à partir de l'époque de Moïse et de Josué, passèrent environ quatre siècles sans penser à fonder un royaume; leur unique souci fut le maintien de la religion. Le chef qui veillait à la conservation de la P. 4i6. foi portait, chez eux, le nom de Cohen; lieutenant de Moïse, pour ainsi dire, il dirigeait les cérémonies de la prière et les sacrifices 2. Pour remplir ces fonctions, on devait être de la postérité d'Aaron, parce que, selon la révélation divine, elles devaient appartenir à Àaron et à ses enfants. Pour donner de la consistance à l'administration poli- tique, institution naturelle aux hommes, ils firent choix de soixante et dix cheikhs (chefs ou vieillards), auxquels ils confièrent l'application 1 Pour UjfJ, lisez 1*^1. — 1 Pour f, liset 470 PROLEGOMENES des lois qui réglaient les intérêts delà communauté. Le Cohen, chargé des affaires de la religion et libre des tracas de la politique, occupait un rang qui le plaçait au-dessus de ces fonctionnaires. A la suite de cette organisation, l'esprit national se fortifia, les forces qui condui- sent à la royauté 1 se développèrent franchement, et le peuple juif en- leva aux Chananéens le territoire de Jérusalem, pays que Dieu, parlant par la bouche de Moïse, leur avait assuré comme héritage. Ils eurent alors à repousser les attaques des peuples de la Palestine, des Chana- néens, des Armen 2, des Édomites, des Ammonites et des Moabites. Pendant environ 3 quatre cents ans, ils combattirent sous les ordres de leurs cheikhs, dont aucun ne fut tenté d'usurper l'autorité suprême. Fatigués enfin de cette lutte prolongée contre tant de peuples, les Israélites demandèrent à Dieu, par l'entremise de Samuel, un de leurs prophètes, la permission de se donner un roi. Saûl, à qui on déféra l'autorité royale, subjugua plusieurs peuples, et Goliath, roi des Philistins, perdit la vie* Après Saùl, la royauté passa à David. Sous le règne de Salomon, successeur de David, l'empire juif devint très- redoutable; il s'étendit à travers le Hidjaz jusqu'aux frontières du Yé- men et (de l'autre côté) il touchait aux limites du territoire grec. Après la mort de Salomon, les (douze) tribus brisèrent les liens qui les retenaient ensemble et s'organisèrent en deux nations distinctes, résultat inévitable de l'esprit de parti dans tous les empires. Une de ces nations, composée de dix tribus, occupait le territoire de Naplouse; le siège de leur empire était Sébaste (Samarie), ville qui, depuis le temps de Bokht-Nasar (Nabuchodonosor), est restée en ruines; l'autre, formée par les tribus de Juda et de Benjamin 4, possédait Jérusalem.
les Arméniens; mais ici l'auteur paraît t^L* kiVj f^fc* <S^K c'est-à-dire:« Une l'avoir employé pour désigner les Amor- d elles, composée de dix tribus, était dans rhéens. la Mésopotamie et à Mosul; l'autre, ap- 3 Après insérez partenant aux tribus de Juda et de Ben- 4 Dans deux de nos manuscrits et dans jamin, possédait Jérusalem et la Syrie. » l'édition de Boulac, le passage précédent D'IBN KHALDOUN. 471 Plus tard Bokht-Nasar, roi de Babel (Babylone), enleva aux dix tribus le royaume qu'elles avaient à Sébaste r; ensuite il enleva la ville de Jé- rusalem aux descendants de Juda, après que leur royaume eut duré environ mille ans 2. Il détruisit leur mosquée (le temple), brûla leur Pentateuque, abolit leur religion, et fit transporter à Ispahan et dans l'Irac les tribus qu'il avait vaincues. Soixante et dix années plus tard, un roi de la famille caïanide qui régnait sur la Perse les renvoya à Jérusalem. Ils rebâtirent alors leur temple, rétablirent leur religion dans son ancienne forme 3 et la placèrent sous la direction des Cohens"; mais l'administration temporelle resta entre les mains des Perses. Alexandre (le Grand) et les enfants de Younan (les Ioniens, les Grecs), ayant vaincu les Perses, étendirent leur domination sur les Juifs. Plus tard, la puissance des Grecs s'affaiblit, et les Juifs, forts par l'influence naturelle de leur esprit de corps, secouèrent le joug de l'étranger et commirent aux Cohens* de la famille d'Asmonée 5 les rênes du gouvernement. Ils combattirent les Grecs jusqu'à ce que leur puissance fût anéantie 0, et, vaincus par les Romains, ils passè- rent sous leur domination. Plus tard, ceux-ci marchèrent contre Jé- rusalem, où se tenaient les descendants d'Herodos (Hérode), qui étaient attachés par les liens du mariage aux Asmonéens. Ayant assiégé les Juifs dans cette ville, dernier reste d'un si grand empire, ils la prirent d'assaut et y mirent tout à feu et à sang. Jéru- * salem fut détruite et les habitants furent déportés à Rome et dans P. 4i8. les pays au delà de cette ville. Ainsi fut ruiné le temple pour la seconde fois. Les Juifs, désignent cette époque par le nom de la grande expatriation. Depuis lors le peuple juif n'a jamais possédé de royaume et, n'étant plus soutenu par l'esprit de corps, est resté sous la domination des Romains et des nations qui les ont rem- 1 Ce nom est omis dans l'édition de Bon- 5 Après, insérez J^L lac et dans les manuscrits C el D. * Variante: *X$£J\.
1 Le royaume de Juda dura trois cent 5 Les Machabées; en arabe, Beni Hachsoixante et seize ans. L'auteur a sans doute monaL voulu dire que la nationalité juive avait * L'équivoque de la traduction se re- duré près de mille ans. trouve dans le texte arabe.
472 PROLÉGOMÈNES placés. C'est le chef appelé le Cohen qui dirige les affaires de leur religion.
Le Messie apporta aux Juifs une doctrine religieuse et abolit plu- sieurs ordonnances du Pentateuque. Il opéra des miracles étonnants, guérissant les gens atteints de folie et rendant la vie aux morts. Une foule de monde accourut auprès de lui et crut à sa mission. Ce nombre fut augmenté par les efforts des apôtres, ses disciples 1, qui étaient douze en nombre, et dont il envoya plusieurs dans diverses parties du monde afin d'y prêcher sa religion. Ceci eut lieu sous le règne d'Auguste, premier des rois nommés Césars, et sous l'admi- nistration d'Hérode, souverain des Juifs, lequel 2 avait enlevé le pou- voir à ses parents, les Asmonéens. Les Juifs portèrent envie au Messie et le traitaient de menteur; aussi Hérode le dénonça à César- Auguste, dans une lettre qu'il lui envoya. Auguste lui donna la per- mission de le mettre à mort. Alors eut lieu ce qui se lit dans le Coran au sujet du Messie 3; les apôtres se dispersèrent pour lui ga- gner des partisans; la plupart d'entre eux passèrent dans l'empire ro- main pour y répandre la doctrine chrétienne, et Pierre, le chef des apôtres, s'établit à Rome, capitale des États des Césars. Ensuite ils mirent par écrit l'Evangile, que Jésus avait reçu du ciel; ils firent quatre exemplaires (ou rédactions) de ce livre, pour' représenter le texte tel qu'il leur avait été transmis par diverses voies. Matthieu écrivit son évangile en hébreu, à Jérusalem, et Jean, fils de Zébédée, le traduisit en langue latine; Luc écrivit le sien en latin pour l'ins- truction de quelques grands personnages d'entre les Romains; Jean, P. 419. fils de Zébédée, écrivit le sien à Rome; Pierre en écrivit un en latin et le mit sous le nom de Marc, son disciple. Ces quatre rédactions de TEvangile né s'accordent pas entre elles; d'ailleurs elles ne se com- posent pas entièrement d'une révélation pure: on y a inséré des dis- cours prononcés par Jésus et par les apôtres. Elles renferment beau- coup de conseils et d'histoires, mais très-peu d'ordonnances. Vers D1BN KHALDOUN. 473 cette époque, les apôtres se réunirent à Rome pour rédiger les canons de la religion, et ce fut Clément, le disciple de Pierre, qui les mit par écrit. On y trouve l'indication des livres qu'on doit accepter (comme inspirés), et à la doctrine desquels on doit conformer ses actions. Ils mentionnent, de l'ancienne loi juive: Le Pentateuque, en cinq volumes;' Le Livre de Josué; Le Livre des Juges; Le Livre de Ruth"; Le Livre de Yehouda (Judith?); Les quatre volumes des Rois; Les Paralipomènes 5, un volume; Le Livre des Machabées, en trois livres, par (Joseph) ben Go- rion 2; Le Livre d'Àzra 3 (Esdras) l'imam (docteur de la loi); Le Livre d'Esther 4 et l'histoire de Haman; Le Livre de Job le sincère; Les Psaumes de David; Les cinq livres composés par son fils Salomon; Les Prophéties des seize grands et petits prophètes; Le Livre de Youchâ ben Charekh vizir de Salomon.
En ce qui concerne la loi de Jésus, les mêmes canons spécifient: Les Quatre Evangiles transmis par les apôtres; Le Livre de Paul, renfermant quatorze épîtres; 1 Variantes: <#yy^« Dï- fondu l'auteur des Antiquités j uives avec le bre hayamtm ( Verba dierum), litre hébreu faux Josèphe, dont l'ouvrage en hébreu fut des Paralipomènes, se transcrit en arabe composé dans le vu* ou le vin* siècle de ainsi fiQ&jjï; il ne peut donc pas être ce- notre ère.
lui que notre auteur a voulu reproduire. 3 L'édition de Boulac porte l^-c, ce Le mot grec IIapaAennJ|xet>apeut screpré- qui est la bonne leçon, senter de cette manière, en caractères 4 Les manuscrits et les deux éditions arabes, <j^j imprimées portent y*&J* Aouchir. Le mot 5 Saint Jérôme regardait comme chose Esther s'écrit en arabe ^>oc*J. certaine que Josèphe était l'auteur de YHis- 5 II s'agit de Jésus, fils de Sirach, au- toire des Machubées. Ibn Khaldoun a con- teur de YEcclésîaste.
Prolégomènes. 60 474 PROLÉGOMÈNES Le Livre des sept épîlres catholiques; Une huitième épître, intitulée Praxis, et renfermant les Actes des apôtres; " Le Livre de Clément, renfermant les Maximes (les constitutions apostoliques); Le Livre de l'Apocalypse, renfermant la Vision de Jean, fils de Zé- bédée.
4a o. Les empereurs romains tantôt embrassèrent cette religion et trai- tèrent les chrétiens avec honneur, tantôt la rejetèrent et firent su- bir à ceux qui la professaient la peine de mort ou de bannissement. Cet état d'incertitude se prolongea jusqu'à la venue de Constantin, qui s'était converti au christianisme. Dès lors tous (les Romains) y restèrent attachés. Celui qui est à la tête de cette religion et qui en fait observer les prescriptions s'appelle batrik (patriarche); les chré- tiens le regardent comme le chef de la religion et le lieutenant du Messie. Aux agents et représentants qu'il envoie jusqu'aux nations chrétiennes les plus éloignées, on donne le nom d'oscq/^évêque), ce qui veut dire lieutenant du patriarche. L'imam qui préside à la prière et que l'on consulte sur des questions religieuses porte le nom de cacis (prêtre). Ceux d'entre eux qui renoncent au monde pour vivre dans l'isolement et se livrer aux pratiques de la dévotion reçoivent le nom de raheb (moine). Ils s'enferment ordinairement dans les tours des églises.
Pierre, le chef. des apôtres, commandait à tous les disciples qui se trouvaient à Rome. Il y enseigna la religion chrétienne jusqu'à ce que Néron, le cinquième César, le fît mettre à mort. Arbous 1 fut son lieutenant et successeur dans le siège pontifical à Rome. Mare l'évan- géliste prêcha pendant sept années en Egypte, en Maghreb et à Alexandrie. Il eut pour successeur Hanania (Anien). Celui-ci fut le 1 En arabe, Dans un des chapitres de l'histoire anté-islamite, Fauteur donne encore le nom à' Arbous ou Arious (jj^jsf) ou successeur de saint Pierre, et ci le, pour son autorité, le Livre de Horou- sious. Cet ouvrage est une prétendue tra- duction de l'Histoire de Paul Orose.
D'IBN KHALDOUN. 475 premier qui porta, en Egypte, le titre de batrik (patriarche). On ins- talla auprès de lui douze prêtres, afin que l'un d'eux le remplaçât en cas de mort, et on donna au nouvel élu un successeur choisi dans le corps des fidèles. La nomination du patriarche était donc entre les mains des prêtres. Plus tard, de graves dissensions s'élevèrent entre les chrétiens au sujet des dogmes et des fondements de la religion; aussi, sous le règne de Constantin, on tint à Nîkïa (Nicée) une grande assemblée afin de fixer la vraie doctrine. Trois cent dix-huit évêques, s'étant trouvés d'accord sur ces questions, firent dresser une déclara- tion de principes à laquelle ils donnèrent le titre d'Amana (dépôt, l'. /m gage) *, et qui devait servir de règle à l'avenir. Un de ces décrets por- tait. que le choix du patriarche chargé de maintenir la religion. ne devait pas être laissé aux prêtres, bien qu'Anien, le disciple de Marc, eût établi 2 ce mode d'élection, et que la nomination devait se faire par une assemblée composée des imams et des chefs des fidèles. Cette règle est encore en vigueur 3.
Certains dogmes de la religion ayant ensuite donné lieu à des con- troverses, on tint plusieurs réunions afin de fixer la vraie doctrine; mais l'élection des patriarches n'a plus suscité aucune discussion, et elle continue à se pratiquer jusqu'à nos jours; aussi regarde-t-on tou- jours les évêques comme les représentants du patriarche. Les évêques donnaient à ce prélat le titre de père, pour lui témoigner leur respect, et les prêtres donnaient le même titre aux évêques, quand le pa- triarche n'était pas présent; aussi, dans la suite des siècles, la signi- fication de ce terme perdit sa précision, et, à l'époque où Héraclius 4 fut élevé au siège patriarcal d'Alexandrie, on chercha un nouveau titre pour distinguer les patriarches des évêques. On adopta le mot Babba, qui signifie le père des pères [abou 7-aaid). Djordjos Ibn el-Amîd 5 nous apprend, dans sa chronique, que ce titre fut employé d'abord 1 Probablement le symbole de Nicée.
3 Pour *)y>\ lisez 3 Après le mot ajoutez cdio^T 4 Selon Eulychius, la nomination d'Héraclius eut lieu dans la première année du règne d'Alexandre Sévère, aaa de J. C.
5 L'historien Elmacin; il portait le sur- nom d'Ibn el-Amîct, 476 PROLÉGOMÈNES en Egypte, On l'appliqua ensuite au prélat qui occupait le plus élevé des sièges épiscopaux, celui de Rome, que Pierre l'apôtre avait déjà rempli. Le patriarche de Rome porte ce titre encore aujourd'hui.
Les chrétiens, ayant eu de nouveau des discussions relativement aux dogmes et à ce qu'il fallait croire au sujet du Messie, se partagèrent en plusieurs sectes, dont chacune invoqua l'appui de celui d'entre les rois de la chrétienté qui était son souverain. Cette diversité d'opinions régna pendant plusieurs siècles, une secte donnant naissance à une autre; mais on finit par n'y voir que trois sectes principales: les Mêlé- kites (les orthodoxes), les Jacobites et les Nestoriens. Nous ne jugeons pas convenable de salir nos pages en rapportant leurs opinions impies, P. A 2 2. qui, du reste, sont assez généralement connues. Toutes ces doctrines sont fausses, ainsi que le Coran l'a déclaré. Nous n'avons pas à dis- cuter oxi à raisonner là-dessus avec eux; nous n'avons qu'à leur donner le choix de l'islamisme, de la capitation ou de la mort.
Chaque secte eut ensuite son patriarche; celui de Romé porte le titre de Babba et professe la doctrine mélckite. Rome appartient aux Francs et est placée sous l'autorité de leur roi. Le patriarche des chrétiens tributaires qui habitent l'Égypte appartient à la secte des Jacobites et demeure au milieu de ses ouailles. Comme les Abyssins professent la même doctrine, il s'y fait représenter par des évêques qu'il leur envoie pour les diriger dans l'exercice de la religion. De nos jours, le titre de Babba ne se donne qu'au patriarche de Rome, car les Jacobites ne s'en servent plus. Les b de ce mot doivent être articulés avec une sorte d'emphase 1; le second 6 est redouble. Le Babba se fait une règle de pousser tous les Francs à reconnaître l'au- torité d'un seul roi 2, à se rallier autour de lui et à le faire juge de tous leurs différends. Il espère que, par cet arrangement, il empê- chera la désunion de se mettre dans la communauté, et qu'il par- viendra à calmer l'esprit de parti qui, chez eux, est la passion pré- dominante, et à tenir tous ces peuples sous son contrôle. On nomme 1 C'est-à-dire, ils doivent se prononcer comme des p, lettre dont le son n'existe pas dans la langue arabe. — * Pour c^Utf lisez csUl.
4 D'IBN KHALDOUN. 477 le roi imberathor; le th de ce mot se prononce avec une sorte d'em- phase et un mélange du son de la lettre dz. Il reçoit ce titre quand on lui met la couronne sur la tête, dans le but de lui assurer la béné- diction divine. On peut donc le désigner comme le couronné, et tel est peut-être le sens du mot imberathor 1.
-Voilà le sommaire des extraits que nous avons faits au sujet de ces deux 2 titres Babba et Cohen. Dieu égare qui il veut et dirige qui il veut. [Coran, sour. xvi, vers. g5.)
1 Dans une note marginale de l'édition de Boulac, nous lisons que, a dans les temps anciens, imberathor était la forme usitée. Maintenant les Français disent eimberour, mot qui, chez eux, signifie roi des rois. » L'auteur de cette note avait cepen- dant passé quelques années à Paris. * Pour (jtjJlt, lisez ^jJIt.
NOTES ADDITIONNELLES.
Page 69, note 2. Selon M. de Saey, le lecteur, Khaleflbn Hicliam, portait le surnom de Bezzaz (voyez YAnthol. gram. p. 5a); il faut lire Bezzar.
Page 196, ligne 9, le mot voyants doit se remplacer par sachants. Page 3o5, ligne 20, pour Keïanides, lisez Caïaniens. Page 309, ligne 12, pour Galices, lisez Galiciens.
Page 3 1 2, lisez 9, pour comment il avait abandonné, lisez en quel état il avait laissé. Page 3 1 6, vers la fin. En relisant ce passage, j'ai été frappé de la fausseté du raisonnement de <f auteur, et j'ai craint de nVêtre trompé dans la traduction; mais Terreur vient réellement de lui. Je pense que l'amour de l'antithèse l'a entraîné dans cette occasion; car, de fait, dans tout ce qui est indispensable à la vie, le citadin dépend du campagnard.
FIN DE LA PREMIERE PARTIE SOMMAIRE ANALYTIQUE DES DIVISIONS DE L'OUVRAGE.
Page*.
Introduction i Autobiographie d>ibn kiialdoun vi Notice sur ma famille. — De mes aïeux en Espagne, — De mes aïeux en Ifrîkiya.
— De mon éducation. — Je suis nommé écrivain de Yalama par le gouvernement de Tunis; je passe ensuite dans le Maghreb, où je deviens secrétaire du sultan Abou Ei- nan. — J'encours la disgrâce du sultan Abou Eînan. — Le sultan Abou Salem me nomme secrétaire d'état et directeur de la chancellerie. — De mon voyage en Es- pagne. — De mon voyage d'Espagne à Bougie, où je deviens kadjeb avec une autorité absolue. — Je passe au service du sultan Abou Hammou, seigneur de Tlemcen. — J'embrasse le parti du sultan Abd el-Azîz, souverain du Maghreb (Maroc). — Je ren- tre dans le Maghreb el-Acsa. — Je fais un second voyage en Espagne, ensuite je re- tourne à Tlemcen, d'où je passe chez les Arabes nomades. Je fixe mon séjour parmi les Aoulad Arif. — Je retourne à Tunis, auprès du sultan Abou '1-Abbas, et je m'établis dans cette ville. — Je me rends en Orient et je remplis les fonctions de cadi au Caire.
— Je pars pour le pèlerinage.
Histoire des dernières années de la vie dmbn-khaldoun. lxxxiii Suite de l'introduction: xem Liste des chapitres dont se compose l'histoire universelle xcvn Notice des manuscrits de l'histoire universelle et des prolégomènes cm Orservations sur l'Édition de boulac et sur les traductions de péri-zadé et de djevdet efendi cx1i1 Préface de l'auteur 1 L'histoire est une branche de la philosophie et doit compter au nombre des sciences. — Des historiens et des divers plans qu'ils ont suivis. — Plan adopté par l'auteur. — Division et titre de son ouvrage.
Introduction. De l'excellence de la science historique; établissement des principes qui doivent lui servir de règle; apeiçu des erreurs erdes inéprises auxquelles les historiens sont exposés; indications de quelques-unes des causes qui produi- sent ces erreurs, i3 Importance de la science historique. — Erreurs commises par les historiens. — Leurs exagérations en matière de nombres. — Récits invraisemblables. — La ville 480 PROLÉGOMÈNES Page*.
d'irem. — Cause de la chute des Barmekides. — Yahya et Abbasa. — Haroun er- Rechîd. — El-Mamoun et Bouran. — Origine des Fatemides. — Origine des Idri- cides. — Le AJelidi des Almohades. — Qualités requises dans un historien. — Chan- gements qui surviennent dans les usages des peuples. — Les jugements fondés sur des analogies sont très-souvent faux. — El-Iiaddjadj, maître d'école. — Des cadis qui ont commandé des armées. — Le Moroudj-ed-Dcheb de Masoudi, — Système adopté par l'auteur afin de peindre certains sons qui n'ont pas de représentants dans l'alpha- het arahe.
LIVRE PREMIER.
De la société humaine et des phénomènes qu'elle présente, tels que la vie nomade, la vie sédentaire, la domination, l'acquisition, les moyens de gagner sa subsis- tance, les sciences et les arts. Indication des causes qui ont amené ces résultais. 71 Comment les erreurs et les mensonges s'introduisent dans les récits historiques. — Anecdotes absurdes. — Alexandre le Grand et le coffre de verre. — La ville de cuivre.
— Nouvelle science inventée par l'auteur et qui a pour objet de distinguer entre le vrai et le faux. — La fable du hibou. — Le traité de politique attribué à Aristote. — Ibn el-Mocafla. — Tortouchi. — Les attributs de l'humanité. — Les six sections dont se compose le livre premier, c'est-à-dire, les Prolégomènes.
PREMIÈRE SECTION. Sur la civilisation en général 86 Premier discours préliminaire Idem.
La réunion des hommes en société est une chose nécessaire, parée qu'ils ne peuvent subsister à moins de s'entr aider. — Nécessité d'un modérateur qui puisse maintenir les hommes dans l'ordre, et les empêcher de s'attaquer les uns les autres. — Opinion des philosophes à ce sujet.
Second discours préliminaire. Traitant de la partie habitée de la terre, des prin- cipales mers, des grands fleuves et des elimats 90 Forme de la terre. — L'Océan. — Le zodiaque. — La ligne équinoxiale. — Les climats. — La-mer Romaine (la Méditerranée). — La mer de Venise (l'Adriatique).
— La mer de Chine, appelée aussi merde l'Inde et mer Abyssinienne. — La mer d'Es-Souîs (la mer Rouge). — Le canal vert ou mer de Fars (golfe Pcrsique). — La mer de Djordjan ou de Taberistan (la mer Caspienne). — Le Nil. — L'Euphrate. — Le Tigre. — Le Djeïhoun (Oxus).
Supplément du second discours préliminaire. Pourquoi le quart septentrional de la terre a-t-il une population plus nombreuse que le quart méridional? 99 Notions préliminaires. — l/équatcur. — Mouvement du soleil dans l'écliptique. — La latitude d'un endroit. — Selon Averroès, la région équatoriale est habitée, ainsi que les contrées au delà.
Description du planisphère terrestre 106 Quelle est la portion habitée de la terre? — Les sept climats et leurs dimensions.
— On divise enaque climat en dix sections égales.
D'IBN KHALDOUN. 481 Pages.
Le PREMIER CLIMAT 4 112 Le second climat 121 Le troisième climat 1 25 Le quatrième climat 137 Le cinquième climat 1 4g Le sixième climat i5g Le septième climat 1 64 Troisième discours préliminaire. Qui traite des climats soumis à une température moyenne; de ceux qui s'écartent des limites où celte température domine, et de l'influence exercée par l'atmosphère sur le teint des hommes et sur leur état en général 1 68 Caractère particulier de chaque climat. — Les habitants des pays du Nord et des pays du Sud. — Les Esclavons. — Les Nègres. — Les Zendj. — Sur la couleur noire de la race nègre.
Quatrième discours préliminaire. Qui traite de l'influence exercée par l'air sur le caractère des hommes 174 Les Nègres. — Les habitants des pays maritimes. — Opinion de Masoudi touchant # le caractère léger et étourdi des Nègres.
Cinquième discours préliminaire. Qui traite des influences diverses que l'abon- dance et la disette exercent sur la société humaine, et des impressions qu'elles laissent sur le physique et le moral de l'homme 177 Les habitants des pays chauds et stériles sont mieux constitués physiquement et moralement que ceux des autres contrées. — Explication de ce fait. — Indication des effets produits par une nourriture trop abondante. — On peut s'habituer à vivre d'une faible quantité d'aliments. — La faim. — L'abstinence complète de toute nourriture. — Anecdotes à ce sujet. — Influence de la chair des animaux sur le corps et sur l'es- prit de ceux qui en font leur principale nourriture.
Sixième discours préliminaire. Concernant les hommes qui, par une disposition innée ou par l'exercice de pratiques religieuses, ont la faculté d'apercevoir les choses du monde invisible. Ce chapitre commence par des observations sur la nature de la révélation et des songes •.. ♦ 1 8A Il y a certains bommes auxquels J)ieu communique des révélations. — Comment on les reconnaît. — Parole du Prophète au sujet de la révélation. — Signes qui caracté- risent les personnages inspirés. — Les miracles. — Comment ils se produisent. — L'annonce préalable (tahaddi) du miracle. — Nature des prodiges opérés par un homme qui est favorisé de Dieu sans être prophète. — Le Coran est le miracle le plus grand. — De la divination. — Une ordonnance parfaite règne entre tous les êtres du monde sensible. — L'âme et la faculté perceptive. — Les âmes qui sont capables Prolégomènes, 6 1 /j82 PROLEGOMENES Page».
de s'exalter jusqu'à la perception des choses du monde invisible. — 11 y en a de di- verses classes. — La révélation. — Comment elle arrive. — Les effets qu'elle produit sur celui qui la reçoit. — La divination» — Les diverses catégories de devins. — Opi- nion de certains philosophes relativement à la faculté divinatoire. — Les songes et leurs divers genres. — Elles font une partie du prophétisme. — Comment lame se dégage du voile des sens an moyen du sommeil. — Charme employé pour se procurer des songes. — Les sachants, — Les aruspices. — Les augures. — Comment l'âme acquiert la disposition de recueillir des perceptions dans le monde invisible. — Les divers genres de divination. — Les devins. — Les augures. — Les insensés. — Les sachants. — Des paroles qui échappent à l'homme qui est sur le point de s'endormir ou de mourir. — Des exercices magiques. — Des djoguis. — Des soufis. — Des in- pirés (mohaddeth). — Anecdotes d'Omar et d'Abou-Bekr. — Les idiots. — Les astro- logues. — Les géomanciens et leur manière d'opérer. — Le calcul nommé Hiçab en- nmt. — La zatrdja d'Es-Sibti. ' — Problèmes d'arithmétique assez curieux.
•4 SECONDE SECTION. De la civilisation chez les nomades et les peuples à demi sauvages, et chez ceux qui se sont organisés en tribus. — Phénomènes qui s'y présentent. — Principes généraux. — Eclaircissements.
La vie nomade et la vie sédentaire sont des étals également conformes à la nature. 2 54 L'existence de la race arabe dans le monde est un fait conforme à la nature 255 Les agriculteurs, les pasteurs, les nomades.
La yie de la campagne a précédé celle des villes. — Elle a été le berceau de la civi- lisation. — Les villes lui doivent leur existence et leur population 267 Les gens de la campagne sont moins corrompus que ceux de la ville 259 Anecdote d'El-Haddjadj, qui reprocha à Selma de s'être arabisé. — Allusion au té- moignage de Khozeïma et au chevreau d'Abou-Borda.
Les gens de la campagne sont plus braves que ceux des villes 263 La soumission aux autorités constituées nuit à la bravoure des citadins, et leur en- lève la pensée de se protéger eux-mêmes 264 Le khalife Omar défend à Saad de blesser l'amour-propre de Zehra. — Le contrôle d'une autorité supérieure nuit à l'énergie des peuples. — L'éducation scolaire nuit à l'énergie de l'âme.
La faculté de vivre dans le désert n existe que chez les tribus animées d'un fort esprit de corps 268 L'esprit de corps ne se montre que chez les gens qui tiennent ensemble par les liens du sang ou par quelque chose d'analogue 270 La pureté de race ne se retrouve que chez les Arabes nomades et les autres peuples à demi sauvages qui habitent les déserls 271 D'IBN KHALDOUN. 483 Pagsa.
Comment les noms patronymiques des tribus perdent leur exactitude...<.. 273 Anecdote d'Arfadja.
Le droit de commander ne sort jamais de la tribu; il reste dans la famille qui s'ap- puie sur des nombreux partisans 275 Ce chapitre est tiré de l'édition de Boulac.
Chez les peuples animés d'un même esprit de corps, le commandement ne saurait appartenir à un étranger 276 Tribus qui se sont attrihué une autre origine que la véritable.
Chez les familles qui sont animées d'un fort esprit de corps, la noblesse et l'illus- tration ont une existence réelle et bien fondée; chez les autres, elle ne présente que l'apparence et le semblant de la réalité a8o Comment les familles arrivent à l'illustration. — Erreur d'Averroès au sujet de la noblesse des familles.
Si les clients et les créatures d'une famille participent à sa noblesse et à sa consi- dération, ils ne doivent pas cet avantage à leur origine, mais à la réputation de leur patron 283 La noblesse d'une famille atteint son point culminant dans quatre générations...286