SigPhi · Nicolas Malebranche

Entretiens sur la métaphysique, sur la religion et sur la mort

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pij iji Theizïb'me buer à la juftice de Dieu les tnatnc <)à arrivent aux méchans. Mais je croi qu'ils fe trompent en deux manières, La première, c'cft qu'ils ne font de ces jugemens que dans les punitions c%^ traoïflinaires, &; qui leur frappéiit Vcù prit. Car (i un fcelerat meun de la fie- Yre, ils ne jugent pas ordinairement que c'eft une punition de Dieu. I^ut J»our cela qu'il meure d'un coup de budre y ou par la main du bourreau. La féconde, c'eft qu'ils s*imaginent que les punitions remarquables font des ef- fets d'une volonté particulière de Dieu- Autre Êtux jugement, qui ôtant à la Providence divine fa (implicite Se & généralité, en ef&ce le caraâeredela prefcience infinie & de l'immutabilité. Car adurément il faut infiniment plus de fageflè pour combiner le Phy fie avec le Moral; de manière que tel ic trouvç uftement puni de fes violences en con« fèquencé de Tencbaînement des caoles^ quede le punir par une Providence pair^ ticuliere & miraculeufe. - A R I s T B. C'eft ainfi, Théodore; ijti'e^ je» le coinprens. -Mais ce que vous dites-là ne juftifie pas ^ temçrité de ceux qui jugent hardiment des deflèins Entretien. 173 ât Dieu dans touc ce qu*ils voïenc ar^ river.

IV. Théodore, je ne pretens pasaufli qu'ils aient toujours raifon^ Je dis feulement qu'ils ont raifon, quand leurs jugemens font exempts de paflioA & d'intérêt, & qu'ils font appuïez fur ridée que nous avons tous de TEtre in^ iiniment parfait. Encore ne pretens-)e. pas qu'ils faflèntbien de dire trop a£Sr^ mativement, qua Dieu a eu tel ou tel deflèin. Par exemple, il me paroît cer- tain qu'un des motifs de rétaolifTemenc des loix générales a été telle afHiétion de tel homme de bien, fi Dieu a prévu <jue ce lui feroit un grand fiijet dé me^ rite. Ainfi Dieu a voulu cette afïliâion^ qui nous paroit à nous autres > qui n'en prévoïons pas les fuites» ne pas's'ac. corder avec fa bonté. Ceux donc qui décident que Dieu a feulement permis que tel malheur arrivât à tel, font un faux jugement. Mais que voulez-vous. Aride } Il vaut mieux laiflèr aux hom- mes, prévenus comme ils font de leur nature imaginaire, la liberté de juger trop affirmativement des deHèins de Dieu, que de les critiquer fur la contradiâion de leurs iugemens touchant Ï74 Treizi e'm e des effets qui paroiffent contredire les attributs divins. Qu'importe que les tù Î>rits fe contredirent & s'embarraflènt blpn leurs feufles idées y pourvu ^u'âp fonds on ne fe trompe point dansjes chofes eflèntielles? Pourvu que* les hommes ne donnent point à Dieu des •defleins contraires à fes attributs y & qu'ils ne le faflènt point agir pour favo- rifer leurs paflions, je croi qu'il faut les écouter paifibienien t. Au lieu de les ^mbarraflèr par des contradiâions qd ielon leurs principes font inexpliqoa- blés y la charité veut qu'on reçoive ce qu'ils di(ent, pour les affermir dans l'i- dée qu'ils ont de la Providence, puif- qu'ils ne (ont point en état d'en avoir une meilleure.Car il vaut encore mieox attribuer à Dieu une Providence hu- maine, que de croire que tout fe fait au hazard. Mais de plus ils ont raifon dans le fonds. Tel impie efl mort: on }>eut dire hardiment que Dieu a eu ded èin de le punir. On^uroit encore plus de raifon de dire que Dieu a voulu em- pêcher qu'il ne corrompit les autres', parce qu'efftàivement Dieu veut toû- Î'oursparles loix générales qu'llaéta* »lies ^re tout le bien qui fe peut. Tel Entretien. 175 homme de bien eft mort avant Vkgc, lo£(<]u'il alloic fecpurir un miferabie: on ne doit point craindre de juger ^ quand mêmes il auroit été frappé de la foudre > que Dieu Ta voulu récompen- fer. On peut dire de lui ce que TEcri^ cure dit d'Hénoch: Raptus efi rie malitU murÂiret intelUHum tjnsy aut ne fiSio deci" feret anmofn illius. La mort Ta enlevé, de peur que le fiécle ne lui corrompît Telprit & le coeur. Ceft que tous cet )ugemens font conformes a Tidée que nous avons de la juftice & i}e la bonté de Dieu > & qu'ils s'accordent aflèz bien avec les defleins qu'il a eus \ lorfl qu'il a établi les loix générales qui it^ glent le cours ordinaire de fa Prov% dence. Ce n'eft pas qu'on ne fe trompo fouvent dans ces jugemens. Car appa- remment tel ou tel homme de bien qui eft mort jeune, auroit encore acquis de plus grands mérites ^ & converti bien des pécheurs, s'il eût vécu plus long- tems dans les circonftances où il le feroit trouvé en confequence desioix générales de la Nature & de la Grâce. Mais ces fortes de jugemens, quoiqu'uh peu téméraires ou hardis, n'ont point de mauvais effets: & ceux qui les font uij rj6 Theizie'mb uij rj6 Theizie'mb ne prétendent point tant qu'on les croîé véritables » qu'on adore la fagefle de la bonté de Dieu dans le gouvernement du monde.

A K I s T B. Je vous entens, Thcor dore. Il vaut mieux que les hommes parlent mal de la Providence^ que de n'en parler jamais.

Théodore. Non, Arifte. Mais il vaut mieux que les hommes parlent fouvent de la Providence félon leurs foibles idées, que de n'en parler jamais. Il vaut mioux que les hommes parienç de Dieu humainement, que de n'en dire jamais rien. Il ne faut jamais mal parler ni de Dieu, ni de fa Providence, (jela efl: vrai Mais il nous eft permis ■ de bégayer fur ces matières fi relevées, f»purvû que ce foit félon l'analogie de a foi. Car Dieu Te plaift dans les eflorts que nous faifons pour raconter fes mer* veilles. Croïez-moi, Arifte; on ne peut gueres plus mal parler de la Providers ce, que de n'en dire jamais rien.

Theotime. Voudriez, vous, Arifte, qu'il n'y (ûi que les Philofophes quiparlaflènt de la Providence, & en^ tre les Philofophes que ceux qui en ont Vidée que vous en avez maintenant l Entretien. 177 V. A a I s T E. Je voudrois, Théo- tifne ) que les hommes ne parla (Tenc jamais de la Providence d*une manière {)ropre à faire croire aux fini pies, que es méchans ne réiiilîflènt jamais dansr leurs entrepjrifes. Car la profperité des impies eft un fait fi confiant, que cela peut jetter, & que cela jette fouvent «e la défiance dans les eferics* Si les biens & les maux temporels étoient à J5eu prés réglez fuivant les mérites, & â confiance en Dieu, la manière dont on parle ordinairement de la Provi- dence n'auroit point de mauvaifes fii?* tes. Mais prenez-garde: la plupart des hommes ^ 6c ceux-là principalement qui ont le plus de pieté, tombent dans de très-grands malheurs; parce qu'au lieu de le fervir dans leurs befiDiiH des moïens (û:s que leur fournit la Provi. dence générale, ils tentent Dieu dans refperance trompeufe d'une Providen- ce particulière. S'ils ont un procès, par exemple, ils négligent de faire les écri. tures nécefiàires pour inftruire les Ju.. ges de la juftke de leur cauTe. S'ils ont des ennemis ou des envieux qui leur dreflent des embufches; au lieu de veil- 1er fur eux pour découvrir, leurs def^ 178 Treizie'me 178 Treizie'me feins, ils s'attendent que Dieu ne man- quera pas de les protéger. Les femmes qui ont un mari fâcheux y au lieu de le gagner par la patience & rhumilité, Yont en faire leurs plaintes à tous les f;ens de bien qu'elles conjioiflènc ^ 6c e recommander à leurs prières. On n'obtient pas toujours par ce raoïen ce qu'on defire& ce qu'on efpere: & alors on ne manque gueres de murmurer contre la Providence, & d'entrer dans des fentimens qui oflencent les per(ir« ftions divines. Vous fçavez, Theocime^ les funeftes eâTets que produit dans VtC* prit des (impies, une Providence mal entendue, 8c que c'eft principalement de là que la fuperftition tire Ion origi« ne: fuperftition qui caufe dans le mon* de une infinité de maux« T H E o T I M E. Je vous aVoue^ Arifte, qu'il feroit à fouhaiter que tous les hommes enflent une jufte idée de la Providence divine. Mais je vous £bû-# tiens avec Théodore, que cela n'étant pas poillble, il vaut mieux qu'ils en parlent comme ils font^que de n'en rien x]ire du tout. L'idée qu'ils en ont, toute faufle qu'elle eft, 8c mêmes cette pente naturelle qui fait que les efprits fe por« Entretien. 179 Entretien. 179 tent à If fuperfticion, leur eft fort avan- tageufe dans réracoù ils font, car cela les empêche de tomber dans mille dé» fordres. Quand vous y aurez bien pen- fé, je croi que vous en demeurerez d'accord. Tel perd fon procès pour avoir néglige les voies naturelles de lè gagner. Qu'importe, Arifte? La perte de fon bien fera peut-être la caufede fon faluc. Aflurément, fi ce n*eft point la pareflè & la négligence qui Tont por- té a laidèr tout là, mais un faint mou- vement de confiance en Dieu, & la crainte d'entrer dans un efprit de chi. cane& de perdre fon tems afiez inuti. lement; fi cela eft, il a gagné fon pro» ^és devant Dieu, quoiqu'il l'ait peut- être perdu devant les homtnes. Car il lui reviendra plus de profit d'un pro- ces perdu de cette manière, que gagné d'une autre avec dépens, dommages & intérêts.

VI. Nous fommcs Chrétiens, Arifte, nous avons droit aux vrais biens: le Ciel eft* maintenant ouvert, & Jefus- Chrift nôtre Précurfeur & nôtre Chef y eft déjà entré pour nous, Ainfi Dieu ne técompenfo plus, comme autrefois, notre confiance en lui par Tabondancft i8o Treizie'me i8o Treizie'me des biens temporels. Il en a de meilleurs pour fes enfans adoptez en Jefus-Chrift» Ce tems eft padè avec la loi. L'Alliance ancienne ôc figurative de la nouvelle eft maintenant abrogée. Si nou$ étions Juifs, î'entens des Jui6 charnels, nous aurions ici. bas une récompenfe pro- portionnée à nos mérites: encore un coup y je dis des Juifs charnels. Car les Juifs Chrêciens ont eu part à la Croit de lefus-Chrift, avant que d'avoir part à U gloire. Mais nous avons de meiU leures efperances qu'eux, meliorem & }Jeb. iQ /^^^^fitemfuhflamlam, fondées- fur une 54« meilleure alliance & de meilleures vi- ikimes: Meliors te/la^^nemi fponfbr faÙns Ihii. 7: ^fl jejiis *.. Melimbus hoftiis ejukm ïfli\ ^(^xj. La profpericé des méchans ne doit plus étonner que les Chrétiens Juifs, que les Mahometans, que ceux qui ne Ç^^, vent pas la différence qu*il y a entre les deux Alliances, entre la grâce de TAn* cien Teftament & celle du Nouveau, entre les biens temporels que Dieudi- ftribuoit aux Juifs par le minfAere des Anges, & les vrais biens que Dieu don- . ne à fes enfans par nôtre Chef & nôtre Médiateur Jefus-Chrift. On croit que les hommes doivent être miferables à Entretien. i8i Entretien. i8i ^proportion qu'ils font criminels. Il eft vrai: mais dans le fonds on a raifon de le croire, car cela arrivera toc ou tard. Il n'y a point de Chrétien qui ne fça- che j que le jour viendra auquel Dieu rendra à chacun félon fes œuvres. La profperité des méchans ne peut donc ébranler que ceux qui manquent de foi, Se qui ne reconnoiflent point d'aUf ires biens que ceux de la vie prefente. Ainfî, Ârifte, l'idée confufe & impar. faite d«la Providence qu'ont la plupart des hommes, ne produit point tant de mauvais effets que vous le penfezdans les vrais Chrétiens ^ quoiqu'elle trou- ble l'efprit, & qu'elle inquiété extrê- mement le commun des hommes, qui remarquent fouvent qu'elle ne s'accor- de pas avec l'expérience. Mais il vaut mieux qu'ils en aient cette idée, que * de n'en avoir point du tout ^ ce qui ar^ river oit peu à peu, s'ils la laidbient ef- facer de leur efpi;it par un filence per- nicieux.

ÂB.ISTE. Je vous avoue, Theotime, que la foi empêche fouvent qu'on ne tire des confequences impies de la prof^ perité des méchans & des afiliâiohs des gens de bien. Mais comme la foi n'eft î8i Treizie'me pas n fénfible que rexperience contre nuelle de ces évenemens fâcheux, elle n'empêche pas toujours que refprit ne s'ébranle & ne fe défie de la Provi- dence, De plus les Chréeiens nefuivent prefque jamais les principes de leur Rc* iigion: ils parlent des biens & des maux comme les Juifs charnels. Quand un père exhorte (on fils à la vertu » il ne craint point de lui dire, que s'il eft homme de bien, toutes Tes entreprifes cédŒiront. Croïez - vous que ^n fils penfèaux vrais biens? Helas! petitnêtrâ que le père n'y penfa jamais lui-mêasc» Cependant les libertins qui remarquent avec foin les contradiâions de tous ces di(cours qu'on fait fans réflexion fiir la Providence, ne manquent pas d'm tirer des preuves de leur impiété } Bc ' elles font (i fenfibles ces preuves^ ÔC fi palpables, qu'il fiiffit qu'ils les pro« pofent pour ébranler les gens de bicfi, êc pour renverfer ceux que la foi ne tnc.n*- foûtient point. PenfeT^vons ^ dit JefiiSf* î^* Chrift, ijjHt cis dix-hnit firfonnes.^Hkfii-> rent icrafiesfoHS Us rnines de I4 tanr d$ SUo'é 9 fujfent fins crimimlles ûu plniridcA varies à (a jHflice de Dieu y que Us aittres habit ans dejcrufalem? Non ^ 4i vU ^ mM Entretien. 185 VûHS périrez, tons fi vous ne faites pénitence. SToila comme il faut parler aux hom- mes pour leur apprendre qu'en cette vie les plus miferables ne font pas pour cela les plus ctiminels 3 & que ceux qui vivent dans Tabondance ^ au mi- lieu des plaifirs & des honneurs \ ne font pas pour cela plus chéris de Dieu ^ ni protégez d'une Providence plus particulière.

VII. Theotime. Oîii,Arifte. Mais tout le monde n'eft pas toujours en état de goûter cette vérité. Durus ejt hic ferma. Les charnels, ceux qui ont encore Tefprit Juif, n*y comprennent rien. Il faut parlet aux hommes félon leur portée, & s accommoder à leur foiblede pour les gagner peu à peu. Il £iat conferver foigneufement dans leur efprit ridée de la Providence telle qu'ils font capables de Tavoir. Il faut leuc promettre le centuple: qu'ils Tenten- dent comme ils pourront félon les diC portions de leur cœur. Les charnels t'entendront mal, il eft vrai: mais il vaut encore mieux qu'ils croient que la vertu fera mal récompenfée, que de ne rêtre point du tout. Elle le fera mêmes parfaitement bien félon leurs faufifes 1^4 Treizie'me idées. Quelque libertin leur fera remar- quer qu'on leur fait de-vaines promeil (es. Je le veux. Mais peut-être cela fer«- vira-t'il à leur aire comprendre qu'ils fe trompent eux - mêmes, & que iei biens qu'ils eftiment fi fort font bien Eu de chofe, puifque Dieu les diftrf. c (î mal à leur gré, 8c félon leurs pré- jugez. Apurement, Ari((e, on ne peut gueres trop parler de la Providence, Îuandmêmes on n'y connoîtroic rien; )ar cela réveille toujours dans l'efpric cette penfée, qui eft le fondement de toutes les Religions, qu'il y a un Dieu qui récompense & qui* punit. L'idée confufe de la Providence eft auflî utile que celle que vous en avez, pour por- ter à la vertu le commun des nommes. Elle ne peut éclaircir les difficultés des impies: on ne peut la défendre fans tomber dans un nombre infini de con- traditions. Cela eft vrai. Mais c'eft de quoi les fimples ne s'embarraflent gue- res. La foi les foûtient; & leur (împli« cité, leur humilité les met à couvert , contre les attaques des libertins. Ainfi c croi que dans les difcours laits pour ^ tout le monde, il faut parler de la»Pro« vidence félon l'idée la plus commune: EnthetienI i8^ & ce que Théodore nous a appris, U faut le garder pour faire taire les pré< tendus efprics forts, Se pour raflTurer ceux qui fe trouveroient ébranlez par la con(ideration des eflfèts qui paroiC- ient contredire les perièâions divines. Encorç doic^on fuppofèr qu'ils (oient , capables de rattention neceflaire pour iuivre vos principes: car autrement ce feroit bien le plus court, s'ils étoient Chrétiens y de les arrêter* uniquement par l'autorité de l'Ecriture. - A R p s T B. Je nne rends, Theoti- tne. Il faut parler aux hommes félon leurs idées y lorfqu'ils ne font point en état d'approfondir les madères* Si on critiquoit le fenciment confus qu'ils ont de la Providence, on leur feroit peut* être un fujerde chute. Il feroit facile de lés embarfafTer par les contradiâions oïl ils tombent. Mais il feroit fort dif- ficile de les délivrer de leqr embarras. Car il faut trop d'application pour re- connoître & pour fuivre les vrais prin»> cipes de la Providence. Je le comprens^ Theotime, & je penfe que c'eft princi- palement pour cela que Jefus-Chrift 6c les Apôtres ne nous ont point enfei* gné formellement les principes de rai^ Tome Ih Q^ i8^ Treiziî'mé i8^ Treiziî'mé fon donc les Théologiens fe fertem pour apppuïer les véricez de la foi. Ib ont fappofé que les perfonnes éclai* tées fçauroienc ces principes, 6c que les (impies s qui fe rendent uniquement à Taucoricé, n'en auroienc pas befoin, ôc qa'ils pourroiei^ mêmes en être chci-" quez actes prendre mal, faute d'ap».

Ïlication & d'intelU^nce. Je fuis dont ien re(blu de laifler aux hommes i» liberté de parler à leur manière de U Providence, pourvu qu'ils ne difent rien qui bleflè ouvertement les attri- buts divins; pourvu qu'ils ne donoenc pas à Dieu <les:deSeins in juftes Se bi- zarres, & qu'ils ne le falTent point agir pour fatis£ure leurs inclinations dére*' glées. Mais pour les Philofophes, 6c lur tout certains prétendus efprits forts, alTurément |e ne loufirirai pas leurs im^ ft^rtinentes railleries. J'efpere que fa»- rai mon tour, Se que je les embarraâb- rai fort. Ils m'oiit quelquefois réduit ail filence, mais je les obligerai bien à fe taire. Car j'ai maintenant de quoi ré^ pondce à tout ce qu'ils m'ont objeâé de plus fpecieux & de plus fort. . V 1 1 T. T H B o D o R B. Prencz-gar* dev A'rifte ^ quç la vanité '6c l'amour çropïc n*ahiment un peu votre zèle. Ne cherchez point d'adverfaires pour avoir la gloire & le plaifir de les vaincre. C'eft la vérité qu'il faut faire triompher de ceux qui Tont combatuë. Si vous prétendez les confondre, vous ne les gagnerez pas y & peut-être qu'ils vous confondront encore. Car, je le veux, TOUS avez de quoi les obliger au fi- Jence; mais c'eft fuppofé qu'ils veulent entendre raifon: ce qu'aflùrémenc ils ne feront pas, quand ils fentironc que vous vdulez remporter. S'ils vous, rail* lent, ils auront les rieurs de leur côté* S'ils s'eâraïent^ils répandront la fraïeur lians les efprits. Vous ferez (èul avec vos principes, auxquels perfonne ne com- prendra rien. )e vous confeille donc ^ Arifte, de prendre eh particulier ces perfonnes que vous avez en vue, 6C de leur propofcr vôtre fentiment, com-* me pour apprendre d'eux ce que vous devez eji croire. Il faudra pour vous répondre qu'ils s'appliquent à l'examû lier, & peut - être que l'évidence les convaincra. Prenez - garde fur tout qu'ils ne s'imaginent pas que vous les cotiez* Parlez en difciple de bonne foi, «fin qu'ils ne reconnoi fient point vôtre •i88 Treiziê'me •i88 Treiziê'me charitable diflimiilacion. Mtiis lôrfqtié vous aurez reconnu que la vérité les pénètre, alors combatcez-la fans crain- dre qu'ils l'abandonnent. Ils la regar« deronc comme un bien qui leur appar- tient, & qu'ils auront acquis par leur application & par leur travail. lis pren- dront intereft dans fa défenfe; noà peut-être qu^ils l'aiment véritablement^ mais parce que leur amour propre y trouvera fon compte. Ainfi vous les en«-> gagerez dans le parti de la vérité, 8c vous formerez entr'elle & eux des liai, (bns d*interêc qu'ils ne rompront pas £icilement. La plupart des hommes re- gardent la vérité comme un meuble tort inutile, ou plutôt comme un meu» ble fort embarraflfant & fort incommo^ de. Mais lorfqu'elle eft de leur inven- tion, & qu'ils la regardent comme un bien qu'on veut leur enlever, ils s'y attachent fi fort, & la confiderent fi at^ tentivement, qu'ils ne peuvent plus l'oublier.

A R I s T E. Vous avez raifon, Théo- dore: pour gagner feurement les gens ^ il faut trouver le moïen dedédonima*- ger leur amour propre: c'eft là le fe- cret. Je tâcbetsti de fuivre éxaélemeii( Entretien. i8^ \^te con(êil charitable. M&i$. penfe2<. vous que je poflTcde aflèz bien vos prin- cipes pour en convaincre les autres ^Sc pour répondre à toutes leurs difGcultez» Thboporê. Si vous êtes bien refolu de prendre avec vos gens l*air & les manières de difciple, il n'eft pas néce (faire que vous les fçachiez plus éxaéliement ces principes. Ils vous les apprendront aufli-bien que moi.

Théodore. Mieux que moi; Arifte: vous le verrez par expérience. Souvenez-vous feulement des princi* pales véritez que je vous ai expliquées^ & aufquelles vous devez rapporter tou» tes les interrogations que vous leur fe- rez.

Souvenez - vous que Dieu ne peut agir que félon ce qu'il eft, que d'une manière qui porte le caraâere de fes attributs; qu'ainfi il ne forme point fes deflèins indépendemment des voies de les exécuter, mais qu'il choifit & l'oiu vrage & les voies, qui toutes enfemble expriment davantage les perfèâjons qu'il (è. glorifie de poflèder, qije^out autre ouvrage par toute autre yoïew Voilà, Aride, le principe le plus gé** néral & le plus fécond.

Souvenez-vous que plus il y a de fim- plicicé, d*uni(brinicé » de généralité dans la Providence, y aïanc égalité dans le refte, plus elle porte le cara^^ âere de la Divinité^ qu*ainfi Dieu goo^ Verne le monde par des loix générales, pour feire éclater fa fageflè dans Teiv cha inement des caufes.

Mais fouvenez'vous que les créatu* res n'agKTent point les unes fur les an«> très par leur efficace propre, & que Dieu ne leur a communiqué fa poid (ance que parce qu'il a établi leurs roo« dalitez caufes occafionnelles, qui dé^ terminent Tefficacç des loix générales qu'il s'eft prefcrit. Tout dépend de et principe.

X I. Voici, Arifte les loix généra- les félon lefquelles Dieu règle le court prdinaire de fa Providence.

I. Les loix générales des communti- cations des mouvemens^ desquelles loix le choc des corps eft la caufe occafioni» nelle ou naturelle. C'eft par rétabliflcN. tnent de ces loix que Dieu a communi** que au foleil la puifTance d'éclairer, ta eu celle de brûler^ 6c aipiidcs autrci Entretien. ij^i vertus qu'ont les corps pour agir les ans fur les autres *, Se c'eft en obeïïTant à Tes propres loix que Dieu fait tout ce que font les caufes fécondes.

X. Les loix de Tunion de Tame & du corps, dont les modalitez foçt récipro- quement caufes occaHonnelles de leurs chângemens. C'eft par ces loix que j'at la puiflànce de parler, de marcher ^ de fentir, d'imaginer, & le refte; & que les objets ont par mes organes le pou- voir de me touchpr & de m'ébranler. C'eft par ces loix que Dieu m'unit à tous fes ouvrages.

$• Les loix de Tunion de Tame aveè Dieu y avec la fubftance intelligible de la Raifon univerfelle, defquelles loit ^ notre attention eft la caufe occaiion^ nelle. C'eft par rétabliflement de ces loix que Tefprit a le pouvoir de penfer à ce qu'il veut ^ & de découvrir la vé^^ rite. Il n'y a que ces trois loix généra^ les que la Raifon & l'expérience nous apprennent ^ mais l'autorité de l^cri^ tore nous en fait connoScre encore deux autres, fçavoir: 4» Les loix générales qui donnent aux Anges bons & mauvais, pouvohr fur les corps ^ fubftances inférieures 4 ïçî Treiïie'me /^9;«^leuc nature. C*eft par Tefiicace de ceà EcUircif loix que les Anges ont gouverne le pea« T^Iué ^ fie Juif, qu'ils l'ont puni & récompen- u Nature lé par des biens & des maux temporek, Cr^e % ^^^^^ Tordre qu'ils en avoient reçu de u RéfùH- Dieu. C'eft par i'efEcace de cesloix que nÀJ/' les Démons ont encore le pouvoir de tiou de nous tenter, & que nos Anges tuteUi* c!utrf7et ^^^ ^"' ^^^^ ^^ ^^^^ défendre. Les c^u- Eciaircif- ks occafionnelles de ces loix (ont leurs fenent, deg^g pratiques: car il y a contradiâion qu'un autre que le Créateur des corps en puifle être le moteur. 5. Les loix enfin par lefquelles Jefus-i Cbrift a reçu la fouveraine puiflance rî^'Dih ^*"* '^ ^^ ^ ^^^ '^ ^^^^^ » non feule- tûMrs du ment far les corps, mais furies efprits; Uu^we ^^" feulement pour diftribuer les biens & de u temporels, comme les Anges à la Sy« 4SrMe, nagogue, mais pour répandre dans. les cccurs la grâce intérieure qui nous rend. cnfans de Dieu,& qui nous donne droit aux biens éternels. Les caufes occafîon- nelles de ces loix font les divers mouve* mens de Tame (àinte de Jefus. Car nô« cre Médiateur &c Souverain Prêtre in« tercede fans ce(fe, & fon interceffion efl: toujours & tres-promtement exau< cée» Voilà ENTRETIEN. 19 J . Voilà, Arifte, les loix les plus^géné« raies de la Nature & de la Grâce, que pieu fuit dans le cours ordinaire de- (a Providence. Ceft par ces ieix qu'il exé- cute Tes detTeins d'une manière qui por* i;e admirablement le caraâere de fa prefcience infinie, de fa qualité de S cru- tateur des cœurs. de (on immutabilité $c de les autres attributs. C*eft par ces loix qu'il communique fa puiflànce aux créatures, & qu'il leur donne, patt à la gloire de l'ouvrage qu'il exécute pac leur miniftere, Ceft mêmes par cette communication de fa puiilànce & de (a gloire qu'il rend le plus d'hanneur à Tes attributs. Car il faut une fage(lè infinie pour fe feryir auflî heureufement des caufes libres que des caufès néceflàire^ Jans l'exécution de fes deûèins.

Mais quoique Dieu fe foit prefcric ces loix générales, & encore quelques autres, dont il n'eft pas néceflàire de f>arler, comme Tont celles par lefqueL es le feu de Tenfer a \ç pouvoir de tonr< menter les Pçmons, les eaux d8 Bap« terne celui de nous purifier, & autres fois les eaux tres^ameres de U falôufîç vtmhm celui dç.punir l'iijfidelité des fi^mmes ^ ^* ^ 9infî des autres; quoique Dieu fc tome IL R 194 Treizie^me 194 Treizie^me foit, dis- je, prefcricces loix, 8c ^p'S* ne quitte point fans de grandes railons la généralité de fà conduite, fouvenez.. Vous bien qbe lorfqu'il reçoit plus de gloire en la quittant qu'en la futvan^ alors il ne manque jamais de l'aban- donner. Car pour accorder les contra. di£bions qui paroi (lent dans les efièts de la Providence, il fuffit que vous fbâte- niez que Dieu agit & doit agir ordinai- rement par dés loix générales. Retenez* donc bien ces principes, 6c réglez tos interrogations de manière » qu'elles ne téhdent qu*à les &ire envifager aux per- fonnes quervous prétendez convenir* A R I s T E. Je le ferai, Théodore: & yefpere que je réiiflîrai* dans mon denein. Car tous ces principes me pa^ roiflent fi évidens, fi oien liez les cms avec lès autres » & tellement d'accord avec ce que noàs voïons aniver, que pourvu que les préjugez & les paffions ne mettent point trop d'obftacle à l'irn- jprêlfiân qu ifi doivent faire fur leur ef- ptit, il mrhieti difficile qu'ils y réfi^ ftént. îfr vous remercie de l'avis que vôiis m.^vet donné de dédonimager leur atirour propre:€ar je voi bien que je gâter ois tour ^ fr je m^y prenois conï^ Entretien. 195 Entretien. 195 tne j'en aurois bonne en vie. Mais ^ Theoddre, fuppofé que je réuiCfTe dan^ nion deflèin, & que je les aïe bien con^ vaincus de la vérité de nos principes, comment pourrois-jeies obliger à re- connoicre Vautoritc de TEglife, car ils font nez dans Therefie » & je voudrois bien les en retirer.

Théodore. Vraiment, Ariftc, voi- ^ là bien une autre affaire Vous penfes peut-être qu'il fuffit de donner de bon- nes preuves de rinfaillibilité de l'Egli- k, pour convertir les Hérétiques. Il faut, Arifte, que le Ciel s'en mê^e. Gar Tefprit de parti fotme tous les jours tant de liaifons fecretes dans le coeur de ceux qui y font malheureufement enfagcz, que cela les aveugle & les ferme la vérité. Si quelqu'un vous ejthortoic à vous faire Huguenot, afTurément vous ne récouteriez pas volontiers. TSçachez donc qu'ils font peut.êcre plus ardents 2ue*nous: parce que dans Técàt où ils î trouvent, ils fe font, plus fouvent que nous, exh9rtez les uns les autres à donneB»des marques èc leur fermeté. Aïant donc une infinité d^engagemens, de liaifons, de préjugez, de raifons d'dmoor propre qui les ar^êie dans leur Rij 1^6 Treizie'me Rij 1^6 Treizie'me Seâe, quelle adreflè ne fauc-il pomC pour les obliger à confiderer (ans pré« yention les {>reuves qu'on peut leur donner qu'ils ipnt dans Tetreur i, A K I s T E. Ja fçai, Théodore, que leur délicatefTe eft extrême fur le &ic de U Religion, & que pour peu qu'on les frappe par cet endroit* là, toutes leurs pallions fe révoltent. Mais ne craignez * point. Car outre que ceux dont je parle ne font pas fi fenfibles que beaucoup d'autres j je prendrai fi bien les maniè- res d'un difciple bien fournis, quQ jeles obligerai pour me répondre à examiner les doutes que je leur propoferah. Don-- nez -moi feulement quelques preuves de l'infaillibilité de i'Églife conformes à l'idée que vous m'avez donnée de la Providence.

X. T H E o D o R E. Il eft certain pat TEcritune, que les Hérétiques n'ofent TîM. ^^jetter, cjHt DicH veut (fue tons Ushtfm^ ^!*.. mesfoUntfaHvez, & (pi Us vmnemjt U conmijfame de U vérité. Il faut donc trouver dans l'Ordre de la Providence de bons moïen^ pour faire vftt^ tous les hommes à la coi^ioiflknce de la yence.

X Entretient. 197 Dieu veut que tous les hommes foient Giuvez: mais il ne veuc pas faire tout ce qu'il fâudroit pour les fauver cous. S'il le vouloic y cous feroienc (auvez: les Chinois & cane d*aucres peuples ne k-^ coienc pas prives de la connoiflànce dit irrai Dieu & de Ton Fils Jefus-Chrift^ m quoi confifte la vie éternelle, Théodore. Je ne vous dis'pas ^ l^rifte y que Dieu veuille faire cquc ce ju*il Êiudroic pour fauver tous les hom* nés. Il ne veut pas faire à tous momens les miracles. Il ne veut pas répandre lans tous les corurs des grâces viâo- ieufes. Sa conduite doit porter le cara- 1ère de fes attributs, & il ne doit point [uitter fans de grandes raifons la gêné* alité de fa Providence. Sa fageflè ne ni permet pas de proportionner toû-* >urs fôn fecours au befoin aâuel des léchans & à la négligence prévue des iftes. Tous les hommes feroient fau-. ez, s*il en ufoit delà forte envers nous, s prétens feulement qu'il faut trouver ms la Providence des moïens eéné- LUX qui répondent à la volonté que ^ieu a que tous les hommes viennent laconnoiffancedelavérité. Or on ne ;ut y arriver à cette connoiflance que Riij tçS Treizib'me par detix voïes, par celle de rexamen; ou par celle de l'autorité.

A n I s T E. Je vous entehs^ Théo* ^ore y la voie de Texamen répond peut- être à la volonté que Dieu a de fauvec les Sçavans: mais Dieu veut fauver les pauvres, les (impies, les ignorans^ cens. qui ne fçavent pas lire, auffi-bien que Meflieurs les Critiques. Encore ne voi- J'e pas que les Grotius, les Cocceïus, es Saumaifes, les Buxtorfs» foient ar- rivez à -cette connoiHance de la vérité où Dieu veut que nous arrivions tous* Peut-être que Grotius en étoit proche quand la mort TaTurpris. Mais quoi! la Providence ne pourvoit-elle qu'au falut de ceux qui ont aflèz de vie^ aBi& bien que d'efprit & de fcience, pour difcerner la vérité de Terreur? Aiiuré» ment cela n'eft pas vrai-femblable* La voie de Texamen eft tout-à-fait in(u& fifante* Maintenant que la raifon dd l'homme eft dfïbiblie-,il faut le condui- re par la voie de l'autorité. Cette voie eft fenfible, elle eft feure, elle eft gé« nérale, elle répond parfaitement à la volonté que Dieu a ^ que tous les hom. mes viennent à la connoiflànce de la vérité. Mais où trouverons-nous cetttt autorité infaillible, cet^e vdïe feure que nous fAiiflions (uivre fans craindre Terreur î Les Hérétiques prétendent qu'elle lie fe trouve que dans les Livres Sacrez.

XL Théodore. Elje (è trouve <lans' les Livres Sacrez, mais c'^ft par l'autorité de VEglife que nous le iça- vons. SaintAuguftina eu taifoh de di« te, que fans TEglife il ne croiroit pas à TEvangile* Coain:ient eft^ce que les iîmples peuvent être certains que les quatre Evangiles que nous avons ont une autorité infaillible } Les ignorans ti*ont aucune preuve qu'ils font des Au- teurs qui portent leur nom, & qu'ils n'ont point été corronspus dans les cho- ies elientielles ^& je ne.£çai Ci les Sça* vans en ont des preuves bifcn feures* Mais quand nous ferions certains que l'Evangile de Saint Mathieu, par escem- Yle, eft de cet Apôtre, & qu'il eft tel aujourd'hui, qu'il l'a^compolé: aflùré-- ment fi nous n'avons point d'autorité infaillible qui nous apprenne que cet Evangelifte a été divinement infpiré f nous ne pouvons point appuïer nôtre foi fur fes paroles comme fur celle de Dieu même. Il y en à qui prétendent que la divinité des Livres Sacrez eft^ tenfible, qu'on ne peuc les lire fans s'en appercevoir* Mais fur quoi cette pcé« tention eft-elle appuïée } Il faut autce chofe que des foupçons & des préjngqB pour leur attribuer Tinfaillibilité. u ùlui ou que le Saint Efprit le révèle à chaque particulier, ou qu'il le révèle à l'Eglife Eour tous les particuliers. Or l'un eft ien plus (impie, plus général, plus digne de la Providence, que l'autre.

Mais je veux que tous ceux qui lifènc l'Ecriture, fçachent par une révelatioa particulière que l'Evangile eft un Livce Divin, & qui n'a point été corrompà par la malice & la négligence des Cow piftes: qui nous en donnera Tintelli^ gence \ Car la raifon ne fuffit ps^s pooc en prendre toâjours le>rai fens. Les Scfciniens font raifonnables aufILbien- que les autres hommes y & ils y trou* vent que le Fils n'eft point confubftan» tiel au Père, Des Calviniftes font hom- mes.comme les Luthériens; & ils pre« tendent que ces paroles, Prenez., pian^ gez. j ceci efi mon corps, fignifient, datïs Te lieu où elles font, que ce que Jefus- Chrift donne à fes Apôtres n'eft que la figure de fon corps. Qui détrompera