ET LA Liberté' del'Homme. III- Par. 2 1 ï à-iiirc des:eg'esdu niouvemcnt; venons auï loix de l'union de i'amc & du corpsi oil M. Bayle pcn- Ic encore trouver quelque indiftcrencc vaguCjqucl- c^uc cholè d'abtolumcni arbitraire. Voici comme ii en pai'ledans làRépotife auxQiiefUons d'unPrO' vincial, (cli.84.p. idj^Toici.) C^ift une que/liin tmbarajfanta, fi lût eorft oat quelqui vtrtu aarw Ttlle de f air» du mal 01* du hien à l'ame de l'hem- me. Si l'on répond qu'oui, l'on s'engage dam un furieux hbyrimhe, car puifyue l'ame de i'hommt eft une fubfiance iinmateritUe, (/ faudra dire que le mowuemem laçai de certains ecrfs efi une caufi effciente des penfées d'un efbrit, ce qui ifi con- traire aux notions les plus évidentes que la Philo- fiphie nous donne. Si l'en réfond que non, en fer» contraint d'uvouer que l'infuence de nos organes fur nos penfées, ne dépend ni des qualités intérieures d» l» matière, ni des loix du mouvement, mais d'une inlticutioa arbitraire du Créateur, il faudra donc qu'on avoue qu'il a dépendit abfolument de la li- berté de Dieu de lier tellei 0» telles penféet de no- tre ame à telles ^ à telles modifications 4e notr» corps, après avoir même fixé toutes Us loix de i'ao' tion des corps les.uns fur les autres. D'ok il re- faite qu'il n'y a dans l'Univers aucune portion de la matière, dontle voifinage nous fuijfe nuire qu'autant que Dieu le veut bien, ©• par cerfequent que la terre ejl aufft capable qu'un autre lieu d'être le fejour da l'homme heureux Enfin il efi évident ^uepouf empêcher les mauvais choix de la liberté, il n'e/î foitit befoin de tranfporter l'homme hors de la terre, Dte» feurreit faire fur la terre à l'égard de tous les ■ aSes de la ■volonté, ce qu'il fait quant aux bonnes- teuvres desprédeflinés, lorsqu il en fixe l'événement, foit par des grâces efficaces, fait par des grâces fnffi- fantes, qui fani faire nul préjudice à la liberté font toiijmrs fuivies du confentsment de l'ame. Il lui {tr.»it aujji aiji de ^idutre fur la terre que dans le- àtl ai2 Essais sur la Bonté' de DiEuj fiel la déterminamn 4e nos amei à un bon choix.
îî'î- demeure d'accord avec M. Bayle, que Dieu pouvoit mettre un tel ordre aux corps Se aux ames fur ce Globe de la Terre, ibic par des voies naturelles, foit par des grâces cxtraordînai- lest qu'il auroit été ua Paradis perpétuel, 8c un avant-eoût de l'état celefte des bienneureax: Et rien n empêche même qu'il n'^ ait des terres plus heureulês que la nôtre: mais Dieu a eu de bon- nes raifonipour vouloir que la nôtre ibittellc qu'el- leell. Cependant pour prouver qu'un meilleur état eiit été poffible ici. M, Bayle o'avoit point be- Jôin de recourir au fyftême des caufcs occalion- ncUcs ■ tout plein de miracles, 8c tout plein de fuppolîtions dont les Auteurs mêmes avouent qu'il n'y a aucune raifonicefont deux défauts d'un iy£- témc, qui l'éloigncnt le plus del'efprit delavcrica^ ble PhiEolbpbie. Il y;a lieu de s'étonner d'abord qu« M. Ilayle ne s'cft point Ibuvenu du fj(lime de l'Har- monie préétablie, qu'il avoit examiné autrefois, 8c fyffême itout eft lie & harmonique, tout va par raifons, & rien ii'clt lailTe en blinc ou à la témé- raire difcretion de la pure 8c pleine indifférence; il femble que cela n'acroiiimodoit point M. Baylc> prévenu un peu ici de ces indidcrenccs; qu'il cona- baitoit pourtant & bien en d'autres occa£ons. Car il padôit aïlëmcnt du blanc.au ooiri non ras dans une mauvaifc intention, ou contre & contcicnce. mais parcequ'il n'y avott encore rien d'arrâté dans ioa erprit iur la qucitîon dont il s'agiflbit. Il s'ac- commodoit de ce qui lui conveaoit pour contre- carrer l'adverfairc qu'il avoît en tète; fon but n'é- tant que d'embiradèr les Phi^ofophes, & faire voir la foibkffe de notre Railôn; lit )e cioi; que jimais Arcefilas ni Carneade n'ont f^iutenu le pour & le contre avec plas d'éloquence &, plus d'cfprit. Mais enfin il ne faut point douter pour. douter, il faut il à propos ici. Mais comme dans ce que ET LA Liberté' de l'Homme. Iir. Par. 21 j ' que les doutes nous fervent de planche pour par- venir i la Veriié. C'cfl ce que je dilbis Ibuvcnt à feu l'Abbé Foucher, dont quelques échantîilons font voir qu'ii avoit defleïn de taire en faveur des Académiciens, ce que Lipfe 8c Scioppius avoicnt jfait pour les Stoïciens, Ei M. Gaficndi pour Epi- cure, & ce que M. Dacier a û bien commencé de foire pour Platon, 11 ne faut point qu'on puillë reprocher aux vrais Philofophes.ce que le fameux Cafaubon répondit à ceux qui lui montrèrent la • Sale delà Sorbonne, 6î lui dirent qu'on y avoit difpucé durant quelques fiéclcs; qu'y a- 1- on con- clu? leur dit-il.
ÎJ-*, M. Bayle pourfuit: (p.iôiî,) lUfi-aruique dtfuii ifueiei ioixiitt mouvement ent été émélleitil- Us ^iie noui les -ucyons dam le Monde, H faut i» toute neeeffiié qu'un morceau quifrafpe une )icix,l4 cjfei e^qw'Kne pierre ton:bée fur le piedd'un hom- me, y ca:ife qitelijue cantufcn, eu quelque dérangt- mtni ilci ^M iiei. Mais voilà tout ee qui peut fuiure de inHiciiiU ce tu pierre fur le corps humain. Si veut •vouiez, qu'outre cela elle excite un fentitatm de dou- leur, il faut fHfpofer l'étailijfement d'un autre Co- de, quetelui auiregU l'aélion ^ la réaBiendes corps les Hnt fur les autres; il faut, dis-je, recourir au fy^éme particulier des Icix de l'union de l'ame avec - certains eorpr. Or comme ce fyflême n'rji point nectf- fairement lié avec l'autre, l'mdïfertnce de Dieu nt cejfe point par rapport à l'un, depuis le choix qu'il » fait de l'autre. Il a donc combiné ces deux Jyftémes ai.-ec une pleine liberté, comme deux chofes qui ne l'enfuivoieni point naturellemmt. C'efi donc par unétaèliffementarbitraire q'u'ila ordonniquehi blef- fures du corps excitalfent Je la douleur da'isl'ame, qui eft unie i ce corps II n'a tenu dor.c qu'à lai de choi- Jir un autre fyflème de L'union de l'atr.e é du corps: il « donc pu en choijîr un, filon lequel les blejfuret B'extitaffm qutl'idi» durimidt, ^ mdtjtr vif» 214 Essais sur la Bonte* de Dieu,' mais agréable Je l'ufplîquer. H a pu établir que mit les corps qui fur aie m fréis h cnffrr la tête d'un kom- me.r.sh lui percer le cixiir,excit:!jjii.i une vïveidée du péril, é- 11*' ^"'^ <^^'-I^ 5"^ f' tranfportât primtement hors delà poriér du coup. Tout cela fe/ereil /.lit fins thirucle, puifqn'ily ariroii eu dtîUix générales [ur ce fujet. Le jyyt-rr.e que mus connoijfons par exptrierce nous apprend que la dé- terminaiioa du mouvement de cciiahis corps change ^ en vertu dt nos dejirs. il a donc ké pojjible 'qu'il fe fit ttne eonsbinaifo.i entre nos defirs, ijp le rnouve/nent, de eertaini corps, par hquelle les ftics niilritifsfe mo- dijiajfetit de telle forte, que h bonne difpojition de noi organes ne fût jamais altérée.
3j-f, 'L'on voit que M, Baylc croît que tout ce qui fe Élit par des laix générales & fait fans mira- cle. Mais j'ai alfcz, montre que fi la Loi n'eft point iondce eu raifons, &iic ferc pas à expliquer l'éve- □cmcnt par la nature des choj^s, elle ne peut être cxccucôe ijue par miracle. Comme, par excm-, pie, fi Dieu avoir ordonné que les corps dutlent & mouvoir en ligne circulaire, il auroic eu befoin de miracles perpétuels ou du miniflerc des Anges pour exécuter cet ordre, car il ell contraire à la nature du mouvement, où le corps quitte naturellement la ligne circulaire, pour continuer dim h droite tangente, ii rien ne!e retient. Une fuffirdonc pas que Dieu ordonne limplcment qu'une blelTure ex- cite un fentiment agréable, il faut trouver des moyens naturels pour cela. Le vrai moyen par lequel Dieu fait eue l'amc a des fentinicns de ce qui iiè paQb dans le corps, vient de la nature de l ame, qui e& reprclèntativc des corps, 8c laite en forte par avance que les rcprcftotations qui naî- tront en elle les unes des autres par une lijitc na- turelle de penfées, répondent au changement des corps.
3ffi. La reprerentariou aua rapport natarclà ce - * • ■ "qui . ©igiUîâtby Google qui doit erre repr^reiui. Si Dieu i^ilbit reprclcn- tcr k liguii; rondi: ù'un corps par l'idée d'unquar- ré, ce ktoii; uiîj.reprefencatiou peu convenable, car il y auroit des aiigles ou éminences dans la re- prelènuition ) pendant que tout Jêroit cgd Sa uni dans l'oririnal. idiepielèatatioo fupprime fouvent quelque cnoiè dans les objets, quand clic cil im- parfiiite, mais elle ne làuroît rien ajouter, cela k rendroit, non pas plus que partaîtc, mais feulfe. Outre qJe l;i fupprcirion u'l'IÏ jamais cnticre dans nos perceptions, ti; qu'il y a, daos la rcprefema- tion, entant Que coarulb, plus que nous n'y voyons. Ainli il y a lieu âc juger que les idées de k cha- leur, du fi-oiJ, dis cGuîcLirs, fiic. ne font auffi que repreientoi- ics petits mouvemens csercés dani les organes, lors qu'on iènt ces qualités, quoique la muTtiEudc & la petiteflè de ces mouvemens ca èmpSche la reprelèntation dilHn£fec. A peu près comme il arrive quenous ne ditcernons pas le bleu B£ le jaune qui entrent dans la rcpreièntation.aullî- bien que dans la compolilion du vcrd, loriqu^lc microfcope iàÏE voir que ce qui paroit vcm eft conipole de parties jaunes Si bleues.
5J-7. Il cft vrai que la même choie peut êtrcre- prci'ciitce diiTeremmene, mais il doit toujours y avoir un rapport exaol: entre la repreièn talion Se la chofe, ic par confcqiient entre tes différentes re- preicntations d'une même chofe. Les projefiions de perrpci£iive qui reviennent dans le cercle aux lèaions coniques, font voir (ju'un même cercle peut itrc reprefi-'nté par une cliipfe, par une para- bole, & par une hyperbole, mûnie par un au- tre cercle Se par une ligne droite, par un point, Kit:n n^^ paroit li diiTcrent, ni fi difiemblable, que ets fi;ïurL-s, & cependant il y a un rapport e>aél de ch^iCjLie peint à chaque point. Aulli faut-il a- youcr que chaque arae le reprcfente l'Univers fui- yant Ton point de vue, Se par un rapport qui lui zi€ Essais gvr la Bontb' de Diett, cil propre} inaU une par&ite harmonie y fubfiHe to&jours. Et Dieu voilant &ire rcprefencer la fb- ' lutioa de coatinuité du corps par un icntimcnt a^eabie dans i'ame, n'auroit point manque de Elire que cette folutïon même eût fervi à quelque pcrfeûion dans le corps, en iui tlonnant ijuelque dégagement nouveau, comme lorf^u'on eft dé- chargé de quelque tàrdeau, ou détaché de quel- que lien. Mais ces fortes de corps orginifés, quoi que poflibles, ne fe trouvent point fur notre'Glo- Dc qui manque ûns doute d'une infinité d'ïnven* tîons que Dieu peut avoir pratiqué ailleurs: ce- pendant c'eftaflêz. qu'eu égard à la place que notre Terre tient dans l'Univers, on ne peut rien 6iie de mieux pour elle que ce que Dieu y fait. Il ufè le mieux qu'il cfl polTible des loin de la nature qu'il a établies. 8c (comme M. Régis l'a reconnu aulTi au même endroit) /» loix e/ue Dieu a itn- bUes dans U nature, font les plui txctUentes qu'il ejl foffibie dt concevoir.
jj-S. Joignons y la remarque du Journal des Sa- vane du i6 Mars tjof. que M.Bayle a inférée dans Icchap. ifii.defa Réponftàun Provincial (Tom, 3. p. 1030.) i! s'agit de l'Extrait d'un Livre moderne très-ingenieux de l'Origine du mal, dont nous avons parlé ci-deffusii'on dit; que la ftlutitn gene- nlt i l'égard 4u mal ph^qMi que te Uurt donne, efl qi^il fmt regarder l'Univers, comme un OttHrAga nmpofi dt diverfes pièces, qui font un tout: que fui- V»nt lesloix étaèlies dans la nature quelques parties m fnuroiaat être mieux, que d'autres nefujfent plus mit, é* qt'il n'en refultât un fyftème entier moins fatfait. Cefrincipe (à'n-oa) éjl éon, mai 1 fi l'on n'y ajoute rien, il ne pareil pas fa^fant. Pourquoi Viett ét-l-il établi dtiloix, d'où nmjjent tant d'incon- veniens. dirontdis Philofophes an peud'fficiles! N'en m-t'ilpe'mpu établir d'autrti qui ne fujjent fujettei k tuuunsdéfatait £tpoiar trancher plus net, 4' oit vieM ET LA Liberté' de l'Homme IH.Par.. 217 3f9. Je m'imagine q.ue l'habile Anceur de cet Extrait, lors qu'il a cru qu'on pourroit refoudre la difficulté, a eu dansl'cfprit quelque chofe d'appro- chint en cela lie mes principes, & s'i] avoit voulu l'expliquer dans cet endroit, ii auroit repondu ap- MremmeHt comme M. Régis, que les loix que Dieu a établies, étoienc les plus exceUcntcs qu'oa pouvoit établir; & il auroit icconnu en même . tems que Dieu ne pouvoit manquer <rétablir det loix, & de fuivre des règles, parce que les loix fie les règles font ce qui fait l'ordre & laljcauté j qu'a- gir làns règles feroit agir fans raifoa; 5c que c'eit parce que t>ieu a fait agir toute fn bonté, que l'exer- cice de (à toute puiHance a été confoimc aux loix de la làgene, pour obtenir le plus de bleu qu'il ctoit poflible d'atteindre; Enfin que i'exiftence de certains inconvcniens particuliers qui nous frappent, eft une marque certaine que le meilleur pkn ne Krmettoit pas qu'on les évitât, Se qu'ils iwvcnt i ccomplilËaieQt du bien total, niiônticmeiit dont M.Ba^le demciue d'accord luimême eapliu d'uD endroit' 3Ô0. Maintenant que nous avons aflêz feic voir que tout (è fait par des raifbns déterminées; il ne Muroit y avoir plus aucune difficulté fUrcc fonde- ment de la préfcience de Dieu: car quoique tes déterminations ne necelTitcnt point, elles ne laif- fënt pas d'être certaines, & de ftire prévoir ce qui arrivm. il eft vrai que Dieu voit tout d'un coup toute la fuite de cet Univers, lors qu'il le c^ifitrSc ea'aînlî il n'a pas bcfoin de b liaifondcc ;p&ts avec Lncqulèï pot» ^mrcèieS^ Mais'' ' Tww* I/. K â SiS EisAi! son I-* Bonté' de Dieu, fi fieenè lui Mut choifir une te parfaittmeM bitVïiée. il ne peot manquer de vou une pnnc 5e la te dans viutie. Ceii nnedes règles de moa fyftême de l'harmonie générale. qui /e prtfint e/ï L.<lie»vmlr, &qoe celui qui voit tout, ro,t Sans ce qui eH ce qui fera. Q." pl"s eft. j ai eta- iU d'une manière,iémonaran« que Dieu volt dans chaque partie de l'Univers tout entier, à cauCs 5ïî pattiite connexion des choies- Il eft inSni- mentplus pénétrant que Pythagore, qui jnzea do la taine d'Hercule par la mefnre du veftige de ton pied. Il ne fiut donc point douter que les eSct! ie s'enfuivent de leurs caufes d'une manière déter- minée, nooobftant la contingence, & rnSnie la Mberré qui ne laiflcnt pas de fubfifter avec U ccru- tude ou détermination.
561. DuranddcSaint Portien entrautres la tort Ken remarqué, lors qu'ildit que les futurs contm- cens fe voient d'une manière déterminée dans leur! raufcs, 8c que Dieu qui fait tout, voyant tout ce qui pourra inviter ou rebuter la volonté, verM là,- ' 3edans le parti qu'elle prendra. Je pounois alle- Bucr beaucoup d'autres Auteurs qui ont dit la mê- me chofc, S la Raifon ne permet pas qu'on en puiiTe juger autrement. M. Jaquelot inltnue aufli (Conform.p.3i«.8creqq.) comme M. Bayfc le re- marque (Rép.au Provinciil,ch. t+i.tom-î. p. 7 pû.) queles difpofitions du cœur humain, £c celles des circonftances font connoître à Dieu infariublcmeiit le choij que l'homme fera: M. Bayle ajoute que quelques Moliniftes le difent anfli. 6c renvoie i ieuii qui font rapportés dans le S«»»u Cnawri» de PierredeS.IofephFeuillant, pag. f79!^?-..
-6a Ceux qui ont confondu cette détermina^ tion avec la necelfité, ont forgé des monftres pour les combattre. Pour éviter une chofc lyifonnable qu'ils avoient marqué d'une figure hideufe, itetone ET LA Liberté' DEL'HoMME.III.PAaT.arj ■obligés d'admettre une neceffité imaginaire, ou du moins autre que celle dont il s'agit; ils ont admis quelque chofe qui arrive iàns qu'il y «n ait aucuae caufc, ni aucune raiJôn, ce qui elt équivsdoit à la déclinaifon ridicule des atomes qu'Epicure hUbIt arriver fans aucun fujet. Ciceroa dads fan Livre de la Divination, i fort bien vu que â la caolS pouvoir produire un ef&t poor ]«qael fût e»> lier.ement indifTercnte, il y auroit un Trai'hasard, une fortune réelle, un cas fortuit ^StStif, c'eft-i* dire qui le ferott non feulement par npportànoiu Se à notre igaorance, fiiivant ItqueUe on peut dire: Mais mimbpar rapport à Dieu, 8c 1 la nature dei cho&s i 8c par coaièquent il &roit ifDpofTible de prévoir les evenemens en jugeant de l'avenir par!« pafTé. It dit encore fort bien au môme endroit: ^ui fott^ pravideri, quicquam fulurum ejfe, quoi neqHt caufam huiit uUnm neqat notam, nirjutit- rum fit i Et un peu après; Kihil eft le.m coiitra- rium ratmié' confiantU, quàm fcrtana; ut mihi Ht in Deum quidem cadere vidtatiir, uifciai quid tafu à' fcrtmto futurum fit. Si mim fclt, ctrtt tlin4 tvtnitt, fin certi tvenitt, mdla forium ejf. Si le futur e certain, il n'y a point de fortune, niais il ajoute fort mal: ÈJl auttm fertuna, rf- rm» igitar firtuitarum nulUfnfen^o efl. H y » une fortune, donc les évenemens futurs ne fiu- roient êtreprévus. lidevoit conclure plutôt que les évenemens étant prédéterminés S; prévus, il n'y a point de fortune. Mais il parloir alors con- tre les Stoïciens, fous la ^rfbnna d'un Acadé* aidai.
XtO EsSMS SUR LA BoMTZ* DS DlEV^ Dieu h prcvifion des évenemcns. Car comme Ciceioii tiit dans ic même Livre: Stqilitiir fcm Di9s igfwrare, quidomnia aèihJîntanfiàatM^ Et fuivant mon Çy&ème, Dieu ayanr vu le monde polTible qu'il a relblu de créer, y a tout prévu: de Ibrte qu'on peut dire que la Science divine de vi- fion ne diffère point de la fcience de finiple iatet- ligcncc, qu'en ce qu'elle ajoute à la première h CDimoif6ncc du décret effcftifdcchoifircettefuite '(les chofes que b fiinple îacelligeoce ^ifoit déjà connoîtrc, mais feulement comnnepoflible, &ce décret feitmaintenintl'Univcrsaâuel.
364. Ainfi les Socinicns ne &uioient £tre ez-t cufables de Tefbfer à Dieu ]a Jcience certaîoe des chofes futures, & fur-tout des rélblutîons futures d'une Créature libre. Car quand même ils fc fe- roîcnt imaginés qu'il y a une liberté de pleine in- différence i en forte que la volonté puiflê choilir fans fujet, £t qu'ainfi cet effet ne pourroic point être TU dansfacauft, (ce quïcftunegrandeaufur- diié,) ils dévoient toujours c.onlidcrer que Dieu a voit pu pré y oir cet événement dans l'idée du Mon- de pofliblè qu'il aréfolu de créer. Mais l'idée qu'ils ont de DteUi cfl indigne de l'Auteur des chofes, & cénind peu à l'habiStc, & à l'efprit que les E-. crlvjins de ce parti font fouvcnt paroître en quel- œies dîlcuflions particulières. L'Auteur do Ta- bleau dû Socinianifme, n'a pas tout à tair tort de 3ire que IcDieudes Socinïens lèroit ignorant, im- puiflàftt. comme ie Dieud'Ëpicure, démonté cha- que jour par lis évenemens, vivant au jour la journée, s'il ne fait que par conjeÊlurc ce que les hommesvoudront.
jôj-. Toute la difficulté n'ett donc venue ici que d*4iiic feulTe idée de U contingence & de la liberté, qu'i)a croyoit avoir bcfi-in d'une in différence plei- ne ou d'équilibre: chofe imaginaire, dont i]n"y a jii4dée lûexcmple» Sciln'yea jjkuoicjaouts avoir.
I igiii I il lif I 'llliyfi] ET LA Liberté' de l'Homme. tll. Par. 211 Apparemment M.Defcartes en avoii été imbu daiu ià jeuntin; dans ic Collège de la Flèche: c'eft ce qui luiaiâitdire ( i. pjft defes Principesarc.41.) Noire piajee tft finie, O'Ufàenceé'l'i'fe fuiff/incè Je Dieu, par UijuelU il » non feultment cmnudt ■ toute éternité leut ce quiejî, e» quiftMilrt, maît hu^I'uvouIm, efi infinit; ee qui fait tfut^out avens iieo affëx. d'inttUigencefthr cmnoUrt clairement Majiittfftmem que telle fmffance ^ cetit fiience «jl ea-DitUi mats que mut n'enavens pas njfez, peur esmfrtndrt telUmeittleur éienduë, qMtnta>piii£îoai fitvoir comment elles laijjent tes aHioni des hommes entièrement libres, é" iniiéierminées. La fuiteadéj» été rapportée ci-deHus. Entièrement Itères, cela Ta bien, mais on gâte tout, en ajoutant, entière- ment mJétmainées, On n'a point bcfôïn de-icien- cs' infinie pour vtàr ^ue la pré(clience 8c la provi- dence de Dieu laiflént la lihcrtéà nos aâions, pui» Îiue Dieu lcs a prévues dans les idées telles qu'elles ont, c'eft-à-dire, libres. Et quoi que Laurent Valle dans fou Dialogue contre Boèce, (dont nous- rapporterons tantôt le précis ) qui entreprend fort bien de concilier la liberté avec la préiciencc, n'o- lècrpercr de la concilier avec la providence; iin'y A pourtant pas plus de difficulté, parce que le de-' eret de faire exiller cette aûion n'en cbangc pa^ plus la nature que la fimple coDDoiŒuicc t^on cn- a. Mais il n'y a point dé Icience, quelque infinîer qu'elle ibit, qui puiflë concilier la iciencc & 1»' providence de Dieu avec des aâions d'une cauiê mdécerminée, c'ell à-direavcc un Etre chimeriquc- ficimpolTiblc. Celles de h volonté le tiouventdé- terminccs de deux manières, par b préfeience ou' providenccdc Dieu, Se aufli par les difpofinons de' la caufe particulière prochaine, qui-confilteotdans- les inclinations de l'ame. M. Ddcartes écoit pour les TbomiAiEs fur ce poiott mais il ccrivoic avec &s. ménagemeDa oroinairei poiv ne & poinc' K } biouilr Il mîUiHX.
ail Essais sint la Bonté' de Diett," lirouiUer avec quelques autres Théologiens.
365. M. Bayle rapporte ( Rep. au Provine. ch. I4i.p. 804. Tom. j.) que le P. Gibieuf de l'Ora- toîrepublia un Traité Latin de laliperté de Dieu te de laCiéature> l'aa 1630. qu'oir'fi: récria con- tre lui, 8c qu'on lui Et voir un recueil de 70. con- tradiûîons tirées du premier Livre de ion Ouvra- ge, 8c que vingt ans après le Pere Annat Confes- ^ur du Roi de France, lui reprocha dans foa Li- »re 4e iaeencl» liiirtati ( ed. Rom. 1 6/4. in 4.) le £lence qu'il gardoit encore. Qui ne croirait (ajou- te Monlieur Bajle) après le fracas des Congréga- tions Je AuxHiis, que les Thomi fies en feignent des choies toucfaantlanaiure du Franc Arbitre, ejuie- Tcment opporées au {èntiment des Jefuites? & néan- saoins quand on conBdere les paQages que le P. Annat a extrait des Ouvrages des Thomides (dans un Livre intitulé, Janfetiiui » Tbomifiii gratU fir fi iffam trench dtfinfmbiu, cotidemnum, impri- mé à Paris, l'an iâf4- in4. ) on ne £turoit voir au fond que des dilputes de mots entre les deux Sentes. La grâce efficace par elle même des uns lailîc au franc arbitre tout autant de force de ré- lîfter, que les grâces congrues des autres- M.Bayle croit qu'on en peut dire prefqu'autani de Jani'e- Dius lui même. C'étoit (tJit-il) Un habile hom^ me, d'un efprït fyAetnatique, Se fort laborieux. Il a travaillé 13., ans à fon jtugufiinui: l'une de fcs ▼ues a été de réfuter les Jefuites fur le dogme du Franc Arbitre, cependant on n'a pu encore décider s'il rejette, ou s'il adoptelalïbertéd'indifferen- ce. On tire de fon Ouvrage une infinité d'en- droits pour 8c contre ce Sentiment, comme le Perc Aanata ftit voir lui-même dans l'Ouvrage ^'oa vient de citer de inceacî^ Uéeritie. Tant il eft aifê de répandre des ténèbres fur cet article, comine M- Bavle le dit en Unifiant ce dilcours^ Quant utF..Git)ieuf*: ïLâuit arouct qu'il change.
CT LA Liberté' DE l'Homhe.III.Paii. 333 fiiuvcDt la fignification des termes, &quepar con- séquent il ne iàtisfaîc point à la queClioa en toutr quoi qu'il dife ibtivcnt de bannes cholês. - jâ;. En effet > h confulioQ ne vientle plusfou- vcQtquedcrcquivoqucdcstermcs.&dupcude loin flu'on prend de s'en ^ic des notions diAinâes. Gela &it naître ces contellatioas éternelles, & le plus fouvent mal entendues, ruilanece0ité&furla contingence, fur le podible, & fur l'impolTiblev Mais pourvu qu'on conçoive que la oecéfltté'Sc lia poUtbilité prifes mccaphyfiqucmenC & à la ri- gueur, dépendent uniquement de cette quellion, li l'objet en lui-même, ou ce qui lui eft oppofé, implique contradiâion ou nonj Se qu'an conlidc- re que la contingence s'accorde fort bien avec les wclinations, ouraiiôas qui contribuent à faire qoc Jkv<Joaté Ce détermine j.pourvu encore quoit Jàcbe bien diftinguer cntre-U necelTité 8t. «itre la détermination oucertitude, entre la neceflité meta- ^hylique, qui ne lailTe \iea i aocun choix, tie pre* lèntant qu'un feul objet pofTiblc, & catrc la necelTiC^ morale, quioblige leplus (àgeàchoifit le meilleur: Enfin pourvu qu'on le défalTc de k chimère de la pleine indiSèrencc, x^ai ne fe fàuroit trouver que dans les Livres des Phîlofophcs, & fur le papier, (car ils n'en iàuroient pas même concevoir la no- tion dans leurs têtes, ni en faire voir la réalité par aucun exemple dans les chofes ) on foriira aifémcnt d'un labyrinthci dont l'efprit humain a été le Dédale malhetireqx, Se qui a caulè une infinité de defordre»* tant duo, Isi Anciens que chez les Modenwc, juiqu'à porter les hommes à ]a> ridicule erreur du fôpnifme parcflcux, qui ne diffère gucres du deftin à la Turque. Je ne m 'c- tonne pas, fi dans le fond les Thomiftes & les Je- fuitcs, & mêmes le Moliniftes &; les janfcnilles conviennent entr'eux fur ce fujet plus qu'on ne croit. Un Thotnitie. St même ua Jaofaùfte &- Z14- Essais sur la BoNTe' de DiEtr^ ge le contentera de la détermination certaine, lâni aller à la nccelTité; & li'quelqu'un y va, l'erreur peut-être ne fera que dans le mot. Vu Molinifte ugc Ce contCDKra d'ane indifférence oppolce à la neceflité, mais qui n'cxclurra point les inclin»- tFûns prévalantes.
Ces difficultés cependant ont fort frappe M. Bayle, plus poric à les ^irc valoir, qu'à les relbudrc, quoi qu'il y eût peut-être pu rcullîr au- tant que perfonne, i'il avoit voulu tourner fou' efprit de ce côtc-là. Voici cc qu'il eadildansfi» DiiSionnaire.artic, Janfenius, let.G ^.lôtô.^utlr qu'un H dit t^ue les rfaliera de la Craei fmt un O- ecan, qui t/a ni rive nifovd. ttut-étre auToit'il farliflutiuf.t, l'ti Iti avest- cimpariti M Ftrt A idfjffiae, va l'on tft teujemv ta dangtr ii tmhtr jAni m icKt'd, qmmk «n tÂcht 4'tn éviter ta- MÊtn.
Utxtmm SiyU» UiHS, leevum im^nt» Cb*^ - OijidtP.
Taul fi réduit enfin à ceci: ^dama-t-il ptchilibrii menti Ji vous ré fondez, qu'ont, donc, veutdir»-t-en, fa chute n'A pas été frivuS; Si veuirifmdex. qui non, donc, t;ous dirtt-t on, iln'ijl fèh>t coufaUe. ■ Vous écrirez cent volumef eentrittmt euVtiMrt de ces confequencei, néanmoins veut Avouerez, ou que U frévifioa infiiilliile d'un événement contingent, efi un myfiere qu'il eft imfo0il* de concevoir; bu que la manière dont une Créature qui agit fans liberté; feche pourtant, efl tout à fait incomprthenfible.
369. je me trompe tort, ou ces deux préten- dues incomprehenlibilités cellênt entièrement par DOS fol ut ion s. Plût à Dieu qu'il fût aulTi aifé de té pondre à la qucltion, comme il &ut'bicnguc- lirlufi^KQ, K comment il fiiut.éviter les êcueils ' de.
KT LA- LlBERTtf fiE L'éfoMWE.litpA». 2Sf de deux maladies chroniques qui peuvent naître l'une en ne guériflànt point Ja lièvre, l'auire en là guéniiànt mal. Lorsqu'on prétend qu'un (ivene- Hienclibre ne iàuroitétreprévu, on confond la li- herti avec. IHndétarmination ou avec rindiâcrcDcc pleine 8c d'équilibre: & lors qu'on veut o^e le dé- £iu[ de la lÏMrté empècheroit l'horamed'ïtre courblC) l'on entend une liberté cxenitc, nonpasilc déuiminaiion, ou de la ccrtîtuJe, nîiis de là oeceffité &<ic la coiitraiiue. Ce qui fait voir que le- dilemme n'ell pas bien pris, £c qu'il y a un pas- ûge large ciurc les deux ecueils. On répondra donc qii'Adaui a peclie librement; & que Dieu l'a vu pechauc dins l'état d'Adam pollîbic qui cil devenu aiâuel, lUiv-antic décret delapemiiilion Divine. Il cil vrai qu'Adam s'eft déterminé à pf cher enfuïte," de certaines inclinations prévalantes, mais cette dé- termination ne détruit poîiU li contingence, ni la iibettéj Ec ladétermination ccrtaine^ti'il y à dans V^mmc à-pccbcr,.ne l'cmpëche p.oint'dc pouvoir ne point pecheci-t^blblunieat iur]ant)-St:, puts- qki'il Rcche. d'ftrc. coupable Se dé mériter la pu- nîtionV d'autaor que cette punition peut fèrvir à lui ou à d'autres, pour contribuer à les déterminer une autre fois à ne point pécher. Pour ne point pLîrler delà juJticc vindicative, qui va au delà da dédommagement & de l'amendement, 2c dans la- quelle il n'y a rien auffi qyi'foit choqué par la dé- termination certaine des réiblutions contingentes de la volonté. L'on peut dire au contraire que les peines Ec les récompenfcs fèroieDi; en {artîë inuti- les, & manqucroicnt l'un de leurs butS'i qui eft l'amendement,. fi elles ne pouvoir» point contri- buer à déterminer la. volonté à mieux faire une au- tre fois.