persista dans le dessein de n'eu rien fai- re, et qu'elle conservadans son veuvage fidèle de ses domestiques, chargé (îe sa toute sa belle réputation. Voilà où est lettre. La considération que ce prince la rareté; car on trouve assez de gran- avait toujours eue pour cette dame des dames qui viventséparées de leurs devint plus forte depuis un service si maris, ou qui ne se remarient point, important: 'O ^ï paie m tôvtî Suiavov quoiqu'on les recherche j mais vivent- elles sans reproche, ne font - elles point parler de leui's commerces, et de leurs galanteries? C'est là le point: hoc opus, hic laboresl. 11 y a des mé- disans qui prétendent qu'il s'en trou- (5) Voyet les vers de la remarque (C). (6; Valer. Maximus, Ub. IF y cap, HZ.
KTitVit, KCtl TOUÇ irUtlTriÇouKOUÇ- TMV Ti (7; Joseph. Antiquit., Ub. XVIU, cap. FIJI, (8) Idem, ibid.
ANTONIA.
silii, ylntonuvque jani anlè habitée in pretio inajorem etiam in posterum jideni liahuit per omnia. Je dirai ail- leurs (9) que Xiphilin a observe par occasion qu'Antonia e'crivit certaines choses à Tibère touchant Séjan.
(D) Elle ne fut pas en état de mener le deuil des funérailles de Germani- cMS,] Voyons comment Tacite narre la chose, et comment il la pare de ses réflexions: Tiberius atque ^ugusta publico abstinuêre, inferius niajestate sua rati si paVant lamentarentur, an ne omnium oculis uullum eorum scru- tanlibus falsi intelligtrentur. Matrem Antoniam non apud auctores rerum, non diurna' actorumscripturd reperi'o ul- lo insigni ojficio functam, ciim super Agrippinam, et Drusumet Claudium, cceteri quoqueconsanguinei nominatïni perscripti sinl, seu ualeludine prœpe- diebatur, seu l'ictus luctu animas ma- gnitudinem mali perj'erre i^'isu. non tolerM'il. Facdiùs crediderim Tiberio et Augustâ qui domo non excedebant cohibitam, ut par mœror et matris exemplo avia quoque et palruus ntti- neri uiderentur (10).
(E) Elle traitait son second Jils de jncnstre."] C'est Suétone qui nous l'ap- prend. Mater Antonia porlentum eum hominis dictitabat, nec absolulum a naturd, sed îanliim inchoatum; ac si quem socordiœ argueret, stuUiorem aïebatjîlio sua Claudio (ii)- A cela peut-on connaître qu'elle se piquait d'esprit et d'habileté 5 car une fem- me du commun ne s'aperçoit pas que ses enfans soient des sots; ou si elle s'en aperçoit, elle ne prend pas les devans avec un si grand dépit, pour s'en disculper, et pour traiter cela d'une production qui a été négligée à moitié faite.
(F) Elle enferma sa fille dans une chambre, et l'y laissa mourir de faim."} Ceci témoigne encore que c'était une maîtresse femme, qui n'aimait ses en- fans qu'autant qu'ils lui faisaient hon- neur, et qui préférait aux sentimens de la nature ceux de la grandeur ro- maine. 11 y avait deux traditions tou- chant la mort de Liville: l'une, que (■9) Dans l'article Vespasifn, à la remarque (10) Tacit. Annales, lib. III, cap. III, «ri ann. 773; c'était l'an 20 de grdcc. (il) Sue!., in Claudio, cap^ III.
Tibère la fit mourir; l'autre, qu'il lui pardonna son crime, pour l'a- mour d'Antonia; mais qu'Antonia la condamna à mourir de faim (12).
(G) Caligida la fit mourir de cha- grin: on a dit même qu'il employa le poison pour hâter les mauvais effets du chagrin. ] Suétone et Dion s'accor- dent sur ce point-là. Per istiusmodi indignitates et tœdia caussa extitit mortis, dato tamen, ut quidam pu- tant, et ueneno (i3). Dion ne parle pas d'empoisonnement: il se contente de dire que ce barbare, ne pouvant souflVir les censures de sa grand'mère, l'obligea à mettre fin à ses jours (i4)« Je n'ai pu trouver en quelle année mourut cette illustre dame; mais puis- que ce fut sous l'empire de Caligula, on peut, ce me semble, placer sa mort à l'an 792 de Rome. Celle de son mari arriva l'an 744- On peut savoir à peu près à quel âge elle commença d'être veuve, et combien eUe a vécu; car elle naquit l'an 714 de Rome, vu qu'Oc- tavia sa mère, qui épousa Marc Antoine, l'an 718 (1 5), était déjà ac- couchée d'une fille, lorsqu'il retourna en Grèce l'année suivante (16). Le poè'me intitulé Consolatio ad Liuiam Augustam de morte Drusi Neronis (17), représente Antonia fort désolée, et lui donne de beaux éloges. On ap- prend là, comme dans Valère Maxi- me, que Drusus n'allait pas à la pi- corée amoureuse. On y apprend que ses dernières paroles furent pour sa chère femme: Quid referam de le, dignissima conjuge Druso, Alijue eadem Drusi digna parente nurus? Par benè composilum, juvenum Jortissimut aller, Pliera lam forli mutua cura viro. Femina lu. princeps, tujilia Cœsaris: illi, Nec minor es magni conjuge visa Joiis. Tu concessus amor, tu solus et ullimus illi Tu requies fesso grata laboris eras. Te moriensper verbafiovissiina questus abesse.
Et mola in nomenfrigida lingua luuni.
(H) Le temple d'Antonia, dont Pline est le seul qui parle, devait ap- (i2)Dio, lib. LVIII.
(i3) Sucton., in Caligiilâ, cap. XXIII. (14) Dio, lib. LIX. Vide etiam Suetoa., in Caligul.^, cap. XXIX.
(i5) Calvisius, ad ann. mundi Sgio.
(16) Plut., in Antonio, pag, gSo. E. Voyez aussi pag. ()3i. D.
(17) Consol. ad Liv., vs. 2Ç)Q et seqq. On l'imprime avec les OEuvres d'Ovide, etptusiemi le croient d'Oyidt, ANTONIA d' paremment son nom à cette princesse.'] Il en fait mention dans la liste des ta- bleaux d'Apelles: Ejusdem arbitran- tur, dit-il, manu esse et in Antoniœ templo Uerculem auersum: ut quod est diffîcillimum,Jaciemejiis ostendal ueriiis pictura, quant piomitlat (18). Un fort savant commentateur (19) dit sur ce passage qu'il ne sait si ce tem- ple appartenait à l'aînëe des Antonia, ou à la cadette, ni en quel endroit de la ville il était bdti: Cujus illiul An- toniœ Juerit, majoris, minorisi^e, quo- fe Vrbis situ condituni Juerit, in- eompertum. Ulraque Antonii trium- t'irijîlia, major Germanici et Claudii Cœsaris parens: IVeronis avia. C'est prëfe'rer le sentiment de Tacite à ce- lui de Suëtone (20): c'est donner à Drusus l'aîne'e; mais d'ailleurs, ces paroles IVeronis auia me font de la peine: je soupçonne que l'imprimeur a oublie pour le moins minor; car en substituant ce mot, nous verrons que le père Hardouin nous aura dit quelvoulut en voulut en épouser ce prmce qui faire sa femme après la mort de Pom pëe (aS). Nëron la fit mourir, sous prétexte qu'elle se trouva mêlëe dans une conspiration. Je crois que ce fut dans celle de Pison. Un historien a dit que Pison devait mener avec lui An- tonia dans le camp des gardes préto- riennes (26). Tacite le rapporte sang y trouver une grande vraisemblance (27). Il ne trouve point apparent qu'Antonia eût voulu s'exposer à un grand péril, sans espérer de devenir l'ëpouse de Pison. Or cette espérance n'avait aucun fondement 5 car Pison était connu par toute la ville pour un mari fort amoureux de sa femme. Ta- cite n'avait garde de s'arrêter là: il y joint une restriction à sa manière: si ce n'est, dit-il, que la passion de do- miner soit la plus t^iolente de toutes. Par-là, il redonne au narre de Pline la vraisemblance qu'il lui avait ôtëe. Antonia aura pu croire que Pison ré- pudierait sa chère femme, afin de que chose de l'une et de l'autre An- s'ouvrir le chemin du trône, en ëpoutonia; de l'aînëe, qu'elle fut mère de Germanicus et de l'empereur Claude; delà cadette, qu'elle fut aïeule de Në- ron. Si l'on ne substitue rien, on trou- vera une faute, puisque la mère de sant la fille de l'empereur Claude: Intérim Piso apud œdem Cereris op- periretur, undè eum prœjectus Fenius et cœteri acciiwn ferrent in castra, comitante Antonia Claudii Ccesaris Germanicus ne fut point la grand'- jiliâ ad eliciendum pulgi favorem, ~ quod C. Plinius memorat. Nobis quoquo modo tradilum non occullare in animo fuit, quamwis absurdum i^ide- retur, aut inani spei Antoniam novien et periculum commodafisse, aut Pi~ sonem notum amore uxoris alii ma- trimonio se obstrinxisse: nisi si cu~ pido dominandi cunclis aff'ectibusfla- grantior est (28). Les fautes de M. 3Io- rëri sont: 1°. Que Tacite nomme Cornélius Sali'us le second mari d'An- tonia. Il le nomme Cornélius Sulla (29) 2°. Qu'Antonia fut long-temps veuve. Son mari Sylla fut tue l'an 8i5i la conjuration de Pison ëclata l'an 81 8j Poppée mourut la même année: il y a beaucoup d'apparence qu'Antonia fut recherchée peu après, et que son mère de Nëron. Recourir à l'adoption de Nëron par Claude serait une mau- vaise chicane. Dans un autre lieu (21 j, ce commentateur avait préféré le sentiment de Suëtone à celui de Tacite.
(I) M. Moréri n'a point parlé d'An- •ruMA sa petite-fille, sans se tromper."] Elle était fille de l'empereur Claude, et d'jElia Pefina; mais elle était née avant qu'il fût empereur. 11 la maria premièrement à Cneius Pompeius Magnus (2a), et puis à Faustus Sylla. Elle vit périr de mort violente ses deux maris. Le premier fut mis à mort par les ordres de l'empereur Claude (28); le second fut massacré à Marseille par des gens que Néron y envoya pour cet effet (24). Elle refusa ^18) Plinius, lib. XXXr, cap. X,pag. ai 3.
(«9) Le père Hardouin.
(îo) Voyez ci-dexsiis la remarque f A).
(21) //.'Plin., lib. Fil, cap. XIX, Com. II, (22) Il lui redonna ce turnom, que Caligula lui avait Slé. Dio, lib. LX.
(23) Suet., in Claud., cap. XXVII.
(34) Tacit., Annal., lib. XfF, cap. LFII.
fî5) Saet., in Nerone, cap. XXXF. (jG) Plin., apud Tacitnra, Annal., lib. XV, cap. LUI (2-) Tacit., Annal., lib. XF, cap. LUI.
(28) Là même.
(29) Tacit, Annal., lib. XIII, cap. XXIII, ( et non pas, cap. F, comme dans Moréri, ) e'. XLFII. Moréri a cite mal, lib. Xlf, m/- XFI; il fallait citer hh. XIF, cap. l.l'II.,1 n'a point sUe' loits les endroits '/n'tl Callaii <.<'.(■ ,5o ANTONIA. ANTONIANO.
refus obligea Nëron à faire revivre les publié. A l'âge cle clix ans, il procédures contre elle en particulier, faisait des vers (B), sur quelque En tout cas, sa viduité " a poiut pu.,, j^j proposât, qui être fort longue, puisque IN eron, qui,..1 i. i ' ^. la fit mourir, mourut en l'année 82 1. étaient Si bons et si justes, quoi- 3°. les auteurs cités par M. Morérine que ce fussent des impromptu, disent point que Néron contraignit qu'un habile homme n'aurait pu Antonia de se tuer. ^^^ composer de semblables qu'a- ANTONIA, sœur cadette de vec beaucoup de temps et beau- la précédente, tant du côté pa- coup de peine. On en fit l'expe- ternel que du côté maternel, ne ^ence à la table du cardinal de saurait fournir qu'un petit arti- P>&e, un jour qu'il traitait plu- cle. Je ne trouve rien d'elle, si- sieurs cardinaux. Alexandre far- non qu'elle fut femme de Lucius "èse, prenant un bouquet, le Domitius ^nobarbus, et que de donna au jeune garçon, avec or- ce mariage sortirent un fils et ^^^ de le présenter à celui de la deux filles:1e fils, nommé Cnéus troupe qui serait pape. Cet en- Domitius, fut père de l'empe- f^nt le présenta au cardinal de reur Néron. Nous parlerons des Médicis, et fit son éloge en vers, filles sous le mot Domitia *, et Ce cardinal, qui quelques annous montrerons que M. Moréri s'est trompé quand il a dit que l'une d'elles épousa Galba.
liulon.
nées après fut le pape Pie IV, s'imagina qu'on lui avait joué une pièce, et que c'était un poëme que l'on avait préparé avec • Bayle n'y parle que de la fille de Cor- beaucoup d'art, afin de semoquer de lui: il en parut fort fâché; ANTONIANO (SiLVio), car- mais on lui protesta avec serment dinal et savant homme, s'éleva que c'était un impromptu, et on de bien bas par son mérite; car le pria de mettre l'enfant à l'é— il était de vile naissance: et tant preuve. Il le fit, et se convain- s'eu faut que ceux à qui il devait quit du talent extraordinaire de la vie pussent le faire étudier, ce garçon, qui expliqua sur le qu'ils avaient besoin eux-mêmes champ, en fort beaux vers, la de la charité d'autrui. On a vou- matière qui lui avait été propo- lu dire qu'il était né hors de lé- sée (C). Le duc de Ferrare, ve— gitime mariage; mais Joseph nant à Rome pour féliciter Mar- Castalion, qui a composé sa vie, cel II du pontificat, fut si char- a fait voir tout le contraire {a), mé de l'esprit d'Antoniano, qu'il Quoi qu'il en soit, il naquit à le voulut avoir à Ferrare (D), oii Rome, l'an i54o (A). Il fit des il lui donna d'excellens maîtres progrès si prompts et si surpre- pour l'instruire en toutes sortes nans dans les études, qu'on a de de sciences. C'est de là qu'il fut la peine à croire ce qui en a été tiré par Pie IV qui, se sou- venant de l'aventure du bouquet, {a)ScripsU!iylviicard.Antom,iniViiam, ]„rsnn'il se vif sur la rhairp de ffuem tum rationibus, tum pnblicarum ta- 'Orsqu 11 bG Vit SUl la Cliaire Oe hnlarum testimoniis ah eoriiincalumniis iin- Saint Pierre, VOulut SaVOir qu'é- dicareconatusest^qin ainmàparenlcmi- jait devCUU le ÎCUne poëte. nus justa itxore geinlum asserebanl. jNicuis _, -i 1 /> • t> Eryihrœtis, Pinacoiii. I, pag. 167, L ayant SU, il le fit venir à Ro- ANTON me, et lui donna un poste ho- norable dans son palais. Puis il le fit professeur aux belles-let- tres dans le collège romain. An- toniano remplit cette charge avec une telle réputation, que le jour qu'il commença d'expliquer la harangue pro Marco Marcello, il eut pour auditeurs, non-seule- ment une grande foule de monde, mais aussi vingt-cinq cardinaux. Il devint ensuite rec- teur du même collège; et, après la mort de Pie IV, l'esprit de dévotion l'ayant saisi, il s'atta- cha à Philippe Neri, et ne laissa pas d'accepter la charge de secré- taire du sacré collège, qui lui fut offerte par Pie V. Il l'exerça vingt-cinq ans, et y acquit la réputation d'un homme de bien, et d'un habile homme. Il refusa l'évéché que Grégoire XIV lui voulut donner, mais non pas le secrétariat des brefs, qui lui fut offert par Clément VIII, qui le fit aussi son camérier, et puis cardinal. On dit que le cardinal Alexandre de Montalte, qui avait été un peu trop fier à l'é- gard d'Antoniano, dit en le voyant promu à la pourpre, qu'à l'avenir il ne mépriserait ja- mais un homme à soutane et à petit collet, quelque bas et quel- que rampant qu'il le vît, puis- qu'il pouvait arriver que celui qu'il mépriserait devint non-seu- lement son égal, mais aussi son juaître. Antoniano se tua à force de travailler: il passait des nuits entières à faire des lettres, ce qui lui causa une maladie, dont il mourut à l'âge de soixante- trois ans. Il écrivait avec une si grande facilité, qu'il ne faisait aucune rature; et l'on dit qu'il lANO.,5, conserva toute sa vie la fleur de virginité {b). Voyez dans l'une de nos remarques ce qui con- cerne ses ouvrages (E).
Le cardinal Bentivoglio me va fournir un bon supplément de cet article (F). Je trouve qu' An- toniano fut l'un des tenaiis dans la dispute qui s'éleva sur la pré- séance des patriarches (G).
(i) £ar Jano Kicio Erythraeo, Pinacotli.I, (A) Il naquit a Rnme, l'an iS^o. 1 Nicius Erythréus le fait naître à Rome: Romœ, humili loco...orlus (i) j mais le Toppi le fait natif de Castelli, dans TAbriizze, et rapporte une inscrip- Jion faite par Mutius Panza, où on le fait ex Castellorum oppido oriundus (j). Cela pourrait signifier seulement, que son père était de ce lieu. Quoi qu'il en soit, je recueille qu'il est ne Tan i54o, de ce que, selon le père Oldoïni, il mourut le ï6 d'août i6o3, à l'âge de soixante-trois ans (3). Ni- cius Erythréus ne marque point ea quelle anne'e du siècle il décéda j mais seulement, que ce fut dans son an- née climactérique de soixante- trois ans. M. De la Rochepozai, dans son Nomenclator Cardinalium, met sa mort au i6 d'août 1604. J'ai mieux aimé suivre le père Oldoïni.
(B) A l'âge de dix ans, il faisait des i^ers. ] Le père Strada, qui a in- séré dans l'une de ses harangues, avec beaucoup de politesse, la narration de cette aventure, dit qu'Antoniano n'avait pas encore douze ans ac- complis ( 4)- (C) Iljit...des vers sur-le-champ, sur la matière qui lui ai'ait clé propo- sée. ] Le père Strada nous apprend que, comme le cardinal de Médicis cherchait un sujet à proposer au jeune garçon, l'horloge qui était dans la salle y'iat à sonner: cela fut cause f|u'il donna des vers à faire sur une horloge. Cet aiiteur rapporte ceux qu'il suppose qu'Antoniano fit sur-le- (i) Nicius Erythrseus, Plnacotli. I, pag. 3C.
(2) Toppi, Bibliolh. IVapolet., pag. 283.
(3) Oldoïni Atlieii. Romanum, pa^ (7or> f'() Fam. Strada, Tioluô. Acad. UI, Ub. Il iSa ANTONIANO.
champ et ajoute que le cai'dinal de Trente lui donna un collier.
(D) Le duc de Feirare le voulut ai'oir h Ferrure. ] Antoniano y récita quelques harangues, qui ont ctë im- primées (5) avec celles qu'il prononça ;i Rome: cela me ferait aisément rroire qu'il fut professeur à Ferrare. Nicius Erythréus ne parle que des sciences qu'on y enseigna à Antonia- no: pourquoi ne rien dire de celles qu'il y enseigna? Ce n'est point pour de telles choses que la crainte d'être prolixe doit engager à la suppression. Je n'ai pu encore consulter la Vie de ce cardinal, composée par Joseph Castalion, où l'on voit sans doute sur quel pied il était à Ferrare et en quelle année il mourut, et bien d'autres particularités. Encore moins ai-je pu trouver un livre que M. Conrart avait envoyé à M. de Balzac. C'étaient des discours italiens du philosophe ora- teur (G). M. de Balzac les méprise: Il est l'rai, dit-il (7), que l'éloge du car- dinal d'Ossat et celui du cardinal Sil- uio antoniano, sont deux pièces assez raisonnables et dans lesquelles l'au- teur n'imite pas malheureusement les comparaisons des vies de Plutarque. La longue invective, qu'il J'aie contre fil noblesse, est le grand effort de son esprit: j'y ai remarqué de beaux en- droits, et quelques choses de son inven- tion outre celles qu'il a empruntées d'autrui, et particulièrement de la harangue de Ca'ius Marius dans laguerre Jugurthine. Je crois néanmoins que ■sans faire tort h sa matière il pouvait /tccourcir sa digression. Ce lieu com- mun qu'il a étendu si au long, qu'il a li curieusement et si ambitieusement étalé, ne devait être touché qu'en pas- sant. Outre qu'il s'est fait par-là de j>uissans et de dangereux ennemis. Il n'avait que faire d'offenser tout ce qu'il y a de gentilshommes au monde, pour prouver que ce n'est pas un vice d'être fils d'un artisan ou d'un villa- geois.
« Jérôme Ruscelli, chap. VII de )) son liimario. dit des merveilles du j> talent que Silvio Antoniano, qu'il » appelle mal.Antonio, avait pour » Yimpromptu. Il en rapporte une (5) Par les soins rie Joseph Ca.stalion, en i6io. ((}) Voyez, les Disserlations après le Socrate Cïireùen, pag. 10. (7J Là même, pag. 47- » épreuve, qui s'en fit à Venise, en î' présence delà reine de Pologne (*), '» du cardinal Trivulce et du cardinal » d'Ausbourg. Antoniano n'avait pas )) alors seize ans. Les princes d'Est le » retinrent à Ferrare, où il fit des » leçons publiques, comme le témoi- » gne le même Ruscelli dans l'endroit » cité. }> Ceci vient de M. de la Mon- noie.
(E) f^oici ce qui concerne ses ouvra- ges. ] On a de lui, De Christianâ Piierorum Educalione; D'issertatio de Obscuritate solis in morte Christi; de Successione aposlolicd; de Stylo ec- clesiastico, seu de conscribendd Ec- clesiasticd Historid; de Primatu sancti Pétri; Lucubrationes in Rhetoricam u4ristotelis et in Orationes Ciceronis; plusieurs pièces de vers, quelques ser- mons, des notes et des préfaces sur le roman d'Achille Statius et sur le Té- rence de Gabriel Faernus (8) ■ beau- coup de lettres, etc. On prétend qu'il a eu part au Catéchisme du concile de Trente (9). Pour ce qui regarde ses lettres, ce sont des brefs apostoliques qu'il composa pendant qu'il fut secré- taire. J'en dirai quelque chose dans la remarque suivante. On les met au nombre des lettres d'où les écrivains d'anecdotes doivent faire leurs extraits (10). Les autres sources sont les let- tres des cardinaux Berabo et Sadolet, celles de Pierre Martyr, etc. Notez que son livre de Christianâ Puerorum Edu- calione, composé en italien à la prière du cardinal Charles Borromée, fut imprimé à Vérone, par les soins d'Augustin Valerio, évêque du lieu et cardinal (i i).
(F) Le cardinal Bentivoglio me four- nira un bon supplément de cet article.^ Il dit que l'on était encore incertain si Antoniano était né à Rome; mais que l'on était certain qu'il y avait été élevé dès son enfance (12). Il fut rais par Pie IV au service du cardinal Bor- (*) Bonne Sforce qui, en i555, quitta la Pologne, pour se retirer à Bari, dans la P ouille.
(c)) Voyez Colomiés, Bibliolli. clioLsie, pag'. 36.
(10) Varillas, préface des Anecdotes «le Flo- rence.
(■ii)Possev. Appar. Sacr., lom. II, pag.
(13) fienlivoglio, Memorie overo Diario, cap. Vil, pag. log, edilione Àmslel., nell ANTONIANO.
rome'e, neveu de ce pape: il fut se- crétaire de ce cardinal pour les dépê- ches latines ■ il le suivit à Milan, et il retourna avec lui à Rome. Il fut choisi pour secrétaire du sacré collè- ge et remplit admirablement les de- voirs de cette charge. Il fut admis à la plus étroite confidence de Clé- ment VIII, dont il fit les brefs si éloble et d'une prudence que l'esprit des courtisans n'avait pas gâtée (i5). Il s'était trouvé en plusieurs conclaves et discourait là -dessus avec un plaisir tout particulier, non sans faire de solides réflexions sur la vanité des choses humaines. Les hommes, disait- il, se chargent de mille soins fatigans, pour pan^enir a leurs fins; mais la cpemment, que ce pontife n'eut point providence de Dieu fait presque tou- suiet d'envier à Léon X les Sadolets et jours paraître sa supériorité. Per occasujet les I beaucoup de jugement plusieurs pas- sages de l'Ecriture. Il en fut blâmé par un censeur trop rigide, qui dit que cela faisait que certaines lettres du pape sentaient plus le cloître que la cour de Rome, etreprésentaient plutôt la personne d'un prédicateur que celle d'un souverain pontife. Che per- cio, alcuni di loro sapessero piii di claustro regolare, che di corte eccle- siastica, e rappresentassero quasi piit la persona d'un predlcalore, che d'un pnnte/ice (i3). 11 se moqua de cette critique, et répondit qu'à juger saine- ment des choses, il n'y avait pas trop de termes de l'Ecriture dans les lettres qu'il composait j qu'il lui semblait au contraire qu'elles n'en étaient pas as- sez remplies, vu la qualité de celui qui y parlait, qui est celle de souve- rain pasteur de l'église, vu aussi que ce n'étaient point des lettres profa- nes, où le luxe des pensées et des ex- pressions prises de la secrétairerie des souverains temporels se dût répandre: y4nzi che a lui parera, che piii tosto jiiancassero in questa parle, havuto riguardo alV essere i Bre^'i jipostolici scritti dal snpremo Pastor délia Chie- sa, e non lettere profane, che haves- sero a lussureggiare con sensi e parole tratte dalle secretarie de' principi tem- porali(i^). Il ajouta que les brefs de Sadolet et ceux de Bembe ne gardaient ]>as le décorum que la dignité pontifi- cale demandait nécessairement, et qu'il y a quelques brefs, où Bembe, par ses affectations de latinité, passe non-seulement au profane et au tem- porel, mais aussi au paganisme. An- toniano, dans sa dernière maladie, fut visité par Clément VIII et en reçut la bi'nédiction apostolique. Il était modeste, d'une conversation agréasione d'essere stato secretario del sa- cra collegio tant' anni, s'era trouato egli in molti conclat^i, e di quei suc- cessi discorrei^a con gusto particolare, e mostrat^a specialmente in quanti mo- di vi si affatticasse l'industria humana, ed in quanti t'i apparisse e vi prei^a- lesse ordinarianiente la prouidenza di- fina (16). Il voulait dire sans doute, que les intrigues les mieux concertées, et celles qui ont le plus agité l'esprit, tombent par terre dans les conclaves, à cause de certaines conjonctures im- prévues. S'il voulait montrer par-là, que les ressorts de la providence se font sentir d'une façon particulière dans les assemblées où les papes sont élus, il se trompait^ car, dans toutes les cours du monde, on peut remarauer que les politiques les plus pru- ens réussissent ou échouent par je ne sais quelles rencontres fortuites, qui doivent convaincre de la vérité de ce proverbe, l'homme propose, Dieu dis' pose.
(G) Il fut un des tenons dans la dis- pute qui s'élefa sur la préséance des patriarches. ] Voici un passage que je tire d'une lettre que le Péranda écrivit à Rome le onzième de décembre iSSg: La causa délia precedenza patriarcale non è ancor fenuta a fine, et si traita tuttauia nclla congregatione délie ce- rimonie. Si scriue, et le scrilture fan- no per manus, et si corne dissi gia il parer dclh congregatione è contra la pretendema de gli arcii>escoi>i et dé" palriarchi. Solamente l'ytntoniano sos- tien questa parte, e scriue, et sta sal- do. Saràunbrat^' huomo, sefara testa tanto che basti, haue.ndo da contrastai' con monsignor illustrissimo Gesualdo (i5) Là même, pag. ii3. (iCj Là même, pag. iSa. (17) Lettere di Gio. Francesco Peranda, /". parle, pag. 32.'), edit. di Venet. nel. 1604.
i54 ANTONIO ANTONIO (Nicolas), cheva- lier de l'ordre de saint Jacques, et chanoine de Séville, a fait beaucoup d'honneur à la nation deux parties. La première re- garde tous les auteurs de cette nation, qui ont vécu avant la fin du XY^. siècle: l'autre regarde