SigPhi · Georges Sorel

Réflexions sur la violence

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On assure que cette politique d’extrême prudence est fondée sur les plus hautes considérations de philosophie scientifique. Le public catholique est presque toujours fort en retard sur le public profane; il adopte, comme des nouveautés très importantes, des modes qui commencent à passer; le clergé est ainsi devenu, depuis quelques années, prodigieusement passionné pour la Science, au point qu’il pourrait en remontrer à M. Homais lui-même. La partie du clergé, qui se pique d’être à la hauteur des difficultés actuelles, a découvert le transformisme et aime à s’enivrer de discours sur le développement; mais il y a bien des manières d’entendre ces mots; 11 n’est pas douteux que pour les abbés modernes, plus ou moins traités de modernisme, évolution, adaptation et relativité correspondent à un même courant d’idées. En se proclamant transformistes, les catholiques veulent combattre l’ancien fanatisme pour la vérité, se contenter des théories les plus commodes, et n’avoir sur toutes choses que des opinions propres à leur concilier la faveur des gens indifférents en matière religieuse. Ce sont des pragmatistes d’un genre assez bas.

Il existe une bien grande différence entre la doctrine de l’harmonie et les bafouillages transformistes qui plaisent tellement aux catholiques actuels. La première convenait à une Église active, puissante, toute pleine de l’idée d’absolu, qui condescendait souvent à limiter ses exigences pour ne pas trop gêner le fonctionnement de l’État, mais qui lui imposait, aussi souvent qu’elle pouvait, l’obligation de reconnaître les droits infinis qu’elle tenait de Dieu. Le second système convient à des gens dont la faiblesse a été éprouvée par de nombreuses défaites, qui vivent toujours dans la crainte de recevoir de nouveaux coups, et qui s’estiment trop heureux quand ils obtiennent un délai suffisant pour pouvoir contracter des habitudes conformes aux exigences des maîtres. Cette tactique si savante n’a pas fort réussi à l’Église; Léon XIII a été souvent célébré par les républicains et traité par eux de grand pape parce qu’il conseillait aux catholiques de se soumettre aux nécessités du temps; le couronnement de sa politique fut la dissolution des ordres religieux; Drumont a pu le rendre, plusieurs fois, responsable des désastres qui ont accablé l’Église de France (p. ex. Libre parole, 30 mars 1003); mais on pouvait dire aussi que les catholiques recueillirent les fruits amers de leur lâcheté et que jamais malheurs ne furent mieux mérités que les leurs. Une telle expérience ne doit pas être perdue pour les syndicalistes, auxquels on conseille si souvent d’abandonner l’absolu pour se confiner dans une politique sage, savante et toute préoccupée des résultats immédiats; les syndicalistes ne veulent pas s’adapter et ils ont certainement raison, puisqu’ils ont le courage de subir les inconvénients de la lutte.

Il ne manque pas de catholiques pour estimer que la paix pourrait être obtenue dans la société contemporaine sans se soumettre à l’adaptation et sans chercher à réaliser l’harmonie impossible des anciens théologiens. Les difficultés que présente la coexistence des deux pouvoirs pourraient être réduites, en effet, à presque rien, le jour où le nombre des matières mixtes sur lesquelles s’exerçait jadis la compétition des deux souverainetés, aurait encore un peu diminué.

Dans les temps barbares l’extension démesurée des juridictions ecclésiastiques avait pu être bienfaisante, alors qu’il n’existait pas encore de tribunaux sérieusement organisés; ce régime devait disparaître au fur et à mesure que l’État remplirait plus complètement ses fonctions; les institutions laïques ont été, à juste titre, préférées parce qu’elles ont été mieux appropriées à l’économie: nul ne songe plus, par exemple, à traiter les testaments comme des actes religieux: depuis des siècles, on a cessé de compléter les contrats par des serments promissoires dont les officialités examinaient les conséquences; les clercs ont fini par être jugés comme les autres citoyens. Bien que les théologiens continuent à affirmer, avec la même force qu’autrefois, que l’Église peut seule créer de vrais mariages, la constitution de la famille lui échappe de la manière la plus complète; le clergé ne parvient même plus à restreindre un peu efficacement la considération dont jouissent dans le monde, les gens qui se sont mariés civilement après divorce. Les richesses qui avaient été accumulées par les générations antérieures pour subvenir aux œuvres d’assistance catholique, ont été confisquées et ces œuvres ont été, en grande partie, laïcisées.

Les prescriptions fondamentales en vue desquelles a été instituée la monarchie religieuse, seraient, suivant l’opinion de beaucoup de personnes, fidèlement exécutées si l’Église se contentait de gouverner le culte public, les écoles d’enseignement théologique et les instituts monastiques; — au cas où le droit commun serait suffisamrnent pénétré de l’idée de liberté, il pourrait suffire pour permettre au catholicisme d’accomplir cette mission; — une entente ne serait plus nécessaire entre les chefs du pouvoir spirituel et ceux du pouvoir temporel; au lieu de l’harmonie qui ne fut qu'un rêve de théoriciens, régnerait la plus parfaite indifférence.

On ne pourrait pas dire que l’État ignorerait complètement l’Église; car le premier devoir du législateur est de bien connaître les conditions dans lesquelles chacune des personnes juridiques développe son activité; il faudrait donc que les lois fussent rédigées de manière à ne pas entraver la libre expansion de l’Église.

Ce régime d’indifférence ne serait pas sans analogie avec celui que connut le judaïsme après la destruction du royaume de Juda. Les Juifs voulurent restaurer Jérusalem, mais uniquement pour en faire une sorte de grand couvent consacré aux rites du Temple; parlant de l’administration de Néhémie, Renan écrit: « C’est une Église qui se fonde ce jour-là à Jérusalem et non pas une cité. Une foule qu’on amuse avec des fêtes, des notables dont on flatte la vanité par des honneurs de processions, ne sont pas les éléments d’une patrie: l’aristocratie militaire est nécessaire. Le Juif ne sera pas un citoyen; il demeurera dans les villes des autres. Mais, hâtons-nous de le dire, il y a dans le monde autre chose que la patrie. » C’est précisément lorsqu’ils n’eurent plus de patrie que les Juifs arrivèrent à donner à leur religion une existence définitive; pendant le temps de l’indépendance nationale, ils avaient été très portés à un syncrétisme odieux aux prophètes; ils devinrent fanatiquement adorateurs de Iahvé quand ils furent soumis aux païens. Le développement du code sacerdotal, les Psaumes dont l’importance théologique devait être si grande, le Second-Isaïe sont de cette époque. Ainsi la vie religieuse la plus intense peut exister dans une Église qui vit sous le régime de l’indifférence.

L’analogie que je propose ici, est particulièrement frappante pour le catholicisme qui existe dans les pays protestants. Sa hiérarchie, ses professeurs et ses couvents sont bien peu encombrants; il est quelque chose d’aussi minime qu’était le judaïsme dans le monde persan. Il en est bien autrement pour le catholicisme français, dont les chefs ont été, jusqu’à ces derniers temps, mêlés à trop d’affaires pour qu’ils puissent accepter facilement la transformation de leur activité suivant le plan que j’ai indiqué plus haut. Le droit d’ouvrir des maisons d’enseignement leur parait surtout important à maintenir; ils sont persuadés, en effet, qu’écoles primaires et collèges doivent être dirigés de manière à faire pénétrer dans toute l’instruction des fidèles des formules théologiques, qu’ils jugent propres à assurer la direction des âmes au clergé; de là résulte une ardente compétition entre l’Église et l’État.

Depuis une trentaine d’années, le gouvernement républicain est poussé par une sorte d’Anti-église, qui suit une politique ordinairement sournoise, parfois brutale et toujours fanatique en vue de ruiner les croyances chrétiennes en France. Cette Anti-église, aujourd’hui triomphante, veut profiter des succès inespérés qu’elle a obtenus depuis la révolution dreyfusienne; elle estime que le régime de l’indifférence serait une duperie tant que l’Église a encore une notable influence; sa grande préoccupation est de supprimer radicalement tout clergé régulier, ses chefs estimant, avec raison, que le clergé séculier ne saurait suffire pour maintenir le catholicisme.

V La situation actuelle du catholicisme en France offre d’assez remarquables ressemblances avec celle du prolétariat engagé dans la lutte de classe pour que les syndicalistes aient un réel intérêt à suivre attentivement l’histoire ecclésiastique contemporaine. De même que dans le monde ouvrier on rencontre nombre de réformistes qui se regardent comme étant de grands savants en science sociale, le monde catholique abonde en hommes pleins de mesure, à ce qu’assurent leurs amis, très au courant du savoir moderne, connaissant les besoins de leur siècle, qui rêvent paix religieuse, unité morale de la nation, compromis avec l’ennemi. L’Église n’a pas les mêmes facilités que les syndicats pour écarter les mauvais conseillers.

Renan a fait remarquer que la recrudescence des persécutions romaines provoquait une recrudescence des idées sur l’apparition de l’Antéchrist, et par suite de toutes les espérances apocalyptiques relatives au règne du Christ; on peut donc comparer ces persécutions aux grandes grèves violentes qui donnent une si extraordinaire importance aux conceptions catastrophiques. Nous ne verrons plus de notre temps les atrocités qui furent commises durant les premiers siècles de notre ère; mais Renan a, très justement encore, regardé les monastères comme propres à remplacer le martyre, Il n’est pas douteux que certains ordres religieux ont été de très efficaces éducateurs d’héroïsme; malheureusement, depuis nombre d’années les instituts monastiques semblent avoir fait de sérieux efforts, pour prendre l’esprit séculier, en vue de mieux réussir auprès des gens du monde. Il résulte de cette nouvelle situation que l’Église manque aujourd’hui des conditions qui ont si longtemps provoqué l’apparition, soutenu l’énergie et popularisé la direction de chefs héroïques; les conciliateurs n’ont plus à beaucoup craindre les gêneurs.

Les gens sages du catholicisme, comme les gens sages du monde ouvrier, estiment que, pour améliorer une situation difficile, la meilleure méthode à suivre consiste à se concilier la faveur des puissances politiques; les collèges ecclésiastiques ont beaucoup contribué à développer dans leur clientèle cet esprit d’intrigue. L’Église a été fort surprise lorsqu’elle a expérimenté à ses dépens la valeur de cette sagesse; le parlement a voté contre elle beaucoup de lois qui évidemment lui étaient dictées par la franc-maçonnerie; des jugements fondés sur des considérants bizarres ont été multipliés contre les congrégations; le public a accueilli, avec une extrême indifférence, les mesures les plus arbitraires; tous les recours ont été ainsi fermés contre l’activité de l’Anti-église Les catholiques ont été heureux d’entendre quelques voix éloquentes flétrir les lois injustes; mais leur indignation s’est écoulée en littérature; la seule résolution héroïque qu’ils aient été capables de prendre, a été celle de racoler quelques votes en faveur des Sganaralles qui représentent la religion d’une façon si comique au parlement.

La pratique des grèves a conduit les ouvriers à des pensées plus viriles: ils ne respectent guère toutes les feuilles de papier sur lesquelles des législateurs imbéciles inscrivent des formules mirifiques, destinées à assurer la paix sociale; aux discussions des lois, ils substituent des actes de guerre; ils ne permettent plus aux députés socialistes de venir leur donner des conseils; les réformistes sont, presque toujours, obligés de se terrer pendant que les énergiques travaillent à imposer leur volonté victorieuse aux patrons.

Beaucoup de personnes estiment que, si les syndicats étaient assez riches pour pouvoir s’occuper largement d’œuvres d’aide mutuelle, leur esprit changerait; la majorité des syndiqués aurait peur de voir les caisses sociales compromises par des condamnations pécuniaires prononcées à la suite d’actes trop peu légaux des révolutionnaires; la tactique de ruse s’imposerait ainsi et la direction devrait passer aux mains de ces roublards avec lesquels des hommes d’État républicains peuvent toujours s’entendre. Le clergé est tenu par d’autres préoccupations économiques; il a pu, sans trop grand dommage pour lui, abandonner les biens des fabriques, parce que la générosité des fidèles peut lui permettre de vivre au jour le jour; mais il a peur de ne pouvoir continuer à célébrer le culte avec le matériel pompeux dont il a l’habitude de se servir; n’ayant pas un droit bien clair sur les églises, il ne saurait garantir aux personnes pieuses que leurs dons seront toujours affectés à accroître la splendeur du culte. C’est pour cette raison que des catholiques intrigants ne cessent de proposer à la papauté des plans de conciliation.

Les réunions d'évêques tenues après le vote de la loi de Séparation, montrèrent que le parti modéré l’aurait emporté dans l’Église de France si le régime parlementaire avait pu fonctionner. Les prélats n’étaient pas avares de solennelles déclarations affirmant les droits absolus de la monarchie religieuse; mais ils désiraient beaucoup ne pas créer d’embarras à Aristide Briand; bien des faits permettent de penser que le parlementarisme épiscopal aurait même eu pour résultat de donner aux ministres de la République, sous le régime de la Séparation, plus d’influence sur l’Église que n’en avaient eu jamais les ministres de Napoléon III. La papauté finit par adopter le seul parti raisonnable qu’elle put prendre; elle supprima les assemblées générales, afin que les énergiques ne fussent pas entravés par les habiles; plus tard les catholiques français béniront Pie X qui a sauvé l’honneur de leur Église.

Cette expérience du parlementarisme est bonne à étudier; les syndicats doivent, eux aussi, redouter les grandes assises solennelles, dans lesquelles il est si facile au gouvernement d’empêcher toute résolution virile d’aboutir; on ne fait pas la guerre sous la direction d’assemblées parlantes.

Le catholicisme a toujours réservé les fonctions de lutte à des corps peu nombreux, dont les membres avaient été sévèrement sélectionnés, grâce à des épreuves destinées à vérifier leur vocation; le clergé régulier pratique ainsi cette règle, trop souvent oubliée par les écrivains révolutionnaires, qu’un chef trade-unioniste énonçait un jour devant de Rousiers: On s’affaiblit en assimilant des éléments faibles ». C’est avec des troupes d’élite parfaitement entraînées grâce à la vie monastique, prêtes à affronter tous les obstacles et pleines d’une confiance absolue dans la victoire, que le catholicisme a pu, jusqu’ici, triompher de ses ennemis. Chaque fois qu’un péril redoutable est né pour l’Église, des hommes particulièrement aptes, comme les grands capitaines, à discerner les points faibles de l’armée adverse, ont créé des ordres religieux nouveaux, appropriés à la tactique qui convenait à la nouvelle guerre. Si aujourd’hui la tradition religieuse parait si menacée, c’est qu’il ne s’est point organisé d’instituts propres à mener le combat contre l’Anti-église; les fidèles conservent peut-être encore beaucoup de piété; mais ils forment une masse inerte.

Il serait extrêmement dangereux pour le prolétariat de ne point pratiquer une division de fonctions qui a si bien réussi au catholicisme durant sa longue histoire; il ne serait plus qu’une masse inerte destinée à tomber, comme la démocratie, sous la direction de politiciens qui vivent de la subordination de leurs électeurs; les syndicats doivent moins chercher le très grand nombre des adhérents que le groupement des éléments forts; les grèves révolutionnaires sont excellentes pour opérer une sélection, en éloignant les pacifiques qui ruineraient des troupes d’élites.

Cette division des fonctions a permis au catholicisme de présenter toutes les nuances: depuis les groupes dont la vie est comme noyée dans l’unité générale, jusqu’aux réguliers qui sont voués à l’absolu. Le catholicisme se trouve, en raison de ses spécialisations religieuses, dans de bien meilleures conditions que le protestantisme: un vrai chrétien, suivant les principes de la Réforme, devrait pouvoir passer, à volonté, du type économique au type monacal; cette alternance est beaucoup plus difficile à obtenir d’un individu que l’exacte discipline d’un ordre monastique. Renan a comparé les petites congrégations anglo-saxonnes aux couvents; ces groupes nous montrent que le principe de la Réforme est applicable pour des natures exceptionnelles; mais l’action de ces sociétés est généralement moins féconde que celle du clergé régulier, parce qu’elle est moins soutenue par le grand public chrétien. On a souvent fait observer que l’Église adopta, avec une extrême facilité, les nouveaux systèmes qui furent mis en pratique, par des fondateurs d’ordres, en vue d’assurer la vie spirituelle; par contre, les pasteurs protestants ont été, presque toujours, fort hostiles aux sectes; c’est ainsi que l’anglicanisme a beaucoup à se repentir d’avoir laissé échapper les méthodisme à son contrôle.

La majorité des catholiques a pu ainsi demeurer étrangère à la poursuite de l’absolu et cependant collaborer très efficacement à l’œuvre de ceux qui, par le combat, entretenaient ou perfectionnaient les doctrines; l’élite qui donnait l’assaut aux positions ennemies, recevait des concours matériels et moraux de la masse qui voyait en elle la réalité du christianisme. Suivant les points de vue auxquels on se placera, on aura le droit de considérer la société comme une unité ou comme une multiplicité de forces antagonistes: il y a une approximation d’uniformité économico-juridique généralement assez développée pour qu’on puisse dans un très grand nombre de cas, ne pas se préoccuper de l’absolu religieux qui est représenté dans l’Eglise; d’autre part il y a beaucoup de questions très importantes qu’on ne saurait comprendre sans se représenter l’activité des institutions de combat comme prépondérante.

Des observations assez analogues peuvent être faites à propos des organisations ouvrières; elles semblent devoir se diversifier à l’infini, au fur et à mesure que le prolétariat se sentira davantage capable de faire figure dans le monde; les partis socialistes se croient chargés de fournir des idées à ces organisations, de les conseiller et de les grouper en une unité de classe, en même temps que leur action parlementaire établirait un lien entre le mouvement ouvrier et la bourgeoisie; et on sait que les partis socialistes ont emprunté à la démocratie son grand amour de l’unité. Pour bien comprendre la réalité du mouvement révolutionnaire, il faut se placer à un point de vue diamétralement opposé à celui auquel se placent les politiciens. Un grand nombre d’organisations sont mêlées, d’une manière plus ou moins intime à la vie économico-juridique de l’ensemble de la société, en sorte que ce qu’il faut d’unité dans une société se produit automatiquement; d’autres, moins nombreuses et bien sélectionnées, mènent la lutte de classe; ce sont celles-ci qui entraînent la pensée prolétarienne, en créant l’unité idéologique dont le prolétariat a besoin pour accomplir son œuvre révolutionnaire; — et les conducteurs ne demandent aucune récompense, bien différents en cela, comme en tant d’autres choses, des Intellectuels, qui prétendent se faire entretenir dans une vie joyeuse par les pauvres diables devant lesquels ils consentent à pérorer.

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