(*) Lab., Nova Bibliollieca IUSS.
(i) Leand. Albecl., Descriplio Italiœ, pag.
(2) ^n. Silvius, Histor. de Europâ, cap.
Liy.
Aretinum ex te primum sensi obiisse ' qui Latium ornavil litteris, quo nemo post Lactantium Ciceroni proximior Juit. Gaudeo Poggium ejus locunt apud Florentinos tenerc. Sed maluis- sem potiits locum non vacdsie, ne tnnto splendore caruisset Hetruria (3). Voyez ci -après la remarque (A) de l'article de ( Léonard ) Arétin.
(C) Moréri se trompe, en disant qu'il mourut l'année i44-*-] ^^ '-'■'''• cer- tain que Pogge a succédé à notre Arc- tin dans le secrétariat de Florence: or il paraît par la harangue où il féli- cite Nicolas V sur sa promotion au pa- patiju'il n'avait encore aucun emploi à Florence l'an i447 (4)' '' f^"*^ donc dire qu'en i447 Cliarles Arétin était secrétaire de Florence; car Léonard Arétin, son prédécesseur, était mort dès l'an 1443. Mais voici une preuve plus démonstrative de l'erreur de M. Moréri. Pogge, dans une lettre écrite sous le pontificat de Nicolas V, témoigne que Charles Arétin l'était venu voir: (Juo priiinim anno dit-il (5). IVicolaus pontifex quintus, pes- tis causa, Fabrianum, Piceni oppi- dum, secessit, ciim me ad terrain no- vam natalem patriam cunijamilid con- tuliisem, venit eo poslinodum, rogatus a me qui Florentiani ob negotia pu- blica adibat, Carolus Aretinus. Ce qui a trompé M. Moréri est d'avoir vu que Vossius (6) ne réfute pas Fauteur allemand qu'il cite, et({ui a dit dans son Recueil des jours mortuaires et des jours de nativité, que Charles Aré- tin, orateur et historien, est mort l'ail 1443, à Fâgede soixante-quatorze ans. Tout cela convient.si bien à Léo- nard Arétin, que selon toutes les ap- parences l'auteur allemand a confondu Charles avec Léonard; et en tout cas, il méi'itait que Vossius lui montrât sa faute, touchant l'année de la mort de notre Arétin.
(4) C'est Vannée de Vc'lection de Nicolas V, (5) Poggius, inil. Disceptat. /.
(6) Vossius, de Historicis Latinis, pag. 578.
ARÉTIN (François) a vécu au XV. siècle. Il avait beaucoup de lecture, et savait le grec. Il traduisit en latin les Commen- taires de saint Chrjsosiome sur ARÉTIN.
saint Jean, et une vingtaine sonne ne lui pouf ait résister. II donnait ses conseils avec tant de confiance, qu'il assurait les con- sultans qu'ils gagneraient leurs procès. L'expérience ne lui fut pas contraire, puisqu'on disait panus, qui fut en faveur auprès ordinairement dans le barreau y A' Homélies du même père. II traduisit aussi en latin les Let- tres de Phalaris (A). On a en- core de lui un traité de Balneis Pideolanis *. Jean Antoine Canide Pie II et de Sixte IV, était l'un de ses intijues amis {a). Erasme n'estimait point le tra- vail de notre Arétin sur saint Chrysostome (B).
Quelques — uns croient que notre François Arétin ne diffère pas du fameux jurisconsulte Franciscus Aretinus, qui était de la famille des Accolti. Mais d'autres ont de la peine à s'ima- giner que le traducteur de quel- ques ouvrages de saint Chrysos- tome, etc., soit le même que François Accolti, dont les ou- vrages de jurisprudence respirent la plus grossière barbarie, sans aucune ombre de la connaissance du grec. J'ai des observations à produire là-dessus, qui pour- ront convaincre bien des gens qu'il n'y a ici qu'un seul Fran- çois Arétin (C). Quoi qu'il en soit, parlons d'Arétin le juris- consulte. Il étudiait à Sienne, environ l'an i443 {b), et puis il y enseigna la jurisprudence avec une telle vivacité de génie, qu'on le surnomma le prince des subti- lités, et que la subtilité d'Arétin passa en proverbe. Il faisait principalement éclater ce beau talent dans les disputes; car per- * Joly, d'après la Blbl. Manuseriptorum noi>a «le Montfaucon, dil que Fr. Are'lin a encore laissé, i". dps Leltres; 2°. une tra- duction des T.ellrcs de Diog'ene le philosophe; 3°. une version de VOJj'-ssre d'Homère.
(a) Tiré (/'Auliort le Mire, Auclar. de Scriptor. Ecclesi.ist., pag. 268.
{b Panzirol. de Clar. Lepum inlerprelib., lib. II, cap, cm, paff. 2l^g cl ser/rf.
une telle cause a été condamnée par l' Arétin, elle sera djpnc per- due. Il enseigna aussi dans l'aca- démie de Pise, et dans celle de Ferrare. 11 fut à Rome sous le pontificat de Sixte IV, et ne s'y arrêta pas long-temps; car il vit bientôt que les grandes espéran- ces qu'il avait bâties sur sa répu- tation seraient nulles. Ce pajie déclara qu'il lui donnerait volon- tiers la dignité de cardinal, s'il ne craignait de faire tort au pu- blic, en ôtant à la jeunesse un si excellent professeur. Lorsque la vieillesse ne lui permit plus de remplir toutes les fonctions de sa charge, il fut dispensé de faire leçon, et on lui continua ses gages. Il ne laissa pas de monter quelquefois en chaire; et, quoique ses leçons fussent sans force, il avait néanmoins beau- coup d'auditeurs: on donnait cela à sa renommée. Un jour que les étudians étaient accou- rus à des spectacles, il s'aper- çut qu'il n'y avait que quarante personnes dans son auditoire, et il s'en fâcha tellement qu'il jeta son livre, et qu'il se mit à crier, jamais VArélin n expli- quera la jurisprudence à peu de monde. 11 se retira tout en co- lère, et ne voulut plus ensei- gner. Il était d'un naturel sé- vère, et il ne garda jamais plus d'un mois ou deux le même va- let: Ceux quon a loués depuis peu servent beaucoup mieux, ARÉTIN.
disait-il. On l'honora de la qua- lité de chevalier, et il passa tou- te sa vie dans le célibat, et dans une épargne qu i lui donna lieu d'ainasser beaucoup de richesses. Il ne fut pas moins honoré à cause de sa chasteté, qu'à cause re..., qui pourront ne, qiioil est tÔv TÙ^ni KxtiCttXt xat» Xty.stt içfi~^t Trâi^tf) aÙtÛv oina-iy, oîixriv opinionem i'ertit pro arroganli.1 (3). Il remarque en un autre lieu C4 qu'A- ratin avait aclievé de traduire les Commentaires sur la I'^. epître aux Corinthiens, jusqu'à la XX*. Homélie. (C) J'ai des obsers'ations a prochiide son érudition. On sera bien aise de savoir la ruse dont il se servit pour apprendre à ses dis- ciples combien il importe de pas- ser pour honnête homme (D). Quoiqu'il eût destiné ses biens à l'entretien d'un collège, il les laissa à ses parens (c). Il avait un frère qui se rendit fort illustre sous le nom de Benedictus Accol- Tus Aretinus (E). J'en parlerai dans une remarque.
(c) Tiré de Panzirole, de Claris Legum Interprelibus, iib. Il, cap. CIII, pag. 2^g et seqq.
(A) // traduisit en latin les Lettres ^e Phalaris.} Taivu, dans un livre imprimé en Allemagne l'an 1689 (i), plusieurs curieuses recherches tou- chant ces Lettres; mais je ne puis m'empêcher de dire qu'on attribue à Léonard Arétin ce qui n'est dû qu'à François: Latine emisit Leonhardus aretinus Florentiœ mcccclxxx- Nous verrons en son lieu {1) que Léonard n'était point en vie au temps de cette édition..
(B) Erasme n'estimait point le tra- fail de noire Crétin sur saint Chry- soitome. 1 II remarque en deux en- droitsla faute que ce traducteur avait faite sur le mot o'Iktiç, dans la version du Commentaire sur la T*^. épitre aux Corinthiens: Quod attinet ad Jîdem benè reddendi Gi'BECai, magis peccatum est ab Aniano, Aretino, et cœleris, quam ab OEcolampadio, qui magis peccat Jestinatione quam imperilid, f^ersionem Francisci Aretini in prio- reni ad Corinth. habemus usque ad cap. 3o. Cepigustum quam scitè trac- tdsset rem, et ecce in ipso slatïm limiconi^aincre.
qu'il n'y a ici qu'un seul Prancois Arrlin. ] Proposons d'abord le doute de Panzirole • Liberalibus artihus im- bulus non soliim latinis, sed etiani grœtis litleris operam dédisse crediiur, et Joannis Chrysnstomi in D. Joan- nem et lipistolam primam Pauli ad Corinthios Co'umentnria latinafecisse; vereor tamen ne is sit Accoltus, cum quœ in jure scripsit, illum stylum non oleant, neque ullum seruent linguce grœcœ vestigiunt (5). Puis voyons ce que M. de la Monnoie m'a écrit sur ce doute-là (6). « François Accolti d'A- » rezz,o ayant écrit ses conseils, et ses )) autres ouvrages de jurisprudence, » d'un style qui témoigne non-seule- » ment une entière ignorance du grec, M mais aussi du latin, j'ai douté com- )) me Panzirole que ce tVit ce même » François d'Arezzo qui nous a donné )) des versions du grec, la diction des- « quelles ne cède point à celle de la w plupart des autres humanistes de )> son temps. Je voyais que le juris- » consulte prenait le nom d'Accolti et )> les qualités de docteur et de cheva- » lier, au lieu que l'humaniste était » simplement nommé Franciscus Arc- » tinus. Cependant, ayant eu depuis » peu communication d'un exemplaire » des Epîtres de François Philelphe )) imprimées à Venise, in-folio^ l'aa » i5o2, édition très-rare et plus am- )> pie que les autres de XXI livres, » j'y ai trouvé de quoi revenir de mou » doute, par la lecture de plusieurs » de ces Epîtres, où Fauteur parle » d'un François d'Arezzo son disciple, » savant également dans le droit et )» dans les oelles-lettres. Le temps et )> les circonstances font connaître » évidemment que c'est celui dont (i) Decas Decadura Joh. Alberti nwn. S.
{1) Dans la remarque (G) de Vartide de ^Léonard) AftSTin.
(3)Erasm., Epise. LIX, Ub. XXVI. pag. 1478. rojet aussi Epistolâ IV, Ub. XXVUI, pag. iSgi.
Fabricii, l4) P''S- 'Sgi.
(5) Paniirol., de Claris Legum Inlerpret;, ARÉTIN.
3) Volaterran, écrivain presque con- i> temporain, fait mention à la fin de 3> son XXF. livre. Outre ses compo- 3> sitions de droit, ses traductions de J> saint Chrysostome, des e'pîtres de 3> Phalaris, et de celles de Diogène le 3) Cynique, on lui attribue un Traite }> des Bains de Poussol, dont il n'est 3) pourtant pas auteur, et qu'il n'a » fait que dédier au pape Pie II, par 3> une lettre assez mal conçue. Il avait i) aussi composé un livre de la Vie et i> des Mœurs de saint Antonin, arche- i> vêque de Florence. Philelphe, let- 3) tre XII du livre XVll, parle de j) cet ouvrage avec éloge. Dans le >j XXVIII*. livre des Lettres du même }> Philelphe il y en a six qui s'adres- j> senl F'r/incisco Arretino, Equitiau- ■» rato ne jureconsullo, alors profes- i> seur en droit dans l'université de i> Sienne. Il lui donne dans la plupart 3) de ces lettres de grandes louanges, 3) sur lesquelles il y avait bien à rabat- 5> tre. Quasi dubitandum sit, lui dit- 3) il dans la première, minus tibi esse 3) apud /lorentissimam islam Ilemp. 3) secundo omiiia, qui i'ir in omni eru- 3) ditionis ac scipientiœ génère prœstan- 3> tissimus sis, atque ed uirtute prce- 3) diius qud non modo ex hominibus )) hujusce tempestatis nemini cedis, 3) sed potes jure cum unii^ersâ antiqui- 3) late de laude contendere. Parla troi- 3) sième, datée du 8 mars i468, il pa- 3) raît que François d'Arezzo avait 3) alors un peu plus de cinquante ans j 3) raison dont il se servait pour se dis- 3) penser du mariage. Sur quoi Philel- 3) phe lui dit fort gaillardement: Dlam 3> quod ais sentire te debilitatas tibi 3) esse corporis Mj'/es, cùm sis quinqua- 3) genarius, aut paulo ampUîis, id i> nullâ tibi causa accidit aliâ, quain 3) qubd œtatis robur remiseris, ut quo 3) tempore tendendus erat arcus, tum 3) eum tu maxime relaxaueris. Qnod 3) si eam serinasses mediocritatem, i> quam et philosophi probant, et ego 3) seculus sum, consuiuisscs tu sanèet )) pnsteritati et tibi. Dans la IV. du 3) XXVllP., il lui demande des nou- » velles de ses études: Cœteriim cu- 33 pio ex te nasse quid rerum agas? 3) JVon enim salis tuo prœstanti inge- 3) nio, singularique doctrinœ esse du- i) en, qutid doceas leges et jus cwile, 3) nnm hcec jam tibi nultius sunt in- l7 dustrice, cujus memoria diyina est potiîis qiihin humana. Majora quce- darn te arbitror medilari, nec enim in codent semper t^ersaris ludo, ita- que fieri non polest, quin aliquid nofi semper cudas excudasque. Dans la V*., il le prie de lui faire copier en parchemin l'Histoire d'Ammien Marcellin. Dans une lettre du XXIX». livre, il lui propose de faire rece- voir à Sienne, aux gages de la répu- blique, Démétrius Castrenus d* Constantiuople, pour enseigner le grec à la jeunesse. Dans une autre lettre du XXXI*. livre, il lui donne avis du dessein qu'avait le sénat dé Venise de le tirer de Sienne, et de lui offrir une chaire à Padoue: Ad hœc ego, ajoute- t-il, contra locu- tus sum, et quœ wera esse no^ni, et quibus te delectari existimai'i, quip- pe qui non essem oblitus quœ mecum nuper ciim ad octobrem Senœ Jouis- sent, et de temperamento corporis tui, et de istius cœli,quantum ad te attinet, intempérie loculusfueras. Ce qu'il y a de surprenant est que dans la même lettre il dit que François d'Arezzo est ennemi du style bar- bare: Dfec illud sanh prœtereunduni censui, Appianum Alexandrinum esse jam ah me niagnd ex parte la- tinumfactum, quoniam tu nullâ bar- bariœ linguddeleclaris. Est-ce donc à l'usage de ce temps -là qu'il faut attribuer les expressions barbares de François d'Arezzo dans ses écrits sur le droit? Il y a, ce semble, lieu de croire qu'il les affectait exprès, de peur qu'en voulant passer pour un écrivain plus poli, il ne fût esti- mé moins habile jurisconsulte. J'ai parcouru quelques - uns de ses con- seils qui sont la barbarie même. On s'est fort moqué du CXLII*, où, en conséquence de l'accord fait entre François Sforce, duc de Milan, et Louis de Gonzague, marquis de Mantoue, qu'au cas que Dorothée, fille du marquis, se trouvât sans diflbrmité de bosse, ou d'autre dé- faut, à l'âge de «piatorzeans, le ma- riage s'en ferait avec Galéas, fils du duc, il soutient (|ue le duc était en droit de demander la visite par des médecins tpii verraient et touche- raient la princesse a un partout où il a])partiendrait, suivant l'exigence du cas. Il paraît cependant que cette visite, toute licheuse qu'elle était ARÉTIN.
» dans l'exécntion, était exigible de » droit: aussi fut-elle demandée par » le duc, mais refusée par le raar- Après avoir examiné ces observa- tions de M. de la Monnoie, je lui promihique tribnit tantas laudes, quan- tis vellem me non carcre. At est te, inquis, omni doclrin;! prœstantior. Non eo inficias, neque fero graviter me à multis etiam discipulis meis siiperari, id quod sine aliqnà meâ posai encore quelque doute; et voici laude fien non poti^^nt s.quidem hi de (ruelle manière il confirma de nou- grati esse vo uere. Ctiltc lettre est du veau son sentiment: rous ne dex'cz i".danUl i465, A peu près dans le nullement douter que François d'A- même temps, J anus Pannomus, qui étuduiil alors en Italie, adressa une épigramme à notre François d'ylrezzo, dont voici les de rezzo, traducteur de quelques ouvra- ges grecs, et François d'Arezzo, ju- risconsulte, dont nous avons des Cora- mientaires sur le Droit, et des Conseils, ne soient un seul et même auteur. Ko- laterran, qui pom>ait at^oir l'u le ju- risconsulte, lui attribue, outre la scien- ce du droit, une grande connaissance des belles-lettres {']). Phile/phe, qui écrivait quelques années auparax'ant, dit la même chose. On voit par les té- moignages des épîtres que je uous ai citées, qu'il y m'ait de son temps un Franciscus Aretinus, ou Arretinus, ( comme lui et d'autres écrivent tou- jours) son disciple, chevalier, juris- consulte, professeur en droit dans l'u- niversité de Sienne, homme excellent en toute sorte de littérature. J'ajoute ce passage k ceux que je vous ai déjà envoyés. Il est de la V''. épltre du XX Vi^. livre, laquelle est une invective contre Léodrisio Crivello: At laudas Franciscum Arretinum, et jure (jui- dem, sed, ut arbitror, dormitans. Egisli enim praeter ingenium, et con- suetudinem tuam. At meretur Fran- ciscus Arretinus, cùm sit tumjure- consultorum omnium prœstantissi- rans, tum nuliius prœclarœ disciplinte ignarus. Tamen laudari à te flagitio- rum omnium scelerumque sentin;1, dedecorosum est. Jubés ab illo utdis- cam: rectè mones, nara non ab isto solùra, sed etiam abs te ipso, si quid boni afferre posses, non invitus disce- rem. Sed curquera tantoporè laudas, non item imitaris? lUe prsedicat apud omnes discipulum se meum extitisse, (7) Voici les paroles de Volalerran, h la fin ilu XXI'. livre,pag. 782. Alexander [molensls, <!t Franciscus Aretimis, ambo Scriptis excellen- tibusniiperrelirtis in memonâ poleritalis vivent. Franciscus, prœler jura, cœteras etiam libérales arles est adeptus, princeps seculi hujus babeba- tur. Xisti temporc magnâ expeclatione in liane nrbem venit, paiilùque post spe friistratiis remi- gravit irapari doclrin» sapienliâ vilseqiie instituto, c'um in cœlibatu vixeril, ac opibus inbiaverit qiiat cuniulatistimaj cogoatit lUmlim rcliquit.
leux premiers vers: Francisée interpres leguin, 6 j4reùne, Sa- crarum, JVec miniis Aoniâ nobilis in cilhard.
Il est donc siîr que ce professeur en droit a Sienne, nommé François d'A- rezzn, ou Arélin, était savant dans les belles-lettres: il n'est pas m >ins sdr que le nom de famille de ce même professeur était AccoUi. V^ous pouvez l'en croire lui-même. Ego Franciscus de Accoltis de Aretio, dit-il au bas de son CXVIll*. conseil, Decretorum Doctor, Senis ordinariè legens, et il- lustris D. Marchionis Estensis Consi- liarius, et ad fidem me subscripsi, et meos solito signo signari jussi. Les temps se rapportent, f^olaterran dit que François Arétin, humaniste et jurisconsulte, fut à Rome snus Sixte If^. C'est contre le même Sixte que François Accolti écrivit son CLXIII*. conseil en faveur de Laurent de Médi- cis et des Florentins que ce pape avait excommuniés à cause du nteurtre de l'archevêque dePise,et de t'emprisonne- ment du cardinal son petit-neveu. Vo- lalerran dit que François Arélin étant allé a Rome, pjcin de grandes espé- rances, en jtartit bientôt, voyant que le succès n'y répondait pas à son attente. D'où, je tire la conséquence que Fran- çois Accolti, qui est le même que le François Arrétin de Volaterran, se chargea d'autant plus volontiers d'é- crire pour les Florentins contre Sixte, qu'il se souvint que ce pape l'avait laissé partir de Rome sans reconnaître son mérite. Peut-être même que c'était dans la vue de quelque dignité ecclé- siastique dont il se flattait ( comme on l'a dit du jurisconsulte Jason ), qu'il n'avait point voulu se marier. Reste le scrupule de la différence qui se trouve entre la diction d' Arélin, professeur en droit, et celle d'Aretin, ARÉTIN.
irndiicteur. Il est urai que cette diffé- rence est énorme. Bien que les t^ersions qu'il nous a données ne soient pas en effet d'une fort exquise latinité, on peut dire néanmoins qu'en comparai- son de ses ouvrages de jurisprudence, elle est plus que cicéronienne. Quand il aurait l'oulu foire ce qu'ont foii de certains auteurs qui, pour se dii^ertir, ont écrit en style niacaronique, il n'aurait pas mieux réussi: Siint etiain miilti testes, dit-il, conseil LXXXlll^., qui viderunt aqiiara benè ire ad mo- lendinura, et ipsum benè niolere, et stechariam ]ig;naminis benè in piuicto. £t conseilXlil: Probattir per duos tes- tes nostros quod ista rauliergessit porta- turam capitissecundumhabitumnup- tarum à sex annis citra. 7^out le liire est plein de ces fleurettes. L'orthogra- phe des mots tirés du grec y est étran- gement défigurée. Ony trouue Econo- mus, emologatiôr, cyrothecae, Griso- gonus, eniphitheota. J'ai insinué la raison que ce jurisconsulte avait eue d'en user de la sorte, qui est que ses confrères n'écrivaient, ni ne s'expri- maient pas autrement. Son langage, s'il avait été plus correct, n'aurait pas été entendu des gens du métier. Fran- çois Arétin ou Accolti, comme il vous plaira, eût pu mieux parler; mais il aimait l'argent, et s'il sejïtt avisé d^emplnyer un style de Papinien, il se serait morfondu dans son étude, on l'aurait généralement abandonné, La même barbarie régnait alors par- mi les théologiens et les médecins. Ceux d'entre eux qui voulurent les premiers introduire la politesse, n'é- taient, disait-on, ni théologiens, ni médecins: ils n'étaient que grammai - riens. On n'était pas encore bien re- venu de cette prévention, du temps de Louis Privés. Ses paroles méritent d'ê- tre rapportées: Quae Lyranus et Hugo scribunt, ( dit-il, livre I*''. de Causis corrupt. Art. ) theologica est; qux Erasmus, grammatica. Idem de Hie- ronymo, Ambrosio, Augustino, Hi- lario dicturi, nisi nomeu obstaret, tametsi hîc etiam nescio quid mus- sant. Quod si Joannes PicusApologiam suam corrupto ilio non scripsisset ser- mone, haud quaquàm haberetur tbeologus, sed grammaticus.Alciatus, Zasius, Cantiuncula, grammatici sunt, cùm de jure disputant: Accur- sius est jurisconsultus, rel cùm interpretatur, que, id est, et: ait, id est, dixi: seu, id est, aut. Ça donc été, monsieur, w ' espèce de nécessité à François A, étin, jurisconsulte, de s'ac- commoder h Vusage de son temps; et je pense que ces réflexions jointes aux précédentes, suffiront pour vous per- suader qu'il ne diffère de l'humaniste que par l'élocution.
(D) On sera bien aise de savoir la ruse dont il se servit pour apprendre h ses disciples combien il importe de passer pour un honnête homme. ] Il se servit de ce stratagème, après avoir vu que les fréquentes exhortations qu'il leur faisait à conserver une bon- ne réputation ne servaient de rien: Ubi ( Ferrariae ) studiosos ad faniam boni nominis conservandam sœpè hor- tatus cùm nihil proficeret; ridiculum commentum excogitavit, ut quam vint maximnm habeat existimatio, osten- deret (8). Les bouchers de Ferrare lais- saient les viandes à la boucherie tou- te la nuit. Il y alla avec son valet, avant le jour, et, ayant rompu leurs caisses, il enleva toutes les viandes. Deux e'coliers, qui passaient pour plus pe'tulans que tous les autres, fu- rent accuses de cette action, et em- prisonne's. L'Are'tin fut trouver le duc Hercule, et lui demanda leur liberté, et se chargea de toute la faute. Mais plus il soutenait fermement qu'il l'a- vait faite, plus croyait-on que les pri- sonniers en étaient coupables: car personne n'osait soupçonner d'une telle chose un professeur dont la gra» vile et la sagesse étaient si connues. L'afiaire ayant été enfin terminée, il déclara quel avait été son but. C'était de montrer le poids et l'autorité d'une bonne renommée: Qub constantiîis sefoctiautoremfotebatur, eo magis qui in vinculis erant rei credebantur, ciim ob viri gravilatem nemo id de eo sus- picari auderet. lie demiim compositd, id se Aretinus ad demonstrandani ho- minis bonœ opinionis auctoritatem fo- ciise dixit (9). Personne n'ignore que ceux qui passent pour de grands men- teurs ne sont point crus, lors même qu'ils disent la vérité. Il arrive tout le contraire à ceux qui passent pour fort ingénus: on les croit lors même qu'ils mentent. Voyez dans Valère (8) Paniirol., de Claris Legum Interprct., pai;. a5o.
ARÉTIN. o^ç, Maxime ce que peut la bonne opinion Ce pape avait examiné VAnliphonaire d'Arétin, et admiré di- verses choses qu'il avait apprises que l'on a conçue d'un homme (lo)