(i5) PoMPOHios Atticdj se trouva bien d'une semblable conduite. Vofei la remarque (A) de son articl".
(iCijTacit., Annalium lib. II, cap. XLII- (,-) DiO, lib. LVII.
(i8)Slr«bo, lib. XIK, pag. 448.
(H) Tibère le cita, et lui donna le sénat pour juge. ] C'est Dion qui le rapporte: Insimulatum quasi nouis ré- bus studeret, ev'ocai'it Romam, ac Se- natdsjudicio tradidit (19). C'était donc d'un crime d'état que l'on l'accusait. Tacite ne semble pas donner là: il insinue fort clairement queTibère eut la bonne foi de ne se plaindre que de l'incivilité d'Archélaiis, et qu'il lui fit espérer que par sa présence et par ses prières, il pourrait obtenir pardon: Ut %'ersd Cœsarum sobole imperiuin adeptus est, elicit Archelaum matris litteris, quœ non dissimulatis ojj'ensio ■ nibus clementiam offerebat, si ad pre- candum uenirel (20). Cette bonne foi sur l'article des oflènses personnelles cachait un piège très -dangereux. Le roi de Cappadoce ne l'aperçut pas, ou n'osa agir en homme qui s'en fût aperçu. Il partit de la main pour se rendi'e à Rome, fut très-mal reçu de Ti- bère, et se vitpeu après mis en justice: Jlle ignarus doit, vel si intelligere crederetur vim mcluens, in urbem pro- perat, exceptusque inimiti a principe, et mox accusatus in Senatu (21). Sué- tone n'a parlé qu'en gros de cette ac- tion de Tibère: Reges infestas sus- pectosque comminaùonibiis magis et querelis quam ui repressit: quosdam per blanàitias atque promissa extracD tos ad se non rcmisit, ut...Archelaum Cappadoceni (22). Je ne sais si Archélaiis, malgré son âge, ne fut point tenter de remuer quelque chose après le décès d'Auguste 5 car il est j)arlé d'un de ses complots (28), qui ne peut concerner que ce temps-là.
(1) L'âge, la goutte...le firent bientôt mourir. 2 Continuons d'enten- dre Tacite: 3Iox accusatus in Senatu non ob criniina quœ fingebantur, sed angore, siniul J'essus senio, et quia regibus œqua neduni infima insotita sunt, fineni l'itœ spontè an faln imple- pïf. Cet historien ne sait si Archélaùs se fit mourir, ou s'il succomba sous le poids de son infortune; mais on peut inférer de son récit que ce prince ne fut point condamné, et encore moins (19) DIo, lib. LFII.
(20^ Tacil., Annalium lib. II, cap. XLII.
(31) Idem, ibid.
(2î) Siietoo., m Tiberio. cap. XXXFII. Voyez aussi Eutroi>ii lib. VII.
(î3) Philosir., in Vitâ Apoll., lib. I, cap. VU ARCHELAUS. 271 puni de mort. Dion nous apprendra du f^ouvernement? Il serait diflîcile plus de circonstances. d'e'claircir cela. Les anciens historiens (K) On croit qu'il c^'Un l'arrêt du avaient tellement pour maxime de ne sénat, en faisant semblant d'extrava- rapporter que le gros des choses qu'ils ÇHC/-.] Dion assure qu'Archelaiis,acca- ne fournissent guère de lumières par ble de sa vieillesse, passait pour un rapport à certains petits détails. Leur homme qui radotait 5 qu'il avaitne'an- maxime est très-honne; mais il y a moins tout son bon sens, mais qu'il un art de specilîer les faits en peu de contrefit le fou, parce qu'il ne V03'ait mots et en passant, qui serait d'un que ce seul moyen de sauver sa vie grand usage si on le voulait, ou si on (24); qn'avec tout cela, il aurait passe le savait pi-atiquer. Une histoire inle pas, si un faux témoin n'avait été folio, par le moyen de cet art, lèvel'accuser de s'être servi de menaces, rait mille disputes, éclaircirait cent et d'avoir dit que, quand il serait re- choses particulières, sans être plus tourne' en son royaume, il montre- longue de cinquante pages, rait à Tibère qu'il ne manquait point (L) Après sa mort, la Cappadoce de vigueur. Cela fit rire, et détourna fut réduite en /rodVjce.] Velleius Pa- Tibère du dessein de le faire mourir, terculus, Tacite, Dion et plusieurs Il était si faible, si atténué, qu'il le autres l'assurent formellement (i5).
fallut porter en litière dans le sénat. Voici les propres termes des trois pre- Dion ajoute que, pour le coup, Arche- raiers: Tib. Cœsar.,.. ut lias arniis laiis évita la mort j mais qu'il mourut ith auctoritate Cappadociaju pnpulo peu api'ès. Le teste de ma remarque H. jecit stipendianam (2G). liegnurtt n'est point démenti par Dion j car si le inprnt^inciam redactum est (27). Paufaux témoin sauva la vie à Archoiaiis, lo post obiit ( Archelaïis ) ac indè ce. ne fut qu'à cause qu'on jugea que Cappadocia quoque Romannruinjuris les menaces dans un homme aussi con- effecla, equitique regenda data (28).
fisqué que lui étaient une preuve cer- Ce fut Germanicus qui exécuta cet taine de délire, de radoterie, de re- ordre (29). Appien s'est donc bien chute dans l'état d'enfance, etc. A trompé, lorsqu'il a dit que le royauceci peut-on connaître que Xiphilin me de Cappadoce fut réduit en pron'avait pas le goût fort bon. 11 a sup- vince sous Auguste (3o). Le père Noprimé la feinte folie d'Archélaiis. Or ris, quia relevé cette faute d'Appien, c'est un fait qu'il fallait garder, quel- en a trouvé deux bien considérables que court que l'on voulût être. David, dans Riccioli, l'une de généaloaie brutus, et quelques autres se sont et l'autre de chronologie (3 1). Les pautilement servis de cette feinte: j'en rôles qu'il rapporte de cet auteur sont conviens j mais ce sont pourtant des celles-ci: Summoto Mithndate creaaventures singulières, et qu'un abré- tus est Cappadocum consensu aRoviateur doit retenir. N'oublions pas manis Ariobarzanes; tandem Archeque Dion observe qu'Archélaiis avait lao pronepote mortuo Rnmœ consuété autrefois réellement fou, à telles libus C. Cœlio BuJ'o et L. Pomponio, enseignes qu'Auguste lui avait donné ut ait Tacitus, id est annn 8J anle un tuteur qui fut régent du royaume. Christuni, desiit regnare in Cappa- Je ne sais si ce ne serait point en cette docid (*). Ces jiaroles ont tout l'air rencontre qu'il eut recours à la protec- d'un passage mutilé: il n'est point tion de Tibère. 11 y eut recours se rare que des imprimeurs sautent des voyant accusé par ses sujets; mais ne pourrait-il pas avoir été accusé de fo- (^S) Sirabo, Hb. XII, pag. 368. SuetoD., in lie, dans un temps qu'illui restait as- Tiber. ca;». XXXVII. Euirop., Ub. ru, sez de raison pour souhaiter qu on ne (.g^ p,j„c., Ub. II, cap. XXXIX le mit point en tutelle, et pour soute- (^.j Tacit., Annal., Ub. II. cnp. XUI.
nir que ses sujets par belle malice le (28) Dio, Ub. LFII, pag. 614.
voulaient faire passer pour incapable (atO Suet., m Calig., cap. /. Tacit., Annal.
Ub. II, cap LVI.
renrs, tom. I, pag. 107, impute faussement à "/""» '^"'^ Cenot. Pisan., pag. 241.
Dion d'at'inr dit qu ■liche'laù.s fut absous par le (3i)Noris, Crnot. Pisan., pag. 226.
sénat, en faisant semblant d'avoir perdu l'c>- (*) Kiccioli, Chron. Refomiat, tom. l, Ubprit. y, cap. IX, num. 5- ARCHÉLAUS.
lif;nes tout entières. Quoi qu'il en soit, Archelaiis ne descendait point d'Aiiobarzane ^ voilà l'erreur ji;enéa- logique de Riccioli j et le consulat de C. Cœlius Rufus et de L. Pompo- nius, sous lequel il mourut à Rome, tombe à l'an 17 de Jésus-Christ: voilà l'erreur de chronolof;ie. Strabon té- moigne en termes formels qu'Arche'- laiis n'e'tait point parent d'Ariobar- zane: Ita rex ab Us factiis est Arlo- barzanes, cujus in lertid stirpe ge- nus dejecit. Exindè Archeltiûs ab ylntonio rex est constilutiis nulla affi- NiTATE ipsis conjunctus (Si). L'erreur que Noldius impute à Jornandes est bien différente de celle d'Appien. 11 veut que la Cappadoce soit devenue une province sous l'empereur Claude, et cela en vertu du testament d'Ar- chélaiis (33). Au reste, les revenus de la Cappadoce étaient si considéra- bles, lorsqu'Archélaiis mourut, que Tibère se crut en état, par l'acqui- sition qu'il en fit, de se passer de la moitié d'un impôt qu'il faisait lever: Regnum ( Archelai ) in provinciam redactum est, jruclibusque ejus le- fari passe cenlesimœ uectigal profes- sas Cœsar, ducenlesimani in pnsle- rum slatuit (3^ ). 11 soulagea même cette province, et n'en voulut pas tirer tout ce qu'elle avait fourn. au dernier roi (35).
(M) On se vantait d'une très-an- cienne et très-glorieuse race dans sa maison. ] Glaphyra, fille du dernier Archélaûs, et femme d'Alexandre, fils d'Hérode, parlait souvent de la noblesse de sa maison, et se vantait de descendre de Temenus, du côté paternel, et de Darius, fils d'Hystas- pes, du côté maternel (36).
(N) Il n'est pas hors d'apparence qu'il ait composé des livres. ] Pline nous fournit toute cette probabilité. Il cite plusieurs fois Archelaiis, et l'on juge qu'en deux endroits il en- tend Archéîaùs roi de Cappadoce. Il lui donne cette qualité dans l'une de ces deux citations: Archelaiis qui reg- (33) Jornand., de hegnor. et Terapor. Suc- cession., pag. 0^5, apud Noldium, de Vilâ Hcrod., pag. 194.
04) Tacit., Annal., lih. II, cap. XLII. (ir.) Idem, ibid., cap. LVI (36) Josepb., de Bellg Jud., xrii.
nat'it in Cnppadocid, dit-il (3^); et comme il s'agit là de certaines par- ticularités (|ui concernent l'ambre, le père Hardouin ne doute pas qu'il ne faille entendre le même Archelaiis dans le chapitre 'VII du XXXVir. livre de Pline, où un Archelaiis est cite touchant les propriétés d'une es- pèce de pierre précieuse (38). Il ne doute point non plus que cela ne soit tiré du livre de Lapidibus cité ])ar Plutarque (Sg). Je m'en rapporte à ce qui en est; et, pour dire quelque chose de plus certain, j'indiquerai un endroit de Pline, où Archelaiis est compté parmi les rois qui ont écrit de l'agriculture (4o). J'ai parlé ci-des- sus (4' ) d'un autre Archelaiis que Pline allègue souvent.
(0) On l'a confondu avec Arche- laiis Jils d'Hérode. ] Le père Noris a convaincu Riccioli de cette faute (42). Ce dernier auteur a prétendu que Ti- bère plaida pour Archelaiis devant Auguste, dans le procès qu'Arché- laùs eut avec ses frères, touchant la succession d'Hérode, et il prétend le prouver par ce passage de Suétone: Civiliuni ojficiorum rudimentis Ar- chelaum, Trallianos, et Thessnlos, varia quosque de causa, Auguslo cognoscente défendit (43): et comme Velleius Paterculus lui apprend que Tibère quitta Rhodes pour retour- ner à Rome, l'an ^55, il conclut qu'en cette année-là, et non pas en 75i ou plus tôt, Archélaûs fut fait ethnarque. Le père Noris lui montre par le passage de Dion, rapporté ci- dessus (44), <iue les paroles de Sué- tone se doivent entendre d'Archélaùs roi de Cappadoce. 11 pouvait ajouter une instance qui ruine l'hypothèse de Riccioli, c'est que Tibère soutint la cause d'Archélaiis avant que d'aller à Rhodes. Cela est clair par les paroles de Dion, et se peut inférer manifes- tement de celles de Suétone, qui met le plaidoyer pour Archelaiis en tête (37) Pllnius, lib. XXXVII, cap. III, pag.
(38) Harduin., in Indire Autor. Plinii. Voyez auiù Malincrot, Paralipom., pa^. ^o\ (3ç)) Plut., de rii.v.is, pag. ii53. (4o)Plin., lib. XVIII, cap. III,pag.(f^o. (40 Dans la remarque (C) de l'arlicle A»- GHbLAUs le philosophe.
{42) Noris, Cenol. Pisan., pag. itfi, (43) Suet., in Tiberio, Cap. VIII.
ARCHÉLAUS.
de toutes les causes entreprises par Tibère, lorsqu'il fit, si j'ose parler ainsi, ses premières campagnes de robe longue: cii^ilium nfficioruni ru- dimenta. Torrenlius croit, tout com- me Riccioli, que Sue'tone a voulu par- ler du grand procès d'Archélaiis fils d'Hërode, et il nous renvoie à Josè- plic (45). Comment n'a-t-on point vu que Josèphe n'eût point iguore ce bon odice de Tibère, et qu'il en aurait liarle, s'il l'avait su? J'ai e'té surpris que le père Noris, qui fait de si fré- quentes et de si vigoureuses sorties sur le jésuite Salian, l'ait épargné en cette rencontre. Ce jésuite est tombé dans la même faute que Riccioli: il a censuré Casaubon d'avoir appliqué (46) le passage de Suétone à Arché- laiis, roi de Cappadoce: il lui a re- présenté que la cause de ce prince fut agitée sous l'empire de Tibère j il a soutenu qu'il faut donc entendre ici Archélaiis fils d'Hérode; et il a prouvé, par cette supposition, que Jésus-Christ demeura deux ans en Egypte: car, dit-il, Tibère n'était pas encore retourné à Rome l'an a de Jésus-Christ: il était pourtant à Home lorsque archélaiis disputa afec ses J'rères sur la succession d'Hérode, puisqu'il l'honora de saprotection (47)- Voilà comment on entasse faute sur faute, dès qu'on pose mal son fondement. Il est clair comme le jour que le roi de Cappadoce eut un procès devant Auguste, avant que Tibère se retirât dans l'île de Rhodes (48).
(P) Le continuateur de Moréri fait à l'occasion d'Archélaiis une faute énorme."] Il dit que Scylla ( c'est son orthographe), après avoir pris la ville d'Athènes, tua lui-même Archélaiis, général des troupes de Mithridate, au pied des autels, oit il s'était réfugié. On cite Aulu-Gelle, 1. XIV. Il est cer- tain qu'Aulu-Gelle, au chapitre I'''. du XV^. livre, parle d'une chose dont le continuateur a fait mention, je veux dire d'un expédient employé par (45) Torrent, in Sueton., Tiber., ca;). VlII. il nous renvoie à ^vseb., in Chron. tt Eccles. Hislor.,W. /. ri À Josephe, Ântinuit., lib. XFII,tap.XI.
(46) Comment, in Suelonium.
(47) Sallani Ann»les, in Scholiis, ad ann. 3 Chriflij nuin. ■;.
(48) Ko/M Noidios, de yitâ et Gestis Hero- TOME H.
Archélaiis pour empêcher que les Ro- mains ne brûlassent une tour de bois qui défendait le Pirée: nous verrons ci-dessous ce que c'est; mais il est très-faux quïl dise qu' Archélaiis se réfugia dans un temple, et que Sylla le tua lui-même au pied des autels. Je ne pense pas qu'aucun auteur di- gne de foi ait dit cela; car c'est un fait notoire qu'Archélaiis ayant con- traint Sylla d'abandonner les atta- ques du Pirée, et de s'attacher uni- quement à la ville, eut le temps de se retirer lorsqu'il la sut prise d'as- saut (49). Sylla le poursuivit, et ga- gna sur lui de grandes victoires, et 1 obligea de faire la paix à des con- ditions désavantageuses. Archélaiis, se voyant soupçonné de malversa- tion (5o), n'osa se fier à Mithridate, et vint trouver Muréua, qui comman- dait les Romains. Il fut reçu avec honneur, comme Strabon l'a remar- qué en plus d'un endroit:*Hv «Ts ou- Toç 'Ap;\^é^stoç ùioç y.h tuV Ctto lûwa. KCtITlIç <ri/"J,XM)'TÛU Tf^xSévToç (5l). Fuit hic Archelaus Jilius ejus cui à Sylla et senatu honor est habitas.
Le secret de préserver sa tour de bois consistait à la bien frotter d'alun - Je pense que Quadrigarius est le seul historien qui en ait parlé. Les autres disent que ses tours et ses machines furent ruinées par les assiégeans. H est bien certain que l'alun n'a point la vertu dont Quadrigarius parle. Voi- ci ses paroles: Tum Sulla conatus est et tempore magno eduxit copias ut Archelai turrim unam, quant ille in- terposuit, ligneam, incenderet. f^enit, accessit, ligna subdidit, submoi'it Grœcos, ignem admouit, salis sunt diii conati, nunquam. quiferunt in- cendere; it'a Archélaiis oninem ma- teriam oblet>erat alumine, qund Sulla atque milites mirabantur: et, post- qu'am non succendit, reduxit copias (Si). Si 31. labbé de la Roque avait eu connaissance de cet endroit d'Au- lu-Gelle, il n'aurait pas dit que« l'his- » toire remarque que Sylla entreprit (19) /-'/<ie Appian., in IVIitliridat.
(Soi i'Epitonie de Tite-Live marque- qu Ar- chélaiis lui a la Jlolle de Milhriiiale aux Ro- mains. Auri'lius Victor dit que Sylla chassem Mitliridatis prodiliore Arclielai intfioipit.
f5i).Sirabo, lih. XII, pag. 384. y^rez auisi lib. xrii, pag. 547.
(52) Jpud Aul. Gt)l., lib. XV, cap. I. 18 2,4 ARCHILOCKUS.
autrefois de brûler une tour de avait refusée. Arclulochus prit » bois qu'un des lieutenans de Mi- }) thridate défendait, et qu'il n'en put » jamais venir à bout, parce qu'elle » était enduite d'une certaine drogue )) DONT LE NOM n'esT PAS VENU JDSQo'a }) Nocs, qui avait la vertu de répri- i> mer l'activité du feu (53). « Deux choses m'étonnent: l'une, que puis- que Quadrigarius a parlé d'un acci- dent si peu ordinaire, tous les au- tres historiens n'en aient pas fait men- tion; l'autre, que puisque tant d'his- toriens n'en ont dit mot, Quadriga- rius en ait parlé d'une manière si précise. Ces sortes de faits frappent de telle manière les esprits, que la tour de bois incombustible eût été la dernière chose que les relations auraient omise. Sylla l'eût infailli- blement insérée dans ses mémoires. Plularque, qui les cite si souvent (54), l'y aurait vue, et n'aurait,eu garde de s'en taire. Concluons de son silence, et de celui de tant d'autres historiens, que le fait est faux. Mais d'où est-ce que Quadrigarius l'avait pris? Je crois qu'il n'est pas possible de déterrer l'origine de son erreur. Il est bien vrai que l'alun de plume résiste au feu, et ne se consume point; mais en frotter une tour de bois et la rendre incombustible par ce moyen, est uns chose que je crois impra- ticable.
(53) Journ. des Savans, du i^ février 1677, (54) Plutarch., in Vilâ Sylla.
ARCHILOCHUS, poëte grec, natif de l'île de Paros (a), fils de Télésiclës (A), a fleuri dans l'ola chose si à cœur, soit qu'il ai- mât la belle, soit qu'on eiit ajou- té au refus quelque mépris par- ticulier, qu'il rassembla tous les torrens de sa bile, afin de diffa- mer Lycambe. Il y a de l'appa- rence qu'il enveloppa toute la famille sous ses pasquinades; car on prétend que la fille suivit l'exemple du père, et il y en a même qui veulent que trois filles de Lycambe soient mortes de dés- espoir en même temps (D). Il releva peut-être des aventures également diffamantes et éloi- gnées de la connaissance du pu- blic. Il semble du moins qu'il y avait des endroits fort sales dans ce poëme; car ce fut à l'occasion de cette satire, que ceux de La- cédémonejetèrent un interdit sur les vers d'Archilochus (E), après avoir considéré qu'une lecture comme celle-là était peu con- forme à la pudeur. Quelques-uns ont dit qu'il fut lui-même banni de Lacédémone {b); mais ils en donnent pour raison la maxime qu'il avait insérée dans ses vers, quil vaut mieux jeter bas les armes, que perdre la vie. Il avait écrit cela pour sa justifica- tion (c). Sa médisance, qui le lympiade 29 (B). Le caractère de mit quelquefois assez mal dans ses poésies a été un débordement ses affaires (E), et qu'il étendit de médisances tout-à-faitextraor- jusqu'à sa propre personne (G), dinaire (G). On en vit des effets terribles, lorsque Lycambe se pendit, après la satire violente qu'Archilochus avait faite contre lui. L'indignation de ce poëte venait de ce qu'on lui avait man- qué de parole. Lycambe lui avait promis sa fille, et puis la lui (a) Hcrod., lib. /, cap. Xll. Luciauus, in P«en<iol, ne lui ôta point les bonnes grâces d'Apollon; car lorsqu'il eut été tué dans un combat, l'oracle de Delphes chassa du temjjle le meurtrier (H), et ne se laissa radoucir qu'à force d'excuses et de prières: et après cela même, il lui ordonna d'aller dans une {b) Plular. Inslit. Lacon, pag, aSg. (c) Vojrci la remarque (C).
ARCHILOCHUS.
certaine maison, pour y apaiser les mânes d'Archilochus (d). Ce- pendant ce meurtre avait été fait de bonne guerre (I). C'est dans les vers ïambiques que ce poète a excellé: il en était l'in- venteur (K), et l'un des trois Suidas, mais aussi dans OEnomaiis, cite par Eiisèbe (i).
( B ) // a fleuri dans l'olympiade 39. ] Les auteurs varient un peu là- dessus. Tatien et saint Cyrille ont place Archilochus sous la ^3'^. olym- piade (2), Clément Alexandrin l'a placé sous la in^.; un autre sous la iS"., sous la iS*^. et sous la 19». (3).
poètes qu'Aristarque avait ap— Cicéron l'a fait vivre durant le règne prouvés en ce genre de poésie ^le Romulus (4). Cornélius Népos le égards au-dessus des deux autres, ait fait des vers sur l'aventure de Le grammairien Aristophane Gygès et de Candaule j mais aussi trouvait que plus les poëmes qu'il ai* vécu en ce temps-là ^6). Eu- 1 • J'\ „i,.i„„u„^ Ât„:^„^ sèbe le fait fleurir dans la 20®. olvm longs, plus ils étaient beaux (L) L'hymne qu'il fit sur Hercule et sur lolaiis, eut cet avantage, qu'on avait accoutumé de la chanter trois fois en l'honneur de ceux qui remportaient la vic- toire aux jeux olympiques (f) piade. Il est facile d'accorder entre eux quelques-uns de ces auteurs: mais on ne saurait les mettre d'ac- cord tous ensemble; car la révolu- tion qui se lit dans la Lydie, par la mort de Candaule, et par l'instal- lation de Gygès, tombe sous la 17*. olympiade (7). La mort de Romulus est une affaire de l'olympiade précér ^ gjj enferme entre la première année de ses ouvrages: ce qui est plu- de la 27«. olympiade, et la première tôt im gain qu une perte, par rapport aux bonnes mœurs (M). Ceux qui partent de plu- sieurs Archilochus multiplient les êtres sans nécessité (N). Si nous avions le dialogue composé par Héraclide sur la Vie de notre poëte [g) nous en apprendrions année de la 35^. M. de Saumaise, fort heureux à relever une grosse be'- vue de Solin, n'a pas évité de se méprendre de son chef. Solin a été assez étourdi pour mettre dans ua même siècle les trois orateurs de la famille des Curions, Archilochus et Sophocle: Plurimi, dit-il (8), inter Romanos eloquentid Jloruerunt, sed hoc bonurti hereditarium nunquamfuit apparemment bien des particu- nisi in familid Curionum, in quâ larités, et sans doute nous y ^'^ série continua oratores fuêre: ^ -1 maenum nnc habitum est sane en sœtrouverions comment il mena en ^J^ ^^^ facundiam prœcipuè et hu l'île de Thasus une colonie de mana et divina mirata sitnt: quipp quippe Pariens (h). Il y avait de l'hon— tune percussores ArchUochi pnëiœ neur à être choisi pour un tel emploi.
{_d^ Voyez Varticle Tettix.
(el Voyez la remarque (K).
{/• Pindar. Olyrap. od. IX, et ibi Jo. Benedictus. Voyez aussi dans les C)i\\idtAez d'Erasme, Archilochi melos.
if^] Diogen. Laërt. in Heraclid.
(Al OEnumaûs, apud Eusel». Praepar. Evang., lib. Vl, cap. Vil. Vide etiam Pe- rizon. in £liani lib. X, cap. XIII.
(A) Il était fils de Tclésiclès.'] C'est ce que l'on trouve non-seulement dans ApoUo prodidit, et latronum Jaci- nus deo coarguenle deleclum; ciirn- que Lysander Lacedœnionius Athenas (1) Euseb., lib. ri, cap. VII, Préparât. Evangel., pag. iZQ-.ilein, lib. V, c. XXXlIt, (2) Vojei Vossias, de Poët. Grjecis, pag. 14.
(3) Anonymus in Descript. Olymp., apud Vos- shiin, de Poct. Grwcis, pae- i4- (4) Ciiero, Tusculan 1, cap. I.
(5) Cornet. Nepos, apud Gellium, lih. XVII, cap. XXI- (7) Voyez Selbus Calvisius, ad ann. Mundi 3a39, jjag (8) bolinus, cap. II, subjîn.
AKCHILOCHUS.
AKCHILOCHUS.
obsideret, uhi Sophoclis trai^ici in- humatum corpus jacebat; identidem Liber Pater ducem monuit per quie- îem sepeliri delicias suas sineret, nec prias destilit, etc. M. de Saumaise remarque que l'un de ces Curions a vécu du temps de Jules César, qu'Ar- chilochus a vécu du temps de Tar- quin-le-Superbe, et que Sophocle n'est venu que plus de deux siècles après Archilochus (9). Il a donc raison de se moquer de Solin 5 mais il a tort de placer Archilochus au temps de Tarquin-le-Superbe, qui a régné de- puis l'an 3 de la 6i«. olympiade, jusqu'à la dernière année de la 67^.: il a, dis-je, tort de le mettre là, puis- qu'ailleurs il l'établit sous la 29*=. olym- piade: Circiter l'igesimam nonam olympiadevi inclaruit Archilochus (10). Ayant fait la faute de rendre contemporains Archilochus et le der- nier roi de Rome, il ne devait pas trouver deux cents ans entre Archi- lochus et Sophocle; car la mort de celui-ci arriva dans la 92". olympia- de, plus ou moins. Un autre grand homme (11) s'est trop laissé empor- ter à l'envie de reprendre, lorsqu'il a imputé à Hérodote de s'être servi d'un pitoyable raisonnement pour prouver qu'Archilochus a vécu sous Gygès, c'est de dire qti'Archiiochus a fait mention de ce roi. J'avoue que ce raisonnement serait absurde; mais on disait qu'elle ressemblait à celles d' Archilochus: ïn inalos mperrimus Parala lollo cornua, Qualis Lycambe spretus infido gêner (i4)- Ovide, dans le même esprit, a usé de cette menace: Postmodo si perges, in te mihi liber iambut Tincla Ljcainbeo sanguine lela dabil.
C'est dans son poème in Ibin, vs. 5i, ouvrage si médisant que ceux qui ont cru qu'il l'a fait à l'imitation d'Ar- chilochus (i5) seraient excusables, s'il n'était pas aisé de connaître par ces deux vers, t's. 53, Nunc quo Battiades inimicum devovet Ibin, Hoc ego devoveo teque tuosque modo, qu'Ovide s'est proposé d'imiter le poète Callimachus. Il y a je ne sais combien de proverbes qui éternisent la médisance de notre poète: ytrchi- chilochia edicta,' ApX.'^oXov ttatuç, Ar- lochuni teris, etc. On trouve le pre- mier dans Cicéron, qui s'en est servi pour désigner les édits que le consul Bibulus faisait afficher. Ce pauvre consul, n'osant sortir de sa maison, ne retint quelque ombre d'autorité aue pour se venger par des pasquina- es, où il étalait les plus infâmes dé- bauches de César, et disait leurs vé- rités à ses ennemis: la eam coëgit desperalionem, ut quoad potestate abi- ret domo abditus, nihil aliud quant per edicta nunciaret (16). C'est ce il n'est pas vrai qu'Hérodote s'en soit que Cicéron appelle Archilochia edic- servi: il n'a fait que supposer, il n'a ta, qui plaisaient si fort au peuple.
tiré nulle conséquence: Toû x-iù 'Ap XÎ^'>X'>( ô nâpioç ko-tÀ tov clÔtov XP^^"'^ yivô/nivoç, sv iâiju!.Ca> TfijUiTpai tTrifAVït^ôii (12). Cujus rei nieminit et Archilo- chus Parias qui per idem tempus fuit in iambo trimetro.
(C) Le caractère de ses poésies a été un débordement de médisances tout qu'on ne pouvait fendre la presse dans les rues où ils étaient affichés; car on s'y rendait en foule pour les lire, et cela faisait crever de dépit Pompée: Archilochia in illum Bibuli edicta ità populo sunt jucunda, ut eum locuni uhi proponuntur prœ multitudine eo~ rum qui legunt prœterire nequeamus, h-Jait extraordinaire. ] De là vient ita ipsi acerba ut tubescat dolore, miqu'Horace a considéré Archilochus comme un homme atteint de la male- rage, Arehilochum preprio rabies arinavit iamet que, quand on voulut donner l'idée d'une satire souverainement atroce, (9) Salmas., Plin. Exerc, pae. Sa. (.0) Idr,n,ilnd.,pag.Ul,. (11) Scaliger, in Euseb., /)og. 57, 58, edit. ann. iCfiS.
( l'i) Uoratins, de Aric Pociicâ, ¥$. 79.