pas rendent nécessaire la séparation des, époux; mais la perversité, ne supposant pas à la femme des motifs qu'elle puisse avouer, la poursuit de ses in- 1 M. André Chazat jeune, graveur en taille-douce et frère de M. A. Chazal, profes- seur au Jardin des Plantes.

xxxvij lames calomnies. Excepté un petit nombre d'amis, pei> soime ne l'en croit sur son dire, et, mise en dehors de tout pat* la malveillance, elle n'est plus, dans cette so- ciété qui se vante de sa civilisation, qu'une malheureuse Paria » à laquelle on croit faire grâce lorsqu'on ne lui fait pas d'injure.

En me séparant de mon mari > j'avais abandonné son nom et repris, celui de mon père. Bien accueillie partout, comme veuve ou comme demoiselle, j'étais toujours repoussée lorsque la vérité venait à se découvrir. Jeune, jolie et paraissant jouir d'une ombre d'indépendance, c'étaient des causes suffisantes pour envenimer les propos et me faire exclure d'une société qui gémit sous le poids des fers qu'elle s'est forgés, et ne pardonne à aucun de ses membres de chercher à s'en affranchir.

La présence de mes enfants m'empêchait de me faire passer pour demoiselle, et presque toujours je me suis présentée comme veuve; mais, demeurant dans la même ville que mon mari èt mes anciennes connaissan- ces, il m'était bien difficile de soutenir un rôle dont une foule do circonstances pouvaient me faire sortir! Ge rôle me mettait fréquemment dans de fausses positions ^ je- tait sur nia personne Uji voile d'ambiguïté et m'attirait sans cesse les plus graves désagréments. Ma vie était un supplice de tous les instants. Sensible et fière à l'excès^ j'étais continuellement froissée dans mes sentiments \ blessée et irritée dans la dignité de mon être. Si ce n'eût été l'amour que je portais à mes enfants, à ma fille sûr- tout, dont le sort à venir, comme femme, excitait trop < vivement ma sollicitude pour ne pas rester auprès d'elle, afin de la protéger et la secourir; sans ce devoir sacré dont monîcçeur était profondément pénétré, que Dieu me le xxxviij xxxviij pardonne! et que ceux qui régissent notre pays frémis- sent! je me serais tuée...Je vois j à cet aveu, lë sou- rire d'indifférence del'égoïsme qui ne sent pas, dans son ineptie, la corrélation existante entre tous les individus d'une même agrégation; comme si la santé du corps social, dont plusieurs membres sont portés au suicidé par le désespoir, n'offrait aucun sujet d'appréhension. J'avais écrit, en 1829, à ma famille du Pérou, dans le dessein à demi formé d'aller nie réfugier auprès d'elle; et la réponse que j'en reçus m'aurait engagée à réalisée immédiatement ce projet, si je n'en avais été empêchée par la réflexion désespérante qu'eux aussi allaient re- pousser une esclave fugitive, parce que, quelque mépri- sable que fût l'être dont elle portait le joug^ son devoir était de mourir à la peine, plutôt que de briser des fers rivés par la loi.

Les persécutions de M. Chazal m'avaient, à plusieurs reprises, contrainte de fuir de Paris: lorsque mon fils eut atteint sa huitième année, il insista pour l'avoir, et m'offrit le repos à cette condition. Lasse d'uné lutté aussi prolongée et n'y pouvant plus tenir, je conséïitis à lui remettre mon fils en versant des larmes sur l'avenir de cet enfant; mais quelques mois étaient à peine écoulés depuis cet arrangement, que cet homme recommença à me tourmenter, et voulut aussi m'enlévér ma fille, parcè qu'il s^élait aperçu que j'étais heureuse de l'avoir auprès de moi. Dans cette circonstance, jè fus encore obligée dé m'éloigner de Paris: ce^fut pour la sixième fois que, pour me soustraire à des poursuites incessantes, j e quittai la seule ville au monde qui m'ait jamais plu. Pendant: plus de six mois, cachée sous un nom suppose, je ftts érràrite avec ma pauvre petite fille. A cette épdque, la duchesse XXXIX de Berri parcourait la Vendée: trois fois $n m'arrêta; mes yeux et mes longs çheyeu* noirs, qui W pouvaient être dans le signalement de la diiçhesse,■ me servirent de passeport et me sauvèrent de toute méprise, la douleur, jointe au* fatigues, épuisa mes forces; arrivée à. An T goulême, je tombai dangereusement malade.

Dieu me £t rencontrer dans çfttfc ville u$ ange de vertu qui me donna la possibilité d-exésuter le projet que, depuis deux ans, je méditais, et que m'empêchait de réaliser mon affectipnpour ma fille. On m'avait indi- qué la pension de mademoiselle de Bourzac somme la meilleure pour y placer mon enfant. Au premier abord, cette excellente perspnne lut dans la tristesse de mes regards l'intensité de mes douleurs. Elle prit ma £11$ sans me faire une question jet me dit: Vous pouvez partir sans nulle inquiétude: pendant votre absence je lui servirai de mère, et si le malheur voulait qu'elle ne vous revît jamais, elle resterait avec nous» Lorsque j'eus acquis la certitude d'être remplacée auprès de ma fille, je résolus d'aller au Pérou prendre refuge au sein de ma famille paternelle, dans l'espoir de trouver là une posi- tion qui nie fit rentrer dans la société.

Vers la fin de janvier 1833, je me rendis à Bordeaux et me présentai chez M. de Goyenècjhe, avec lequel j'étais en correspondance. M. de Goyenèche (Mariano) est cou- sin de mon père^ nés tous ^eux à Aréquipa, une amitié d'enfance les avait liés d'une manière intime. A ma vue, M. de Goyenèche fut frappé de l'extrême ressemblance de mes traits ayççceux de mon père; ils lui rappelaient son ancien ami, et à ce souvenir se rattachaient pour lui ceux de sa jeunesse, de sa famille, enfin de son tpays, qu'il regrette sans cesse. Jl report?.. aussitôt sur moi awaè xl