SigPhi · Leibniz

Essais de Théodicée sur la bonté de Dieu, la liberté de l'homme et l'origine du mal

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14.1. On ne doit point s'étonner que je tâche- ^'cciaircir ces cbolèspardescomparaifons priJèsdcs- Mathématiques pures, où tout va dans i'ordrc. Se où il y a moyen de les dcmfler par une méditation exaâe, qui nous &it joa'i'r. pourainlî dire, de 1» Tuë des idées de Dieu. On peut propolèrune lùi- te ou ferit) de nombres tout i-fut irrcgullere at- apparence, oà les nombres croiflcnt & diminuent Taïublfinent iàns qu'il y piroiiTe aucune ordre; Se cependant celui qui laura la clef du chifrc, & qui- entendra l'àrigine St la conilruâion de cette fuite de nombres pourra donner uncreglc, laquelle étant bien entendue", fera voir que la/er/wcfttout-à-faît régulière, £c qu'elle a même de belles propriétés., Oa ic péut leodie cgcoie pluf &oâhk dans las litoes': une ligne peut avoir des tours & des retours, es hauts & des bas; des points de rebrounement, &c des points d'inflexion; des interruptions, 6c d'autres variétés, de tdie forte (ju'on n'y voie ni- rime, ni raifon, fur tout en ne confiderant qu'une partie de la ligne, & cependant il fe peut qu'on cn- puifiè donner l'équation £t ia confiruétion, dagS' fsquclle un Géomètre trouveroit la raifon & 1? coa- vcnancc de toutes ces prétendues irrégularités: 8c voilà comment il îmX encore juger de celles de» jngnftres, & d^autres prétendus défauts dans. l'Univers, 14.3. C'ed dans ce fcns qu'on peut employer ce" teau mot de S.Bernard (Ep. 176. ad Etigen. 111.) Ordàiatiffî'DHm eji, inintts i'.nrdumorilin3ièJieri»li- quid. fl ell dans le grand ordre qu'il y ait quelque pe- tit defordre; & l'on peut même dire que ce p9- tit de&idrc n'eft qu'apparent dans le tout, je il q'cft pas tnâme apparent fit rapport à I» ft* licite de ceux qui fe mettent dans « xo\b ift- Tordre.

14.4. En parbnt des monftres, jcntens encore- quantiié d'autres défauts appareos: Nous ne con- uoinbns prcfque que la fuperficie de notre Globe. nous ne pénétrons guéres dans foo intérieur, au-delà de quelques centaines de toifes; ce que nous trou- vons dans cette écorce du Globe, paroit l'effet de quel- ques grands bouleverfemens; il lèmble que ce Glo- be a éléun jour en feu. Et que les rochers qui fontja Isiè^ cette écorce de la terre, font des fcories reî- tècs ^'ijne grande fufion; ou trouve dans leurs eij* bailles des produélions de métaux & de minéraux f flui rclTemblent fort à celles qui viennent de xfif fourneaux; Ec la met toute entière peut-être iwf 'ëfpece d'oltum pcriieliqHium, comme l'huilp dt; Jartrc fc tait dans up lieu humide. Car loriqjic »■ ïur&«c dfl la terre ç'cteit reftoidie^è* Iegnmd ii»T iitp^i, marné VKjèféi4^4yi^f9Upe 4af)| J5» ^AWS0R L« Bonté' de Dieu, Yùx, eftietombée fiirla terrci mihvéhCmfacei^. k a diflbut tt imbibé le ici fixe relié dans les cen- dres, 8c a rempli enfin cette grande cavité de ts. flir&cc àt notre Globe pour taire l'Océan plein, d'ane eau làlée.

a4j-. Mais- après le feu il fiiut juger que la terre 8c l'eau n'ont pas moins fait de ravages. Peut-être ?ue la croûte formée par le refroidi lie ment qui avoit bus elle de grandes cavités, cft tombée, de forte que nous n'habitons que fur des ruines, comme entr'auires M, Thomas Burnet, Chapelain du feu Roi de la Grande Bretagne, a fort bien remarqué. Se plufieurs déluges & inondations ont laifTé des fer dimens, dont on trouve dés traces 8C des reft» qui font voir que la mer a été dans tes lieux, qui. en font les pluséloîgiiésaujonrdlhuî. Maisceibou» lererfemens ont. enfin cefle, Gc Ic GIobe a prii fa forme que nous voyons. Moïfe inlïnue ces grands changcmens en peu' de mots: la leparatioa de la lumière & des ténèbres indique la fufion eau-, fée par le feu., & la fêparation de l'humide Ei du fec marque les effets des inondations. Mais qui ne ■ Toit que ces ddbidres ont fervi à mener les coofes au point où elles fe trouvent prefentement, que nous leur devons nos ricbeires & noscommodites, H que c'eft par leur moyen que ce Globe eft de- Venu propre à Ôtre cultivé par nos foins? Ces àeC- ordres Ibnc allés dans l'brdte. Les dclbrdres vrais on apparent que nous voyons de loin, font les ta- ches du Soleil & IesCoinete«:maisaous ne liivaat yas Jcî u&ges qu'elles apportent, ni ee qti*fl.y a. de réglé, il y a. eu un. tcms que les Planètes paP (oient pour des Etoiles errantes, maintenant leur mouvement trouve régulier. peut-être qu'il ca, cil de même des Comètes, la Pofterité le faura, 1^6. On ne compte point parmi les defbrdret l'inégalité des conditions, 8c M.. JtquelotaraifiKl àe «ununder i cou ^ni voodiraeat que tout fBt égaleœca§ itLALlBERTI'DEL'HoMME.ir.pAR. ijj- ^^émcnt parfait, pourquoi les rochers ne {bat pju- couronnéa de feuilles Se de fleurs? poarquoi les fourmis ne font pai paons? Et s'il Moit "de l'é- gatité partout. le pauvre preTenteroit requête con- tre le riche, le valet contre le maître, il ne fiut. pas que les tuyaux d'un jeu d'orjjues foient égaux". M. iJayle dira qu'il y a de la différence entre une ■grivation du bien & un defordre: entre un defor- drc dans ks choJès inanimées, guî cft purement métaphyfîque, £c. ua delbrdre dans les crcaturoiT laifonnibles, qui conliflo dans le crime & dans les ' 'fiiufirances. lL.à raifôn de les diAinguer, £t non* xVonsraiIba.dc]e5 K>indre cnfcmblc Dieu ne né* glige ppïnt lëG choies inanimées; elles lôntlnfènfi-' ^bles, mais Drea eSt lènlible pour elles. I] nené^ glige ptùnr.IcE anîinaux, ils n'ont point d'intelli- gence, tnaii Dieu en a pour eu^. Il fe rcproche- TOttle moindre défaut véritable qui feroiidans l'U- niversi quand méinc.il ne ièroit apper^u de per- sonne.

147. II femble que M". Bayle n'approuve point gue les defordrcs qui peuvent être dans les chofes inanimées, entrent en comparaifon avec ceux qui- troublent h pain & ia-feitcité des créatures raifon» 'aablesj ni qu'on fonde en partie la permiflion da- vice fur le Jbin d'éviter le dérangement des loix écs mouvemcns. On en pourroit conclure, iêloti Hii, (Réponfit RoftBume a ». JSqueiot, p. 18;, 1 fue Dim t^i eritUUlmdl que fourfitirt ■voir/afiiea- M in/iniidi FJIreiiiteSùrt <y-Jtta Mcehati'que, (mit f Me fùnMttrièktde ion é" d'àmi de la -ueriu, Aym M Micuntpart^ bt tonJlruSîtin Jt ce grand Ouvrage Ci Dieu ne fi fiqueroit que dè fcience, il aimerait mieux latjftr ^erirtouth Genre humain, que defoitp- ■fiitqut quelques atcmes ailleiu plus -vite ou plat uà- iemeHt; que iei leix générales n, le demandent. M, Bijrle n'auroit point ftit cetteoppolirîon. s'ilavoit été inftsnv: du iyûfitne de l'iiUmoniegeneraic que ■ • »■ >Î4 EsiAis SUR LA Bonté' DE Dieu,.

je conçois, 8c <jui porte que le règne des caufiis efficîeatesi 2c celui des cauiès HnaJes, font paral- lèles catr'eux î que Dieu n'a pas moins la qualiré meilleur Monarque, que celle du plus grand ArchiteÉle i que la matière eft difpofée en ibrte i^uc les loix du mouvcmcnl: ièrvent au meilleur gouvernement des cftrits i 9c qu'il & trouvera par fEOnièquent qu'il a obtenu le plus de bien qu'il eft poTible, pourvu qu'on compte les biens méta- (bylîqucSf pliyfiques & moraun enfcmblc.

ifô. Mais (dira M.Bayle) Dieu pouvant dctour- per une infinité de maux par un petit miracle, pourquoi ne rtmplo)*oit - il pas? il donne tant de fccours extraordinaires auj iiommes loniLcs, mais un petit recours de cette naïuic lioniie ^ Evccm- pêchoit fa chute, & rcndoic la tentation du fer- pcnt inefficace. Nous avons afîcz Satisfait a ces ^tes d'olijcâionspar cette réponfe générale, que Dieu ne devoir point faire choix d'un autre Uni- wrs, puîsou'îl en a choifi le meilleur, & n'a em- ployé qw les miniclM ^ui y étoient ncceffiire's.- «voit réptmdu, qm i«s miracles chaDgem rordrc iwturel Ce l'Univers; il réplique, que c'eft une illufion, & que le miradc des nôccs de Cana fpar exemple) ne rit point d'autre changement dans l'air de la chimbre, fînon qu'au lieu de recevoir dansfes porcs quelques corpufculcs d'eau, il rcce- voit des corpufcuies de vin. Mais ii faut conlide- rcr que le meilleur plan des choies étant une fois choifi, rien n'y peut ttre chaugé. " 249. Quant au K m'irgclts (dontnous avons déjà âit quelque ciiofe ci-defRi?) iU ne foncpas tous peut- <lrc dtine même forte: U y en a beaucoup appa- remment que Dieu procure par le miniftercdc quel- ques fubftances invifibles, telles que les Anges,, comme le R. P- M aile branche le tient autTî; ficccs AnçiE ou ces fubftances agiffent feion ]es Içix ordinaires de kur mture, imx joimeg i dcfcorgs KTI.ALtBEftTE'HEL'HoMHE.ri.PAR. I^y plus fubtils 8c plus vigoureux que ceux que noui- pouvons manier. Et de tels miracles ne le lont que conipuMivnncnt > Se par rapport à noua; comme lu» Oam^es palinoieat.pour miraculeux auprès des animaux, s'ils étoieni; capables <ie faire leurs remarques là-deffiis. Le changement de l'eau en. Ttn.pounrtût £tre un mincie de cette d^pccc. Mais- la création, l'incarnation'. Se auek{ues autres ac- tions de Dieu paflènt toute la nirce des creaturesc 8c ibnt vcritabiement des miracles, ou même des myfteres. Cependant fi le changement de l'eau en vin à Caiu étoitun miracle du premier rang, Dieu auroit changé par-là tout les cours de l'Univers, à caulè de la connexion des corps i. ou bien il au- roit été obligé d'empêcher encore miraculeufement cette connexion, défaire agir les corps non inté- reflés dans le miracle, comme s'il n'en étoit arrivé aucun, & après le miracle paCé, il aurait fallik. Kmeitre toutes chofes dans les corps intéreiTés mê- mes, dans l'crat où elles feroicnt venues làns It miracle.- après quoi tout feroit retourné dans Coa- premier canal. Ainlî ce miracle demandflk plos- qu'il ne paroir.

aj-o. Pour ce qui eft du mal phyfique des cr^ turc!, c'eft-à-dire de leurs Touffranccs, M. Bayle combat fortementceuxqui tâchent de julliiier par des rai&ns particulières la conduite que Dieu a tenue à cet égard. ]c mets à part ici les Ibuffran- ces des animaux: 8c je voi que M. Bayle inlîlbr principalement fur celles des hommes, peut ètr»- parcequ'il croit que les bêtes n'ont point de lèoct* ment: & c'en par l'injuftice qu'il y auroit dans lor fcuÉfrances desoêCBS, que plulieurs Carteficns onf voulu prouver qu'elles ne font que des machines-t- fHeimm (ub Dto ji^antmo-mneetni mifir tji. lleft< KnpofTible qu'un insDceat. Sût mi&rable (oas un. matae tel que Dieu. Le principe elt bon, mais j.£ ne croîs pas qa.'oa en guiflè înlèrer que les bétcs •a.'. n^ouç 'n* EssAW SUR LA BowTE' BE Diïtr; n'ont point de fentimcns, parcequc je crois, qu4 proprement parler, la perception ne fuffit pas pour cauJcr la miiere, 11 elle n'eft pas accompagnée d» réflexion. Il en elt de même deUtêlicitéi^uu la Kilexion, il n'/ en a points O feriunMia tihahm, fu» qui bmm mrmt!

L'on ne fauroit denKr rufenn^lemcnt qu'il ny ait de la douleur dans les aaknaux i mais il pa-, roii c\u2 leurs piaifïrs Ec Icurii douleurs ne Coai pu Duiri vifs que danj l'homme: car ne failànc poinr de réSejtinn, ils ne lonr point fufceprïbles ni du ohagiin qui aciompagnc la douleur, ai de la joye qui accompagne le plailir. Les hommes font quel- quefois dans un érat (jui les approche dcstiêtes, Se où ils agilïènt pr-eiijue par le icu\ inftiivTt. & pas Jes feule; impreflîons des «.periences fenluelles; & dans cet état., leurs plailirs & leurs douleurs font ibrt mincesi ■ ïfi. Mais laiflbnt^li les bétes, & rc-cnons au» crtfatiires railbnnablcE; C'ell par rapport à elles que M. Bayle agile cette Qticftioni s'il y a plus de nul pliyllqiie, qne de bien pb^lrque dans le mon- de! Rép.aaxQueftBi»^ua Pravinc.ch.7p. Tom.' i. Pour la bten décidcr, il faut expliquer en quoi «es biens& ces maux confiftcnt. Nous convEnons- que le mal phylique n'eft autre chofc que le déplaï- Jir, &jc comprcus li-deflbus la douleur, le cha- erini & toute autre forte d'incommodité. Mai» K bien phjrfiquc confifte-t-il uniquement dans i& plailÎT! M. Ba^le paroït Être dans ce fcniimcnt, mais je fuis' d'opinion qu'il <;oDfille encore dans un état moyen, td que celui de la ûnté. L'on c& af- fii^bien quand on n'a point de mal: c'eQ uadegr^ ' de U-âgdIc.de o^avmi lien 4e-la folie,- XTLA LIBERTE' DE L'HoMME. II. PaU. T^f C'eft comme on cft fort louable, quand oaceJàii- n>it énc blimé avec jufticc; 5i non eulpiUtr, fit mihi laudis trit.

Et fur cepïed-U, tous les ftntimens qui ne nous déplaifènt pas, tous les exercices de nos forces qui ne nous incom^modent point, Et dont l'empêcnc* ment nous incoramoderoit» font def'Hens.phyfi- ques, lors même qu'ils ne nous caufent aucun p^t- iiri car leur privation eft un mal phyiique. Aufli ne nous apperccvons-nous du bien de la ianté, & d'jutrts biens fcmblables, que lorsque nous err ibmmes privés. Et lurcepicd-là, j'olerois Ibute- nir que niâme en cette vie les biens forpaiTcnt les maux, que nos commodités furpaflènt nos inconi- modités, 8c que M. Defcartes a eu raifon d'écri- re (Tom. I. Lettre 9.) ^utl» RaifonmturelU nous MpprinJ que nous avons flui de èiens que de maiat zf%. Il feut ajouter que l'ulage trop fréquent, 8c la grandeur des plaifirsTeroit un très-grand mai. Il j en a qu'Hippocrate a comparés avec le haurmal, & Scioppius ne fit que fcmblant fans doute de por- ter envie auK paflêreaux, pour badiner agréable- ment dans un Ouvrage favant, mais plus que ba- din. Les viandes de haut goût font tort à la fan- té, & diminuent la délîcateflè d'un fentiment ex- quisj 8c gcneraiement les plaifirs corporels font une efpcce de dépenfe en efprits, quoiqu'ils Ibient mieux r^arés dans les uns, que dans les autres. . if^. Cependant pour prouver que le mal fur- pafftlebien, on cite M.dela Moche ie Vayer (Let- tre- p;4.} qui ifeùc point voulu rerenir-au mtmdfr^ <ileiu.&Uuqu'it jouit le iii6dm tdte que-Ia provh- 4; dcncc: i^i-EssAjs SUR LA Bonté' db Dieu, dcncc lui avoît déjà impofë. Maisj'aidéjadit, que je, crois qu'on acc^ptcioii h propolition de celui qui pourroit renouer le lil de la Parque, li on nous promectoit un nouveau rAlc, quoiqu'il, ne dût pas être meilleur que k premier. Ainli de ce que M de la Mothe le Vaycr a dit, il ne s'enfuit potne qu'il n'eût point voulu du rùlt qu'il avoit déjajoué, s'il eût été nouveau, comme ii Icmble que M. Bay- ]«ie prend.

ïf4. Les plaillrs de l'ciprit Ibnt les plus purs2e les plus utiles pour faire durer la joyc. Cardaa iéji vieillard ctoit û comeot de [on cm qu'il pro< teua vfec Icrinent, qu'il ne le changcroit pas avec çeluid'unîeuneluMnmedeEplusricfacs, mats i^O* rant. M.ûela Mothc le Vayerkrapportelui-mêrae lans le criiiquer. Il paioii que le latoiradcschar" mes qui ne lauroicuc c[rc- connus ctux qui as les ont point goûtes. Je ncuieus pas un limpic lavoir des taits laAs celui des railons, mais tel que celui de Canlaa. qui etpït eâèâiv^meiit un graind ïwoiaie avrc tout iicf d^&uts, &4uroii;écciDCom- puable ikujï ces deâuts, ', lUt ntUHt <mntt ^ intxentiiU futitut Suèjttu ptdiittt.

Ce n'eft pas peu de chofe d'être content de Dieu & de l'Univers i de ne point craindre ce qui nous cH defliné, ni de ic plaindre de ce qui nous arrive, la connoiHànce des vrais principes nous donne cet avantage, tout autre que celui que les Steïciens Se les Epicuriens tiroicntdc leur PhilolÀphie. Ily a autant de digcrence entre la vcriiable morale ^ la leur, qu'il y cd a encre la joyc Se la patience;, car leur tranquillité n'étoït fondée que fur la neccl" lit^i k notre le doit être Six la pcrteâioD Se fvr 1» hmiK^àioSat jQtf notre propre AUcité..,...; - ' ■ ' Mai» 'Xff~ Maïs que dirons nous des douleurs corpo- relles? ne peuvent-elles pas être aflcz aigres pour interrompre cette tranquillité du Sa^e? Ariftotc en demeure d'accord: les Stoïciens etoieoi d'ua autre ièmi)ncnr, & iiu'me les Epicuriens. M. Def-. cartes a renouveilé celui de ces Piiilolbphes i î! dit (lansla Lettre qu'on vient de citer: ^k* wémepar' mi les plus tnjlei accident les fliti frej1»mes dou- leurs, en y peut toàjauri êtreconttnt, fouriuejii'ût picht ugtrde la Raifen. M. flaylcditU-deirus.ÇÇ.épt au Prov, T.J. ch. in-?'99^-) q^ec'tfi ne ri»«-i re, que c'ejt mus marqutr un rtmed' dent prefqM*. fer/iiiae ne fait la préparation. Je tiens que la cbo-> iè n'eft point impollible, & que les hommes jr pourroient parvenir à force de méditation 6c. d'exercice. Car ûas parler des vrais martyrs, 6c, de ceux qui ont ctBal1']{lésextraordinairementd'eiv>i haut, ii y en a eu de faux qui les ont imités; fie cet efclave Efpagiiol qui tua le Gouverneur Car-" thaginois, pour vanger Ton maître > & qui en tén moigua beaucoup dejoyc datu lcs{>lu£graîuLstour-> mens, peut &ire honte aux PhilolophcGï pourquott n'iIoi^on pas au0î loin que lui? Oapo» dÎTe<ilUaai ^vancage, comme d'uQ de£M30tïge:.

Cuivii feufi aeeiJert, quti miquam ftttftl if6. Mais encore aujourd'hui des Nation* entïe-^ resi comme les Hurons, les Iroquoisi les Ga- libis, & autres peuples de l'Amérique, nous font une grande IccouL-delIus: l'on ne làuroit lireiàns- étonncment avec quelle intrépidité & prefque in- fcnlibilitcils biavenc leurs ennemis quiles rôtîilënt' à petit feu, & les maugent par tranches. Sidetel-. les gens pouvoient garder les avantagcsdu corps Bc. du coeur, Se les joindre à nos coquoi^uKes • il» vm nt&aieat 6» UutCs lot nuoiem* i Î40 Essais STTR la BoMTE' bs DiEU^ ExlAt ttt in medih turris aprieit cnfis.

Ils rcroient par rapport à nousi ce qu'un géant cft à un oaia, une montagne à une colline: ^uantui Eryx, ^ quantus Âthoi,gaudttqut tihali Vtrtice fe atteUim pattr Jl^tnnmus id HUTiU.

ij-;. Tout ce qu'une merveilleulè vigueur de corps & d'el'prit (ait dans ces Sauvages entêtéj d'un point d'honneur des plus fingulicrs, pourroit Être acquis parmi noas par l'éducation, par des. mortifications bien atTaifoiinées > par une joyc do- minante fondée en raifonsi par un grand exercice à conferver une certaine prclenced'eipritau milieu des diftraâions & des imprellions les plus capables de le troubler. On raconte quelque chofe d'appro- chant des anciens AflâQîns iQjcts&élemdu Vieux ou plutôt du feigncar {Senior) de la Montagne. Une telle école (maïs pour un meilleur but) ic- iirit benne pour les MiHîennaïres qui voudroient rentrer d»ns le Japon. Les Gynanolbphifles des anciens Indiens avoient peut-être quelque cholê- d'approchant. & ce Calanus qui donna au Grand Alexandre Iî fpeflacle de fe taire briiicr tout vif avoir (ans doute été encouragé par dt- grands exem- ples de Tes maîtres, êc esercé par de grandes fouift-anccsà ne point redouter la douleur. Les- femmes de ces mèmesindicns, qui demandent en- core aujourd'hui d'être brûlées avec les corps de leurs maris, ièmblent tenir encore quelque cholê du courage de ces anciens Philofophes de leur païs. Je ne m'attcns -pas qu'on fonde lî-iôt un Ordre Re- ligieux, dont le but lôic d'élever l'homme i ce haut point de pcrfèâion: De telles gens fooient trop au delTus des autres. Se trop formidables suv- Kiufiaiices. Comme Û elt rare qu'on foit eiipofê "ET LA Liberté' de l'Homme. I. Part. 141 aux eKcrÉmités où l'on auroit befoïn d'une li gran- de force d'cfprit, on ne s'avilcra guércs d'en fitirc proviiion aux dépens de nos commoditcs ordinai- res, quoiqu'on y gagneroic incompirable nient plus qu'on n'y perdroît.

, ifâ. Cependant cela même eft une preuve que le bkn lurpafTe déjà le mal, puis qu'on n'a pas bc- £oin de ce grand lemedc. £uripide l'a dit aulTi: Homère 8c plufieurs autres Poètes, étoient d'un autre fentiment, 8t le vulgaire cil du leur. Cela vient de ce que le mal excite plutôt notre attention que lcbicn;mais cette même railbn confirme que le mal ei plus rare. Il ne duc donc pas ajou- ter foi aux exprelTions chagrines de Pline, qui feit paffcr la nature pour une marâtre, & qui prétend Îuc l'Iiommc eft la plus milcrable & la plus vaine e touresJes Cr<iaCures, Cctdeux épithetesnc s'ac- cordent point>oa n'elt pas affti mifèrable, quand on eft plein de fôi-mëme. Il eft vrai que les nom- mes ne méprifent que trop la nature hnmaînei apparemment parccqu'ils ne voyent point d'autres Créatures capables d'exciter leur émulation; maïs ils ne s'efïiment que trop, & ne fe contentent que trop facilement en particulier. Je fuis doue pour Meric Cafaubon, qui dans lès Notes fur le Xeno- phanc de Diogene Laërce loue fort les beaux lèa- timens d'Euripide, jufqu'à luiattribucr d'avoir diC deschofes, qua/pirani itlunivfBt te^us. SeneqUfl (Lib. 4, c.] f. de Bencfic.) parle éloquemment des biens dont la nature nous a comblés. M. Bayle dans ibn Diftionnairc, article Xenophane, y op- polè plalîcura autorités, Se entr'auties celles du roëte. PipEi^ dans Içs ColleâiDns de Stobée» t4-i EssAT! SUR LA Bonte' de Dieu,' dont le Grec pouiroit étie exprimé ainiî en ùtiat • Infuruiis eyathis Mèert nas jMthJm M/to ttrnu fra éono miUa.

aj-p. M, Bayle croit que s'i! ne s'agiflôit quedu rnal de couipc, ou du mal moral des hommes, le procès feroic bientôt terminé à l'avantage de Pli- ne, Ec (ju'EuMpide pcrdroit ià cauiè. En cela je ne ni'yoppolë pas, nos vices furpaflêat fans doute nos vertus, & c'eft l'effet du péché originel. 11 eft pourtant vrai qu'encore là-deflijs le vulgaire outre les choies. & que même quelques Théologiens abbaiflcnt fifort f'hommc, qu'ils font tort à la pro- vidence de l'Auteur de l'homme. C'ell pourquoi je ne fuis paspour ceux^uiontcru faire beaucoup d'honneur à notre Rdigion, cndifant que les ver- tus des Payens n'^toîent que spltndidi* ftccata, des vices éclatans. C'eft une faillie de S, Auguftin, qui n'a point de fondement dans la lâinte Ecriture, & qui choque la llaifon. Mais il ne s'agit ici que du bien &. du mal phylîquc,!^ il ta'jt comparer particulièrement les proipcrites &. les advcriités de cette vie. M. Bayle voudroit preique écarter lit eonfideration de ta fantéi il la compare aux corps raréfiés, qui ne fe font gueres fcntir, comme l'air, Kir Mcmplcimaisil compare ia douleur aux corps ipi ont beaucoup de denlitc, £c qui pefent beau- coup en "peu de volume. Mais la douleur mê- hie ftit corinoitrc l'importanccdc la fanté, lorfquc nous en ibmmcs privés. J'ai dc_;a remarqué que trop de piaifirs corporels icroient un vrai maiiÀ la chofe ne doit pas être autremcntj il importe trop que l'efpric foit libre. Laûance {Divin. inftit.lib. 3.

cap. 18.) avoit dit.que les hommes font fi délicats qu'ils Ce plaignent du moindre mal, comme s'ïï Mforboit tous les biens donc ils ont joui, M.Baylé dit U-delFus, qu'il luffit que les hommes font dece ETLA Libsrte'de l'Homme. II. Par. t^'i le fentimenc cjui raie la mcfure du bien ou du ma!. Mais je reponds que le prcfent Icntiment n'eft rien moins que la véritable mefurc du bien £c du mal SaiTé & futur, je lui accorde qu'on eft ma! pca- ant qu'on lait ces réficuions cbagrtnes, maisccb n'empéclie point qu'on n'ait été bien aupararanti Se que tout compté 6t tout rabbatu le bien ne fnr- palle le mal, " itfo, je ne m'étonne pas que les Payens, pcii contens de leurs Dieux, ièfoient plaïnis de Pro- methêe 8t d'Epimethée, de ce qu'ils avoient for- gé un suffi foible animal que l'homme i £c qu'ils aycnt applaudi àla fable du vieux Silène nourricier de Bacchus, qui fut pris par le Roi Midas, & pour le prixde fidelivrancc lui cnfcigni cette prétendus belle fentcnce; que le premier 6: le plus grand des biens ctoit de ne point naitrc, 8c le fécond, de -fortir promtement de cette vie, ( Cic. Tufcul. lib. »-) Platon a cru que les ames avoient été dans un état plus heureux. & plulieurs des Anciens, 8c ■Gicerbn cntr'autres dans la Conibiation (au rapport de Laâaace. ) ont cru que pour leurs péchés elles ont étç conlînées dans les corps comme dans une prifàn. llsrendoienc parUune railbndenos maux.

maine: in'y a pointoe beffe prifon. Mais outre que même, ïèlon ces mêmes Payens, les maux de cette viclcroient contrebalancés & furpafTéspar les biens des vies patTées & futures; j'oie dire qu'es examinant lescholès fans prévention, npustrouvc- rons que i'un portant l'autre, h vie humaine eft palTahlo ordinairement; Su. joignant les motifs de 11 Religion, nous ferons contens de l'ordre que Dieu y a jnis. Et pour mieux juger de nos biena. Se de nos maux, îl fera bon de lire Cardan Je utij^ i/ae ex aJverfii atfifndit, 8c Novariiû<& «ctuU'u^ l'iis font mal, puilque c'eft x6i. M zftf Essais surla Bonté' de Dieu, i6i. M. Bayles'éioid fur les malheurs dciGranil^ <]uï paflcnt pour ks plus heureux: l'ulàge conti- nuel du beau cficé de leur condition leirrad inièn- jtbles au btea, mais uès-Ieniïbles au mal. Qud- qu'un dira: tant pis pour eux, s'ils ac £ivciit pas jouît des avantages de la nature & de la fortuoe; ell-ce la ftutc de l'une ou de l'autre î 11 y a cepco- dant -des Grands plus fàges, qui iâvcnt mettre à profit les faveurs que Dieu leur a laites, qui Cs confolctit fàcilcmcai de leurs malheurs, & qui ti- rent mémcde l'avantage de leurs propres feules. M, Baylc n'y prend point garde: & il aime mitux c- i;ourer Pline, qui croit qu'Auguile, Prince des plus favori fés delà fortune, a icntipour le moins autant de mal que de bien, j'avoue qu'il a trouvé de grands fujets de chagrin dans là famille. & que le remords d'avoir opprimé la République, l'a peut- être tourmenté: mais je crois qu'il a été trop iage pour s'affliger du premier, & que Mecenas lui a làit a>ncevoir apparemment! que Rome avoitbc- foin d'un Maître. Si Auguflc n'ivoit point fté converti fur ce ptûiit, Virgile n'auroit jamais dit d'un damné: Vindidit hic aura fatrUm, Dcmmumque feitntm Imfofuit, fixit legis fretio nique rtjtxit. Augufte auroit cru, que lui & Cefar étoient defi- gnes par ces vers, qui parlent d'un Maitre donné a un Eut libre Mais il y a de l'apparence qu'il en feifoit aulîi peu d'application à fon Règne, qu'i] Tcgardoit comme compatible avec la liberté, & comme un remedeneccirairc des maux publics, que les Princes d'aujourd'hui s'app.iquent ce qui fe dit des Rois blâmés dans le Telemaque de (Wonfieur de Cambray. Chacun croit être dans le bon droit. ■Tacite* Auteur delinterefi'é, fait l'Apologie d'Au- 'gnlle en deux mots au commencement de fès An- nales. - Mats AuguHc apu mieux que peribone ju< ïT LA Liberté' de l'Homme. III. Par. i+y gcr de fon bonheur; tl paroit être more content, par une raiibn qui prouve qu'il étoit content de & vie, car en mourant il dit un vers Grec àlcs amif-, qui lignifie autant que ce PUudiit c^n'on avoit cou- tume de dire à l'illuë d'uae Pièce de theatie bkn joaéc. Suctooe le rapporte: Ain] »fS\n xta wtatif ù(ii,i% furit Xff^i iSinminm^ i6i. Mais c^uand même il lèroit échu plus do mal que de bien au Genre humain, il fuffitpar rap- port à Dieu, qu'il y a incomparablement piiti de bien que de mal dans l'Univers- Le Rabbin Maimonides, ( dont on ne reconnoit pas allez le mérite, en difant qu'il cil le premier des Rabbim qui aitceflë dédire deslôttiiès) a aufli fort bien ju- gé de cette queltion de la prévilence du bien furie mal dans le monde. Voici ce qu'il dit dans foa DtSer ferflixortim. (p. }. cap. 1 1. ) H l'éltve foH- Vtat Jti pe^tts dms lei ntat) dts ftrfonnti mal inf- truitii,qitiUsfont entre qu'il y flus dt mnl qutdt èimdai» It raoadti ^ Ion tnuvi feuveni ditns Ut ftifitt ^ «ton» Uî ehanfonsdei Paytns.^He e'ejl com- me un rniratlt quand il arrive quelque chofe de éoa i au lieu que les maux font trdmairei continuels. Celte erreur ne t'ejl fai feulement emf»rée du vul- gaire, ceux mimet qui veulent fgffer four fagts on» donné là-dedani. Et un Auteur célèbre nmmi fAr rali, dans fon Sepher Elohuth eu TkeefBpkie,y a mit entre beaucoup dautret abfnrdilés, qu'ily a flus Jé maux que de ùiens, ^ qu'il fe trouveront, en comfH' tant les récréations ^ les flaifirs dont l'homme jouit tn ttmi dt tranquillisé, avec les douleurs, les tour- mtni, Itstroublts, les défauts, les fouets, les cha^ grins les affiiiiions, dent il êfi accablé, que noirt vie efl un grand mal une véritable peine qunout tft infligée four nous punir. Maimonides ajoute que la cauiede leur erreur Ci travaeaniceft, qu'ils s'ima- , ginent que la Nature n'a étc%ite que pour eux, 8c Tom II. Q qu'il* X4(ï ESSJU! SUR LA BoNTe' DE DlEU, Qu'ils comptent pour lien ce qui eit difUaâ de KUT pcifoiiiiei d'où ils iniîieDt que quand il arrive quelçiue Giio& cootre leur^, tout va daa> iTJnivcrs.

ad;. M. Bayle die que cette remarque de Maî- monides ne va point aa but, parceque la quefiion t&i li parmi les hommes le mal furpafTe le bien? Mais confidcrant les paroles du Rabbin; je trouve que la queftion qu'il foniie cli générale, & qu'il a voulu réfuter ceux qui la décident par une raifoa particulière > tirée des maux du Genre humain, comme li tout étoit fait pour l'homme: 6c il 7 A de rapparence que l'Auteur qu'il réfute a aufii parlé du bien Ec dumalcn gênerai. Maîmonidesa raifim de dire que fi l'on conlîderoit la peiitefTcde tliomme par rappoitàl'Univcrs, on comprcndroit avec évidence, que la fuperiorité du mal,.quand' S iè trouveroit parmi les hommes, ne doit pas a^ voir lieu pour cela parmi les Anges, ni parmi les Corps ccleftes, ni parmi les élemcns & les mixtes inanimés, ni parmi pluficurs cfpcces d'animaux.

J'ai montré ailleurs, qu'en fuppofant que le nom- re des damnés furpafle celui desfiuvés, {fuppofi- tion qui n'eft pourtant pas abfolumeat certaine) on pourroit accorder qu'il y a plus de mal que de bien, par rappoi^ au Genre humain qui nops eSt connu. Mais j'ai donné a conliderer quecelan'emr pêche point qu'il n'y ait incomjftaiablêmentplusde ncs que de mal moral Se pliTC^ie dans les Crca- tutes laifiinnablcs en gênerai, fie que la Cité dë Dieu, qui comprend toutes ces Créatures, ne £ilt le plus parfait Etat: comme en confiderart le bien Scie mal métaphyllque, qui fe trouve dans toutes les fubflanccs > foit douées, fo'n defîituées 4'iilillligeace, & qui prisdans cette latitudecom- jMïrraroitlebicnphyiique & le bien moral; il faut flirc que l'Univers, tel qu'il eftaiftuellemcnt, joit ifrtce lèmeiUeW'dc tous les îy&è,m.C9.

1.64. Au Tcftt:, M, B^kyle ne veut point qu'on iîûb ei\trer notre faute en ligne de compte, lors- qu'on parle de nos Ibulïrances. Il a raïlbn, quand il s'agit limpicment d'ellimer cesioufirancesimaia il n'en dl pas de mime, quand on demande, s'il fauc les attribuer à Dieu; ce qui ellprincipalemcac le ibjec des difïicultés de M. Bayle, quand il otM pofe la Raifon ou l'esperiencc à la Religion. Je Êi qu'il a coutume de diie, qu'il ne fert deriendc recourir à uorrc fianc-aibiîri;, puisque fcs objec- tions tendui! ciicorL-.■prouvcrqurrabusdu franc-^ Dieu, qui l'a pcrmij; & qui y a concouru il débite coniii-.e une niixime, que pour une dif- ficulté de plus ou de moins on ne doit pas aban- donner un fyHèmc, C'eit ce qu'il avance particu» licrement en faveur des Méthodes des rigides Scdu Jogoie des Supraiaplàires. Car il s'imagine qu'oa fe peut tenir à leur gentiment, quoiqu'il laifTe tou- tes les difficultés en leur entier, parccque les au-- très fyfiièm^s, quoiqu'ils en font ccfTer quelques- unes, ne peuvent pas les refouiire toutes. Jeticns- que le véritable fyltème que j'ai expliqué, iatisfàic à tout; cependant quand cela ne fèroit point, j'a- voue que je ne làurijis goûter celte maxime de M. Biylc, & jepretererois un fyfljme qui Icvcroït une grande paitic des dillîcultés, à celui quinefâ- risferoit à rien. Et la confideration delà méchaa» cccé des hommes, qui leur attire prefquetousieara malheurs, fait voir au moins qu'ils n'ont aucun droit de le plaindre. li n'y a point de )uftit:e qui doive {è mettre en peine de l'origine de la ma- lice d'un icelerat, quand il n'eft queftion tiuede te piuïr: autre chofè eft, quand il s'agit de l'empê- cher. L'on Jàit bien que le naturel, l'éducatioiii la converiâtîoD I Scfouvent m^me le hasard, y ont- beaucoup de part-, en eil-il moins punifTableî . afif. J'aicauc. qu'il reiic encore une autre.di^*