SigPhi · Pierre Bayle

Dictionnaire historique et critique (Tome 2)

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qui S est glissée dans le texte de ^^^^/,„^ »j«miM*, positiones quasdam edidit: ex quibus sequitur mundum proximè dicti niundi niultiplicemesse: ponit enini stellas inerrantes atque so- lem immobiles permanere: terram ip- sam circuinferri circa solem, secun- dumcircumferentiam circuit, qui est in medio cursu constilntus. Apparemment 1rs copistes ont falsifié le passage de Plutaniue où nous lisons (ju'Aristarque plutarque.

{a) Vitruv., lib. IX, cap. IX. Ib) Voyez Ménage sur Diogène Laërce, IW. rni, num. ^b,pag. 389.

(c) Dans la remarque (A), citation (4).

(A) // est un des premiers qui ont soutenu que la terre tourne sur son centre, et décrit un cercle autour du TSC, TMV «Tê "J/Jiv JtlVitcrâstl Sù^StO-ctyTiÇ, aç. - 0< TTip) 'A/;lV«to;t''V TOV fJI.tt.BviUcLTlX.OV, OU K.mKÙovTci.1 vo6('v P(;pévov (1). Qui quidem mundi motum sustulerunt, terram autem mot'eri iunt opinati, ut.Aris- tarchus mathematicus, nihil eis ob- (i) Sextus Kmpiricus, adversùs Mallieniat., png. 4'o. M. IMcnage.tur Diogtnc Laërce, liv. y 111^ num. 85, cite deux J'ois ce passage dans la mfine page, la première J'ois comme die Sextus EmpiricHS, cl la seeomte comme de Pyrrbon.

KKOU TMV yîiVf éijUcl XCt\ Ttipt TOV ttUTri'; a,^ov(t. S'ivov/Aiviiv (4). Heus, tu, inquit, (2) Plut., in Quaest. Plat., pag. 1006, C.

(3) Archimedes, in Psammite, pag. 449i apud Mcnagium in Diogenem Laërtium, lib. flll, pag. iSn.

(4) Plutarclius, de Facie in orbe Lun», prtf. ç)îa, F.

A RI STAR QUE.

noU nos impietalis reos Jactre, eo pacto quo ^rislarchus putawil Clean- theni SamLuni uiolatœ religionls a Grœcis deOuisse postulari, tanqiiam uniuersi lares f^estamque si Inco mo- fissel: quàd is homo conalns ca cjiicv in cœlo apparent tutari certis ratioci- nationibus, posuisset cœlum quies- cere, terrant per obliquant ei^ohi cir- culuni, et circa suum l'ersari intérim, axent. Les copistes, ce me semble, ont transposé les noms: il faut lire Cléanthe jugeait que la Grèce eût dd faire un procès d'irréligion a Arislar- que le Samien, etc. C'est une conjec- ture de Gassendi (5): c''est une cor- rection que SI. Ménage adopte comme très-certaine. In uerbis Pluiarchi, dit-il (6), legcndum ontninb: a^Tnf 'Af>tç-a.p^ov Tov ^oLfAtov atra Kx««v9itc Mivac. Amiot n'avait point senti la faute.

(B) On n'est pas bien d'accord sur le temps oii il a i>écu: on sait seu- lement qu'il n'est point né depuis la mort d' Archimède. ] Les paroles que j'ai citées (7) prouvent que pour le plus tard notre Aristarquen'a pu être que contemporain d'Archimède: or, nous savons qu'Archimède per- dit la vie lorsque Syracuse fut prise par les Romains, l'an i"^"^. de la 142*^. olympiade, pendant la seconde guer- re punique. Notez que, selon Plu- tarque, cité ci-dessus, Timée de Lo- cres a vécu avant Aristarque; caria pensée platonique qu'on veut éclair- cir se trouve dans Platon comme si Timée l'avait dite en conversation. Or, puisque Platon a été disciple de ce Timée (8), et cela après avoir vu l'Egypte, il faut conclure que, si Plutarque a bien observé les temps, Aristarque a fleuri après Platon. Nous savons donc qu'il n'a point fleuri après Archimède, ni avant Platon, et je ne crois pas qu'il soit facile de se fixer à quelque chose de plus pré- cis. Blancanus a mis Aristarque deux siècles avant Hipparque, et il a mis celui-ci cent ans après la mort d'A- ■ (5) Gassend. Pliysica: secl. II, Ub. III, cap. y, pag. 617, tom. I Operum.

{6)Menagius, in Diogen. Laèrt, lib. VIII, (7) Dans la remarque pi e'cédenle, citation (3).

(8) Cicero, de Finib., lib. V, cap. XXtX, e1 Tujrulan., lib. I, folio 248,.V lexandre, c'est-à-dire, cent ans après la i"^*. année de la 114*^. olympia- de (9). Il a donc cru qu'Aristarque florissait vers la 89». olympiade, un peu après la naissance de Platon. Ce- la ne s'accorde point avec le passa"e de Plutarque que j'ai allégué. L'opi- nion de Simler ne s'y accorde pas mieux. Cet auteur a fait fleurir Aris- tarque sous le règne d'Artaxerxès- Longuemain, qui s est étendu depuis la i"^. année de la 79<=. olympiade, jusqu'à la dernière année de la SS*". (10). Libertus Fromondus est encore plus contraire au sentiment de Plu- tarque, puisqu'il ignore si Aristar- que a précédé ou suivi Pythagora* (11). Je crois que Vossius (12) aurait réfuté cette incertitude par l'autorité de Plutarque, s'il se fût souvenu des paroles que j'ai citées. Jean Stadius croit qu'Aristarque survécut à Ar- chimède; car il le fait fleurir dans l'olympiade i44 (•3). Notez que Vi- truve, en parlant de quelques ma- thématiciens qui ont été inventeurs, met Aristarque au premier rang (i4). Si l'on se réglait à cela, on le croi- rait antérieur à Philolaiis et à Archi- tas de Tarente.

(g) Blancanus, in Mathematicorum Chronolo- giâ, ad calcem libri, de Arislotelis Locis ma- thematicis, pag. 46 et 4q.

(10) Simierus, in Epitome Bibllotliecx Ges- neri.

(11) Lib. Fromond. de Orbe Terrae immobili, pag. I. Il a intitule' ce livre, Ant-Aristarchus.

(12) Vossius, de Scient. Mathem., ^jag. iSo, fi3) Joh. Stadius, in Pricf. Tabularum Bergensium, apud Vossium, de Scient. Matbem., (i4) Vitruvlus, de Archilect., lib. I, cap. I.

ARISTARQUE, grammairien célèbre, naquit dans la Samo- thrace, et eut pour patrie d'a- doption la ville d'Alexandrie (a). Il fut fort considéré de Ptolo- mée Philomelor, qui lui confia l'éducation de son fils (A). Il s'appliqua extrêmement à la cri- tique, et il fit une révision des Poésies d'Honière, avec une exactitude incroyable, mais un 2«</o9o<£|^ Suidas, in 'AfiVst'^o;- 324 ARISTARQUE.

peu trop magistralement; car,, (A) ^^/^/>'' <^onsidéré de Piodès quvm vers ne Im plaisait l'éducation de son fis. -^ Les paroles pas, il le traitait de supposé (B). de Suidas signifient cela clairement: Cette édition d'Homère fut fort ré^ovs, dit-il (i), xat* t>,v pvç- ixuf^- estimée, et fort critiquée aussi '^J*'^* > ^'^' nTo^e/^^/o:. tou $.xo/.«Topoç, (b). Il travailla sur Pindare (c), sur Aratus {d), et sur d'autres poètes; et il n'est pas vrai que, pour critiquer tout le monde, sans craindre qu'on lui rendît la pareille, il ait eu la ruse de ne rien donner au public (C). Ceux qui disent qu'il était contempo- rain de Pisistrate, s'abusent grossièrement (D). Sa réputation tarque était mort dans son bas âge, a été de longue durée. Cicéron les historiens qui nous restent au- OU Ultl TÛV VIOV ITritlS'iUU'iV. f^ixU dUtem olympiade CLVl, tempore Pto- lenuei Philoinetoris, cujus eiiamji- lium erudiit. L'olympiade qu'il mar- que répond très-bien au règne de ce Ptolome'e ^ mais nous ne trouvons point, dira-t-on, que ce prince ait eu des fils: les historiens ne lui don- nent qu'une fille, et ce fut son frère qui lui succéda. Cette objection ne vaut rien; car, d'un côté, si le fils qu'il eût fait instruire par notre Arisqui • ^^ J„ crvTi raient pu croire qu'il n'en fallait pas et Horace se servirent de son ^^.^,^ Mention. Diantre côté, il est nom pour designer un critique f^^^. ^^^^ji^ gardent tous le silence, très-rigide (E). On l'emploie Justin donne un fils à Ptolome'e Phi- ^" ■ * loraetor, et il dit même que Ptolomée, son oncle, le fit mourir (2). Le docte Allatius n'a pas pris garde à ceci: il veut que le disciple que Sui- das donne k Aristarque soit le second Ptolomée Évergètes: Cujus ( Ptolo- maei Philometoris ) filium secundum Euergetem erudiit olympiade CLV^l, ut Suidas tradit (3). C'est une faute: le second Ptolomée Evergètes était frère de Ptolomée Philometor, et non pas son fils. Vossius ne s'est pas moins abusé lorsqu'il a cru que Ptolomée Philometor choisit Aristarque pour précepteur de Ptolomée Lathyrus, son fils (4): il fallait savoir que Pto- lomée Latliyrus, ou Lathurus, était fils du second Ptolomée Evergètes.

encore aujourd'hui au même usage. Quelques-uns lui attri- buent une pensée que d'autres donnent, ou à Théocrite, ou à Isocrate (F). Il eut beaucoup de contestations dans Pergame avec le grammairien Cratès (G); et il mourut dans l'île de Cypre, à l'âge de soixante-douze ans. Il était devenu hydropique, et il ne trouva point de meilleur re- mède contre ce mal, que de se faire mourir de faim. Il sortit de son école jusqu'à quarante _ ^ grammairiens (H). Il laissa deux Ce que Suidas observe, qu'Aristarque fils qui n'eurent pour tout mé- fut disciple d'Aristophane le Byzan- rite qu'"^^ grande simplicité. «1° » "^ fournit pas une objection: Celui qui porta le nom de son père fut vendu; mais les Athé- niens le rachetèrent (e). J'aurai quelque chose à dire contre Mo- réri (I).

(b) Voyez la remarijue (B).

(c) Voyez rAnti-Baillct, tome I, pag.

(d) f'oycz Vossius, de Scient. Matliemal., pag. i56.

(e) Tiré de Suidas, in "AfiVap;^oj.

car on sait assez qu'il s'est glissé une lourde faute dans l'endroit de Suidas où nous lisons qu'Aristophane de By- zauce « fleuri l'olympiade 45. Il faut lire V olympiade i45, comme Allatius et Jonsius l'ont observé (5): Aristo- (2) Justinus, lih. XXXVIII, cap. VIII.

(3)|Leo Allatius, dePnlriâ liom., pag. io3, 104.

(4) Vossius, <1« Poétis grajcis, pag. 67. J}folet qu'au chapilrn XXI du I'". liv.^de Hi.storicis gra'cis, il dit que Ptolomée Evergètes II était JiU de Philometor.

(5) Jonsius, de Script. Hist. Philosopb., pag» ARISTARQUE. 325 phanis nieminit Suidas, in quo obi- rapporte que Ptolomée Évergètes a ter librariorum error in olympiade no- e'të l'un des disciples d'Aristarqiie (ii tandus est. Ipse naTiKfue habet, Tîyovi Pour n'avoir pas bien examiné tout.

«fê Karà, TMv /mî 'Oxvy.TTiÂS'ci., c/uœ Uie- on aura pu se persuader que ce Pto ronymus fV^olphiits i^eriit, Vixil olym- piade XLV, ciim omninô scribendum sit pfAi, id est, CXLf^ (6). V auteur anonyme de la Description des olym- piades met sous celle-ci Aristophane le Byzantin. A cela n'est point con- traire la remarque de Suidas, que le même Aristophane fut, dans son adolescence, disciple de Callimachus: MctS/iTiiç K5iÂAi//stpt°'' ''*' ZiivoîTciTot/, «XXtt Tau fAlt VêOÇ TOÎ/ «Tê TTOLIÇ HkOViTI^'j).

Discipulus Callimachi et Zenodoti, sed illuni quideni adolescens, hune i^'ero puer audu^it. Un homme qui a fleuri dans l'olympiade i45 a pu être le disciple de Callimachus \ car ce poète a ve'cu jusqu'au règne de Pto- lomée Évergètes, (ils de Ptolomée Philadelphe, et nous savons que ce Ptolomée Evergètes a régné jusqu'à la fin de l'olympiade iSg. Or, si Aris- tarque a été disciple d'Aristophane le Byzantin, c'est bien marquer l'é- tat où il a fleuri, que de le mettre, comme Suidas a fait, sous la 156". olympiade. Ceux qui pèseront bien toutes ces choses auront quelque pei- ne à s'accommoder de cette proposi- tion: jiristarque p-tVaJt du temps de Ptolomée Philadelphe, en même temps que Callimaque (8). Le docte Heinsius observe qu'il y a des gens qui le disent (g); et puisqu'il ne les en blâme point, on le peut prendre pour l'approbateur de ce sentiment. Il eût mieux fait de le condamner. M. le Fèvre est en ceci plus croyable que son beau-fils: il met Aristarque sous le règne de Ptolomée Philome- tor (lo). Voyez la remarque (G), où nous prouverons la vérité de cette opinion par la contemporanéité de Cratès et d'Aristarque. Un passade d'Athénée a pu faire croire que no- tre critique a vécu sous Ptolomée Phi- ladelphe: c'est l'endroit où Athénée (6) Allalius, de Paliiâ Homeri, pag. io3.

(7) Suidas, in 'Afiç-o^ivMÇ. Portns a mal traduit ces parole' ■ Hhdc quidem, clcL-il, ado- lesceus, illum veto piier audivit.

(c)) ïlrinsius, iii Prolpi^omenis Aristarclii sacvi, J'olio **3.

(10} Le Fèire, Vie des Poètes grecs. pi£' 7 lomée Evergètes est le fils de Ptolo- mée Philadelphe; mais il est sûr qu'il le faut prendre pour Ptolomée Phys- con (12), frère de Ptolomée Philo- metor. En effet, Athénée parle d'uu Ptolomée qui a fait des livres, et qui est nécessairement le même que ce- lui qu'il cite au livre XII (i3), et qu'il compte pour le septième roi d'Egypte.

Voici de nouvelles preuves contre l'opinion de M. Dacier. On sait que Démétrius Scepsius ( i4) a vécu au même temps qu'Aristarque. C'est ce que Strabon témoigne: **t« tov olùtov ;tpovov yiyoveèç KpcLTïiTi icoà ' kftç'âfX^ (,t5), œqualis Crntetis et Aristarchi. Vossius ne considéra point ces paroleS' avec attention lorsqu'il avança que Strabon assure que Démétrius Scep- sius fut disciple de Cratès et d'Aris- tarque ( 16). Or, ce Démétrius fut contemporain d'un Métiodore ( 17 ) que Mithridate fit mourir l'an de Ro- me 681 (18). Jugez si un homme qui aurait fleuri sous Ptolomée Philadel- phe a pu être contemporain de ce Métrodore. La mort de ce Ptolomée tombe sur l'an de Rome 5o6. Notez qu'on peut recueillir de Diogène Laèr ce que Démétrius était plus âgé que Méti'odore; et, cela étant, on ne peut rien rétorquer, on ne peut point di- re c(ue je prouve trop. Notez aussi qu'un fils d'un disciple d'Aristarque (19) vivait encore quand Strabon avait assez d'âge pour assister aux leçons publiques (20). Or, puisque Strabon a vécu jusque sous Tibère, il n'a (12) C'est le même que le second Évergètes. {t'i) Pag. 549- Il le cite en plusieurs autres endroits.

(i4) C'est-à-fiire, natif de Scepsis, ville de Mj.<ie.

(i5) Straho, lib. XIII, pag. 419.

(16) Vossius, de Hist. Grœcis, pag. i35.

(17) Diog. Laerce, liv. V, num. 84, dit que De'mélrius Scepsius avança Métrodore son com- patriote. C'est celui que Mithridate fit mourir.

(i8) Plutaich., in Lucullo, png. 5o6. Voje:: aussi Strabon, lib. XIII, pag. 419, qui laisse indécis si Mithridate lejit mourir.

(ly) Il s'appelait Aristod'en^e: son père, nomme' M/nr'crate, avait e'ié disciple d'Aristar- que- Voyez Stral)on, liv. XIV, pag. 'f\-.

(t!o) Strabo, ibid.

ARISTARQUE.

pu entendre les leçons du fils d'un discij)le d'Aiistarque, si Aristarque a fleuri sous Ptolomée Philadelphe.

(B) Des qu'un uers d'Homère ne lui plaisait pas, il le traitait de sup- posé. ] Cicéron le témoigne dans ces paroles: Si, ut scribis, cœ litterœ ristarque était si exacte, que lors- qu'elle condamnait un vers à ne pas- ser point pour être d'Homère, on le traitait de supposé: jElianus tradit hune tam casligalo fuisse judicio, ut Homeri uersus non putaretur ^ queni ipse non probasset. Quenstedt assure non fiierunt diserlœ, scito meas non la même chose (^6). Je ne pense point fuisse. Ut enim.Aristarchus Homeri qu'Elien dise cela: et, s'il le disait, i>ersum negal, quem non probat, sic il se tromperait; car nous apprenons tu (libet enim niihi jocari) quod di- d'Afhénée que l'on condamnait souvent le goût de ce grand critique (a^): on prenait pour des vers d'Homère ceux qu'il avait rejetés, et l'on se jnoquait de ses raisons. Sa hardiesse seule était capable de décréditer ses jugemens. 11^ décidait, en quelques rencontres, que tels et tels vers de sertum non erit, ne putaris meum (^21;. A cela se peut rapporter cet autre passage du même auteur: Nisi for- te scire t'is, me inter IViciani nos- trum et f^idiain judicem esse. Pro- fert aller ( ut opinor ) duobus versi- culis expensum Niciœ: alter.A ristarckus hos ifêx/Çsi. Ego tanquam l'Iliade devaient être transportés dans criticus antiquus, judicaturus sum, l'Odyssée (a8).Allatius n'a point igno- utrîini sint tow îromTot/, an 7ra.fiy.^i' ré que l'on censura souvent la cri- CKyif/.ivot (22). On dit qu'Aristarque tique d'Aristarque. Il cite pour ce su- marquait la figure d'une broche à cô- jet Athénée (29), Piufarque et le sco- té dfs vers qu il condamnait de sup- liaste d'Homère. 11 nous apprend que position, et que de là est venu qu'èfê- le grammairien Ptolomée d'Ascalon m'^siv signifie condamner. Transia- publia un livre de Aristarclii correctum ab Aristarch.0 qui Homeri car mina in corpus redegit, atque in li- hros digessit, uersus nothos, hoc est adidterinos et subdititios qui non f't- dentur sapere venant illa/n Homeri- cum tif«M'<rxo(ç, id est minutis ueru- hus prœnotatis damnons: contra, qui fiderenlur insignes ac genuini d<ripi- a-ittiiç, id est stellis illuslrans (23). Voyez le poème d'Ausone, intitulé tione in Odysseâ (3o), et que Zéno- dote d'Alexandrie fut mandé pour faire la révision de la critique d'Aris- tarque: Zenodotus aller Àlexandri- nus ideh aduocatus est, ul de repro- balis ab Aristarcho Homericis car- minibus judicium ferret (3i ). Idem ( Suidas ) ZmviS'oToç 'Axê|ûtvJ/j£[/c 'iP<*-y-- f/.ttTMOÇ 0 ÎV «ç'fct HKxBiU TrfûÇ tÀ Ùtt ^pi'^ttpX.OU ÀùiToÙjUiVa, TOi/ noJMTOt/. Et Ludus septem Sapientûm, où il de- néanmoins il assure que l'antiquité mande une censure rigoureuse de son eut tant de respect pour le jugement poème à Drepanius Pacatus. 11 veut d'Aristarque, qu'on ne croyait pas ' ■ ■■ * ■ ■ que les vers qui lui déplaisaient fussent d'Homère: Arislarchi porrà ju' dicium adeo probauit antiquitas, ut Horueri versus non putarentur, quos ipse non probaret (32). K'est-ce pas une grande faute de jugement? Élie Vinet mérite ici beaucoup de censu- re. Cujus ( Aristarchi ), dit-il (33), qu'on le traite comme Aristarque en avait usé envers Homère, et il se sert de cette expression: Mceonio qualem culiutn qutssivit Homero Censor Arislarchns, nortnaque ZenodoU.

Poneobelosigilursuperiorumsligmatavalum, Palinas non culpas rsse putabo meas (24) • On croit qu'il parle d'Aristarque dans le dernier de ces deux vers: Quique sacri lacerwn collegii corpus Homeri, Quique notas spuriis -versibus apposait (^25).

Charios Etienne, Lloyd et Ilofman, assurent dans leurs dictionnaires qu'Elien témoigne (pie la critique d'A- (aa; Id, th., lih. IX, Episi. X, pag. 2.1, 34.

(a4; Âusoniiis, l'n Ludo scplcra Sapi^ntùra, vers II.

fsS' Idem, EpiJlolâ XFII, vs. a6.

(26) Queostcdt, de Patriis Viior. illustrium, ( 27) Vide Atlienxum, lib. IV, passXm, el ibi Casaubonura: item lib. F, pag. 188, i8(). Voyez aussi Plutarque, de audiendis Poètis, pas. 26.

(2S) Athen., W. IF, cap. XXFIII, p. 180.

(29) Il ne cite que le F", livre d'Athénée. (•'<>) "Eypa.^1 TTipi T«ç iv 'OS'ua-cnict 'Api'râ.PX'"^ StopScÛTioi;. Suidas, apud Alla- tiuni, de Palriâ Homeri, paç. io5.

(3i) Idem, ibid.

(il) Idem, ibid., pag. 104.

(:<:;) Elias Vinclus in Ausonit Ludum scptcm Sapicnlûm, initia, pag. 2fii5.

ARISTARQUE.

fcteres tanti fecerant judicium, ut quem non probarel, Homeri versum non crederent. lia Civero, Suidas, Erasmus. 11 est faux que Cicërou di- se cela: il dit seulement qu'Aristar- que ne prenait pour de véritables vers d'Homère que ceux qui lui sem- blaient bous ( 34 )• Suidas non plus ne dit point ce que Vinet lui impu- te. Je puis assurer la même chose ce grammairien. Enfin, j'ai trouve ceci dans une note de Corradus sur les Epîtres de Cicëron: Uinc iltuni ( Aristarchum ) //ivnv èxix» Uxvxi- Tioc ô "PicT.oc 4>iMî-o<poç é,i ri USirjet x.a.Ta.[/.a.\riûi<T^a.i tdç riv ^om/ziraiv <r.*vo/4ç. Aihen., l. 14 (38). Je l'ai cherché dans le XIV". livre d'Athé- née, mais fort inutilement*. Quoi qu'il en soit, il y a une grande diflérend'Érasme, à l'égard du lieu d'où j'ai ce entre celte citation de Corradus tiré ce qu'on a vu ci-dessus ( 35). et celle de iVI. Dacier. Les paroles M. Saldénus. ayant voulu changer grecques signifient seulement que Pa- quelque chose dans les paroles de nétius donnait le non de devin à no- Charles Etienne quej'ai citées, a com- tre Aristarque. et non pas que ce fût mis une lourde faute contre le rai- le style ordinaire de l'antiquité, sonnement. 11 n'a point cité Elien, Notez qu'au sentiment de plusieurs et il n'a point assuré que la critique personnes ce fut Aristarque qui di- d'Aristarque fût exacte: il s'est con- visa les deux grands poèmes d'Homè- tenté de dire que ce censeur la croyait re, chacun en autant de livres qu'il telle. Jusqu'ici tout va assez bien: y a de lettres dans l'alphabet, et qui l'on abandonne Charles Etienne sur donna à chaque livre le nom d'une une fausse citation, et l'on ne ré- lettre.- Plutaichus, lib. de Homero. pond que d'une chose très-vraisem- lliadem et Odysseam Homeri ab Aris- blable, c'est que le correcteur d'Ho- tarcho grammatico in numerura li- mère s'estimait un fort habile hom- me; mais voici où est le mal: de cette opinion avantageuse qu'il avait de son esprit, on conclut que l'an- tiquité ne recevait pour des vers d'Homère que ceux qui plaisaient à Aristarque. C'est une mauvaise con- clusion: Granimaticus ille, qui hoc quàm Iliadis liber «. vocatur, secun- nomen ( Aristarchi ) gessit, tam cas- dus /Ê, et sic deinceps: verùm etiam tigato se putai'it esse judicio, ut Hobrorum divisam ad ordinem et nu- merum Gra-carum litterarum. Eusla- thius in lliados m tradit, Aristar- chum et Zenodotum confusum anteà Homeri opus digessisse in certos li- bres, eosque litteiis distinsisse. Un- dè non solùm primus tam Odysseœ meri t^ersus nullus haberetur quem ipse non probaret ( 36 ). C'est ainsi que M. Saldénus raisonne, et pour prouver son raisonnement, il nous cite les paroles où Cicéron dit qu'A- nstarque rejetait comme supposés à Homère tous les vers qui n'étaient pas einceps ipsum opus y^kfAf/.a.'va. nominatur. Et sanè uerum est, hanc per litteras di- t^isionem recentiorem. IVarn antiqni nunquam ed usi, ut patet ex Arii- tûtele dePoèticd, cap. XXI P^ (3g). (Cj II n'est pas vrai que, pour critiquer tout le monde sans craiii- Ire qu'on lui rendit la pareille, il ait à son goût. Cette preuve ne vaut pas eu la ruse de ne rien donner au pu- mieux que la thèse même qu'il fallait blic.'] M. Saldénus, sous le faux nom de Christianus Libérius, débita une fausseté quand il dit: Sic Aristar- chus grammaticus nullos non repre- hendebat, nihil ipse scribens, ne ab aliis reprehendi posset (4o). Je ne sais.

(38) Corradus in EpUtolam XIV Ciccronis ad Atticum, lib I.

* Bayle n'a pas bien clierchc: le passage cité par Corradus se trouve efleclivement dans le XIV', liv. d'Athénée, pag. 63.'}, D, à la fin du chap. VIII, éililionde Casaubon (1612) queBavle a toujours coutume de citer.

(3<)) Jeanne» 3 Wower., de Polymalhià. cav.

(4°) Christianus Libérius, in Bibliophil., yag. 21, ci(e par Ménage, Anii-Baillpi, lom. T.

prouver. J'ai Jii dans le Commen- taire d'un moderne, qu'Arist arque auait une critique si Jine et si pé- nétrante, qu'on l'appelait ordinaire- ment le prophète ou le devin, a cause de sa grande sagacité (37). J'ai été surpris de ne trouver aucune tra- ce de ce grand éloge dans une in- finité d'écrivains que j'ai j)arcourus aux endroits où ils font mention de (34) y ojez ci-dessus, citation (21), les paroles Wfi CicéroD.

Ci^) Citation (28).

f 36) Salden., de Libris, pag. 3S8.

(3-) Dacier, Remarques sur l'Art poétique point s'il la débita avec tous les mê- mes correctifs que dans l'ouvrage qu'il publia sous son véritable nom en 1688. S'il les avait employe's, M. Ménage ne l'aurait pas bien citéj car il aurait accourci d'une partie essentielle le passage qu'il rapporte. Voici les paroles de M. Saldénus dans l'ouvrage qu'il publia l'an 1688: Sic- uti Aristarchus grammaticus nemi- nem non reprehendebat, nihil inté- rim ipse scribens, ne reprehendi ab aliis posset, ut nonnutli t^olunt: li- cet alii sint, ne plerique quidem qui ^oAt/ypsi<foK ipsum accensenl, ut su- pra diximus (40- ^^ 4"'! rapporte, concernant la ruse de ceux qui, pour censurer tous les auteurs, sans appré- hender la peine du talion, ne pu- blient lien, peut servir de supplé- ment à l'une des pages de mon Pro- jet (43). On y pourrait joindre ces paroles de M. le Fèvre, adressées à un journaliste: Encore, si uous aidiez fait quelque liure de t^ostre chej', ce- la irait bien; mais dans les ternies où vous estes, je troui'e que t^ous jouez afec un peu trop d' avantage: c'est se moquer de ne mettre qu'un liard contre une double pistole; je ne scay pas qui ^'oudroit jouer contre (D) Ceux qui le font contemporain de Pisislrate, s'abusent grossière- ment. ] Cette erreur est fort an- cienne. AUazzi rapporte un long pas- sage où l'un des commentateurs de Denys de Thrace débite que Pisis- trate fit publier par toute la Grèce que tous ceux qui lui apporteraient quelques vers d'Homère, en seraient récompensés à tant par vers. Quand il en eut ramassé autant qu'il lui fut possible, il fit venir soixante - dix grammairiens, et leur donna une co- ARISTARQUE.

dres de Pisistrate, et se montrèrent les uns aux autres ce que chacun avait fait. Ils s'accordèrent unanime- ment à reconnaître que le travail d'Aristarque et celui de Zénodote me^ ritaient la préférence j après quoi, ils déclarèrent que l'ouvrage de Zé- nodote devait céder à l'ouvrage d'A- ristarque (44)- Ce récit contient en- tre autres mensonges celui-ci, qu'A- ristarque et Pisistrate ont vécu en même temps. Il était aisé de recon- naître cette fausseté; et néanmoins les commentateurs de Denys de Thra- ce l'ont persuadée à beaucoup de gens. Eustathius l'a débitée, et après lui Génebrard et Jason de Nores. Lisez ce passage d'Allatius: Muliis aliis recentioribus fucuni fecerunt. IVam Eustathius in A Iliados idem asserit: Oi de a-uvèîfjittoi Ta.vTm kclt iTrifctyii)/, uç <^tt(n, TliKrtç'paL'TOu tw tcov 'Aètiviticev Tvpetyvou Tpa./Ltf/.ct'TtKot, Keù tfiofôaisrayasvoi KctTu To (Ktivoiç dfétruov, àiv xtipt/<f*7oc 'Aplç-dp^oç, KOLi f/.i'r îiciivov ZovoeToToç. Id est: Qui verô eam composuerunt grammatici, jiissu, ut tradunt, Pi- sistrati Atheniensium tyranni, et ut sibi raelius visum est correxerunt, quorum princeps Aristarchus, et post eum Zenodolus. Et inferitis: Tof Si à.Tra.yy'ih.'Knt tjiv 'OfAnpov Traluto-iv (rmé'a.a-èîiTttv àpX."^ iTraina-itTO K»v*iSoc ô XÎoç. EMju^vetVTa i%, <fsL.a-]v, stt/THV ttcl/j.- TraKKa. oî Tnp) tov Ki'va.iâov. x.cù TtaKkà. tÛv iTTièv ÀOTo) '^(ims-a.vTiç wo.psvsê'aMJv. Aïo xcù «TiûifôûJâno-dv 0,1 '0//.tiptx.a.t ^iCko), eèç d-vuTipùn ilpitTctt. Id est: Homeri verô poèsim dispersam recitandi princi- pium fecit Cinsethus Chius. Verùm il- lam multis modis Cinsethi sectatores depravârunt, multaque à se conscrip- ta carmina indidcrunt. Quarè libri Homerici correct! sunt, ut supe- riùs diximus. Gilbertus Genebrardus