hi mehercu/è molesta quod et eum quem semper dilexi nimis excruciant (i7).PIutarque parle ainsi de ces édits de Bibulus: B/fxoç y.h tk t«v oîiâct^ (l5) Joliannes Tortellins Arelinus, in Com- Idem, Epod. VI vs. i3.
inentariis de Orlliograpblâ, et Jacobus Lannius, Subsecivar. Lect., lib. II, cap. IV, apud Dionys. Salvagnium Boëssium, Comment, in Ibin, pag. i/î.
(i6)Sucton., in Caesar., cap. XX. Vide etiam cap. XLIX.
(i7>Cicer. ad Auic, Epist. XXI, lib. II.
ARCHILOCHUS.
Nec ARCHILOCHUS.
Nec fiAç (18). Btbulus ilomi abditus non prothit oclo consulatUs sui menses in pullicum, edicta tanlùni proposait maledirtorum et prohrorum in anibos (PompejtiractCœsarem) plena. Quant au proverbe Archilochum te ris, je ire crois point qu'il signifie, comme Érasme se l'est figuré, un médisant qui marche sur les traces d'Archilo- chiis, ou qui étudie ses livres; mais un homme q;u, ayant offensé Archi- lochus, doit craindre la destinée de celui qui mavche sur un serpent, et qui en reçoit tout aussitôt une bles- sure mortelle. Voyez ce cfue Lucien met en la bouche d'Archilochus con- tre quelqu'un qui avait médit de lui, Alis cicadam comprehendisti (19) » et vous ne douterez point que l'expli- cation d'Érasme, quelque conforme qu'elle soit à h» pensée de Suidas, ne soit fausse. Cependant je ne nie jias que TTxTih ne se prenne quelquefois comme terere pour lectitare: oùS'' Aï- <rû);rov ■TriTTûi'THx.stç, a dit Aristophane dans ses Oiseaux (20). Il y a quelques épigrammes dans l'anthologie, qui donnent une trcs-forte idée de la médi- sance de notre homme: on y exhorte Cerbère à veiller plus que jamais, et même à prendre garde qu'on ne le morde, puisque Archilochus s'en allait dans les enfers (21). Nous verrons dans la remarque (G) qu'il médisait de lui-même.
trois filles de Lycambe soient mortes de désespoir en même temps. ] J'ai dit qu'Archilochus prit la chose fort à cœur 5 mais ce ne fut rien en compa- raison de son beau-père et de sa maî- tresse. Il se contenta d'une cruelle sa- tire 5 mais Lycambe et ses filles ne trouvèrent leur consolation qu'au bout d'un licou. Horace ne parle que de la penderie du père, et de celle de la fille qui avait été promise à Ar- chiloch.us: Non Tes et agenlia verba Lycamben.
(19) Lucian., in Pseiidol., loin. II, pttg. 548. yorez l'article de Tettix.
(10) Ceci m'a été communiqué par M. de la Monnoie.
(ai) Anth., lib. III, cap. XXV. Vule etiam Salmajiuu), ExerciUt. Plinian., pag.
quem versibut oblinat socerum tjuant, alris; Nec sponsœ laqueum famoso carminé nec- C'est dans l'Anthologie qu'on voit que les deux, ou même les trois filles de Lycambe se pendirent (aï). Voyez dans l'article d'HippoNAx (24) quelques exemples de l'efl'et funeste et mortel de la satire. N'oublions pas ce qu'un des scoliastes d'Horace a remarqué, c'est que Néobule ( il nomme ainsi la fiancée d'Archilochus ) ne se pendit pas à cause des satires de son galant, mais à cause du regret qu'elle conçut de la déplorable fin de son père (aS). La plupart des lecteurs seront pour l'anthologie, où Archilochus est re- présenté comme la cause immédiate.
(E) Ce fut à l'occasion de cette sa'- tire, que ceux de Laccdémone jetèrent un interdit sur les vers d'Archilochus.'] Valère Maxime l'assure en termes for- mels: Lacedœmonii libros Archilochi è ciuitale sud crportari jusserunt, quàd eorum pariini vereciindam ac pu- dicani lectionem arbitrabantiir. No- luerunt enimed liherorunt suorum ani- mos imbui, ne plus moribus noceret quhm in£;eniis prodesset. Itaque maxi- mum poé'lam, aut ceriè summo proxi- mum, quia domum sibi inuisam ob- scenis maledictis lacerauerat, carmi- num exilio multdrunt (26).
(F) Sa médisance le mit quelque- fois assez mal dans ses ajîf'aires. ] Pindare m'apprend cette particula- rité; car il assure qu'Archilochus, quoique s'engraissant à médire, a été souvent réduit fort à l'étroit: ymi iX^io-ty TnajvôjUêvov (27). yidi enim procul existent stvpè in angusliis conviciatorem. Archilochum dum malèdtcis odiis pingiiefieret- Arétius n'a pas entendu ce passage, puisqu'il y a trouvé ce sens, qu'Archi- lochus s'était bien trouvé de ses médi- sances, et qu'elles l'avaient élevé à l'éclat et aux richesses, de misérable qu'il était (28). Le mot ■7na,i'vê<râ«.i,qui (23) Antb., Ub. III, cap. XXV.
(24) Remarque (T).
(25) Scholiast. in Horalii Epod. \l.
(26) Valer. Maxim., Ub. VI, cap. lit. (37) Pindar., Pyililor. Od. II, f. 97.
(28) Vojei Bene'diclus ia Pindar., Od. Il PytUior.
ARCHILOCHUS.
■veut dire s'engraisser, a été cause de son illusiou: il fallait se souvenir, qu'encore aujourd'hui, se nourrir et s'engraisser de riuelque chose, signi- fie dans le figure y prendre un plaisir extrême. Il ne faut point douter qu'O- vide n'ait eu égard à ce passage de Pindare, quand il a dit dans son poè'me contre ibis, vs. 52 1: Vlque repfrlori nocuil pugnacis iambi, Sic sil in exitium lingua proterva tuuin, Nous verrons dans la remarque (.11), que ceux qui disent qu'il en coûta la vie à Archilochus pour avoir médit (29), se trompent.
(G) Il étendit sa médisance jusqu'à sa pr'pre personne.'] Ce poè'te se plai- sait tellement à la médisance, que, non content de de'chirer son pro- chain, il disait aussi du mal de soi- même (3o). C'est de quoi Critias le blâme (3i): lYoïis ne saurions point sans lui, disait Critias, que sa mère JEnipnne était une esclave; que la mi- sère le contraignit Je quitter l'île de Paros, pour passer en celle de Tha- sus; qu il s'y fit haïr; qu'il médisait, et de ses amis, et de ses ennemis; qu'il était extrêmement adonné h la débauche des femmes, et fort insolent; et, ce qui est pis que tout cela (Sa), qu'il a^'ait jeté son bouclier. Le sco- liaste d'Aristopliane nous apprend que ce fut dans la guerre contre les Saïens, peuple de Thrace, qu'Archi- lochus, pour sauver sa vie, jeta ses armes et s'enfuit (33). Aristophane avait employé deux vers de ce poète, touchant cette aventure (34), et là- dessus son scoliaste nous donne cet e'claircisscment. Plutarque rapporte les mêmes vers, et quelque chose de plus: Evroç Àycé/j,»TCiV kÔ-KKittov ovk sôsxœv.
"Ao-TTIÇ 'iKiivn EpfÎTûù' i^a.Z^Hx.TYiiToy.a.i ci:/Ka,xi'&)(35). Nunc aliquis nosCrà se ex hostibus aspide jaclel (20) Lescalopier, in Ciceron., de Nal. Deor., lih. III, pas- 703. Boëssius, in Indice Com- ment, in Ibin.
(3o) yorrz le passage de Pliilarquc, qui sera cite dans la remarque (M), citation (SS).
(3i) Jpu,l ilLlianum, Var. Hibt., lib. X, cap. XIII. ' (^j) C'est Critias qui parle.
(33) Schol. ArislopVi., in Cnraœd. de Pace. Vojrez aus.ri.Slrabon, liv. XII, pag. S^S.
(3/|) In Comccd. de Pace, circajinent.
(35j Plularcli., in lustitut. Lacon., pag. îSg.
Sub vepre quam rellqui invitas wlegram^ Illa quidein i'aleat ^ nunc ipse a clade sw^ pentes Emam suo non deteriorem tempore.
Cependant notre fuyard se piquait plus d'être soldat que d'être poète- Elju) «T' iyci btfi.7rui y.it 'EwAhiota Martis régis cultor suin: jimabile musarum donum ego quoque didici' Alce'e rangeait de la même sorte les places chez lui: il donnait le pre- mier rang aux armes; et lorsqu'il décrit sa maison (37), il ne parle point de livres, mais de casques et de boucliers: tout y sent l'arsenal, et rien la bibliothèque. On sait néan- moins qu'il se tira d'afl'aire dans une bataille à l'aide de ses talons, et non par ses armes. Voyez la remarque (B) de son article.
(11) y4pollon chassa du temple de Delphes le meurtrier d'' Archilochus (38).] Celui qui tua Archilochus s'ap- pelait Callondas Corax (Sg), et il éiait de l'île de Naxos. La prêtresse de Delphes le chassa du temple, parce qu'il avait mis à mort un homme con- sacré aux muses: 'EkCm^ih; t/Tra tmî Tlu^isLç, cêç lifilv a.vS'pA Tm p.w(rm Àvvipti- Jt«ç (4°). 11 l'avait tué néanmoins à la guerre, et de bonne guerre, comme nous l'apprenons de Suidas beaucoup f)lus clairement que de Plutarque. Ce- a fait qu'on ne doit pas trop s'imagi- ner que Pline ait eu ici toute l'exacti- tude nécessaire, lorsqu'il a dit au nombre pluriel: Archilochi poëtce in- terfectores ylpollo arguit Delphis (40» Solia, son copiste, ayant voulu faire le paraphraste, s'est mis hors d'état d'être excusé j il a eu la har- diesse de spécifier que ce poète avait été tué par des voleurs: Percussores Archilochi poëtœ Apollo prodidit, et latronum facinus deo coarguente de- tectum (4^). Eusèbe cite un auteur (36) Alhen., m. Xir, cap. VI, pag- (37) JpudMheo., lib. XI F, cap. V, pag. id., A.B.
(38) Plut., de lis qui sera à Numine puniun- tur, pag. 560; elfusè Suidas, in hfMMKùç.
(39) Idem, ibidem! vide eliatn Plutarcli., in Numà, pag. 62.
(40) Plutarch., de iis qui sera puuiunlur, pag, Ka.
MO Plin., /,6. Fil, cap. XXIX.
ARCHILOCHUS.
grec, nommé OEnomaiis, qui donne Je nom cVArchias à celui qui tua Ar- chilochus. Quarè, dit-il (43), «/«t Archi- lochum occldit Archias à templo qua- si scelestus exire au Apolline jussus est: Musarum enim amicurn occide- rat. Galien a rapporté les paroles de l'oracle: lAOUircUiy ôifiTfOVTSt )t*TS«.T*Vêf, ïfl9' VMOU. Musarum famuli occisor, templo procul On a fort blAmé Apollon d'avoir re- connu pour client des Muses, et d'a- voir extrêmement loué un poète qui avait écrit tant de saletés. OEnomaiis en fait des reproches à ce dieu (45). Origèiie et Ensèbe se sont servis de cela pour faire honte aux païens. To^Toiç vfc^^âijuiv, dit Eusèbc (46), jc*/ <fi' à>v AÙSiç '0 ' KiraXhoi'^ SttufAâ^ii tov 'Ap;tiXo;tov, sitS'fa. Trtt^To'ta.tç nnrà. yu- VsttJtœv ct.iTXpopî>ny.o3-uva,iç xctt oifipnTcKo- yietiç éiç oôJ' Àx-oÛTcti tiç o-ai^paiv âv«p jwévov. Addamus verb quœ summani in Archilochi comniendationem ejffun- dlt hominis ejusmodi qui opéra sua omni adi^ersiis mulieres obscenitate perborum intpleuerit, quant ne audire quidcm homo ferecundus possit. Je ne rapporte pas le passage d'Origène; on le trouvera au livre III contre Celsus, à la page laS de l'édition de Cam- bridge, en 1677.
(I) Le meurtre d'Archilochus auait été fait de bonne guerre. ] J'ai déjà dit que Suidas nous apprend ce fait phis clairement que Plutarquc 5 mais il me reste quelque chose à dire qui vaut la peine d'être rapporté. On a un petit Traité des républiques, attri- bué à Héraclide; l'ordre que la prê- tresse de Delphes donna au meurtrier d'Archilochus de sortir du temple, s'y trouve, avec la réponse du meur- trier. Cette réponse est une énigme impénétrable dans la traduction la- tine. Le traducteur suppose que ce meurtrier répondit: je suis innocent; (45) Euseb., Prœpar. Evangel., lib. V, cap. WX.IlIy cile par le père Hardouin sur Pline, tom. II, paff- Ï24- Ce ne sont pas les propres termes d' OEnomaiis: c*estseulement sa pensée.
(44) Galen., in Snasoriâ, lom. II, cap. IX, pag. 10. apud \\ari\uin., ibidem.
(4.'>) OEnomoiis, npuJ Eu^-rblum, l'rsepar. Evangel., lib. V, cap. XXXIII.
(/fi) Ibidem, cap. XXXII, pag. 3^7.
car je l'ai tué de loin, comme la loi le commande. Voici le grec et la version ôiipôç iifJ^i avat^' fJt;t*'f'*v yà.p vô/<» èWêivît. Quidam Corax diclus Archi- lochum poëlam interjecit. I laque Py~ thia ad euni atebat, exi templo. Cui is respondit: At punis sum rex, emi- niis enim ut lex jubet interj'eci ( Archi- lochum). Un de mes amis, grand humaniste (48), m'avoua qu'il n'a- vait jamais ouï parler, non plus que moi, d'un édit qui disculpât les meurtriers qui tuaient de loin, et qu'il ne croyait pas non plus que moi que Èx;t{ifccv signifiât emtrtMf. Comme il est intime ami de M. Gronovius, il le consulta sur cette difficulté, et voici la docte réponse de ce savant professeur: 'Ev;t''f^» vô/<«o*, locutio est propria in prœliis occisorum et oc- cidentium. Quem in illo fen^ore p-ci gladius, uel alia machina, vclbellua deprehendens ad Orcum mittit, is tru- cidatur «v ^«ifœv vô/uifi' lia omnes Grœci et prceserûm Polybius, ut li- bro I, cap. 3^, Ka.TcfTra.'Taù/j.ivm a-cep»' éov sv X.*fpSv vô/zû) (TiêtfSjifOVTo. 'O rravu (49) illic pugnantes: quod quidem non sujjîcit, nam et in prœlio multi possunt non pugnantes occidi, et ta- men «v X'^^P"'^ vof^u). Rursia eodem li- bro, cap 67: toCtouq yetp etÙTaui a,u aunCettvi SlctOfèlipio-^dn kcCtÀ TsiÇ a-vy.- TTMKà.; Toùç Èv X^'p^'V vop-a TrtptTrurljVTAÇ. Il ne reste plus de difficulté, après cette savante réponse: on voit que Corax n'a voulu dire autre chose, si- non qu'il a tué Archilochus dans un combat selon les lois de la guerre.
(47) Jnxta edilionem Nicolai Cragii ad calcem Traclatùs Je Republicâ Lacedsemonior., pag. ig.
(48) Cesl M. Henricius, dont on pourra voir l'rloge dans l'e'phre de'dicaloire du Traité que M. Gronovius pui/ia à Leide, Van 1693, sous le titre de Disqnisitio de Icunculâ Snielianâ qiiam Harpocraten indigetarunt. Je suis bien aise d'a- voir celte occasion de témoigner publiquement à M. Henricius ma reconnaissance de la bonté sin- gulière qu'il a de me prêter les livres de son excellente Itibliolhéque.
* Gronovius aurait dû prévenir qu'il y avait faute dans l'Héraclide de Gragius, sans cela cette note est obscure. En eflet, Bayle demande l'ex- plication de ces mots in..^«'faiv, et la solution (le Gronovius porte sur ceUe phrase «V ^êlDO)» V'i/Ji.ai qui est la bonne leçon. Koeler dans 8oa édition d'tlcraclide ( Hal. Sax. 1804 ) a corrisé la faute de Gragius.
ARCHILOCHUS.
(K) // a excellé clans les fers ïambi- ques, dont il était Vinuenteur. ] C'est ce qui paraît par ces vers d'Horace à l'ëpître XIX du P'. livre. vs. 23.
, ^ Pnriot ego primus iamhos Oslendi Latio, numéros animosque secuUis Archilochi: mais plus clairement encore par ce passage de Paterculus: JSeque quem- quam aliuni cujus operis primus nuc- torfuerit in eo perfectissimum prœter Hbmenim et Archilochum reperiemus (5o). II est constant que la poésie ïam- biqiie a été' le fort de ce poète: Hx tribus receptis Aristnrchi judicio scrip- ioribus iamborum ad'i^iv maxime per- tinebit unus Archdnclius. Summa in hoc ^'is elocutionis, cum i^alidœ tum hreues uibrantesque sententice, pluri- mum sanguinis atque nert>orum, adeo ut videatur quibusdam quod quoquam minor est, materiœ esse non ingenii i>itium (5i). C'est donc de celle-là que Paterculus l'a fait l'inventeur. Il l'au- rait aussi été de la poésie épique, si ce qu'on impute à Térentianus était ■vrai: Doctrinœ laudem ei Térentia- nus tribuil, ut et epicorum fersuum ini'entionem, libr. de ynetris pag. 86. C'est ainsi qu'on parle dans le Thé- saurus F>d>ri, à l'article d'Archilo- chus; mais il est aisé de voir, quand on consulte le passage de Térentianus Maurus, qu'il s'agit là de l'épode, et non pas des vers épiques. De plus, il ne serait pas certain que l'endroit qui concerne Archilochus le donnât pour l'inventeur de l'énode, si l'on n'apprenait d'ailleurs (5a) cette vé- rité. Cet endroit pourrait sembler une citation alléguée comme un exemple de l'épode dont on parle en ce lieu- là, qui est un vers hexamètre suivi de la moitié d'un pentamètre: Hoc docium Archilochum tradunt genuisse magiitri Tu mihi Flacce sal es.
Lorenzo Fabri remarque que les Grecs avaient été six cents ans sans auoir d'autres fers que les hexamè- tres, jusqu'à ce qu'S4rchiloquc en fit entendre d'autres auec tant de succès, que chacun essaya d'en faire de diver- (5o) Paterc, lib. I, cap. V.
(5i) Quinlil., lib. X, cap. I.
(5?) De Mariui Victorinus, Art. Grammat., lib. ni.
ses mesures, ce qui fil que la poésie grecque devint si belle par cette va- riété de uersijication (53).
(L) Plus ses poèmes ïambiques étaient longs, plus ils étaient beaux.ll Cicéron nous apprend cette particu- larité, en disant la même chose des lettres de son ami Atticus: Ut Aristo- phani Archilochi ïambus, sic epistola lor.gissima quœqiie optima videtur (54). On a fait le même jugement des harangues de Démosthène.
(M) Il n'est presque rien resté de ses Ouvrages; c'est plutôt un gain q^i'une perte, par rapport aux bonnes m.œurs.~\ On ne verrait que de très- mauvais exemples dans les vers d'Ar- chilochus. Il avait témoigné un regret fort violent de ce que le mari de sa sœur était péri sur la mer. Voilà une sensibilité qui pouvait être édifiante; mais il la fit dégénérer en une maxime pernicieuse, savoir, qu'il chercherait sa consolation dans le vin, et dans les autres plaisirs des sens, puisque ses larmes ne feraient aucun bien à son beau-frère, ni ses divertisseraens aucun préjudice.
OÙT8 Tl "J/alp XXctlûiy i'ÀTOy.cHy OUTi C'est-à-dire, selon la version d'A- myot: Pour lamenter, son mal ne guérirai; Ni pour jouer, je ne Vempirerai.
Le pis est qu'il ne faisait pas de diffi- culté de se diffamer lui-même, en remplissant ses poésies de mille sales médisances contre le sexe: Tâv ùtt xa.) à.Ka}^a.ç'a>ç iipujuhreu, ittuToi Trapa.- ^iiy/ua.ril^avToç. (56). Voyez l'usage que Théodore de Bèze a fait de ce der- nier mot dans ses notes sur le I""^. cha- pitre de saint Matthieu.
(N) Ceux qui parlent de plusieurs Archilochus multiplient les êtres sans nécessité. Il Un passage d'Eusèbe mal entendu est cause qu'on parle d'un Archilochus historien et chronologue, (53) Ménétrier, Représentât, «n musique, (54) Ciccro. Epist. XI, lib. Xyj, ad Atlic.
(55) Plut., de audiend. Poëlls, pag. 33.
(56) Plut., de Curiosit., pag. S20.
ARCHIMÉLUS.
à qui l'imposteur de Viterbe' a eu la hardiesse de supposer un petit livret. Voici ce qu'il y a dans Eusèbe, selon la version latine: Licet ^rchilochus i>icesimam terliam olympindein supputa (57). On prétend que cela veut dire qu'Archilochus a suppute de telle sorte les temps qu'il a mis Ho- mère sous la 23®. olympiade. Mais Scaliger a montre que le grec d'Eusèbe ne signiûe autre chose, sinon qu'il y a eu des auteurs qui ont fait tleurir Homère et Archilochus en même temps. Goropius Becanus avait déjà éclairci cela dans le grand et curieux ramas qu'il a fait sur Archilochus, afin de réfuter pleinement les fourbe- ries d'Annius de Vitcrhe (58). Voilà donc le pi étendu chronologue Archi- lochus réduit à rien. Vossius eût mieux fait de suivre cette correction, que de mettre Archilochus entre les historiens grecs (Sg). Il ajoute que Scaliger le place sous le règne de Da- rius, fils d'Hystaspes (60), sans en rapporter aucune preuve. Je n'ai pu trouver cela dans les notes de Scali- ger, que Vossius cite \ et je ne crois pas que cela y soit. Vossius, dans un autre livre (61), ayant parlé de notre poète Archilochus sous la 29*. olym- piade, en prometun autre sous la 94*'-i mais quand on l'y va chercher, on n'y trouve qu'un Antilochus. Charles Etienne, et MM. Lloyd et Hofman nous ont donné un Archilochus poète lacédémonien, florissant à Rome sous Tullus Hostilius, et un autre Archilochus fils de Nestor, et tué au siège de Troie par Memnon.
Ce sont toutes chimères: ce dernier s'appelait Antilochus; et il ne fallait qu'un peu d'attention pour se sou- venir que la cour des premiers rois de Rome n'était pas un théiUre propre à des poètes grecs. La plupart de ces dernières fautes se voient dans le Ca- lepin.
^57) Euseb., in Chron., ad ann. qo8.
(58) Gorop. Becanus, Origio. Autverp., lib. ly, ce t/uUl du la-dettus se trouve dans la Biblioth. Hispanica de Scbotlus, pag. i-ji et suiv.
(59) Vossins, de Histor. Grœcis, pag. 5.
(60) // monta sur le trône Van 3 de la 6!^'. jljmpiade. Vossius, de Hist. Grsecis, pag. 6.
(6i) Vossius, de Poëtis Gr«cis, pag. i^.
ARCHIMELUS, poëte grec, a fleuri an temps d'Hiéron roi ARCHIROTA. 281 de SjM-acuse (A): cela paraît par le présent qu'il reçut de ce mo- narque. Il avait fait une épi- grainnie à la louange d'un na- vire d'une grandeur prodigieuse, qu'Hiéron avait fait bâtir (a): cette épigrainme lui valut mille muids de blé, que ce prince lui fit porter avi Pirée {0). Voilà donc un poëte à ranger avec ceux qui en petit nombre ont trouvé des amiraux de Joyeuse (c).
(a) Voyez-en la Description dans kûiénée, (c) L'amiral de ce nom donna une abbaye pour un sonnet. Baliac, Entret. VIII.
(A) // a fleuri au temps d'Hiéron, roi de Syracuse. ] C'est-à-dire, envi- ron l'an de Rome Sao, et l'olym- piade i36. 11 y a de l'apparence qu'il demeurait à Athènes, puisqu'on fit porter au Pirée le blé dont on lui fai- sait présent. Je m'étonne que Vossius ait oublié un tel poëte: la récom- pense de son épigramme le rendait notable. Athénée nous a conservé les dix-huit vers qui furent si largement payés (i). M. Catherinot n'a point rapporté fidèlement l'élat de la ré- compense. Archiméliis, dit-il (2), fitt régalé par le roi Hiéron de six mille muids de blé, pour une épigram- me de l'ingt l'ers sur son vaisseau.
(2) Cather., Traité de la Marine, pag. G.
ARCHIROTA (Alexandre) (A) abbé des Olivets {a), était de Na- ples. Il composa, entre autres livres, un Recueil des Actions des rois dont l'Écriture fait mention (B), et le dédia à la rei- ne de Pologne, Bonne Sforce, qui demeurait alors à Bari. Elle lui donna eu récompense une pension viagère de 3oo écus par an. Il vécut cent vingt années ib). M. Konig le fait fleurir en i636, et lui attribue un Com- (a) C'est une sorte de moines en Italie.
(b) Lancel. de Pérouse, à la page 987 du lii-re intitulé, CUi l'indoviaa è savio.
282 ARE TIN.'
■menlaire sur les livres de Sa- naturellement médisant l'était viiiel et des rois, et un T'raité devenu davantage, à cause des sur le Vœu de Pauvreté.
(A) Alexandre. \ Larcelot de Pe- rouse (lit dans le corps de son ou- vrage inlitnlé Chi iindm'ina è sa- i'io, que cet auteur portait le nom d'Alexandre; mais à la marge, et dans la Table des matières, il le nomme Af-ostino.
querelles qu'il eut avec quelques autres hommes doctes. Quoi qu'il en soit, il y a des gens désinté- ressés qui disent que Charles Arétin entendait parfaitement la langue latine et la langue grecque; et qu'il l'a témoigné (B) Un recueil des ^actions des rois par quelques versions du grec (c). :ri/£7'!'':!/^!S "irii^'-A^'*;' ''"- H était d'aUleurs assez bon poète vrage fut compose' en ifalien. Je ne sais si c'est le même que celui qui a pour titre, Discorsi sopra diuersi Luoghi délia Sacra Scritlura. Le ca- talogue d'Oxford marque qu'il est di- vise en deux parties, dont la pre- mière fut imprimée à Florence, l'an i58t, in-S°.; et la seconde, dans la même ville, l'an i583, i/z-S". On voit dans le même catalogue que le (A), et il a fait quelques comé- dies en prose, dont Albert de Ejb a inséré des morceaux dans sa Marguerite Poétique {d). Mais ce qui marque beaucoup plus clairement son habileté, est qu'a- près la mort de Léonard Arétin, 443, il fut choisi pour lui tis la charge de secré- épublique de Florenrp...j -"-."-' ">"-v.j,"^, ^,v.^.^ gj^ iZiao, Il tut cnoisi pc Florence, l'an i5So, m-8°., et que succéder dans la charge de l'auteur de ces trois livres se nomme taire de la république de I Alexander Archirola. Je crois qu'il ce (B). Nous ne savons pas l'aurezze dans la Toscane, comme «1 disant que c'est l'année i443 son surnom le témoigne (ce qui (C)- Les auteurs qu'il cite ne disoit dit pour tous les autres qui sent point que notre Arétin ait ont été nommés Arétin). Il tient ^^^^^^ "» volume de lettres *.
un rang considérable parmi les savans du XV. siècle. Pogge lui donne de grands éloges {a); mais ils doivent être suspects, à cause que Charles Arétin était grand ennemi de Philelphe, et que Pogge haïssait mortellement Phi- lelphe. Celui-ci se plaint amè- rement de notre Arétin, et le représente comme un méchant homme, plein de fraude, et de ruses malicieuses {b). Cela aussi doit être suspect, venant d'un ennemi tel que Philelphe *, qui Histor. Discept. et II ai Carol. Arelin., (n) Poggins, init. Invect. in PLilelpIi.
(h) Philc'lplii Kpist anno i/j33, cl Epist. seij * Joly, qui confirme l'inimitié re'ciprof|iie de Philelplic el d'Aiélin, rapporte uu long Quelques -uns croient qu'il était frère de Jean Arétin (e), dont nous parlerons en son lieu. Ils se trompent. Il porta beaucoup d'envie à la gloire de Léonard Arétin son prédécesseur [f).
passage d'une lettre du premier qui soutient, contre l'opinion d'Arélin (qui avait raison), que les deux premières syllabes de Ticinus ( le Te'sin), sont ))rèves, tandis qu'elles sont longues.
(cl Leand. Albert., Descrip. \\.3\.,pag. 96.
{d) Gesneri Bibliotbec.
* Joly, d'après Montfaucon, Bill. Manns- criptnrHtnnova, cite les titres de liuitouvrages de Cil. Arétin. Les sept premiers paraissent, n'être que de petites pietés. Le huitième e.'it la traduction en vers latins, de la Batraclio- myomachie, mentiounée dans la remar- que (A).
(e) Vossius, de Histor. Latinis, pag. 579.
(/) J'oyez lu rewarque (H) de Varticte de;Lconarilj AiiÉiiN.
ARÉTIN.
(A) Il était...assez bonpoëlc.'\ Il faut entendre ceci eu égard à ce temps- là: je doute même qu'avec cette res- triction, je puisse faire passer mon texte partout: car voici ce que M. de la Monnoie m'a écrit: Lilius Gyial- dus, qui a uu des poésies de Charles Arélin, ne les trouvait point bonnes, et la i'érité est que sur les citations qu'on en uoit dans le Dictionnaire de TortelUus^ on a lieu de juqer que c'est peu de cmse. Notez que Tortellius ne cite de lui que des vers élégiaques; mais le père Labbe (^) cite en deux ou trois endroits une version de la Batra- chomy'omachie en vers hexamètres par Charles Arétin.
(B) // fut choisi pour succéder à Léonard Âretin dans la charffe de se- crétaire de la république de Florence.'] C'est ce que nous apprenons de Lean- dre Albert: Diem funclus est ( Leo- nardus Aretinus) anno post C. N. MccccxL, letatis suce LXXIV, i'Vo- renliœ, riiin illi reipub. diiiti secretis fuissel, et successorem in eo niunere habuit Carolum item Aretinum, et grœcis latinisque litteris erudilissi- mum, qui etiam ipse quœflam de grœ- cis latina fecit (i)_. Joif;nons à ce té- moignage celui d'Enée Silvius, encore qu'il soit un peu long; car il nous sert de preuve pour plus d'une chose: Commendanda est, dit-il (i), multis in rébus Florentinorum prudentia, lum maxime quod in legeniUs cancellariis non juris scientiam ut plerœque civi- tates, sed oratoriam spectanl, et quœ vacant humanitatis studia. Norunt enim rectè scribendi dicendique artem non Bartolum aut Innocenlium, sed Tullium Quintilianumque tradere. Nos très ex ed urbe cognovimus, grœ- cis et latinis et conditorum operumj'a- mâ illustres, qui cancellariam alius post alium tenuére, Leonardum et Carolum Aretinos, et Poggium ejus- dem reipublicce civem, qui secretarius apostolicus tribus quondani romanis pontijîcibus dictdrat epistolas. 11 faut corriger par ce passage l'obcuritç ou l'erreur d'un autre passage d'Ence Silvius qui a mis en peine Vossius. Voici cet autre passage: Leonardum