(n' Voyez la remarque (F).
(ù, Qitn; res summum peregrinulioni mea Iribuebal solatium née minus eliam l'ictum iiberiorem subminislrabat. QuiUni? spiritu favcntis eventûs quœsUculo forensi nutrito, pcv patrocinia sermoiiis romani i/uam mine inconslanter i^ loriusa inforo red- dcrem patrocinia. A\ni\eiu-i, Metam., lib.XI, pa^. 2'j2., edil. Elmenliorstii, an. 1621, in S.
2o6 APULÉE.
comme un magicien (c) non pas tre plus sensiblement l'imperti-» devant des juges chrétiens, ainsi nente crédulité des païens, que qu'un commentateur (cf) prétend d'avoir dit qu'Apulée avait fait que saint Augustin l'assure; mais un si grand nombre de miracles devant Claudius Maximus, pro- (L), qu'ils égalaient, ou même consul d'Afrique, et païen de qu'ils surpassaient, ceux de Jé- religion. Il se défendit avec sus-Christ. Il y eut sans doute beaucoup de vigueur: nous avons bien des gens qui prirent pour V Apologie qu'il prononça de- une histoire véritable tout ce vaut les juges. C'est une très- qu'il raconte dans son Ane d'or, belle pièce (e): on y voit des Je m'étonne que saint Augustin exemples des plus honteux arti- ait été flottant sur cela {h), et fices que la mauvaise foi d'un qu'il n'ait pas certainement su impudent calomniateur soit ca- qu'Apulée n'avait donné ce livre pable de mettre en jeu (K). On que comme un roman (i). Il a observé qu'Apulée, avec tout n'en était pas l'inventeur: la son art magique, ne put jamais chose venait de plus loin, com- parvenir à aucune magistrature, me M. Moréri l'a entrevu (M) quoiqu'il fût de bonne maison, dans les paroles de Vossius qu'il qu'il eût été fort bien élevé, et n'a pas bien entendues. Quelque son éloquence fïit fort esti- ques païens ont parlé de ce ro- niée {f). Ce n'est point par un man avec mépris (N). Apulée mépris philosophique, poursuit- avait été extrêmement laborieux on, qu'il a vécu hors des emplois (0): il avait composé plusieurs politiques; car il se faisait hon- livres (P), les uns en vers, les neur d'avoir une charge de prè- autres en prose, dont il n'y a tre, qui lui donnait l'intendance qu'une partie qui ait résisté aux des jeux publics; et il disputa injures du temps. Il se plaisait vivement contre ceux qui s'oppo- à déclamer, et il le faisait avec saient à l'érection d'une statue, l'applaudissement de tout l'audi- dont les habitans d'OEea le vou- toire. Lorsqu'il se fit ouïr à OEea, lurenthonorer (^). Rien nemon- les auditeurs s'écrièrent tout Uinus. Il était J'rère du premier mari de Pu- /j\ n J„ n^^t\,„~^ VÀ^^,,t\ dentiiia. Apuieius, Apolog.» initia. (^")- ^eux de Carthage 1 ecoute- (rf) Léon. Coqueus, in Augustin, de Civi- reut favorablement, et lui eritate Dei, /(//. viii, cap. XIX, pag. yqo; gèrent une Statue il): plusieurs edii Franco/, an.,&^u in.\''. -mais il ^^trcs villes lui firent le même se trompe: &3Aal Auuustia dit tout le con- ""•-'^- '»»"' traire. ' honneur (m). On dit que sa (e)Augustinus, deCivitaieDie, /i6. r///, femme lui tenait la chandelle {j) saint Augustin fait cette remarque,1 ^ ' dans son Épître V. Fojrez la remarque (L), ^^ ^^^^^ j^ c.vilate Dei, lib. XVIII, "'">•.,,,. cap.XVm.
{g)ProstatimsibiapudOEcenseslocanda,,.■ gcrmone isto Milesio parias f ululas ex qua cwitale habebat u.rorem, ad^ersus ^„„^^,.„,„ ^pul,.;, Prologo Asini aurei.
ret, qubd postcros ne laterel cjusdem litis C^) ^}"'^ '" ^polog., P^S-f^- APULEE.
ne crois pas qu'il faille prendre cela au pied de la lettre: c'est apparemment une figure de l'él'on va lire. Çuo anno nalus (Apii- leius) non liifuidb Uqutt. f^erisimiUler tamenpossuiiius adsererenuni temyoti- bus Aiilonim PU di^orurruiiiefrairum loquence gauloise de Sidonius t^ixisse. Meminit enim (*«) 'Lolliani Apollinaris: Legentibus medi tantibusque candelas et cande— labra tenuerunl {ri). Plusieurs critiques ont publié des notes sur Apulée (Q). Je ne sache point {o) qu'on ait d'autres traductions françaises de l'Ane d'or, qu'en vieux gaulois (R). On a raison de prendre ce livre pour une satire continuelle des désordres dont les miagiciens, les prêtres, les impudiques, les voleurs, etc., remplissaient alors le monde (S).
\n) Sidoa. Apollin., Episf. X, lib. II. (o) On écrit ceci l'an 1694.
(A) H a fécu au 11^. siècle, sous les Antoiiins (i). ] Pieri'e Pithou, rejetant bien loin ceux qui disent qu'Apulée a vécu après Thëodose, prouve qu'il a vécu environ le temps d'Antoniu Plus, et après (2). Ce sen- timeut est appuyé sur de si bonnes raisons, que je ne vois personne qui ne i'embiasse. Il est manifeste qu'un Scipion Orfifus, qu'un Lollianus Avitus, epi'uQ Claudius Maximus, qu'un Loîlius Urbicius, desquels Apulée j)arle corarae de personnes vivantes, ont vécu sous les Antonins. l>e père Norls critique mal Elmenet {*^) Scipionis Orphiti Coss. qidsub ytntonino prcecipuèjloriieritnt, summis rnacti honoribus, ul constat ux L. 3. ff. de his qiiae in testament, delent. et L. i. § 2. fl'. de Decuriou. (4). Le j)as- -•-uge, où Autonin n'est point qnalilié Diuus, contientles reprochesqu'Apu- lée fait au fils de sa femme, sur ce ((u'il produisait des lettres d'amour de sa mère: Hucusquècn'obis miserutn isium puerum depra^'alum, ut matris saœ epistolas, quas putat amatnrias, pro trlbunnli proconsu/is recitet apud l'irum sanctissimum Ctaudium Maxi- mum, ante lias imperatoris Pii sta- tuas Jilius matris suce pudendu ex- probret sliipra, et amores objectet (5)! Jonsius se trompe doublement, lors- que pour prouver qu'Apulée a vécu au temps que je lui assigne, il dit que ce philosophe donne à Anlonin Pius l'éloge de Dii^us (6). Le fait est faux, et la conséquence que l'on en tire est nulle.
(B) Il était de Madaurc, colonie romaine dans l'Afrique."] Cttte ville, qui avait appartenu à Sjphax, fut donnée à Masinissa par les Romains: JYeque hoc eo dixi, quod me patriœ meœ pœniteiet, etsi adhuc Syphacis oppidum essemus: quo tamen l'iota, ad Masinissani regem concessimus, muneie populi Romani, ac deinceps i^eleranorum militum nowo conditu, horst: il lui impute d'avoir avoué son splendidissima colonia sumus (7). Peu Ignorance sur le temps auquel Apulée a vécu (3), et il lui montre deux pas- sages de l'Apologie d'Apulée, dans l'un desquels Antonin n'est point qua- lifié Oiuus, et dotit l'autre fait men- tion du proconsul Lollianus Avitus, qui fut consul l'an i44' L'absence de jDiwus est une assez bonne preuve qu'Antonin vivait encore. Le père Noris n'aurait pas tort, si celui qu'il a critiqué n'avait point dit ce que (1) Et non pas iout Domiiien, avec Jpollo- nius de Tyane, comme VaMture Anastise de Nicée, Qua: tione XXIII, in Scripturam. Notez me d'atUres donnent cet ouvrage à Âaasiasu binaïte.
(2) Pithœas, Adversarior. lib. II, cap. X (}) Notis, Cenolapti. Pisan., pag, 33.
auparavant, il avait dit qu'il n'avait point de honte de participer comme Cyrus à deux nations diljérentes: De palrid nied i'erb quod eani sitam JYu- midice et GœUilice in ipso confinio meis scriptis ostendisti, quibits memet projessus siim Semininindam et Semigœtulum, non rideo qutd mifii sil in ed re pudcndum, liaud minits (*') Apolog., png. 2R9, Capitol. Aotonino, xxrii.
(*'') Apolog. pag. 174. Capitolia. Pertinace Lxxriii.
(«3| Apuleii Floridor., pa^. 357, 358- (4) Elnicnli., in Vilâ Apuleii. (î) Apuleii Apologia, pag. 327.
(6) Jon>ius, de Script. Hist. Philos., pa^ al;.
(7) Apiil Apologia, pa^. "Su.
APULÉE.
quam Cyro niajori quod génère mixto fuit, Semimedus ac Seniipersa. Un certain homme, qui se voulut ériger en censeui' géne'ral vers latin iluXVJ*. siècle, nous tombe ici entre les mains. Après avoir dit que Lucien, sous la a reconnu qu'Apulée était de bonnt maison: c'est dans sa V*^. lettre. Voyez ci-dessous la remarque (E), cita- tion (i8).
(1)) // étudia prcmièremenl a Car- tilage, puis h Athènes, ensuite à forme prétendue d'âne, enseignemille Ho/ne. ^ On ne trouverait point celte impudicités, il ajoute: -^/juZeiHi /tune gradation, si Ton s'arrêtait au pro- imitatus, ut uir grcecus se latine nés- logue de son roman, puisqu'il n'y ciuisse ingénue confessus, in Asino parle point de Carthae;e. 11 se contente aureo plané rudit (8). Premièrement, de dire que ses premières études ont il n'est pas vrai qu'Apulée avoue qu'il été celles de la) langue grecque dans n'entend point le latin: il dit seule- la Grèce, et qu'après cela il vint à ment, i°. qu'il l'ignorait la première Rome, où il étudia le lai in sans le fois qu'il vint à Rome; 2°. qu'il l'ap- secours d'aucun maître: Ibi linguam.
Atlidem primis pueriliœ stipendiis merui, mox in urbe lalid adwena stu- diorum Quirilium indigenarn sernio- nem œruninablli labore, nullo magistro prœeunte, aggressus excolui. Cette narration est trompeuse: elle n'est rien moins qu'exacte: il la faut rec- tifier par d'autres passages d'Apulée. Se faut-il étonner qu'un auteur ra- conte mal les actions d'autrui? ne raconte-t-il pas quelquefois les siennes bien confusément? Voici ces autres passages de notre auteur. 11 dit aux Carthaginois qu'il a étudié dans son enfance chez eux, et qu'il a même prit sans maître. En second lieu, il n'est point vrai qu'il fût Grec. Ma- daure était une colonie romaine; et, lorscfu'il se veut justifier par l'exem- ple des autres poètes, il cite les Grecs comme étrangers, et les Latins comme ses compatriotes: Fecêre lamtn et alii talia, et apud Grcecos Tejus qui- dam APUD NOS t'e/ô, Œdituus, et Portius, et Caiulus (g). Ce qu'il y a de vrai, c'est que la langue latine n'était pas commune à Madaure. Apu- lée, fils d'un des premiers magistrats, n'y entendait rien quand il vint à Rome. Le fils de Pudentilla sa femme n'entendait que le punique et un peu commencé d'y embrasser la secte pla^ tonicienne: Sum uobis nec lare alie- nus, nec pueritiâ im^isitatus, nec ma- gistris peregrinus, nec sectd incognitus Eniniverb et pueritiâ apud uos, et magistrivos; et secta, licet Alhenis Atticis confirmala, tamen hic inchoala est (i4)- à quoi il ajoute, JJanc ego i^obis mercedem, Ùarthaginienses, ubiquè gentium dependo, pro disci- plinis quas in pueritid sum apud vos adeplus. Ubiquè enim me uestrœ ci- uitatis alumnum jero (i5). Quelques pages après, il fait un dénombrement des sciences qu'il étudia à Athènes: Prima cratera lilteraloris ruditatem eximil: secunda gramniatici doclrind instruit: tertia rhetoris eloquentid armât. Hactenùs a plerisque polatur. Ego et alias crateras Alhenis bibi; poëlicœ commentnm, ^eometricœ lim- pidam, musicœ dutcem, dialeclicœ austerulain, eninn'crù uniuersce phl- losophiœ ine.rplebilem, scilicei necta- ream (>6). Quelques-uns veulent qu'il de grec, que sa mère, originaire de Thessalie, lui avait appris: Loquitur nunquam nisi punicè, et si quid ad- huc à matre grœcissat: latine enim nequc fult neque potest (lo).
(C) "S'a famille était considérable.'} Son père se nommait Thésée. On ne le sait que par ces paroles: Si con- tentus lare paruulo, Thesei illius cognominis patris tui wirtutes œmu- lai'eris (i i). H avait exercé à Madaure la charge de duumvir. C'était la pre- mière dignité d'une colonie: In quâ coloniâ patrem habui loco principe duunwindem, cunctis honoribus per- fitnctum (12). Sa mère, nommée Salvia (j3), était originaire de Thessalie, et descendait de la famille de Plutarque. Il le dit lui-même, dès le commen- cement de son roman. Saint Augustm in auctores pêne Ce livre fui imprime' (8) Claudius Veiderius, omnes Cension., pttg. n3.
APULÉE.
ait étudié dans la Grèce en deux dif- férens temps ^ d'abord, avant que d'étudier à Carthage, et puis lors- qu'il eut étudié dans cette ville. Ils ne parlent point de Rome: ils préten- dent que ce fut à Carthage qu'il apsèrent de magie, lui objectèrent en- tre autres choses qu'il conservait je ne sais quoi dans un mouchoir avec une singulière superstition. Voici ce qu'il répondit: f^indlcam cujusmodi illas res in sudario obi^olulas laribv prit la langue latine (17): ce dernier Pontiani commendârim? Mos tibige fait est visiblement démenti par lepro logue de l'Ane d'or.
(E) iHon insatiable curiosité de tout savoir l'engagea...à s'enrôler dans di- verses confréries de religion.] Il se fait dire ces paroles dans le IIP. livre de l'Ane d'or: Pai.'eo et fornddo solide domils hujus operta detegere, et ar- cana dominée nieœ rei^elare sécréta. Sed meliùs de te doctrindque tud prœ- sunio, qui prœter generosam natalium. dignitatem, prœter sublime ingenium, sacris pluribus initïatus, profecto nosti sanctam silentdjideni (i8). 11 fi- nit son roman par le narré de son en- trée dans la religion d'Osiris. Ce fut à Rome que cet honneur lui arriva. Il ne fut guère parmi le commun des initiés; il monta bientôt aux premiers grades: Deniquè per dies admodiini pauculos, Deus Deûm magnorum po- tior, et majorum summus, et sum- morum maximus, et maxirnorum reg- nator Osiris non in alienam quam- piam personam reformalus, sed co- ràm suo illo venerando me dignatus afflamine, per quietem prcecipere ui- sus est...ytc ne sacris suis gregi cœtero permixtus deserwirem, in col- legiuni me Pastophororum suorum, imo inter ipsos decurionum quinquen- nales elegit. Avant que de venir à Rome, il avait été initié aux mystères d'Isis: ce furent les prémices de son humanité recouvrée. Il mêle dans la description de ces sortes de cérémonies plusieurs nobles sentiraens, et qui ne sont dignes que de la vraie religion. Tel est, par exemple, celui-ci: Te jam nunc obsequio religionis nostrœ dedica, et ministerii jugum subi t>o- lunlarium; nam ciini cceperis Deœ servire, tune magis senties J'ructum tuœ libertatis (19). Ceux qui l'accu- (l'j) Il passa les premières années de son enfance dans la Grèce, et les suivantes à Car- tKage, ou il apprit le latin sans maître, et avec beaucoup de peine. Il commença aussi à y étu- dier la philosophie. Il alla ensuite à Athènes, oit il apprit la poésie, etc. Tillemont, Hist. des Empereurs, tom. II, pag. 732.
(18) Apaleii Metamorph., pag. i36.
fig) Metamorpli., lib. XI, pag, 264< retur. Sacrorum pleraque initia Grœciâ participiifi. Eorum quœdam signa et monumenta Iradita mihi usa- cerdotibus sedido consert'o. IVihil in- solitum, nihil incognitiim dico. p'el unius Liberijiatris sjmmistœ,quiades- tis, scitis quid donii conditum celetis et absque omnibus profanis tacite ue- neremini. At ego, ut dixi, muUijuga sacra, et plurimos ritus, varias ceri- monias, studio ueri et officio erga Deos didici. 2Yec hoc ad tempus compono, sed abhinc fermé triennium est, ciim primis diebus quibus Oeam veneram, publiée disserens de jEsculapii majes- tale, eadeni ista prœ me tuli, et quot sacra nôssem percensui. lia disputa tio celebratissima est, vulgà legitur, in omnium manibus versatur...Etiamne cuiquam mirum uideri potest, cui sit ulla memoria religionis, hominem tôt mysleriis Deûm conscium, quœdam sacrorum. crepundia domi adservare, atque ea lineo texto involuere, quod purissimum est rébus divinis felamen- tum (20)? 11 est problable que si Apulée était magicien, son crime était incom- parablement moindre que celui des magiciens d'aujourd'hui, parce qu'il ne savait pas qu'il n'y eût que de mau- vais génies qui s'attachassent à faire certaines choses à la présence de certaines cérémonies. Il croyait avec les Platoniciens que de bons génies pouvaient aussi faire cela (21 ). J'ai cité dans le texte de cet article saint Augustin quitémoignequ'Apulée avait une dignité de religion qui lui donnait l'intendance des combats des gladia- teurs: Sacerdos provinciœ pro niagno fuit, ut munera ederet venatoresque vestiret (22}. Enlin, je trouve que no- tre auteur s'était consacré au culte d'Esculape, l'une des principales di- vinités des Carthaginois, et qu'il avait même une dignité dans ce collège: Principium mihi apud vestras aurais (30) Idem, Apolog., pag. 3og, 3io.
(21) Voyez la dispute de saint Augustin contre le sentiment ii' Apulée, au liv. VIII de la Cite Je Dieu, chap. XIX, et suiv, i4 2IO APULÉE.
auspicatissimum ab uEsculapio deo iSi fanjennescis, c'esl ainsi qu'il adrescapiam, quiarcem i^estiœ Carlhaginis se la parole à son délateur (aC), proindubilabili numine prophius respicit. Jileor mifii acjratri meo reliclum h Ejus dei hymnuni grœco et latino pâtre h-S. i'icies, paulo secùs; idque carminé fobis sic canam, jam illi a à me longâ peregrinatione et diulinis me dedicatum. Sum enim non ignotus sludiis, et crebris liberalitatibus moillius sACRicoLA, nec, recens cultor, nec dicè imminutum. IVam et amicnriim i/i^ratMs ANTisTES (aS). plerisque opemtuli, et tnagistris plu- (F) Il dépensa presque tout son bien rimis gratiam rctuli, quorumdam etiani dans ses voyages.'] Ce ne fut point la fiLias dote auxi. JVeque enim duùitdsseule cause de la pauvreté où il tom- sem equidem uel uniuersum patrimnba 5 il fit des dépenses beaucoup plus nium impendere, ut adquirerem mihi louables: il s'en vanta, du moins, quod tnajus est, contempium palrimolorsqu'il répondit au reproche qu'on nd- Il avait fait des réflexions trèslui avait fait de sa misère: Ad istum solides et très-morales sur la pauniodunt desponsus sacris, sumptuum vreté (27).
tenuitate contra uotum meum retarda- (G) Une feutre, qui n'était ni jeune bar: natti et t^iriculas patrimonii père- /libelle, mais qui aidait besoin d'un grinationis atlrii^erant impenses (a4)- mciri — le trouua fort a son gotit.'] C'est ainsi qu'il parle, en représentant L'accusateur d Apulée la soutenait l'embarras où il se trouvait à Rome, âgée de soixante ans (28): il avait son au sujet de sa vocation à la confrérie but j il croyait prouver par-là que la d"Osiris. Il était hypothéqué à cette passion qu'elle avait conçue pour l'ac- mystérieuse congrégation, les pro- cusé n'était point naturelle, mais l'ef- messes étaient données j mais comme fet de quelque charme magique. Apu- on n'a jamais fait rien pour rien, il lée fit voir qu'elle n'avait guère plus fallait payer quelque chose pour les de quarante ans, et que si elle en avait cérémonies inaugurales, et il n'avait passé près de quatorze dans l'état de pas de quoi fournir à cette dépense. Il veuve, ce n'avait nullement été par fallut, pour ainsi dire, qu'il vendît aversion pour le mariage, mais à cause jusqu'à sa chemise: la divinité, qui des oppositions de son beau -père: le pressait, ne lui indiqua pomt d'au- qu'enfin, cet état de continence lui tre ressource: Jamque sœpiculè non avait ruiné la santé, jusque-là que sine magna lurbationestimulatus, pas- les médecins et les sages-femmes s'ac- tremo jussus i^este ipsd meâ quami'is cordèrent à dire qu'il n'y avait point parvulâ distractd siifficientem corrasi de meilleur remède aux suffocations summulam, et idipsumprœceptumj'ue- qui la tourmentaient que le mariage rat specialiter. An tu, inquit, siquam (29). Une femme à qui l'on dit cela, et rem t^oluptatis slruendœ molireris, la- qui n'a guère de temps à perdre, si ciniis tuis nequaquàm parceres, nunc elle veut mettre à profit ce qui lui tantas cerimonias aditurus impœniten- reste d'années de fécondité, n'a nul dœ te pauperiei contaris committere besoin d'être contrainte par la force (25)? Alors, il n'attribuait son indi- des sortilèges à se choisir un époux, gence qu'aux frais de ses voyages; Ce fut le raisonnement d'Apulée, et il mais dans l'autre rencontre dont j'ai a beaucoup de force: Jio strupulo li- parlé, il dit qu'il avait dépensé.beau- berata, ciim h principibus l'iris in niacoup à faire de bonnes œuvres, à se- trimonium peteretur, décrétait sibidin- courir ses amis, à reconnaître les soins tiùs in i'iduitate non permanendum. de ceux qui l'avaient instruit, à do- Quippè ut solituduiis tœdium perpeti 1er les filles de (juelques-uns d'eux. 11 posset, tamen œgritudinem cnrporis ajoute qu'il n'aurait pas fait difficulté ferre non poLeral. Mulier sanctè pudi- d'achetcr au prix de tout son pa- ca, tôt annis viduitaiis sine culpd, sine trimoine le mépris de son patri- fabuld absiieludine conjugis torpens, moine: mépris qui est un bien plus et diatino situ i^iscerum saucia, l'itiaiis considérable que le patrimoine mê- inlimis uteri, sœpè ad extremum vitœ me. C'est parler en philosophe cela. „, (23) Apuleïus, Florid., paf;. 36i. (27) Id., ibid., pag. 285, 286, 287.
(24) Idfm, Melam., lib. XI, pag. 271. (28) Idrm, ibid., pag. 817, 33o. (a5j Idem, ibid. (29) Idem, ibid., pag. 33o.
APULÉE. 211 discriniendoloribusobortisexanimaba- sterili: in agri cespile, quant in foi i tur. Medici cum obsteUicibiis consen- silice • mater futura in ipso materno si tiebant, penuriâ matrimonii morbum nubal sinu, in segele aduliâ super Jœquœsilum.Malumindiesaugeri, œgri- cundain glebam. f^et enirn sub idruo tudinem ingrauescere: dum cetatis ali- marita cubel in ipso gremio lerrœ maquid supersit, nuptiis valeludinem me- tris inler soboles herbarum, et propaûftcrt/u/«'« (3o). C'est un malheur pour gines uitium, et arboruvi germina une feiïiine, que certains procès où (33). Nous verrons ci-dessous (34), il faut dire cent choses en pleine au- qu'on déclara en pleine audience dience, qu'on aimerait mieux cacher, que Pudentilia n'était point belle, et soit que l'infirmité naturelle y ait que son contrat de mariage conScnait plus de part que l'infirmité morale, des clauses qui supposaient qu'elle soit qu'elle y ait moins de part (3i). était encore en âge d'avoir des en- Sans ce procès, Apulée se fût bien fans gardé d'indiquer la cause des maux (H) Sa bonne mine, sa propre- dont Pudentilia avait été tourmentée té, etc.'] Voici quelques parties de son pendant son veuvage. Elle y trouvait portrait: At iÙa obtuturu in me con- néanmoins quelque petite douceur: i'ersa,en, inquil, sanctissimœ S alviœ car, puisqu'elle avait tant souffert, c'é- malris generosa proies. Sed et cœtera tait une marque qu'elle ne s'était point corporis inexplicabililer ad régulant servie du vrai remède. Ou n'allégua congruentia, inenormis proceritas, suc- point aux juges cette conséquence^ culenta gracilitas, rubor temperatus; mais on assura que cette veuve avait f.ax'um et innffectatum capillitiunt; vécu chastement, et qu'il n'avait cou- ocidi cœsii quidem, sed vigiles, et in ru d?elle aucun mauvais bruit. Rêve- aspectu micanles prorsiis aquilino, nant à son âge, je dis qu'Apulée était quoquo uersum floridi: speciosus et sans doute plus jeune qu'elle, car elle inimeditatus incessus (35). Ses accusa- avait un fils qui avait été à Athènes le teurs lui reprochèrent sa beauté (36), camarade d'Apulée (32): mais j'ajoute ses beaux cheveux, ses belles dents, qu'il ne l'épousa pas sans espérance son miroir. Sur les deux premiers d'en avoir des enfans. Il le témoigne, chefs, il répondit qu'il était fâché que lorsqu'il répond au reproche qu'on lui l'accusation fût fausse: Quàd utinani faisait de s'être allé marier à la cara- tam grat^ia formée et facundiœ crimi- pagne. Après avoir répondu qu'on na t^erè mihi approbrdsset! non dijffi- avait pris ce parti, afin d'éviter les die ei respondissem quod Homericus frais que les noces leur auraient coûté Alexander Uectori: dans la ville, il ajoute que la campa- gne est un poste beaucoup plus favo- rable que la ville en matière de fécon- dité, et que se coucher sur l'herbe, et à l'ombre des ormeaux, et au milieu d'une infinité de productions qui nais- sent du sein fertile de la terre, ne peut qu'apporter bonheur à de nouveaux mariés qui veulent avoir des enfans. Hœc ego de formd respondissem. Prœ- 11 eût bien fait de garder cette pensée terea, licere eiiam philosophis esse pour ses Florida, je veux dire pour ^,ultu liberali. Pythagoram, qui pri- ées déclamations de rhétoricien, où mum sese philosophum nuncupârit, il lâche la bride à toutes les fausses euni sui sœculi excellentissimd forma pensées de son imagination. Cet en- fuisse: item Zenonem...Sed hœc de- droit gâte son apologie: il n'est di- fensio, ut dixi, aliquammultiim a me gne, ni des juges à qui il parlait, ni remota est: cui, prœter formœ me- de la cause qu'il plaidait: Iinmo si v>erum. welis, uxor ad prolem multo (iT,) Idem, ibid., pag. 329. auspicaciùs in willâ quam in oppido ducitur: in solo ubcri, quant in loco Munera Dedm gloriosissima nequaquàm aspernanda: Quœ lamen ab iptis tribut suela, muUis vo- lentibus non obtingunl.
(3o) Jdein, ibid., pag. 3i8.
(3i) Voyez ci-dessous la remarque (TJ.
(32) Apuleii Apolog., pag. 32o.
(34) Dans la remarque (1).
(35) Metamorphos., lib. II, pag. ii5. Vojei aussi lib. I, pag. 112.
(36) Accusamus apud te philosophum forino- siiin, et tam grœcè quàm latine, proh nefas! disertissimum. Apuleiiis, Apolog., pag. 2-5.
212 APULÉE.