SigPhi · Nicolas Malebranche

Entretiens sur la métaphysique, sur la religion et sur la mort

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Ariste. Qopi!Diea eft là tour entier, pour ainfi dire, & là aufS y là^ là, tà^ pat tout ailleurs ^ & dans les ef^ paces que Ton conçoit au delà du mon- de: cela ne fè comprend pas.

T H E 0 Dp R B. Oui, Dieu eft par tout y ou plutôt tout eft en Dieu: & le monde, quelque grand qu'on Timagi- ne y ne peut ni l'égaler, ni le mefuref- Cela ne* fe comprend pas, je le veuxr mai$ c'eft que Tinfini nous pafle. Quoi donc Arifte! eft-ce que Dieu n eft pas -ici, dans vôtre jardin, dans le Ciel^ & tout entier" par tout où il eft? O feriez* vous nier que Dieu (bit par tout l Théodore. Comment y par fon opération ^ Quelle efpecede réalité eft-ce que l'opération de Dieu diftia« guée & réparée de fa fubftance? Par Va* peration de Dieu vous n'entendez pas Tefifèt qu'il produit -, car reflTet n'eft pas Taftion, mais le terme de Taâion.Vous entendez ^apparemment par Toper^on de Dieu Taâe par lequel il opère. Or fi y*adle par lequel Dieu produit^ oacon«» 300 Huitie'me 300 Huitie'me ferve ce fâuceilil, eft ici, aflurénaenf Dieu y eft lui-même: & s*)I y eft, il faut bien qu'il y foie coùc enttery& ain(t de cous les autres endroits oi\ il opère.

A R I s T B. le croi, Théodore, que Dieu eft dans le inonde de la manière que vous croïez que vôtre ame eft dan» votre corps. Car je fçai bien que vous ne penfez pas que Tame foit répandue dans toutes les parties du corps. Elle eft dans la tête y p,arce qu^elle y raifonne» Elle eft dans les bras & dans:Us pieds^ parce qu'elle les remue. De même Dieu eft dans le monde, parce qu^l le con« fer ve, & qu'il le gouverne.

VI. Théodore. Que de pré^ jugez^que d'obfcuritez dans votre com-f paraifon! Uame n'eft point dans le corps, ni le corps dans Tame ^ quoique leurs modalités forent réciproques en tonfequencedesloix générales de*leur union. Mais l'un & l'autre font en Dieu, qui eft la caufe véritable de larecipto>* cation de leurs modaticez. Les efprits, Arifte, font dans la Raifon divine. Se les corps dans fon immenfité: mais ils ne Cuvent être les uns dans les autres. Car l'cfprit & le corps n'ont entr'eux ^acua rapport eflbitieL Ce n'eft quV Entretien. jar vec Dieu qu'ils ont un rapport néceffiii- «c. L^efprit peut penfer (ans le corps: ^fnais il ne peut rien connoîcre que^Jans la Kaifon divine. Le corps peut èttc étendu fansi liefprit: mais il ne Ifi peuc être que dans Tininienfîté de E>ieu.Ceft • que les qualicez du corps n'ont rien de commun avec celles de Teforit. Car le corps ne peut penfer, ni Pefprit êtrie étendu. Mais l'un 8c l'autre participe à l'Etre divin. Dieu qai ftur donne îeuc réalité, la poilède; car il pollède coûtes les perfe^ons des créatures fans leurs limitations. Il ccnnoit comme les ef^ prits 9 il eft étendu comme les corps: mais tout cela tout d'une autre maniera que fès créatures. Ainû Dieu eft par tout dans le monde, & au delà. Mais Tame n'eft nulle part dans les corps. El- le ne connoit point dans le cerveau^ comme vous vous l'imaginez. Elle ne connoîc que dans la fubftance inielli- .gible du Verbe divin, quoiqu'elle ne connoifle en Dieu qu'à caufe de ce qui fè paflè dans une certaine portion de matrere, qu'on appelle cerveau. Elle ne. remue point non plus les membres de (on corps par l'application d'une for- ce/qui appartienne à fa nature. Elle ne £ 30Z Huitïe'me les remue, aue parce que celui qui en: ar coui par ton immenucé, exécute par âpuiflancelesdefirsJmpuiflàns de fès créatures. Ne dites donc pas, Arifte, que Dieu eft dans, le mofide, qu'il gou. verne,comme Tame dans le corps qu'el- le anime. Car il n'y a rien de vrai dans vôtre comparaifon: non feulement par- ce que l'ame ne peut être dans le corps, sii le corps en elle: mais encore parce que les efprit^ne pouvant opérer dans les corps, qu'ils animent, ils ne peu- vent par confequent fe répandre en eux 'par leur opération,. comme vous le pré* tendez de l'opération divine, par la- quelle feule, félon vous, Dieu Ce trou- ve par tout.

A R T s T E. Ce que vous me dites-Ià me paroît bien difficile. J'y penferai. Mais cependant dites- moi, je vous prie: avant que le monde fôt, & que Dieu y opérât, où étoit-il?

VII. Théodore. Je vous Iç demande, Acifte, vous qui voulez que Dieu ne foit dans le monde que par ion opération...Vous ne répondez point. Hé bien je vous dis qu'avant la créa- tion du monde Dieu étoit où il eft pré- £bntemenr, ^ où il feroit, quand le monde rencreroic dans le néant. Il école v en lui-même. Quand je vous dis que Dieu eft dans le monde,& infiniment jua- delà 9 vous n'entrez point danis ma petiu iëe 9 fi vous croïez que le monde, & les efpaces imaginaires foient, pour ainfi dire y le lieuT qu'occupe la fiibftance in« finie de \f> Divinité. Dieu n'eft dans le monde que parce que le monde eft en Dieu. Car Dieu n*eft qu'en lui-même^ que dans Ton immenmé> S'il crée de nouveauxefpacesyil n'acquiert pas pour cela une nouvelle préfènce, a cauie de ces efpâces: il n'augmente pas (on im* menficé: il ne fe fait pas un lieu noik« veau II eft éternellement & néceiTâire^- ment où ces efpaces font créez: mais il .n'y eft pas localement comme ces es- paces.

L'étendue, Arifte,eft une réalité, & dans l'infini toutes les réalitez s'y trou< vent. Dieu eft donc étendu, auffi-bien que les corps^puifque Dieu poffede tou- tes les réalitez ab£bliies, ou toutes les perfeâions. Mais Dieu n'eft pas étendu comme les corps. Car, comme je viens de vous dire, il n'a pas les limitations Se les imperfeÂions de fes créatures. Dieu confit aufli-bien que les efprits; mais ilnepenfe pas comme eux. Il eft à ]irf« même Tobjec immédiat de (es connoifl -iieinces.Il n'y a point en lui de fucceilron ni de 'variété de penfées. Une de Tes penfées n^enferme point, comme en tHMis y le néant de toutes les autres. El- les ne s'excluent point mutuellement. De n>cme Dieu eft étenctu^uflî'-bien que les corps: mais il n'y a point de par^ tie6<lansfafubftance. Une partie n'en- ferme point, comme dans les corps, le néant d'aucune antre: & le lieu de (k fubftance n'eft que fa fubftancemême. Il eft toujours un,& toujours infini, par- faitement (impie, ôc compofé^ pour ain- f\ dire, de toutes les réalitez, ou de tou- tes les peifeftions. C'eft que le vrai Dieu c'eft TEtre, & non tel être,^ ainfî qu'il Ta dit lui-même àMoïfe fon Cet- Viteur pat la bouche de TJAnge revêtu de fès pouvoirs. Ceft TEtre fans reftri- Aion, & non Têtrc fini, l'être compofé, pour ainfi dire, de l'être & du néant. N'attribuez donc au Dieu, que nous adoronSjque ce que^vous concevez dans l'Etie infiniment parfait. N*en retran- chez que le fini, que ce qui tient du réant. Et quoique vous ne compreniez pas clairement topt ce que je vous dis, conimc conimc connue je ne le çomprens pMxnoirâD^r. xne ) vous comprendrez du moins quei Diéa efk tel que. f e vous le reprpfente. Car vous devez fçavoir que ^ pour jugex dignement de.Dieu, il.ne&uc lui auri-> boer que dès attributs xnconxpréjieiiâ-ï bîes; Cela eftévident,pqifque Dieu c>ft rinfini en tout fens ^ que. rien 4e £ni oe^ lui convient; & que tout ce qui eft infi« ni en tout fens^ eft en toutes njanie- res incompréhenûble à refprû; hu«. xnaiiî.; r A nisT t. Ah, Théodore! je c^vch mence àrecônnoitre que je.portois çIq Dieuides jugemensbiên indignes, parcp que j'en jugeois confufémenc par moi^ même, ou fur des idées, qui ne peuvent repréfentcr que les créatures.. Il me pa^ roit évident que tout jugement, qui n'eftpointformé fur la notion de l'EtrQ infiniment parfait, de TEtre incomprér henfible, n'eft pas digne de laDivini-* té. Affurément (i les. Païens n^avoienft abandonna cette notion, ils n'aucoient pas: fait de leurs chimères de.^u(Ie$^ Din vinitez ^ & fi les: Chrétiens fui,Moichi{ toujours cette notion de TEtre, cm do l^innhi;,f -gu; ett' naturcUêniettt gravée dbns noue dfpc&t^ Uinepaf IfiiQkni p0^ de Diéa coBime quelques-uns en par^ lent.

VIII. Theotime. Vous paroîflez^ Aride, bien content de ce que The o« dore vi.^nt de vous dire, que les attci* buts de Dieu font incompréhenfibles en toutes manières.. Mais |e crains qu'il n'y ait là de Téquivoque. Car il me femble que l'on conçoit clairement une éten« due immenfe y 8c qui n*a point de bor- nes. L'efprit ne la comprend pas, ou ne la meture pas cette étendue, je le veux* Mais il en connoijc clairement la nature & les proprietez. Or qu*e(l-ce que Timmenuté de Dieu» Gnon une étendue intelligible infinie, par laquel- le non feulement Dieu eft par tout ^ mais dans laquelle nous vcïons des efpaces qui n'ont point de bornes. Il si'eft donc pas vrai que Timmenfité de Dieu (bit en tout fens incompréhenfî- ble à refpriit humain, puifque nous connoiflbns fort clairement retendue intelligible 9 & fi clairement, que c^eft en elle fie par elle que les Géomètres découvrent toutes leurs démonftra^ fions. ' A n 1 s T B. Il me Grmble, Theotime, .^ f cas ne prenez pas bien la penièc Entretien. 307 ie Théodore. Mais je n'ai pas a^Tez médité cette matière r je ne puis bien vous expliquer ce que je ne fais qu'en- revoir. Je vous prie, Théodore.3: de répondre pour moi, T H s 0 p o R £• Quoi 3 Theotime! eft-ce que vous confondez Timmeniité divine avec retendue intelligible? Ne voïez- vous pas qu'il y a entre ces deux chofes une diâèrence infinie? LHmmen- fîtéde Dieu, c'eft fa fubftance niême répandue par tout, & par tout toute entière, remptiilànt tous les lieux fans excenfion locale. Voilà ce que je pre- cens être touc*àrfait incompréhenhble* Mais l'étendue intelligible n'eft que la fubftance de Dieu » entant que repré*. Tentative des corps, & participable pat eux avec les limitations ou les imper- feAions qui leur conviennent, & que repréfente cette même étendue intel- ligible, qui eft leur idée ou leur arche- type. Nul efprit fini ne peut compren- dîre l'immenuté de Dieu, ni tous ces autres attributs, ou manières d'être de la Divinité, s'il m't ft permis de parler ainfi. Ces manières fonc toujours infi- nies en tout Cens, toâjours divines » Se par conséquent toujours incompréhep* Ce ij 308 HUITIE^ME fibles. Mais tien n*efl; plus clair que récendaë intelligible. Rien n*eft plus intelligible que les idées des corps, Îmifquec'eft patelles que nous connoid bns fort diftindement, non la nature âe Dieu, maisi la nature de la matière. AfCtrément, Theotime ^ (1 vous jugex de Timmenfité de Dieu fur l'idée de retendue, vous donnerez à Dieu une écenduë corporelle. Vous U ferez infi- nie cette étendue, immenfè tant qu'il vous plaira: mais vous, n'en exclurer pas les imperfeâions que cette idée re- préfente. La fubftance die EMeanefer» pas toute entière par tout où elle eft. Jugeant de Dieu fut Tidéedes créatures^ & de la plus vile des créatures, vous corromprez la notion de l'Etre infini-^ ment parfait, de l'Etre incompréhenfi- ble en toutes manières^ Prenez donc garde l'un 8c ifautre aux jugemens que vous portez fur ce que je vous dis de la Divinité. Car je vous avertis une fois pour toutes, que'Iorfque je parle de Dieu Se àt ks attributs, fi vous com^ prenez ce que je vous dis, fi vous en avez une idée claire Se proportionnée à la capacité finie de vôtre efprit, ou c'eft que je me trompe alors, ou c^eft cp^ .> Entretien. 5^9 .> Entretien. 5^9 yôas n^entendez pas ce que je Veux dire^ Car cous les attributs abiolus de la Divi- nité font incoinpréhenfibles à refpriv humain, quoiqu'il poi({e clairement comprendre ce qu'il y a en Dieu de re- latif à des créatures, je veux dire, le» idées intelligibles de tous les ouvrages poflibles.

Thiotime. Je voi bien, Théodore, que je me trompois, en confondant retendue intelligible infinie avecTim- méhHté àp Dieu. Cette étendue n'eft pas la fubftance divine répandue par fout: mais c'eft elle entant que repré- ièntative des corps, ôc participable par eux, à ta manière dont la créature cor- porelle peut participer imparfaitement. a l'être. Je fçavois bien néanmoins ^ qu'une étendue corporelle infinie, ainfi que quelques-uns conçoivent l'Uni-* vers, qu'ils composent d^un nombre itu Uni de tourbillons, n'auroic encore rien de divin. Car Dieu n'eft pas l'infini en étendue, c*eft l'infini tout court, c'efk l'Etre fans reftriékion. Or c'efl une pro-i prieté de l'infini qui eft incompréhen^ fible à l'efpcit humain ^ ainfi que je vous l'ai oui dire fouvent, d'être en même tems un Se toutes chpfes } çompofé^ 3ra Huitie'me 3ra Huitie'me pour aînfi dire, d'une infinité de per« ferions, Se tellement fimple, que cha^ que perfeâion qu'il poflède, renferme toute» le» autres (ans aucune diftinâioni réelle. Certainement cette propriété convient moins à l'Univers matériel, Se aux parties donc il eft compofé, qu'à la fubftance de Tamé, qui, fans aucune compoCtion cfe parties, peut recevoir en même tems diverfes mx>dalitez: le« ger craïon néanmoins de la (implicite te de l'uni verfalité divine.

Théodore. Vous avez raifbn, Theotime. Il n'y a point de fubftance plus imparfaite, plus éloignée de la Di* ▼inité » que la matière, fât-elle infinie.^ Elle répond parfaitement à l'écenduë întelligiblequi eft fon archétype; mais elle ne répond à Timmenfitédivine que fort imparfaitement; & elle ne répond nutlenient aux autres attributs de l'Etre infiniment parfait.

IX. A R I s T E. Ce que vous dites-là me fait bien comprendre, que cet impie de nos jours, qui f^ifoit ion Dieu de l'Univers, n'en avoir point. C'étoit un rériuble Athée. Mais je ne fçai que penfer de quantitède bonnes gens, qui fiuite de philofopher un peu, ont de la ENTRETlBWr 311 ENTRETlBWr 311 des feirimens himi indignet*. Leur Dieo n'eft point TUnivers^ c'eft: le Créateiff de l'Univers. Voilà prefque tout ce qu'ils en f^avent. Ce feroic beaacoup s'ils s'en cenoienc-là, fànsx corron){^re la notion de l'infini. Mai» en vérité je les plains, quand je penfè à ridée qulls fe ferment de l'Etre in« compréhenfible» Theotime avoit bien? raifon de me dire ^ que naturellement les hommes httmanifènt toutes chofes. Encore s'ils ne ^ifoient qu'incarner ^ pour ainfî dire, la Divinité ^ en la re«»^ vêtant des qualitez.qui leur appartiens tient, celaferoit pardonnable.. Mais il y en a qui la dépoiiillent die tous les attributs incomprâienfibles, & de tous tes caraâieres eflenriets à l'Etre infîni-^ ment parfait ^ (i on en excepte la puif. fance r encore la partagent-4ls (fe telle manière avec ce quils appellent la Na^ ture, que quoiqu'ils en laiflênc à Dieu la nreilleure part, ils lui en ôtent tout l'exercice.

T H B o T I wr I. C'èft, Arifte, de peur de Ëirifruer, ou du moins d'abaifler la Majefté Divine par de petits foins, par des a<5l;ions indignes de fon application, Se dcùi grandeur. Car nous crotons 3tl Hl/ïtïÊ^MË' 3tl Hl/ïtïÊ^MË' naturellemetlc que Dieii doit être conr-r" tient des Jugement que nous portons d^ fui, lorsque nous le feifons tel que nous voudrions être nous-mêmes. L'homme efl: toujours pénétré du fentiment inté^- rieur qu'il a de ce qui fe pââe dans foip eiprit &'dans fon cœur. Iltiefe peuc^ faire qu'il ne fente confufément ce qu'il: cft,& ce qu'il fouhaite d'être. Ainft. il Ce répand tout naturellement fur les objets de Tes connoifCinces, 6c mefure fur l'humanité, non feulement tout ce qui Tenvironne, niais mêmes là fub- ftance infinie de la Divinité. Il eft vcat que la notion de l'Etre infiniment par^ fait eft profondément gravée dans nô* tre efprit. Nous ne fommes jamais fans pen(er à l'Etre. Mais bien loin de pren- dre cette notion vafte Se immense de fEtre ïans reftriâion, pour mefurer par die la Divinité qui fe préfente à nous fans ccffc y nous la regardons cette notion immenfe comme une pure fi* âion de nôrre efprit. Ceft, Arifte, que l'Etre en général né frappe ^point nos fens, & aue nous jugeons delaréalicé &r de la foltdité des objets par la fo^ce doirt îly nous ébranlent. • ^^A^ft tst t, Jé-^comptens bien touL cela;^ s ftl Entretien. 313 'ttU, Tlieotime, Ccft juftement ce que xnedifok Théodore il y a fepc ou hufc jourf. Mon cfprit ne -trouve point de prife^ai» idées abflraites que vous me ' propofez. Je n*en fuis point fenfible- m^nt frappé. Mais fe ne juge pas delà que ce ne lont que de purs phantômes. Je croi que ce&nt des véritez fublime% aurquelles on ne peut atteindre qu'en fiûfant taire Ton imagination & {es fens^ tiu'cn s'élevant au deflùs de foi. Et je uis bien réfolù dans la fuite de ne plus juger de Dieu par moi-même, ni fur les idées qui repréféntent les créature'Sî mais uniquement par la notion de TEtre infiniment parfait. Continuez, je vous prie, Théodore, de m*interroger & de m'inftruire.

X. Théodore. Hé bien, conti. nuons. Vous croïcz que Dieu eft bon; fage, juflie, mifèricordieux, patient; fevére, A R I s T E. Doucement. Ces termes font bien communs, je m'en déÇe. Je croi que Dieu eft fage, bon, jufte, clé- ment. Se qu'il a toutes les autres qua- litez que TEcriture lui attribue. Mais je nefçai fi tous ceux qui prononcent ces aiots conçoivent les memts chofes, Torne I. D d :3f4 Huitie'mï X'Ecre inBnitnenc parfait eft bon, ]vt(k^ mifecicocclieux 1 Cela me parole obfcuc. Défini (Tez. moi CCS termes.

Théodore. Oh oh, Arifte! vous appréhendez la furprife. Vous^fai* jtes bien. Quandcon philosophe fur de^ matières délicate^'&^fubliipes^les équi^ voques font à. craindre, & les termes les plus communs n'en font pas les plus exempts, il faudrôit donc définir ce$ ixiocs. Mais cela n'eft pas fi facile. Ré» {)onde:^a)oi auparavant à ce qui peut çrvir à Icç.éclaircir^ Penfez-vous que Dieu connoiflè &;qu'il veuille } ., A B. I s T E.. =Pourcela, oiii. Je ne douce nullement que Dieuneconnoiiïè & qu'il ne veuille.

Théodore. D'où vient qujS Yous^n'ep doutez p^^s-^.Ejk-cc à caufe ^ue vous conpoi/Ty 2( ^ que vous voulez vous-mçmç?

À R isT E. Non, Théodore. C'eft Gue je fçai que connoîcre & vouldîr {ont des perfeâions- Car quoique je (ente, que je fquflTre, que je doute, je fuis <:ertâjh que Dieu ne fent & ne dou- te pas. Et quand je dii que Dieu con- ijoft & qu'il veut, je ne pretens pas que ce JTpit comme les hommes. Je prêtent Ent*retien. 3ry feulement en général, que Dieu veut & connoic, & je vous lailTè à vous & à Theocime à en expliquer la manière* Thè^odore. Comment la manie^ re! toutes les manières divines font in. compréhenfîbles. Nous ne fçavons pas, comment nous connoiflbns nous-mê« mes, ni comment nous voulons: car nViant point d*iclée claire de notre ame, nous ne pouvons rien comprendre clai- rement dans nos propres modalitez. A plus forte raifon nous ne vous explique- rons pas éxaâement la manière dont Dieu connoit, & dont il veut. Néan- moins confultez la notion de l'Etre in- finiment parfait. Voïez fi je la fuis. Car jfe vous dis hardiment que Dieu eft à' lui-même fa propre lumière: qu'il dé- couvre dans la fubftance les eflences de cous les êtres, & toutes leurs modalitez poffibles j & ^ans fes décrets leur éxi. ftence& toutes leurs modalitez adtueL' les.

' A n I s T E. Il me femble que vous né vous ha2ardez pas beaucoup. • XI. Théodore. Je ne le pretens pasauflî. Mais puifque vous recevez ca principe, tirons-en des confequences. Dieu connoit en lui tot^t ce qu'il con^ Ddij Ddij noîc« Donc toutes les véritez font en Diea, puifqu'étant infiniment parfait^ il n'y en a aucune qui échape à les con* noiflànces. Donc fa fubftance tenferme tous les rapports intelligibles: car les véritez ne font que des rapport réels, & les fauflètez des rapports imaginais» tes. Donc Dieu n*eft pas feulement fa« ge, mais la fagedè; non feulement fça« vant, mais la fcience; non feulement éclairé, mais la lumière qui réclaire lui, & mênies toutes les intelligences. Car c'eft dans fa propre lumière que vous voïez ce que je voi, & qu'il voie lui-même ce que nous voïons tous deux. Je voi que tous les diamètres d'un cercle font égaux. Je fuis certain que Dieu lui-mçme le voit » & que tous les efprits, ou le voient aÂuellement, ou le peuvent voir. Oiii, je fuis certain que Dieu voit précifcment la. même chofè que je voi, la même vérité ^ le même rapport que j'apperçois maintenant ea* ire 2. & i,& 4.0r Dieu ne voit rien que dans fa fqbftance» Donc cette même vérité que je voi, c'eft en lui que je la voi. Vous içavez tout cela, Arifte, & vous en êtes déjà demeuré d'accord. Mw ces principes s'écbapcnt fi facile* Entretien. 317 Entretien. 317 tnent, & ils font d'ailleurs de fi grande importance, epie ce n'eft pas perdre ion cetns que 4t les rappeiler dans fon efpric y & fe les rendre »miliers.

A R f s T B. Voilà donc une des grandes différences qu*il y a encre là manière dont Dieu corinoïc, & celle dont nous connoiflbns. Dieu connolt en lui-même toutes choies: ôc nous ne connoi(Ibns rien en nous: nous ne con<- noiiibns rien que dans une fubftance qui n'eft point à nous« Dieu eft fage pat {a propre fagedè*: mais nous ne deve- yioBSr lages que par l'union que nous avoirs avec la Sageffè étetneile, im* snuable, néceiTaire, commune à toutes les intelligences. Car il e(l bien clair qu'un efpric au0i limité que le nôtre ne peut pas trouver dans fa propre fub«i fiance ^ les idées, ou les archétypes de tous les êtres poflibles, & de leurs rap« ports infinis. Mais de plus je fiiis fi cer- tain que les hommes, les Anges & Dieu même voient les mêmes véritez que )e voi 9 qu'il ne m'eft pas pofHble de dou- ter que c'eft la même lumière qui éclai- re tous- les efprits.

XII. Theotime, Aflurément, Arifte, fiDleu voit précifément ce que D d iij 31^ Huitie'me noifs voïons, quand nous penfons qrte deux fois deux font quitre^ c'cft en Dieu feul que nous voïons cexte vérité ^ car Dieu ne la voit que dans fa fageflejl tie voit mêmes que nous y penfons aâueU lement que dans fos décrets & dans fon éternité: car il ne tire point Tes con- noiflances de ce qui fe pafTe aâuelle- ment dans fes créatures. Mais ne pour- roit- on point dire que les efprits né voient point les mêmes véritez, maii ^es véritez femblales } Dieu voit que 1 fois 1 font 4. Vous le voïez, je le voi* Voilà trois véritez fcmblables, & non point une feule & unique vérité.

A B. î s T E. Voilà trois perceptions (êmblables d'une feule & même vérité: mais comment trois véritez fembla- blés } Et qui vous a dit qu'elles font femblables? Avez-vous comparé vos idées avec les miennes, & avec celles de Dieu, pour en reconnoître claire- ment la reflèmbianee? Qui vous a die que demain y que dans tous les (lecles^ vous verrez comme aujourd'hui que a fois 1 font 4? Qui vous a dit que Dieit même ne peut faire d*efprits capables de voir clairement que 2 fois 1 ne foient pas 4? Alfurément c'eft que vous voïea Entretien. 319 Entretien. 319 la même ^vérité qae je Toi, mais par «ne perception qui n'eft pas la mienne, <}uoique peut-être femblabie à la mien-^ ne. Vous voïez une vérité commune à^ cous les efprits; mais pat' une percep- tion qui voua appartient à vous feul r car nos perceptions, nos fentimens, ' toutes nos modalitéz font particulières. Vous voïez une vérité immuable, né.* ^eflaire, éter iiellé. Car vous êtes fi cer-' tain de l'immutabilité de vos idées, que TOUS ne tjraighcz point de les voir de U .main tomes changée^. Gommer voiis fçavez qu'elles font avant vous^ atidi êtes. vous bien afTuré qu'elles ne fe dif. iîperoitt jamais. Or fi vos idées fi^nt éteriieïlès' & înamuàbles, il eft évident du'elles hç peuvent fe trouver que dans la rubftance étemelle 6c immuable- de' la Divinité. Cela ne fç peut conteftér.-^ C*cft. en Dieu feul que nous voïons la véijté. C'eft en lui feul que fe trouve la lumière qui Téclaire lui, & toutes les intelligences. Il eft fage par fa propre? fagefle: &*nous ne le pouvons être ^ué par l'union que nous avons avec lui. Ne disputons point de ces principes. Ils font évidens, ce me femble, & le fondement de la certitude que noui D d iiij trouvons dans les fciences.

T H E o T I M E. ]*ai bien de la joie ^ Arifte y de voir que vous êtes convaincu^ non feulement que la puiiTance de Dieu eft la caufe efficace de nos connoi (lan- ces, car je penfe que vous n^en doutez Eas; mais encore, que (a fageflè en eft t caufe formelle y qui nous eclaiie im- médiatement, & {ans Tentremife d'au- cune créature. Je voi bien que Théo- dore vous a entretenu fur cette matière^ Je lui dois aufll ce que vous tenez de * ^oïtKjm, & qu^l dit tenir * de S, Auguftin. fi^Jlx* Théodore. Nous convenons donc -vrsyes^ tous, que Dieu eft infiniment fage ^ 6c *^;^^'^i, cda cflentiellemcnt & par lui-même, j7-(^&i.parlanécelfité de fon être: Que les hommes ne peuvent être fages que pat; la lumière de la Sagedè divine: Que cette lumière leur eft communiquée en confequence de leur attention, qui eft la caufe occafionnelle qui détermine Tefficace des loix générales de Tunion de leur efbrit avec la Raifon univer- felle, ainh que nous expliquerons dans la fuite, prouvons maintenant que Dieu eft jufte.

XIII. Dieu renferme dans la fim^ plicité de fon être les idées de toutes EnT KETIEV. 3lt diofes & lears rapports infinis, gêné» ralement toutes les véritez. Or on peut diftingoer tn Dieu deux (brtes de véri* tez ou de rapports, de» rapports de grandeur Se des rapports de perfeâion, des véritez fpeculatives & des vérités pratiques •, des rapports qui n'exigent par leur évidence que des jugemens, dc d'autres rapports qui excitent encore des mouvemens* Ce n*eft pas néan« moins que les rapports de perfeâion pcdflènt être clairement connus, s'ils ne s'expriment par des rapports de gran« deur. Mais il ne fiiut pas nous arrêter à cela. Deux fois deux font quatre: c'eft un rapport d'égalité en grandeur; c'eft une vérité fpeculative qui n'excite poinc de mouvement dans l'ame, ni amour ni haine, ni eftime ni mépris, 6cc L'homme vaut mieux que la bête: c'eft un rapport d'inégalité en perfeâion, qui exige non feulement que l'efprit s'y rende, mais que l'amour & Keftime (e règlent par la connoiiTance de ce rap^ port ou de cette vérité. Prenez donc garde* Dieu renferme en lui tous les rap* ports de perfeâion. Or il connoît & A aime tout ce qu'il renferme dans la ûm* 311 Huitie'me plicité de fon être. Donc il eftime 8c il aime toutes chofes à proportion qu'elles font aimables & eftimables. Il aime invinciblement l'Ordre immuable, qui ne condfte & ne peut confifter que dans les rapports de perfeâion qui font en-> tre Tes attributs, & entre les idées qu'il renferme dans fa fubftance. Il eft donc * jufte elfentiellemént & par lui-même. Il ne peut pécher, puifque s'aimant in<^ vinciblement:, il ne peut qu'il ne rende îuftice à Ces divines perfedtions, à tout ce qu'il eft, à tout ce qu'il renferme. Il ne peut mêmes vouloir pofitivemenc & direâement produire quelque dérè- glement dans fon ouvrage, parce qu'il ^œe toutes les créatures feloxi la pco-r portion de la perfeâion de leurs arche-; types. Par exemple, il ne peut ^^ns rai-, fon vouloir que i'eferit Toit foûmis àuf corps: & fi cela fe trouve y c'eft que maintenant l'homme n'eft point tel que Dieu l^a fait. H ne peut favorifer l'iii- juftice: & fi cela eft, c'eft que l'unifor-^ mité de fà conduite ne doit pas dépen-^ dre de l'irrégularité de la nôtre. Le tems de fa vengeance viendra. Il ne peut Mouloir ce qui corrompt fon ouvrage: U $'il s'y uouve des monftres qui le défigurent, c'efl: qu'il rend plus d'hon* neur à (es attribues par la {implicite 6c la généralité de fes voies, que par Te- xemption des défauts qu'il permet dans rUnivers, ou qu'il y produit en con* (èquence des loix générales qu'il a éta^ blies pour de meilleurs efïèts que la gé- nération dés monftres y comme nous l'expliquerons dans!a fuite. Ainfi Dieu eft jufte en lui - même, jufte dans fes voies yjufte efTentiellement; parce que toutes les volontez font néceiuiiremenc conformes à l'Ordre immuable de la uftice qu'il fe doit à lui-même & à Tes divines perfeâions.

Mais l'homme n'eft point jufte pat loi-même. Car TOrdre immuable de la juftice, qui comprend tous les rap« ports de perfeâion de tous les êtres po£ Sbles Ôc de toutes leurs qualités, ne fà trouvant qu'en Dieu, Se nullement dan$ nos propres modalitez; quand Thom* me s aimeroit par un mouvement donc il ièroit liii^même la caufe, bien loin que fon amour propre pût le rendre jufte, qu'il le corromproit infiniment plus que l'amour propre du plus fcele-^ rat des hommes. Car il n'y eut jamais d!ame ailèz ndre y ôc poftedée d'oa 3*4 HUITIE^ME 3*4 HUITIE^ME amour propre (i déréglé, que la beauté de l'Ordre immuable ne Taie pu frap« f>er en certaines occafions. Nous ne ibiûmes donc parfaitement juftes, que iorfque voïant en Dieu ce que Dieu y yoit îui^'même ^ nous en jugeons com- me lui, nous eftimons & nous aimons ce quHl aime & ce qu'il eftime. Ain(î bien loin que nous foïons juftes par nous-mêmes y nous ne ferons parfaite* ment tels, que Iorfque délivrez de ce corps qui trouble toutes nos idées, nous i^errons fans obfcurité la Loi éternelle, fur laquelle nous réglerons éxaâemenc tous les jugemens & tous les mouve- mens de notre cœtu:. Ce n'eft pas qu*on tie puifle dire qtie ceux qui ont la cha- rite font juftes véritablement, quoi* Zu'ils forment fouvent des jugemens m injuftes. Ils font juftes dans la did pofition de leur cœur. Mais ils ne font pas juftes en toute rigtieur, parce qu'ils ne connoiflèçt pas éxaâement tous les rapports de perfeftion qui doivent ré- gler leur eftime 8c leur amour.

XIV. A & I s T E. Je comprens, Théodore, parce que vous medites*là, que la juftice aum-bien que la vérité l»bitent^ pour ainfi dire, éternelle^ Entretien. 315 mène <)ans une nature immuable. Le jufte & rinjufte-^, aufli-bien que le vrai & le faux, ne font point des inventions de Teiprit bumain, ainfi que preten- dent certainis efprits corrompus. Les hommes, difent-ils, fe font fait des loix rr leur mutuelle confèrvation. C'eft Tamour propre qu'ils les ont fon«t dées. Ils font convenus entr'eux: & par là ils fe font obligez. Car celui qui içanque à la convention Ct trouvant plus toible que le refte des contraâans, il (e trouve parmi des efinemis qui fa^ tisfbnt à leur amour propre en le puniC- fant. Ainfi, par amour propre, il doit ebfèrver les loix du païs où il vit: non parce qu'elles font juftes en elles..mê* n>es, car delà l'eau, difènt-ils, on en obferve de toutes contraires -, mais parce qu'en s'y foûmetcant on n'a rien à crain- dre de ceux qui font les plus forts. Se^ Ion eux, couc eft naturellement permis à tous les hommes. Chaque particulier a droit à tout ^ & fi je cède de mon droite c'eft que la force des concurrens m'y oblige. Ainfi l'amour propre eft la règle de mes aéHons. Ma loi c'eft une puiC- fance étrangère: & fi j'étois le plus fort, je rentrerois naturellement dans tout mes droits. Peut-on rien dire de plus brutal & de plus infenfé? La force a. déféré au lion Ten^pire fur les autres brutes; & j'avoue que c'eft fouvent par <lle que les hommes Tufurpent les uns fiir les autres. Mais de croire que ceki^ {bit permis, & que le plus fort ait droit à tout y fans qu'il puiflè jamais com- mettre aucune injuftice, c'eft aflfuré- ment fe raneer parmi les animaux, 8c Étire de la focieté humaine une aflèm-r iplée de bêtes brutes. Oui, Théodore, ie conviens que TOrdre immuable de la juftice eft une loi dont Dieu même ne fe difpenfe jamais, & fur laquelle tous les elprits doivent régler leur con-^ duite. Dieu eft jufte eflèntiellement & par la néceflîté de Ton être. Mais voïons un peu s'il eft bon, mifericordieux, pa^ dent: car il me femble que tout cela ne peut gueres s'accorder avec la feverité de {a juftice.

• X V. T H E o D G R E. Vous avez ^ifon, Arifte. Dieu n'eft ni bon, ni mi* féricordieux, ni patient, félon les idées fvulgaires. Ces attributs' tels qu'on les conçoit ordinairement font indignes de l'Etre infiniment parfait. Mais Dieu poftëdfi ces qualicez dans le fens que la Entretien?. 317 Entretien?. 317 Raifô^nous Tapprend^&que TEcriture, ^quine peut fe contredire, nous le fait croire. Pour expliquer tout cela plus di- ftinâemenc, voïons d'abord fi Dieu eft :eirentiell6menc jufte en ce fens, tju'il récompenfe néceflairement, les bonnes ouvres., & qu'il puniflè indifpenfable*- xnenttQucce qui Vofknky ou qui blefî» fe y pour ainii dire, Tes attributs. ., A M s T B. Je conçois bien, Théo, ^ote, que fi les créatures font capables {Tofienfer Dieu, il ne manquera pas de s'en venger, lui qui s'aime par la nél f eflité de fon être. Mais que Dieu pui£> {è en être ofïènfé, c'eft ce qui ne me pa^^ x:oit pas concevable. Et fi cela étoit pof* fible y comme il s'aime néceflàirement^ il n'auroic jamais donné l'être, ou du inoins cette libçrté ou cette puiflànce à des créatures capables de lui réfifter» ]^ft-ce que cela n'eft pas évident? . Théodore. Vous me propofèz, Arifte, une difHculré qui s'éclaircira I^ien-tôt. Suivez - moi, je vous prie, fans me prévenir. N'eft-il pas clair par ce que je viens de vous dire, que l'Or- dre immuable eft la loi de Dieu, la re-N gle inviolable dç fes volontez, & qu*il' ne peut s'empêcher d'aimer les chofes / 3l8 MUITIE^ME à proportion qu'elles (ont aimables!

A n I s TE. Ceft ce que vous venez éc démontrer.,