SigPhi · Leibniz

Essais de Théodicée sur la bonté de Dieu, la liberté de l'homme et l'origine du mal

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MM», qu'at-tu que tu n'aies rtfu! Et. t. Cor. KLtf. ily a Jiverfité d'OperAtioas, mais il y a un toixse OÎM qui optre toutes chofes'en tous. Et Epheft II.. 10. Nous fiimmes fon ouvrage, étant créés en fe^ fuS'Chr^ abonnes œuvres que Dieu a préparées, afin que nous y marchions. Et Phiiipp. H. ij. C'efi Dieu qui produit en vous ^ le vouloir^ le parfair* frbiffméonplaifir. On peut ajouter à ces jaint- 'CBM4»wi'4^ &nit0iea -«iittur ^ toute gnee- %K Réflexions SUR LE Livre fc de toutes les bonnes inclinations, 8c tous ceax qià dilènt que nous ibnimcs comme morts dans le fi 10. Voici mamtcnsint les pafiâgcs neutres icïon- M, Hobbes. Ce font ceux ou l'Ecriture Sainte dit «jue l'homme a le choix d'agir s'il veut, ou de ne point agir, s'il ne veut point. Par exemple, Deu- ter. XXX. 19. JefTins aujourd'hui à témcia ItCitt ^ U Tent contre -vous, que j'ai mis Vivant toi U viê lu meri;choifis donc i* vie.ajîn que tu vivti, tri- é- tafofliritlZt Jof.XXIV., f. Chc>^Jftx.aitjourd'imi i/ui vous •veulet.fervir. Et Dieu dit à Gad le Pro- phète. i.Sam. XXI V, II. Va, dis à D»vtd: atnfi « Jitl'Ettneli j'af^rte treh chsjts contre toi. Cheifu l'une dettreii, afin que je te la f âge; & Eiày. VU. lô.jufqu'àce que V enfant faebe rejetter le mal, choi/ir le hien. Enfin les pafiàges que M. Hobbes. reconnoît paroître contraires à Ibn fentiment, font tous ceux où il ef^ marqué que la volonté de l'hom-. me n'efi point conforme à celle de Dieu, comme E£ay.V.4.^«^ a-voit il plus à faire H ma 'viptt qut j» ne lui mie fait! pourquoi ai-je attendu qu'elle frù— jHish Jet raifîns, «J^ « produit des grappes JkuvM-. pl. Et Jerem.XIX.f.I/f ent iàti de hautsUeux m SmM, peur èruUr au feu leurs fis pour holocaujlH k Bahat, it qui je n'sti pnrit commandé, ^o"* je n'ai point parlé, ^ ù quoi je n'ai jamais penfé. Et Ofée Xlil. 9. O ifraël, ta defiruaion vient de toi, mais ton aide ejl eo mot. Eti.Tim.II.^. Bieuveut que tous les tommes foient fauvex,, qu'ils vien~. tient à la eonnotffanee de la -veriié. Il avoue pou-.

voir rapporter quantité d'autres paflàges, comme cpuxqui marquent que Dieu ne veut point l'iniqui- té, qu'il veut k ûiut du ^cheur, Ec generaicmcnc Cous ceux qui font connoitie que Dieu commande lebiêo Scidéfend le nul.

.'11. Uiépoad i ces paflàges ^uel^ ne vent pu fo&joun CB qa'il ççgimw^s o wn aw. lon^'a.

I by Google ■CDminanda à Abraham de facrilier fon fils; 8c que (à volonté revcléc n'cft pas toujours Jà volonté plei- ne ou fon décret, comme lorsqu'il reveia à Jonaj ■■que Ninive périroit dans quarante jours. Il ajoute aulTi que lorsqu'il eft dit que Dieu veut ie falut de tous, cela fignifie feulement que Dieu commande que tous fiillênt ce qu'il faut pour être fuivcz: 8c que lorsque l'Ecriture dit que Dieu ne veut point le péché, cela fignifie qu'il le veut punir. Et quant au Teftc, M, Hobbes le rapporte à des manières de parler humaines. Mais ou lui répondrai qu'il n'eft pas digne de Dieu que fa volonté rerclée ibit op- pofée à fa volonté verittib^:quecegu'ilGt dire aux Niniviies par Jonas,étoit pIûtAt une menacequ'u- ne prédiction, & qu'aînfi la condition de i'impcDÎ- tence y étoit fous-entendue: autTt les Ninivites le pi irent-ils dans ce fens.On dira aufli, qu'il efl bien- vrai que Dieu commandant à Abraham de &cci- ficr fon fils, voulut i'obéillâncc, & ne voulut point l'aélion, qu'il empêcha après avoir obtenu l'obéis- fance, oar ce n'étoit pas une aitïoii qui méritât par e:lc-mi;me d'être voulue". Mais qu'il n'en eft Îas de même dans lesaâîons qu'il marque devou- jïr pofitivement, & ^ui font en cflèt dignes d'ê- tre 1 objet de là volonté. Telle clt ta piftè, la cha- rité. Se toute aâion vertueufè que Dieu comman- de; telle eft l'omiffion du pèche, plus éloigné de la pcrfeâion divine, que toute autre chofc. 11 vaut donc mieux incomparablement explique: la volon- té de Dieu, comme nous l'avons tait dans cet Ou- vrage: ainfi nous dirons que Dieu, en vertu de là Jôuveraine bonté, a préalablement une inclination fcrieulè à produire ou à voir 8c à faire produire tout bien & toute aâion louable 1 8c à empêcher, ou à voir & à feirc manouer tout mal, 8i toute ac- tion mauvaife; mais qu'il eil déterminé par cette même bonté, jointe à une làgefTe infîiïie. Se pac Jeconcoursinémcde toutes les incUnations ]^ 'aV ^. Ttmt II. N ^ ' b;« 'M9!REFt*E£IONS SUR LE LlVSE tics & particuiicres envers chaq^ue bien, & envers l'empéciiement de chaque mal, a produire k meil- ^ ]mir (tefliéîn poHible des clwlèsi ce qui iûx. iâ to-^ i Iflnté finale & dccretoîre; que ce dcllbin du ^ meilleur étant d'une toile nature, que le bien y doit être rehaulTé comme la luinicri; par les om- brages de quelque mal, incomparablement moin- dre que ce bien; Dieu ne pouvoir point exclure ce mal, ni introduire certains biens exclus dans ce plan, lâns fâircdu tort à fa fuprèmeperféfflioni Ec que c'eft pour celaqu'oudoit dire ^u'ila |)erniis Icpecncd'au- trui, parce qu'autrement il auroitfàït ]ui-mêmcunc aâion pire que tout la pCché des Créatures.

la. Je trouve ^ue l'Evâqtie de Derry a au moins r^Jôn de dire article XV. dans fa Repii7. que, p. ij-j, que le fentiment des adverfaires eft contraire à la pictc, lorsqu'ils rapportent tout au Icul pouvoir de Dieu, Se que M. Hobbes ne devoir point dire que l'honneur ou le culte eft feulement un figne de puiiTancc de celui qu'on honore, puis qu'on peut encore & qu'on doit teconnoitre Se honorer la ragcllc, la liontc, ta }uûice & autres pcrfeiSions. îAngnos facile Imi- dtmui, iomu Uotnter i que cette opinion qui dépouille Dieu de toute bonté S; de toute juuî- ce véritable, qui le reprelènte comme un Ty- ran, ufànt d'un pouvoir abfolu, indépendant de tout droit & de toute équité, 5c créant des millions de Créatures pour être malhcurcufes é- terncUcment, & cela fans autre viie que celle de montrer là puiflance; oue cette opinion, dis- je, eit capable de rendre les hommes très-mau- vaîs, & que li elle étoit reçue, il ne faudroit f)oint d'autre Diable dans le monde pour brouil- cr les hommes entr'eux 8t avec Dieu, com- me le Serpent fit en failànt croire à Eve que Dieu lui âéfendant le fruit de l'arbre ne -irou- loit point ion bien. M. Hobbes. tâche de parer...ce UE M. HoBBBs: 291 « coup dans fa Duplique ( p, 160.) en dilàut que la bonit; ell une partie du pouvoir de Dieu, c'eft-à-duc ic pouvoir de le rendre aimable. Mais c'ell: abulèr des termes par un taux- fuyant, it confondre ce qu'il faut diftingueri & dans le fond. Il Dieu n'a point en vue ie bien des Créa- tures intelligentes, s'il n'a point d'autres principes de h jultice que fon fcul pouvoir qui le hit pro- duire ou arbitraïrement ce que le liazaid lui pre- icnte, ou nccclTaireincat tout ce qui & peiitj £u)s qu'il y aie du choix fondé fur le bien: comment peut il fe rendre aimable? C'ciï donc la doc* trine ou de la puillànce aveugle, ou du pouvoir arbitraire qui détruit la pieté: car l'une dctruit Ic principe intelligent ou la providence de Dieu, l'au- tre lui attribue des a£tiot;sq\it conviennent au mau- vais principe. La juftice en Dieu, die M. Hob- bcs (pag- i6t.) n'cil autre cholè que le pouvoir q^u'il a, & qu'il exerce en diftribuant des bénédic- tions ôc des affligions. Cette définition me fiir- prend, ce n'cll pas le pouvoir de les diftrîbuer, mais la volonté de les diftribuer raiibnnablemcnt, c'eft-à-dijc la bonté guidée par la lagcilc, qui feit la jul^ice de Dieu. iVhis, dit-il, %i juflice n'eft pas en Dieu comme dans un homme, qui n'eft jufte que par l'obrervation des loix faites par Ibii luperieuT, M. Hobbes fe trompe encore en cela, aulTi-bicn que IVI. Puffendorf qui l'a fuivï; h jufti- ce ne dépend point des loix arbitraires des fupcrieurs, mais des règles éternelles de la fagelîc Bc de b bonté dans les Iiommes, uulTi-bien qu'eu Dieu. M, Hobbes prétend au même endroit que la Jàgeflè (^u'on attribue 3 Dieu ne conlllle pas dans une difcuflton logique du rapport des moyens aux fins, mais dans un attribut incomprehenllble attr^é à une nature incomprehenllble pour l'ho- norer. Il {èmble qu'il veut dire, que c'cfl unie 'Seiàiqaoi, attribuéàun je oc ûtquoi, 8c meaçi Retlexions sur le Livre me une qualité chimcritjue donnée à une fublian- " ce chimérique; pour intimider & pour amufer les peuples par le culte qu'ils lui rendent. Car déiste fond, il eft difficile que M. Hobbes ait voc autre otinion Dieu Se de £i lagefTe, puisqu'il n'admet que des fubllances matenelles. Si M. Hobbes étoit en vie > je n'aurois ^de de lut attribuer des lentimens qiii lui pourioient nui- K, mais il eft difficile de t'en exe m ter; il |)eut s'être ravifé dans la fuite, car H eft parvenu a un grand âge, ainfi j'efpere que les erreurs n'auront point été pernicicufes pour iui. Mais comme el- les le pourroient être à d'autres, il eft utile de donner des avertiïTcmens à ceux qui liront un Auteur, qui! d 'ailleurs a beaucoup de mérite 9 2c dont |on peut proGter en bien des manières. Il eft vrai que Dieu ne railbnne pas, à propre- ment parler, en employant du.tcms comme nous, pour pafTer d'une vérité il l'autre: mais - comme il comprend tout à la fois toutes les vérités 8c tomes leurs liai&ntsi il coanoit toû- çrâ.les confequences, 8c' il renferme éminem- ment en lui tous les loilbnnemens que nous pou- vions £ûrc. & c'cft pour «la même que là fàgefis «ftparfiùte.

-Oigilizea by CoO^e REMARQUES SUR LE tlVRE B E t'ORIGINE DU mal; "r. A^Ew dommage que M.Bayle n'ak vuque Ics' \^fW«^2wMdc ce belOuvragc.qui fc trouvenc 'danslés Journaux; car en le iifaiit' lui-même £c en -l'examinant comme il faut, il nous auroit fourni une bonne occalîon d'éclaircir plaljcurs diiîîcultez qui naiffent 8c reniifiênt comme la tête de l'hydro, dans une matière où il eft aifé de fe brouiller, quand on n'a pas en vuë tout le fyfiême, 2c quand on ne" Ce donne pas la peine de raifonner avec rigueur. Car il faut favoir que la- rigueur du raifonnemeiK bât dans les matières qai paflènt l'ima^nation, ce que les figures font dans la Géométrie s puisqu'il nut toujours quelque chofe qui puifîè fixer l'atten- tion, & rcnJic les méditations liées. C'eft pour- quoi lorsque « Livre Latin, plein de favoir &: d'é- legance, imprimé premièrement à Lendrei, ^ pnà réimprimé à Brème, m'ed tombé entre ies main'â) j'ai jugé que li dignité de la matière 8c le mérite ile l'Auteur cxigeoicnt des conlîderations, que mô« medes'Lcûeurs me pourraient demander) puis- que nous ne Ioihuns de mâmeJèntîminit que dam ;eç4- Remarq^uks SUR LE Livre la moitié.du fuja. En cffei, l'Ouvrage conienant ■ ciutj chapitres,v f; ]e cifujuicnie avec l'Appeii^ite égalant les autres en grandeur, j'ai remarqué qoc les quatre premiers, où il s'agit du mal en gcncwl, "Ce du mal pîiylique en particulier, s'accordent as- lèz, avec mes principes (quelques endroits particu- liers CKCcpteaJ & qu'ils développent même quel- quefois avec force & avec éloquence quel- ques points, où je n'avois tait que toucner, parce que M Da7le n'y afoit point mfifté. Mais le cinquième chapitre avec fes lèélioni (dont quel- ques-unes égalent des chapitres entiers) parlant de la liberté 8c du mal monil qai en dépend, cft bcti fur des principes oppofcz aux miens, & même fou- vent à ceux de M, Bayle, s'il y avoit jnoyen de lui en attribuer de -fwes. Car« cinquième chapi- tre tend à iâire voir, (lî cela iè pouvoit) que k vcriuUe liberté dépend à'vae indifférence d*equili' brc, vague, entière, £c ablblue; en forte qu'il n'y sit aucune raifon de le déterminer, antérieure àiâ détermination, ni dans celui qui choilit, ni dans l'objet; & qu'on n'élife pas ce qui plaît, mais qu'an elifant ûns fujcc, on feiïê piaii>e ce qu'où eiit, a.Cc principe d'une cîcfVion faos caufc £t fens railbn, d'uneéteition,dis-je, dépouillée du butde kiâgeiTe, fcdela borné, cft confidcré par plufieurs comme k grand privilège deUicu&des fubftances intelligen- tes, & comme h fource de leur liberté, de leuriâti»- faâion, de leur morale Ëc de leur bien ou mal. Et l'imagination de fe pouvoir dire indépendant, ma - ièulcment de l'inclinitton^inais de la Rsilènm&ne en dedans, & du bien ou à* toti an dehors, eft peinte quelquefois de lî belles couleurs qu'on k pojrtoit prendre pour la fias eitceilcnte choie du monde; & cependant ce n'eft qu'une imagination creufe, une fuppreffion des raifons du caprice dont on ië gloriEc. Ce qu'on prétend eft im^-olTiblc, mais s'il avoit lieu, il fcroir nuifible. Ce caraile- re imaginaire pourroit être acEribué à quelque Don Juan dans un Feftin de Pierre, & même quelque omme Romanefijue pourroic en affeâer les aj>pï-. rences & fe perfuader qu'il en a l'efiët: mais il ne fe trouvera jamais dans la nature une éleâion, oà l'on ne fbit porté par la reprcftntation antcriAiic du bien ou du nui,par des inclinations ou par des raifons; & j'ai toujours dcRc les défenlèurs de cet- te indifférence abiblué*, d'en montrer un exemplé. Cependant ii je traite d'imaginaire cette éleâion, où l'on fe détermine par rien, je n'ai garde de tnl- ter les défcnfeurs de cette fuppofition, & fur tout notre habile Auteur, de chimériques. Les Peripi- teticiens enfcignent quelques opinions de cette na- ture, mais celeroit la plus grande injufticcdu mon- de de vouloir méprilèr pour cela un Oecam, un Suilîèt, un Celàlpia, un Conringius, qui foute- noient encore quelques lentimens de l'Ecole qu'on a réformés aujourd'hui.

3. Un de ces fèntimcns,mais refliifcité Bc intro- duit par k baflë Ecole, Se dans l'âge des chimères, éA l'indiScrencC vague dans les élevions, OU le ha- sard réel, iihaginé dans les Ames; comtnC Jî ri£li nous dohnoit at l'iaclitiatiog,. lorsqu'on ne G'eb appergoic pas dilUnâement; Se comme' Il un eSiK pouvoit iae lins cauiès, lorsque ces caulcs loift imperceptibl«[ c'eft à peâ près c^mie quelques'- 11ns ont nié les eor^itlcutes iDfenlIbies, parce ^xx'ik les voient point. Mais comme les Philofophes modernes ont réformé les fentimens de l'Ecole, en montrant félon les loix <h la naiitre ecirjiorelle, qu'un corps ne iàuroit être mis ea mouvement que par le mouvement d'un autre qui le poulîét de même il fiut juger que nos Ames (en vertu des hix de l» Tiatiire ffîriiueUe) ne iàuroient être mues que par 'quelque raifon du bien ou du malt lors même cjae la conDoiflà&cc-dtAjafie n'm &uroît4tre dsinêiea, . N 4 • > '99<ï RSMA1t.Q.VES SVK LE LlVRlT à cauîc d'une infinité de* petites perceptions qui BOUS rendent qnclqui^tbïs joyeux, chagrins, & diâëremraent dil'poies, Se nous (ont plus goûter ïinc choie que l'autre, ûns qu'on puilTe dire pour- quoi. Platon, Arilloïc, & même Thomas d'Ac- (juin, Durand, & autres Schuhfliquei des plus fo- lides, railonnent h-dcflus comme le commun des hommes, 6c comme des gens non prévenus ont toujours fait. Ils mettent la liberté dans l'ufage de 'la Railbn Ëc des inclinations qui font choilir ou re- buter les objets; & ils prennent pour conftant-que sotre volonté cft portée à iès éleàions far les biens ou les maux, vrais ou apparents, (ju'oti conçoit dans les objets. Mais entin quelques Philoiophes unpcutropfubtils ont tiré de leur alembic une no- tion itfexpUcaUc d'une cleflion indcpeniianie de quoique ce Jbit, qui doit f^ire merveille pour re- &adn toutes les difficultez. Mais elle-même don- ne d'abord dans une des plus grandes, en choquant le grand principe du railbnnement, qui nous fait toujours ruppolër que rien ne le ^it fans quelque caufc ou railon fuffilamc. Comme l'Ecole oublioit fouvent l'application de ce grand principe, en ad- mettant certaines qualités occultes primitives, il ne faut point s'étonner lî cette fîâion de l'indiiîcreo- cc vague y a trouvé de l'applaudi fie m ent, £t fi mê- me des excellens hommes en ont été imbus. No- tre Auteur, dcfabulë d'atIJeuis de beaucoup d'eii- leurs de l'Ecole vulgaire, donne encore dans cette fiâion, mais il eft lans doute un des plus habilec qui l'ait encore &utenuë.

Si Fergama dcxtrà lytftndi pejfent, etium hae dcftnfa faijfint.

I] lui donne le meilleur tour poflible, Se na k montre que de ion beau côté.- 11 iait dépouiller, la Spontansïcé k la Raiibn de leurs avwtages, £c les donne.

- DE E'OrIGINB DU MalT- 297'- donne tgus à l'indifférence vagaej ce n'eft que par cette iodillerencc qu'on cil aâif > qu'on relîlle aux rlicureu& oeceOitc nous oblïgeoit à \Âea cnoi- Notre Auteur avoïc dit de belles cbofes ^iir l'origine Be lur les raiibns des maus naturels; il n'a- ■ Toit qu'à appliquer les mêmes principes au mal Diorah d'autant qu'il juge lui même que le mat moral devient un mal par les maux phylïques qu'il caufc ou tend à caufcr. Mais je ne fti comment il % cru que ce fèroit dégrader Dieu Ec les hom- mes, s'ils devoieot être aiTujettis à la Raifon, qu'ils en deviendroient tous palïifs, & ne lèroicnt point contens d'eux-mêmesj enfin que les hom- mes n'auroient rien à oppolër aux malheurs qui leur viennent de dehors, s'ils n'avoic|[it en eux ce beau privilège de rendre les chbfes bonnes ou ■ tolerabics en les choifilTant > £c de changer tout en or, par l'attouchement de cette faculté, fur- - lJCI]antc■ 4. Nous rèzanunerons plus dilVînâement daiu - là fiiitci nuis tl ièra bon de profiter auparavant des excellentes -pen&s dé notre-Autcur Jur la ntfture ' des choies-, Se fur les maux naturels: d'autantqu'il y a quelques endroits où nous pourrons alier un peu plus avant, nous entendrons mka\ aulfi par ce moyen toute l'ccconomic de fon fyfSême. Li chapitre premier contient les principes. L'Au- teur appelle fubftance un être dont k noiion ne renferme point i'exiftcnce d'un autre. Je ne fai s'il jr. en a de tels parmi les Créatures, à caufe do la lîarlôn des choies; & l'évemple d'un flimbeau dé wrc n'eft point l'exemple d'une fubftance, non p]us que le fetoit celui d"un efîàin d'abeilles. Mais ' on peut prendre les termes dans uafens étendu. Il oblêrve fort bien qu'après tous les changemens de - ^Mut'mt, & ap^ès toutes les qualités dont.cUe-" - ' N- f. " jçnt.

açS Remarques sur le Livre peut être dépouillée, il refte l'étendue, la mobî* Uté, la divifibilité & la reliilaacc. il explique aufli la nature des Naiioas, & donne à entendre que les miverfaux oc marquent que les reflèmbhnces qui font entre les inJivUui-, que nous ne concevons par idéts que ce qui ert connu pJr une fenlàtion immédiate, l<. que le refte ne nous eft connu que par des rapports à ces idces. Mais lorsi^u'il accorde que nous n'avons point d'idée de Dieu » dei'Efprit, de la Sabftance, il ne paroit pas avoir ani'ï. obièrvé que nous nous appercevons immédiate^ ment de la Subftancc & de l'Efprit.en nous apper- cevant de nous mêmes; & que l'idée de Dieu cft dans la nôtre par la fupprcflion des limites de nos pEtfeftions, comme l'ccenduë prife ablblument cft ' csinprife dans l'idée d'ua globe. Il a railba auiîi ée loutcnir que vOs Uéei Hmples au moins Soat haSu, Scderejetter laTaèh rafi d'AnOote, fie de M. Lockt; mais }e ne fàurois hii accorder que nos idées n'ont gucres plus de rapport aux choies que les paroles poufTées dans l'air, ou que les ît que les rapports des ienfations font arbitraires 8c I* i)Sjlituiù, comme les lignifications des mots. J'ai dcja marque ailleurs pourquoi je ne fuis poinc en cela d'accord avec nos Cartefiens.

Pour paficr jufques à la caufi première, 1'Aq-^_ teur clierche un Criterion, une marque de la vd'i- té; 6c il la fîiit confifter dans cette force > 'par ïaqùelle nos propofitions internes, lorsqu'elles font évidentes, obligent l'entendement à leur donner fon coniëntement, c'cft par-là, dit-il, que nous ajourons foi aux fens; fit il fait voir que la mtr* Sue des Cartciiens, favoir une perception eiairc & tlHnâc I a bclbin d'une nouvelle marque pour ce iqui e(l clair £c dî^in^t, 5c que fa convenance ou la difeonvenance des idées, (oa ^iKti^t des Terrines comme on faitoii autrefois) peus tracées fur le encor§ BE L'Origine du Mai., «icore être trompeufe, parce qu'il y a des eonve- lUnces réelles ëc apparentes. 11 paroit reconnoltra même que la force interne, qui nous oblige à don- ner notre nffentimtnt, efl encore fujette à caution* & peut venir des préjugés enraciner. C'eft pour- quoi il avoue que celui qui fournijoit un autro- Crittrim, auroit trouvé quelque chofc de fort uti- le ail Genre liumain. j'ai tâché d'expliquer ce Cri- ttrûa dans un petit Difcours Tur la Vérité 5c la idées, publiée» 1684. & quoi que je ne mi: van- te point d'y avoir donné une nouvel.e diicouvcrte* Ve^re d'avoir développé des chofcs qui n'étoicnt connues que confuGment. Je diftînguc entre les V^ités de Fait & les Vérités de Raifon. Les Vé- rités de Fait ne peuvent être vérifiées que par leur confrontation avec les Vérités de Raiîbni Scpar leur rcduâionauxperceptions intmediites qui U)n^ en nous, £k: dont S. Ai^ftin & M. Defcartes OO* fort bien reconnu qu'on ne lâuroit douter; c'eft-à- dire, nous ne âurions douter que nous pcnfonS) Se même que «tus penfims telles ou telles choies, Mais pour ju«r u nos apparitions internes ont quê^ue ré^^oanE les choies, & pour palTer des penfôeiaïut objets; monlênti ment cfl, qu'il fiur con- nderer fi amferctflimt font bien liées entr'ellcs Se avec d'autres que nous avons eues, en forte qu les règles des Mathématiques & autre.- veritcs da Raifon T aient lieu; en ce cas, on doit r s tenir pour riiellcs, 6i je crois que c'eft l'unique moyen de les diAingucr des imagina:ionî, des Ibnges, St des vifions. Ainlî ia vérité des cliofes hors de nous» ne fàuroit être reconnue que par la liaifon des phé- nomènes. Le Criterho des vérités de Raii^)n, ou qui viennent des Concertions, confifte dans un ufa- geexaâ des r^Ies de 1& Logique. Quant aux idées «u neffiM», j'appelle rhUts toutes celles dont la ^fônlité K& certaine, St les Aéfmiiitm qui ne mar- <que» ^aàxtt caete poffibilitc, ne ibnt que rtetnin*- K tf- Ui, aoo REMATtCiUES SUR. LE LlVUE' Ui. Les Géomètres vcrfés dans une bonne Ana*-- iyft, favent la différence qu'il y a ea ceU cntce-'lesi propriétés par kfquelles on peut définir quelque lirie ou 6gure. Notre habile Auteur, a'èft pas aS\é avant peut- £trci on voit cependant par tout cb que oous veaomde rapporter de M ci>de0tiSt & par cequi iuit,quMl.ae manque point de.pi(tfondenr,nî> àc méditation.. ' 6, Après cela, il va examiner fi lo mouvement,, la matière & l'efpace viennent d'eux-mêmes. Et pour cet effet, il coniidere s'il. y a moyen de con- cevoir qu'ils n'exiilent poinliSt il remarque ce pri- TÎlcgc de Dieu, qu'aullî-tôt qu'on fuppore qu'il exille,. il faut admettre qu'il exi/le neceilairemcnr. C'efl: un corollaire d'une remarque que j'ai faite dans le petit Difcours cité ci-deffus.favoir.qu'aus- ii-tût qu'on admet que Dieu eft pollible, il ftut admettre, qu'il exilk neceflàircment. Or,auiri- t£t qu'on admet, que Dieu cxiile, on admet qu'il cft poUlble: Donc aufli-tât qu'on admet que Dieu «xiâei.il hut admetircqv'iLexiAe nece^rement. Oc ce privilège n'appartient pas aux trois cbotcs. donenousveiioDS.de parler. LrAïucur juge aulfi paittculierement du mouvement > qu'il- ne fuffic Krint de dire avec M. Hobbes, que k mouvement prcfcnt vient d'un- mouvement antérieur, 6c ce-, Kii-ci encort d'un autre, & ainlî. à l'infini. Car. remontez tant qu'il vous plaira., vous n'en ferez pas plus avancé, pour trouver la railbn qui feic qu'il y a du. mouvement dans la maueic, il faut donc que. cette rai fcn foit au dfliors de cette fui-- Ki & quand il y auroit un mouvciiicnt étorncl, iJ demandcroit un moteur êterni-l; comirn; k-s layons du Soleil, quand ils lèroient éternels avec le fio- kil > ne kilTcroient pas d'avoir leur caufc éter- nelle dans le-SoleiL Je iîiis bien aile de rapporter cn-raifiHinenaeai de notre habile Auteur, afin (^'on iTB l'Or! G rN I du Mal: jot frineift d* la Raifort fuffifantf Car, s'il efl permis d'admeure quelque cholè, dont on reconnok qu'U n'y a aucune raifbn, il iêra facile à un Athée dé ruiner cet Areument. en difant, qu'il n'eft point neceflàire qu'A y ait une railon fuffiJinte de l'exis- tence du mouvement. Je ne veux point entrée dans ia difcuHion de la réalité & de l'éternité de l'Efpacc, de peur de me trop éloigner de notre fiijet. 11 fuffitde rippQrterque l'Aliicur jugequ'il peut être anéanti par la puiflânce Divine, mais tout entier &non pas par parties; & que nous pour- rions cxifter fculs avec. Dieu, quand il n'y auroit ntefpace, ni matière, puifquenous nerenfermons point en nous la notion de i'cxiftcncc des chofes externes. Il donne aull'i à confiderer, quedansics fcnfations desfons, des odeurs & des iàveurs, l'idée de l'efpace n'eft- point renfermée. Mais quelque jugement qu'on âfle de l'efpace, ilTuffit qu'il y a. Jin-Dieu, cauiê de la matière' Se du mouvement* & cnfin.de toutes choies. L'Auteur croit quenous pouvonsrailbnacrdcDieui comme un aveugle né .raifbnneroit de la lumière. Mais je tiens qu il y a -quelque choie de plus en nous, car notre lumière eft un rayon de celle de Dieu. Après avoir parlé it quelques attributs de.-Dïeu, l'Auteur recoonoîc 4)0e Dieu agit pour une fîn, qui eft la communi- cation de la bonté, Se q^c fes Ouvrages Ibnt bien difpofés. Enfin il conclut ce elupitie comme il ftut, en dilant que Dieu créant ie Monde, a eu foin de lui donner la plus prjmic convenance des chofes. la plus granJt commodité des <."tres doues de fentiment, Bc la plus grande compatibilité des appétit' qu'une puiflânce, fagefle & bianté infinies Se Combinées pouvoient produire: & il ajouteque .s'il y eft relié néanmoins quelque mal, il ^utja- .ger que ces pcrfeûïans.DivtneS infinies ne pou- .voientCj'aimcïois mieux dire ne dévoient ) lîoint l"eD.ûtert