1 Pour iu^6>lkJ|, je lis iyyfeUaJf sur * A l'inspection de la carte on voit que, l'autorité du dictionnaire géographique pour <J, il faut lire £y le Merachd el-Ittilâ. 5 L'autre partie de la province de Fer- 1 Pour \ôjs> lisez IjJb j. ghana occupe l'angle sud-est de la hui- 3 Pour JJ^? il faut probablement lire tième section.
Deux de nos manuscrits offrent la, 6 Pour iakjz, lisez hkjç,.
leçon Dans l'édition de Boulac, le mot 7 Variante: Djtraghoun, est omis.
rivière de Chach, passe dans la neuvième section de ce climat et suit le contour du territoire de Chach. Ensuite elle décrit une courbe dans la même section, se dirige vers le sud en suivant encore les contours de Chach et de Ferghana, et pénètre dans le troisième cli- mat. Au milieu de la (huitième) section, entre la rivière de Chach et le flanc de la montagne se trouve le pays de Farab, qui est séparé des contrées de Bokhara et de Kharizm par. des déserts inhabités. P. 129. A l'angle nord-est de la même section est situé le pays de Khodjenda, qui renferme les territoires d'Isfîdjab et de Taraz.
Après Ferghana et Chach on trouve, dans la neuvième section de ce climat, au sud de sa partie occidentale, la contrée des Khar- lokh. Dans la partie septentrionale est la contrée des Kholkhiya. La partie orientale de cette section, jusqu'à son extrémité, est occupée par le territoire des Keïmak, qui s'étend à travers toute la dixième section jusqu'à la montagne de Coucaïa 1. Cette chaîne forme la li- mite orientale de la (dixième) section et domine une partie de la mer Environnante: c'est la montagne de Yadjoudj et Madjoudj (Gog - et Magog). Les peuples que nous venons de nommer forment au- tant de branches de la race turque.
LE CINQUIÈME CLIMAT.
La première section de ce climat est occupée par les eaux de la mer, à l'exception d'une petite partie, du côté du sud et du côté de l'est. En effet la mer Environnante a, du côté de l'occident, péné- tré dans les climats cinquième, sixième et septième, en s'écartant du cercle qu'elle décrit autour de la terre 2. La portion de la terre qui reste à découvert dans cette section est dans la partie sud, et forme un triangle uni (par sa base) à l'Espagne. Ce coin de terre, 1 Le mot Coucaïa paraît être une allé- barrière du Derbend, sur le bord de Ja ration de Caucase. Les Arabes plaçaient mer Caspienne. avec la grande muraille celte montagne à l'extrémité nord-est de de la Chine, la terre habitable, tout à^fait au nord de a Le texte porte: « du climat. » la Chine. Ils paraissent avoir confondu la 150 PROLÉGOMÈNES étant entouré par la nier, représente les deux côtes dun triangle et l'angle intermédiaire. Vers la limite sud-ouest de la section, cette partie de l'Espagne occidentale 1 renferme Monte-Mayor 2, située sur le bord de la mer, puis Chalamanka (Salamanque), qui est plus à l'orient, et, au nord (de cette ville), Semmoura (Zamora). A l'orient de Salamanque, et sur la limite méridionale de la section, s'élève Àbla 3, et plus à l'est s'étend le pays de Cacbtala (Castille). Cette con- trée renferme la ville de Ghegoubiya (Ségovie); au nord sont le ter- ritoire de Léon et la ville de Borgocht (Burgos). Derrière ces pays, du côté du nord, la contrée des DjHlikiya (la Galice) s'étend jusqu'à l'angle formé par cette partie du pays. Sur la mer Environnante, à l'extrémité du côté occidental du triangle; on trouve la ville de Chant* Yacoub (Santiago). Ce nom est le même que notre Yâcoub (Jacques) 4. La section qui nous occupe renferme aussi plusieurs localités de l'Es- pagne orientale, telles que Totîla (Tudèle), située sur sa limite méri- dionale et à l'orient de la Castille. Au nord-est de ce pays se trouve Ouechca (Huesca), puis Banbelouna (Pampelune), située dans la partie nord-est (de cette section). A l'occident de Pampelune on trouve Castîla (Estella), puis Nadjera 5 (Najera, Naxera), située entre cette ville et Burgos. Une grande chaîne de montagnes traverse cette région, parallèlement à la mer, dont elle s'éloigne très-peu, et en suivant le côté nord-est du triangle. A l'extrémité orientale (de la mer), dans le voisinage de Pampelune, cette montagne se relie à une autre 6, qui, ainsi que nous l'avons dit plus haut, touche par son extrémité méridionale à la mer Romaine, dans le quatrième climat, et qui, * Située à l'embouchure de la rivière de Coïmbre, auprès du cap Mondego.
3 A cinq lieues sud-est de Salamanca est située Alba deTormes. C'est peut-être la ville qu'Idrîci désigne par le nom XAlba.
* Dans le mot Chant- Yacoub,\a seconde lettre de Yacoub est un aie/; mais dans Yâcoub, nom très-usité chez les Arabes, la seconde lettre est un aïn.
6 Pour ôjaAj, lisez o 1 11 s'agit des Pyrénées. — Dans le texte arabe il faut sans doute insérer le mot Jxil entre ^ysJI et (joli, bien qu'il manque dans les manuscrits et dans l'édi- tion de Boulac.
D'IBN KHALDOUN. 151 du côté de l'orient 1, sert de limite à l'Espagne. Ses défilés forment autant de portes par lesquelles on peut entrer dans le pays des Gascons, peuple compris dans la nation des Francs. De cette partie (de l'Espagne), la portion contenue dans le quatrième climat ren- ferme Barcelone et Narbonne, situées sur le rivage de la mer Ro- maine; puis Djeronda (Gironne) et Carcassonne, placées plus loin, vers le nord. La partie qui tombe dans le cinquième climat renferme Toulocha (Toulouse), qui est au nord de Djeronda.
La portion orientale de (la première) section comprend un segment de terrain que les eaux ont laissé à découvert et qui a la forme d'un triangle allongé, dont l'angle aigu' est situé derrière les Ports (les Pyrénées). À l'extrémité de ce segment, auprès des Ports et' sur le bord de la mer Environnante, on trouve la ville de Baïouna (Bayonne). A l'autre extrémité, au nord-est de la section, est le pays des Bîthou (Poitou), peuple franc. Cette contrée s'étend jusqu'à la fin de la section.
Dans la partie occidentale de la seconde section est situé le pays de la Ghachkouniya (Gascogne), au nord duquel se trouvent le Poitou et Burgos (Bourges), contrées dont nous avons fait mention 2. A l'orient de la Gascogne est un golfe de la mer Romaine qui pénètre dans cette section sous la forme d'une dent 3 (le golfe de Lyon) en incli- nant un peu vers l'est. Aussi la Gascogne, située à l'ouest de ce golfe, forme-t-elle un isthme qui s'avance dans la mer. A l'extrémité sep- tentrionale de cette portion de mer est le territoire de Djenoua (Genova, Gênes), et sur la même ligne, vers le nord, la montagne de Mont-Djoun (les Alpes). Encore plus au nord, et dans la même direction, est le pays de Borghouna (la Bourgogne). A l'orient du golfe de Gènes, celui qui sort de la mer Romaine, s'en trouve un autre qui sort aussi de cette mer 4, et entre les deux est un pro- 3 Sur la carte, ce golfe a une forme ovale, telle que la surface supérieure d'une dent molaire.
* L'auteur veut parler de l'Adriatique.
* Noire auteur aura confondu Burgos, ville dont il a fait mention dans la page précédente, avec Bourges.
152 PROLÉGOMÈNES montoire qui s'avance dans la mer 1. Sur la partie occidentale de ce promontoire s'élève Bîcha (Pise); plus à l'orient est Roumat el-Ad- hîma (Rome la grande), siège de l'empire des Francs et résidence du Pape, patriarche suprême de ces peuples. Elle renferme, ainsi que tout le monde le sait, des édifices immenses, des monuments imposants et des églises antiques. Parmi ses merveilles, on compte la rivière qui la traverse d'orient en occident, et dont le fond est pavé en lames de cuivre 2. On voit dans cette ville une église con- sacrée aux deux apôtres Pierre et Paul, qui y ont leur sépulture. Au nord des Etats romains est le pays d'Anberdiya (Lombardie), qui s'étend jusqu'à l'extrémité de la section. Sur le rivage oriental du golfe de la mer auprès duquel Rome est située, s'élève la ville de Nabel (Naples), qui touche aux confins de Killauriya (Calabre), l'un des Etats francs. Au nord s'étend une partie du golfe de Venise, qui sort du côté occidental de la troisième section pour entrer dans celle-ci. Ce golfe se dirige parallèlement au bord septentrional de la deuxième section et s'arrête au tiers de la longueur de pette section. La plupart des Etats vénitiens sont situés sur ses rivages méridio- naux 3, entre ce golfe et la mer Environnante (la mer Romaine). Au nord, dans le sixième climat, est la province d'Ankelaiya (Aquilée).
Dans la troisième section de ce climat, du côté de l'occident, la province de la Calabre s'étend entre le golfe de Venise et la mer Ro- maine. Une partie de son territoire passe dans le quatrième climat et s'avance, sous la forme d'un promontoire, entre deux golfes formés par la mer Romaine et se dirigeant vers le nord, pour entrer dans cette section 4. A l'orient de la Calabre est située l'Ankebarda 5, pénin- sule qui s'étend entre le golfe de Venise et la mer Romaine. Un cap, 1 Ce promontoire t c est l'Italie. Sur la carte cTIdrîci il se dirige vers Test.
3 Voy. la traduction française de la Géographie d'ïdrici, t. H, page a5i, et YAbotïlféda de M. Reinaud, t. II t p. 3io.
* C'est-à-dire ses rivages occidentaux.
4 Le promontoire, c'est la Calabre, si- tuée entre le golfe de Tarente et la mer Tyrrhénienne.
5 • Ankebarda signifie la Lombardie. Ici, l'auteur désigne parce terme la Basilicate, la terre de Bari et celle d'Otranle.
D'IBN KHALDOUN. 153 que cette péninsule envoie dans le quatrième climat et dans la mer Romaine, est borné, du côté de l'orient, par le golfe de Venise, qui, se détachant de cette mer, se dirige d'abord vers le nord, puis vers le couchant, avec une direction parallèle à la limite septentrionale de la section. Une vaste chaîne de montagnes sort du quatrième cli- mat et se dirige de la même manière: d'abord elle suit la direction de la mer, qui se porte vers le nord, ensuite elle se tourne vers l'occident ainsi que la mer, entre dans le sixième climat et va s'arrêter, vis-à-vis et au nord du golfe, dans le territoire des Ankelaîa (Aquilée), peuple allemand 1, ainsi que nous le dirons. Tant que cette mer et la chaîne de montagnes se dirigent vers le nord, il règne, entre les deux et sur le bord du golfe, une étendue de pays qui fait partie des Etats vénitiens 2. A l'endroit où le golfe et la montagne se tournent vers l'ouest, ils renferment la province de Djerouacïa 3; puis la contrée des Al-Lemanïîn (Allemands), située à l'extrémité de ce bras de mer.
La quatrième section de ce climat renferme une portion de 4 la P. i33. mer Romaine qui vient du quatrième climat. Toute la côte est dé- coupée par des bras de mer qui se dirigent vers le nord. Ces golfes sont séparés les uns des autres par des promontoires qui s'avancent du continent. Vers l'extrémité orientale de la section se trouve le canal de Constantinople, qui, se détachant de cette portion de la mer Romaine qui se trouve au midi, coule vers le nord en ligne di- recte. A peine entré dans le sixième climaj, il se tourne vers l'est, pour aller joindre, dans la cinquième section, la mer de Nîtoch 5, qui occupe, de plus, une partie de la quatrième section et de la sixième. Nous en parlerons plus loin. La ville d'El-Costantîniya (Constantinople) est à l'orient 6 de ce canal, sur la limite septen- trionale de la quatième section. Cette grande ville, jadis la capitale 1 En arabe, Aî-Lemanîin. * L'Albanie et la Dalmatie.
3 Ce nom doit se prononcer Guerouacîa, car il s'agit de la Croatie.
4 Pour, lisez Prolégomènes.
s La mer Noire.
6 Si Tauleur avait examiné la carte d'idrîei avec plus d'attention, il aurait vu que Constantinople est placée sur le bord occidental du canal.
20 154 PROLÉGOMÈNES des Césars, renferme des restes d'anciens monuments et d'édifices énormes qui ont donné lieu à beaucoup de récits. La partie de cette section qui se trouve entre la mer Romaine et le canal de Constan- tinople renferme le pays de Makcdouniya (la Macédoine), qui avait appartenu aux Grecs et avait servi de berceau à leur empire. A l'est du canal, et vers la limite de cette section, se trouve une partie de Bathous 1, pays que je crois être aujourd'hui le domaine des Turco- mans nomades. C'est là que règne le fds d'Othman 2; la ville capitale se nomme Borsa (Brousse) 3. Ce pays avait d'abord appartenu aux Romains; il leur fut enlevé par d'autres peuples et tomba enfin au pouvoir des Turcomans.
Le pays de Batous est au sud-ouest de la cinquième section de ce climat; au nord, vers la limite de la section, se trouve le canton d'Ammouriya (Amorium). A l'orient de cette contrée on rencontre le Cobacob 4, rivière qui sort d'une montagne située de ce côté et qui coule vers le sud jusqu'à ce qu'elle verse ses eaux dans i'Eupbrate, avant que ce fleuve ait quitté cette section pour entrer dans le qua- trième climat. Là, à l'occident de la section, est la source du Sîhan, et, plus à l'ouest, celle du Djîhan, fleuves dont nous avons parlé plus haut et qui suivent la même direction que l'Euphrate. A l'orient de ces lieux est la source du Tigre, fleuve qui coule parallèlement à l'Euphrate, en se dirigeant du même côté jusqu'à ce qu'il s'y réunisse près de Baghdad. Dans l'angle sud-est de 5 cette section, au delà de la montagne où le Tigre prend sa source, est la ville de Meïafa- rekîn. La rivière de Cobacob, dont nous avons parlé, divise cette section de climat en deux parties, dont celle du sud-ouest renferme le pays de Batous. Plus bas, sur la limite septentrionale de la sec- tion, et derrière 6 la montagne.qui donne naissance au Cobacob^ se 1 II faut, sans doute, lire Natous, c'est- à-dire Anatolie; Idrîci dit que ce nom si- gnifie l'orient.
3 Le texte arabe porte L«*j-j; aujourd'hui le nom de celte ville s'écrit Broucé.
4 Probablement le Cara-Sou.
5 Pour ^, lisez • C'est-à-dire, au Sud.
D'IBN RHALDOUN. 155 trouve le territoire d'Ammouriya, ville dont nous avons fait mention. La seconde partie occupe le tiers de la section, des côtés nord, est et sud. De ce dernier côté sont les sources du Tigre et de l'Eupbrate; au nord est la province d'El-Beïlacan, qui confine à celle d'Ammou- riya, et qui est située au delà de la montagne de Cobacob. Elle est d'une largeur considérable. A son extrémité, près de la source de l'Euphrate, se trouve la ville de Kbarchena 1. L'angle nord-est de cette section renferme une portion de la mer de Nîtoch, qui reçoit du canal de Constantinople une partie de ses eaux 2.
Dans la sixième section de ce climat, vers le côté du sud-ouest, est située l'Arménie, pays qui se prolonge vers l'est jusqu'à ce qu'il dépasse le milieu de la section. De ce même côté elle renferme la P. i35. ville d'Erzen, et, du côté du nord, les villes de Tiflîs et de Deïbel. A l'est d'Erzen est la ville de Kbalat, puis celle de Berdhâa; au midi, en tirant vers l'est, on trouve la ville d'Àrmîniya. C'est là que le ter- ritoire de f Arménie entre dans le quatrième climat. Dans cette loca- lité est située la ville d'El-Meragba, à l'orient de la montagne des Curdes appelée Barma. Nous avons fait mention de cette montagne en traitant de la sixième section du (quatrième) climat. Dans la sec- tion qui nous occupe ici, et dans le quatrième climat, dont il a déjà été question 3, l'Arménie a pour limite, du côté de l'orient, le pays d'Adhcrbeïdjan. À son extrémité, dans la partie orientale de la même section, on trouve la ville d'Ardebîl, située sur la portion de la mer de Taberistan (la mer Caspienne) qui passe de la septième section dans la partie orientale de celle-ci. Sur le rivage septentrional (de la mer de Taberistan), dans cette section, est située une partie du pays des Kbazar, peuple turcoman. Auprès (et à l'occident) de cette partie de la mer, du côté du nord, commence une ebaîne de mon- tagnes qui s'étend vers l'ouest jusqu'à la cinquième section de ce climat. Elle la traverse en faisant un détour, enveloppe la province de Meïafarckîn et passe dans la quatrième climat, auprès 1 Pour <Ua^, lisez *^û>à.. r 3 II faut supprimer I^aJ, ou lire 1 C'est le contraire qui a lieu. avec le manuscrit C.
156 PROLÉGOMÈNES d'Amid. Parvenue dans les provinces inférieures (septentrionales) de la Syrie, elle touche à la montagne de la Chaîne et va se confondre avec le Lokam.
Les montagnes qui occupent la partie septentrionale de cette sec- tion renferment plusieurs cols ou portes par lesquels les voyageurs peuvent les traverser. Au midi se trouve le pays d'El-Abouab, qui s'étend, vers Test, jusqu'à la mer de Taheristan. Sur le bord de cette mer, et dans le pays déjà nommé, s'élève la ville de Bab el-Abouab (la porte des portes, Dérbend). Immédiatement au sud-ouest d'El- p. i36. Abouab, on trouve l'Arménie. Entre la limite orientale d'El-Abouab et les cantons méridionaux de FÀdherbeïdjan, est située la province d'Arran, qui s'étend jusqu'à la mer de Taberistan. La partie de cette section qui est au nord de ces montagnes renferme, vers son extré- mité occidentale, le royaume de Serîr 1. L'angle nord-ouest de la section est occupé en entier par une partie de la mer de Nîtoch, dans laquelle le canal de Constantinople verse ses eaux. Cette portion de la mer de Nîtoch est enveloppée par le pays de Serîr, et baigne les murs de Trabezonda (Trébizonde), ville de cette contrée. Le pays de Serîr s'étend vers l'orient, entre les montagnes d'El-Abouab et la limite septentrionale de la section, jusqu'à ce qu'il se termine à une montagne qui le sépare du pays des Khazar. A son extrémité s'élève la ville de Soul. Au delà de cette barrière règne une portion du pays des Khazar, qui se termine à l'angle nord-est de la section, entre son extrémité septentrionale et la mer de Taberistan.
Toute la partie occidentale de la septième section est occupée par la mer de Taberistan. L'extrémité méridionale de cette mer passe dans le quatrième climat et baigne, comme nous l'avons dit, les côtes de Taberistan, ainsi que le pied de la montagne de Deïlem, laquelle se prolonge jusqu'à Cazouîn. Immédiatement à l'ouest de cette par- tie de la mer, il y en a une autre partie située dans la sixième sec- tion du quatrième climat; au nord de cette même partie, une autre s'étend, qui ne fait qu'entamer la limite orientale de la sixième sec- 1 Ce royaume était situé au nord du Caucase et à l'ouest de Dérbend.
D'IBN KHALDOUN. 157 D'IBN KHALDOUN. 157 tion. Un coin de terre reste à découvert au nord-ouest de cette mer, et c'est par là qu'elle reçoit les eaux de l'Itil (le Volga). Dans la par- tie orientale de cette section, on remarque un espace de terre que la mer n'a pas occupé; c'est là que sont les campements des Ghozz, P. 137. peuple de race turque. [On les appelle aussi Khazar, ce qui porte à croire que leur nom, ayant passé dans la langue arabe, a subi une modification par la conversion de la lettre kh en gh, et par le redou- blement du z 1.] Cette portion de terrain est bornée, du côté du sud, par une montagne qui sort de 2 la huitième section, et se dirige vers l'ouest, jusqu'à ce qu'elle s'arrête un peu en deçà du milieu de celle-ci. Alors elle fait un détour vers le nord, pour atteindre la mer de Taberistan, qu'elle contourne en suivant ses rivages jusqu'au sixième climat. A l'endroit où cette mer cbange de direction, la mon- tagne fait de même et s'en éloigne. En ce lieu elle porte le nom de mont Chîah*. Se dirigeant ensuite vers l'occident, elle passe dans la sixième section du sixième climat, puis elle retourne au midi, où elle entre dans la sixième section du cinquième climat. C'est cette por- tion de la chaîne qui, dans cette section, sépare le pays de Serir de celui des Khazar. Cette dernière contrée s'étend, sans interruption, aux deux côtés du Chîah, tant dans la sixième que dans la septième section du climat, ainsi que nous le dirons plus bas.
La huitième section du cinquième climat se compose en entier d'un territoire où les Ghozz, peuple de race turque, s'adonnent à la vie nomade. Vers le sud-est elle enferme le lac de Kharizm (l'Aral), qui reçoit les eaux du Djeïhoun. Ce lac a trois cents milles de circon- férence, et reçoit les eaux de plusieurs autres rivières qui viennent du territoire occupé parles Ghozz nomades. Au nord-est de la section on trouve le lac de Ghorgoun, qui a quatre cents milles de tour, et dont les eaux sont douces. Dans la partie septentrionale de cette sec- tion s'élève une montagne, dont le nom, Morghar, signifie montagne 1 Le passage que nous avons mis enlre 2 Pour <j, je crois devoir lire des parenthèses ne se trouve que dans un 3 C'esl-à-dire, le oj-J^oL**, Siak kouh seul manuscrit. « la montagne noire. » 158 PROLÉGOMÈNES de neige h Elle est ainsi nommée parce que la neige n'y fond jamais. Cette montagne touche à l'extrême limite de la section. Au midi du lac i38. de Ghorgoun se trouve une montagne du même nom, qui n'est qu'un rocher absolument nu et qui n'offre aucune trace de végétation. C'est elle qui a donné son nom au lac. De cette montagne, ainsi que de celle de Morghar, au nord du lac, sortent des rivières dont il est impossible d'évaluer le nombre, et qui. vont des deux côtés tomber dans ce lac.
La neuvième section de ce climat renferme le territoire des Adkech, peuple de race turque. Cette région est située à l'ouest du pays des Ghozz et à l'est de celui des Keïmak 2. Du côté de l'orient, vers l'extré- mité de la section, la montagne de Coucaïa sépare cette contrée du pays de Gog et de Magog. Cette chaîne s'étend là comme une bar- rière, du midi au nord, après avoir fait un coude à l'endroit où elle sort de la dixième section pour entrer dans celle-ci. Elle était déjà sortie de la dixième section du quatrième climat pour entrer dans la dixième section du cinquième. Là elle sert de limite à la mer Environnante, jusqu'à l'extrémité septentrionale de la section; ensuite elle se dirige vers l'ouest pour arriver auprès de la limite (méridio* nale) de la dixième section du quatrième climat, et, depuis son ori- gine jusque-là, elle enveloppe le pays des Keïmak. Entrée dans la dixième section du cinquième climat, elle la traverse jusqu'à sa li- mite occidentale, laissant au midi un segment qui s'allonge vers l'ouest et renferme l'extrémité du pays des Keïmak. Pénétrant alors dans la neuvième section, qui l'admet par l'extrémité supérieure (méridionale) de son côté oriental, elle se tourne presque aussitôt 1 Car, en ture, veut dire neige; mais le climat, doit avoir le pays des Adkech à mot mer ou mor n'existe pas dans celte l'orient, parce que ce pays est situé dans langue. la neuvième section du même climat. De * A l'inspection de la carte on voit que plus, comme le pays des Keïmak se trouve l'auteur s'est trompé dans ce passage, dans la dixième section du quatrième cliayant mis ouest pour est, et est pour nord- mat, la contrée des Adkech en est néeesouest. D'ailleurs la contrée des Ghozz, étant sairement au nord-ouest, dans la huitième section du cinquième D'IBN KHALDOUN. 159 vers le nord et s'avance, dans la même direction, jusqu'à la neuvième section du sixième climat. C'est là que se trouve la barrière dont nous parlerons plus bas. L'angle nord-est de cette neuvième section ren- ferme le territoire qu'enveloppe la montagne de Coucaïa; ce terri- toire se prolonge vers le sud et fait partie du pays de Yadjoudj et Madjoudj.
Dans la dixième section de ce climat, on trouve le pays de Ya- P. 139. djoudj (Gog), qui la remplit en entier, à l'exception d'une petite partie de l'extrémité orientale, qui, depuis le sud jusqu'au nord, est occu- pée parla mer Environnante. Exceptons encore la portion que le mont Coucaïa a isolée en y passant, et qui est située dans la partie sud- ouest de la section. Tout le reste compose le pays de Gog et Magog.
LE SIXIÈME CLIMAT.
LE SIXIÈME CLIMAT.
La mer occupe plus de la moitié (occidentale) de la première sec- tion de ce climat; ensuite, pour atteindre la limite orientale de la section, elle décrit une courbe en se prolongeant vers le nord, puis elle remonte vers le sud-est et se termine auprès de la limite mé- ridionale de la section. De cette manière elle laisse à découvert, dans cette section, une portion de terre qui s'avance comme un cap, entre deux bras de la mer Environnante, et s'étend beaucoup en lon- gueur et en largeur. Toute cette contrée forme la Bertaniya (la Bre- tagne). A l'entrée de cet isthme, entre les deux golfes et dans l'angle sud-est de cette section de climat, se trouve la province de Séis (Séez), qui confine à celle de Bîtou (Poitou). Nous avons parlé du Poitou en décrivant la première et la seconde partie du cinquième climat 1.
Dans la seconde section de ce climat, la mer Environnante entre du côté de l'ouest et de celui du nord. A l'ouest, elle offre une forme allongée qui dépasse la moitié septentrionale du côté oriental de la Bretagne, pays situé dans la première section. Là, du côté du nord, l Ci-devant, page i5i. — Après le mot j-^AJl, supprimez «JLûj, et insérez-le au commencement de la ligne suivante, avant •.; 160 PROLÉGOMÈNES elle s'unit à l'autre portion de mer qui s'étend d'occident en orient. Dans la moitié, occidentale de la section, ce bras de mer s'élargit un p. i4o. peu, et embrasse une partie de l'Angeltara (Angleterre). C'est une île très-grande et très-large, qui renferme plusieurs villes et qui forme un puissant empire. Le reste de ce pays est situé dans le septième climat. Au midi de ce bras de mer et de son île, dans la moitié oc- cidentale de cette section, on trouve la Normandie 1 et l'Eflandes 2 (Flandre), pays situés sur cette mer. Au sud et à l'ouest de cette sec- tion, s'étend le pays d'Ifrança (France), puis, à l'est, la Borghou- niya (Bourgogne). Toutes ces contrées appartiennent à des peuples Francs. Le pays des El-Lemanïîn (Allemands) est situé dans la moitié orientale de ce climat. Au midi est la province d'Ankelaiya (Aquilée), et au nord, la Bourgogne; puis viennent les pays de Lohrenka (la Lorraine) et de Gbasouniya [Saxonia, la Saxe). Sur la partie de la mer Environnante qui occupe l'angle nord-est de cette section, est la province d'Ifrîza 3 (la Frise). Toutes ces contrées sont habitées par des peuples allemands. ' Dans le sud de la partie occidentale de la troisième section, est située la Bohême 4, et, dans le nord, (le reste de la) Saxe. Dans la par- tie orientale on trouve, au midi, la contrée d'Onkeriya (Hongrie), et, au nord, celle de Boulouniya (Pologne). Ces deux pays sont sé- parés par la montagne de Bclouat (les monts Carpathes), qui, entrée dans la quatrième section, se dirige vers l'ouest en s'inclinant au nord, et se termine dans la Saxe, sur la limite de la moitié occi- dentale (de la troisième section).
Dans la quatrième section, du côté du sud, est le pays de Djethou- liya (la Servie?), et au-dessous, vers le nord, le pays d'Er-Rouciya (la Russie). Ces contrées sont séparées par la montagne du Belouat, qui part du commencement de cette section du côté de l'ouest, pour 1 Lisez o o^jj, Normendïa. 4 Le texte imprimé et celui de nos 1 Lisez, avec les manuscrits, ^oJ^il. manuscrits portent **jfjJ ♦ Youanïa. Il faut 3 Lisez ojjjiî. Cette leçon est fournie lire, avec le manuscrit dldrîci, par le manuscrit D et par la carte d'Idrici. Bouamïa.
D'IBN KHALDOUN. 161 s'arrêter dans la moitié orientale de la même section. À l'orient du pays de Djethouliya, est celui de Djermaniya. Dans l'angle sud-est, on trouve le pays de Constantinople, dont la capitale est située près de l'endroit où le canal qui se détache de la mer Romaine va se dé- p - *4 charger dans la mer de Nîtoch (le Pont-Euxin). La portion sud-est de cette section est occupée par une partie de la mer de Nîtoch, qui reçoit ses eaux par ce canal. Dans l'angle formé par la mer et le ca- nal est située la ville de Mesnat.
La partie méridionale de la cinquième section du sixième climat est occupée par la mer de Nîtoch, qui, en quittant le détroit, dans la quatrième section, s'étend directement vers l'est, traverse toute la cinquième section et une partie de la sixième. Sa longueur, depuis son point de départ, est de treize cents milles, et sa largeur de six cents. Derrière cette mer, dans la partie méridionale de la section, on voit une longue bande de terre qui s'étend d'occident en orient. Dans la partie occidentale de cette lisière se trouve la ville de Hera- cliya (Héraclée), située sur le bord de la mer de Nîtoch et sur les confins du territoire de Beïlecan, pays qui a sa place dans le cinquième climat. À l'orient est la contrée d'El-Laniya (les Alains), dont la capi- tale est Sinoboli (Sinopc), située sur le bord de la mer de Nîtoch. Au nord de cette mer, dans la partie occidentale de cette section, est le pays des Bordjan (les Bulgares), et, dans la partie orientale, la contrée des Russes. Tous ces pays sont situés sur la mer de Nîtoch. La Russie enveloppe le pays des Bulgares; elle le borne à l'est dans cette section du climat; au nord, dans la cinquième section du sep- tième climat; à l'ouest, dans la quatrième section de ce climat-ci.
La partie occidentale de la sixième section renferme le reste de la mer de Nîtoch, qui vient de se détourner un peu vers le nord. Entre cette mer et la limite septentrionale de la section est situé le pays des Comaniya (les Comans). Le reste du territoire des Alains, qui occupe le bord méridional de la^cinquième section, se prolonge dans P. U celle-ci du midi vers le nord, en s'élargissant à mesure que le rivage de la mer fait le détour déjà indiqué. Dans la partie orientale de cette Prolégomènes. 2 1 162 PROLÉGOMÈNES section, immédiatement à Test du pays des Khazar, se trouve celui des Berthas. Dans l'angle nord-est de la section est le territoire des Bulgares, et dans l'angle méridional, la contrée des Belendjer. La montagne nommée Chîah-Koaîa 1 passe par là. Cette chaîne suit le détour que le rivage de la mer des Khazar fait dans la septième section de ce climat; puis elle s'éloigne de la mer pour se diriger vers l'ouest, traverse cette section de climat et entre dans la sixième section du cinquième climat; là elle va joindre les montagnes d'El- Abouab. À chaque côté de cette chaîne s'étendent les pays habités par les Khazar.
Au sud de la septième section de ce climat est située la contrée qu'entoure le mont Gbîah après s'être éloigné de la mer de Tabe- ristan, et qui consiste en une portion du pays des Khazar se prolon- geant, vers l'ouest,. jusqu'à la limite de la section. A l'orient de cette contrée se trouve la partie de la mer de Tabcristan que cette mon- tagne entoure du côté de l'orient et au nord. Au delà du Chîah, dans la partie nord-ouest de la section, s'étend le territoire des Berthas; dans la partie orientale de la même section est placée la contrée des Besguirt (les Bachkirs) et des Bedjnak (les Petchenègues), peuples appartenant à la race turque.
Toute la portion méridionale de la huitième section est occupée par le pays des Khoulkh, qui sont un peuple turc. Sa partie septen- trionale, du côté de l'occident, renferme la Terre-Puante 2, et, du côté de l'orient, la contrée qui, dit-on, fut dévastée par Gog et Magog, avant que l'on* eût construit la barrière pour les contenir. C'est dans la Terre-Puante que l'itil (le Volga) prend sa source. Ce fleuve, un des iA3. plus grands du monde, traverse le pays des Turcs et décharge ses eaux dans la mer de Taberistan, dans la septième section du cin- quième climat. Il a beaucoup de sinuosités: sorti d'une montagne de la Terre-Puante par trois sources, qui se réunissent pour former une seule rivière, l'itil coule vers l'occident, passe dans la septième