pleussent et accordassent, R, plaisent et accordent.--25, mon trepas, il rechercheroit, R, que ie meure, il recherchera.--25, ay donné, R, poisante, D, le conseillerois volontiers Venise, pour la retraicte d’vne telle condition et foiblesse de vie.--27, moy, R, à moy.--29.
Ie leur, R, Ce.--31, ces voyages, R, vn si long voyage.--=448=, 8, difformant, R, se difformera.
4, parmy, R, mais entre.--19, La fortune ayde, R, Combien ayde la fortune.--16, aux miens, R, à nul.--20, leur apporter, R, aucun.
volupté.--20, se seruent simplement des, R, suiuent simplement les.--=464=, 9, condamnent à, R, accusent elles mesmes de.--16, raison, Et vne bonne, R, Comme vn’.--34, ou vn peuple, R, vn peuple.--=468=, air, R, l’air.--12, parlerie, D, C’est l’originel langage des Dieux.
[Membre de phrase reporté dans le texte de 1595, même page, lig. 17, après «philosophie»].--16, rompu, D, Luy mesme est tout poétique.--16, renuoyera, R, m’en enuoyera.--34, il y est, D, plus de cent ans.--34, A, et au delà de cent ans.
22, besongne, D *, et de l’obligation.--=488=, 2, et le, R, il le mesprisant, R, en mesprisant.
d’en, R, à en.
=500=, 18, selon la, R, à la.--=502=, 2, qui sont du, R, que ie vois au.--4, moy, R, ma cause.--7, contraire, D *, _Vtatur motu animi qui vti ratione non potest._ [Traduction: «Que celuy-là s’abandonne à sa passion, qui ne peut suivre la raison»].--=504=, 1, aueugle ou, R, perte.--35, progrez, D, des affaires douteux et.--=508=, 16, pouruoir, R, pouruoer.
antequam oprimatur, quatitur._ [Traduction: «L’esprit est frappé très ingratitude.--27, vigueur, R, la vigueur.--27, liberté, R, la liberté.
ainsin, R, ainsi.--35, sommes, R, ne sommes.--=524=, 12, cette espece, besoing, R, nature.--9, A, et de soy mesmes.--10, A, Les effects...
le scauoir comme le doner apartient à la regence et à la maitrise: à l’inferiorité, subiection et aprantissage appartient le iouyr, l’accepter. [En outre l’ordre des phrases où se trouvent les onze variantes qui précèdent est modifié ainsi qu’il suit: «Ils laissent...causeurs (lig. 2 à 3)» est placé après: «verité (pag. 526, lig.
coustumes, R, costume.--30, moyens, R, causes.
=530.=--=534=, 22, dire, R, le dire.--25, sommes, R, que nous R, de sens.--33, imperieusement, D, _Videantur sane ne affirmentur nature.--S, cigüe, R, cicue.--22, par fois se peuuent ainsin, R, se peuuent ainsi par fois.--24, pas iuge, R, ny iuge.--31, la pensée, R, ma pensée.
croire.--2, au compte, R, en recette.--=546.=--=Ch. XII.=--17, maisons, qui sont autour de la ville de Damas en abondance et délicatesse, resterent vierges des mains de ses soldats tous ouuers et non clos, republique, R, estat.--8, A, trouble et hazarde tout, et qui.--11, sa mere et en donant à ronger les pieces à ses antiens enemis.--27, de haines, R, de haynes.--30, loy, R, parole.--31, amorçons, R, amorchons.--33, estat, R, visage.
que certes à peu près.--=566=, 5, office, R, ordre.--20, falloit, R, me neantmoins.--20, de tous les maux, R, des maux.--=574=, 1, torment, iunes.
=580=, 3, puerile, R, sec et sain mais quand et quand naïf et bas.--4, inimaginable, D *, véritable franc et iuste au dela de niaise en vne securité.--34, enfantine, R, puerile.--=582=, 3, d’elle, D, mesmes.--14, encheuestrions et battions, R, encheuestrons et battons.--15, tuions, R, tuons.--37, oisiueté, R, enhortemens Cela c’est, D *, en consciance.--23, il effaçoit, R, à chacun il me sembla effacer.--25, et parmy, R, parmy.--25, suis, R, ie suis.--=586=, 1, cettuy-ci, R, cettuy ici.--2, eusse, R, en eusse.--2 à 5, Eh quoy...perdre, R, D’auantage, telle faueur gratieuse que la fortune peut m’auoir offerte par l’entremise de cet ouurage eut lors rencontre dourrais-ie.--22, Socrates, D, qui.--24, si disgracié, R *, et vn visage si vilain.--24, si disconuenable, R, disconuenable.--31 à 34, et nous...bien, R, et souuent nous desgoute par bien legieres causes: du teint d’vne tâche d’vne rude contenance de quelque cause inexplicable sur des menbres bien.--36, toutesfois, R, pourtant.--36, le plus, R, a, R, n’a.--18, rang, R, ranc.--21, appartenir aux beaux, R, aux beaux =590=, 27, seule, R, la seule.--30, religions, non, R, relligions harquebousade.--28, lendemain, R, l’endemain.--33, indiscrete liberté, XIII.=--27, A, de beaucoup.--27, plus vil, R, moins digne.
contrat.--=604=, 9, et redoutons, R, redoutons.--26, sur qui, nous en apportes, R, en voicy.
A, quiete.
mauuais, R, mauues.--41, à cette heure, R, asture.
peuple.--21, secousses, R, sesons.--24, l’aage, R, tantost de six ans, le cinquantieme.--33, A, et mes yeux.--33, incontinent, D, et mes cui_.--=668=, 2, leur nourriture, R, nourriture.
ils se trompent, et.--17, et dix, R, dix.--18, qui ay, R, ay.--20, tout les vieillards.--5, d’almanachs, D, les ephemerides et aux médecins.--5, A, les esperances et les pronostiques.--18, galbe, R, garbe.--31, contraire, R, rebours.
=680=, 1, et ne bois, R, ne bois.--11, vin, D, d’eau.--15, ou non, principale.--10, Mon...forclost. [Phrase reportée lig. 12 après «il se trouue»].--11, pour soy...saueur, R, des conuiez y apporte la principale grâce.--15, de prendre, R, prendre.--=686=, 4, veulent que, R, tiennent.--5, A, soyent.--6, comme dit Aristote, qui d’vne farouche stupidité, R, qui d’vne farouche stupidité, comme dit Aristote.--7, font les degoustés, R, sont desgoutez.--7, A, d’autres.--10, ne leur coutant, R, et ne leur couste.--11, substantent, R, sustantent.--13, leurs femmes, R, les fames.--23, plus, R *, bien plus.--34, humains et corporels, R, naturels et par consequent necesseres et iustes.--38, vocation, R *, vacation.--=688=, 9 à 12, avez-vous sceu composer...villes, R, Composer nos mœurs est nostre office, non pas composer des liures, et gaigner non pas des batailles et prouinces, mais l’ordre et la tranquillité à nostre conduite.--12, Le glorieux...c’est, R, Nostre grand et glorieus chef d’euure c’est.--17, au deuis, R, à indulgendum non seruiendum._ [Traduction: «Il faut le leur pardonner, et ne pas leur en faire un grief»].--37, voluptez, D *, naturelles.
A, En la...cheual [phrase reportée lig. 32].--25, Et emmy...Et le premier emmy.--26, A, le premier.--32, abstinence, D, Il s’est veu en la bataille Deliene releuer et sauuer Xenophon renuersé plustost...produisist, R, plus tost qu’on les produisit encore.--20, la volupté, R, volupté.--29, ne va, R, va.
digérer facheus.--19, les plus, R, le plus.--=704=, 5, miracle, D, et.
[E] FASCICULE E L’ESPRIT DES ESSAIS.
EXTRAITS, CLASSÉS PAR MATIÈRE ET DANS UN ORDRE MÉTHODIQUE, DES IDÉES CARACTÉRISTIQUES QUI Y SONT ÉMISES.
«Montaigne, le meilleur philosophe moral que nous ayons, plus profond que subtil, a dit d’Aguesseau, n’est jamais mieux que cité; on ne lui trouve pas tant de génie à le lire de suite, ses propos saisissent plus que les développements qu’il leur donne».--Ses propos, on les trouvera, en majeure partie, énoncés ici; et, en se reportant aux indications de volume et de page qui les accompagnent, il sera aisé, à qui voudra, de les replacer dans leur cadre pour en mieux juger et méditer.
Ces extraits, synthétisant «l’esprit des Essais», sont textuels, en dehors des légères retouches qu’il a fallu faire à quelques-uns pour les rendre compréhensibles tout en les présentant isolément.--Le style et l’orthographe en ont été conservés, pour ne rien leur enlever de leur précision et de leur pittoresque.
Ce relevé, joint au sommaire des Essais (fascicule B), présente de fait la quintessence de cet ouvrage: l’un dans son ensemble, l’autre dans ses idées caractéristiques.
La pensée n’en est pas nouvelle; elle a déjà été réalisée, au moins à deux reprises au XVIIIe siècle, d’une manière fort judicieuse, bien que dans des conditions ne nous donnant pas pleine satisfaction, ce qui nous a déterminé à la reprendre, en faisant à cet égard table rase du passé.
Le difficile, dans un travail de ce genre, est de ne pas se laisser entraîner, tout en n’écartant rien d’essentiel. Mais la corrélation entre ce relevé et le Répertoire analytique des principales matières traitées ou mentionnées dans les Essais (fascicule Hb) et, d’autre part, le recours immédiat au texte que rend possible la contexture de «Self-édition», résolvent ce point épineux.
Il est à observer que cet «Esprit des Essais» diffère entièrement des «Extraits de Montaigne» qui, sous ce nom et en assez grand nombre, en donnent in extenso les morceaux les plus intéressants, n’y faisant que les coupures indispensables suivant la catégorie de lecteurs auxquels ils sont destinés.
Le titre de chaque article indique le sujet auquel il est plus particulièrement afférent et souvent aussi, entre parenthèses, d’autres articles auxquels il y a lieu de se reporter pour ce même objet, car, ici non plus, on n’a pu se garder complètement de la confusion qui partout existe dans les Essais, où à propos de tout il est question de tout.
Dans l’article «Divers», plus encore que dans les autres, on trouvera un peu de ce tout; les sujets y sont classés d’après l’ordre alphabétique du mot qui, dans l’alinéa, attire le plus l’attention.
+Nota.+--Les nombres suivant chaque alinéa, indiquent: ceux en caractères romains, le volume; ceux en caractères arabes, la page où se trouve l’extrait qu’il relate.
Pour chaque sujet, outre l’article qui lui est propre, consulter également ceux qui accessoirement sont indiqués dans l’en-tête, et [E.153] ESSAIS DE MONTAIGNE.
L’ESPRIT DES ESSAIS.
EXTRAITS, CLASSÉS PAR MATIÈRE ET DANS UN ORDRE MÉTHODIQUE, DES IDÉES CARACTÉRISTIQUES QUI Y SONT ÉMISES.
ABONDANCE.
Il n’est rien si empeschant, si desgouté que l’abondance, =I=, 490.
ABSENCE (AMITIÉ, MARIAGE).
Si nous ne iouyssons que ce que nous touchons, adieu noz escus quand ils sont en noz coffres, et noz enfans s’ils sont à la chasse, =III=, 434.
Vne faim insatiable de la présence corporelle, accuse vn peu la foiblesse en la iouissance des ames, =III=, 436.
ACTIONS.
Ie hay quasi à pareille mesure vne oysiueté croupie et endormie, comme vn embesongnement espineux et penible. L’vn me pince, l’autre Toutes actions, dit la philosophie, sieent egallement bien et honnorent egallement le sage, =III=, 692.
Les choses moins craintes sont moins defendues et obseruees. On peut oser plus aysement, ce que personne ne pense que vous oserez, qui deuient facile par sa difficulté, =III=, 274.
Est-ce pas erreur, d’estimer aucunes actions moins dignes de ce qu’elles sont necessaires? Si est ce vn tres-conuenable mariage, du plaisir auec la necessité, auec laquelle, dit vn ancien, les Dieux complottent tousiours, =III=, 700.
A l’enfourner, il n’y va que d’vn peu d’auisement, mais depuis que vous estes embarqué, toutes les cordes tirent, =III=, 512.
La pluspart de nos actions ne sont que masque et fard, =I=, 406.
Noz plus grandes agitations, ont des ressorts et causes ridicules, =III=, 512.
L’insuffisance et la sottise est loüable en vne action meslouable, =III=, 274.
ADULTÈRE (CHASTETÉ, MARIAGE).
Il faut estre ingenieux à euiter cette ennuyeuse et inutile Mais le monde en parle. Vn galant homme en est pleint, non pas desestimé. Et puis, de qui ne parle on en ce sens, depuis le petit iusques au plus grand? =III=, 234.
Chacun de vous a fait quelqu’vn coqu: or nature est toute en pareilles, en compensation et vicissitude. La frequence de cet accident, en doibt mes-huy auoir moderé l’aigreur: le voyla tantôt passé en coustume, =III=, 234.
I’en sçay qui à leur escient ont tiré et proffit et auancement du cocuage, dequoy le seul nom effraye tant de gens, =I=, 464.
La curiosité est vicieuse par tout: mais elle est pernicieuse icy.
C’est folie de vouloir s’esclaircir d’vn mal, auquel il n’y a point de medecine, qui ne l’empire et le rengrege: duquel la honte s’augmente et se publie principalement par la ialousie: duquel la vengeance blesse plus nos enfans, qu’elle ne nous guerit. Vous assechez et mourez à la queste d’vne si obscure verification. Combien piteusement y sont arriuez ceux de mon temps, qui en sont venus à bout? On ne se moque pas moins de celuy qui est en peine d’y pouruoir, que de celuy qui l’ignore. Le charactere de la cornardise est indelebile: à qui il est vne fois attaché, il l’est tousiours. Le chastiement l’exprime plus, que la faute. Il faict beau voir, arracher de l’ombre et du doubte, nos malheurs priuez, pour les trompeter en eschaffaux tragiques: et malheurs qui ne pinsent, que par le rapport, =III=, 232.
Miserable passion, a cecy encore, d’estre incommunicable. Car à quel amy osez vous fier vos doleances: qui, s’il ne s’en rit, ne s’en serue d’acheminement et d’instruction pour prendre luy mesme sa part à la curee? =I=, 464.
AFFAIRES (FORTUNE, VIE PUBLIQUE).
Il faut manier les entreprises humaines, plus grossierement et superficiellement; et en laisser bonne et grande part, pour les droits de la Fortune. Il n’est pas besoin d’esclairer les affaires si profondement et si subtilement. On s’y perd à la consideration de tant de lustres contraires et formes diuerses, =II=, 540.
Qui en recherche et embrasse toutes les circonstances, et consequences, il empesche son eslection. Vn engin moyen, conduit esgallement, et suffit aux executions, de grand et de petit poix, =II=, 542.
Nous guidons les affaires en leurs commencemens, et les tenons à nostre mercy: mais par apres, quand ils sont esbranlez, ce sont eux qui nous guident et emportent, et auons à les suyure, =III=, 514.
Vn sage homme peut pour l’interest d’autruy, comme pour ne rompre indecemment compagnie ou pour ne discontinuer vn autre affaire d’importance, remettre à entendre ce qu’on luy apporte de nouueau: mais pour son interest ou plaisir particulier, mesmes s’il est homme ayant charge publique; pour ne rompre son disner, voyre ny son sommeil, il est inexcusable de le faire, =I=, 656.
AFFECTION (ENFANTS).
Les choses nous sont plus cheres, qui nous ont plus cousté. Et donner, est de plus de coust que le prendre, =II=, 20.
Ce n’est pas merueille, si à reculons l’affection des enfans aux peres, n’est pas si grande. Ioint que celuy qui bien faict à quelcun, l’aime mieux, qu’il n’en est aimé. Et celuy à qui il est deu, aime mieux, que celuy qui doibt: et tout ouurier aime mieux son ouurage, qu’il n’en seroit aimé, si l’ouurage auoit du sentiment, =II=, 20.
Au demeurant il est aisé à voir par experience, que cette affection naturelle, à qui nous donnons tant d’authorité, a les racines bien foibles. Pour vn fort leger profit, nous arrachons tous les iours leurs propres enfans d’entre les bras des meres, et leur faisons prendre les nostres en charge. Et voit-on en la plus part d’entre elles, s’engendrer bien tost par accoustumance vn’affection bastarde, plus vehemente que la naturelle et plus grande sollicitude de la conseruation des enfans empruntez, que des leurs propres, =II=, 46.
La seule raison doit auoir la conduite de nos inclinations, =II=, 22.
AGE.
Nos ames sont desnoüées à vingt ans, elles sont alors ce qu’elles doiuent estre, et promettent tout ce qu’elles pourront. Iamais ame qui n’ait donné en cet aage là, arre bien euidente de sa force, n’en donna depuis la preuue, =I=, 596.
En la vie des mesmes hommes souuent la belle moitié, ils la vescurent de la gloire acquise en leur ieunesse: grands hommes depuis au prix de touts autres, mais nullement au prix d’eux-mesmes, =I=, 598.
Il est possible qu’à ceux qui employent bien le temps, la science, et l’experience croissent depuis cet aage (trente ans) auec la vie: mais la viuacité, la promptitude, la fermeté, et autres parties bien plus nostres, plus importantes et essentielles, se fanissent et AMBASSADEURS.
I’ay trouué bien estrange, qu’il fust en la puissance d’vn Ambassadeur de dispenser sur les aduertissemens de grande consequence qu’il doit faire à son maistre. Et m’eust semblé l’office du seruiteur estre, de fidelement representer les choses en leur entier, comme elles sont aduenuës: afin que la liberté d’ordonner, iuger, et choisir demeurast au maistre. Car de luy alterer ou cacher la verité, de peur qu’il ne la preigne autrement qu’il ne doit, et que cela ne le pousse à quelque mauuais party, et ce pendant le laisser ignorant de ses affaires, cela m’eust semblé appartenir à celuy, qui donne la loy, non à celuy qui la reçoit, au curateur et maistre d’eschole, non à celuy qui se doit penser inferieur, comme en authorité, aussi en prudence et bon conseil, =I=, 94.
AMBITION.
Nous ne sommes pas naiz pour nostre particulier, ains pour le publicq; beau mot, dequoy se couure l’ambition et l’auarice, =I=, 410.
L’ambition n’est pas vn vice de petis compaignons, et de tels efforts que les nostres, =III=, 520.
Où l’amour et l’ambition seroient en esgale balance, et viendroient à se choquer de forces pareilles, ie ne fay aucun doubte, que ceste-cy ne gaignast le prix de la maistrise, =II=, 642.
L’ambition ne se conduit iamais mieux selon soy, que par vne voye esgaree et inusitee, =III=, 322.
L’ambition paye bien ses gents, de les tenir tousiours en montre, comme la statue d’vn marché. Ils n’ont pas seulement leur retraict pour AME (IMMORTALITÉ DE L’AME).
La generation de l’ame suyt la commune condition des choses humaines: comme aussi sa vie. On la voyt naistre à mesme que le corps en est capable; esleuer ses forces comme les corporelles; on y recognoit la foiblesse de son enfance, et auec le temps sa vigueur et sa maturité: et puis sa declination et sa vieillesse, et en fin sa decrepitude.
On l’apperçoit capable de diuerses passions et agitée de plusieurs mouuemens penibles, d’où elle tombe en lassitude et en douleur, capable d’alteration et de changement, d’allegresse, d’assopissement, et de langueur, subjecte à ses maladies et aux offences, comme l’estomach ou le pied: esblouye et troublée par la force du vin: desmue de son assiette, par les vapeurs d’vne fieure chaude: endormie par l’application d’aucuns medicamens, et reueillée par d’autres. Dauantage on sent l’ame s’engager en la mort, comme le corps. Ce que l’image du sommeil nous montre assez: car c’est vne defaillance et cheute de l’ame aussi bien que du corps, =II=, 316.
L’ame loge au cerueau: ce qui appert de ce que les blessures et accidens qui touchent cette partie, offensent incontinent les facultez L’ame, par sa faculté ratiocine, se souuient, comprend, iuge, desire et exerce toutes ses autres operations par diuers instrumens du corps, comme le nocher gouuerne son nauire selon l’experience qu’il en a, =II=, 312.
Nos ames se trouuent souuent agitees de diuerses passions. D’où nous voyons les enfans, qui vont tout naifuement apres la nature, pleurer et rire souuent de mesme chose: Et quelque gentille flamme qui eschauffe le cœur des filles bien nees, encore les despend on à force du col de leurs meres, pour les rendre à leur espoux. Ainsin il n’est pas estrange de plaindre celuy-là mort, qu’on ne voudroit aucunement estre en vie, =I=, 406.
Puisque l’ambition peut apprendre aux hommes, et la vaillance, et la temperance, et la liberalité, voire et la iustice: puis que l’auarice peut planter au courage d’vn garçon de boutique, nourri à l’ombre et à l’oysiueté, l’asseurance de se ietter si loing du foyer domestique, à la mercy des vagues et de Neptune courroucé dans vn fraile bateau, et qu’elle apprend encore la discretion et la prudence: et que Venus mesme fournit de resolution et de hardiesse la ieunesse encore soubs la discipline et la verge; et gendarme le tendre cœur des pucelles au giron de leurs meres: ce n’est pas tour de rassis entendement, de nous iuger simplement par nos actions de dehors: il faut sonder iusqu’au dedans, et voir par quels ressors se donne le bransle, =I=, 612.
Ce n’est pas pour la montre, que nostre ame doit iouër son rolle, c’est chez nous au dedans, où nuls yeux ne donnent que les nostres: là elle nous couure de la crainte de la mort, des douleurs et de la honte mesme: elle nous asseure là, de la perte de nos enfans, de nos amis, et de nos fortunes: et quand l’opportunité s’y presente, elle nous conduit aussi aux hazards de la guerre. Ce profit est bien plus grand, et bien plus digne d’estre souhaité et esperé, que l’honneur et la gloire, qui n’est autre chose qu’vn fauorable iugement qu’on fait de nous, =II=, 452.
I’ordonne à mon ame, de regarder et la douleur, et la volupté, de veuë pareillement reglée: et pareillement ferme: mais gayement l’vne, l’autre seuerement. Et selon ce qu’elle y peut apporter, autant Il n’est point ame si chetifue et brutale, en laquelle on ne voye reluire quelque faculté particuliere: il n’y en a point de si enseuelie, qui ne face vne saillie par quelque bout. Et comment il aduienne qu’vne ame aueugle et endormie à toutes autres choses, se trouue vifue, claire, et excellente, à certain particulier effect, il s’en faut enquerir aux maistres, =II=, 502.
Comme les ames vicieuses sont incitees souuent à bien faire, par quelque impulsion estrangere? aussi sont les vertueuses à faire mal.
Il les faut doncq iuger par leur estat rassis: quand elles sont chez elles, si quelquefois elles y sont: ou au moins quand elles sont plus voysines du repos et en leur naifue assiette, =III=, 118.
La pluspart des facultez de nostre ame, comme nous les employons, troublent plus le repos de la vie, qu’elles n’y seruent, =III=, 24.
Les secousses et esbranlemens que nostre ame reçoit par les passions corporelles, peuuent beaucoup en elle: mais encore plus les siennes propres: ausquelles elle est si fort prinse, qu’il est à l’aduanture soustenable, qu’elle n’a aucune autre alleure et mouuement, que du souffle de ses vents, =II=, 350.
Nous ne sommes iamais sans maladie: des effects d’vne passion ardente, nous retombons aux effects d’vne passion frileuse, =II=, 354.
Les maux du corps s’esclaircissent en augmentant. Nous trouuons que c’est goutte, ce que nous nommions rheume ou foulleure. Les maux de l’ame s’obscurcissent en leurs forces: le plus malade les sent le moins, =III=, 188.
Quand les medecins ne peuuent purger le caterrhe, ils le diuertissent, et desuoyent à vne autre partie moins dangereuse. C’est aussi la plus ordinaire recepte aux maladies de l’ame. On luy fait peu choquer les maux de droit fil: on ne luy en fait ny soustenir ny rabatre l’atteinte: on la luy fait decliner et gauchir, =III=, 164.
Entre les functions de l’ame, il en est de basses. Qui ne la void encor par là, n’acheue pas de la connoistre. Et à l’aduenture la remarque lon mieux où elle va son pas simple, =I=, 554.
Ny n’entendent les Stoiciens, que l’ame de leur sage puisse resister aux premieres visions et fantaisies qui luy suruiennent: ains comme à vne subiection naturelle consentent qu’il cede au grand bruit du ciel, ou d’vne ruine, pour exemple, iusques à la palleur et contraction: ainsin autres passions, pourueu que son opinion demeure sauue et entiere, et que l’assiette de son discours n’en souffre atteinte ny alteration quelconque, et qu’il ne preste nul consentement à son effroy et souffrance. Le sage Peripateticien ne s’exempte pas des perturbations, mais il les modere, =I=, 82.
Il est malaisé que le discours et l’instruction, encore que nostre creance s’y applique volontiers, soyent assez puissants pour nous acheminer iusques à l’action, si outre cela nous n’exerçons et formons nostre ame par experience au train, auquel nous la voulons renger: autrement quand elle sera au propre des effets, elle s’y trouuera sans doute empeschée, =I=, 664.
Ie trouue par experience, qu’il y a bien à dire entre les boutées et saillies de l’ame, ou vne resolue et constante habitude: il n’est rien que nous ne puissions, iusques à pouuoir ioindre à l’imbecillité de l’homme, vne resolution et asseurance de Dieu: mais c’est par secousse, =II=, 590.
A combien de vanité nous pousse cette bonne opinion, que nous auons de nous? la plus reglée ame du monde, et la plus parfaicte, n’a que trop affaire à se tenir en pieds, et à se garder de s’emporter par terre de sa foiblesse. De mille il n’en est pas vne qui soit droite et rassise vn instant de sa vie: et se pourroit mettre en doubte, si selon sa naturelle condition elle y peut iamais estre, =I=, 624.
Comme le corps est plus ferme à la charge en le roidissant: ainsin est l’ame, =I=, 456.
D’autant que l’ame est plus vuide, et sans contrepoids, elle se baisse plus facilement souz la charge de la premiere persuasion, =I=, 288.
Il semble que l’ame esbranlee et esmeuë se perde en soy-mesme, si on ne luy donne prinse: et faut tousiours luy fournir d’obiect où elle s’abutte et agisse; et voyons qu’en ses passions elle se pipe plustost elle mesme, se dressant vn faux subiect et fantastique, voire contre sa propre creance, que de n’agir contre quelque chose, =I=, 40.
L’ame qui n’a point de but estably, elle se perd: Car comme on dit, c’est n’estre en aucun lieu, que d’estre par tout, =I=, 58.
Le prix de l’ame ne consiste pas à aller haut, mais ordonnément. Sa grandeur ne s’exerce pas en la grandeur: c’est en la mediocrité, =III=, 118.
La grandeur de l’ame n’est pas tant, tirer à mont, et tirer auant, comme sçauoir se ranger et circonscrire. Elle tient pour grand, tout ce qui est assez. Et montre sa hauteur, à aimer mieux les choses moyennes, que les eminentes, =III=, 692.
Le relaschement et facilité honore ce semble à merueilles, et sied mieux à vne ame forte et genereuse. Epaminondas n’estimoit pas que de se mesler à la dance des garçons de sa ville, de chanter, de sonner, et s’y embesongner auec attention, fust chose qui derogeast à l’honneur de ses glorieuses victoires, et à la parfaicte reformation des mœurs qui estoit en luy, =III=, 690.
Nostre ame s’eslargit d’autant plus qu’elle se remplit, =I=, 204.
Aucune ame excellente, n’est exempte de meslange de folie, =I=, 628.
Les ames à mesure qu’elles sont moins fortes, elles ont d’autant moins de moyen de faire ny fort bien, ny fort mal, =I=, 550.
Tout mouuement nous descouure. Cette mesme ame de Cæsar, qui se fait voir à ordonner et dresser la bataille de Pharsale, elle se fait aussi voir à dresser des parties oysiues et amoureuses, =I=, 552.
Les boiteux sont mal propres aux exercices du corps, et aux exercices de l’esprit les ames boiteuses, =I=, 218.
Nous ne sommes iamais chez nous, nous sommes tousiours au delà. La crainte, le desir, l’esperance, nous eslancent vers l’aduenir: et nous desrobent le sentiment et la consideration de ce qui est, pour nous amuser à ce qui sera, voire quand nous ne serons plus, =I=, 28.
AMITIÉ.
Il n’est rien à quoy il semble que nature nous aye plus acheminés qu’à la societé; dont le dernier point de perfection est l’amitié, =I=, 298.
L’amitié est iouye à mesure qu’elle est desiree, ne s’esleue, se nourrit, ny ne prend accroissance qu’en la iouyssance, comme estant Nostre liberté volontaire n’a point de production qui soit plus proprement sienne, que celle de l’affection et l’amitié, =I=, 300.
Oh! vn amy! Combien est vraye cette ancienne sentence, que l’vsage en est plus necessaire, et plus doux, que des elements de l’eau et du feu!
=III=, 444.
Heureux, qui a peu rencontrer seulement l’ombre d’vn amy! =I=, 316.