SigPhi · Nicolas Malebranche

Entretiens sur la métaphysique, sur la religion et sur la mort

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Entretien. i8j ets fenfibles les fencimens que nous en avons. Or il y a en nous pludeurs fen* timens que nous n*y rapportons point* Tel eft le fentiment de la joïe, de la trifteflè, de la haine ^ en un mot tous ks fentimens qui accompagnent les mouvemens de Tame. La couleur n'eft point dans l'objet^la douleur n'eft point dans mon corps, la chaleur n'eft ni dans k feu y ni dans mon corps où ces fen- timens fe rapportent. Nos fens exte- rieurs font de faux témoins.. D'accord. Mais les fentimens qui accompagnent l'amour & la haine, la joïe & la tri. fteflè, ne fe rapportent point aux ob- jets de ces pâmons. On les fent dans l'ame, & ils y font. Voilà donc de bons témoins, car ils difent vrai.

A & I s T B. Oui y Théodore, ils di- fent vrai, & les autres fentimens auili. Car ^uand je (èns de la douleur, il eft vrai que je la fens \ il eft vrai mêmes en un fens que je la fouffire par l'aâion de ^obje^même qui me touche. Voilà de grandes véritez! Quoi donc y eft-ce que les fentimens de l'amour, de la haine & des autres pafllons ne.fe rap« Krtent point aux objets qui en font ccaiioo? £ft-ce qu'elles ne répandent ^< 184 ClKQ^IE^E i>as leur malignité fur eux, & ne noasr es cepréfencenc pas coût autres qu'ils ne (but en eifec? Pour moi, quand j'ai de Taverfion contre quelqu'un, ye me fèns difpofé à interpréter malignement tout ce qu'il £iit. Ses aâions innocen* tes me paroiflènt criminelles. Je veux avoir de bonnes raifbns de le haïr & de le méprifer. Car toutes mes paffions k veulent juftifîer aux dépens de qui il appartiendra* Si mes yeux répandent les couleurs fur la furrace des corps, mon cœur répand auffi ^ autant que cela fe peut, fes difpofitions intérieu- res, ou certaines fauÔès couleurs fur les objets de Tes paffions. Je ne fçai point, Théodore, fi les paffions font en vous l'efl^t qu'elles font en moi; mais je puis vous aflurerque je crains encore plus de les écouter & de les fuivre, que de me rendre aux illufions {buvdit in« nocentes & officieufts de mes fens.

X I. T H £ o D o RE. Je ne vous dis pas » Arifte, qu'il faille fe rendre aux jnfpirations fecrettes de fes paffions: 0c je fuis bien-aife de voir que vous vous appercevez de leur pouvoir & de leur malignité. Mais demeurez d'ac« ÇQti qu'eUei nous apprcnocnt certain nés Entretien. xSj ncs véritez* Car enfin c^efl; une vérité, 3 lie j'ai maintenant beaucoup de joie e vous entendre. Il eft cres-vrai que le plaifir que je fens aétuellementeft plus grand que cehiî que j'avois dans no»en« ijetiens préciedens. Je connois donc la Jlêrence de ces deux plaides. £c je ne la Gonnois point ailleurs que par le kn* ciment que j'en ai, que dans les moda-^ lit^x dont mon ame eft couchée: mo^ dalitçxqai ne (ont donc point C\ téné- breufes y qu'elles ne m'apprennent une Ycrité coudante.

■ A n I ^T £. Dites, Théodore y que vous (entez cette différence de vos mo- dalités de de vos plaiiks. Mais ne dites pas y s*il vous plaît, que vous la con-* noiâèz. Dieu la connoîc j & ne la fenc f»as* Mais pour vous, vous la fentez ans la çonnoîcre. Si vous aviez une idée claire de votre ame, fi vous en voyiez Tarchetype, alors vous connoîc criez ce que voi^s ne faites que fentir: alors vous pourriez connoître éxaâe- ment la dif&rence des divers fencimens de joïe que vô<re bonté pour moi ex- cite dans vôtre cœur. Mais apurement vous ne la connoifTez pas. Comparez, Jkeodore ^ le featiment de joie dont Tom L Q^ i8tf Cinqmljie'me i8tf Cinqmljie'me vous êtes touché maintenant, avec ce^ lui de l'autre jour | & dites-m'en pré- cifément le rapport: & alors je croirai que vos modalitez vous (ont connues. Car on ne connoit les chofes que lori^ qu'on fçait le rapport qu'elles ont a^ tr'elles. Vous (çavez qu'un plaifir^ plus grand qu'un autre. Mais de coni« bien l'eft-il } On fçait que le quatre in- fcrit dans le cercle eft plus petit que le cercle* Mais on ne (çait point pour ce-. la la quadrature du cercle, parce qu'on ne connoît pas le rapport du cercle au quarré. On peut en approcher à l'infi- ni, & voir évidemment que la différen- ce du cercle à telle autre figure fera plus petite que telle grandeur donnée. Mais remarquez que c'eft parce qu'on a une idée claire de l'étendue* Car la difficul- té qu'il y a de découvrir le rapport da cercle au quané y ne vient que de la pe- titeflè de nôtre efprit; au lieu que c'eft l'oblcurité de nos fentimens, & les té-' nébres de qos modalitez, qui rendent impoffible la découverte de leurs rap- ports. Fuifions-nous d'aufE grands ge. nies que les intelligences les plus fubli. mes y il me paroSt évident que nous ne pourrons jamjû^ découvrir les rapports Entretien- ij^j Entretien- ij^j de nos modalicez, fi Dieu ne noas en manifefte l'archétype fur lequel il nous a formez. Car vous m'avez convaincu qu'on ne peut connoître les êtres Se leurs proprietez, que parles idées éter- nelles^ immuables Se nécetlaires qui les repréfenteift. • X 1 1. T H fto D o a E, Cela eft fort bien, Ariftc. Nos fcns & nos paflîons fie peuvent nous éclairer. Mais que di* rez vous de nôtre imagination B Elle forme des images fi claires & fi diffin* des des figures de la Géométrie, que vous ne pouvez nier que c'eft par leur mpïen que nous apprenons cette fcien* ce.

A R^ T B. Croïez-vous, Théodore; que faïe déjà oublié ce que vous venez cle me dire, ou que |e ne Taie pas com- pris } Uévidence qui accompagne les raifonnemens des Géomètres, la clarté des lignes Se des figures que forme 1^- magination, vient uniquement de nos idées, & nullement de nos modalitez, nullement des traces confofès que laide après lui le cours des efprits animaux. Quand f imagine une figure, quand je bâtis dans mon efprit un édifice, je tra- .vaille for on fonds qui ne m'appartient QJi l68 ClNQ^IE'fflE point. Car c'eft de Tidée claire de Téceiw due, c'eft de l'archétype des corps qoe )e tire tous les matériaux intelligibles qui me repréfentent mon de(Ièin.y.touc refpace (}ae me donne mon terrain. C'efi: de cette idée ^ que me fournit la Raifon, que je forme dans mon efpcic le corps de mon ouvrage ^& c'eft for les idées de Tégalité & des proportions que )e le travaille & que je le régie ^ rapport tant tout à l'unité arbitraire, qui doit être la commune mefore de toutes les parties qui le compbfènt, oadu moins de toutes les parties qui peuvent être cnvifagées du même pointa & dans le même tems. C'eft aflurément for des idées intelligibles que nous ré||^ns ce cours, des eiprits qui trace ces images ou ces figures de nâtre imagination. Et tout ce qu'elles ont de lumière & d'évi^ dence ces figures ^ cela ne procède nuU lement du fontiment confus qui nous appartient > mais de la réalité intelligi. bte qui appartient à la Raifon. Cela ne vient point de la modalité qui nous eft.

Êropre & particulière; c'eft un éclat de t fobftance lumineufe de nôtre Maître commun» Je ae puis ^ Théodore ^ imaginer nn Entretien. 18^5» quarré, par exemple » que je ne te cotw coive en même tems. Et il me paro$k évident que l'image de ce qaarré que je me ferme n'eft exaâe Se régulière, qu'autant qu'elle répond jufte à Tidée intelligible que ^'ai du quarré-, c'eft.à^ dire, dW efpace terminé par quatre lignes éicaârement drokes, entièrement égales, de qui étant jointcs^ par toutes leurs extrémitez, faflènt leurs angles parfidtement droits. Or e^eft d*un tel iauarré dont je fiiis feur que le qparré nit fur la dk^gonale eft double de celui qui eft (ait fur un de ks cotezv C'eft d'un tel quarré dont je fuis feur qu'il n^ a point de commune mefure enue la diagonale & les cotez. En un mov, c'eft d'un tel quarré dont on peut dé« couvrir les propriétés, Se les démon- trer aux autres» Mais on ne peut rien connokre dans cette image confufe Se srréguliere oue trace dans le cerveau^ le cours des. e(prits. Il faut dire la même chofe de toutes Les autres figures.^ Ainfi les Géomètres ne tirent point leurs connoilEinces des images confu&s de leur imagination, mais uniquement des idées claires de la Raifen. Ces images ^oflietes peuvent- biea foûtenir leus t90 Cinqjjie'me t90 Cinqjjie'me attention, en donnant, pour aind Jire^ du corps à leurs idées: mais ce font ces idées y où ils trouvent prife, qui les éclairent, & qui les convainquent de la vérité de leur (cience. * XIII. Voulez. vous, Théodore, que ie m'arrête encore à vous repréfènter les illufions Se les phantômes d'une ima- gination révoltée contre la Raifon, foû- tenuc & animée par les paffions: ces S phantômes care(!kns qui nous fédut- ent y ces phantômes terribles qui nous font peur, ces monftres de toutes ma. nieres qui naidènt de notre trouble, qui croiflènt & (è multiplient en un mo« ment? Pures chimères dans le fonds: mais chimères dont nôtre efprit fe re« }>aît & s'occupe avec le dernier empre^- èment. Car nôtre imagination trouve bien plus de réalité dans les fpeâres à qui elle donne la naiifance, que dans . les idées néceflàires & immuables de la Vérité éternelle. Ceft qu'ils la frappent ces fpeâres dangereux, & que ces idées ne la touchent pas. De quel ufage peut être une faculté iî déréglée, une folle qui fe plaît à faire la folle, une volage qu'on a tant de peine à fixer, une info- leme qui ne craint point de tiou$ intei*- Entretien. 191 Entretien. 191 rompre dans nos plus férieux commer- ces avec la Raiion } Je vous avoue néanmoins qae notre imagination peut nous rendre refpcic attentif. Car elle a tant de charmes & d'empire fur lui, qu'elle le fiiit penièr volontiers à ce qui la couche. Mais outre qu'elle ne peut avoir de rapport qu'aux idées qui repré- (entent les corps ^ elle eft fi fu jette à l'illufion & fi emportée, que fi on ne la gourmande fans cefle, fi on ne régie (es mouvemens & fcs faillies, elle vous tranfporte en un inftant dans k païs des chimères.

Theodorx. N'en voilà que * trop, Arifte. Par tout et que vous ve« nez de me dire, 6c qui me remplit d'é« tonnement & de foie, je voi bien que TOUS avez faifi le principe, 6c pénétré fort avant dans les coniequences qu'il renferme. Je voi bien que vous com- prenez fumfàmment qu'il n'y a que la Rai(bn qui nous éclaire par tes idées intelligibles qu'elle renferme dans fa fubftance toute lumineufe, & que vous fçavez parfaitement diftinguer fes idées claires, de nos ténébreufes 6c obfcures modalitez. Mais prenez.y garde, les principes abftr^ts ^ les idées pores s'é.

chapent de Pefbric, dés qu'on négligé de les concempfef, & qu ons'airêce aua fenfibles. Aintî fe vous confeiUe de mé- diter fouvenc fur cette matière, afin de la pofTeder fi parfititeraent, & de vous en rendre fi £inÂliers les principes 8c les confequences, que vous ne preniez jamais par mégarde la vivacité de vos fentimens pour l'évidence de la vérité» Car il ne fiiffic pas d'avoir bie» com^ pris qtie le principe général de nos pré^ jugez y c'eft que nous ne diftinguons pas entre connortre icftntir, Sc qu'au lieu de juger dès chofes par les idées qui les ré* * préfentent, nous en jugeons par Xcsfen^ tirnens que nous en avons. Il £iut nous affermir dans cette vérité fi>ndamen« taie en l'appliquant àfes confequences. Tous les principes de pratique ne i^ comprennent parfaitement que par l'u- iâge qu'on en faitv Tâchez donc peu: de continuelles & fërieufes réflexions, d'acquérir une tbrte & heureufe habi'^ tude.de vous mettre en garde contre les fiirpriCes &^ les infpirations fecrettes de vos fau(res.& trompeufes modalitez. Il n'y a point de travail plus digne d'au Philolophe. Car fi nous diftinguon» biealesréponiès de la Vérité intérieure^ de de de ce /que nous nous difons à noùs-tnê- mes*; ce qui parc immédiatement de la Raifon, de ce qui vient jufqu'à nous par le corps*, ou à Toccafion du corps; ce qui eft immtiable, étemel, nécef- fûitc j de ce dui change àtous momens; en un* mot Tevidence de la lumière d'à- nrec la vivacité de Tinftinft, il n'eft pref- que pas pbfïïble que nous tombions dans Terreur.

A R I s T B. Je comprens bien tout ce que 'vous me dites. Et j*ai trouvé tant de fatisfadtion dans les réflexions qUi'ai déjà faites fur cette matière, que vous ne devex pas appréhender que je n'y penfe plus. Paflbns à autre cho- fe, fi vous le jugez à propos. . T H E o D G R E. Il eft bien tard, Arifte,.pour nous engager préfente- ment dans une courfe un peu longue/ Mais demain de quel côté voulez-vous que nous tournions > Je vous prie d*y penfer & de me le dire, . A R I s T E. C'eft à vous à me con- duîre^ vous à choifir. Il ne vous doit point être indiffèrent de quel côté je vous mené.

Eft-'Ce que je ne puis pas vous tromper > , Tome L R Ne puis-je pas vous conduire où vont ne devez pas tendre? La plupart dei hommes, mon cher Arifte, s'engagent imprudemment dans des études inutL les. Il fuffit à tel d'avoir entendu faire réloge de la Chymie^ de TAftronomie, ou de quelque autre fcience vaine ou peu néceflaire ^ pour s'y jetter à corps perdu. Celui-ci ne fçaura pas (i l'amc eft immortelle ^ il feroit peut-être bien empêché à vous prouver qu'il y a un Dieu; & il vous réduira les égâlitez de l'Algèbre avec une facilité furjprenante. Et celui-là fçaura toutes les délicatdlRS de la langue, toutes les règles des Grammairiens, qui n'aura jamais mé- dité fur l'ordre de fes devoirs. QnA renverfenient d'efprit! Qu'une imagi- nation doipinante loUe d'un air paf. fionné la connoiflânce des médailles, la Poëfie des Italiens, la langue des Ara- bes & des Perfes devant un jeune hom- me plein d'ardeur pour les fciences: cela fuffira pour l'engager aveuglé- ment dans ces fortes d'études y il n^Ii- gera la connoidance de l'homme, les règles de la Morale, 6c peut-être o\u bliera*t'il ce qu'on apprend aux enfans dans leur Catechifmc» C'eft que Thom^ Entretien. i^f Aie eft une machine qui va comme on la pouflè. C'eft beaucoup plus le faa« «ard que la Raifon qui le conduir«Tous vivent d'opinion. Tous agiflènt par imu tacion. Ils fe font mêmes un mérite de fttivre ceux qui vont devant, fans (ça* voir oà. Faites réflexion fur les diverfès applications de vos amis y ou plutôt repaflez dans vôtre efprit la conduite que vous avez tenue dans vos études: éc jugez fi vous avez eu raifon de faire comme les autres. Jugez-en, dis- je, non (ur les applaudidèmens que vous avez reçus, mais fur les réponfes dé. cifives de la Vérité intérieure. Jugcz-en fur la loi éternelle, TOrdre immuable ^ fans égard aux folles penfèes des hom- mes. Quoi, Ârifte! àcaufe que tout le monde fe jette dans la bagatelle, cha. cun à fa manière & félon Ion goût, fàu« dra-t'il le fuivre, de peur de padèr pour Philofophe dans Teiprit des fous } Fau- dra-t'il mêmes fuivre par tout les Philo* fbphes y jufques dans leurs abftraâions & dans leurs chimères, de crainte qu'ils ne nous regardent comme des ignorans ou des novateurs } Il faut mettre cha. que chofe dans fon rang. Il faut donner a préférence aux connoiflànces q ui la 19^ CïNiJJCJÏE'ME 19^ CïNiJJCJÏE'ME meiitetii. Nojs élevons apprentie C0 que nous devons fcavoir. Se ne pas nous lailTetreiTipliT lateced'uu meuole inu- «le, quelque éclatant qu'il paroiflè, lorfque le néce flaire nous manque. Pen- fezàcela, Arifte; & vous me direz de* main, quel doit être le fujet de nos en- tceiiens. En voilà aflèz poui aujout. d'hui.

: A R. I s T E. Il vaut bien mieux, Théodore, que voiis me le diûe;t vous-, piême.

Théodore. Il vaut infiniment mieux que ce foit 1» Raifon qui nous le aCe k tous deux. Conrultrz4a Cètiead-r picnt, Bc j'y peniècai de mpn côté^ EîTTRETlïN. 197 VI. ENTRETIENfrenves de Cèxifleftce des corps tirées de la révélation. Deux fortes de révélations. D'ok vient tjnoles révélations naturelles desfentimens noitsjbrft me occajion dUer-^ renr.

ARisTE. Que la queftion, Théo- dore, que vous m'avez donnée à réfoudre eft difficile! J*avois bien rai- ibn de vous dire, que c'écoit à vous^ qui fçavez le fore & le foible des fcien^ ces, Tucilicé & la fécondité de leurs principes, de régler toutes mes démar- ches dans ce mondeintelligible où vous xn*avez tranfporté. Car je vous avoue que je ne fçai de quel côté je dois tour-» ner. Ce que vous m*avez appris peut bien "me fervir pour m'empecher de xn'égarcr dans cette terre inconnue. Je n'ai pour cela qu'à fuivre pas à pas la lumière, & né me rendre qu'à l'évi- dence qui accompagne les idées claires* Mais il ne fuffit pas d'avancer, il faut encore fçavoir ou Pon va. Il ne (uffic pas de découvrir fans ceiTe de nouvelles Riij 198 Sixie'm e Riij 198 Sixie'm e véritez: il faut fçavoir où fe trouvent ces véricez fécondes, qui donnent à Tefprit toute la perfedion dont il eft maintenant capaole: ces véritez qui doivent régler les jugemens qu'il faut porter de Dieu & de fes ouvrages ad- mirables -, qui doivent régler les mou- vemens du coeur, & 'nous donner le goût, ou du moins Tavant-goût du fou- verain bien que nous defîrons.

Si dans le choix des fciences il ne fal- loir s'arrêter qu'à l'évidence, (ans pcfec leur utilité, l'Arithmétique feroit pré- férable à toutes les autres. Les vérités des nombres font les plus claires de toutes; puifque itus les autres rapports ne font clairement connus, qu'autani: qu'on peut les exprimer par ces mefures communes de tous les rapports éxafts qui fe mefurent par l'unité. Et cette fcience eft fi féconde & fi profonde, que quand j'emploïerois dix mille fie- des pour en percer les profondeurs, j'y trouverois encore un fonds inépuifable de véritez claires & lumineufes. Cepeur» dant je ne croi pas que vous trouviez fort à propos que nous nous tournions de ce côté*là, charmez par l'évidence qui y éclatte de CQUtes parts. Car enfia 'Entretien. 199 'Entretien. 199 que nous ferviroiV'iL de pénétrer dans les myfteres les plus cachez de rArich* mecique & de TAlgebre? Il ne fuffic pas de courir bien du païs > de péné- trer bien avanc dans des terres fteriles^ de découvrir des lieux, oA perfonne ne fut jamais: il faut aller droit à ces heu. reufes contrées où Ton trouve des fruits en abondance, des viandes folides ca- pables de nous nourrir,« Quand )'ai donc comparé les fcien- çes entr'elleç félon mes lumières ^ les divers avantages ou de leur évidence, ou de leur utilité, je me fuis trouvé dans un embarras étrange. Tantôt la crainte de tomber dans Terreur don- noit la préférence aux fcience^ éxaâes, (elles que (ont l'Arithmétique & la Géométrie 9 dont les démonftrations contentent admirablement nôtre vaine curiofîté* Et tantôt le dedr de connoL tre, non les rapports des idées entr*eU les, mais les rapports qu'ont entr'eux Ce avec nous les ouvrages de Dieu par* mi lefquels nous vivons, m'cngageoit dans la Phyfique, la Morale, & les autres fciences qui dépendent fouvent d'expériences & de phénomènes afTez incertains. Chofe étrange, Théodore, R iiij îoo Sixie'me que les fciences les g}us utiles fbienfc remplies cl*obfcuritez impénétrables; & que Ton trouve uti chemin feur ^ gc laflèz facile £e uni, idans celles qui ne •font point fi néceflkîres! Or, je vous prie, quel môïen de faire une jufte eftime au rapport de la facilité des unes & de lutilité des autres, pour donner }a préférence à celle qui le mérite } Et comment pouvoir s'aflTurer fi celles-là mêmes qui paroifiènt les plus utiles, le font eflEèftivement; & fi celles qui ne paroifiènt qu'évidentes, n'ont point de grandes utilitez dont on ne s'avifèpas? Je vous avoue, Théodore, qu'après y avoir bien penfé, je ne fçai point en* core à quoi me déterminer.

I. Théodore. Vous n*avez pas perdu vôtre tems, mon cher Arifte, dans les réflexions que vous avez faites. Car quoique vous ne fçachiez pas pré^ cifément à quoi vous devez vous appli* quer, je fuis déjà bien aflîiré que vous ne donnerez pas dans quantité de fauf^ fes études, aufiquelles plus de la moitié du monde eft furieufement engagé. Je fuis bien certain que fi |e me trompois moi-même dans le choix que je ^rai . de la fuite de nos entretiens, vous êtes Ektret IÉN. lOt en écat de me défabufer. Quand les hommes lèvent la tête & regardent ds tons cotez, ils ne fuivent pas toujours ceux qui.vont devant» Ils ne les fuivent que lorfqu'ils vont oit il faut aller, ôc où ils veulent aller eux-mêmes. Et lorH» que le premier de la bande s'enga|;e imprudemment dans des routes dange* reufes^& qui n^aboutidènt à rien, les* autres le font revenir. Aindcontinuei^ yos réflexions fur vos démarches & fur le» miennes. Ne vous fiez point trop à moi. Obfervez avec foin fi je vous, mené où nous devons aller tous deux. Prenez donc garde, Atifte. Il y a des fciences de deux fortes. Les unes confiderent les rapports des idées: les autres les rapports des chofes par le, moien de leurs idées» Les premières, font évidentes en toutes manières z les*^ autres ne le peuvent être, qu'en fop- pofant que les chofes font femblables aux idées que nous en avons, ôc fur lefquelles nous en raifonnons. Ces der- nières font fort utiles, mais elles font environnées de grandes obfcuritez ^ parce qu'elles fbppofcnt des faits dont u eft fort diflScile de connoîcrc éxaâe- la vérité. Mais ii nous pouvions iôi Sixie'me iôi Sixie'me trouver quelque moïen de nous aiïuref de la jufteflè de nos fuppoficipns ^ nous pourrions éviter Terreur > & en même cems découvrir des véritez qui nous regardent de fort prés. Car encore un coup^ les véritez ou les rapports des idées entr'elles ne nous regardent, que lorfqu'elles repréfentent les rapports qui lont entre les choies qui ont queU que liaifon avec nous.

Ainfi il eft évident, ce me femble^ que le meilleur ufage que nous puiflîons faire de notre efprit ^ c'eft d'examiner quelles font les chofes qui ont avec nous quelque liailbn: quelles font les diver- fes manières de ces liaifons: quelle et» eft la caufe, quels en font les efièts: tout cela conformément aux idées clai« res, & aux expériences inconteftables» ^qui nous aflurent, celles-là, de la nature Se des proprietez des chofes, 6c celles- ci, du rapport & de la liaifon qu'elles ont avec nous. Mais pour ne point tomber dans la bagatelle & dans Tinu-i tilité, tout nôtre examen ne doit cendre qu'à ce qui peut nous rendre heureux & parfaits. Ain(i pour réduire en deux mots tout ceci, il me paroit évident iQue le meilleur ufage que nous puiflîons Entretien. loj Entretien. loj faire de nôtre efpric, c'eft de tâcher d'acquérir rintelligence des véritez que nous croïons par la foi, & de tput ce <]Ui va aies confirmer. Car il n'y a nulle comparaifon à faire de Tutilite de ces véritez avec l'avantage qu'on peut tiret de la connoidance des autres. Nous tes croïons ces grandes véritez: il eft vrai. Mais la foi ne difpenfe pas ceux qui le peuvent ^ de s'en remplir Tefprit, ôc de s'en convaincre de toutes les manières poffibles. Car au contraire la foi nous eft donnée pour régler fur) elle ^toutes les démarches de nôtre efprit, aufli- bien que tous les mouvemens de nôtre cœur. Elle nous eft donnée pour nous conduire à l'intelligence des véritez mè* mes qu'elle nous enfeigne. Il fe trouve tant de gens qui fcandauTent les Fidèles par une Metapbyfique outrée, 6c qui nous demandent avec infulte des preu-» ves de ce qu'ils devroient croire fur l'aiu torité infaillible de l'Eglife^ quequoi^ que la fermeté de vôtre foi vous rende inébranlable à leurs attaques, vôtre charité doit vous porter à remédier au défordre & à la confufion qu'ils met« tent par tout. Approuvez-vous donc, Arifte ^ le delTein que je vous propoTe 104 Si xie'mè pour la fuite de nos entretiens?

ARisttf. oui ceriaineniefii je l'ap- prouve. Mais je ne penfois pas que vou^ vouiuflîez quitter fa Mecaphynque. Si je l'atois cru, j'auroi^, ce me femble, oien réfolu la queftion de la préférence des fciences. Car il eft clair que nulle découverte n*eft comparable à l'intel- ligence des véritez de la For. Je croïois que vous ne penfiez qu'à me rendre un peu Philofophe, & bon Metapliyficien, II. T H E G D G R £. Je ne penfe auflf qu'à cela; & je ne precens point quittée la Mecaphyfique, quoioue je me don- nerai peut-être dans la luite la liberté de faire quelque courfe au delà de Tes limites ordinaires. Cette fcience géné- rale a droit fi» toutes les autres. Elle en peur tirer des exemptes, Se un petit d'é- tffîl nécedàire pour rendre fenubles Tes principes généraux. Car par ïa Mera- phyfique je n'entens pas ces confidera- tions abftraites de quelques proprietez imaginaires, dont le principal ulage eft: de fbfurnir à ceux qui veulent difputer de quoi difputer fans fin, j'entens par cène fcience, les véritez générales qui ^ peuvent fer vir de principes aux fciences ^ |aiticatiere7« Entretien. loy ' Je fuis perfuadc, Arifte, qu'il Êuic ccre bon Philofophe pour encrer dans L'intelligence des vcritez de la Foi; Se que plus on ed fbrc dans les vrais prin«^ cipès de la Mecaphy tique, plus eft-oa ferme dans les véricez de la Religion.* Je {uppofe., comme vous leppuvez bien penfer, ce qui eft néceilàire pour ren- dre cecte propoiition recevable^ Mais non ^ je ne croirai jamais que la vraie Pbilotophie foie oppofée à la Foi, 6c Sue jes bons Philpfophes puidènc avoir es fènjtimens difFerens des vrais Chrê« tiens. Car foie que Jcfus-Chrift félon fa Divinité, parle aux Philofophes dans le plus fecret d'eux-mêmes, loit qu'il in-- ilruife les Chrétiens par î'autoriié vid. ble de TEglife, il n'eft pas poflible qu'il jjbçpntredife, quoiqu'il (oit fore pofli- ble d'imaginer des çontradiâions dans fes réponfes, ou de prendre pour (es répônfes no3 propres décidons. La vé- rité iious parle en diverfes manières; mais certainement elle dit toujours la même chpfe. Il ne faut donc point op. pofer la Philofophie à la Religion ^ (i ce n'eft la faulle Philofophie des Païens, la Philofophie fondée iujr l'autorité bu* maille, en \)n mo; toa.tçs ces opinions 106 SlXlE^ME 106 SlXlE^ME non révélées qui ne portent point le caraâere de la vérité, cette évidence invincible qui force les efprits attentifs à fe foûmettre. Vous pouvez juger paif les véritez Metaphyfiques que nous avons découvertes Jans nos entretiens précedens, fi la véritable Phiiofbphie contredit la Religion. Pour moi je fuis convaincu que cela n'eft point. Car fi je vous ai avancé quelques propofitions contraires aux véritez que Jefiis^Chrift nous enfèigne par Tautorité vifible de fbn Eglife, ces propofitions étant uni* quemenr de mon «fonds, & n'aïanc point l'évidence invincible pour leur caraâere, elles n'appartiennent nulle* ment à la vraïe & folide Phiiofbphie. Mais je ne fçai comment je m'arrête à vous dire des véritez ^ dont il eft im- poflible de douter, pour peu d'atten- tion qu'on y donne.

A a I s T £. Perïhettez-moî, Théo- dore, que je vous déclare, que j'ai été charmé de voir un rapport admirable entre ce que vous m'avez appris, ou plutôt entre ce que la raifon m'a appris par vôtre moïen, & ces grandes & né< ceflàires véritez que l'autorité de TEgli- & £àii aoirc aux fimples & aux igno^ Entretien. 207 Entretien. 207 tâtis, que Dieu veut (auver au(ïï«-bien que les Philofbphes. Vous m'avez y par exemple, convaincu de la corruption de ma nature, & de lanéceflité d'un Libérateur. Je fçai que toutes les intel- ligences n'ont qu'un leul & unique Mal-* tre le Verbe divin, Se qu'il n'y a que la Raifon incarnée & rendue fènfible qui {>ui(Iè délivrer des hommes charnels de 'aveuglément dans lequel nous naif- fons tous. Je vous avoue avec une fa- tis&âion extrême, que ces véritez fon-^ damentales de nôtre (bi, & plufieurs autres que je (èrois trop long de vous dire, (ont des fuites nécedàires des prin« cipes que vous m'avez démontrez. Con- tinuez, )e vous prie. Je tâcherai de vous (bivre par tout où vous me conduirez. Théodore. Ah! mon cher Arifte» prenez garde encore un coup que je ne m'égare. J'appréhende que vous ne foïez trop Bicile, Se que vôtre appro- bation ne m'infpire quelque négligen- ce, & ne me uSè tomber dans T'er- reor. Craignez pour moi, & défiez- vous de tout ce que vous peut dire un homme fujet à t'illufion. AufE-bien n'apprendrez - vous rien, fî vos réfle- xions ne vous mettent en polTeffion des loS SiXl E^ME véricez que je vas tâcher de vous âè^ montrer.

III. Il n'y a que crois (brçes dTcres dont nous aïons quelque connoiflance, .& avec qui nous puiffions avoir <}uet- . que liaifon: Dieu, ou TEcre infiniment parfait, qui eft. h principe ou la cau(^ de toutes chofes.: des e(prits, que nous ne connoiffonsque par le fentiment in- térieur que nous avons de nôtre nature; des rorps, dont nous fommes aflùrez del'éxiftence par la révélation que nous en avons. Or ce qu'on appelle un hom« me, n*eft qu'un compofe...A F. I s T E. Doucement, Théodore^ Je fçai qu'il y a un Dieu ou un Etre 1 1. £». infiniment partait. Car fi j'y penfe, & fretKH. certainement j'y penfe, il faut qu'il foit, {^uifque rien de fini ne peut reptéfenter 'infini^ Je f^ai aufll qu'il y a des efprits^ 7. En- fuppofé qu'il y ait de« êtres qui me çeC frttie/f, j^jj^biçi^ç^ Car jé'ne puis douter que je ne penfe -, & je Cçai que ce qui penfe eft autre chôfe que de l'étendue ou de la matière. Vous m'avez prouvé ces véritcz. Mais que voulez * vous dire, que nous fommes afiurez de l'éxiftence des.corps par la révélation cjut vous en fvçns f Quoi donci eft-ce que nou§ ne les les ^oïotis, Se que nous ne les Tentons pas? Nous n'avons pas befoin de réve^ lation pour nous apprendre qne nous avons un corps, loriqu'on nous pique: nous le Tentons bien vraiment.

Theodoue. Oiîi, Tans doifte, 410US le Tentons. Mais ce Tentiment de douleur que nous avons eft une eTpece de révélation. Cette expreflion vous frappe^ Mais c'eft exprés pour cela que je m'en Ters. Car vous oubliez toujours 3^ue c'eft Dieu lui-même qui produit ans vôtre ame tous les divers Tenti« mens dont elle eft touchée à Toccafion des chatigemens qui arrivent à vôtre corps, en conTequence des loix géné- rales de Tunion des deux Tubftances qui compoTent l'homme: loix qui ne Tonc que les volontez efficaces & conOantes du Créateur, ainfique je vous l'expli- querai dans la fuite. La pointe qui nous pique la main, ne verfè point la douleur par le trou qu'elle fait au corps. Ce n'eft point Tame non plus qui produit en elle ce Teritiftient incommode, puifqu'elle fouflfre la douleur malgré qu'elle en aie. C'eft aflùrément une puilTânce Tupe- rieure. C'eft donc Dieu lui-même, qui par les Tentimens dont il nous frappe Tome /, S 210 Sixie'me 210 Sixie'me nous révèle à nous ce qui fe fait hors dé nous, je veux dire dans nôtre corps, Se dans ceux qui nous environnent. Sou^ venez--yous, je vous prie, de ce que je vous ai déjà dit tant de fois.

I V. A R I s T E. J'ai tort, Théodore. Mais ce que vous me dites me fait naL tre dans l'efprit une penfée fort étran*- ge. ]e n'oferois prefque vous la propo« 1er y car j'appréhende que vous ne me traitiez de vidonnaire.Ceft que je com<> mence à douter qu'il y ait des corps. La raifon eft, que la révélation que Dieu nous donne de leur éxiftence n'cft pas feure. Car enfin il eft ceruin que nous en voïons quelquefois qui ne font point, comme lorfque nous dormons ^ ou que la fièvre nous cauCè quelque cranlport au cerveau. Si Dieu en con- fequence de (es loix générales, comme vous dites, peut nous donner quelque, fois des fentimens trompeurs, s'il peut par nos (ens nous révéler des chofes- £à\x(Ccs 'y pourquoi ne le pourra^t'il pas toujours y 8c comment pourrons nous difcerner la vérité de la fau(Ièté dans le témoignage obfcuc 8c confus de nos fens> Il me femble qiie la prudence m'o- blige à furpendre mon jugement fur Té* Entretien. m a^iftence des corps.Je vous prie de m'en donntr une démonftracion éxaâe.

T H E o. D o R £« Vne démonftration ixx^ Se! Ceft un peu trop, Arifte. Je vous avoiie que je n*en ai point. Il me fenv bieau contraire que j'ai xxvxe dimonfha^ tim ixaUc de TimpoiEbiliré d'une telle démonftracion. Mais raffiirez- vous. Je Xic manque pas de preuves certaines, Se capables de difliper vôtre doute. Et je fuis bien-aife qu'un tel doute vous (bit venu dans l'elprit^ Car enfin, douter qu'il y a des corps par des raifonsqui font qu'oa ne peut douter qu'il y a un Dieu, ôc que Tame n'eft point corpo- relle, c'eft une marque certaine qu'on fe met au de (fus de Tes préjugez, ÔC qu'au lieu d'aHu jettk laraifonaux fens, comme font la plupart des hommeS), on reconnoit le droit <]u'clle,a de pro- noncer eu nous fouverainement.: Qu'il foit impoffîhle de donner une démon* ftration éxaâe de l'éxiftence des corps, en voici, Ci je ne me trompe, une preu- ve démqtiftracive.,. • > 1 V, La notion de l'Etre iinfiniinenlp parfait w renferme point de rapport Xiécellâice à. aucune créature. Dieu (e fuffit pleinement à lul-ioême. La m^ Sij 2!2 SlXlE^ME tiere n*eft donc point une émanation néceflàire de la Divinité. Du moins, ce qui me fufScprérentement, il n'eft pas évident qu'elle en Toit une émanation nécefTaire. Or on ne peut donner une démonfiration ixaEle d'une vérité, qu'on ne &(Iè voir qu'elle a une liaifon né- ce({àire avec ion principe; qu'on ne fade voir que c'eft un rapport nécef* fairement renfernjé dans tes idées que l'on compare. Donc il n'eft pas poflible de démontrer en rigueur qu'il y a des corps» ^ En effet Téxiftence des corps eft ar- bitraire. S'il y en a, c'eft que Dieu a bien voulu en créer. Or il n'en eft pas de même de cette volonté-de créer des .corps, comme de celles de punir les «crimes, & de récbmpenfer de bonnes ccuvfes,' d'éj^igèr de nous de Tàmoùr & de la crainte, & le réfte. Cê5 volon tez de Dieu & mille autres femblaWes, font néceflairement renfermées dans la RaiCbn divine ^ dans cette Loi fubftan- tielle, qui eft la règle 4nviolable des vo- loiïtez de l^Eftre intiment parfait, &c gén^alen^nt de toutes le$ intelligent ces. Mais la volonté de créer des corps o'eft point nécellàiremem itenfermét EnTKETIEN. 2IJ