prétendait qu'il lui remit cette place entre les mains; qu'il est certain, (juoi qu'il en soit, que le bassa, qui commandait les Turcs à ce siège, en- voya à Constantinople de grands mé- moires contre ce prince, ce qui l'obli- (i5) Dans VédUion d'Ainslerdam, en 1686, on marque au haut des pages l'an 1680. Celle faute peut tromper ceux qui n'y regardent pas de près.
TOmE II.
gea de retourner en son pays, de peur qu'il n'y arrii'dt quelque changement pendant son absence. Voilà comment cet historien rapporte les discours des raisonneurs. Le Mercure historique et politique les a copiés fidèlement (19). (F) // a été cause que le royaume de Hongrie a perdu l'ombre de liberté qui lui restait."] On aurait tort sur cela de l'accuser d'imprudence; car jamais on n'a eu plus de raisons de.se pro- mettre un bon succès. Les seules for- ces des mécontens avaient jusque-là tenu en échec les troupes impériales. Que ne pouvait-on donc pas attendre raisonnablement des préparatifs ex- traordinaires du grand-seigneur, qui avait promis monts et merveilles à Tékéli? Par une de ces fatales con- jonctures, que la providence de Dieu se plaît à produire de temps en temps pour confondre les espérances humai- nes les mieux fondées, il est arrivé qu'Apafi, non-seulement n'a rien fait en faveur de la Hongrie; mais aussi, quïl a jeté son propre pays dans la servitude. Sic erat infatis. 11 est arri- vé qu'aulieu d'aflaiblir la maison d'Au- triche, on l'a tirée de sa décadence j on l'a remise en état de rentrer dans la supériorité j on lui a redonné toute la couronne de Hongrie j on a fait des états du Turc une source inépuisable de bonnes nouvelles pour la ligue qui s'est formée contre la France durant le cours de la guerre. Faut-il dire pour cela qu'Apafi a été un étourdi et un téméraire (20)? Nullement, à moins qu'on ne veuille qualifier de la sorte tous ceux qui ne savent pas prévoir les événemens les plus contraires aux apparences. Les plus excellens politi- ques n'auraient-ils pas garanti que la France pousserait à la roue de son côté, pendant que les Turcs agiraient de l'autre? Qui aurait jamais pu se persuader qu'elle se tiendrait six ans de suite dans l'inaction, autant qu'elle a fait, au milieu des occasions les plus favorables de s'agrandir que ja- mais nation ait eues? Apafi, Tékéli, et leurs adhérens, sont fort excusa- bles de n'avoir pu deviner qu'on ai- merait mieux faire la guerre à l'édit de Nantes qu'à la maison d'Autriche.
(ig) Mois de mai 1690, pag, 492; mais il met le siège de Zathmar en 1G60.
(20) Voyez la remarque (G) de l'article II 102 APELLES.
Ce que j'ai dit des bonnes nouvelles (B). Il fut si estimé de ce prince, qui nous viennent de Turquie (21) n'est ignore de personne. Nos gazetiers et nos autres nouvellistes ne nous disent presque jamais de ce pays-là rien qui ne soit propre à rejouir. Le murmure des peuples, leur misère, leurs vœux pour la paix, la discorde dans le divan ^ un premier visir étran- gle, des factions formidables, des pestes et des incendies à Constantino- ple, des soulèvemens en Egypte, en Arabie, en Syrie, et cent autres choses de cette nature qui viennent par les courriers d'Allemagne, tantôt celles- ci, tantôt celles-là, ne sont-ce pas de bonnes nouvelles? Combien de vic- toires effectives, combien de villes prises, combien de partis défaits, combien de courses heureusement exé- cutées dans le pays ennemi, n'a-t-on pas eu raison de publier pendant les étés, et quelles espérances de paix n'a-t-on pas données pendant les hi- vers? 11 n'est pas jusqu'à la levée du siège de Belgrade en lôgî, qu'on n'ait débitée comme un bon événement, puisqu'à tout prendre, les troupes im- périales avaient exécuté leurs princi- pales intentions, qui étaient d'empê- cher les Ottomans de faire irruption en Transilvanie. Quelqu'un disait peu après la réduction de l'Irlande, qu'on eût bien fait d'y entretenir long-temps la guene, atin d'avoir un fonds assuré de nouvelles avantageuses, et dans l'Oi'ient et dans l'Occident.
(G) jipafimouruta ff^eissembourg, i>ers la fin d'avril i6go.] Les nouvel- listes ont été appointés contraires sur les circonstances de sa mort. Les uns qu'il fut le seul qui obtint la permission de le peindre (à). Il en obtint une autre marque d'une singulière considération; car Alexandre lui ayant donné à peindre l'une de ses concubi- nes, et l'en voyant amoureux, la lui céda (C). Il y a lieu de douter qu'Apelles ait abusé au- tant qu'on le dit de la bonté de ce gratid monarque (D): il était apparemment trop bon courti- san pour ignorer qu'un discours aussi peu respectueux que celui qu'on lui attribue était fort ca- pable de déplaire. La réponse qu'il fit touchant Lais ne fait point d'honneur à ses mœurs (E). On a fort parlé de son tableau de la Calomnie; mais presque per- sonne ne s'est aperçu des erreurs qui se rencontrent dans la nar- ration du fait qui fut cause de ce tableau (F). Le Traité oii Lu- cien parle de cela, est une excel- lente pièce (b). Le chef-d'œuvre d'Apeîles était le portrait de Vé- nus sortant de la mer (G). Quel- ques-uns disent que la maîtresse qu'Alexandre lui avait cédée lui servit d'original quand il ,,.,,.,..., voulut faire ce portrait: d'auont publie qu il mourut subitement.,.. ^,.- dans l'assemblée des étals de Transil- t«;es disent que la courtisane vanic (23), les autres qu'il mourut Phryne servit à cela. On parle après avoir été long -temps malade (23). Tous conviennent qu'il mourut à Weissembourg (24).
(21) J'écrivais ceci en i6g4: je n'jr change lien dans la seconde e'dilion.
(22) Ga7etle de Paris, du 20 mai i6go.
(23) Mercure historique, mois de mai i6go, pag. 4go. Vie du comte Tékéli, pag. 263.
(24) La Vie du comte Tékéli dit à Albe-Jule. C^esl la même ville que Weissembourg.
APELLES, l'un des plus il- lustres peintres de l'antiquité, était natif de l'île de Co (A), et flori.ssait au temps d'Alexandre d'un autre portrait de Vénus, qu'il avait commencé, qui au- rait surpassé le premier, si la mort ne l'eût empêché de le fi- nir (H). M. Moréri a pris l'un de ces tableaux pour l'autre (I), et n'a jîas bien rapporté ce qui (a) fojrez les remarques de l'article Ly- SIPPE. (Bayle n'a pas donné cet article J (b) Il a pour litre, Tlift Toi/ fjin fct-Sicet TrurTiùiiv cTiotCoAM: de non teraerè credendo calumni.T.
APELLES.,63 concerne la peinture d'un che- uns lisent Cois et les autres Cous. Le val (K). Il n'y avait point d'af- 8'^''°'* "«'"^''^ d'auteurs qui donnent faire si importante qui pût obliger Apelles d'être un jour sans appliquer son pinceau, d'où naquit un fameux proverbe (L). Les livres que ce grand peintre avait composés sur la peinture sont tous perdus (c). On ne sait ni oii, ni quand il mourut. Une une autre patrie à Apelles ol)ligea le Mazzoni ù soutenir la cause d'Ovide j mais au lieu de Co, il avance que ce poète a dit Chio (5). Trois auteurs de poids font Apelles natif d'Éphèse (6). Suidas le fait natif de Colophon, et ajoute que la ville d'Ephèse l'adopta. (B) U florissait au temps d'Alexan- dre. ] On ne peut nier qu'il ne fv\t déjà au faîte de sa réputation lors- que ce prince commença la conquête de ses principales perfections jg l'Asie, c'est-à-dire,' dans la i 1 1^.
était de rendre ses ouvrages ex- olympiade. L'aventure d'Apelles à la trêmement ressemblans, de sorte ÇO"»' d'Égvpte fait voir qu'il survécut T-, V J. de dire avec Alajoragius, qu u était liaient pas moins sur ses por- ■■•'"••• - ■ traits, que s'ils avaient vu les originaux (M). On peut rappor- ter à cela ce qu'il fit à la cour d'Egypte {d).
(c) yoluminibiis etiam edilis quœ doclri- nam eam continent. Plin., lib. XXXy, cap. X.
(A) // était natif de l'île de Co. ] Je n'ai trouve' que deux auteurs qui le disent: encore faut -il supposer que l'un d'eux n'avait point écrit ce que la plupart des éditions lui font dire; mais qu'au lieu de ces paroles, Apel- les eo usquè olympiade i ii proi'ectus, ut plura solus propè quant cœteri om- nes coniulerit, il employa celles-ci: Apelles Cous olympiade 1 1 a picturœ plura solus propè quant cœteri omnes conlulit (i). Turnèhe avait conjecturé qu'il fallait lire Apelles Cous, et non pas Apelles eo usquè. Sa conjecture a été confirmée par le manuscrit du Va- tican (a), et par ceux de la bibliothe'- que du roi et de la bibliothèque de M. Colbert (3). L'autre témoin est Ovide. Il parle ainsi: Vl y^enus artificis labor est et gloria Coi, .^quoreo madidas quee premil imbre comas (4).
Nous parlons dans la remarque (I) d'un autre passage de ce poète, où les (i) Plinius, lib XXXV, cap. X. (■i) Voyez Carlo Dali dans ses Apostilles sur la Vie (i'Apelles, pag. 104.
(3) Voyez le P. Hardouin sur Pline, tom. V, (4) Ovtd., de Ponto, lib IV, eleg, l, vs. 29.
élève de Zeuxis: la distance de plus de 130 ans, qui est entre la 84'- olym- piade, où Zeuxis était dans sa fleur (7), et le règne du premier Ptolome'e, ne permet pas cela. C'est Carlo Dati qui relève cette faute de Majoragius: iVon so, dit-il (8), coa quai jonda- niento Marcantonio Majoraggio nel Commento sopra l'Orat. di Cicer. an, diccise che Apelle J'osse sculare di Zeusi, quando tra l'uno e l'altro corse l'eta d'unuomo. Voici ce que c'est que l'aventure de la cour d'Egypte. Apel- les n'avait pas eu le bonheur de se faire aimer de Ptolomée à la cour d'Alexandre. La tempête l'obligea à. relâcher à Alexandrie pendant le rè- gne de Ptolomée. Un fourbe, pour lui jouer un mauvais tour, lui alla dire que le roi l'invitait à son dîner. Apel- les se pre'senta; et voyant le roi fort ea colère, il allégua pour son excuse, qu'il ne venait que par son ordre. On voulut qu'il montrât celui qui l'avait invité: cela n'était point possible j car le fourbe n'était point alors dans la chambre. Apelles se mita le crayon- ner sur la muraille avec un charbon: Ptolomée le reconnut dès les premiers traits: Non fuerat ei gratia in comi- talu Alexandri cum Plolemœo, quo (5) Dlfesa di Dante, lib. III, cap. XVI, appres. Carlo Dati, Postllle sopra la Vita d'A- peile, pag. io3.
(6J Slrabo, lib. XIV; Lucianus, de Cnlnmn.; ^lian. Histor. Anira., lib IV, cap. L. Voyez. aussi Tielihs, chil. VJII, hist. CXCVII, vs. ig3.
(1) Voyet la remarque (A) de l'article Zeuxis.
(8) Carlo Dati, Poftille sopra la "Vita d'ApeU*, APELLES.
régnante Alexandriam vi tempestatis eral auctorilati juris in regem alioqui expulsas, subornato fraude œmulorum iracundum (i3). Il n'est point croya- . •_ _•...•.-...„ _j..„„;, ui- „..'A„„ii„^ „;t „..;„^„,...'..
piano regio int'itatus, ad régis cœnam t^enit, indignantique Ptolemœo et wo- catores suos oslendenli ut dicerel à quo ^orum inuilatus esset, arreplo carbone exstincto èfoculo imaginent in parie- te delineai'it, agnoscenle l'ullumplani rege ex inchoato protiniis (9).
(C) Alexandre...le uoyant amou- reux de l'une de ses concubines la lui céda. ] Pline raconte la chose de cette manière. Alexander ei honorera ble qu'Apelies ait pu espérer qu'une expression aussi forte que celle-là, de quelque manière qu'on s'en servît, serait prise en bonne part; et l'on a de la peine à croire qu'Alexandre, qui avait etè si bien instruit et dont le génie était si beau, ait parlé assez im- pertinemment de la peinture, pour mé- riter la moquerie du plus petit ap- prenti. C'est le sentiment du docte Freinshemius: Non crediderim in ojclarissimo prœbuit exeniplo, nanique Jiclnâ imperitè multa disserentem ab <:iim dileclam sibi è pallacis suis prœ- Apelle mordaci dicterio repressum cipuè, nontine Campaspen, nudani fuisse. JVam id neque majestati tanti pineiob admiralionemjormœ ab Apel- régis, neque inodestiœ pictoris, homi- le jussisset, eunique tum pari captum nis non stupidinec indocli conuenisset; amore sensisset, dono eam dédit. Mag- nus animo, major imperio sut: nec minor hoc facto, quàm victoriâ ali- quâ; quippè se uicit, nec torum tan- tum suum, sed etiam ojf'ectum dona- %'it arlijici: ne dileclœ quidem respec- ta motus, ut quce modo régis fuisset, nunc pictoris esset. Sunt qui yenerem Anadyomenen illo pictam exemplari putant (10). Élien parle de la même histoire j mais il donne le nom de Pancaste à cette maîtresse d'Alexandre et Alexander liberalibus studiis ab ex- trême cetate imbutus, etiam. de arlibus quas non calleret haud inepte judic are didicerat {1 ^). Pour ce qui est de Mé- gabyze, prêtre de Diane (i5), il ne serait pas si étonnant qu'Apelies lui eût donné cet avis. C'est lui, si nous en croyons Plutarque, qui fut censuré de cette manière par Apelles: IVe t'oyez-i^ous pas, lui dit- il, que ces garçons qui broient l'ocre, et qui, pendant que i^ous ne disiez mot, ne (i i). L'article de ce prince contiendra jetaient sur i^ous que des regards de une remarque sur ce sujet (12): nous respect, à cause de l'or et de ta pourferons voir qu'un homme qui don- pre de i'os habits, ne i^ous ont pas nait à peindre toute nue la plus belle plus tôt ouï raisonner d'une chose que de ses concubines ne mérite pas les v/ous n'entendez pas, qu'ils se sont éloges de continent et de chaste qui lui ont été donnés.
(D) Il y a lieu de douter qu'il ail abusé autant qu'on le dit de la bonté d'Alexandre.'} Pline a beau dire qu'A- pelies s'était rendu agréable à ce prin- ce, par sa politesse et par sa douceur, il aura de la peine à persuader à ceux qui connaissent Alexandre. qu'un peintre lui ait dit impunément: Tai- sez-uous, les garçons qui broient mes couleurs se moquent de t^ous. Fuit et comilas illi propter quam gratior Alexandro Magno eral fréquenter in qfficinani i^entitanti...Sed et in (fjfici- nd imperitè multa disserenti silentium comiter suadebat, rideri eum dicens à pusris qui colores tererenl. Tantitm (9) Plinius, lib. XXXr, cap. X.
(10) Idem, ibid.
(11) ^.llani Var. Hist., Ub. XII XXXI y.
cap.
(13) Voyei les remarques (II) cl (I) de Var- tiele Macédoihe.?
moques de vous (16)? Un autre auteur dit que ce fut Zeuxis qui parla ainsi à Mégabyze (17.) On pourrait me per- suader plus facilement la liberté dont on dit qu'Apelies usa envers Alexan- dre dans une autre rencontre. Alexan- dre ayant examiné son portrait, qu'Apelies venait de faire, ne le loua point selon son mérite. Peu après, on lit venir un cheval, qui hennit à la vue du cheval du même portrait, comme s'il eût vu un vrai cheval, aire, cap. ri.
{i5) Plit.tipurs sa^ans croient que Me'gabyze était un nom ajfecte' au prêtre de Diane. D'au- tres riitendent ici par Me'gabj'ie, un grand seigneur de Perse, (16) Plntarcliiis de Discrim. Adulât, et Amici, pag. 58; et de Tranquill. Ânimi, pag. 4?', 47^- (17) 7i:iiani Vav. Hist., lib. II, cap. II. Freiuslieraius, dans le chap. VI du II'- liv. de ses Supplcniens à Quinle-Curce, le cite comme lyanl aUribuc cela à Apellet.
APELLES dit alors Apelles à Alexandre, on di- rait que ce chei^al se connaît mieux en peinture que ne fait votre majesté (i8). Mais, pour dire franciiement ce que j'en pense, je trouve tout cela trop dur, trop grossier et trop brutal, pour l'attribuer à un peintre qu'on me représente d'ailleurs comme un homme doux, civil et poli. Il faut être, ou sur le pied de bouffon dans une cour, ou avoir cette humeur bi- zarre et capricieuse que l'on voit assez souvent dans les artistes les plus con- somme's: il faut, dis-je, recourir à l'une ou à l'autre de ces deux suppo- sitions, pour croire ce que l'on conte d'ApeUes, non - seulement envers Alexandre, mais aussi envers ce Mé- gabyze, que l'or et la pourpre fai- saient respecter.
Le discours d'Apelles à Alexandre, au sujet du cheval qui avait henni, est plus hounête dans les traductions de quelques sa vans, qu'il ne l'est dans l'original,• mais cette addition d'hon- nêteté ne leur fait guère d'honneur: et Erasme, d'avoir très-mal rapporte cette historiette (ai). Je m'élonne que Phrie l'ait ignorée, lui qui rapporte quelque chose touchant le hennisse- ment d'un cheval. Voyez ci-dessous la remarque (K).
(E) La réponse qu'il Jît touchant Laïs ne fait point d'honneur h ses mœurs. ] Elle était encore jeune fille, lorsqu'Apelles la voyant révenir de la fontaine et admirant sa beauté, 1,-j cajola de telle sorte qu elle alla où il voulut. Il la mena à un repas. où quelques-uns de ses amis se devaient trouver: ils se moquèrent de lui, de ce qu'au lieu d'amener une courtisane, il amenait une pucelle: JVe vous en mettez pas en peine, leur répondit-il • "'«" sojez point surpris: je la dresse- rai si bien, qu'avant que trois ans se passent, elle saura son métier en per- Jeclion. XXsi/at^-otvTcov cT' an/rov tmi «tsiit pajv oTi àvS' iTst'tpctç Trstpiîvov ik rà a-Uf/.7roa-iov «.■^«.■joi, /u.>iQci.vjuiiT»ti, UTTiV; s>œ yttp aÙTHV iiç /uîxxau3-a.v /i.7riKttua-tt IJ.i'v oui' g'ahv rpuria-v x.a.\iiv Sil^ca (22).
c'est une faute, c'est une ignorance. Irrisus autem à familiaribus, qubd Voyons le grec: [AXê|otvJ>oc Sêas-ct^/êvoç Txv êv E<|iso-ia i'iKovx IclvtoZ t^v Ûtto ^TriKKou •ypcL(^ii<ra.v oùx. iTrtivifi Kurà.
TKV li^lltV TOU ypÂjU/UATOÇ. EiV*;^^9lvToç • £ TO? 'iTrTrOtl KOLI P^pê^ÉTlVslVTOÇ TTpOÇ TOV ITTTroil TOV IV TK iinôvt ùéç TTpOÇ ÀXtlâlVOV meretricis loco virginem adduxisset, « IVolite mirari, inquit, miki etenim » non loto opus erit iriennio ut eam » ad futurœ volufjtatis usum pulchrs » doctam institutanique reddere va-...t. -vu», c*!, /.fiui u./Mi'jivuv ^> leam. » Ne dirait-on pas qu'il s'a - ncti tKiitov, à CoLiTiKiu {ilTTîv 'a'ATriKxii;) gissait d'un jeune cheval, qui ne sa- «XX 0 yi 'iTTTroç £oiK€ a-ou ypùL<^iKciTipoç vait pas le manège; mais qui, entre tlytti KxrÀ TToxù (19). Voici de quelle les mains d'un excellent écuyer, apraanière Érasme rapporte ce fait. Apud Ephesum quùm Alexander con- spectam ejffigiem sui corporis ad vi- vant magnd arte expressam admirare- tur, atque intérim forte equus induc- tus picto in eâJem tabula equo adhin- niret, deceptus imitatione; Apelles; prendrait toutes sortes de voltes et d'exercices? On a horreur, quand on songe à la corruption de ces siè- cles-là. Les amis d'Apelles témoi- gnaient encore plus de dérèglement que lui (23). Lais devint une des plus renommées courtisanes de son siècle.
Equus, inquit, ô rex, multb meliùs Les peintres allaient chez elle, pour expressus est quam tu_ (20). Je laisse là y prendre le modèle d'une belle gorge (■24). Apelles, en tant que peintre, se servit sans doute de ce même original: les circonstances qu'Érasme rapporte sans les avoir trouvées dans Élien; je m'arrête à la réflexion qu'il fait faire au peintre: Sire, j'ai beaucoup mieux réussi h peindre votre cheval qu'a peindre votre majesté. Ce n'est point le sens du grec: un savant critique a montre que ypaL<^i)ioi; signifie un hom- me qui entend la peinture; et il a convaincu par-là Cœlius Rhodiginus (18) JElian! Var. Hist., lib. Il, cap. III.
(19) Idem, ibid.
(20) Erasm., m Apophthegm.
IVemini dubium esse polest quin banc ipsam quoque Ln'ideni sibi veluti in contubernium adsciverit Apelles, quo vivant eniendatissimœ formœ imagi- (21) Paulus Leopardus, Emendationum lib. XII, cap. IK.
(=2) Allien., Ub. XIII, pag..588. D.
(23) Riclielet, dans son Dictionnaire, au mot Pucelage, rapporte qu'on dit que le puce- lage, en matière de filles, e.it le ragoût des SDtS.
APELLES.
vie. Il faut établir de deux choses l'une: ou que Lucien parle d'un nem ab animali exemplo in tabulas (Y) Personne ne s'est aperçu des er- Apelles diflerent de celui qui fut si reurs qui se rencontrent dans 'la narra- considère d'Alexandre; ou qu il a con- iion du fait de son tableau de la Ca- lomnie.l Voici comment Lucien Texlomnie.} Voici com pose. Le peintre Antiphilus, ne pou- vant soufirir la faveur dont Apelles jouissait auprès du roi Ptolomëe, l'ac- cusa d'être complice de la conspira- tion de Théodote, gouverneur de Phe- nicie. 11 soiitint que l'on avait vu Apelles dînant avec Thëodote et lui parlant à l'oreille pendant tout le re- {)as: puis il vint apprendre que, par e conseil d'Apelles, la ville de Tyr s'était révoltée et que celle de Pélu- sium avait été prise. Cependant il était certain que l'accusé n'avait point été à Tyr et qu'il ne connaissait Théo- dote que sous la qualité générale de gouverneur de Phénicie. Ptolomée s'emporta de telle sorte que, sans rien examiner, il fut tout prêt de faire fondu quelque complot tramé sous Ptolomée Philadelphe, avec la trahi- son de Théodote. N'y ayant point d'auteur qui nous puisse fournir des lumières sur quelque complot où la calomnie ait pu mêler notre peintre, ce serait peine perdue que de recher- cher le fondement de l'erreur de Lu- cien. Voyons seulement s'il a eu en vue un autre Apelles que celui dont je parle dans cet article. Je ne saurais me le figurer; car tout homme qui sait écrire se garde bien, lorsqu'il fait mention d'un peintre qui n'a rien de commun que le nom avec le grand et l'incomparable Apelles, de le nommer simplement Apelles. Il avertit qu'il ne parle pas du ^rand Apelles. Or, Lucien n'avertit point de cela, et tout ce qu'il dit mène en limourir Apelles. Une considéra, ni la gne droite au grand Apelles: cest donc de lui qu'il prétend parler. sais bien qu'un homme docte fait fond sur l'épithète d'Éphésien. 'A^nx- ?,>)ç ô 'E^ÎTto. Ad distinctionem illius Apellis qui sub Alexandro et Ptolo- mœo Lagi yiocit maximi nominis et artis, Coipalrid. Hic autem patriâ Co- lophonius, i'erum Ôês-si, id est adop- tione fuit Ephesius, teste Suidâ, Pamphili Amphipolitœ discipulus (27); mais je sais aussi que d'autres ont donné cette épithète au grand Apelles (28). Je puis même me servir de la raison contenue dans le passage que je cite \ car si Lucien a pu donner cette épithète à son Apelles, parce qu'il parlait d'un peintre né à Colo- de Ï'rccu7are"îr^ iUe con- phon, et adopté par les habitans d'E rc l'esclave d'Apelles, et phèse, je puis prétendre qu il la don condition de l'accusateur, ni celle de l'accusé. Celui-là, par jalousie de mé- tier, pouvait entreprendre la ruine d'un innocent, celui-ci était un trop petit particulier pour être capable d'un tel complot, quand même la re- connaissance de tant de bienfaits, dont Ptolomée l'avait comblé, n'au- rait pas étoulTé en lui les mauvaises intentions. Le prince ne faisait nulle attention à cela: il ne demandait pas si Apelles avait fait un voyage à Tyr j il ne faisait que pester, et que jurer: et, si l'un des conjurés n'eût montré la calomnie d' Antiphilus, le dernier supplice de l'accusé était infaillible. Mais aussi, quand Ptolomée eut con nu le crime damna à être donna cent talens à celui-ci. Voilà née au grand Apelles, né dans l'île 4e l'occasion qui porta Apelles à faire Co, mais sans doute bourgeois d Ll'excellent tableau de la Calomnie, dont Lucien fait la description. C'est dommage qu'il l'ait faite sans s'aper- cevoir de son monstrueux anachronis- me; car la conspiration de Théodote regarde le règne de Ptolomée Philo- pator, qui ne commença que cent ans après la mort d'Alexandre (2GJ. Jugez si Apelles pouvait être alors en ( uSi) Junins, in Calalago ArtiCcum, in Apelle, (stJ) Voyez Polybe, avx IV'. et V. Uv. Il en parle Jort a" long.
phèse. Un homme de cette importance se serait-il établi dans cette ville, (c'est là qu'Alexandre le vit et le fréquenta) sans y recevoir tous les droits de citoyen? Autre preuve. M. Tollius accorde que Lucien parle du même Apelles que Suidas; or, Sui- das ne parle que du grand Apelles. Je le prouve, 1°. parce qu'il ne parle que d'un Apelles: aurait-il laissé le (37) Jacohiis Tollius, Nolis in Lucian., de Caliimniâ, cnp. //, n. i. (28) Strabon, t'iien, TzeUis?
APELLES.
trand et l'illustre, pour ne parler que termes de Pline, au chapitre X du e l'obscur et de rinconnu? 2°. parce XXXV^. livre. Je rapporte, dans la 3u'il donne à son Apelles la qualité remarque (C), le passage où il dit que 'élève de Pamphile d'Amphipolis, la maîtresse d'Alexandre fut l'original qualité que Pline a donnée au grand d'après lequel cette Venus fut tirée.
Apelles (2q). Ainsi l'eri-eur de Lucien L'article de Phryné * nous apprendra Apelles (29) est évidente; et je suis surpris que, ni Jean Baptiste Adriani (3o), ni Carlo Dati (3i), ni François Junius (32), ni tant d'autres célèbres auteurs, qui ont parlé de ce Traité de Lucien, ne l'aient pas aperçue, et qu'ils aient tous pris cette narration comme une aventure effective du grand Apelles. M. Tollius a très-bien connu que le crime dont on accusait Apelles se une tradition différente de celle-ci.
(H) Il eût acheté un plus beau por- trait de f^énus, si la mort ne l'eut eni' péché de le finir. ] Si Calcagnini avait mieux aimé rapporter le témoigaagc des anciens auteurs, que dire les cho- ses de sa tête, il n'aurait pas assuré qu' Apelles laissa volontairement im- parfaite sa Vénus Anadyomène. La raison de cette conduite, dit-il, fut rapportait au règne de Ptoloraée Phi- qu Apelles désespéra que la conclu- lopator; mais il n'a point connu que sionfût digne du commencement -.S ed Lucien se soit trompé; il a mieux ai- ô nie multo Apelle incautiorem! ill'' mé supposer que Lucien avait en vue enim tantd felicitaie F'eneris emer- un autre Apelles, contemporain d'An- i;;entis partes superiores expressit, ut tiphilus, et disciple de Pamphilus. Je ne saurais dire en quel temps vivait Antiphilus, ni Ctésidémus, dont il fut élève (33)5 ui^'is il e;st clair, selon Pline, que Pamphilus florissait au temps de Philippe, père d'Alexandre- le -Grand (34)'