les uns ou les autres } Qui les conduira à la connoifTante de la vérité od Dieu veut que nous arrivions cous. Il faudra à tous momens à chaque particulier une afliftance du Saint Efprit que les Héré- tiques refufent à toute TEglife, lorC. qu'elle eft aflènnblée pour former ces décidons. Quelle extravagance, quel aveuglement, que d'orgueil! On s'i- magine qu'on entend mieux l'Ecriture que TEglife univerfcUe, qui confervc le facré dépôt de la tradition, & qui mérite un peu plus que chaque particu^- lier, que Jefus - Chrift, qui en eft le Chef, s'applique à la défendre contre lès puiflances de l'enfer.
XII. La plupart de hommes font perfuadez que Dieu les conduit par une providence particulière, ou plutôt qu'il conduit ainli ceux pour lefquels ils lont prévenus d'une grande eftime. Us font difpofez à croire que tel eft chéri de Dieu de manière, qu'il ne permettra pas qu'il tombe dans l'erreur ni qu'ils l'y engagent. Ils lui attribuent un ef- pece d'infaillibilité, & ils s'appuïenc Volontiers fur cette autorité chimérique qu'ils fe font faite par quantité de réfle- lions fur les grandes Ôc excellentes qua^ 101 Treizie^me 101 Treizie^me litez du perfonnage, pour (è délivra: da travail incommode de Texamen. Ce (ont des aveugles qui en fuivenc 4*autres, & qui tomberont avec eux dans le précipice. Ceft que tout hom- me eft fujet à Terreur: Omnis homo men^ dax. Il eft vrai que nous avons befbin d'une autoçté viHble maintenant que nous ne pouvons pas £icilement ren- trer en nous-mêmes pour confulier la Raifbn, & qu'il y a des vécicez nécef- iàires au falut que nous ne pouvons apprendre que par la révélation. Mais cette autorité (ur laquelle nous devons nous appuïer doit être générale, SC Veffct d'une Providence générale. Dieu, n'agit point ordinairement par des vo- lontés particulières dans les efprits pouc empêcher qu'ils ne fe trompent. Cela ne s'accommode pas avec l'idée que nous devons avoir de la Providence, qui doit porter le caradere des attributs divins. Dieu a commis à nôtre Média- teur le foin de nôtre faluc. M^îs lefus- Chrift lui-même imite autant que cela ù peut, la conduite de Ton Père, en £iilant fervir la Nature à la Grâce, 8c en choinflànt des motens généraux pouc fexecucion de fon ouvrage. U a envoie Entretien, loj Entretien, loj fes Apôtres par tout le inonde pour an- noncer aux peuples les véricez de VE^ vangile. Il a donné à (on Eglifè des Evêqucs, des Prêtres, des Doâeurs ^ un Chef vifible pour la gouverner. Il a établi des Sacremens pour répandre fa grâce dans les coeurs: marques certain nés qu'il conftruit fbn ouvrage par des voies générales, & que les loix de la Nature lui fourniffent. Jefus-Chrift 1>eut fans doute éclairer intérieurement es efprits fans le fècours de la Prédica. tion: mais apparemment il ne le fera pas. Il peut fans le Batême nous rege» . nerer: mais il ne veut pas rendre inuti* les fes Sacremens. Il n'agira jamais en tel 6c tel d'une manière particulière, fans quelque raifon particulière, fans quelque efpece de néceiEté. Mais oA cft la nécemté qu il éclaire particulier rement tel & tel Critique, afin qu'il prenne bienlefèns d'un paflàgederE. criture } L'autorité de l'Eglife iuffit pour empêcher qu'on ne s'égare: pourquoi ne veut-on nas s'y foûmettre } Il fuffit: que Jefus-Cnrift conferve à l'Eglife fou infaillibilité, pour confèrver en même tems la foi dans tous les enfans humbles & obeïITans à leur mère. Malheor am^ 5.04 TreizieVie 5.04 TreizieVie téméraires & aux préfomptueuit qui s'attendent que Jefus-Chrifl: les éclaire particulièrement contre la Raifon, conf- ire Tordre de (a conduite qu'il a réglé fur TOrdre immuable. Jefus-Chrift ne manque jamais d'afHfter les Juftes dans leurs befoins. Il ne leur refuie jamais la grâce nécedàire pour vaincre les tenta« lions. Il leur ouvre Tefprit dans la leâu- re des Livres Saints. Il récompenfe fbuvent leur foi par le don de Tintelli* gence. C'eft que cela eft conforme à rOrdre, &nécellàire pour leur inftru* âion y & l'édification des peuples. Mais pour conferver nôtre foi dans les matie* res décidées, nous avons Tautorité de TEglife. Cela fuffit: Il veut que nous y ioïons foûmis. Il n'y a que lui de qui nous puiflîons recevoir les (ècours néu ceïïàires pour vaincre les tentations. Voilà pourquoi il intercède fans cefle: pour cjnferver en nous nôtre charité* Mais il n'intercède point fans ce(Iè,afiti que les préfbmptueux netombent point dans Terreur en lifani les Ecritures; nous aïant donné une autorité infailli- ble (ur laquelle nous devons nous apu puïer^ celle de TEglife du Dieu vivant, qui eft la colomne & le ferme appui dç Entretien. 205 la vérité, colnmna & firmamentHmveri^ i./jP'^ Â R I s T E. Ce que vous me dites-Ià, Théodore, s'accorde parfaitement avec ridée que vous m'avez donnée de la Providence. Dieu a fes loix générales^ 6c nôtre Médiateur & nôttcf Chef fes règles, qu'il fuit inviolablement, com- me Dieu fes loix, fi l'Ordre immuable qui eft la loi primitive de toutes les in- telligences, ne demande des exceptions. Il eft infiniment plus fimple & plus con- forme à la Raifon, que Jefus-Chrifl: alEfte^fon Eglife pour l'empêcher de tomber dans l'erreur, que chaque par<« ticulier, & principalement que celui 3ui a la témérité de révoquer en doute es matières décidées, & qui parlàac-* cufe le Sauveur ou d'avoir abandonné ion Epoufè y oude n'avoir pu la défen- dre: car un Hérétique ne peut refufer de croire les décidons de TEglife, que fur ce principe, qu'elle enfeigne Ter-, reur, 8c qu'ainfi jefus-Chrift ne peut ou ne veut pas la conduire. Il croit donc que Jefus-Chrift, contre fa jpromeflè, abandonne fà chère Ëpoufe, & paç confèquent tous les Cathpliques plûtoç! ^ue lui. Noi|s avoirs befoin maintenaM d'une autorité infaillible. La Provi« ^ dence y a pourvu; 8c cela d'une maniè- re qui me paroit digne des attributs du vins y & des qualitez de nôtre Sauveur Jefus-Chrift y d'une manière qui répond parfaitement à cette volonté de Dieu^ que tous les hommes foient fauvez ^ 8c qu'ils viennent à la connoiflance de la vérité.
Theodoi^e. Il eft vrai, Arifte* Car TEglife Âpoftolique & Romaine eft vifîble & reconnoiflàble. Elle eft perpétuelle pour tous les tpms, & uni^ vecfelle^ur tous lés lieux ^ du «noins 6ft.ce la Société la plus expode aux yeux de toute la terre, & la plus véné- rable pour Ton antiquité. Toutes les^ ^ Se&es particulières n'ont aucun cara- âere dé vérité > aucune marque de di- vinité. Celles qui paroiflènt maintenant avoir quelque éclat, ont coipmencé loHg-tems après elle. C'eft ce que toi)C le monde fcait^ & ceux^'là mêmes qui fe laidènt éblotiir de ce petit éclat qui ne paflè gueres les bornes de leur païs. Ainfî Dieu a pourvu tous les hommes, autant que Ces loix générales le lui ont permis, d'un moïen facile & feur pour arriver à la conooiflànce de la vérité^ Entretien. 207 Entretien. 207 T H E o T I M B. Je ne comprens pas^ Arifte, fur quel fondement pn peuc dou- ter de rinfaillibilicé de TEglife dejefus.. Chrift. £ft - ce que les Hérétiques ne croient pas qu'elle a été divinement établie, qu'elle eft divinement gouver- née^pour douter qu'elle foit divinement infpiréç? Il faut n'avoir nulle idée de l'Eglife de }efus-Chrjft, il faut la regar- der comme les autres focietez, pour la croire fujette à Terreur dans les déci* fions qu'elle fait pour rinftru£kion de fes entans. Oui, Arifte, il n'y a per- sonne, s'il n'eft étrangement prévenu^ qui ne voie d'abord, que puifque Jefus- Chrift eft le Chef de l'Eglife, qu'il en eft l'Epoux, qu'il en eft le Protedeur, il eft impoflible que les portes de l'enfer prévallent coqtr'elle, & qu'elle enfei- gne Terreur. I^ourvû qu'on ait de Jefus- Chrift Tidée qu'il en faut avoir, on ne peut pas concevoir que fon Eglife de. vienne la maîcreflè de Terreur. Il ne faut point pour cela entrer dans un grand examen: c'eft une vérité qui faute aux yeux des plus (impies & des plus grofllisrs. Dans toutes les focietez il Ëtut une autorité. Tout le monde en eft convaincu. Les Hérétiques mêmes veuF» 2o8 Treizïe'me 2o8 Treizïe'me lent que ceux de leur Stdte (c (bûcnet- tenc aux décidons de leurs Synodes. En eâèc une fociecé (ans autorité c*eft ua moudre à plu(îeurs têtes. Or TEglUç eft une focieté établie divinenieûcpouç conduire les hommes àlaconnoiflUuicc de la vérité. Donc il eft évident que Ibtn autorité doit être inËiillible, afin qu'oci puiflè parvenir où Dieu veut que nous . arrivions tous, fans erre obligez de fuivre la voie perilleufe Se infuflECknte de Texamen, T H E o D G n B. Suppofons mêmes, Arifte, que Jefus-Chrift ne foit ni le Chef ni l'Epoux de rEglife, qu'il ne veille point fur elle, qu il ne foie point au milieu d'elle jufqu'àla.confbmma* tion des fiecles, pour la défendre coiu tre les puiffances de Tenfer: elle n'au- roic plus cette infaillibihcé divine qui eft le fondement inébranlable de nocrç foi. Néanmoins il me partit évident qu'il faut avoir perdu Tefprit, ou être prévenu d'un entêtement prodigieux, pour préférer les opinions des Héréti- ques aux décifions dç fes Conciles, Pre- nfris un exemple. Nous fommes en peine de fcavoir, fi c'eft le Çorpj dç Jera$.Chnft^ ou la figure de fon Corps qiw Entretien. 209 XpA efl: dans f Euchariftie. Nous <;on-> venons tous que les Âpôcces fçavoie'nc bien ce qui en écoic. Nous convenons qu'ils ont enfeigné ce qu'il en lUloic croire dans toutes les Eglifes qu'ils ont fondées. Que fait^on pour éclaircir ce <lont on contefte? On convoque des afleroblées les plus générales que l'on Î>eut. On fait venir dans un même lieii es meilleurs témoins que l'on puiflë avofr de ce que l'on croit dans divers Î>aïs. Les Evêques (cavent bien, (i dans 'Eglife où ils préudent on croit, ou non, que le Corps de Jefus-Chrift (bit dans l'Euchariftie. On leur demande : donc à eux ce qu'ils en peniènt: Ils de* clarent que c'eft un article de leur foi, que le pain eft changé au Corps de Jefus-Cnrift. Ils prononcent anathême contre ceux qui foutiennent le con^ traire. Les Evêques des autres Eglifes, qui n'ont pu fc trouver à Taflemblée, approuvent pofitivement la décifion: ou s'ils n'ont point de commerce avec ceux du Concile, ils fe taifent, & té- moignent aflez par leur (iience qu'ils font dans le même fentiment, autres ment ils ne manqueroient pas de le cotk- damner, car les Grecs n'épargnent pas TqtmIL s aîo Treizie'mï aîo Treizie'mï trop les Latins, Cela étant, je fofitien qhe mêmes dans la fuppoiStioii que Jefus-Chrift ait abandonné Ton Egli((% â faMi avoir renoncé au iêns common^ >otir préférer Topinion de Calvin, ou de Zuingle à celle de cous ces témoins^ qui atteftent un (ait qu'il n'eft pas pof^ nble qu'ils ignorent.
A K I s T E. Cela eft dans la dernière évidence. Mais on vous dira, que ces Evéques qui ne peuvent ignorer ce que Ton croit aâuellement dans leurs Egli- iès (iir le fait de l'Euchariftie, peuvent ne pas fç^voir ce que Ton en croïoit il y a mille ans j & qu'il fe peut £aire que coûtes les Eglifes particulières fuient iniênfiblement tombées dans remenr.
Thbodore. En (uppofant que Jefns- 'Chrift ne gouverne point fon Egliiè ^ je conviens qu'il (è peut faire que toutes .les Eglifes généralement tombent dans l'erreur. Mais qu'elles tombent toutes :dans la même erreur, cela eft norale- ment impoflible. Qu'elles y tombent, £uis que l'Hiftoire ait laiuë des mar- ques éclatantes de leurs conteftations: autre impoffibilité morale. Qu'elles tombent toutes enfin dans une erreur ^{nblable à celle que les Calviaiftes Entretien. au Entretien. au titms attribuent: impoffibilité abfolw. Car qu'eft-ce que TEglife a décidé { Que le corps d'un homme fë trouve en même tems en une infinité de lieux: ,que le corps d'un homme fe trouve dans un aufli petit efpace qu^eft TEu* chariftie: qu'après que le Prêtre a pro* nonce quelques paroles,le pain fe chan- ge au corps de Jefus-Chrift, & le vin en fon fang. Quoi! cette folie, je parlç en Hererique, cette extravagance fera montée dans la tête des Chrétiens de tomes les Eglifes } Il (àut, ce me fem- ble être infenfé pour le foûtenir. Jamais une mên>e erreur n'eft généralement approuvée, fi elle n*eft généralement conforme aux difpofitions de l'efprit. ^ous les peuples ont pu adorer le foleiL pourquoi > Ccft que cet aftre éblouit généralement tous les hommes. Mais fi un peuple infenfé a adoré les fouris^^ un autre aura adoré les chats. Si Jefus. ChriftabandonnoitfonEgliie, toqsles Chrétiens pourroient bien donner peu ^ peu dans Therefie de Calvin fur TEu* chariftie, parce qu'efFeâivement cette erreur ne choque ni la raifon ni les fens. Mais que toutes les Eglifes Chrétiennes (gient entrées dans v^ic opinion qui re« Sjj ail Treizie'më Sjj ail Treizie'më volce i'imaginarion,- qui chôijiie lâf fens, qui étonne la raifon, 8c cela fi infennblexnenc qu'on nes'eafoit poiiit apperçû; encore un coup il fautavok renoncé au fens commun; il £aut n*a« voir nulle connoiflance de Thomme, 8c n*avo'r jamais fait de réflexion fur fêi difi-odtions intérieures, pour le foûte^ nir.
Mais je le veux, Arifte, oue Diea aïant abandonné fon Eglife, il foit po(l fiblé que tous les Chrétiens tombent, dans une même erreur: erreur cho« quante, & tout à fait*contraire aux did pofitions de rtfptit humain. di cela fails mêmes qu'on s'en apperçoive. Je pretens encore, nonobftant cette fup* Î>o(ition, qu'on ne peut refufer de Ce bûmettre aux décidons de l'Egli/è fans une prévention ridicule. Selon la fap* - pofitien, il efl: poflible que l'Eglife (ê trompe. Iltftvrai. Mais fans rien iup* po(èr, il peut arriver bien plus natui Tellement qu'un paniculrer tombe dans Terreur. Il ne s'agit pas d'une vérité qui dépende de quelques principes de Mé-i taphyfique ^ mais d'un fait, de ce que, parexemple,Jefus-Chiift a voulu dire. par ces patoks^ Cw^fimon Corps ^ ce Entretien. 213 on ne peut mieux fçavoir que par le loignage de ceux qui ont fuccedé : Apôtres: Ce que le Concile a décidé contraire a ce qu'on a crû autrefois, t bien. C'eft donc que tous les Evé« fs enfemble ne fçavoient pas la tta** on au(fi*bien que Calvin. Mais où t les Auteurs anciens qui difent aux pies, comme ils y éccient oUîgez: nez garde: ces paroles, Cède fi mon fs, ne veulent pas dire que c'eft le rpsdeJefus-Chrift, mais feulement igure de Ton Corps? Pourquoi 'les nrment-ils dans la penfée que ces oies fi claires font naître naturelle- nt dans l'efprîc; & fi naturellement^ quoique rien ne paroiflè plus in« [able que le fens qu'elles renfer- Ht, toutes les Eglifès fè font crues igées de le recevoir. Comme une nne chofe peut être à divers égards 8c ire & réalité, j'avoue qu'il y a des es qui ont parlé de TEuchariftie îme d'une figure. Car efièéU vemenc aaifice de la Mefle figure ou repré« :e celui de la croix. Mais ils ne de^ mt pas Te contenter d'appuïer fiir la re, ils dévoient re jetter avec foin :ali(é. Cependant on remarque touc 1Î4 Tkeizie^mb 1Î4 Tkeizie^mb le contraire. Ils ont peur que nôtre jEpi ne chancelle fur la difficulté qu'il y aà croire la réalité, & ils nous raflurent fou vent par Tautorité de Jefus-Chrift, & par la connoiflance que nous avoQS de la puiflance divine.
Que (i on fe retranche à dire, que la décmon du Concile eft contraire à la taifon & au bon fens, je foû tiens en« core que plus elle paroit choquer h raifon & le bon fens, plus il eft certain qu'elle eft conforme a la vérité. Car enfin eft-ce que les hommes des fiêcles pafTez n'étoient pas faits comme ceux d'aujourd'hui? Notre imagination fe révolte, lorfqu'on nous dit que le Corps ^e Jefus-Chrift eft en même tems dans le Ciel Se fur nos Autels. Mais fetietu fement penfe-t'on qu'il y ait eu un fié- de où les hommes ne fuflènt point frap- pez d'une penfèe fi effiaïante } Cepcfv dant on a crû dans toutes les Eglifès Chrétiennes ce terrible myftere. Le fiait eft conftant par le témoignage de ceux ^ui peuvent mieux le fçavoir, je veux dire > par les fufirages des Evêques. C'eft donc que les hommes ont été inftmits par une autodcé fiiperieure, far «ne autorité qu'ils ont crue inÊôlr?
Entretien. tij Entretien. tij lible y 8c que l'on voie d^abord fans atv cun examen être infaillible, lorfqu'on a de Jefus-Chrift & de fon Eglife Tidép qu'il en &uc avoir. Ainfî qu'on fuppofè tout ce qu'on voudra, il n*y a pas ^ balancer lur ce qu'on doit croire, lors- qu'on voit d'un cocé la déclHon d'un -Coqcile, & de l'autre les dogmes d'un particulier, ou d'une alTemblée parti- culière que l'Eglife n'approuve pas.
- que ceux qui ôcenc à TEglife de Jefus- Cbrift l'infaillibilité qui lui eft eflèn- cielle, ne fe délivrent pas pour cela dg l'obligation de k foumettre à Tes déci» ' fions. Pour en erre francs & quittes de cette obligation, il &ut au'ils renon- cent au fens commun. Néanmoins on remarque fi fouvenc, que les opinions .les plus communes ne font pas les plus véritables, qu'on eft aflèz porté à croire, .que ce qu'avance un fçavant homme . eu, bien plus feur, que ce qu'on entend • dire à tout le monde.
Théodore. Vous touchez, Arifte, . une des principales caufes de la préven* tion Se de P6pini&treté des Hérétiques. Us ne diftinguent point aflez entre J^ ni Tïieizie'më dogmes de la foi, âc les véritez qaerbti: ne peut découvrir que par le travail de ratcention. Tout ce qui dépend d'un principe abftraic n'étant point à la pof" tée de tout le monde, le bon (èns veut qu'on fe défie de ce qu'en penfe la mul- titude. Il eft infiniment plus vrai»£bm- blabie, qu'un feul homme qui fi^w^ plique ferieufement à la recherche delà vérité, l'ait rencontrée ^ qu'un million d'autres qui n'y penfent feulement ùas. Il eft donc vrai ^ & on le remarque fini- vent y que les fentimens les plus com* muns ne font pas les plus véritables. Mais en matière de foi y c'eft tout le le contraire. Plus il y a de témoins qui atteftent un fait, plus ce &it a dexerri- tude. Les dogmes de la Religion ne s'apprennent point par la fpecularion: c'eft par l'autorité, par le témoignage de ceux qui confervent le dépôt facré de la tradition. Ce que tout le monde croit, ce que Ton a toujours crû, c'eft ce qu'il faudra croire éternellement» Car en matière de foi, de véritez révé- lées, de dogtnes décidez, les fenti- mens communs font les véritables. Mais le défit de fe diftinguer fait qu'on révoque «n doute ce que tout le monde croit.
croit.
Entretien. ny croît, & qu'on aflure pour indubitable ce qui paûè ordinairemenc pour fortin* certain. L*amour propre n'eft pas fatiC £iit, quand on n'excelle point au deilus des autres, Se qu'on ne fçait que ce que perfonne n'ignore. Au lieu de bâtir Ib- lidement fur les fondemens de la foi ^ Se ^de s'élever par rhumilité à l'intelligence des véritez fublirnes où elle conduit: ai^ lieu de mériter par là, & devant Dieu 8c devant les perfonnes équitables #une véritable & folide gloire, on fe fait un plaifir malin, & un fujegle vanité» d'ébranler ces fendemens facrez, & on iè va fi:oi({èr imprudemment fur cette pierre terrible qui écrafèra tous ceux qui auront l'infolence de la heurter. A R 1 s T E. En voilà, Théodore, plus qu'il ne m'en faut pour interroger mes fens, & pour les conduire où je le fou^ aitte depuis long-tems. Si l'Églifeeft divinement gouvernée y il faut bien qu'elle foit divinement infpirée. Si Jefus-Chrift en eft le Chef, elle ne peut pas devet^ir la maîtreflè de l'erreur» Dieu voulant que tous les hommes Tiennent à la connoiflTance de la vérité^ il n'a pas dû laiflèr à la difcuf&on de VcÇpw huipain h voïç qui y conduit» Tome IL T ii8 Treizie'më n faut que fa Providence ait trouvé QA inoïen leur & fecile pour les (implea^* aufli - bien que pour les f^avans. Les» révélations particulières faites à ^toos ceux qui li(f nt l'Ecriture, ne s'accom* modem nuUennent avec l'idée que nous devons avoir de la Providence divine.
L'expérience nous apprend que chacun ' Fexplique ièlon Tes préjugez. Enfin dans la fuppoiition nienies que Jefus* Chrift ne gouverne point Ton Eglife, on ne peut, fans une prévention con^.
tiaire au bon fens, préférer à la décilion d'un Concile les opinions particu^ Ueres à quelque Seâe que ce foit. Touc cela, Théodore, me paroît évident. Je xie crains plus que l'entêtement dans mes amis ^ & je ne cherche plus que de bons moïens pour dédommager leur amour propre. Car j'appréhende fort 4e n'avoir pas les manières propres à les dégager des engagemens de toutes ibrtes oé je les trouverai peut-être.
T H c G fi oit E. Vous avez, Arifte^ tout ce qu'il vous faut pour cela.C0u-y rage, Vous ne fçavez que trop com« tnentPhomnae fe manie, te qui le ca«i bre^^ & éé qui le faitcounr. Il fauceC perer cjuelsi^a^ifQn^pra ce tpà ppur^ Entretien. mgf toil les airêier, j'entens ces liens fe- ccets qae vous ne pouvez délàire. Dtni lé tems que vous pacteiez à lenrs oreil- les, peut-être que Dieu pat fa borfté leur ouvciift l'efprit Ôt l«uc tottcb«a!•• ffSUt.
Tij XIV. ENTRETIEN.
Cofitinitation du mêtnefuj^f. Vinampréyi h$nfibilitc de nos myficres efi uneprenvô certaine deleHrvénti. Manière a éclair- cir les dogmes de lafai. De P Incarnation deJefuS'Chrifi. Pr4five de fa Divinité contre les Sociniens. Nulle oréatnre, Us ^nges mêmes ne peuvent adorer Dict$ gue par lui. Comnknt la foi en Jefrn^ Chrifi nçHS rend agréables à Dieu, I. A R ï s T E. Ah, Théodore! JlV Comment pourrai- je vous ou« vrir mon ccsui? Comment vous ex*. primer ma joie? Comment vous faire lentir Técat heureux où vous m*ave:| mis ^ Je re({èmble maintenant à un Jiomme échapé du naufrage, ou qui trouve tout calme après la tempçte. Je ine fuis fenti fouvçnt agité par des mou. yemens dangereux à la vue de nos in<« compréhenhbles myfteres. Leur pro- fondeur m'efFraïoit, leur obfcurité me Entretien^ ait ^ic à la force de raucorité, ce«n'étoil pas (ans peine de la parc de refprit. Cat comme vous fçavez, l'efpric apprêt hende naturellement datis les cénébrea» Mais maintenant ye trouve qu'en moi tout eft d'accord: Tefprit fuit le coeur. Que dis^je! Tefprit conduit, l'efpric tranfporte le cœur. Car plus nos my« fteres font obfcurs ^ quel paradoxe! ils me paroiflfcni! aujourd'hui d'autant plus croïables. Oiii, Théodore ^ je trouve dans robfcuricé même de nos myfttfres^ reçus comme ils font aujourd'hui de tant de nations différentes, une prélè- ve invincible de leur vérité.
CommèAt, par exemple, accorder l'unité avec la Trinité, une focieté de . troi Aerfonnes difftrentes dans la fim*- ^licite parfaite de la nature divine? Cela eft incomprchenfible'affarément, mais cela n'eft pas incroïable. Cela nous paflè: il eft vrai. Mais un peu de bon fens, & nous le croirons, dut moins il nous voulons être de la Religion des Apôtres. Car enfin fuppofé qu'ils n'aient point connu cet ineffable my^ ftere, ou qu'ils ne l'aient point enfei- gné à leurs (ticceflèurs ^ je foûtienit qu'Un eft paspoiEUe qu'un fentimem Tiij ^ ftii Qj3 atokzie'mf f\ exttaordinaire ait pu trouver dans lés cfptits ccue créance univerfelle qa*on Itti donne dans tonte TEgUiê, 6c panni tant de diverfes nations. Pins cet ado> rable myftcre paroit monftmeux y fois^ fircz cette expreflion des ennemis de fai fci, plus il choque la raifon humaine, •plus il fouleve l'imagination y plus il tk lobrcur, incompréhmfible ^ inîpénetrar l>le; moins eft-il crotable t^'il fefoil infiniié naturellement dans refpric de- ;daifiB le cœur de tous les Catholiques de tant de païs fi éloignes. Je le comprens:^ Théodore: jamaisles mêmes erreuxs ni fe répandent univerfellement par tom) principalement ces {brtes d*erreurs,qui xevoltent étrangement l'imagination^ <|ui n'ont rien de fenfible, 6c qt^fem* èlent contredire les notions les ping «fimples & les plus communes.
Si Jefus'Chrift ne veilloit ppint for fon Eglife, le nombre des Ùnitairei iorpafleroit bien-tôt celui des vrais Cap ftholiques. le comprens cela. Car il n'y « rien dans les icntimens de œs Hf reti* xpies qui n'entre naturellement dans l'eiprit. Je conçois bien que des opi« nions proportionnées à notre inteili. .gence pcuTcnt s'établir a^c k tcsnSi Entretien. 213 Entretien. 213 Je conçois mêmes que les fencimens ks pias bizarres peuvetu dominer parmi certains peuples d'un cour d'imaginâu tioii tout fingulier. Mais qu'une vérité euffi fublime y au0î éloignée des fèns, auffi oppofée à la rai(bn humaine, auifî contraire en un mot à toute la nature qu'eft ce grand myftere de nôtre foi ^ qu'une vérité, dis-jç, de ce caractère Ce fviSè: répandre univerfellement, 8c triompher dans cooces les nations oà le; Apôtres ont prêché l'Evangile, fur tout ëans la fuppofition que ces premiers Prédicateurs de nôtre foi n'euflent rien fçu Se rien dit de ce myftere, c*eft aflo* lement ce qui ne fe pe^t concevoir^ four peu de connpii]^nce qu'on ait de iefprit humain.
Qu'il y ait eu des Hérétiques qui (e fbient oppofez à un dogme (i releyé, je n'en fuis nullement furpris. Je le (èrois écrangement,fi jamais pierfbnne ne l'eâc combatu. Peu s'en eft fallu que cette vérké n'ait été opprimée. Cela peut €tre. On fe fera toujours un mérite d'attaquer ce qui femble bleflèr la Rai- fbn. Mais qu'enfin le myftere de la Tri*- mté ait prévalu, qu'il Ce foit établi par ^ut où la BLeligicxi de Jefus-Chrift eft Tuij ?, Tuij ?, 114 QU A TORZtt^ME reçue, fans <fx*i\ ait été connu ôc ehS feigne par les Apôtres y fans une auto« rite & une force divine, il ne faut y ce nie femble, qu'un peu de bon (èns pont reconnokre que rien n*cft moins vrai- femblable. Car il n^eft pas mêmes vrsû- (èmblable, qu'un dogme fi divin, (i au deflus delà raifon, (1 éloigné de tout ce ûi peut frapper l'imagination 6c les éns, puiflè venir naturellenàenc dan$ fefprit de qui que ce foit.
II. THBOBaRi, Aflurémenc; Arifte, vous devez avoir Tefprit fort en repos y puifque vous fçavez nvaintenanc tirer ta lumière des ténèbres mêmes, & tourner en preuve évidente de nos myfteres Tobfcurîié impénétrable 'qui les environne. Que les Socimens blaf- >hêment contre nôtre fainte Religion; qu'ils la tournent en ridicule: leurs blaf- phêmes & ce ridicule, dont ils préten- dent la couvrir, vous en infpirent du refpeft. Ce qui ébranle les autres ne peut que vous aflFermir: Comment ne ouiriez-vous pas d'une paix profonde? Car enfin ce qui peut faire naître en nous quelque fraïeur & quelque trou- ble, ce ne font pas ces véritez plaufibles que tout le monde croit fans peine:c'el)p Entretien. iif Entretien. iif '[>rofondei]r & l'impénétrabilité de •s myfteres. Je comprens donc que us voilà dans un grand calme. Jbiiif- uen, mon cher Arifte. Mais, je vous ie, ne jugeons pas de TEglife de Je* >.Chri(i comme des (bcietez pure* nt humaines. Elle a un Chef qui ne rmetcra jamais qu'elle devienne la licreflè de Terreur. Son infaillibilité appuïée fur la Divinité de celui qui conduit. Il ne faut pas juger unique* ;nt par les règles du bon fèns, que s & tels de nos myfteres ne peuvent e des inventions de Tefprit humain. 3US avons une autorité décifive, une ïe encore & plus courte & plus feure e cette efpece d'examen. Suivons mblement cetce voie, pour honorer r nôtre confiance & nôtre foâmiffîon pui (lance, la vigilance, la bonté, 8C autres qualitez du fouverain Pafteur nos âmes. Car c^eft en quelque ma^ îre blafphemer contre la Divinité de fus-Chrift, ou du moins contre fà aricé pour fon Epoufe, que de vou* r abiolument d'autres preuves des ritez néceflaires à nôtre falut, que' les qui fe tirent de l'autorité de TE* ife.
Si vous croïez, Arifte, tel article iâ f)4cre foi, parce que vous reconnoiC &z «lairement par l'examen qoe^vous en faites, qu'il eft de tradition Apofto* lique, vous honorex par v6cre foi U Mi(fion & rApoftolatde Jefus-Chrift» Car vôcre (bi exprime ce jugement que vous faites y que Dieu a envoie Jefus* Chrift au monde pour l'inftruire de la vérité. Mais fi vous ne croïez que pat cette raifon, (ans égard à Tautorité in^^ faillible de l'Egli(ê, vous n'honorez pai la fageflè & ia généralité de la Provi. dence, qui fournit aux fimples & aux îgnorans un moïen fort Ceux & fort naturel de s'inftruire des véritez tiiçcù dûtes au falut. Vous n'honores pas U Îuidance ^ ou du moins ia vigilance de efus'Chrift fur Ton Eglife. Il femble que vous le foupçonniez de vouloir Ta^ bandonner à l'efprit d'erreur. De forte que U foi de ceux qui fe foûmçttent humblement à l'autorité de TEglife ^ irend beaucoup plus d'honneur à Dieu & à Jefus^Chrift que la vôtre, puiCi qu'elle exprime plus éxaâement les at« tributs divins, & les qualitez de nôtre Médiateur. Ajoutez à cela, qu'elle (e rapporte par&itement avec le jugement Entretien. 117 Entretien. 117 tpt ncas devons former de la feibleâb ic de la limication de nôtre efprit i Se me (i d'an côté elle exprime nôtre con* fiance en Dieu Se en la charité de Jefus* Cbrift, elle marque clairement de l'au- tre, que nous avons de nous-mêmes une jufte 8c falntaire défiance. Atnfi vous voie» bien que la foi de celui qui fe foumct à l'autorité de TEglife eft fort agréable à Diou: puirque oe quelque coté qu'on la confidere^dle exprime les agemens qne. Dieu veut que nous por» cions de Tes propres attributs, des qua* litez de Jefus-Chrift,& de la limita- tion de Tefprit humain.
III. Souvenez - vous néanmoins j Arifte y que la foi humble & foûmile ;ile ceux qui (è rendent à l'autorité n'eft ni aveugle ni indifcrete: Elle eft fon« déeenraifbn. A durement Tinfaillibili* té eft renfermée dans l'idée d'une Reli« gion divine y d'une focieté qui a pour Chef une nature fubfiftante dans la Sa« geflè étemelle, d'une focieté établie K>ur le falut des fimples & des igno* xans. Le bon (èns veut qu'on croïe l'E^- gli(ê infaillible. Il faut donc Ce rendre aveuglément à fon autorité. Maisc'eft M Raifim fait voir qu'il n'y a nv\ danger de s'y foûmectre; & que lé Chrétien qui re^fè de le faire, démem par Ton refus le jugement qu'il doit porter des qualités de Jefus-Cbrift.
Nôtre foi eft par&itement raifonna'i^ ble dans Ton principe. Elle ne doit point (on établi({èment aux préjugez, mais à la droite raifon. Car Jeuis-Chrifl a >roitvé d'une ma^niere invincible fà mifl ion & Tes qualitez. Sa refucréâion clorieufe eft tellement acteftée, qu'il fout renoneer au fens commun pour h révoquer en doute. Maintenant la vé^ rite ne fe fait prefque plus refpeâer mt Teclat 8c la majefté des miracles. C eft qu'elle eft foûtenuc de l'autoriré dejc- ius'Chrift^, qu'on reconnoît pour in- faillible, ^ qui a promisfon affiftance toiite-puïflànte, & fa vigilance pleine de tendrellè, à la divine focieté dont ii eft le Chef. Que la foi de TEglife fdît combatuc par les diverfes hereHes des Seâes particulières, il faut que celaar- rive pour manifbfter la fîdelîcé des gens de bien. Le vaiflèau où repofè Jefii9« Chrift peut être battu de latempefte", mais il ne court aucun danger.. C'efk manquer de foi que d'appréhender l'o-- rage, il faut que les vents grondent^ A( que la mer enfle Tes flots, avant que de rendre le calme. On ne peut (ans cela faire fèntir le pouvoir qu'on a de leui? commander. Mais fi le Seignei^ per» met que les puiflànces de Tenfer...Theotime. Souflirez, Théodore, que je vou$ interrompe. Vous fçavès que nous n'avons plus à palier avec vous que le refte de la journée. N'en voilà que trop fur rinfaillibiliié de TE* glife. Ârifte en eft convainc Dpnnez- nous, je vous prie y ^quelques principes qui puiflènt nous ciyiduire à l'intelli. gence des véritez que nous croïons, ui puiflènc augmenter en nous le pro-? nd re(peâ que nous devons avoic pour la Religion & pour la Morale Chrétienne: ou bien donnez-nous quel* que idée de la méthode dont vous vous ftrvez dans une nwitiere fi fiiblime.
IV. Théodore. 3e n*ai point pour cela de méthode particulière. Je rie juge des chofes que lur les idées qui les repréfentent dépendamment de$ faits qui me fi:>nt connus: Voila toute Bia meihode.Les principes de mes con« noi (lances fe trouvent tous dans mes idées, Se les règles de ma conduite pa;;* {apport à la I^Ugiott ^ dans les séjUsi t 130 Qy ATauriE-ME de la foi. Toute ma œctbode le redoii à une attention ferieufc à ce qui m'é- claire & à ce qui me conduit.
A R 1 sT E. Je ne fçai 6 Theoinne conçoit ce que vous nous dites. Maif. pour moi je n'y comprens tîeii. Cela eSk trop général., Thbodori. Je croî que TJifo^ time m*entend bien. Mais il faut s*cx« pliquer davantaee. Je diftingue to4U jours avecAin les dogmes de hfoi^ des preuves & des explications qo'oiteii peut donner. Poulies dogmes ^ je \» cherche dans la tradition ^ & dam!•• confentement de l'Eglife univericll^ j, & je les trouve mieux marque* dans k» définitions des Conciles que par lOK ailleurs. Je pen(è que vous en desDM* fez d'accord, puifque TEglifè étaor UK £iillibie, il faut $*cn tenir à ce qii'eUi a déddé.
Aristi. Mais ne les chercher vous pas auffi dans les Saintes £^ tures } THBopoRE.Je croi ^ Atifte» que le plus leur & le plus court eft ds les chercher dans les Saintes Ecritures » nais expliquées par la tradition^jç veux " Entretien. i ji Téçûs généralement par cout,expliquées par le mécne efprit qui les a diâées. Je Içai bien que l'Ecriture eft un Livre divin, ic la règle de nôtre foi. Mais e ne la fepare pas de la tradition^ parce que je ne doute pas que les Conciles ne l'interprètent mieux que moi. Prcnea^ équitabtement ce que je vous dis» Les Conciles ne rejettent pas rEcriture. Ils la reçoivent avec refpeâ; & par ceU Blêmes ils ramorifent par rapport aux Fidèles, qui pourroient bien la coiw fondre avec des Livres apocryphes» Mais outre cela ils nous apprennent plufieurs véritex que les Apôtres ont confiées à TEglife » 8c que Ton a com« lMtt|pS)lerquelles vérités ne Ce trouvent pas ncilemcnc dans les Ecritures Cano» oiques, car combien d'HerStiques y Clottvent tout le coottaire î En un mot, Arifte^ je tâche de bien m'aflurer des clogmes, fur lefqucls je veux méditer pour en avoir quelque intelligence. ïx alors je fais de mon efprit le mi^me u(à^^ re que font ceux qui étudient la Pbyt ique. Je confulte, avec tome Tatten-^ xioQ dont je fuis capable » l*idée auc j'ai de mon fujet, teUe que }a foi me la pro« pofe. |e ccmoote toâîQurf à ce <}ui tni J3i Qu ator^ie'me