SigPhi · Flora Tristan

Pérégrinations d'une paria, tome I

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« Cependant ne croyez pas, Monsieur, que, quel que soit le résultat de ma lettre auprès de vous, les mânes de mon père puissent s'offenser de mes murmures, sa mé- moire me sera toujours chère et sacrée.

« J'attends de vous justice et bonté. Je me confie â vous dans* l'espoir d*un meilleur ayéhir. ïe yoi^s de- mande votre protection et vous prié de m^aimer comme la fille de votre frère Mariano à Quelque droit de le ré- .. «.: Je suis votre très humble * et très obéissante sèrvante *.

l«pèi là lecture de cette lettre L on peut Juger suppose les autres bons et justes comme on Test soi-même; crédule^ confiance dont mon oncle, celui qui avait fait prdftèsion de tàhï cllmottr 14 pour mon pèrô, devait m'apprendre à connaître l'abusv Voici là réponse qu'il m'âidirëSsâ: « Mademoiselle et mon estimable nièce, « J'ai reçu, avec autant de surprise que de plaisir, votre chère lettre du a juin dernier. Je savais, depuis que le général Bolivar a ét£ JcJ aimé, Mariano de Tristan, au moment de sa mort, avait une fille; auparavant M. Simon Rodriguez, par vous connu sous le nom de Robinson, m'en avait dit autant; mais, comme m l'un ni Vautre ne m'ont donné aucune nouvelle ultérieure de vous ni du lieu où vous demeu- riez, je^ n'tii pas pjEi vous entretenir de quelques affaires qui nous intéressaient, vous et moi. La mort de votre père m'a été annoncée; officiellement; par le gouverne- tneht espagnol, sur la nouvelle que lui en avait donnée le princede Masserano. 3'ai envoyé, en conséquence, mes pleins-pouvoirs au général de Goyenèche i aujourd'hui comte de Guaqui, à l'effet de suivre les affaires de la succession de mon frère; mais il n'a pu rien faire, par suite de l'invasion de l'Espagne par les Français? qui l'obligea de se rendre sur le continent américain pour des affaires d'une très grande importance. C'est égale- ment par suite de cette même invasion, quë nous som- mes restés pendant de longues années sans 1 communica- tions, et ensuite la guerrë de l'Amérique nous a telle- ment occupés* que nous né pouvions i songer; à d'autres choses, dont la distance quinous sépare rendait la conclu- sion difficile. Cependant, le gavril 1824, j'ai envoyé à JI. Changeur, négociant à Bordeaux, des pouvoirs spé- ciaux pour parvenir: à découvrir votre séjour, par l'in- termédiaire de ses agents à Paris, et lés biens que le défunt avait laissés. Je lui ai donné l'adresse de la mai- son qu'il habitait lors de sa mort;- Avant et après l'en- voi de ma procuration, je lui avais rièSpàJ^cùlièrenlSat recommandé v à plusieurs reprises, de ne pas épargner la moindre démarche pour savoir si vous existiez, vous et madame votre mhtéï Je n'ai obtenu aùtrë chose que de me &iré porter en compte lès frais inutiles des recherches faites à votre sujet, recherches dont les preuves se trouvent en mon pouvoir. Comment, âpres; vingt ans, à partir de la mort de Tristan mon irlâè que de vôtre mère,:pottv^^#m^ mère,:pottv^^#m^ Ouï i ' ma chèrë nièce * c'est une fatalité quIaMun^ lettres ^omlîrëuse^ qui m'ont été écrits pa¥ madame f W&ê jWèrîè ne ïnïfè soit pai^eiiue^ lor^ que ifous m'avez adressée m -est parvenus sans rétard, j Je^ujs s très! connu dans ^e pays^ci i et les rapports r-iltie ses côtes et les vôtres sont assez fréquents depuis huit ans, pour qu'au moins une de ses lettrés fût arrivée. Ceci prouve d'une manière évidente que vous avez agi avec une sorte de négligence, à cet égard.

« J'ai vu l'extrait baptistaire que vous m'avez envoyé, et j jy ajoute -une ^-pleine et entière, quant à Vôtre qualité de fille reconnue de mon frère, quoique cette pièce ne se trouve p#s JégaUsée et sig^ tasres qui certifient véritable la signature du curé qui l'a délivrée, comme elle devrait l'être. Qûârit à vôtre mere ej; à sat qualité d'épouse légitime de feu mon frère, vous avouez vous-même, et vous lé confessez, que la manière dont la bénédiction nupliale lui a été donnée est nulle et de nulle valeur aussi bien dans ce pays-ià que dans toute la chrétienté. En effet, il est extraoïdfc- «aire qu'un ecclésiastique qui se dît respectable, comme M. Rj^ç^ acte, sans les attributions convenables à l'égard des*con- tractants. 11 est aussi tout à fait i nsigni fiant qu'au moment de votre baptême il eut été déclaré que vôtis étiez fille légitime? comme est également insignifiant le document que vous me dites avoir été envoyé de Bilbaô pat l'inter- médiaire s de M.^ ladite ville déposent avoir regardé et connu Vofâ^hière comme épouse légitime de Mai iano: cette pièce preuve uniquement què c'est par p^ et simple bién^ance qu'on lui donnait cette qualité y ce iatr«v J-ai ^ dans la propre correspondance de mon frèrèy jusqu'à pe$t de temps avant sa mort y -quelq^ ii^«i^mr<i piteuve assez forte r qùoi^ùefc^ ce que - J'avance; c'est que mon frère ne m'a: jamais parlé de cette union, chose extraordinaire lorsque nous que, s'il y eût eu une légitime un^^ madame votre mère, ni le prince Massera no ni aucune 1 autre autorité n'auraient pu mettre les scellés sur les biens d'une personne décédée qui laissait une descen- dance légitime connue et née dans le pays. Convenons donc que vous n'êtes que la fille naturelle de mon frère/ ce qui n'est pas une raison pour que vous soyez moins digne de ma considération et de ma tendre affection. Je vous donne très volontiers le titre de ma nièce chérie, et j'y ajouterai même celui de ma fille; car rien de ce qui était l'objet de l'amour de mon frère ne peut qu'être pour moi extrêmement intéressant; ni le temps ni sa mort ne sauraient effacer en moi le tendre attachement que je lui portais et que je conserverai pour!ui toute ma vie. * . « Notre respectable mère existe encore et compte déjà ■ quatre-vingt-neuf ans. Elle conserve toute sa raison et toutes ses facultés physiques et morales, et fait le délice de toute sa famille, parmi laquelle elle a eu la bonté de partager actuellement ses biens pour avoir le plaisir de l'en voir jouir avant sa mort. Nous nous trouvions sé- rieusement occupés de ce partage, lorsque votre lettre m'esj parvenue. Je la lui ai lue; et, instruite de votre existence et de votre sort, à la prière de la famille elle vous fait et laisse un legs important de 3,ooo piastres fortes en argent comptant, que je vous prie de regarder t comme une preuve de mon intérêt particulier pour vous, de l'inépuisable amour de notre mère, envers son fils Mariano. et du souvenir ineffaçable de tous les mem- bres 4e la famille. ^; -. s lT.:;,;< « En attendant, comme vous avez un droit équivoque aux biens de feu mon frère, que j'ai gérés en vei tuvdes pleins-pouvoirs qu'il me donna le 20 novembre 180 1, par- 2U 2U devant le notaire royal de Notre-Dame de Begôûay dans la Biscaye, M. J. Antonio Oleaga, je vous envoie une copie du compte courant qui a existé entre nous deux. Il vous convaincra de ce qu'il n'existe aucun fonds ap- partenant à feu mon frère, attendu que Faffeire dlbaiiez a absorbé tout ce qui restait de lui lors de sa mort. Cette affaire aurait été terminée de suite si j'e^ ' avais eu con- naissance, où si les créanciers n'avaient été assez négli- gents pour laisser écouler onze années avant d? avoir fait aucune démarche pour être payés après la mort de mon frère, qu'ils ont dû avoir apprise; de ' cette manière, les intérêts de la dette, quoique seulement de 4 p. 0/6, ont doublé le capital à payer. Tout a été fatalité dans cette mort; la manière dont elle a eu lieu et l'époque ont fait votre malheur et m'ont occasionné à moi une infinité de peines. Oublions tout cela, et tâchons d' J poriêr lî^ftlède autant que possible* - « Mon fondé de pouvoirs et agent à P6i*deaux est M. Bértera, sur lequel fe vous envoîè une traite ou mandat de a,5oo francs. Il sera nécèssàiïey pcmr en re- cevoir le montant, de lui envoyer votre certificat de vie fait devant un notaire. Tâchez de vous suffire avec cette somme, en attendant que je: me proctire les moyens de vpus faire arriver les 3, 000 piastres, montai t|du |e|& à voïis fait, pour votre compte et à vos risques, mais pour -la sûreté duquel legs je prendrai les mesures conve^ nabi es. Vous ferez bien de placer ces 3, 000 piastres fortes. sur les fonds publics ou sur d'autrès fonds ^ dans le cas où les événements politiques les rendent peu Surs, afin de vous procurer £ar ce moyen un revèntf assoie; qu'on vous paiera tous les ^ix rhois. Vous^ rna conduite une preuve non équivoque, quoique de peu de valeur, de mon attachement pour vous, et le temps, si je vis et que nous nous réunissions, vous prouvera com- bien j'aime la fille de mon frère Maviano.

« ÉScrîvez-tnoi toutes les fois que vous le pourrez, en adressant vos lettres à M. Beitera de Bordeaux, par le canal duquel je vous écrirai également moi-même. Dites-moi quel est le lieu de votre résidence, parlez-moi de votre état, des projets que vous formez, des besoins que vous pouvez avoir, avec toute la confiance que doit vous inspirer ma sincérité. Je vous écris en espagnol, parce que j'ai tout à fait oublié le français.

« Je suis marié à une de mes nièces non>niée Jpaquina Florez; et nous avons un enfant appelé Florehtino et trois filles de huit, cinq et trois ans. Plaise à Dieu qu'ils puissent vous embrasser un jour, et que vous soyez à inémedileitr^ « En attendant ce plaisir, recevez l'assurance de toute mon affection.: ^ « Signé PJO DE TRISTAN » _ Quand je reçus cette réponse, malgré la bonne opinion que j'avais des tomnies r je com- pris que je fie devais rien espérer de mon oncle; mais il ïiie restait encore ma bonne maman, et tout nayon espoir se tourna vers ellé. Il paraît que tnon l^p^lfÇi^^^^^^ en m'éci^vaut m<W lu 4»a lettre à ma bonne maman et à toute la Wiïn lié | car presque aucun dès m^mt île connaissait mon èxisteiice avant que jë ne pa- G rmse> et j ai acquis la w^ maman l'aigriorée auàsi 1. Je ti*aMiè pas informé mon oncle de ni^ n'ayant pas eu le tepips de l'en iprévenirs il ignorait encore quë je fusse a*^ était ma position envers lui ^^ÊÉ0M0k jë vais dire, eà peu de fliots, telle qu'il occupait dans Don Pio de Tristan était *é#eml d'Eipope; terrible guerre de lliidëpëndaïice dans làqirelfé le^fe quérir leur liberté. Mon onele^ est sptuà \ habiles militaires que TEsp^giie Mti ^rWàMéi^ voyés dans ces contrées. Quand les ïfëupes lfu roi Ferdinand furent obligées d'évacuer Buenos- Ayres et le territoire de la république Argen- 1 Mon oncle, peu dé temps ayant la mort de ma grand'mère? lui fit faire un testament par lequel sa femme éfcalt avantagée d e ao,odo piastres, et dans lequel j'étais comprise pour un legs de 3,ooo piastres. Ce testament est très long, et ma bonne maman, qui avait én*son fils don Pio une ayeugle conaance^ l.esïgoa sans en connaî tre 1 es dispositions. Je n'y étais pas désignée comme la fille de don Mariano, mais par mon nom de Florita seulement^ sans qu'on' pût savoir à quel titre ce don mutait fait. Lors du partage de la succession, mon existence fut révélée au* parties intéressées par *e prélèvement du legs. Mon oncle eut beaucoup de peine à faire consentir les parties à me donner cette somme. On demandait: « M ais pourquoi donner 1 5,ooo fr. à une étrangère? ^$a^$<^il est présumable qu'elle est la fille dé mon frère. » ■ tîïië, c'est lui qui les commandait en second, sou$ les ordres de notre coûéiri, M. Emmanuel de Goyenèche, frère de M. Mariàno dé Goye- nèchë, dont j'ai déjà parlé. Moiî ôiicle était alors hiài^bhâl dë càrbp. Ils éffectùé^ent leur retraite éri se dirigfèant Sur le Hàut^ëroiï ^ t^ versèrëiit l^miiaiétoe diytàneè qui sépare Buends- Ayrc S de Lima, ayant fréquemment des com- bats à soutenir, dés fleuves a passer, et parcou- rurent des payé sur lesquels aucune route n'est tracée. Ces magnifiques soldats du roi, ces guer- riers couverts d'or, habitués à la vie molle des villes dë rAjB^fuîuë espëgMev ëùrëht beàu- coup à souffrir dans ces contrées sauvages. Ils vécurent, durant ce prodigieux trajet, des vi- vres qu'ils <&téiiâiëiï i à liai pointe de ïèiirs baïon- nettes, des animaux sauvages qïf ils tuaient dans lèùrs châsse^, et, enfin, des subsistances qu'ils trouvaiéiit à acheter. Mon oncle m'a souvent rabouté que, dans ces occasions, n'ayant plus d'argent dans la caisse dë i'arméë, il faisait tirer snî Sôtt les cavaliers, qui, tous, avaient des ëpe#bh& éh or massif, afin de d^fërminer les^ qîièls d'entre eux donneraient tin dë leurs épe- rons pour payer les vivres. Un seul de ces ébl^ dàtè a^ait plus d'or qu'il n en faudrait actuellement pour en équiper deux cents de la répu- blique. Ce luxe superbe des troupes espagnoles de l'Amérique leur donnait yne haute idée d'elles-mêmes et de leur supériorité sur les peuples dont elles assuraient la soumission; mais e est u^ des ressorts qui s'usent le plus vite. Avec ce que coûtait, dans les colonies, un militaire espagnol, le roi aurait pu y main- tenir vingt soldats allemands. Le$ populations indigènes ne brillent pas par leurs vertus mar- tiales; et, disséminées sur de vastes territoire?, elles eussent été feciïement soumise$ et con- tenues, si l'on y eût entretenu dea troupes phjs nombreuses, ce que l'Espagne pouvait foire sans augmenter ses dépenses. Aux yeux des personnes qui connaissaient l'Amérique du sud, le moment de son indépendance était encore très reculé, et l'Espagne plus que suffisamment forte pour réprimer les révqltes qu? avait favo- risées l'invasion de la Péninsule par Bonaparte. Mais les événements démentent continuelle^ mentales prévisions humaines. L'insurrection de Riego vint^paralyser les efforts de la monar- chie^ espagnole en tournant, contre le monar- que,| les forces destinées à spuinettre ^ (jplo- nies, et rijidépendanee de rAfnérjklue^ M. de Goyenèehe et mon oncle avaient cinq mille hommes sous leur commandement lors- qu'ils quittèrent les rives de la Plata* et quand, après deux ans de marches, de fatigues et de combats > ils parvinren t au Péroû, le tiers à peu près de ce nombre répondit à 1 appel. La guerre dura quinze ans > au Pérou, entre les troupes du roi et les républicains; mon oncle s'est trouvé à toutes les batailles que se livrèrent lés deux partis, et, enfin, combattit à la dernière, à celle qui assura le triomphe de la cause répu- blicaine, à la fameuse bataille d'Ayâeucho, que gagnèrent les patriotes péruviens. Mon oncle nommé vice-roi par intérim, avait eu le cou- rage • d'accepter ces hautes fonctions, dans un moment ou il y avait plus de périls que d avan- tages à les remplir. Après la perte de la ba- taille, le parti royaliste se trouvant entière- ment anéanti, force fut au vice-roi et à tous les officiers d'abandonner la partie. Mon oncle an- nonça alors qu'il allait retourner en Espagne avec sa famille et sa fortune. Mais les chefs de la % répuhlique - appréciant sa bravoure et ses talents militaires, sentant aussi combien leur nouvsÉiu gouvernement avait besoin de s? àtta- cher dé pareils hommes, lui offrirent dé rester chargé du commandement des troupes, en changeant seulement son titre de brigadier du roi contre celui de général de la république. Il n'accepta pas le commandement des troupes, préféra se faire nommer gouverneur de Cuzco, et se rendit dans cette province qu'il administra pendant six ans. Par cette conduite prudente, entièrement dans ses intérêts personnels, il espérait n'irriter aucun parti. Les choses se passèrent autrement: dans les temps de révo- lution, ce n'est que par des actes de dévoue- ment qu'on obtient la confiance; l'habileté de l'administrateur ne saurait alors couvrir le dé- faut de conscience politique et la tiédeur d'opi- nion. Mon oncle s'aliéna à jamais les royalistes, qui le considérèrent comme un traître, et ins- pira la méfiance la plus soupçonneuse aux ré- publicains. En vain employa-t-il toutes les res- sources de son esprit à se rallier ces deux par- tis, aimant l'ancien par goût, et servant le nouveau par intérêt, il ne put y réussir. Les royalistes le craignaient, parce qu'il avait le pouvoir en main, mais lé reniaient comme parjure, tandis que les républicains contrô- laient tous ses actes au point de lui rendre ses fonctions tout' à fait pénibles. Mon oncle lutta longtemps contre les vexations qu'il éprouvait, de toutes parts, avec une opiniâtreté que je se- rais presque tentée de dire admirable. A la fin, les haines devinrent tellement violentes, qu'il crut prudent de quitter un pays où sa vie n'était plus en sûreté. Il donna sa démission et revint à Aréquipa, où il aurait pu vivre aussi bien'et avec autant de luxe qu'un homme qui a deux cent mille livres de rente le peut faire en tout lieu de la terre; mais il avait été habitué au commandement, et, seules, les jouissances de la fortune n'avaient plus de charme pour lui. Il fallait qu'il fût entouré d'un brillant état- major ou d'une foule nombreuse d'employés; qu'enfin l'activité de son esprit fût engagée par de grands intérêts pour qu'il se sentit vivre. Voulant tromper ce besoin, il se mit à voyager dans toutes ses sucreries, et fit bâtir une ma- gnifique maison de campagne: cependant au- cun de ces soins ne put le distraire de son am- bition. Il intrigua dans l'ombre, et ses manœu- vres souterraines obtinrent tant de succès, qu'il " lté s'fen fallut que de cinq voix qu'il fût porté à la Résidence du Pérou. Ses partisans, pour le dédommager de ce désappointement, le nom- mèrent prétest d\Aréquipa. Mon oncle administra les nouveaux intérêts qui lui étaient confiés avec autant d'intelligence que de zèle, fit beau- coup d^mbeUissenients à la villè, et porta sa sollicitude sur tout ce qui pouvait contribuer à développer la prospérité publique. Néanmoins > loin de se calmer, les haines se ranimèrent à mesure qu'il acquérait de nouveaux titres à l'estime de ses concitoyens * Les royalistes répé- tèrent leurs récriminations contre; lui > les ré*- publicains reprirent aussi leurs méfiances, hës journaux qui, au Pérou, sont plus virulênts que partout ailleurs, attaquèrent mon oncle avec tant d'acharnement, qu^au bept êem ans il se vit encore forcé de! donner sa déntf*- sion } et, cette fois aussi, sa vie fut iftënaoêè. Un de nos cousins, militaire d'une violence extrême, indigné des attaques et des outrages qui sans cesse paraissaient contre don Pi& de Tristan dans le journal là R^fné^lîqu^ ^^Ê& trouver le rédacteur en chef, se prit de parafes avec lui, T et mit fin à la dispute en lui dontifent un soufflet si violent,..-qu'il faillit lui ci^ve^lin cail. La journaliste, furieux \ jùim (ju^I s^éii vengerait sur mon oncle j cèliii-ci, connaissant l'exaspération des partis politiques cont^ înî, ne jugea pas prudent d'attendre que ïç josirna- * liste, rétabli, fiât ëxcité jà réaliser sa menace, et se retira au Chili.

Pour qu'on ait une idée ê& la virulence dëS attaques dont mon oncle était Tobjet, je citerai iti ùii passai d'une feuille %ui C^iMt à Ârë^ tjùîpa èt dans tout le Pérou: je la traduis textuellement:.

r « Elfedtëurs et Aréquipéhiéns, - Si vd«s> voulez uu président qui entende l'art de la guerre, et qui, avec sa profonde intelligence, se laisse vaincre par une armée forte seulement du tèéri dé là sienne, comme cela lui arriva â Salta, élisez le senor Tristan. Si vous voulez un homme d'honneur, mais qui manque continuellement à ses serments, soit comme magistrat, soit comme particulier, et dont la mauvaise foi est connue de toutes les nations européennes, comme on peut te voir dans Y Atlas historique écrit à Paris par le comte de Las-Cases j élisez le sefior Tristan. Si vous v^talW un homme d'esprit et de rare talent, pour tromper tout le monde, comme il le fit à son collègue Bel grano, envers lequel il faussa toutes conventions, et le laissa ensuite com- promis avec le gouvernement - y nommez le senor Tristan. Si vtous voulez uti homme qui possède un y&^> tout parti- culier pour découvrir les vrais patriotes et les persécuter jusqu'au tombeau, prenez le senor Tristan. Si vous voulez ^if OI?,11 Ç qui aspire à la présidence de la république, à cause des grands services qu'il a rendus à son maître le ^^NW.^llzllul^pn ^^NW.^llzllul^pn aimable, poli et charitable, mais hypocrite par nature, prenez îe senor Tristan. Si vous voulez un homme fi- dèle et conséquent avec le roi, nommez le senor Tristan. Enfin, si vous voulez un homme dont les mains sont souillées du sang des victimes sacrifiées devant l'autel de nos anciens oppresseurs oh! alors, prenez le senor don Pio de Tristan!!! S'il y a un homme pour qui les mâ- nes de Lavih et Villonga demandent une juste punition r c'est le senor don Pio de Tristan! Si vous voulez être régis par l'ennemi le plus acharné du peuple et qui, avec sa tactique dorée, n'a jamais travaillé que contre les in- térêts de sa patrie, nommez lé célèbre don Pio! Si vous voulez un président qui surpasse en mérite tous les au- tres, mais qui recevra à bras ouverts les navires de guerre que l'Espagne enverra pour vous exterminer, oh! alors, nommez don Pio de Tristan. Électeurs! si lesPéruviehs ont versé leur, sang pour être gouvernés par des godos (cajrlistes enragés) et des lâches qui n'ont su que capitu- ler, par des monstres qui, tant de fois, ont renié la nature et l'humanité, et dont l'entêtement renie la lumière et la raison, élisez don Pio $ vous ferez plaisir â l'Espagne, à laquelle, aujourd'hui même, il fait valoir ses services, et vpus détruirez à jamais le repos et le bonheur des Pé- ruviens.

« Nous vous engageons à voter des remercîmeuts au G(oèe*de Lima, dont chaque jour les colonnes sont remplies: des éloges pompeux du très célèbre et très ho'* norabie senor don Pio de Tristan!...»

se faire nommer président. Ses projets d'ambi- tion avaient contribuéMui faire hâter soj|»k)ur> pôùr Je: moins y autant que le désir de revoirisa Mon oncle, par ses intrigues / pouvait bien rîéùssir à jse ^otoilié* des intérêts de coteries politiques; mais, d'après BeŒp^ïqm il est facile de juger qu^il tâméfcdë conquérir l'affection, d'aucune daSse df citoyens. Tous le craignaient / pat, tSéuliérenïéïït lés employas du goù vèrôemént, parce qu'il était presque tôujèïif s atf pctâWte €t t|>u^%d|(rfa le ^dëtesfâtenti Les Péruviens sont politiqûéâ en toute 'fcii^ wÊsm^ flâttéurs, lMàf tiniMât^ trohs; Degrés M*afetèfë dë&gens dl* jpà^s et la haufe influence gouvernementale de mon oncle, bïfc 4'e3^iqu^ te maison dpn Jtfstfr d^É^^, h^tq^ï iiNùiéw toi 2 lïfe^ quiet et aOairé* Je pariais peu ¥ espagnol^ mais le; comprenais très bien, b et quelques I phrasés saisies au passage nfapprirent que j'étais l r objet de toutes ces visites. Le docteur, qui était allé à la douane pour ào^smalles^ rentra et vint à moi avec un ail?! de mystère et de joie dont je ne pouvais deviner là cause?; Ab! madèmoiT iffl^itMftô.tarife basse, si vous sàWidads quel scélérat de pays nous sommes &<œs.pns du Pérou sont aussi flatteurs et aussi vils que les Mexicains^ OW cbèXel^ancei pourquoi laut??il tillon que je vais vous donner, de. ce qu'on peut attendre d'eux. J'ai l'air de ng pas diMMORprenidre l'espagnol, afin qu'ils ne se déguiskmt pas der vant moi* çb bien ^«^p^e^/^ft^/fp^ns de vous iaii^ftowle sinin^ pai 't&mà&tÈtèjfa ont de déplaire yi^f I^Ss^É^fl^ïl^MPr sèment, iouj vous., H se trajujfe i^ uja ^nenw juré de votre oncle, lequel est prêtre et député. On le considéré comme lé èhef du parti répu>- bKéàiii; il se rend à Lima, et se nomme Fran- cisco Luna Pifcàrro. Il loge chez le directeur de la douane, don Basilic), <\h*i tie sachant comment eu agir à votre égaM^ l'a/ corisùltë. Le prêtre a répondu immédiatement qu'il fallait Vous rece- voir àvèc beaucoup de distinction, èt lui-même a voulu venir vous rendre visite. Vous allez le voir paraître.: - r Effcctivemént, peu d'instants après, le fa- metts: prêtre Luna Pizàrro, petit La Mennais pé- ruvien, vint me reudré Visité avec don Basilio de la Fuénte et les notables du lieu. Après cette visite officielle '} vitfréiit éuccéssitemént les dames tTAréquipa q u * sé trouvaient à tslay pour prendre deé baiiis dé ïtiérf ensuite Se pré - séWtëréiït dès J^H^nés de c^ vées. Bon Justo nous donna un bon dîner, et, pom* ttîë fetèr* digneinéîït y iF réunitehez lui les musMèi^ im Té|^lér M'û^ haï à la modë du paysi Les danses se pi*(^g^éeùt jusqu? âpès tiÉnmt. ^ tous les - èôiivivës &è ^fussènfr rétôré^^ car je t&txâ^mâ^ fatigiifc. Enfin, je pus me coucher i ruais, llfe!

f à peiné dans mon lit, je me sentis comme dans une fourmilière de puces. Depuis mon arrivée, j'en avais été très incommodée r mais pas à <;e point. Je ne pus dormir de la nuit, et les piqû- res de ces insectes enflammèrent men sang à un tel degré, que j'en eus la fièvre. Je me levai ausssitôt que le jour parut, et sortis dans la çour pour prendre l? air. J'y trouvai le docteur qui se lavait la figure, le cou et les bras en.pos- tant contre les puces: pour toute réponse, je lui montrai mes mains qui étaient toutes cou- vertes d'ampoules» Le bon Justp fut désolé que les puces nous eussent empêchas.de dormir. Madame Justo mé dit avec embarras: — Made- moiselle, je n'ai pas osé vous parler de ce qu'il fallait faire pour qu'elles vous incommodassent moins; ce soir, je vous l'enseignerai, - Le matin, l'homme d'affaires de mon oncle y inl, me dire qu'il avait fait partir un courrier pour Camana, afin de prévenir ma faillie de mon arrivée. Il ne doutait pas que mon oncle ne m'envoyât chercher aussitôt qu'il saurait que, j'étais à ïslay, Je ' réfléchis quelques ins- tants, et, diaprés lotit ce que je savais de mon oncle, je ne pensai pja^s qiî'il fût p^uc|^^|^JaMe^ immédiatement chez lui à la campagne mç mettre en quelque sorte à sa discrétion. Jê crus qu'il Valait beaucoup miëtix me rendre direc- tement à Àréquipa, afin d'y prendre des infor- mations, d'y tâter le terrain et d'attendre là qu3 mon Oncle, abordât le premier la question d'intérêts. Je répondis à cet homme d'afiaireà que je partirais lé lendemain pour Aréquipa j me sentant trop fatiguée pour aller à Camana. Je chârgeaiie docteur de nos apprêts de voyage, afin que noué pussions nous mettre en route le lendemain au point du jour.

lie reste de là jour riée se passa à recevoir des visités d'âdiëu, a parcourir le pays; puis, le soir, je fus chez l'administrateur de ialdotiafte, qui m'avait invitée à un thé. Pour que l'hos-- pitàlilé fût plus spleiidide, il stvàit > ainsi que don Justo, réuni les musiciens et les danseurs de la bourgade, et le bal se prolongea jusqu'à une heure du matin. Afin de ne pas m'endor- mirai Vàise^^ aû café dôtit je pris pbJ- sieurs tasses; il était très bon, mais j'en fus fort agitée. Rentrée dans ma ôha'mbf^: ':> %à'dïi]â[e Justo vint mè montrer comment il fallait se garantir des puces. Elle plaça quatre ou cinq chaises à la suite les unes des autres, de telle sorte que la dernière aboutissait au lit; elle me fit déshabiller sur la première? chaise f je passai sur la seconde n'ayant plus que ma chemise, inadame Jmpo emporta toijs nies vêtements hors de la chambra en me recom- mandant de Ressuyer avec ^ne service, afin de faire tomber les puces adhérentes au coçps; ensuite j'allai de chaise en chaise jusqu'au lit w± je pris une chemise Jblançhe sur laquelle on avait jeté beaucoup d'eau de Çolpgne. Ce procédé me procura deux heures de tran- quillité; mais, après, je me sentis ass2tiUÎ| par des milliers de puces qui arrivaient à mon lit. Il faut avoir vécu dans les pays où çes^iiisçctes abondent % pour pouvoir se figurer le supplice de leurs morsures. Les douceurs qu'on en éprouve agacent les nerfs, enflamment le sang et donnent la fièvre. Le Pérou est infesté de ces insectes. Dans les rufes 4- Isiay, on le3 voit sautes- sur le sable* Il est impossible de s'en garantir totalement; mais, avec plus de propret^ dans les usages dii pays, on en serait beaucoup ï^ilis incommodé. - r A quatTO heujrès |du matin, te muletier vint prendra les je la trouvai très mauvaise, et surtout très* mal harnachée pour un si long voyage. J'en fis faire l'observation au docteur, qui s'était chargé du soin de me la procurer* en lé félicitant d'avoir été plus heureux dans le choix de sa mule, celle qu'il montait étant aussi bonne que convenable- ment harnachée, Je regardais M, de Castellac, et pensais à M. David. Ah! qu'il a bien raison, me disais-je à moi-même, voilà comme sont les hommes; tout pour eux! lé moi % rien que le moi. Si, alors, j'avais été initiée plus avant dans la connaissance du monde, l'aurais dit à ce bon docteur qui f W^ÊÈMsM ITiotérêt à moi: Docteur, je ne partirai pas que vous ne m'ayez trouvé une bonne mule et une selle commode. Il se fut procuré l'une et l'autre % c^r il pen- sait que je pourrais lui être utile. Mais il m'as- sura qu ayant cherché par tout le pays, il n'avait pu découvrir rien de mieux. Je le crus: je n'au- rais jamais pu imaginer alors qu'un homme auquel m ivimmd^ rmàré^^pi^ seùmms^ut foule mmim%& le$ ^dbgeis dont^il $'est^paréî Don Justo me prêta un tapis IÉmt ^ni<»^it^^^te cdtissiiïEem^^ daas le pays, se nomme torche. Je m'arrangeai de mon mieux. Toutes les personnes, autour de nous, me disaient que Je faisais une imprudence: de partir aussi mal mohtéé; que, le voyage étant longet pénible, il Valait mieux le retarder que le faine avec cette monture. Mais la jeunesse est codante en elle-même y et ses désirs accueillent rarement les délais. Je nie rëposais sur ma force morale, sur cette volonté qui mm a jamais tra- hie î je ne tins aucune compté dés prières dix bon Justo ni de celles de sa femme et de sa fille, qui me répétaient qu elles avaient failli succomber Mafat^t^ Je partis: c'était le II 1 Septembre 1833, à cinq heures du matin. r kb ■. - m: un, >-...me troutais passablement sur ma ïnule. he café que j'a- va^ibu ami donnait une! force factice, je me s^làisi infatigahle et très satisfaiÉei d& parti que j'avais pris. A peine eûmes^nousl quitté te hauteur d'Islay pohr Inôusi enfoncer dans les iuMfe$mï que nous f$mds rejoints par deux i^teuilte ^taie^ouèin^ dm f #«iinistrateiir de îa^iouane dïsla^ tha^ W F^tèlÉ^ tha^ W F^tèlÉ^ mandant si je Voulais les accepter pour compa- gnons de route? Je les remerciai de leur galan- terie, et fus charmée île l'heureuse rencontre > éar le courage d& 3Vf: dé Castellac ne nie laissait pas sans quelques! inquiétude^ Le docteur, ha-> bitué à voyjagér <Jân& le Mexique, où fes roules sont infestées dé brigands y craignit qu'il Mm fut de même dans-le Pérou» 11 s était armé ide pied en cape / quoique la Bravoure ne fui fias son: fort mais c! étaitpour effrayer lë$ brigand^ et non dans Finttentiont de se servir de sësîarme^ i il espérait leur être iïm époiï^ajail^ei >wp: we& semblait pas mal, èms mk aecoutreinen|p a don Qaîete)ttè > sàns prétendre Se moins du liïonde à l'héroïque valeur de ce noble cbévaMeit Ièpom tait à sa: ceinture une paire de pistolets ji çar dessusy itai ceiiituiKm m sabre de lancier, dé plus un baudrier?aûqtel était attaché un couteau de ctefôsg^ ênfinpIdfeuK gros pistolets à l'araon desaselle. Gesa^ militaires contrastaient; de la manière la plus burlesque avec sa chétive personne effisa |©il0tte plus que mesquine. Le docteur avait une culotte de peau doirtil s^était servi pour k>n voyâgeidâ Mexique, ç bottes à revers n veé lie feàg$iépèè tom v^n&nfc aussi du Mexique, une pétiteimsté de chasse en drap vert, A juste, si râpée, qu'ofi craignait de la voir éclater sur llii^Sa tête était couverte d'une «k||tlfc4s Rgi^e, ^t,j par dessus^ d'un énorme chapeau de paille. A tout cela \ il faut ajouter l^cqompsgnempnt de? Mi- niers, des loutçilles sur le devant de sa muïe % et, sûr la croupe, des couvertures, des tapis, des: foulards, des manteaux,; «en un mot, dçtQUf; le bataelap d un horiune qui, habitué à voyager dans le désert, craint 4e manquer if à moi, ^ignorais ce que sont cfe tels voyages, ef j 'étais partie cqmme je le ferais de f$p$ fçur aller à Orléans. J avais des brodequins eii e0?tjl gris^, un peignoir àa toile;$ran&£^ # soie, dans la poche duquel $Uiieiit mjojl ^î?#u etmonraouchoiiif des jstrbrfes et quelque peu de végé^iopkll; y avait cinq ou six cabanes habitées pa^T àm^i^r tierç. Ces messieurs de la Fuente Mr^m^ymr sation ai^ecimoi * et me parlèrent de 1 -éloiiinenwent pouvait s attendre; mon oncte n'ayant jamais fait mention de moi; ils vinrent ensuite à causer de ma bonne maman, et> ne pouvant se douter du # mal qu'ils me faisaient / ils déploraient la perte que j'avais faite dans cette res^ aussi généreuse quç juste. Je ne parlais jamais de ce cruel évènemétit depuis que j'en avais été in- formée; à Valparaieô, ces messieurs évitaient avec soin tout ce qui aurait pu y reporter ma pensée: le docteur avait lâ même attention $ â ïslay personne ne m'en avait dit un mot. Mais il y a par tout pays beaucoup de gens tfuxqueïè 3^ désir dé causer fait oublier les comèt^cmiïM que don Balthazar et son cousin me direntsu^ ina graioTmère réveilla 'toutes nies driuleuï^ mi m'attendrit à un tel point que je ne pus pp re-t tenir mes larmes. Quand ces ifte^miim ^ l'effet de leurs pai&tes / ïjsi^ mer en changeant le de %; mais ils avaient excité ma seiasiMIité^ et Je l'es-r sentis un besoin impérieux de pleurer^ Je les laissais cheminer devant ayèc le docteiu^ -M > marchant à Técart j je donnais un libmjcoûwà mes larmes* ^ ■:? <v-*v> t h i'jivn b&b l^^M'^p, ' I/étâtxians lequel je me trouvais tient à mon organisation lier yeùse. Après de gra^d^/lâfî^ gues, j'ai toujours ressenti les mêniesjeffet^. Les deuxjoups que je venaisf4ç j$$5£r à,Ji^ r ^^. vaient excessivement fatipiéç: l'émotion de me voir sur ce sol après tant de peiiaesj^ tei^œ * la ^ langue que je connaissais, mais r rffy ais pas dans l'habitude de parler, la, mfl^W^ visites quHt m'avait fallu recevoir, les nuit? fié- vreuses causées par les maudites puces, la quaii- Uté de café que j'avais prise, tout cela avait sftr excité m* moi Jte système nerveux de la mar lie? sp$ * mençait à jJey^if extrême; la poussière blanch?

rilôn knal dé télé / tant ce vin est fort et capiteux. Ehfra ilôûs sortîmes dë éës gorges éteuiïaiites diiti^îeyqtteHés je n ai jàniais senti le plus léger s<iftfflëdti zéphyr* ét oùîih solëil àrëéiït <&hâUtfe îë âablë ^oiimë dàûs taftë fôïirhiBtiàë. Nous |*rà^ finies la dernière montagne; arrivés à son som- metf llmmëMiédtt désért, là chaîne dët Cor- diiivèrës étîesi trois gi^tn^s^ûèé'vdlcans d^Â- rëpipâ se décbùvrtreiïtà iios f égards¥ Alavue de cè magnifique s^ciaëiê,Jepèr11is^^ dé mes souÇfrancés; je ne vivais que pour ad- mirer, ou /plutôt ma vie lié' suffisait pa* a niott admiration. Étai^ce^ célëéfe voir inè(j&^