facfire, sed multis benefactis totuni j,lcin concile, d'une intelligence avec ordinem sibi devinxisse, ac proindè les infidèles, et de produire sur ce non rectc nec secundiim rationemfac- sujet des lettres d'Aramont intercep- tuni existimamus, ut is rumor sparsus tées, auxquelles il était aisé de donner (i) Vonllas, Histoire de Henri II, l'^- /I, /a Tl.nan., l.b. Vil, subfin.
pac. igS el mit: à Can i.'!,';i. Kojeîfluxxi M. de ^ ' (aj A Brissac, qui commandait en Pit'monl. (5) Idem, Ub. X, pag- ni- ARBRISSEL.
un sens malin, parce que le t-'critahl.e n'y était expliqué qu'a ileuii (6). Muis qu'avait-on à faiie d'un sens malin, puisqu'il était indubitable qu'Ara- mont négociait un traité entre la France et la Porte contre la maison d'Autriche? Cela ne suffisait-il pas à prouver l'intelligence dont on voulait accuser Henri II? Le meilleur parti que la France pouvait prendre n'était pas de contester sur le fait, mais de se retrancher sur le droit, en mon- trant que, lorsqu'il ne s'agit point de religion, mais seulement de s'oppo- ser à l'invasion de ses états, il doit être permis de se faire des alliés par- tout où l'on en peut rencontrer. Si Charles-Quint n'en avait pas eu tou- jours bonne provision parmi les prin- ces chrétiens, papistes ou non paj>is- tes, il aurait bien su en trouver chez les infidèles, et il aurait bien su en profiter autrement que ne lit la France. 11 était bien plus fin et bien plus iiabile que François I*^"^. Avec lui, les flottes turques n'eussent pas été inutiles, comme elles le furent avec les Français, qui concertaient si mal les choses, qu'on en a honte ou pitié, ou qu'on s'en moque, quand on lit l'histoire de ces temps-là. La bonne foi ne serait guère utile sur ce point. Elle empêcherait de reprocher à son ennemi ses alliances avec les hérétiques, ou avec les infidèles, quand on se sentirait tout prêt à faire de sembla- bles alliances si les maximes d'état le demandaient. Où seraient donc les gens qui pourraient faire des haran- î^ues pathétiques, présenter de beaux mémoires, pousser cent beaux lieux communs? Il faudrait rengainer tout cela. Or on se ferait un grand préju- dice: on ne jetterait point de la pou- dre aux yeux \ on n'animerait point les peuples j il faudrait renoncer à mille louanges exquises, et à cent ti- tres pompeux.
Accusât Manilia si rea non est (^).
Ordinairement on ne cesse de faire des reproches sur ce sujet, que lors- qu'on les mérite soi-même.
(6) VarilUs, Histoire de Henri II, Uv. II, ARBRISSEL (Robert d'), fon- ARCÉSILAS. 0.39 dateur de l'ortlre de Fontevraud, Cherchez Fontevkauu.
ARCÉSILAS, l'un des phis célèbres philosophes de l'anti- quité, naquit à Pitane, dans l'Éoiide (A). Il fut disciple du mathématicien Autolycus son compatriote, et il le suivit k Sardes. Après cela il vint à Athè- nes, et y fut disciple de Xanthus, et puis de Théophraste, et enfin de Cranter (B). Il apprit aussi la géométrie sous Hipponicus (a). Il eut quelque attachement à Ja poésie, et il se plut extrêmement à la lecture d'Homère (C); mais la passion d'être philosophe fut supérieure à toutes les autres. H succéda à Cratès dans la régence de l'école platonique (D), et il s'y rendit innovateur; car il fon- da une secte, qu'on nomma la seconde académie, pour la distin- guer de celle de Platon. Il était fort opposé aux dogmatiques, il n'affirmait rien, il doutait de tout, il discourait du pour et du contre, et suspendait son juge- ment. C'est parce, disait -il, qu'il n'jr a n'en de certain. Il attaquait d'une grande force tout ce que les autres sectes affir- maient (L); et c'est pourquoi on le regarda, en matières de philosophie, comme un pertur- bateur du repos public (ù). Quel- ques-uns soutiennent que, ne trouvant point d'évidence qui l'empêchât de flotter également entre l'affirmation et la néga- tion, il ne voulut point écrire de livres (c): mais d'autres assurent qu'il en écrivit, et puis ils contestent sur la question s'il (rt) Diogen. Laëriius, lih. If, num. 32. ib) Voyez la remarque (El, citation (4y' • ^4.) Uiogcii. Laërliiis, lib IF, num. 32.
24ô ARCÉSILAS.
en publia; car les uns l'aftlr- l'un de ses élèves, qui témoî* ment, et les autres disent qu'il gnait que l'école d'un péripaté-" jeta au feu ce qu'il avait com- ticien lui serait plus agréable; il posé (d). On remarque néan- le mena, dis-je, à ce professeur, moins qu'il dédia quelques livres à Eumènes, prince de Pergame, et qu'il n'en dédia qu'à ce prince (e). Nous verrons comment il a été combattu par un père de et le lui recommanda (A). Une autre fois, il bannit de son école l'un de ses disciples, qui avait choqué Cléanthe dans un vers de comédie, et ne le reçut en l'Église (F). Comme il avait une grâce qu'après que la personne éloquence très-persuasive et qui offensée eut reçu satisfaction (/).
retournait toujours à son sujet On connaîtra mieux le mérite de principal, et que d'ailleurs il ré- ce procédé, quand on saura que pondait subtilement et heureu- Cléanthe fut le successeur de Zésement aux objections, il attira non, qui avait été le grand adà son auditoire un grand nom- bre de disciples (G), quoiqu'il fût piquant dans ses censures. Au fond, l'on était persuadé de sa bonté, et il remplissait d'es- pérances ses écoliers: c'est ce qui les empêchait de se fâcher versaired'Arcésilas. Celui-ci n'eut pas le défaut des plagiaires: il déclara qu'il n'enseignait tien qu'il n'eût trouvé dans les livres (m). II en usa apparemment de la sorte, afin de donner plus d'autorité à ses sentjmens, et de ses réprimandes un peu trop pour apaiser la haine que le fortes (/). Il y a des gens qui nom d'innovateur lui attirait. Il n'aimait point à se mêler des affaires politiques (n): néanmoins lorsqu'on le choisit pour aller négocier quelque chose à Démé- triade, en faveur de sa patrie, le plus communicatif de son ar- auprès du roi Antigonus, il ac-- gent, et l'on raconte des cho- cepta la députation. Il en revint ses bien singulières de sa libé- sans succès; et ce fut peut-être, assurent qu'il ne faisait le scep- tique que pour éprouver ses éco- liers, et qu'après l'épreuve il en- seignait d'une autre manière (H). Il était l'homme du monde ralité (I). On l'accusa d'être vain, et de travailler avec trop d'empressement à plaire au peu- ple {g). Les autres philosophes le mordaient avec plaisir (h); mais régalaient-ils en modestie, et en exemption de jalousie? Exhortaient-ils leurs disciples à ouïr les autres professeurs? C'est ce qu'il faisait {i). 11 mena même {d) Diogen. Laërtius, li/>. IV, niim, 32.
(e) Idem, ihid., num. 38.
{jf) Idem, ihid., num i'j.
(g) Idem, ibid, num. l^\.
{h) Idem, ibid.
(i) Idem, ibid, num. l{2.
parce qu'il n'avait jamais voulu faire sa cour à ce prince, ni en- trer même chez lui, ni lui écri- re des lettres de consolation après la perte d'une bataille navale (o), comme faisaient plusieurs autres (p). 11 eut beaucoup de part à l'amitié du gouverneur du Pi— (i) Idem, ibid.
(/) Plut, de Di.tcrim. adulât, et amici, (m) Voyez le passage de Plutarque, ci' dessous, cilalion {[yj).
(n) Diogcn. L;i('rlius, lib, IV, num. l\o, (p) Id., ibid.
ARCÉSILAS. 241 ARCÉSILAS. 241 rée(9'),etil reçut plusieurs beaux J'en ai remarqué une très-gros- présens d'Eumènes, prince de ' Perganie(r). Il eut une fort bon- ne pensée touchant la mort; car il disait que de tous les maux c'est le seul dont la présence n'ait jamais incommodé personne, et qui ne chagrine qu'en son ab- sence (s). Ses dogmes tendaient au renversement de tous les pré- ceptes de la morale; et néanmoins on remarque qu'il la pratiquait. Le témoignage qui lui fut rendu là-dessus par le stoïcien Cléanthe, ce qu'il répondit, et ce qu'on lui répliqua, sont des choses très- curieuses (K). Il ne se maria ja- mais (t), quoiqu'il fût d'un tem- pérament à aimer les femmes, et qu'il ne suivît que trop le penchant de la nature; et cela, jusqu'à des excès honteux (L). Il florissait vers la 120^. olympiade («), et il mourut d'avoir trop bu, et en délire, à l'âge de soixante- quinze ans Çx), la quatrième an- née de l'olympiade i34 (j'). H s'était vanté d'une grande force de courage pendant les douleurs de la goutte (M). Diogène Laërce ne lui a point donné Bion pour successeur: le père Rapin s'est imaginé cela sans nul fondement (N). Je n'ai qu'une faute à re- procher à M. Moréri: c'est d'a- voir dit qu'Arcésilas étudia sous Xanthus et sous Théophraste, avant que de venir à Athènes.
(/•) Diogeo. Laërlius, lib. IV, num. 38.
(s) Plutarch. de Consolât, ad Apollonium, pag. iio, A.
(/) Diogen. Laërtius, lib. IV, num. ^3.
(u) Apollodorus, apud Diog. Laërtium, lib. IV, num. l^b.
(y) Diog. Laërce, num. 6i, met en cette finnée le commencement de la réeence de l-acydès, successeur d'Arcésilas TOME ir.
sière dans Sidonius Apollina- (A) // naquit a Pitane, dans l'Éa- lide. ] Diogène Laèrce n'est pas le seul qui l'assure (i): lisez cu^ paroles de Pomponius Mêla, dans le cliapitre où il décrit le pays des iEolieus: Cai- cus inter Eleant decurrit, et Pitanen illam quce Arcesilani tulil, nihil q/fir- manlis academlce clarissimum antisii- tem (a). Voyez aussi Stiabon: Tlirâ.vn ' hf,Ki<TiKct.oi (3). Pitane uris j^olica...Pitane palria fuit Arcesilai. Mais n'e'- coutez poiut Solin, qui donne Pi- tane, ville de Laconie, pour le lieu natal de ce philosophe (4). M. de Saumaise (5) et M. Ménage (6) le réfu- tent. Je ne sais si c'est par l'inadver- tance de l'auteur, ou par celle du correcteur, que l'on trouve Arcesilas Pritanœus dans M. Gassendi (7): il fallait mettre Pitanœus.
(B) lljul disciple de Théophraste, et enfin de Crantor (8). ] Je m'étonne que Diogène Laérce, après avoir insi- nué clairement en d'autres endroits, qu'Arcésilas fut disciple de Polémon, ne le dise pas expressément dans la Vie d'Arcésilas. Voici les endroits où il l'insinue. Arcésilas, dit-il, aj^ant quitté l'école de Théophraste, pour s'attacher à Polémon et h Cratès, dé- clara qu'ils étaient des dieux, ou des restes du siècle d'or."EvSiv ko.) 'ApKuri- Xctov /j^îTixèavra. 7ra,pà, Qio^fxç-ou Trpot: CLÙtouÇ Xê-J-êlV, cèç ihv Giai TIVêC » Xii- 4*vi* Tou;i^fi/CT-û£l yîvouç (g). Jlinc et Aicesilaum cùm ad eos à Theophras- to diuerleret, dixisse ferunt, «. Illoi » deos esse quospiam, aut aurei secuL )> reliquias. » Un peu plus bas, il ob- serve que Crantor et Arcésilas lo- geaient ensemble, et que Polémon et Craies, qui n'avaient qu'un même lo- gis avec un bourgeois nommé Lysi- (i) Diogea. Laërtius, lib. IV, num. 10.
(2 ) Pomp. Mêla, lib. I, cap. XVIII, (3) Strabo, lib. XIII, pag. 4'ïi in fine. (5) Salmas. Lxercitat. Plin., pag. i38. (G) Menag., j'n Diogen. Laert., pag. iijô. {1) Gassendi Operum tom. I, pag. 18.
(8) Diog. Laërtius, Ub. IV, num. 28, 29.
(9) Idem, in Cratete, Ubt IV, pag. 240, 16 242 ARCÉS clés, allaient souper fort souvent chez Crantorj et que Cratès était le mi- gnon de Polémon, comme Arcésilas était le mignon de Crantor. Le traduc- teur de Diogène Laèrce a renversé tout ceci 5 car il suppose que Polémon était le mignon de Cratès, et que Crantor était le mignon d' Arcésilas. Voyons le grec: Hv «Tè sfcé^.svoc, Kpâ.- TMÇ //-iV, CCÇ VfOilfnTAtt TÏOhifAa>VOQ''Ap- Ki(ri\a.oç é'i Kj3*vTopof (lo). Cela veut dire: Erat autem amasius, ut qui- dem prœdictuvi est, Polemonis qui- dem Crûtes, Crantoris autem Arcési- las. La version latine, qu'aucun com- mentateur ne censure, a mis amator où il fallait mettre amasius; on n'a point pris garde à la signification pas- sive d'spœ//«voc. On n'a point non plus pris garde qu'on s'est contredit un peu après j car, comme le grec l'or- donne, on a représenté Arcésilas sous le personnage de patient- ' ApKia-lxttoc bîKeev Ôtt «.î/toÛ (KpstvTopûç) <ri/£rTa9HV«,i noKÎ/Aceviy x-cLiTTif ipmvToç (il). Arcesi- laus volens ab illo (Crantore) se Po- lemoni commendari quanquam nma- tore suo. Eloignons d'ici les sales et abominables idées que cet auteur et Plusieurs autres en même cas sem- lent vouloir suggérer. Quand ils par- lent d'un grand philosophe, et de ses disciples, ils observent presque tou- jours qu'il était l'amant d'un tel ou d'un tel. J'avoue qu'en quelques ren- contres cela peut s'entendre en un vilain sens; mais je crois aussi qu'en cent autres occasions il ne faut en- tendre qu'une tendresse bonne et honnête. Parmi plusieurs disciples, il y en avait un qui était le bien-ai- zaé et le favori de son maître. C'é- tait celui qu'on désignait pour son successeur, celui qui avait le plus de docilité ou de respect, ou de gé- nie, etc.; fallait-il désigner cela par le terme d'tpâ^êvoç? mais revenons au fait. Le dernier passage que j'ai cité de Diogène Laèrce nous apprend qu'Arcésilas demanda à Crantor de le recommander à Polémon. L'his- torien ajoute que Crantor, qui était malade, ne le trouva point mauvais 5 et qu'au contraire, dès qu'il se porta bien, il s'en alla lui aussi aux leçons de Polémon: 'A^K* KO.! xùtov ôyiiiAvrA ILAS.
ILAS.
SiAKoCuv n(jX6//.û)voç (12). Ipse quoque ciim sanus factus esset se ad audien- dum Polemonem contulit. C'est une preuve qu'Arcésilas fut des auditeurs ou des disciples de ce philosophe. Il le fut si bien, que Cicéron ne lui donne pas d'autre maître: Arcésilas tuus, etsi fuit in disserendo pertina- cior, tamen noster fuit, erat enim Polemonis (i3). Numénius lui en donne plusieurs autres: il le fait suc- cessivement disciple de Polémon, de Théophraste, de Diodore, et enfin de Pyrrhon (i4)- Il apprit de Crantor, ajoute-t-il, à être persuasif, de Dio- dore a être sophiste, et de Pyrrhon à tourner de toutes parts en guise de girouette, et à n'être rien;^flv Ctto /niv KfiivTopoç viQaLv ou pyinoç, Ùtto Aioé'cépau J's (Toqxç-jiç, vTTo é'i YluppcevoçîyiviTaTra.v- ToJstTroç, Kcù Ïthc Kcti oùS'îv (i5). £t h Crantore quidem ad persuadendum callidus, a Diodoro autem sophista, deniquè a Pyrrhone cum omnem in partent i^ersatilis ac temerarius, tum etiam nullus esse didicit. Il se fixa dans l'inconstance pyrrhonienne, il ne lui manquait que le nom de Pyr- rhonien 5 il n'avait que le nom d'aca- démicien, et il ne garda ce nom que par respect pour le philosophe Cran- tor son maître et son amant: Ti'Kïiv TMÇ TrprjtXpnTiUK; ttiy.HVl TlÙppOIVl âç TM ÙTTiUUVl XÎyia-ôctl 'AxstlTMjMstÏKÀç êT(. ))V /nh Tou'i/v Tïvp'pcéviiaç, ttkhv toS ovô//t«- Toç. ' AKxS»juAix.àç S' oùx. «V,7rx>)v Tau Kî- yia-TOLi. (16). In Pyrrhone si appella- tionem excipias, tanquam in omnium ei'ersione acquiet'it...is pro sua in amatorem obsert'antid academicum se i'Ocari adhuc passus est. lia qui Pyr- rhonicus excepta nomine totus erat. idem academicus prceter nomen habe- bat nihil. Numénius venait de dire qu'Arcésilas, beau garçon, et encore jeune, s'étant fait aimer de Crantor, s'était attaché à lui: Aià to ko-Xoç eTvstt iTi cSv cèpa.10; Tu^cev ïpttÇIJU KpÂv.Topoç TOtJ ' AKa.i^ï\[^cLiKoZ 7rpo(ri^iip»Ti fji'iv <tou- (li) Diog. Lai-rtius, lib. IV, num. 25.
(i3) Cicero, de Fmibus, lib. V, cap XXXI. Viirez-le aussi de Oratorc, lib- III, cap. XVIII.
(i4) Numénius, npu(i Eusebiuin, Prseparat. Evangel., lib. Xiy, cap. y,pag. 72g.
(16) Idem, apud eumdem, cap. VI, pas.
ARCÉSILAS.
Tw (17). Eleganli forma et commodâ Xenocratem. Xenocrati autem disciadhuc œlate cùmesset, Crantorem aca- pulo academiam sckotam suant relidemicum amatorem nactiis, ejus con- quit Plalo (24). Il ne faut pas se fonsuetudine usus est ille quidem. Il der ici sur l'autorile de saint Aucusajoute que les leçons de Mënedème le tin; car il ne s'est pas attache rigourendirent un dispuleur plus ardent, reusement à l'exactitude j et puisqu'il et il cite Timon (18). Voilà bien des saute un degré entre Platen et Xénooraissions dans la liste que Diogène crate (aS), il en peut avoir sauté un Laèrce nous a laissée des maîtres d'Ar- autre entre Polémon et Arcésilas. Je césilas. J'y ai suppléé. n'insiste point sur son silence à regard (C) If se plut extrêmement a la lec- de Crantor, académicien célèbre (26), ture d'Homère.'] Il le préférait à tous qui paraît avoir été le successeur ini- les autres: il en lisait quelque chose médiat de Polémon, et qui mourut tous les soirs, avant que de s'endor- avant lui et avant Cratès (2^). Si le mir • et il disait le matin, en se le- mot de successeur vous déplaît ici, di- vant, 7a m'en uais l'air ma maîtresse tes que Cranter enseigna du vivant de (19)5 cela signifiait qu'il allait lire Polémon. On assure la même chose de ce poète: ATTêtTêp^êTo (Tè ^ivTûiv //.«XAov Cratèsj et de là vient que l'on dit "O/Aitfiov, ùb Kcti ùç l/TTv^.v iàv TrÂvTceç t) tantôt que Crantor succéda à Pole'- ÀvcyivanTKiv. ÀKhà. kuCi of^fou ^iyaiv (Tri mon, tantôt que Cratès lui succéda, Tov ifioi/uivov ÀTrtïva.!, Ôttût' àiv îtoÔKoiTo tantôt qu'ils furent tous deux ses suc- À-^ (tyi m a.t {pio). ^mplectebalur Home- cesseurs; mais pour l'ordinaire, on rum maxime ex omnibus, cujus adeo met Cratès après Crantor (28). Encore studiosus erat, ut semper nnte som- un coup, je n'objecte point à saint num ejus aliquid legeret. Manè quo- Axigustin l'omission de Crantor; je que ciim surgerct, diccns, se ad ama- m'imagine qu'on a tort de compter ce sium ire, tùm se uelle légère innueret. philosophe pour le successeur de Po- (D) // succéda a Cratès dans la rc- îémon: il mourut avant son maître; gence de l'école platonique (21). Il y et je trouve que Lacydès, successeur a bien des auteurs qui, sans parler d'Arcésilas, fut le premier qui rési- de ce Cratès, mettent notre Arcési- gna pendant sa vie la succession de sa las immédiatement après Polémon. chaire (21)). Disons donc qu'il n'y eut Voyez la note d'Aldobrandin sur un que Ciatès qui succéda à Polémon, passage de Diogène Laèrce (22), vous et rejetons cette période du père Ra- y lirez que ce savant commentateur pin: Cratès et Crantor, qui se suiui- n'avait trouvé nulle part que Cratès rent dans l'école de Platon, ne chan- ait succédé à Polémon. Vous y trou- gèrent rien a sa doctrine (3o). 11 se se- verez aussi ces paroles de saint Au- rait moins trompé, s'il avait mis gustin: Mbritur Po/emo, siicccdit ei Crantor au premier rang; Crantor, -■ircesilas, Zenonis quidem condisci- dis-je, mort avant Cratès. Un célèbre pulus, sed sub Polem.onis magisterio critique (3i), en corrigeant uu pas- (23). On peut joindre à ce passage ce- lui delà lettre LVI: lidem quippè (24) Angust., Epist.£r7,p«^. 267. Eusèbe, academici qui Platonici, quod docet Prépur. Evan^., Uv. Xiy, pag. 'jzS, ditqu'on auditorum ipsa successio. Arcesllas '^" q'*' 'arcésilas succéda a Polémon. enim, qui primus occultald sententid sud nihil aliud istos quant refellere slatuil, quœre cui successerit; Pole- monem ini^enies: quœre cui Polémon; (17) Idem, ibid.
(18) Les deux vers de Timon quil cite sont jflus corrects que dans Diogène Laercc.
(iq) Pour niaccommoder au style de notre temps, j'ai quille la traduction littérale.
(20) Diog. Laértius, lib. IV, num. 3i.
(22) Au commencement de la Vie de Cratès, (23) Sanclus Angnstiovs, lih IH. contra Acadcmicgs.
(25) Speusippus, fils d'une sceur de Platon, régit Vécole a.'ant Xénocrate.
(2G) Crantor ille, qui in nostrd Académie vel in prunis fuit nobilis. Cicero, Tuscal. Question., lib. III, cap. VI.
(27) Diog. Laërtius, lib. IV, num. 27.
(2S) f(ypx Gassendi, Operum tom. I, pag, 18, et Joosiiis, de Script. Histor. Philosoph., pag. 52, ou plutôt Diogène Laërce, cité ci-des- sous, citation (36).
(2q) Diog. Laërt., in Lacyde, lib. IV, num.
C3o) Rapin, Compar. de Platan et d'Aristote, (3i) Petrus Viclorius. yojex, les Notes de Josias Mercerus sur Nonius Marceilas, pag- ARCÉSILAS.
sage de Noniiis Marcellus (32), a fourni une autorité qui favorise mer- veilleusement le texte de cette remar- que. Suivant cette correction, nous devons croire que Lucilius a dit: Po- lemon et amat'it Cralem, et huic transmisit suam scholam quant dicunt. Le grec de Dioeène Laérce est du même sens: Kp*T«c x*/ à.x.poa.Ttiç a.[XCL X«« ipcijUiiVOÇ IToKê/XtBVOÇ. ÀKKCt KttI S'uS'î^Aro TMV a-x,oh>iv «tÙToû (33). Cra- ies auditor siniid amasiusque (34) Polemonis, illiusque scholœ succes- sor. Je n'appuie pas sur ces paroles de Cicéron: S'peusippus auteni et Xeno- crales, qui primi Platonis rationem autoritatemque susceperant, et post eos Polemo et Craies un'aque Crantor, in academid congregati, diligenter eis quœ à superioribus acceperant, ute- bantur (35). Elles ne sont pas assez pre'cises, ou aussi nettes, que cet en- droit de Diogène Laërce: IIasÎtûiv', o uaiv, où Kpa.vTa)f) }t«.< KpaCTMÇ, t)t< 'Ap;c£cr(- Xttoç, 0 TMV jui.ier»v ' Ax.a.S'ti/Alxv na-nynTÔ,- jutvos (36). Plaîo, qui t^eterem acade- miam instituit: Platoni Speusippus et Xenocrates; ei Polemon; Potemoni Crantor et Crûtes; cui yircesilaus, qui inediam im^exit academiam. Ca- saubon, dans sa note sur ce passage, cite Galien, qui dit que la vieille aca- démie finit à Crantes; et qu'Arcésilas, disciple de Crantés, fonda l'académie moyenne (37). Ce commentateur ignore ce que c'est que le Crantés de Galien (38); mais on voit facilement, ou que les copistes ont mis Crantés au lieu de Cratés, ou que Galien lui- même n'orthographia pas bien le nom du prédécesseur d'Arcésilas. Il arrive tous les jours aux plus savans personnages d'insérer ou de retran- cher quelque lettre aux noms des au- (3a) Nonius Marcellus, voce Transraittere, pag. 4i4. Il cite le XX FUI', livre de Lucilius.
(33) Diog. Laërtius, lib. IV, num. i\.
(34) f-t non pas amator, comme porte la ver- sion imprimée: faule que let commentateurs ne relèvent pas.
(35) Cicero, Academ. Qusest., lib. I, cap.
(3C) Diog. Laiirt., in Proœmio, num. i4, (37) Galenus, in Hist. Philosoplioruin.
(38) E^o quisnam sit Crantes Galeni plane ignora Casaub., in Diog. Laijrtium, Procem.
teurs qu'ils citent. Ils ont dessein de nommer la même personne que les autres allèguent selon la vraie ortho- graphe. J'en pourrais donner cent exemples, et je m'étonne que Ca- saubon se fasse ici des difficultés. Sou- venons-nous qu'il admire que Galien n'ait pas fait mention de Crantor. Quis fera non miretur omissum.à Ga- leno Crantorem {3g)?
(E) // attaquait d'une grande force tout ce que les autres sectes affir- maient.'] On aurait tort de prétendre qu'il n'a point été appelé à juste titre un innovateur; mais Diogène Laérce se trompe quand il le prend pour le premier qui ait (introduit la coutume de disputer de part et d'autre. npâJToç musque in utramque dtsserere partent aggressus est. Ce fut l'esprit de Socra- te, et Platon le conserva. Nous allons citer Cicéron qui nous apprend que la méthode d'Arcésilas, de disputer con- tre tout ce qu'on lui proposait, était celle de Socrate, et qu'Arcésilas fut instruit au pyrrhonisme (40 par les livres de Platon, et par les discours que l'on supposait que Socrate avait tenus: Arcesilas primiim, qui Pole- nioiiem audierat, ex variis Platonis libris, sermonisbusque Socraticis hoc maxime arripuit, nihilessecerii, quod aut sensibus, aut animo percipi possit: quemjerunt eximio quodani usum lepo- re dicendi aspernatuniesseomne animi sensdsque judicium, primùmque insti- tuisse ( quanquam id fuit Socraticum maxime) non quid ipse senliret osten- dere, sed contra id quod quisque se sentire dixisset, disputare (42). Il dit dans un autre livre que la méthode de Socrate, qui n'était pas observée, fut rétablie par Arcesilas. C'est en cela que consiste l'innovation de ce dernier: et ainsi, les expressions de Diogène Laërce ne sont point exactes; car il est visible qu'un philosophe, qui fait profession d'attaquer tout ce qu'on répond à ses questions, met en usage la méthode de soutenir le pour et le contre. Prenez bien garde à ces paroles: Is ( Socrates ) percontando (4Ô) Diog. Laert., lib. IV, num. 28. (4i) Je me sers de ce terme sans avoir égard a la personne de Pyrrlion.
(42) Cicero, de Oratore, lib. III, eau.
xyin.
ARCÉSILAS. 245 alqiie interrogando elicere solebat eo- /mèvgç^, «xxàoiov à.va.yui'yh kol) jitÇctlamv rum opiniones, quibuscum disserebat, ut ad ea quce hi respondissent, si quid uideretur, diceret. Qui mos quiim a posterioribus non esset retentus, Arce- silas eum reuocafit, instituitque ut hi qui se audire vellent, non de se qucere- rent, sedipsi dicerent, quid sentirent. Quod quîun dixissent, ille contra, sed qui audiebant quoad poterant, de- fendebanl sententiam suaui: apud cœ- teros autem philosophas qui quœsii'it aliquid tacet, quod quidem jam Jit Sanè Arcesilaus tanliim abfuit ab ont- ni novandi, aut vetera sibi arrogandi studio, ut etiam uitio ei sophistœ ejus œtatis dederint, quèd sententias de co- hibendd assensione, et comprehensio- nis negatione, Socrati, Plaloni, Par- menidi, Heraelito, acceptas ferrei: nul- le quidem necessitate, sed tantiim eas l'iris nobilibus inscribendo confirmons ac commendans. Notez, je vous prie, que de l'aveu même deDiogène, notre etiam in Academid (43). Si ce témoi- Arcësilas ne fit que rendre plus congnage ne vous paraît pas assez formel, *""' ~ "" "^ que direz-vous de celui-ci, où l'on as- sure que l'académie d'Arcésilas n'e'- tait autre que celle de Platon? Hanc academiam nowam appe/lant, quœ mi- hi i/etus fidetur. Siquidem Platonem ex illd K'etere numeramus, cujus in li- bris nihil affi.rm.atur, et in utramque partem multa disseruntur, de omni- bus quœritur, nihil certi dicitur (44)- Je cite ailleurs (45) un autre passage qui n'est pas moins fort que celui-là. Si l'on veut de la bigarrure grecque, j'en, donnerai. J'ai lu quelque part qu'Epicure ne voyait point sans cha- grin la gloire d'Arcésilas, le plus re- nommé philosophe de ce temps-là, et qu'il lui reprochait de s'être acquis de l'estime chez les ignorans, sans rien tirer de son fonds: Tau «T' 'Apxs- SlXatOU TOV ETTIX-Ot/^OV où /LUTpneç SOIXSV » J'o^a, 7rttpa.xu7rt7v, èv tok tots Xp'^^"'^ y.a.Xiç-a.'Tùùv it\'j(ro<fa)V à.yefrn^îvToç (^6). Arcesilai autem gloria i^ideretur Epicuro haud mediocrem atlulisse œ- griludinem, qui inter ejus temporis philosophas maximi fiebat. Il était vrai qu'Arcésilas ne se piquait point d'avoir inventé: il donnait à Socrate, à Platon, à Parménide et à Heraclite, la gloire de l'invention de Vépoque, et de Vacatalepsie;'0 «T' 'Af KEJ-txa,oç tos-oD- (43) Idem, de Finibus, lib. II, C. I.
(44) Idem, Academ. Qnxstion., l\b. I, C. ult.
(45) Dans la remarque (h) de V article Caï- NEiDE, citation (6). Ce passage est du l". lif. de Cicéron, de îfaturà Deorum, chap. V.
tentieuse la méthode platonique: ce fut tout le changement qu'il y fit ' npû)Tûç TOV xô^ov iKivtun TOV ù'TTo Tlxâ.-