Suidas lui attribue une histoire où il traitait de chaque nation, 'îypct^i^ »Vofi*v x*T ï9vo;, scripsit Historiani. de singuUs gentibus. La fameuse his- toire du lion d'Androcle n'est connue que par le récit d'Apion. Il en parle comme témoin oculaire. Aulu-Gelle la rapporte après lui ( 28). Il lui doit une autre remarque, c'est la raison pour laquelle les anciens portaient une bague à la main gauche au doigt le plus voisin du petit. Apion en donnait une raison tirée des découvertes qu'on avait faites en Egypte par l'ana- toraie (29).
(H) Une faute échappée au père Rapin, nu sujet d'Apion, a été cruelle- ment relevée parle jésuite f^avasseur. 1 11 raconte d'abord le fait, et puis il ajoute; « Devinez, lecteur, la plai- » saute méprise du réflexif, pour » avoir mal entendu deux mots de ce » commentateur (3o). Au lieu que )) j'ai mis, dès qu'il fut sorti de l'école » du professeur, il peignit l'image de » Jupiter j notre réflexif, pour ex- » primer ces mots d'Eustathius, xaî }> ÀTiciv iyfU..^ii, et egressus pinxit, •» s'est avisé de mettre comme l'écrit » Apion le grammairien. En quoi le )) bon homme certes n'a pris garde à » rien. 11 ne s'est pas aperçu, ni que j) ce participe àtiûSv n'est pas 'A^r/av, » comme s'appelle ce grammairien j (23) Orig., contra CeUam.
(24) Tatianus, apuj, Easeb. Praipar. Evang. pag. 49H.
(25) Athen., Ub. Vil, pag. 294. F.
(26) Idemjib. XV, pag. 6So.' D. (27; Plinlus, in indice libri XXXK (28; Aulus Gelllus, Ub. V, cap. XIK.
t8o APOLLIiNARIS.
» ni que le Verbe ïyfct-^tv signifie en » ce lit u là, il peignit, comme il est » dit auparavant en même sens •),^â^û)v » et ypéi^it 5 ni qu'enfin «.ot*v cùm )> discessisset, rt^ponJ au verbe qui » précède, 7ra.piu,adsluU. Après cela, » si le re'flexif a vu lui-même l'en- » droit d'Eustathius, je m'étonne de i> ce qu'il l'a si mal conçu: et s'il a )) pris cette interprétation de quel- » que autre, je m'étonne encore davan- » tage de ce qu'il a fait si fort î) semblant d'avoir vu Eustafhius, » marquant soigneusement l'endroit (3i) Remarques sur les nouvelles réliexioiis touchant la Poétique, pag. 56, 5'].
APOLLINARIS ( Caius Sulpi- Tius ), grammairien fort docte, natif de Carthage (A), a vécu dans le IP. siècle sous les Anto- nins. Il eut pour successeur dans la profession de grammaire Helvius Pertinax, qui avait été son disciple, et qui fut enfin empereur (a). On le croit auteur des vers qui paraissent à la tête des comédies de Térence (B), et qui en contiennent le sommaire. On a l'épigramme qu'il composa sur l'ordre que Virgile avait donné de brûler son Enéide (C). Aulu-Gelle, qui avait étudié sous lui, en parle souvent avec éloge (D). Je conseille surtout de voir ce qu'il en adit dans lechapitre VI du XVIIP. livre. On y trouvera le portrait d'un fanfaron d'éru- dition, et la manière adroite dont Apollinaris se moqua de lui (E).
(a) Julius Capitolinus, in Ferliiiace, (A) Natif de Carlhage, J Je n'ai foint trouvé d'auteur ancien qui me apprenne: je ne le débite que sur la foi des auteurs modernes qui ont publié descompilationsd'épigrammcîs, ou de Calalectes des anciens poètes.
(b) On le croit auteur des vers qui yaraissenl à la létc des comédies de Térence.l J'ai lu dans une lettre de Pierre Crinitus (i), que Politien avait remarqué que cts vers ne devaient pas être attribués à Térence, comme le croyaient bien des gens, mais à Sulpicius Apollinaris. Il ajoute, qu'on lisait, dans un très-ancien manuscrit de Téience, cette inscription en grands caractères sur les sommaires, G. SuLPici Apollinaris periocha. On s'est fort réglé sur cette inscription dans les éditions de Térence. M. do Tillemont nous renvoie à Sethus Cal- visius, touchant ces sommaires (a). Il est vrai que Calvisius en parle sous l'année i63: mais il cite Suidas, et je doute fort qu'il l'ait dû faire. Il ne tient pas à M. de Tillemont que l'on ne croie que nous avons encore deux ouvrages d'ApoIlinaris. Il (*') a laissé quelques lettres, dit-il, et (*^) un écrit où, il reprenait un autre gram- mairien nommé Cœsellius f^index *'. (C). On a l'épigramme qu'il com- posa sur l'ordre que f^irgile ai'ait donné de brûler son Enéide.'[ La voici j ce n'est qu'un distique *': Infelix alio cecidil propè Pergamon igné, El ptenè est alio Xroja cremata rogo.
Ces vers-là font regretter la perle des autres, f^ersus habemus ejus aliquos de jEneide Maronis qui deperditorutn accendunt sitim{3). Ces paroles sont du jésuite Briet. Je m'étonne qu'il ne parle pas des sommaires de Térence, et que Vossius ne dise rien de notre poète *^ J'avoue qu'il parle d'un Apollinaris que le Giraldi a compté entre les poètes latins j mais comme (i) Elle est parmi celles de Politien, /« XXII*. du XII'. livre, e'dilion de Paris, en (2) Tillemont, HIst. des Empereurs, lom. II, pag. 5R9.
(*■) Gellius, m. XV, cap. V.
*' Joly avoue que M. de Tillemont ne s'est pas expliqué exactement.
"^ Guib remarque que ce n'est pas un dis- tique: la pièce entière a six vers que Joly rap- porte, et qui se trouvent d'ailleurs dans la Vie de Virgile altribuée à Dorât.
(3) Brielius, de l'oet. Lat., pag. l\-i..
*' Joly prétend que J. A. Fabricins n'a point consacré d'article à Apollinaris dans sa Btbliolhera Intina. C'est une erreur: le chapitre XIV du livre iU est consacré à Symmaque et ii Sidoine Apollinaire. L'article de ce dernier est à la page i3i du tome (I de l'édition citée par Joly.
APOLLîNARIS.
i8i APOLLîNARIS.
i8i c'est un Apollinaris qui vivait au temps de Martial (4), il est manifeste que ce n'est pas le nôtre. D'ailleurs tous ceux qui se plaisent aux vers ne sont pas poètes: ainsi l'on a eu rai- son de contester au Giraldi la qualité de poëte qu'il a donne'e à l'ApoUi- naris de Martial, et qu'il a fondée sur l'amour qu'avait cet Apollinaris pour les poe'sies de Martial: Eunt in pnëlis Tiieinornl Lilius, sed non sat jhino argumenta; nec enim si delectaretur epigrammatis, eo et ipse Jiierit poêla (5).
(D). Aulu-Gelle..., parle sowent d' Apollinaris, avec éloge (6.) ] H l'appelle l'iriim prœstanli litterarum scicntiâ('j): hominemmenioriœ nostrœ doctissimum (8): l'iruni eUganti scien- tiâ ornatuni (g): l'irum in memorid nostrdprœter alios doctum(jo.) Voyez le chapitre XIII de son XJI*. livre. Il lui donne une autre qualité, qui n'est pas moins estimable que l'e'rudition: c'est qu'Apollinaris n'avait pas cette fierté' pe'dantesque, qui fait qu'on cen- sure magistralement ceux qui s'éman- cipent à parler des choses dont ils ne sont pas bien instruits. Pour lui, il avertissait doucement de l'erreur. Aulu-Gelle en produit un illustre exem- ple ^ car pour peu qu'Apollinaris eût éfé pédant, il eût pris le ton le plus aigre de la censure, dans l'occasion où Aulu-Gelle le représente revêtu de beaucoup d'honnêteté. On avait de- mandé en sa présence qui était un certain Cato IVepos, qui paraissait à la tête d'un volume? Un jeune écolier prit la parole tout le premier, et se mêla de répondre à la question, et se trompa. La majesté professorale se trouvait là ofiensée j un jeune homme avait prononcé sur une question en présence d'un professeur en gram- maire, sans attendre que le gram- mairien eût dit son avis: cette pré- cipitation n'était guère supportable; néanmoins Apollinaris ne l'ectifia point (4) Jl lui adresse Vépigramme XXV, du VII'. liv.
(5) Vossius, de Poct. Lat., pag. 5o.
(6) Aiilus GpII., Noct. Atlif.ir., lih. VI.cap. VI, pl Ub. XIII, cap XVI, el Ub. XX, cap. VI. ' (7) Idem, Ub. IV, cap. XVII.
(8) Idem, lib. XIII, cap. XVII.
(9) Idem, lib. XVI, cap. V. (10, Idem, lib. XVIII,cap. IV.
la fausse réponse du jeune homme, sans débuter par des louanges, et par des honnêtetés: Tum Apollinaris, ut mos ejus in reprehendendo fuit, placide ad- modiim leniterque, « Laudo, inquit te j) mifili, quodintantuldœtateetiamsi ■» hune M. Catonem,dequonuncquœ- » ritur quis fuerit ignoras, auditiun- » culd tamen quâdam de Catonis fw » milid aspersus es (11).»
(E). Il se moqua adroitement d'un fanfaron d'érudition. ] Ce fanfaron se vantait chez un libraire d'être le seul qui entendît bien Saliuste. « Je ne » m'arrête pas, disait-il, à l'écorce, » ou à l'extérieur de ses pensées: je » vais jusqu'au sang et aux moel- » les. » JVeque primam tantiim eu- tem ac speciem sententiarum, sed sanguinem quoque ipsum ac niedullam ferborum ejus eruere atque introspicere penilîis prcedicaret. Apollinaris, re- courant aux manières ironiques de Socrate (la), adressa la parole à cet homme avec un air respectueux, et se félicita de trouver si à propos \\n oracle à consulter sur un passage de Saliuste, dont on lui avait demandé l'explication le jour précédent, sans qu'il eût pu la donner. Il lui demanda quelle différence mettait Saliuste entre stolidior et fanior, quand il disait Cn. Lentulus...perincertum stolidior an ranior (i3). Le fanfaron répondit, d'un air méprisant, qu'il fallait pro- poser CCS bagatelles à d'autres, et qu'il ne se donnait point la peine d'approfondir ce que tout le monde savait. Il ne laissa pas de faire claire- ment connaître son ignorance sur la question proposée; mais quand il vit qu'on voulait le serrer de plus près, et qu'on,se moquait de lui, il se retira sous prétexte d'avoir ailleurs des affaires. Apollinaris expliqua ensuite ce passage de Saliuste, et prétendit que ca- HMi signifiait un fourbe, et que i<o/«c?MS signifiait un homme rude et grossier. Le.s paroles d'Aulu-Gelle sont dignes d'être rapportées; elles peignent bien: Tum ille rictu oris labiarumque ductu (11) Autus Gell., Koct. Atlicar., lib. XIII, cap. XVIII.
(11) Jactatorem quempiam el venditalorem Sallit'tiante lectionis irrisit illusilque génère ill» Jacptifstmœ dissimulalior.is, qud Sucrâtes ad sophiftas ulebaiur. A. Gellius, lib. XVIII. cap. IV. * (i3) Sallustius, Hljlor., lib. XII.
APOLLODORE.
contemni a se ostendens et rem de qud quœreretur, et honnnem ipsum qui queereret: «. Priscorum, inquit, et re- i> motorum ego verborum meduUas » et sanguinem, sicuii dixi, perspi- 1) cere et elicere soleo, non illorum » quœ proculcata uulgo et protrita )) sunt. Ipso Mo quippè Cn. Lentulo 5) stolidior et ^>anior, qui ignorât ejus- V dem esse vanitatem et stolidita- APOLLODORE. Un grand nombre de personnes de différen- tes professions, et de beaucoup de mérite, ont été ainsi appe- lées. Scipion Tetti (a), Napoli- tain, a composé un Traité des Apollodores, qui fut imprimé à Rome, l'an i555, avec la Biblio- thèque d'ApolIodore traduite en latin par Benedictus iEgius {b). Thomas Gale a retouché cette ma- tière plus de cent ans après (c). M. Moréri a donné sous ce mot beaucoup d'articles, qui auraient bon besoin de révision. Il a oublié im illustre Apollodore, qui est le seul dont j'aie dessein de parler.
(a) Moréri l'appelle Tallixxs, au lieu de TeUius.
{b) Voyez Nicodemo, Addilione alla Bi- Lliot. Napolet.
(c) Voyez son Apollodore, imprimé à Pa- ris, ai'ec d'autres Traités, en 1675.
APOLLODORE, fameux ar- chitecte sous Trajan et sous Ha- drien, était de Damas. Il eut la direction du pont de pierre que Trajan fit construire sur le Da- nube l'an 104, et qui a passé pour le plus magnifique de tous les somptueux ouvrages de cet empereur. Procope en parle (a); et il y a quelque apparence qu'A- poUodore en avait laissé la des- cription par écrit. Hadrien, qui (a) De iEdific.; llb. IV ^ cap. Vl,pag. 81, apnd Tillcmont, Histcirc des empereurs, se piquait de savoir en perfection tous les arts et toutes les scien- ces, jusqu'à concevoir de la ja- lousie et de la haine contre ceux qui s'étaient acquis une réputa- tion éminente dans leur profes- sion, avait des motifs tout par- ticuliers de n'aimer pas Apollo- dore; car un jour que Trajan discourait avec ce grand archi- tecte sur les bâtimens qu'il fai- sait construire dans Rome, Ha- drien voulut dire son avis, et le fit en homme qui n'y entendait rien {b). Apollodore le brusqua: Allez-vous— en, lui dit-il, pein- dre des citrouilles; car pour ce qui est des choses dont nous par- lons, l'ous y êtes fort ignorant. Hadrien, en ce temps-là, s'oc- cupait à peindre des citrouilles, et s'en vantait même. Cette in- cartade d'ApolIodore lui coûta bon. Hadrien s'en souvint toute sa vie; et, quand il se vit empe- reur, il n'oublia pas de se venger. Il n'employa point Apollodore, il le relégua, et enfin il le fit ac- cuser de plusieurs crimes, et le fit mourir sous ce prétexte: il aurait eu honte d'avouer la cause de ce supplice. Apollodore avait ajouté à la vieille offense une in- jure qui piqua jusqu'au vif cet empereur: il avait critiqué, et bien critiqué, qui pis est, un somptueux édifice qu'Adrien avait fait faire. Le prince, pour montrer à Apollodore qu'on se pouvait passer de lui, affecta de lui envoyer le plan du temple de Vénus; et quoiqu'il lui deman- dât son avis, ce n'était point pour en profiter; la construc- tion était déjà faite. Apollodore écrivit fort ingénument ce qu'il {b) Xi^jliiliuus, in Iladiiano.
APOLLODORE.
pensait de cet édifice, et y trou- ait que Phuluis, ayant h fùre la va des défauts très-essentiels (A), *'","'« /^ Jupiter Olympien, ^ouhu i> •. ■ qu il tut assis, ft (Inné litniteur si que 1 empereur ne pouvait, m dispro,,orlionnée à celle du temple, desavouer, ni réparer. Ce fut ce que s'il eilt été debout, la fodie se qui jeta ce prince dans la plus Jût trout^ée Je beaucoup irr>p basse.
grande indignation, et qui le ^"''"* ^«''^"'^ due que Dieu,.,ent ", V'r ■ j) 1 n J diins nos drues, qui sont ses temples.
(c). Cette dernière ingénuité toute son étendue (3).
était infiniment plus excusable (B) On choque quelquefois celai que la première. On ne sait pas dont on doit devenir sujet (4).] La naqui ou choque, quand on traite l^l^- ^ "i"'' était entre Traian et ^, ^, ^.. riadrien, pouvait avertir de cela avec hauteur les ignorans qui Apollodore; mais Toilà le défaut de ceux qui se croient nécessaires, et que leur grande habileté introduit dans la faveur: ils s'imaf^nt-nt qu'ils n'ont pas besoin de ménager les jeunes prin- ces, et que le grand patrnii leur suffit. Lfs temps changent, et ils éprouvent me confirme dans ma coniec- ^1"^ '«^"i' fierté magistrale et impi- ture touchant les conversations toyable contre tout ce qui ose pa. -1er impeitinerament de leur métier de- vant eux est une grande sottise. (C) Ce/a me confirme dans ma veulent faire les capables en pré- sence des plus grands maîtres. On choque quelquefois celui dont on doit devenir sujet (B), ou avoir beaucouji de besoin. Cela (c) Ex Xipliilimi, in Hadriano.
conjecture touchant les conversations' (A). // troui'a dans le plan du d'Apelles et d'Alexandre.'] J'ai dé- clare ci-dessus (5), que je ne saurais temple de P^enus des défauts très- essentiels. ] Il fit voir par bonnes rai- sons, qu'on ne l'avait fait ni assez grand ni assez haut; et que l'on y avait mis des statues d'une taille peu proportionnée à!a grandeur de ce temple; car, disait-il, si les déesses (voulaient se lever et sortir, elles ne pourraient pas exécuter cette envie ( i). Voici comment un de nos auteurs a paraphrasé cette pensée: L'architecte Apollodore, voyant certaines figures de quelques dieux, dans le temple de Fenus, <c Ces dieux, dii-il, feront me persuader que ce grand peintre ait osé prendre envers ce jeune conqué- rant une liberté de le censurer aussi grossière que celle dont quelques au- teurs font mention. Je sais bien que ceux qui excellent dans ceifains arts sont quelquefois d'une humeur si ca- pricieuse, qu'ils ne sont point capa- bles de se contenir dans le respect, lorsqu'une boutade les saisit; mais je sais aussi cfiie l'on attribue à Apelles beaucoup de douceur et de politesse. Ce n'est point ma principale raison: » fort bien de demeurer assis comme l-i phis forte est celle-ci. Alexandre, î) ils sont. S'ils se voulaient lever, le plus mal endurant de tous les hom- » a moins que de se courber e.rtré- » mement, ils renverseraient la voûte 3) du temple; et ce serait bien pis, » s'il leur prenait envie d'en sortir; mes, n'aurait point laissé impunie une censure si méprisante; or, nous ne lisons point qu'Apelles soit jamai.s décliu des bonnes grâces de ce prince.
» car les portes étant trop basses pour L'argument du plus au moins a lieu j) eux, ils seraient réduits à se baisser '"' "-'-- — -t-:i —:-- ^— —■' * » d'une façon incommode et indé- î> cente (2).» J'ai lu quelque part, que l'on critiquait par le même en- droit le Jupiter Olympien de Phidias; mais d'autres y ont fondé uns ré- flexion pieuse. Ecoutons Cardin: On (i) Ex Xiplillino, m Hailriano. (ï) Costar, Apolojic, ptig. «jo.
ici. Hadrien était moins fier qu'A- lexandre; il n'était point roi quand on l'insulta: et cependant la censure de l'architecte fut une ollènse mortelle.
(?.) Bardin, Lycée, chap. II.
(4) ^""oye: le lexlc de l'article d'AsTOKiAno, vers In fin.
APOLLON. APOLLONIUS.
APOLLON, divinité païenne, Cherchez Phoebus *.
APOLLONIUS de Perge, ville de Paniphylie, a été un grand géomètre (a), sous le règne de Ptoîomée Evergètes, qui s'étend dejiuis la deuxième année de la i33*. olympiade jusqu'à l'an trois de la iSy". 11 étudia long- temps à Alexandrie, sous les disciples d'Euclide (b), et il com- posa plusieurs ouvrages, dont il ne nous reste qvie celui des Co- niques (A). On en fait beaucoup d'état, et plusieurs auteurs an- ciens et modernes ont travaillé à le commenter, ou à le traduire (B). M. Descartes n'en jugeait point favorablement (C). Quel- ques-uns ont cru qu'Apollonius s'appropria les écrits et les dé- couvertes d'Archimède (D). Il avait un fils qui s'appelait Apol- lonius, et qui fut le porteur du IF. livre des Coniques à celui à C[ui l'auteur l'avait dédié (c). Les Arabes ont été fort ignorans en chronologie à son égard (E). M, Moréri a fait ici bien des fautes (F).
(a) Eutocius Ascalonita, iiiilio Commentar. in Gonica Apollonii,ex Heraclii Vilâ Aiclii- medis.
(b) Pappiis, in Proœmio, ad lib. VU, Matliemat. Collection.
(c) Apollon., Epist. dedicator., lib II, apucl Eulocium.
(A) // composa plusieurs owiasçes dont il ne nous reste que celui des Co- niques."] Deux livres Trspi xityou «Îîtoto- juîiç, de proportinnis seclione; deux TTifi X.^piou à,7roTOfji.yiç, de spatii seclio- ne; deux Jiftipic-ji/cviic to//«ç, determinatœ sectionis; deux i7rat.<^m -, tactionum; deux vtl/Tiaiv, inclinalionum; deux tÔ- «•«V tTTtmJ'aiv, planorum locorum (i); (i) Vo5>iii5, de Scient. Matliemat., cnp. XVI, paf;..5i, ex Pappi, liO. VII Malliemalita: Caili'CtioDi).
huit des Coniques. On ne peut douter qu'il n'y eût VIII livres dans ce der- nier ouvrage; l'e'pître liminaire de l'auteur, adressée à un géomètre de Pergarae, nommé Eudémus, nous le montre clairement. Le public n'a point vu encore le dernier de ces VIII livres: les quatie premiers sont les seuls que l'on ait en grec; les trois stiivans n'ont été' traduits en latin que sur la version arabe. Voyez la remar- que suivante. On trouve cités les livres d'Apollonius de cochlcd, et de perlur- batis ralionibus (2). Je ne sais s'il ne faudrait point donner au même auteur le Commentaire sur les phénomènes d'Aratus, qui est attribué par les an- ciens à Apollonius le géomètre (3).
(B) Plusieurs auteurs anciens et mo- dernes ont trat^aitlé a commenter ou à traduire ses Coniques. ] On dit qu'Hy- patia, tille de Théon, lit un commen- taire sur les Coniques d'Apollonius (4). Nous avons encore celui qu'Euto- cius d'Ascalon composa sur les quatre premiers livres de cet ouvrage, avec quelques lemmes et corollaires de sa façon. Il promettait de commenter les quatre autres: voyez son épître dédi- catoire à Anthémiis. Nous avons aussi (5), au nombre de 65, les lemmes que Pappus disposa et arrangea sur les Co- niques d'Aj)ollonius. Le catalogue des ouvrages de François Maurolycus, imprimé à Venise, nous apprend que cet habile mathématicien a fait un li- vre intitulé Apollonii Conicaelementa, libris quatuor et demonstrationilus et lineamentis oppartunis instaurata (6). Jean Baptiste Mémus (7), noble Véni- tien, et professeur en mathématiques à Venise, lit une version en latin des quatre premiers livres d'Apollonius, qui fut imprimée l'an iSSy (8). Elle ne vaut rien: il n'entendait pas la (2) Àptid Proclum in Euclidem. Voyez i'Epi- tome (le la Bibliothéq. de Gesncr, pag. 71.
(3) Vojez\oss\ns, de Scient. Malhera., cap. XXXII, pag. i56, et de Hist. Graecis, pag.
(4) Claiid. RicViardus, prwf. ad Apollon. PergKiim, sect. X.
(5) In libro III, Mathcmaticarum Collect. Pappi.
(6) Claud. Ricliardus, prwf., ad, Apollon. Perga;um, secl. IV.
(■j) Moréri le mimme àe Mesmes: il a cru sant doute que c'était un Français de la famille da ce nom.
(8) Gland. Rictiai<lus, prtpf-, in Apollon. Prrïacuiu, ^ct. XV.
APOLLONIUS.
matière, et cela fut cause qu'il ne et la quadrature du cercle de Gré s'aperçut point des fautes les plus visi- goire de Saint-Vincent, où il y a beau blés du manuscrit giec. Ens primas coup de choses qui se rapportent aux transtutit, c'est Vossius qui parle (9), Joan. Baptista Memmius; sed irifeti- citer, eo qubd argumenlum nperis non intelligeret: undè non l'idil sat ma- nifestai grœci codicis niendas, ac sœ- pè pwriiuer alucinatur: sicui moni livres d'Apollonius qui nous man- quent. In quibus ( de quadraturâ cir- culi duobus tomis) prœtcr elementa conica peculiari ordine disposita, in- numéro prodit sicuti Middorghis, qucv spectant ad postremos quatuor Apoltuni Francisco Mauroljco prcefatione lonii libros injurid tempnrum suppres in cosntngraphiam suam. Fre'dcric Commandin (10) en fît une nouvelle version beaucoup msilleure, qu'il fit imprimer à Boulogne, l'an i566. Il y joignit la version du commentaire d'Eutocius, et plusieurs notes. Mais, parce qu'il se servit d'un manuscrit grec, qui était tout plein de fautes, il ne put pas faire sa version aussi bonne qu'il aurait voulu; c'est pour- quoi Marin Ghelaldus(i i)se crut obli SOS, in lucem reuocandos (i5). Ferdi- nand P'., grand-duc de Florence, prit, à cœur de faire traduire plusieurs ma- nuscrits arabes qui étaient dans sa bibliothèque. Jean-Baptiste Raimond, qui tenait le premier rang parmi ceux à qui ce prince donnait des pensions Sour ce travail, avait promis de tra- uire Apollonius, que l'on avait en arabe dans cette bibliothèque; et il y a eu des auteurs qui ont publié que é de remonter jusqu'à la source du cette version était achevée (16); mais mal: il tâcha de corriger le manu- on n'en a rien trouvé parmi ses pa- scrit selon le sens de l'auteur, et de piers(i7). Enfin le grand-duc Ferdi résoudre les problèmes; et il crut avoir redonné la vie à cet ancien géo- mètre (12). Voyez le livre qu'il inti- tula Apollonius redii^ii'us, seu resti- tuta Apollonii Pergœi inclinalionum geometria, et son Supplementum Apollonii Gain, seu exsuscitala Apollonii Pergœi tactionum geome- triœ purs reliqua, imprimés à Venise, l'an 1607, in-^°. Claude Richard, jé- suite de la Franche- Comté, et profes- seur royal en mathématiques dans le nand II, et le prince Léopold de Mé- dicis son frère, jetèrent les yeux sur Abraham Ecchellensis, professeur à Rome aux langues orientales, et le chargèrent de ce travail. 11 traduisit en latin les V«., Vi". et VIP. livres d'Apollonius, avec le secours d'Alfonse Borelli, professeur en mathématiques dans l'académie de Pise. Cette traduc- tion fut imprimée à Florence Fan 1 66 1, in-folio, avec le commentaire du même Borelli, qui soutient dans sa collège impérial de son ordre à Ma- préface que ces livres ne sont point drid, expliqua dans ses leçons publi- supposés, mais qu'ils appartiennent ques, en 1642, les quatre premiers véritablement à notre Apollonius. Il livres d'Apollonius, et en 1643, qua- répond aux difficultés de Claude Midfre autres livres dont il était l'auteur, dorge, qui s'imaginait que les trois où il suppléait l'autre partie de l'ou- livres que Golius avait apportés du vrage de cet ancien géomètre (i 3). Ce Levant (18), étaient d'un Arabe qui qu'il a fait sur les quatre premiers 11- s'était caché sous le nom illustre d'Avres fut imprimé à Anvers l'an i655, pollonius. Le père Marsenne nous apin-folio. Il avoue, qu'après avoir prend cette opinion de Claude Midachevé ces deux ouvrages, il lut avec dorge; mais il ne l'approuve pas: il beaucoup de plaisir et d'admiration croit que le VHP. livre des Coniles Coniques de Claude Middorge (i 4), <I"^* d'Apollonius, et tous les autres ouvrages du même auteur, ceux mê- me que Pappus u'a point cités, exis- (g) Vossius, de Scient. Mail)., pag. 55.
(10) El non pas Commandon, comme le notninfi Moréri.
(11) Celait un patricien de Raguse.
(is) Ex Vossio, de Scient. Math., pag. 434.
(i3) Claud. Richardus, prcef., in. Apollon., lecl. XI.
(i4) Très Conicorum libros Claudii Middor- gii...novd methodo ex Apollonianis fontihiis petitos et propno ingenio npposUè digesWs. Cland. Rrcbardi priej'., in ApuHon., sgct. XJ, (i5) Jdem, ibid.
(16) Comme Jérôme Lunadorus, dans son lii're de Komaaâ Caria, yujez Borelli dans sa préface.
(17) Abrah. Eccliellcnsis, in prœf. versionis A|io!loQii.
(18) Le V., le ri', et le Fil', des Co- Diques d'ÂpolloDÏu».
APOLLONIUS.
tent réellement traduits en arabe (19). il en donne pour caution Aben Nedin, qui a fait un livre de Philnsophis Ara- hibus (20). Notez, 1°. qu'à la fin du manuscrit de Golius, on avait marqué que le huitième livre d'Apollonius n'avait pas été traduit en Arabe, parce qu'il manquait dans les livres grecs sur lesquels la version des au- tres avait été faite (31); a°. que le manuscrit, sur lequel a été faite la traduction d'Ecchellensis venait de la bibliothèque orientale, qu'Ignace Néama, patriarche d'Antioche, avait léguée au grand-duc Ferdinand I*''. (2a); 3". qu'Abalphat Asphahanensis est l'auteur de la traduction arabe qui a servi d'original à Ecchelj'avorahlcvient de ses Coniques. 2 « 11 « ne lui paraissait pas étrange qu'il si; » trouvât des gens qui pussent dé- « montrer les coniques plus aisément » qu'Apollonius, parce que cet an- » cien est extrêmement long et em- y> barrasse, et que tout ce qu'il a dé- » montré est de soi assez facile (aSy. » Il comparait ce qu'il avait fait en mé- taphysique aux démonstrations d'A- pollonius, dans lesquelles il n'y a vé- ritablement rien qui ne soit très-clair et très-certain, lorsqu'on considèrf, chaque point a part. Mais parce qu'elles sont un peu longues, et qu'on ne peut y i'oir la nécessité de la con- clusion, si l'on ne se souvient exacte- ment de tout ce qui la précède, a peine lensis 5 et qu'il la fit pour le roi Abi- peut-on trouver un homme dans toute caligiar, qui monta sur le trône une ville, dans toute une province, qui l'an 372 de l'hégire. D'où il s'ensuit soit capable de les entendre. JVéanque cette version n'est point la pre- moins, sur le témoignage du petit mière qui eût été faite en cette lan- nombre de ceux qui les comprennent, gue i car Grégoire Barhebrœus re- et qui assurent qu'elles sont vraies, il marque que sept livres des Coniques rt'y a personnne qui ne les croie (2G).