SigPhi · Leibniz

Essais de Théodicée sur la bonté de Dieu, la liberté de l'homme et l'origine du mal

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monie des chofès demande une latisiaâion, un . mal de paOîon., qui-^ITe fentir fa fàute i l'elprltt après le mal d'aâlioa vobntaire où il a donné Jb» agrément. Auffi M. Hohbe», <jui Tnivcr& la U- wrié, a-t-il rejetcé Ift. Jufticc vindicanve, com- me ibnt le Sociniens, réfutés par nos Do^eu».- quoique les Auteurs de ce parti-là aient coutu- me d'outrer la notion delà liberté.

18. 60. On objeâe enfin que les hommes no peuvent point efpercr la tcIicKé, iî ia volonté ne.

O j peut 3i8 REM&it.Q.v.Bfl 9Vft LS Livre 'pcut (tre mue |)ue par la lejnefcnisuion du bien . k du 0^. Mais cette objeuien me paroit nuDe • de toute nullité, 8c je ctoi qu'on auroic bien de h peine à deviner quelle couleur on lui a pu dan- ser. AulTi rai&nnc-t-on pour cet eâct de la ma.- niere la plus furprcnaiite du monde: Ceft (fit. notre fehci lé dépend des ctolcs externes,, s'il vrai qu'elle dépend de la reprcfen ration du bien ou, du mal. Elle n'eft donc point en notre pouvoir, . dit-on, car nous n'avons aucun iujct d'efpertr ^ue les ciiofes txternis s'accorderont pour nous plaire. Cet argument cloche de tous pieds: Il n'y a ftint dt farce dans la cmftquence: On pourrait Accorder lu eouclujion; Vjirgumint peni eire rétorqué contre f Auteur. Commentons parcette retarfon, quieil atiëc: Car les hommes jbnt ils plus heureux ou. plus indépendans des accidens de la fortune par ce moyen, ou parccqu'on leur attribue l'avantage de choilir Ans lùjet i Souârtront ils moinsks dou>- leurs corporelles f Ont ils moins de penchant pour les biens vrais ou appatens, moint de. crainte des .maux vcritaÛes ou iniE^ùres r Sent -ils -moins cfi:lavcs de la voli^é, de l'ambition, de l'avaii- ce? moins craintifs? moins envieux? Oui, dira- noire habile Auteur. Je le piouverai par une ma- nière de compte, ou d'elîime. J'aurois mieux ai- mé qu'il l'eût prouvé parl'expirience: mais voyons . ce compte. Suppofé que par mon choix, qui fait que je donne la lx>oté, par rapport à moi, à ce que je choilîs, je donne a l'objet choïfî ûx degrés oe bonté, Bc qu'il y eût auparavant deuxdegrés de mal dans mon état, jcdevicodmficureux tout d'un, cmtp 8c ï mon aife: car j'aurois quatre degrés de revenant bon, ou de bien franc. Voilà qui eit beau, làns doute, mais par malheur, il eft impofliblc. Car quel moyen de donner ces iix d^és de booftf à l'objet } Il nous tàudioit po^ cela, la puiflânce' de changer notre goili, •alcftchoûs, eMnnpffboK Di L'Oftidii^E Mal.' 31;»^ taai {cmblc Ce {croît i peu près, comme fi je pouTois dire efficacement au plomb tu &ru or, aa caillou, to liras diamant, on du moins vous me fmz. h même effet. Ou ce feroit comme on ex- plique le paflàge de Moïiè, qui paroît dire cjœ la Manne du Deferr avoit le goût que les Ifraclites lui vouloient donner. Ils n avoient qii'î dire i leur Gomor, tu feras chapon, lu feras perdrix. Mais s'il m'eft libre de donner ces fin degrés de bonté à l'objet, ne m'eii il point permis de lui en donner davantage? Je penië qu'oui, ivlais, lî cela eft, pour- quoi ne donnerons nous pa» à l'objet loute la bon- té imaginable î Pourquoi n'irons nous pas à vingt 2c quatre carats de bonté? Et par ce moyen nous voilà pleinement heureux malgré les accidens de là fortime i qu'il vente, qu'il grêle, qu'il 'neigei noni ne nous. en ibucterons pai: par le -moyen de-ctbe»u fixnt nom &Tons toâjours i. l'dbri dbs cttfe fortuits. Et l'Auteur accorde (dans cette I. fëâion du f. chap. fubiba. 5, §, n.) qœ cette puiHànce (urmonte tous les appétits naiurels, ■fe ne peut t-trc lurmoirtée par aucun d'eux; & il la coniiderc ( §. lo.i 1. 11, ) comme le plus folide foa- demenr du bonheur. En ctfei, comm^ i; n'y a tien qui puitlë limiter une puidàn/e auffi iiuléter- minée que celle de choilir lans iujet, £c di ilonncr de la borne à l'objet par le choix, il iàuc o-,: que cette bonté piflé infiniment celle que les appétits naturels cherchent dans les objets; puifque ces Ippetits Ec CCS objets font limités, pendant que cette puillànce cft indépendance i oa ou moins, il fiiut que cette bonté que la vdané donne i t'ob> jet cfaoifi, Ibit arbitraire, & tdie qu'elle la veub Car d'oi^prendroit-on b raï&xi des bornes, fi l'ob- jet elt pofTible, s'il eH à la portée de celui quf veut, Se û la volonté lui peut donner la bonté qu'elle veut, indépendamment de la réalité & des appàreocesî Umelcmble que cela peut fii&epour O 4 les; 320 RCMARQ^UES SUR LE LlVRE rcnverrei une h|pa[beië ij fTte»irt, où il y x quet que ctiofè de lembUble aux Contes des Fées, »p- tuntit îfihde fttni, non iavmmtu. Il ne demetue donc que trop vrai que cctre belle £âioa ac £iu> foîi nous rendre plus cxemts de tr^iax;. Ec nous allons voir plus bas, que lorfviuc les huaimcs lè mettent audcflus de certains appctits ou de cer- taines averfions, c'eit par d'autres jappetiis qui ont toujours leur fonciomcnt dans ia rcprerentatîon du bien fit Ju mal. J'jl liit aufii, t\\i.' on (içHuoit aicer- iler la conclufçn Je l'Argument, qui porte qu'il ne dépend pas ablolumcnt de nous d'ûtrc heurcuï, iu moins d^uis l'eiat prclint de la vie humaine, far qui doute quu nous ne foyons fujets à mille accidiss que b prudence humaine ne làuioit é- ▼iicr î Comment m 'empêcherai- je, par exenv ple, d'être englouti par un tremblenienc de ter- re, avec une Ville ou je fiiis' ma demenre, tel cft l'ordre des choies î Maïs -enfin jt fuit etuen aitr la tetift^uence Jmiu l'ArfMmntt, qui portequc £ la volonté a'tSk mue que par kreprefcncation du tien 8c du nul, U jie dépâiidl.pas.dc nou£d:éti|e^ hcoietu. confëqucncelêEoitboone.s'iln'yavoie point de Dieu, û tout étoit gouverné par des cau- lès brutes; mais Dieu fut que pour être heureux { il fullît d'£tre vertueux. Aiiilî, lî l'Ame fuît la Rai&n & les ordres que Dieu lui a donnés, la voilà fùrç de fonbonht:ur. quoiqu'on ne le puilîè point trouver afii:adan5 cetie vie.

19. Après avoir tâché de montrer les inconve- nicns de notre hypothcfe, l'habile Auteur érale les avantages de la lienne. Il croit donc qu'elle cSi ■fculc capable de làuver notre liberté, qu'elle fait toute notre félicité, qu'elle augmente nos biens & diminuenosmaux, k qu'un Agent qui pollëde cette puif^cc en e& plus parfait. Cet aiaïuages prefque tous ont déjà été refutés, flous avon& .montré ^Qc pour être lïbiè, il fuffit que les rer Bi l'Origine du Mal. jai pre^ènta[ions des biens Ec des maux, Ec autres di^aUtions internes ou externes, nous inclinene fins nous neceÛiter. On ne voit point aulTi com' ment t'indî&rcnce pure pounoit contribueràlaf^ licité: au coniraite, plus on Icra inditlèrént, plus on lëra inièniîble & moins capable de goûter les biens. Outre que l'hypothefe fait trop d'effet. Car û une puïflance indiffcrente fc pouvoit don- ner ic fentiment du bien, elle fe pourroit don- ner le bonheur le plus pait'^ic, comme on a d?j3 montré. Et il cil matiifeUe qu'il n'y a tien qui' lui donnât des limites, puifque les limites la. feroient fbrtir de cette indifférence pure, £( dont on prétend qu'elle ne fort que par cllc-m3me, ou plutôt dans laquelle elle n'a jamais etc. Ënfin on ~ ne voit point en quoi confillc h pcrtcdion de ■.Ja pure iodiiference: Au contraire, il n'y a rie o de plua imparfait. elle rcndroit la. fcience & IsT bonté iiiutiles, & rcduUoic tout au Uazard, lâni au'il f eut des règles ou des mcfures à prendre. . y a.' pourtant encore (juelqucs avantages qus iiotrc Auteur alloue i qui n'ont pas été detât- tuE. n lui paioic donc que ce o'elt que!par cet- te puîlTaace que nous {bmmcs la vraie caulè de nosaâioos, i qui elles puillènt être imputées, puisqu'auticmeDt nous ferions forcés par les ob- jets externes Bc que c'eft suffi feuli;ment à caulc de cette puiflânce qu'on le peut attriiiucr le mé- rite de u propre félicité, & 11- complaire en loi- même. Mais c'ell tout le cpntraixe: car quand on tombe fur l'aition par ua mouvement abfo- luraent indiffcrcni:, & non. pas en conlèquence, de fes bonnes ou mauvailes qualités, n'éfb-ce pas autant que fi l'on y tombait aveuglément par le hazard ou par le fort i Pourquoi donc fe glorifie- n>it-on d'une bonne aûion, ou pourquoi feroït;- fta blâmé d'une mauvailè, s'il en &ut remercier au.accu£èr la fbrtuae ou le ibrt î Je pcii& qu'on eft ptut louable quand on doit Yi&Hon i fts boOnW quiliKE, 8t plus coupable à mefurc qu'on y a été difpofé par Ces qualités mauvaifes. Vouloir cfti- Aicr les actions lans pcfer les qualités dont éka- nailîent, c'eft parler en l'air, vaaae un je m fai quai imaginaire à la place des caufo. Au& B ce hazard ou ce je ne fat i[tiol ét«irl* eaa& àe nos i&ioas, à l'exchilon de nos qu^és œtnr^ ks ou acquifcs, de dos incUnfttions ■ de «os &»• bitudesi il n'y aurott voîat moyea delêproatettrtf- quelque ctioiïc! de la rnbhitioii d'iutnii. piii«iii'il. if y auriric pas niOTeit de fixer tu ïfldéfiiri, 8C de inger i qoâfe ntde Sa» jetté le mSaaïaht ro» hati, Mf la taofétc ioceraiae d'oue.cxatm^a»-- te ïndîflbrence.

10. Mais menant les avantages Se les de&nnMt* ges à part, voyons comment notre Tarant Aimid^, établira cette hypochefe, dont il promet tint d'il- ïilité. 11 conçoit qu'il n'y aque DieuBc les Ctât* turcs libres qui foicnt véritablement aâ ira, &que pour être ailif on ne doit être déterminé que ptf foi-même. Or ce qui eft déterminé par loi-m** iBe, ne doit point être déterminé par les objeti, te par confequent il faut que ta fiibftancc libre, en- tant que libre, foit indificrcnteii'égard des objet», ftnelbrtedecctteïndif&rence que par Ibn cbois, Si lui roidra Pobjct ag^ble. Mais preCjue toa» pas de ce nl&iuKfnent font fujcts i des acbop*- pemeds. Nonfidcment les Oféatar« Swes* nta« encore fontes les antres £ibflances 8C natures com* pofe'es de fubthnces, font aftives. Les Mtes ne. lïint point libres, & cependant elles ne laiflèntpM d'avoii' des ames adlives, fi ce n'eft qu'on tfiiDig^ ne avec tes Cartefiens que ce font de pures matœ* nés. Il n'eft point necelTaire auflî, que pour être aûîfonîbit ftulement déterminé par foi-même, puisqu'une chofe peut recevoir de la diteilion, âas rece?oir de la Iwce. C'eft aïnâ que le che^ - elt DE l'Origine du Mal: fft gouverné par le cavalier, Ec que le vaiOcau eu dirigé par le gpuvernaii, Ec M.Dcfcàrtes a cruqiie noue corps, »rdant ik force, reçoit lèuleroent quelque âireâïon de l'ame. Ainfi une chofc ac- tive peut recevoir de dehors quelque détermina- tion ou direâion, capable de chan[;er celle qu'elle auroit d'elleMnême. Enfinlors mûmc qu'uncfubis- tanccaâivc n'eft déterminée que par cllc-mcme, ii ne s'enfuit point qu'eUe ne Ibit point mùë par les objets; car c'cft la reprefeotation de l'objet qui cft en elle-même, qui contribue à la détcrmina- ttoni laquelle ainlî ne vient point de dehors, & Bar contequc^t la fponUneïté y eft toute entière. Les objets n'agiflêat point fur les fubAanccs inteilî- gentescoinniecaiilès efficientes ïcphylîques, mais oamme cau&s finales 8c morales. Lorsque Dieu foivant & ËgcSè, il le re^ fur les idées des poCBbles qui fimt &s objets, mais qui n'ont aucu- ne réalité oors de lui avant leur création actuelle; Àinti cette efpece de motion fpirituellc fc morale. a'eft point contraireà l'aâivite de la lubAance, ni à la fpontaneïtéde Ion aâîon. Enfin quand la pitif- fànce libre ne lèroit point déterminize par ks ob- jets, elle ne lâuroit pourtant jamai; être inditfc- senie à l'aâion lorfqu'clle ell fur le point d'agii'i puisi^u'il dat bien que l'aâîon y naillc d'uae dis- pafitioQ d'agir j auirement on fera tout de tout* 'MiéoU ex qMovu, Se il n'y aura, rien à'a&z abfiird«qu'on ne puilTe ruppofer. Mais cette dtfpoiî* tient aura déjà rompu le charme delà pure indiffe-> noce, Ec lî l'ame & donne cette di^olicion, il fait une autre prédifpofition pour cet Aâe de la donner^ Se par- ccHilequent, quoiqu'on remonte, on ne viendra jamais à une pure indiilèrencc dahj tame pour les actions qù'elle doit e:cercer. Il eft vrai que ces difpofitions l'inclinent fans la necclft- ter: lillcs fe rapportent ordinairement aux objets, nuls il y. en a pôurunt auflî qui viennent antre* 5. O.fr ■ ment rfir]iH-n-l Qy Google J44 REMARIitTES SUR LE LlVltB ment À fubjcBe OU de l'ame mdme, Se qui font qu'un objet cft plus goûté que l'autre, ou quc ]c même cil autrement goûté dans on antre tems.

21. Notre Auteur perlïfte toujours de nous Arer qucfonhypotheft cft récllci Se il entrqpr Aid feire voir que celte putflànce în^ificreate te* trouve effcâivement en Dieu, 8t même qu'on la }bi doit attribuer necclTaifemcnr. Car, dtc-ïl, rien- ne lui erï bon, ni mauvais dans les Créatures. Il' n'a point d'appctit naturel qui Te trouve rempli par' h miition de quelquechoiè hors de lui: ile(tdonc ab&Iument indiflèrcnt à toutes les cholcscxtcrnes; fuisqu'iln'cn làuroitétreaîdéi mincommodc) Se il faut qu'il (e détermine- le fiflê quali un appé- tit en choifinànt. Et après avoir choili, il voudra- maintenir Ion choix, tour comme s'il y avoir été porté par une inclination naturelle. Ainli la divi- ne volonté fera la caulc de la bonté dans les êtres. C'ell-à-dire ■ il y anra de la bonté dans les objets, non pas par leur nature, mais par Is volonté de- Dieu, laquelle étant miiê à paît, on ne lauroit trouver ni bicn, ni mai dans les choies. Il eft dif- ficile de concevoir comment des Auteurs de merk. te ont pu donner dans unlènTimentlî étrange, car dre force. H lemble qu'on veurpronren ccftntf^* ment, de ce que toutes les Créatures ont (ont leur' être de Dieu, 8c qu'elles ne pcavcac- tfonc p^ne fur lui, ni le déterminer. Mais 0*611 prendre Ttûblement le change. Lorsque nous dilbntqu'ti- iK iiibltance tateBigente eft mâe par la bonté de £in olijet. nous ne prétendons point que cet objet feit neceflâirement un être exiftant hors d'elle, 8c il nous fuffit qu'il foit concevable; cir c'eft fa re- prelêntation qui agit dans fa fublïance, ou plutôt & fubftance agit fur elle-même, autant qu'elle cil dUpofée & Afteâée par cette repielêntation. En )ic alléguer ici, n'a pas la moîn* Dieu, DE l'Origine mv MAh. 3aÇ Dieu, il cft manifefte que fon entendement coi^ tiem les idées de toutes les chofês i)offiblcs,&^eft par-là que tout eft en lui éminemment. Ces idee* fui reprelèntenc le bien & le mal, la pc^feOion. 8c_ ?imp«fr£Hon, l'ordre &. le defordre, la congrui- té & 1-incongruité des poff.blesj & fa bonté lura- bondantelefiitchoiliric plus avantageux. Dieu donc fe détermine par lui-même, fa volonté cft_ aûive en vertu de la bonté, mais élk cft fpecifiee 8t dirigée dans l'aftion pir l'entendement rempli de fapcilc. Et comme Ion emeodement eft pc- feit.Tes penfées- toujours diftinâes, fcs inclinations toujours bonnes, il ne manque jamais de fcire le meilleur: au lieirque nous pouvons être trompez par les feuffes apparences du vrai 8c du bon. Maw Comment eft-il poffible qu'on puilTc dite qu il n y point de bien de mal. dan. les idées ayant h voWté de Dicuî Eft-ce que la wlontc de Dieu forme les idées qui font datu ton entçndemcntr le n'ofe point attribuer i notre âvant Auteur un lêntimcnt li étrange, qui confbndtoit entende- ment & volonté, &. décruiioit tout i ufagc de« notions. Or li les idées font indépendantes de la volonté, la perfeârion ou l'imperfeaion qui y eft reprelcntée, lefcraaufli. En effet, elt-ce pir la volonté de Dieu, par exemple, ou n eft-ce pas riûtAt par la nature des nombres, que certains Nombres font plus capables que les autres de rece- voir plufieurs divifions exaacs? que les uns font plus propres que les autres à former des bataillons, l compofer des polygones, & d'autres figures re. gulicjes? que le nombre de fix a l'avantage d être fc moindre de tous les nombres qu'on appelle par- fiitsî que dans un plan fix cercles égaux peuvent toucher un lèptiéme? que de tous les corps e- Mux, k fphere a le moins de furface? que ccrtat.- «es lignes font incommenfurables. Se par eonicr qucnt peu propres ik rharmonic? Ne voic-on pas Mt tAM m àmiagBl m i^maXÈgeê viëniieiifr de FiiMe àt h chcffer fc «lelc oaatimt impliaiie- fOit cMftadté^î Paifi-t-oB. taffi la. do)t> létii' se l'iiicAMmoéltd ici Créatives fenlltires, &■ fiir touf la felf6té & infelicitë des fubftances intel- ligentes, font iildlâereates k Dieuî Et que dira- t-on de & jafticc? Ell-ellc auffi quelque cholè d'arbitraire, & aurOit'll fût ûgement & jugement s'il aïoit refohi de dimncr des innocens? Je &i. qu'il 7 a eu àés Auteurs aflèz mal avilcZ pour Ibu- fenir un fcAtinneiitiî dafl^reux&lj capaue de ren* tei&r la pieté:' Mils je luis afliné que notre ccIIh bte Anteur en eft bien éloigoé. Cqwndaat, il fiia> Ife que cette hjpmbalt y ménei f'il n'^ z nta- éaûa les tAf)€ts qn! ne fiftt in^ fflc re p t à la roloMé- bivtne ivxnt Ibn cllojx. I><ft vrai que Dïsb ^ telÔîn de rien. iBaif f Amou «.fort bfaa eaSàff^ loi-itiéme qneâbMCtf kiia*^£n.bc£HR.fli. pdrté à pToddiM Créâmes.' Il y- arOit doM en lui une railbn itttertesre à k léhitutioo; St, comme je l'ai dit tant de ioU, cern'eft ni par lui* tard où fàns fuite, ni auSi par necelTitc.quc Dieu, a créé Ce Monde, mlis c'eft par inclination qu'il y eflvénu, 8c â>n iaclinition le 'porte toujours au. meilleur. Ainli il efl: iUrprenaitt que notre Auteur feutienne ici, (chip. j". (t&. i. fubiia, 4. f.) qu'il a point de rd&n qui ait pa porter Dieu aofi>- lament partait 3t heureux en lui-ntéme, k âéa- ^dque chofe hors de lui j ayant en&tgaé lut-iftè* - itie auparavant (chap. 1, ^â. 3. $.8. p.) qm-DÉTO tgit pour une f^, Ec que Ibn but eft de commuai— quer ià bonté. Il oc lui étmi donc pas ablbl^ent îndldèrent dé ïréer ou de ne point ^réer, & néaiK ïRoins la Création eft un aâe libre. Il ne lui étoït ^ non plus indifTerent de créer un tel ou tel Mon-^ de, de créer un chaos perpétuel, ou de créer un fjftâme plein d'ordre. Aiulî les qualités des objets compri&s dam leurs idéesioot la raiibn de âHp ^*ut. ia. N«- '. »a. Hotre Auteur qui aroic dit de û bos&ei cho- £bs ci-ddlus, far la beauté & fui la commodiié des •uvrages deDieu,achcrclié un tour, pour les conci- lier avec fim liypothefe, qui- parole ôter à Dieu tous iea égard* pour le bien £( pour k commodité des Créatures, L'indiflèrence de Dieu n'a lieu, dit- il. <]uè àaoa &s premières éleâiont, maii auffi- tAt que Dieu a élu quelque choie, il a élu Tir- tucUemcot en mime tems tout ce qui eit lié né- ceflàiremeQt avec elle. Il y aVeit une infinité ^'hommes pafBUes également i!ar£ùt»: l'élc^dD- de ({uelques-uM d'cnVcux eâ purement ubittaiie' ifàoamu» Aatau.) Mais Dun la i^nt ân*, âafe «Offrait fOiM 7 v«iiloif c« ^ fôt contMlfb ■it h Nature famadde.' }niqa'ici 1^ Auteur fule ccm- fiw m émettt ii ibn hypotbeft: mais ce qoi Ait m.

loi»: a» 0 tnaee ^ve lorsque Dieu a leMb oc produire attùaa Créatures, il a réfelu en me tems,- en vertu de & bonté infinie, de leur don- ner toute la commodité poflîblei il n'y a rien de ii raifonnable, en effet, mais auffi il n'y arien de fi contraire à I kypothcfe qu'il a poféc, & il a raHbn de la renver&r, piùt&t que de la laîflèr Gibûûei d»rgée d'incoQVcniens contraires à la bonté & à h fcgciie de Dicn. Voici comment on verra mani- feitement qu'elle ne- fanroic s'accorder avec ce qa'on vient de dire. La première QBffiftîen ferSi oien crcera-t-il quelque cnofe ou non^ St pou^ e^mn? L'Aureut a répondu qu'il cramu queli^M «infepour communiquer & bonté. Il ne lui Ail: donc point indifférent de créer ou de ne point -er^ef. Après ceb on demande: Oteu créera-t-il .t^cltofe, ou bien une autre. Se pourquoi? Il Androît répondre (pour parler con&qucmmefit ) qoe la mâme bonté le &it choiiîr le meilleur, te en effirt, l'Auteur y retombe dans la liiitei mais fiiî- Tont Ibn hypoutelè, il répond qu'il créera telle chofe, mà»^'&t(j%fcmi»pmitMi, puc«- qne gttS REMAaQ.UES SUR LE LlYRE . que Dieu eft abiblument iiidiffercnc pour les Créa- tures qui n'ont leur bonté que de Ibn choix. I] eft Trai que notre Auteur varie un peu là-deflus, car ■il dit ici {cliap. f- fe£l. fubltift. 4, V. 11.) qu'il eft inditierent a Dieu de choilir entre des hommes égaux en pei t'eftion, ou emre des elpccM égale- ment parfaites de Créatures [ailbnnabies. Ainfi fuir -Vant cette cxpreflion, il choiliroit plutôt l'cfpecc la plus part'aÏEe; & comme des clpcccs également pariâites s'accordent plus ou moias avec d'autres; Dieu choillra les plus accommodantes; il n'y aura donc point d'indifférence pure & ablblue, 6c l'Au» ,teur revient ainfi à nos principes. Mais parions • comme il parle ïèlon Coa. hypothc/ê, & pofon». avec lui que Dieu choifit certaines Créatures, quoi" Qu'elles lui foient ^folument îadilfercntes. Ilcboi- iiia donc aulVi-tôt des Créatures iircgiiliercst mal- -bities, maifaiiàntet, malheureu&s,, des duoi perpétuels, des monftret pat tout, des îctlenty icu^ habitans jde ta.terre, des diables rernpliflàn* tout l'Univers; que de bea^ix &ftêmcs, des elpe- ces bien &ites> -des geos de nen, de bons An- ges! Non, dis» l'Auteur: Dieu ^ant rélôlu de créer des hommes, a rélôlu. en même tems de leur donner toutes les commodités dont le Monde fût capable, & il en eft autant des autres efpeces. Je répons, que Ji cette commodité croit liée neccITair remenc avec leur nature, l'Auteur parleroit fuivant fon hypothefe.i mais cela n'étant point, il faut qu'il accorde que c'eft par une nouvelle éleftion indé- pendante de celle qui a porté Dieu, à faire des hom^ mes. que Oieu a lefblu de donner toute la comr moditc pofltble aux hommes. Mais d'où vient cette- nouvelle éieftionî vient-elle aufli d'une pure ior différence? fi cela eft, rien ne porte Dieu à chwf cher le bien des hommes, & s'il y vient quelque? fois, ce ftra comme par hazard. Mais l'Auicui «ut que.Dicu j a été porté là botuc}, doncc^ Digilized Qy Coogle, DS-L'OftMiKa nu Mal: bien & le mal des Cr^aniKs ne lui elt point indit- fercntj Se il y a en liiides «leâieOs primidvcs où il eft porté par la bonté de l'objet. 11 choiiit non iêulemeflt de créer (les hommes, mais encore de ■ créer des homoies aulfi heureux qu'il le pcuc dans ce lyrtcme- Aprèi-cela, il ne icHcn même aucur- ne inditfrrencc pure, car nous pouvons lailiinner du Monde tout entier, comme nuus avons raifoa- né du Genre humain. Dieu a réfolu de crcer un Jilondc, mais là bonté l'a dû porter en même tcms è le choiiir td, qu'il y ait le plus d'ordre, de régu.- larité, de vertu, de bonheur qui foit poflible. Car je ne voi aucune apparence de dire que Dieu &iE porté par û bonté à rendre les hommes, qull-a rélbln de créer, auffi parfaits qu'il fe peut danscfi ijfftême, & qu'il n'ait point la même bonne intenr tion envers l'Univers tout entier. Nous voilà d(»ic.- Kvenus à la bonté des objers, & l'indifférence pi^ le, oi^ Dieu agiroit (ans lujec, eil ablolumeiit dé- truite par la procédure mêrac de notre habile Au- teur, chtz qui la force de la vérité, quand il a " faliu venir au fait, a prévalu à une hypothefe Ipc- culative.qui nefinroit recevoir aucune application à la réalité des choies.

13. Rien n'étant donc abfolument indiffèrent à Dieu, qui connoit tous les degrés, tous les effets, tous les rapports des choies, & qui pénètre tout d'un coup toutes leurs liaifons pollibles: Voyons ,fi au moins l'ignorance 8c l'infenfibilité de l'hom- me le peut rendre ablôlument indifiërent dans {oa choix. L'AuKtu: nous rég^ de cette indiffcrea- ce pure, comme d'un beau fte&nv. Vucî les preuves qu'il en donne: i, nous k £aaom eh nousi binons en expérimentons en nous les mar- <]Uet!c les propriétés, Nous pouvons faire voir que d'autres ctufes qui puiffent dererminer notre yolonté, fiint infufiîlanies. Quant au premier point, îlpréKndqu^ &ntant en nous lï liberté, neuiy.

r«D RiMAS.<ï.irKfl BtrR le Livre fiittm m mhbt tetns t^ifièrencc parc. Mifs }e ne demoM poist A'ucord qiw.aont fentoi» mw fffte In^Arence, ni que ce ftatifficac prétenda £iifc de céai As \% liberté. Noua lèntons ordtnaï- irement en nous quelque cfaofc qui nous incline k * notre choix > & lorsqu'il arrive queiquefois que nous ne pouvons point iend;e laifon de toures no« difpoUcions, un peu d'attention pourtant nous fàît connaître que la conititution de notre corps, 8c descorpsambulam. l'aflictteprerenteou precéden- tede notre àme, 8c quantité de petites cho&s cà- veloppces dans ces giinite chefs, peuvent contri-' buer i nous faire pius ou moins goûter iss objctSi & à nous en fcire former des jugemens divers en- ' difFcrens temsj iiins qu'il y ait pcrlbnne qui attri- bue cela i) une pure indifférence, ou à une 3e ne fiî qudle force de l'âme qui tallc fur les objets ce SuV)n dit que les couleurs font fur le caméléon, infi KAuteur n*a point iujet ici d'appcller au juchofes!e peuple raifonne mieux que les Philo- fophcs. Il cil vrai que certains Phliofophes ont donné dans des chimcrcî, & il fcmbie que la pure indiircrencc L-ft du nombre des nc.ions chimeri-, cucî. Miiî quand quelqu'un pr.'tciiJ qu'une cho- li n'exillre point, parce ijuc le vulgaire r.e s'en ap- peri^oit point. le peuple ne làuroit pider pour un bon juge, puisqu'il ne le règle que fur les fens-Bicn. des gens croient que l'air n'eft rien, quand ît n'eft f oint agité par le vent. La plupart ignoreiit tes corps inicnlibles, le fluide qui iàit la peuntrar,!»- le reJTbrtt la matière Magnétique; poor ne rien ' Aredes Atorties. Scd^utiesiiibuààcestndivifibleg.. BiroDs-nous donc que cm ch6fis ne ibtit 'point parce que le vulgaire les ïgnoreT En ce cas, noot- pourrons dire auifi que l'ame agit quClquefiris ùnt aucune difpolltîon ou inclination qui contribue à la. &ire a^, parce qu'S 7 « beaucoup d£ di^fittoM :ment du peuple: il le fait, en ctilànt bien ^'jûçliauioDsqai ae Cota pis aSSSn flpperçnei par le Tulgaiic, ùutc d'attcatK» & de nwâiMitKb l*^ Quiuit aux aumiMis de la puiflâMe en qjidBon > j'ai déjà Tç£até l'avantage qu'on lai doinie de Eure Îu'on (bit aâif, & qu'on loir la véritable caufè de 3n A'Stion, qu'on ibix fujet à l'impuiation & à la rao- ralité'. ce ne font pas de bonnes marques de Saa cailtence. En voici une que l'Auteur allègue, ,qut ne l'ell pas non plus: c'ell que nous avons en nous une puifTaoce de nous oppolèr aux ap- pétits naturels, c'i.H-à-dire non lèuletnent aux Sens, mais encore à la Railbn.Mais je l'ai déjà dit, on s'oppofe aux appétits naïuiels, par d'autres- '~ appétits naturels. On fupporte quelquefois des in- commoditcfs, 6c ou le tait avec joie; mais c'cft à caufe de quelque eipeiauce ou de quelque Jâtis^ic- tion qui ell jointe au mal & qui le lurpaflè: on btead un bien, ou on l'y trouve; rAatenr pré- tend que c'eA par cette putf&oce iransfiarmativ* des apparences qu'il a mife liir je tlieatre, que nous rendons agrcabte ce qui nous dépki&ie au commcncemeat; mais qui ne voit que c'eft pliitôt parce que l'application 8c l'attention à l'objet & la coutume changeât sctre àn'po£tiaa, 8c par coir- ièquent nos appétits naturels! L'accoutumance auut fait qu'un degré de froid ou de chaleur aflèz conlldcrable ne nous incommode plus, comme ÏL &ilbit auparavant, fie il n'y a r eribnne qui attribitt cet effet i notre puîiTance élcaive. Auffi fàut^ du tcms pour venii à cet end urciflè ment, ou bioL i ce callus qui fait que les. mains de certains ou- vriers rciiftcac i un d^ré de i^akur, qui tffolerolt lu nfitres. Le fea^, tl qnî l'Auteur »t>d*