Nous restâmes environ dix-septjdurs dans lès parages de la ligne. Peu à peu l'infection dis- parut. 0n nettoya parfaitement la chambre; ofi brûla du vétiver, de la vanille; chacun dba*- nant; tout ce îqu^il avait d!odeurs^afti* de j*arfti- mèr cette chambrey qui était la capitale de notre empire. rà-jh ù^.mvynii^./t^4-^-ù^èu^Mf;^j'r.
Comme réquipage àa Mmcibàm se composait d'hommes de progrés,: il n^f eut pas de baptême sous la ligne, LeÉavire> qui étaifrà ste^rerniei? v6yage> avait f été ilancë chantier sa us être baptisé, et conséquëmment iravdfcë& ni pareaifi m riiaarraine* Onétait sorti: deJa rivièréun yen- dredi.£&t le cafïitoitte ne voulait pas qu*m § ît de baptême ^tfens événements importants qui; Ism salent dire à Lehorgne* le vrai matelot / que- ues sœurs pourrait fbienvo^ siers deux saisons dei suite avant i$&ÉÈéÈfêwe# vissions Ifabterfee; €hï t$@m pats alle&^ dre dil capitaine; niais il se trama une conspira- tion sur le gaillard d'avant, à la tête de laqiiëllè 84 84 était, le cuisinier. Celui-ci, au nom de Neptune, dont IL s'intitulait le secrétaire, écrivit une lettre au capitaine. Leborgne se chargea de la rémet- tre) revêtu d'une t toile à voiles imbibée d'eau dé mer, il avait assez l'apparence du messager du dieu des ondes; Je suis faèhèe de ne plus avomcette lettre: le style y l'orthographe et la pensée étaient caracté- Le malin cuisiuieiièxpriinaitle courrdux qiieie dieu resseiitaità voirson empire traversé par des capitaines philosophes. Il menaçait de les englou- tir, à moins qii-ilsjaë Voulussent bien se prêter de bonne grâce à payer i le tribut qùrih lui^dé- vaient. Notre'câpitaine comprit très bien iïïngé- nieux apologîie> et afiu d^àpaisear le courroux de Nëptune, il eùvoya à ses dignes représèritànts du vin, de l'eau de vie, du pain blanc, uiï jam- bon et une bourse dans laquelle (^ctiti'dë a feiix q«ir passaient la ligne pour la prëmièrê? fois avait mis une pièce de monnaie. Il nous parut que le^dietilutt^^ nous ^BHtendî^ chants de ses serviteurs, les voix glapissantes du cuisinier et de Leborgue percerde lâimSaBière^ 85 Entre la ligne et le cap Horn nous eûmes d'assez beaux jouis. Ce fut alors que j'admirai avec ravissement le lever du soleil dans toute sa magnificence. Quel spectacle imposant sous cette zone! Toutefois le coucher du soleil me paraissait plus beau encore. Non, l'œil humain ne peut voir rien dé plus sublime, d un grandiose plus divin, d'une plus éblouissante beauté que le coucher du soleil entre les tropiques! Je n'essaierai pa s de dé- crire tes effets magiques de lumière que produi- sent ses derniers rayons sur les nuages et sur les flots. La parole est sans couleur pour les peindre, le pinceau sans vie pour en aïiimer là peinture; ces spectacles ratfes«it> élèvent Famé vers le créateur^ mais il n'est pas donné à l^c^më de reproduire les émotions qu'ils excitent* * Après un beau coucher du soleil, j'aimais à rester une partie de la nuit sur le pontv Je jiras- seyais au bout du navire, et là, tout en causant aveaM* €hal^ lès «J^asîfeh^ du mouvement des vagues. Qudle briUante eo^ après, lui! Quelle rfc chesse de diamants ©es Mies vagues soulevaient dkïj^ ifeùrs jeux. J'aimais aussi à voir des bandés de gros marsouins venir le long dunavire* laissant 86 après eux les traces de leur course en longues fusées de lumière phosphorique qui éclairaient de vastes espapes de la mer: puis arrivait l'heure du, lever de la lune j sa clarté envahissait peu à peu l'empire de la nuit j iea briBants diamants rendaient dans le fond de l'abîme et, pénétrés des rayons de l'astre, les flots, ébloui^nt? de reflets, scintillaient comme les étoiles au firmaaijttsi passées, plongé daus k plus douce rfae* vi^^^MhMm^ part^k d^^ipe^dotrt sajvie avait été traversée, inai^ surtout de h 4er«|èi*e déceptiouqui lui avait i^^^esQ^^I brisé ï* ccpur? llspuffrait, et la similitude de souffrance établissait, ç|me à notre iï^i^mn çappoï$ sym^ a ^té^plget ^ de ^Qrj^o^^^ f9ffl^# me croie dîspçn^e 4^rB9^is9M^^ mes lectews- jt^i^pjg^ ia tçjœfîéj^re varie de 7 à 20° de la saison et la latitude par laquelle ou double le 87 cap- Nous le passâmes par les 98°* et dans le£ moiw de juillet et août, ce qui nous donna de 8 à 12? de froid* Nous eûmes passablement de neige, de grêle et de glace* 1 Ge fut là que nous prouvâmes une seconde sérfe de ^misères. La mer, dans les parages du cap Horn $ èsfc ^constamment épopv antabie* Nôiis y rèni^nti^âÉaes presque toujours de$ yents eon-^ traiies j lefeoid paralysait lés forces de notre équfc page, même de nés 1^ fbtfts*? Eïos ma telots étaient tous j eunes et rigoureux j cepen- dant plusieurs eurent des cloùs^ d'autres se firent beaucoup de mal m tombant sto le pont. Il y ne& eatun qui se laissa tomber du mât de hune stfr te càl^sÉn^ r^aàit É^iettt écrasés de fotigiie, pair laaéfees-H de service. Peur 0obBlëdfctt^xv^ màtëfets ^avàieîit pas lë ipsti de* rètwhmte qui ïeÉF eïï$&mt été, nécessaires. Le insouciance q^ taïàé-^ iïïdî^ftÉÊ^^ cRàud et dm fr6id| il ktèàve qttëlqnefoi^ qu'à la ligné ilà manquent de ^êtëm^ts fëgeri; et quW fcap 88 Horn ils n'ont souvent que leurs deux chemises de laine pour tout rechange, et le surplus de leurs hardes à l'avenant. Ah! c'est là que j'ai vu, dans ce qu'ils ont de plus horrible, les maux qui peuvent tomber sur l'homme; J'ai vu des matelots dont la chemise de laine et le pantalon étaient gelés sur eux, ne pouvant faire aucun mouvement sans que leur chair ne fût meurtrie par le frottement de la glace sur leurs membres engourdis par le froid. Les cabanes où ces mal- heureux avaient leurs lits étaient remplies d'eau ( comme d'ordinaire cela arrive dans les gros temps aû gaillard d'avant des petits navires) > et Hs n^avment pas d r autre Heu pour se repo- ser. Oh! quel douloureux spectacle que de voir des hommes réduits à un tel état de souflVanfce!
Lè ministre de te tnariflie pourrait prévoir les malheurs qui résultent du dénuement du matelot y en obligeant lés-<0mïnissai^es de ma- rine dans lés ports à passer, conjointement avec les capitaines v la revue des hardes avaat i'em- harqtiement^ ^ impuissants taM q^ moyens dfén assurer la rigoureuse! éxecution. A bord des bâtiments M > j^ h^efc du matelot sont l'objet de fréquentes revues: on 89 lui fournit les vêtements que le règlement l'o- blige à avoir, et qu'il ne peut représenter, puis on en retient le prix sur sa solde. Pourquoi la même surveillance ne serait-elle pas exercée à bord des navires de la marine marchande?
L'imprévoyance du matelot, ou son insou- ciance, même pour les maux contre lesquels il aura à lutter, l'assimile à l'enfance; il faut pré^ voir pour lui, notre intérêt, autant que l'huma- nité, nous y oblige. La souffrance physique, portée à l'extrême, démoralise l'homme à un tel point qu'on ne peut è» obtenir aucun ser- vice. Ces messieurs m'en ont raconté divers exemples, U est arrivé, au cap Horn, à plu^ sieurs capitaines, d'être forcés, afh* xU se faire obéir, de commander avec wn pistolet chargé à chaque main, les matelots se refusant à monter dans les hunes. Le froid excessif fait tomber le matelot dans une démoralisation, qui lé rend absolument inerte ^ il résiste à la prièrey il sup- porte les çoups sans que rie» piissë fe filtre mou*oir T Quelquefois çes^ m sont pris pi^^ \Wimï ik se la^^nt ehpi* ai^ risque de se tuer, tant leurs mains sont do«loitreuse$ pli mi* gourdies. Si ces hta^nes étaient bien couyjçrts, 90 s'ils avaient une capote imperméable qui ga- rantit leurs vêtements de laine de toute humi- dité, ils pourraient, avec une nourriture con- venable,. supporter tel degré de froid que ce fut. Ce qui se passa à bord de notre bâtiment me fournit la preuve de ce que j'avance. Cinq de nos hommes étaient bieia nippés et quatre dans le plus grand dénuement» Les cinq bornâ- mes qui avaient suffisamment de vêtements sup- portèrent le froid sans en être malades, tandis que les quatre autres furent mis hors de service par lea maux dont ils furent atteints. Ils. avaient une fièvre continuelle y leurs corps étaient cou- m verts d'abcès j ils ne pouvàiént plufe manger et se trouvaient réduits à un tel état de faiblesse, que nous craignions pour leur vie.
Ce fut encore pendant cette terrible crise de douleur et de fatigue que se montra, dans toute son étendue, l'indomptable courage de notre brave capitaine. Toujours sur le pont, il en- courageait ses hommes par son exempte et ses douces exhortations. Il- donnait iïm de sé^Cà* potes et des gants à l'homme qui était à la barre; un chapeau à celui-ci, un pantalon à celui-là; des bottes, des bas> des chemises, enfin feu ïëè qu'il pouvait donner. Ensuite il allait visiter leâ 91 maladies sur le gaillard d'avant, tes pansait, les consolait, les ranimait.
Eh bien î garçons, leur disait-il en entrant, comment àlions-nous^ujpurd'hui? >w& coquins d'abcès s'en^voût-îte?^* Toi, Leborgne, on dit que tu bois la mer et fes^ pissons ï lu es peut- être échauffé, mon garçon?
— Échauffé, capitaine! oh ben oui! c'est tout le cdûtrairë I Je grëk^É. ^ — Mais, bêta, tix grelottes parée que tu as -- Oh! ôui tèr «Finie belle forcé! Biais, ca- pitaine, j 'avais toûjbùrs entendu dire quë Ton àvâït cl^ — Comment ne serais-tu pas gelé avec ta chemise rosé, imbécille? Mais tu étais donc fou quand lu t'es emtoarqué j^r le çap Horn avec cette seule cl^ 11 — Que bagages; je trouve que çeta end$*p|sse à bprd; et nuis 9 le vrai matelot. doit être comnie le li~ maçon qiii porte tptit spr lui. ^ 2 92 pour tout bien qu'une chemise rose et un pan- talon de toile.
— Eh! capitaine > cela suffit a it vrai matelot, qui fait son état par goét, qui ne vit que pour voir du pays f et j'en ai vu du pays!
— Et cela t'a rendu bien plus riche.
— Capitaine, est-ce que um/ matelot pense à devenir riche?
— Allons, garçons, maintenant qu& vous voilà pansés et un peu appropriés, je vais vous en- voyer dë la soupe et un plat de la table: tenez, voilà du ehocolai et du tabaç à chiqiier* que ma- demoiselle Floi^ m^a don^ yous j elle vous recommande de prendre votre mal en pa- tience, et de lui faire demander ce qu'elle pour- rait vous envoyer pour vous faire plaisir.
— Merci! capitaine > merci Ï K cette bonne demoiselle que nous, lui somiaes bien reconnaissants pour son tabac: le tabac,^ c'est l'a me du matelot. Capitaine, soyez tranquille, avant huit j^rs noi^ i Chaque fois q^ ses malades, qu'il avait eues avec ces hoiÉitÉel haMrè à part. Il faut avdir v s'être donné la peine d$fe 93 imaginer Tordre bizarre d'idées qu'il y a dans ces têtes.
Le vrai matelot, comme disait Leborgiie, n'a ni patrie, ni famille. Son langage n'appar- tient, en propre, à aucune nation. C'est un amalgame de mots pris à toutes les langues, à celles des nègres et sauvages^ de l'Amérique, comme à celles de Cervantes et de Shakspeare. N-ayant d?autres vêtements que ceux dont il est couvert y il vit au hasaird $ sans s^inquiéter i de l'avenir } parcourt la vaste étendue des mérs; erre au sein des forêts? ave^^ vâgès^ou dépense en pieu de Jours, dansquél- que port, avéc des filles publiques ^l'argent qirôl m i radeinent gagné pendant une longue traversée! Le vrai matelùt déserte ^ toutes îles fois qu'il iè peut, et passe | Mtccessiverpent à boiri des navires de toutes les ^nations; visite tous les pays, satisfait de voir, sans chercher à ilÊ^ ^ C'est un oiseau ^yageur qui se repose quelques instants aife^ mais qui ne se ^fixe dans aucun h^ telotnè s'attache h lien % n-a aucune affection, n&hàiepeï^crà^ sif, servant à la navigation,i mais aussiiihdîifévent que l'ancre quant à la plage où le bâtiment mouillera. Arrivé dans un port, il abandonne son navire et le salaire qui lui est çlii, va à terre, y vend jusqu'à sa pipe, pour aller dîner avec une fille; et, le lendemain, s engage de nouveau à bord du premier bâtiment anglais, suédois ou américain qui a besoin de ses services, Si dafts sa périlleuse carrière; la inér* l'épargné -p si sa santé résiste à tous les excès, à toutes? Imîstâp gùes j s'il survit à tous tes maux dont il est as- sailli, parveiHi à cet état/de vieillesse qui ne M' laisse plus la forcé de larguer une écoute, itise résigne à rester à terfee f il mendie sô^i pain, dans le port où son dernier? vdyfage Vadlaissé pf& panf> ger ce pain sur la plage^ m soteïï>hregardë ïlf mer savee amour | c'est la compagne de^^a jette nesse i elle lui rappelle de nombreux souveniiis; il gémit de son impuissance, puis va mourir à Fhopiital;.,:-; ^t,:J;. 'yr (mt ^. 'fifSy fVoilâû là vie du vrai maiéhtS^ê^^m «'a servi dé» modèle | mais, comme tout dégénère dans notre société, « type se ^erd «haque jbwr. Maintenant le3 inàleiets se aveé veÉs nue malle Msm garnie, désertent moins, parce ^^ineœeutent pas perdre IrUfes effets et l'argent qui leur est dû, mettent de 95 95 l'amour-propre à entendre leur profession, ont Ambition de parvenir; et, lorsque leurs efforts pour, atteindre ce but ont été sans succès, ter- minent leur vie laborieuse dansi les embarca- tions ou allèges des ports de mer, L,e froid du cap Hom, outré ses funestes effets î sur la &mté du matelot, exerce une fâ- cheuse influence sur h moral de ceux même qui prennent lé plus de précautions pour Se pré- servé >cte ses ^tteiuteis- Les officiers, ayant des? qafeaues sèches, étant pouCTUSidé *out ce que J'^^^ se^raii^ rm3ÊMf mm l'âprété ide Ifci feiupératnre les i^ndj^ïirose^ ï^mt^êm H^mAë^0B^pmivent Affaire és;éQWei, le commandement, la vue Éeà, $^ l'é-f nergie qu'exige l'accomplissement de leurs devoirs, les fatigues extrêmes qui en résultent, toutes ces causes ï^n^ inéupép^evi^^ plus parages > sont ferti^p^rteWes* *w# Wmt $ qui* depi#^dix an&,yp^it pas qi^té 1^ f#é^^ Pérou &ft de la fiaifornk, où le piel est tout* 4 96 jours pur, où la température est tiède, ne pou- vait se faire aux neiges et aux glaces du cap. M. Miôta, très frileux, habitué à toutes tes dou- ceurs de la vie de Paris, et dont la ^santé était faible, souffrait horriblement. Cesario et Fer- nando pleuraient leur beau ciel d'AticJalousie. Don José seul supportait le froid sans mot dire. Quant à M. David, il se faisait un point d'hon- neur d'y paraître insensible, mais l'insociabilité de son humeur ne prouvait que trojp qu'il en souffrait autant que nous. IMk Chàbrié è^t plus brusque er^^ 9 j'étais devenue si capricieux, s * irntaMe* que la moindre contrariété excitait mes larmes ou ma colère. Le seul individu qm^ jours léimême fut le cuisinier: il ne se démentit pas un seul jour j et fut admirable de gaîté et de courage. 11 trouvait moyen dëto malgré le temps épouvantable qui renversait sè^ fourneaux; soignait Ifcs mâtë^ notre mousse dans le service de la: chambre; prêtait encore la main à^la^ le fallait, ^ët^itt^^ nuiti Péndànt une minute de malaise,. t^i^¥tt?St d«:«^^e^* maigre et pale > on l'eût pns poMr un 1 homme 97 très faible. Il était de Bordeaux; mais ayant fait à Paris son apprentissage de cuisinier, il y avait pris toutes les ^manières du Parisien. C'était un beau parleur, un grand liseur de romans- Il avait servi comme cuisinier à bord d'une frégate de l'État, et passé le cap de Bonne- Espérance.
Naviguant en juillet etaoût a l'extrémité mé- ridionale de l'Amérique, nous n'avions que qua- tre heures de joûr, et> lorsque la lute n'é- clairât pas /nous étions pendant vingt heures x dâns une obscurité profonde. Ces longues nuits, augmentant les difficultés et les dangers de la navigation, sont cause de nombreuses avaries; les mouvements violents du iiavîrëy le sifflement affreux des vagues ôtent itpùte faculté pour s'occuper à chose quelconque. On ne pouvait niilire, ni se promener, ni ïK^me dorM serais-je devenue pendan t les six semaines de cruelles souffrances que nous eûmes à endurer dans ces parages, sî> abandonnée à mes propres forces, snon âme nfeul été réclmnffëé piaria istiëve et pure affection de M; Châbri*!? %S 1 r %: Avant de monter sur le pont* pdur y faire S0^4|piart> M u Chabrié venait auprès de mon lit et me demandait avec sa voix: qttMï faisait 98 douce: — Mademoiselle Flora/ je vous en sup- plie,. dites-moi quelques paroles de votre bonne amitié, que je puisse supporter quatre heures de froid, de neige, de glace, ^ Serais-je donc assez heureuse, pauvre ami, pour que mon amitié pût alléger vos maux? Ah! elle vous est bien acquise; mais savez-vous que c'est me faire Dieu de me dire que je puis diminuer- vos souffrances?
JEh bien! mademoiselle Flora, vous êtes Qieui du moins pour moi. Telle est la puissance qu$ vous çxerqez sur tout mon être, qu'il suffit d'mi mot<te *ous> d'un de vos regards de vos sopriçes poiw* augmenter ma force et soute- nir mop courage. Je monte là haut, et pendant quatre hepres je pense à vous et ne sens pas m 1 jôeg J sent mon cœur de joie; je vous çn w^me, k Cl^bw#:^ j!«^:'6^^ te souvenir fà^qmmm. Montez, cher ami, & puisque ^ppg^r * moi peut vous rendit ke|UPeiix, perssyï^^ qi# l'amitié qwje ressens j^wç wm4épasse de f beaucoup, quoique difiKriuftt de nature >4||inour 99 En disant ces radts> je lui serrais la main en lui xhettant sës gante; soûveàt rhêmë; en lui arrangeant ses doubles cravate^ âfin de w gâN- rantir du froid, je l erabrassais-sur le front. Je me plaisais à î'entdiirfeF deëîéâ sôirié et de ces Je Sfca$ ici toute la difficulté de là tâche qïiè je îfle stii^ à dire soit pour inoi tliiè ïïàuië -fà¥e$èMr; niais je crains qtié la jfèifituï^ d'un toa foi iapitfà émia: ^FafiM^ too âge qui auraient eu à vivre avec une jeune femme dans l'intimité de la vie de bord, etcela pendant cinq mois.
Je crois qu'çrt npr lè cœur de l'homme est plus aimant: perdu au milieu de l'Océan, sé- paré de la mort par uiie Jaible planche, il réflé- chit sur l'instabilité des choses humaines; sa vie passée se déroule devant lui, et, parmi les sentiments flpii l'ont agité, il n eu voit qu'un seul dont il lui reste quelque chose, qui aiten- çore pour lui des souvenirs; de bonheur: c'est l'amour. L'homme, prêt à quitter la vie, recon- naît twt le vide de l'ambition > toute la stéplité ^ la satiété ^ que sur les derniers instants de son existence. Il croit instinctivement qu'il ^ dans un meilleur monde les èjErc^s qui.onteu ses affûtions. - À; bord, les êtres tendres et religieux opt le ^opr |^»?f aimant ^ la foi plus viyç;; isolé de toutes les sociétés de la terre r m pœsçaçs de l'éte^ité r ou seijt j^j^f et çes^jdèiix septim^s^^^ M. Çhabrié était un de ^ la résolution de ne m'aimer que d'amitié, mais l'amour entra dans son cœur malgré sa volonté. Je dois dire que la bizarrerie de nos positions respectives, le mystère dont j'étais^ enveloppée à «es yeux et la vive amitié qué je lui témoignais concoururent à faire naître en liii un sentiment auquel il n'aurait peut-être pas été accessible dans une autre circonstance.
D'après le plan que je m'étais tracé, j'avais été obligée de mentir à M. Chabrié, et, en lui racontant très succinctement les événements de ma vie > je lui avais caché mon mariage. Cepen- dant ft-avait fallu lui expliquer la naissance de ma fiille. Oht que cçluji qui> popr sortir d'enh- barras, recourt h un premier mensonge j cota- naît mal la route sans issue dans laquelle il s'en- gage! Il faut qu'il continue à metatir, ét il ne peut $or$r des inextricables sinuosités du téné- breux labyrinthe qu'eu revenant y eu définitive, à la véîiMi Je pétais vue forcée de dire à M. Cbabrié que j'avais eu un énfôirt,: quoique demoiselle: je lui dis que c'était là le secret mo- tif auquel il fallait attribuer la répugnance que j'affichais pour le mariage, ^^fiçél^confidence eut pour résultat de me ^ A^fêlîp^i par Mi Ghabrié.
Son ame était trop grande et trop délicate pour ne pas comprendre avec une exquise sensibilité tout ce qu'il y a de malheur dans là position d'une jeune fille trompée et abandonnée lâche* ment par celui qui Ua séduite. Il commença par me plaindre et éprouvé pour moi ûè respect que commande line douleur vraie et Sâns remède» Mais, après m'avoir plainte^ la i^ssion ^uil res- sentit lui fit naître la sublime pensée faire un de ces actes dé dévouement qui ne sôttt guère compris de nos jours? et que tùèiM notre stu^- pide société tourne en dérision parée Qu'elle n'a de sens que pour ses intérêts mMtérië^l ét t[tt il est plus facile à son égoïsme de ridifeuli^^ négation que de l'imiter. i:? ^ Mi Ghabrié conçut pr^j^t me à&dfë à la société dont il me voyais ba^kren ïJ^difrismt la prdtêàiori de son nom. A uëttè^ jp^ô^d^it*è«i fôite ^eë générosité au dessm je me sentis pénétrée pour lui de la rectfiktiaisstoGiB M pto$ pifefotide/ et m même temps je lèëuîâi d'épouvante à Fidéé 4es^ vait avoir le mensbngê ijmtg j'avais Mtê bonttfâiftte v. Aikssiy lto ser^ ji fcaéhai ma tête danà 'm&>jftà^ lui répondre et craignant de lui laisser lire sur mes traits ce qui se passait au fond de mon a me. Je restai longtemps saris pouvoir trouver une parole. Je me proêternail en pénsée devant un tel amour, et puis, songeant que je ne pourrais jamais partager cet amour céleste > j'en versais des larmes de désespoir» v M. Chabrié souffrait de mon silence; il lé rompit et me dit: — Mademoiselle Flora; s'il vous est impossible de me répôtidre un oui ou un non, regardez-*moi, voè ymt sont téïleméttt expressifs? que j'y devinerai facilement votre — Àh! pàuvrè ami, c'est justement afin de vous éviter cette nouvelle peine que je n'ose vous regarder.
— Vous refusez donc ï'ambur de votre vieil ami? ah! il vous aime pourtant bien!
' Chabrié! lui dis- je, en jetant ma tête sur sa poitrine, votre amour me parait trop grand, trop géîiéreuA. Je crains qu'il ne soit qu'un moment de folie.
— Flora! en ce moment vous ne pensez pas ce que vous dites: votre réponse est celle du monde, car c'est ainsi qu'on jpae jugera dgns cette société qui se vante de sa civilisation. Mais, mon enfant, je n'ai pas achevé mâ proposition: je ne vous offre pas d'aller vivre à Bordeaux, à Lorient, où même à Paris* Dans ces villes, si vaines de leurs perfectionnements, On nous mon- trerait au doigt, vous, parce que totts avez eu le malheur d'être trompée par un homme assez lâche pour vous abandonner, et moi, piarce que je me serais mis au dessus de misérablespréjugés, que vous aimant d'un amour vrai, plus puissant que la vaine opinion du monde, j e me serais marié avec vous, comme si la première obligation d'un homme d'honneur n'était pas d'éjpôùsër là femme qu'il aime, ftfin d'aëqiïëri p jë de ^ proté- ger et de la fléPendfe, ce qvj'il i^e peut foire à l'égard de sa maîtresse. Chère Flora, npus res^ terons en Amérique, à Vjtlparaisp> si la ville vous plaît; à Lima, si vous le préférez; sur les çôte$ de la Californie qui sont si belles, aux États-Unis, aux Indes, ëh Chine, où vous voudrez enfin. J'aime bièh là France, plus encore mon vieux père; maïs avec vous, Flora, je ne craiils d'é- prouver aucun vide. Ah! mon àiniéy je vous aime tant que le lieù lé plus amie ^ Si vous le Moisissiez, me paraîtrait un paradis. L'amour vrai a langage, son de voix, regard, expression, tout à lui que nul autre ne pourrait imiter. Je regardai M. Chabrié, et je vis que j'étais réellement aimée. Gëtte dëcôuvertë pro- duisit sur moi un élan de ravissement, car l'amour comme je le comprends, ë'ëét Tësprit de Dite: à nous mortels, attachés à là terre, d'adorer la divine apparition. Mais à cet élan de gratitude succéda l'horrible désespoir qui nais- sait de ma position. Moi m*unir à un être dont je me sentais aimée, impossible! Une voix in- fernalë me répétait avec un ïicàftemffit àfïrëuk: « Tu es mariée! C'est à un être méprisable, il e$t vrai i mais eitèbâmëë a lui polit lê rëStè dë tes jouirs, tu ne peux te sôuètMrè à 5 son joug. Pèse la chaîne qui te fait son esclave et vois si / plus qu'à/ I&rh, tu peux la rompre! » ïë crus que ïRon froiit allait éclater. J'étais assise sur mon lit, MV; Chàhrië appuyé âupïêà de moi; j'attirai sa tête sur mes genoux dans l'intention de lui pâriëri J'allais lui révéler toiitë la vérité, mais mes larmes iïïë èiiffo^ùërëtit; èlléé ioittbè- reftt èi* abondance et inondèrent sbn visage. Mi Gbibrié ne pouvait me comprëndrë: il voyait m débdrdîaiit èt sentait en même temps que je l'aim ais avec Ifr p\m sin- êèrè affection. Je le priai de me laisser: j étais incapable de contenir mes sanglots et craignais d'être entendue par mes voisins.. Je le suppliai de m'aimer toujours, tout en le priant de mé donner deux jours pour me remettre de l'agita- tion produite par cett^ conversation.
D'après l'offre que M. Çhabrié venait dfe me faire, je ne pouvais plus dqufer qu'il ne m'ai- mât avec sincérité et véhémence, comme toute ma vie j'avais souhaité de l'être j mais, hélas! cet amour si pur, si dévoué, où j'aurais pu encore espérer trouver le bonheur, remplissait mon coeur d'amertume et de désespoir^ en tne faisant sentir, dans toute son horrei^?, l'in- digne mariage qu'on m'avait forcée 4e con- tracter., y\ v-'"^ Je restai, pendant deux jours, danê une in- certitude des plus pénibles, parfois, j'étais presque décidée à céder à mon pénchattt $ m disant à M. Chabrié toute la vérité sur ma po- sition; mais la réflexion venait bientôt répri- mer ce laisser-raller de ma franchise; toutes lies conséquentes possibles s'en présentaient • à mon esprit. J'imaginais M. Chabrié me rêp$u$$arït, comme tous les autres lavaient faifri je me voyais seule, délaissée, en proie à mon déses* poir. Je reculais, je l'avoue, devant cet ttecroissèment de douleur que je craignais ne pouvoir m 12 L* UMI lation indiscrète. Dans mon inquiétante per- plexité, il me vint m pfenèofc de ï M* David sur M*r€habrié > afin d*en connaître plus particulièrement le caractère/ et aussi pmt apprendre de M. David, qui connaissait si bièn le monde > beaucoup de choses que j ignorais % et dont je sentais le besoin d'être infotraée*?
David était toujours foi* aïmâblë qttattd je! voulais m -entretenir mm lui, ^udiqu al se tînt constamment un ton de réserve fëfcdfc cérémonie quïl conserva jusqu'aux derniers instants' émmyfaQmn, •< l*^ i \ »nv-v- -, b '^ù > \< *■> î Un soir. M* David étant venttucauseï* âvéte moi dans ma cabane, pendant que M. Chabrié était de quart, j'engageai la conversation sur l'amour, l'amitié, pour, "de là* arriver^ à son ami M, >€ftqfari&;»**« Vous croyez dtocyim<p^ sieur David, qu'il n'est pas dans la nature des hommes d'éprouver un amour ipur^ dégagé en- tièrement de tout intérêt personnel, Mittout à mes et hommes > nous recherchons la? beauté), la richesse, le talent, pour les jouissances que nous en espérons, et nous n'aimons qu'en pro- portion de celles que nous donne l'objet aimé.
— Mon Dieu! comme vous avéz toujours des réponses arides et désolantes!
— Àimeriez^vous mieux que je vous trom- passe?...je vous suis trop sincèrement attaché pour y consentir jamais. Vous êtes la seule femme pour laquelle mon estime à augmenté à mesure que je l'ai connue davantage. Avant de vous avoir rencontrée, je ne me figurais pas qu'il pût exister une personne aussi réelle- ment bonne: vous me réconciliez avec l'espèce humaine, et je conçois qu'on vous aime sans espoir de retour; mais, chère demoiselle^ vous faites exception, et l'exception confirme la règle.; — Eh bien! j'admets que vous ayez raison, que l'amour soit effectivement un sentiment égoïste, et je crois avec vous qu'il Test en gé- néral; mais en est-il de même de l'amitié? cette affection n'existe-t-elle pas indépendamment de tout intérêt?
— En vérité, je vous admire! à vingt^six ans, croire encore avec cette candeur d'enfant qu'il existe de l'amitié parmi les hommes! - * — Eh quoi! monsieur, le nieriez-vous?
— Chère demoiselle, ne rougissez pas ainsi en me regardant avec vos grands yeux pleins de courroux et de dédain. Je vous le répète, je vous aime comme si vous étiez ma sœur* et, dusâë^ë vous faire de la peine, j'aurai le courage de vous éclairer. Sachez donc, enfant que vous êtes encore, que le mot amitié, qui se t Mcontre dans tous les livres, dans toutes lès bouchés, dé- signe un sentiment idéal qui n'a jamais existé parmi les hommes* Pas un d'eux tfy croi^ pàrde qu'aucun d'eux ne Fa ressenti, et que nul n'èn a reconnu l'existence dans autrui. Les femmes ont, entre elles, trop de motifs de rivalité polir pouvoir s'aimer d'une manière désintéressée; leurs rapports avec l'autre sexe, lorsqu'ils n'ont pas l'amour pour base, sont fondés sur l'inté- rêt y et, au total, leurs affections sont transi- toires comme les causes qui les ont fait naître. Quant aufc hommes, ils n'ont jamais d'amitié pour les femmes * 1 et ne les aiment que par amour, s'ils ne s'attachent* à elles par intérêt; ftÉii% eux; ils sè recherchent ou se quittent selon que l'intérêt du moment les dét rtr e, et râmitié > telle que les poètes et lès philuso- ^hérflb^^^ipent est piège tendu i te crédulité; c'est un mot dont la société se charge de w faire connaître le vid^. t. trrr A]M monsieur I votre misanthropie vous r£B$4*U u $te # WIS <fatît calomnier l'espèce hu^ mpii^: je vous affirme qmje crois à l'existence t- MadejpdçeUey impression de yoMraiia, l'accent de votre y<m $m pouvant qu'elle existe dans vçtre çcenr; mais, je yan* Je répète, wm §tpft: jfn$, ^ception,t et il me semble! qne mm p^pnf 4e la race humairie* ^ z&*: h. i }. mï &lqp$ï mQ^eu% cette grande amitié que yfiB^ lpf^ e? PPffiW Mfo Chabrié n'f$| donc avç£iijH; 41 en est devine de §on coté Xmm î pgardai M^^yid avep une émotion qpi bii^^^aîto la main et me dit avec affection: — Qué Voulez- vous, chère demoiselle? il faut prendre le monde comme il est; maïs je désirerais, ainsi que jë vous le disais à la Pràya, tous voir con- naître ce monde au milieu duquel vous êtes des- tinée à vivre, afin d'éviter d? y être duj^, mé- connue, ridiculisée même, ëty eu dëèttitive, malheiu^^se. Votre candeur ëe?& prisé pour de l'hypocrisie; on se servira de vous comme d'uti instrument, et tous serez délaissée lorsque vous ne pourrez plus être utile. La douleur entrera alortf dans- votre cœur bon èt sensible, vous /vous y laisserez aller avec toute là? viô- lencé dépoté même | s'emparera de ymm ( p etvmfà userez dans? la lutee^Set par de continuelles déceptions, cette richesse d'organisation doût la nature i4iis a douée. 5 ' ' v^mw ^ vous remereie ^ mon cher^ monsieur, de vos avertissements et de vos conseils. Je crois aveevM^qu©^ naître te monde* ^ me scitocette étude + je vous f^oiiîets^y âpjfortér désonaiais une attention suivie; une né- cessité à laquelle il faut se résoudre • les rai- sons que vous ^ déterminer, me font pressentir combien cette connaissance à acquérir est douloureuse pour le cœur. Mon Dieu! que la vie doit paraître sèche et insipide aux êtres qui sont arrivés au point de consi4érer toutes les affections de l'ame comme autant d'illusions!;•.
— Elle le $erait en effet, •«^treîglpbe.tt'amit que des, hommes pour habitants; mais il est aussi peuplé d'animaux de toute espèce, cou- vert d'une immense variétéde plantes, et recèle de brillants métaux dans ées entrailles,î tandis que les jners dont la te^m est entourée; le ciel nuageux ou scintillant d'étoiles offrent encore à notre admiration, de p^ Jaapogants spectacles. Avec une intelligence comme celle que vous possédez, quel besoin ^ez-rvotis de lîaffiecfion 4es ï hommes pQtir occupei 4 môtre péi*sée? Vous aimez à dessiner le paysage j eh bien! vous trouverez, s dans la satisfaction de ce goût, une source inépimab^ vos tableaux en y mettant des animaux que vous choierez parmi ceux dont vous laurez observé i €S; ns ti«cts, et vous aurez airi^ J'oceasipfc de représenter des qualités quei f^ en vain ^^lesiioiMi^ vous offriront? des modèles i¥ous pourrez oencore étudier l'immense règiie végétal; et dans Vt^pi&ûp& Ae**. ptoes * dans leurs mœurs ^ lmwuffîlé.}\ wus fytmlUm les jours 4és dé- couvâtes nouvelle,' Ah! ï croyez-4e, iiiade- moiselle, la Mature renferme assez de trésors pQÙiMtëfeuper toutes les fegultés dé l'être intêlli- gent, pour que sou ame en soit r&vJesans qui! éprouve le; plus léger besoin de s'intéresser aux GfiiÉvdér^ eu primitivémeftty d^ns ïe cœur dé cmmfmtlà&Mml 4u Mau et du bon; mais la ~* en lui paraissait une absurdité,: et, au lieu 4^tré ut?le à se^fréçesî en les atoant, il ^0^ig^^l>f admirer ^ ^ ■■ Wff r i^eft^eW entraînés plus lo|a q^^ avant pas <^e ^ tenue druàié ce^tàtoïiùstone Àfmëfe^ ce 8 M. Dàvid avait déjà; Mt plusieurs Ms* M* Cha- brié reftiSâ de venir emim avec mdi; il répondit avec brusquerie et colère à tfifiVitàtiôù toute gâteuse quë je lui en fis. Tël est son riiauvais caractère qtïë; dans ï£ê colèrë> Û BrusqUë ses nièil!èurs amis, les fait sduffMr et souffre lui - mêmë pëudaat dëfc jaurs ëatîërs; ^ La nuit, ji fté ^ meil. Je repassais dé mémoire là longue VërsStiôtt qt^ ©avid; tes argumeuts:ïqu?n- ^^dif^^tam^ fwwi?*i»pdi«-- ver que l'amitié n'este point Me glaçaient le dëu* spë^^ débite