que ce brutal méprisait aussi le duc de Florence, qui lui avait tant re- commandé de bien traiterson épouse? C'était, au contraire, un nouveau su- jet de confusion pour la personne qui avait choisi un tel gendre: Benche en quanta al non J'aie nissuna stima de tue simil' cane, non è marai^iglia, è ben' da stupire del si poco rispetto che mnstra d'hat'ere la asinaccio al gran' duca, la oui benignità mansue- ta, nscendo noi di Pesaro, per il viaggio di Roma, cosi quai era a cauallo, chianiullo, e dissegli: Se tu uuoi che non ti si manchi di gra- lie, traita la inoglie tua, si cnme di me nota fusse (62 j. Notez que Pierre (Sf)) Voyez le VI', livre de ses Lettres, /oiio'ïSi.
(Co) Sa lettre a la duchesse d'Urbin est datée de f^enise du mois de novembre i554.
(Gj) Voyez la remarque (A).
(61) i'Arctin, au feuillet 28a du VI'. livro- dt tes Lettres.
ARGYROPYLE.
Àrëtin eut une autre fille * qu'il sou- haitait fort de marier (63).
comme il aimait à manger beau- coup, et à boire tout autant, et que sa complexion pouvait soutenir la charge, il dépensait tout ce qu'il gagnait. On croira clone aisément ce qui a été rap- porté touchant sa bedaine (B,. Il mourut à l'âge de soixante-dix ans: ce fut d'une fièvre qu'il gagna pour avoir mangé trop de , melons (c). Il témoigna beau— (A). Il fut tres-bien accueilli par coup de constance lorsqu'un de Cosme de Medicis, qm Im donna 3^^ gj^ f^^ ^^^ ^ ^^^^ ^^.^ * Cette autre fille, née en septembre i547, mourut à l'âge d'environ dix ans. L'Arétin, dit Joly, en eut quelques autres.
(63) ElU s'appelait Jastiia. Voyet la CCX'. Lettre duV'. livre, et le feuillet i58 du FI', livte.
ARGYROPYLE {a) (Jean), na- tif de Constantinople, se retira en Italie, pendant que les Turcs bouleversaient toute la Grèce à instruire son fils Pierre, et son petit-fils Laurent {b), et qui le fit professeur en grec dans la ville de Florence. Il témoigna Voyez, touchant l'ordre que donna le pape Paul II de pour- suivre les meurtriers, et les fu- nérailles du défunt, la ce*. lettre sa gratitude dans la traduction Ju cardinal de Pavie, page 620 quil fit de la Phjsiquc et de la q,^ ^ remarqué qu'il fut le pre- Morale d'Aristote. Il eut un bonheur tout particulier dans ce travail, puisque Théodore Gaza, qui avait composé une semblable "version, la jeta au feu, afin de ne point préjudicier à la fortune ^.'Argyropyle son bon ami. Gaza le surpassait en éloquence: sa version eût offusqué infaillible- ment celle-là; et comme il n'i- gnorait pas l'ambition d'Argyro- pyle, il lui fit un sacrifice qui, de l'humeur dont il était, ne lui coûta pas beaucoup. C'était un homme qui ne se souciait, ni de louanges, ni d'argent. Les discours d'Argyropyle dégoûtè- rent et fatiguèrent les hommes doctes; et surtout quand il sou- tint que Cicéron avait ignoré le grec. Il quitta la Toscane dans un temps de peste, et s'en alla à Rome, et y fit des leçons sur le texte grec d'Aristote. Ses ga- ges furent considérables; mais (a) El non pas Argirophile, ni Argyro- pliile, comme dans Moréri.
{J>) El non pas son n«veu, comme dans Moréri, ïTiier des Grecs qui enseigna la philosophie dans cette ville-là (C). Il disputait avec beaucoup de vigueur, et il avait une scien- ce fort étendue *. Il laissa un fils, qui fut un excellent musi- cien (e). Les jugemens qu'on a faits de ses versions diffèrent ex- trêmement les uns des autres (D).
(c) Tiré de Paul Jove, Elog. cap. XXriI.
(d) Petrus Alcyonius, in Medtce Legato priore, pag: 25.
* Joly regreUe que Bayle n'ait pas con- sulté les Lettres de Philelplie II y aurait trouvé uo éloge complet d'Argyropyle dont Hodi a écrit la vie dans son Traité de Grœcis illiistribus, linguœ grœcie, lilterarutnque humaniorum instauraloribus, Londres, (e) Obiit, relictofilio Isac.io, nobili mu- sico. Volaterran., lib. XXI, pag. 776.
(A) Il ie retira en Italie pendant que les Turcs boulet^ersaient toute la Grèce. ] Je n'ai pas osé clire, avec Moréri, qu'il se retira en llalie après (jii'ils eurent concjuis Constantinople; car deux raisons me font douter do cela. L'une est que Paul Jove dit qu'Ar- gyropyle fut poussé en Italie par la même tempête qui contraignit Théo- dore Gaza de s.' y retirer (i). Or, il (1) Paulus Joviu;, Elogior. eap. XXVII, 3io ARGYROPYLE.
observe que ce Théodore s^ réfugia lorsqu'Amurath ébranlait toute la Grèce par ses armes victorieuses: ^Tiiurathe Grœciani oriinem i'ictrici- biis annls quatienle, in llaliam l'enit (2). C'est nous portera croire qn'Ar- gyropyle quitta son pays avant que la ville de Constantinopleeût été pri- se par les Ottomans. Ma seconde rai- son est qu'il adressa un Traité de Consolations à l'empereur de Con- stant inople. J'avoue que, pour faire de ceci un bon argument, il faudrait prouver qu'il composa cette pièce en Italie, et je confesse que je ne puis point le prouver. Ainsi je ne vous donne cette observation que pour un motif de demeurer en suspens. Paul Jove est bien condamnable d'avoir ne'- gligé ja chronologie autant qu'il l'a ne'glige'e dans ses éloges j car il lui eût élé facile de détener la date des cneils qu'on étalera dans les remarques de l'article Gorgias. * (G) On a remarqué qu'il fut le pre- mier des Grecs qui enseigna à Ronie...'] Politien, son disciple, va être cité j voyez ces paroles de Hornius: Pri- mas ex Grœcis Romœ philnsnphiant professus fuit Av^yropylus, cujus sec- tatorem se fuisse memorat Angélus PoUtianus, Miscell. cap. i, eunique cum litteraruin lalinaruia minime in- curiosum, tuni sapienliœ decretorum, disciplinarumque adeô cunctnrum quœ cyclicie à Marliano dicuntur, eru- ditissirnum illis temporibus hahiluni atqufi in dispulando acerrimum (6).
(D) Les ju^emens qu'on a faits de ses i^ersions diffèrent extrêmement les uns des autres. ] M. de Thou obser- ve que Périon, voulant s'éloigner de la méthode d'Argyropyle, se jeta dans une autre extrémité. 11 trouvait cliarges, des voyages et de la mort qu'Argyropyle avait traduit Aristote de ses illustres: 'jela soit dit en pas- plus fidèlement qu'élégamment: c'est poui-quoi il entreprit une traduction saut. Vossius observe que ce Traité d'Argyropyle, et sa fllonodie, et son livj-e de Het^no, et ses Parallèles en- tre les Princes anciens et modernes, sont dans la bibliothèque du roi très- chrétien (3). M. Moréri, qui n'avait jamais vu ces ouvrages, assure pour- tant que l'auteur les a consacrés à la gloire de la maison de Médicis. Que ne se contentait-il d'assurer cela tou- chant les versions d' Aristote? car son guide ne va pas plus loin (4)- (1)) On croira aisément ce qui a élé rapporté touchant sa bedaine. ] Citons Paul Jove: P^ini et cibi œquè ai'idus et capax, et multo abdomine t-entricosus immodico melopeponnm esu autumnalem accersivit febreni, atquè ita septua^esimo œlatis anno ereptus est (5). Mourir de trop man- ger est une chose honteuse à tous les humains, mais surtout aux gens de lettres. 11 vaudrait mieux, pour la gloire d'Argyropyle, qu'il fût mort de faim ou d'inanition. Ne pre- nons pas néanmoins la masse énor- me de son ventre pour une raison à opposer à ceux qui le louent d'avoir été fort habile: le succès d'un tel combat serait incertain. Voyez les re- {1) Paul. Jov., Elog., cap. XXVI, pag. 61.
(3) Vossius, de Ilistor. Grœcis, lib. If, cap. XIX, png. l^Q'i.
(4) l'anlus Jivius, Eloglor. cap. XXVII.
qui fût capable de plaire à ceux qui aiment la belle latinité; mais en s'at- tachant trop à l'élégance du style, il se fit accuser de ne suivre pas le sens de l'auteur: Is ( Joachimus Pe- rionius ) citm Aristotelum hacleniis à Johanne yJrgyropjdo fideiiter potiiis quauL ornatè l'ersum auiibus latinis prnponendnm statuisset, duju elegan- tioris styli potiiis qunm feri ratio- nem plerumquè Ciceroni suo addictus habet, in contrariam ab Argyropylo reprehensionem incidit ( 7 ). Ce juge- ment revient à ceci: les traductions d'Argyropyle sont fidèles, mais sans grinces et sans orneraens. D'autres en jugent d'une façon tout opposée. car ils disent que l'on y trouve plus d'élégance que de fidélité: et ils le bliiment de n'avoir pas traduit mot pour mot son original, « selon le de- » voir, ajoutent- ils, (\e cvAin qui tra- )) duiseut la Sainte Ecriture et Aris- » tote. » ytliquot Aristotelis libros coni'ertil magis elegnnter qiùmi fide- iiter, cîim in hoc philosopha haud aliter quant in Sacns Litteris verbiim uerbo reddere nporteat (8j. Si nous consultons un professeur de Louvain, * [ Daylc n'a pas donne cet article. ) (fi; Hornius, Ilistoria; PLilos. lib. f'I, cap.
r7)TlHiaTi. Ilistor., lib. XXIII, png. 47a, ad aiin. t55f).
(8) Volatcr., hb. XXI, pag. ■j^G.
ARIARATHES. ARIGONI. ARIMANIUS. 3ii ARIARATHÉS, nom de plu- sieurs rois de Cappadoce. Yoyer l'article de Cappadoce.
ARIGONI (Pompée), cardinal et archevêque de Bénevent, était né à Rome, l'an i552. Pendant qu'il était du nombre des avo- cats consistoriaux, il plaida les affaires de Philippe II, roi d'Es- pagne. II harangua sous le pon- tificat de Sixte V, pour montrer qu'il fallait canoniser le bienheu- reux Diègue d'Alcala. Il fut fait auditeur de Rote, l'an iSgi, et cardinal, en i5g6; et il exer- ça la charge de dataire sous Léon XI, et sous Paul V. L'ar- chevêché de Bénevent lui fut conféré par ce dernier pape. Il mourut le 4 d'avril i6i6,àlatour des Grecs, auprès de Naples, ou il s'était retiré pour changer d'air. Son corps fut porté à Bé- nevent, oii ses neveux lui firent faire un tombeau de marbre dans l'église métropolitaine. Ou- tre la harangue dont j'ai parlé, qui a été imprimée par Pierre Galesini [a), on a des lettres la- tines de notre Pompée, parmi celles de Jean Baptiste Lauri.Pour ce qui est de ses Décisions de la Rote, elles ne sont qu'en manu- scritdans les cabinets de plusieurs savans. Charles Carthari lui don- ne beaucoup d'éloges dans sa liste des avocats consistoriaux {b).
(a) In Libello pro Canonizatione B. Di- <laci Compliileiisis. f'tde etiam Francistum Pegna, in Vitâ ejiisdem Didaci.
[b] Ex Bibliotheci Romanâ Prosperi Manilosii.
ARIMANIUS, l'une des prin- cipales divinités des Perses. Cette nation devait sa philosophie à Zoroaslre, dont les manichée^1^ nous trouverons mal fondé ce juge- ment de Volalerran ^ nous verrons qu'Argyropyle s'attacha phis servile- ment aux paroles qu'aux pense'es d'A- ristote. et que ses versions ne peu- vent passer ni pour fidèles, ni pour élégantes. Voici les paroles de ce pro- fesseur: Superiori seculo, quidam verba verbis ila admensi sunt, ut sen- tenliam deprauâr'mt, non aliter quam indocti pictores, qui operosi in cultu ejfingendo, viembra secundiim f es- tent distorqucnt: quiim Apelles Par- rhasiique priiis nudum corpus fffor- viare, quant amictum. superinducere soleant. In quorum numéro Argyfo- pylum reponas et Rujffinum, alterum interprctem Arislotelis, alteruiH Gre- eorii IVazianzeni, de quibus ferè id nemislickii dici polesl: Dant sine mente sonum. Fil autem illud l'el ex inscitid, uel ex KttKol^Kxl a., quiim enim sententiam apprehendere nequeunt, ferba reddunt, quasi quod ipsi non intellexcrint, alius ex illorum t'erbis inteUigere queat, ciini i'erba non mi- niis ex sententid uim sunni et signi- JîcatuTii aciipiant, quant sententiam constituant. AHqui rursîis Jîdem exis- tiiuant a numéro uerborum non disce- dere (9). Quelques savans hommes prétendent qu'on accuse là Argyro- pyle de s'attacher mot à mot à l'ori- ginal, et s'il ne peut pas prendre la pensée et le sens de son auteur, d'avoir recours a un circuit de paroles qui ne disent rien (10). Je doute que ce soit exactement ce que Nannius a voulu dire. M. Huet se conforme au jugement que M. de Thou a rap- porté (11)^ et, par conséquent, il condamne celui de Volaterran. Il condamne aussi Paul Jove, qui a pré- féré les versions de Gaza à celles d'Ar- gyropyle; et il déclare que si celui- là est plus éloquent, celui-ci est plus fidèle: JVon effîcies quin major qui- dem e^oquentiœ laus Gnzœ, accura- tè autem interpretandi Argyropylo de- beatur (12). Voyez ci -dessus la re- marque ( B) de l'article de ( Donat ) AcciAiou, et admirez la diversité de ces jugemens.
(9) Petrus Nannius, Alcmariamif, in Colle- gio Bustidiano apud Lovanienses Lalinus Pro- fesser, 2c///^iVtû)V, llb. I, cap. III,pn^.r,.
(10) J^'orez M. Baillet, Jiigein. des Savans, (ii)TIiietius, lie Claris Interpretibus, pa^. 2'iÇf. (n) Idem, ibid.
3i^. ARIMANIUS.
renouvelèrent l'un des dogmes telles pensées à ses ennemis, les plus fondamentaux; savoir, qu'ils exilassent leurs plus bra- qu'il y a deux premiers princi- ves gens (c). C'est une preuve, pes, l'un du bien, l'autre du que les Perses considéraient Ari- nial. Les Perses nommaient manius comme une divinité Oromasdcs la divinité qu'ils re- qui ne se plaisait qu'à faire du connaissaient pour le principe mal (B). On entendait, sans de tout bien, et pour l'auteur doute, la même divinité, lors- du premier état oii les choses fu- que, sur les plaintes que fit Da- rent produites; et ils appelaient rius contre le démon de la Perse, Arimanius la divinité qu'ils re- en apprenant que la reine son connaissaient pour le principe épouse était morte prisonnière du mal, et pour l'auteur de la d'Alexandre, on lui répondit: corruption dans laquelle la pre- à l'égard des honneurs de la de- rnière nature est tombée. Ils di- pulture, etc., vous n'avez aucun saient qu'Oromasdes, ayant pro- sujet d'accuser le mauvais génie duit les bons esprits et les étoi- de la nation (d). Il n'a rien ma/i' les, enferma celles-ci dans un gué de leur première fortune à œuf (A); et qu'Arimanius pro- votre fomme, à votre mère, et duisit les mauvais génies, qui à vos enfans, que de voir votre cassèrent cet œuf, d'oii sortit la lumière., que le seigneur Oro— confusion et le mélange du bien masdes remettra dans son éclat et du mal. Ils ajoutaient qu'en- (e). INous voyons dans ces paro- fin, après plusieurs combats oii les l'opposition que faisaient les la victoire serait tantôt d'un côté Perses entre Oromasdes et Ari- tantôt de l'autre, Oromasdes manius. vaincrait pleinement Arimanius,, sT^^, ^ tl • • ^ et le perdrait sans ressource; ce ^^^ riv ■Tvr,,-,^'^^ Ui/xova>. Pluiai-cb., m qui serait suivi d'un grand bon- Alexandio, png-. 682.
heur pour le genre humain, et W ^''*'" • '*"'• qui ferait que le corps de l'hom- dans un œuf.^ J'ai averti en un autre me serait transparent, et qu'il se endroit (t), que je loucherais ici conserverait sans nourriture (a), /^j^;» Tancienne théologie des païens.
Ce que je viens de dire a ete avait servi à la production des êtres, tiré d'un auteur qui l'avait pris lorsque le chaos fut débrouille. Je dis dePlutarque, dont ie rapporte- doncque suivant les Phéniciens, l'air . •,, ^, ' ^^ - obscur et le chaos avaient ete le prinrai ailleurs le passage tout entier ^-^^^^ ^e toutes choses. Cet air obscuv (/;). On remai-que que le roi de est sans doute la même chose que Perse, voyant Tliémistocle se d'autres appellent la nuit, et à laréfugier auprès de lui, pria Ari- qnelle ils attribuent la génération 9 j,.i. '.', d un œut, duquel 1 amour et le cenre /WEActvÔTrTêpoç aîôv (3). On peut ingénieu- (a) Tiré du Telluris Tlieoria.sacra du doc- sgment expliquer cela de la "Terre.
{/)) Dans la rvmnrrjuc (C) de l'article ticir Ktikvi.
Manichkicns, et dans la remanpte (K) de (7.) Ari.s(opl,anc.s, apudT. Rurnetium, Tell.
l'tirlicle ZoROASiRE, TLcot. sacr,, lib. II, cnp. VII, pag. «43.
ARIMINI. ARION.
ARIMINI. ARION.
et l'ajuster avec les paroles de Moïse, en supposant que les parties les plus grossières de cet air obscur et épais se précipitèrent sur la circonférence de l'abîme, où ils trouvèrent une écume grasse et gluante, avec quoi elles s'embarrassèrent, pour former en- semble une espèce de limon, (]ui s'étant durci, devint la terre habi- table (3). Quelques anciens ont dit qu'une colombe, couvant un œuf, avait produit Vénus où l'Amour. f^erba citât Grolius ex Nigidio in Scholiaslen Germanici, ofum miras magnituclinis quod i'nli^entes ejecerunt in terram, atque ita columbam inse- disse, et post ahquot riies exclusisse Deani Syriœ quœ l'ncatur f^enus (4). Lucius Ampelius a dit que c'était un œuf de poisson: Oi'iini piscis colum- bam adsedisse dies plurimos, et ex- clusisse Deam Benignam (5). Le doc- teur Biunet entend le chaos par l'œuf, le Saint-Esprit par la colombe, et la Terre par Vénus (6). Mais il semble qu'il ne faudrait pas borner à la seule production de la Terre cette Vénus qui sortit de l'œuf: il faudrait enten- dre toute la machine du monde. Ce <îocteur remarque que l'œuf était une chose fort sacrée dans les mystères de Bacchus, à cause de sa conformité avec l'être qui engendre et qui en- ferme tout en lui-même: 'flç /////m^uo, sv l«.t/T£c(7). Il n'oublie pas d'observer que l'expression de Moïse a du rap- port à l'action des poules qui couvent: Huic doctrinœ de ovo mundano datee- que interpretationi tacite favere mihi videtur incubatio Spiritfts Sancti in abjrssum, de qud Moses in primd tel- luris productione, ubi ad ouuni mani- festa alluditur (8).
(B) Les Perses considéraient Ari- manius comme une dii^inité, qui ne se plaisait qu'à faire du mal.'] Si l'on voulait me nier cela, on me pourrait objecter que le roi de Perse eut un grand plaisir d'avoir gagné Thérais- toclej il croyait donc que ce serait une très-bonne fortune pour son pays, (3) C'est ce que fait le docteur Burnel, là (5) Tdem, ibid.
(6) Idem, ibid.
(7; Ex Plularchi Sympos., Ub. II, Qu. III, (S) Buruet., Telluris Theoria sacra, pag. 286, que de telles gens fussent exilés par leur patrie, et qu'ils se réfugiassent à sa cour: lors donc qu'il priait Ari- manius d'inspirer à ses ennemis la ré- solution de bannir leurs plus braves citoyens, il lui demandait une grâce très-insigne j et par conséquent, il le regardait comme une cause bien- faisante en quelques rencontres à l'égard des Perses. Je réponds que c'est un raisonnement qui ne prouve point ce qu'on veut prouver. Ce mo- narque ne s'écartait pas des idées de ses théologiens: il ne considérait Ari- manius que comme un être malfaisant: il ne lui demandait l'exil des grands hommes de la Grèce, qu'en tant que cela était préjudiciable à ce pays-là. C'était une action du ressort et du goût d'Arinianius, en tant qu'elle était injuste et pernicieuse par rap- port aux villes qui exilaient: mais en tant qu'elle procurait du biea aux Perses, elle ne lui était pas agréable; et ce n'était point sous cette notion qu'on le priait d'y tra- vailler. t!n un mot, pour résoudre cette objection, il sufilt de dire que les choses de ce monde étant si mêlées, qu'ordinaii'ement parlant un pays profite du malheur de l'autre, Ari- manius ne pouvait presque rien faire qui fût purement et simplement per- nicieux: il en résultait toujours quel- que utilité, ou par accident, ou de quelque autre manière. Mais comme il ne faisait une chose qu'à cause du mal qu'il y voyait, on ne peut pas pré- tendre qu'il fût le principe d'aucun bien. 11 eût empêché, s'il l'eût pu, que les Perses ne trouvassent quelque avantage dans le préjudice d'Athènes. Il est donc vrai que la prière, dont nous parlons, ne prouve pas qu'on le regardât autrement que comme un être qui ne se plaisait qu'à nuire.
ARIMINI (Grégoire d'). Cher- chez RlMINI.
ARION, cheval admirable, et tout autrement fameux dans l'histoire poétique, que Bucé- phale dans l'histoire d'Alexandre. On parlait diversement de son origine, quoiqu'on s'accordât à lui donner du divin. Les uns di- 3i4 ARION.
saient que Neptune, voulant voisine. Elle eut de Neptune, procurer aux hommes les utili- non-seulement une fille, dont it tés que les chevaux étaient ca- n'était pas permis de dire le nom pables de leur ayjporter, donna aux profanes, mais aussi notre uu coup de trident sur la terre cheval Arion. Il y en a qui disent dans la Thessalie, et en fit sor— qu'elle était sous la forme d'une tir subitement deux chevaux furie, lorsque Neptune l'engrossa dont l'un fut notre Arion (a), de ce cheval, ou qu'en effet une D'autres disaient que Neptune, furie le procréa du fait de Nep- disputant avec Minerve à qui tune (B). Le poëte Antimachus, noinmerait la ville d'Athènes, il cité par Pausanias, ne lui donne fut dit par les dieux, que celui point d'autre origine que la terre qui ferait un meilleur présent dans l'Arcadie: mais Quintus Ca- aux hommes donnerait son nom laber le fait fils du vent Zéphire, à cette ville. Là-dessus, Neptune et d'une harpie (C). Quoiqu'il frappa le rivage, et en fit sortir en soit, on a cru qu'il avait été un cheval (A); mais Minerve nourri par les Néréides (D), et produisit un olivier, et rempor- qu'étant quelquefois attelé avec ta la victoire, parce qu'on jugea les chevaux marins de Neptune que la paix, dont l'olivier est le au char de ce dieu, il l'avait symbole, vaut mieux que la traîné avec une vitesse incroya— guerre, à quoi le cheval est pro- blepar toutes les mers (c). Il avait pre. Or il y en a qui prétendent cela de rare, que du côté droit que le cheval, qui fut produit ses pieds ressemblaient à ceux par Neptune en cette rencontre, d'un homme (c?). Hercule le mon- eut nom Arion. D'autres disent tait lorsqu'il prit la ville d'Eli- que ce cheval eut Cérès pour de, et puis il en fit présent à mère, et Ne2)tune pour père (^). Adraste. C'est ce que nous ap— Cette déesse, errant par le mon- prend Pausanias, qui ajoute de, pour chercher sa fille, ren- qu'Antimachus en faisait Adraste contra Neptune, qui lui parla le troisième possesseur (E). Hé— fortement d'amour; de sorte siode le représente au service que, comme elle ne se trouva d'Hercule dans le combat con- point disj)osée à le contenter, tre Cygnus (e). Stace dit en gé- elle jugea à propos de prendre néral qu'il servit Hercule dans la forme d'une cavale. Ceci se ses travaux, et qu'après cela les passa auprès de la ville d'On— dieux le donnèrent à Adraste cium dans l'Arcadie. Cérès eut (/"). Probus attribue à Neptune beau paître parmi d'autres ani- tout l'honneur de ce présent f^). maux, Neptune ne laissa pas de C'est sous ce dernier maître la discerner, et de jouir d'elle qu'Ariou s'est le plus signalé: il métamorphosé en cheval. Elle gagna le prix de la course aux s'en fâcha d'abord, et puis s'a- paisa, et se lava dans la rivière (a^Lutatius, in Statii Tliel)., lib. IV, {b) Pausan., lib. FUT, pag. 25;.
(0 Slat. Tl)el)., lib. ri, vs. 3o8.
ici) Lutat., ia Stat. Theb., lib, VI, es.
(e) Hesiod., in Clypeo Herculis.
{§) Piohus, in Virgil. Georg. I.
ARION.
jeux néméens (F), que les prin- ces, qui allaient assiéger Tlièbes, instituèrent en l'honneur d'Ar- chémore, et il fut cause qu'A- draste ne périt pas dans cette fa- meuse expédition, comme tous les autres chefs. Apollodore le témoigne au livre III.
(A) Neptune, disputant avec Mi- nenie a qui nommerait la pille d'A- thènes, frappa te rii'age, et en fit sortir un cheual.'] Scrviiîs nous apprend cela sur ces paroles de Vir- gile:...Tuque S, cui prima frpmenum Fudil er/uiim magno lellus percussa tridenti, Neptune (i).
Voyez aussi Probus, sur ce même passage de Virgile.
(B) On veut que Cérès fût sous la figure d'une furie, lorsqu'elle dé- teint grosse de ce cheual, ou qu'en effet une furie l'ait procréé du fait de Neptune.] Ce sont les sentimens d'ApoUodore et d'Hesychius. Voici leurs paroles: ToÎ/tov «x. 'no^iiéa>voc ïyhvytiri Atiy.riTip tix-tt-T^iiTO. 'Epi/vvt/'< KcLTà.'Tïif a-uxovtr'icL^ (a). Hune ex Nep- tunogenuit Ceies similis facla Erjnni in coïlu. 'Apicev ô ÎtT'Toç Tioa-inS'aiyos i/ioç, x.aùy.tS.ç tSv 'EpivviûJV (3). Arion,equus, Neptunifilius et uniusex Erynnibus. Barthiusa confondu le sentiment d'A- poUodore avec celui d'Hesychius. Uniusex Erynnibub, dit-il (4), sobn- lem assentitur Apollodoro Hesychius Lericographus. Cela veut dire qu'A- pollodore raconte qu'Arion était né d'une des furies; mais c'est ce qu'il n'a point dit: il a remarqué expres- sément que Cérès était la mère de ce cheval, et qu'elle avait seulement pris la figure d'une furie lors de la copulation. M. Lloyd a pillé Barthius, sans le corriger en cet endroit.
(C) Çuintus Calaber le fait fils du vent Zéphire, et d'une harpie.] Voici une seconde faute de Barthius, que M. Lloyd a transplantée dansson Lexi- con, toute telle qu'il l'avait trouvée. Intercedit Quinlus Smyrnœus, dit (i) Virgil., Georg., Ub. I, vs. 12. (1) Apollodori Gibliotbeca, Ub. III- (3) Hesycbius. (4j Barlh., ia Stat., pari, II, pa§. 8go.
Barthius (5), harpice patronus, cujus fiierlt pottiis sentinio nriundus paire Zephiro, ingratiis etiam Neptuni. Il n'y a dans ce poète aucune chose qui marque que ce fCit, ou avec, ou contre l'agi'ément de Neptune, que Zépliirc et la harpie produisirent Arion (6).
(D) On a cru qu'il at^ait été nourri par les Néréides.] Je ne citerai i^ue Claudien: Si dominus legeretur equis, tua posceret ultrb Verbertt, Nereidem slabulis nulrilus Arion (7).
(E) Adraste en fut le troisième pos- sesseur.'] Cela étaitvrai selon l'histoire qu'en fait le scoliaste d'Homère sur le vers 346 du XXIlle. livre de l'Iliade. Il dit que Neptune devint amoureux d'Erinnys (8), se métamorphosa en cheval, et eut affaire avec elle dan.? la Béotie, auprès de la fontaine Ti- phlouse j qu'il l'engrossa d'un cheval, qui fut nommé 'Afsiœv, à cause qu'il surpassait tous lesautres^ qu'il le don- na à Copréus roi d'Aliarte; que celui- ci en fit présent à Hercule, qui gagna le pris de la course avec ce cheval, contre Cygnusfils de Mars, auprès de Tréaène; et qu'enfin Hercule en fit présent à Adraste.