(i4) Il disait qu'il avait été jusques au pays des Hrperboréens. Athenœus, Ub. XIII, pag.
(i5) Idem, ibid.
(16) ^neas Gazieus in Theoplirastum, apud Meurs. IVot. in Apollon. Oyscoliim, pag. S7.
(17) Origen. contra Cels., Ub. III.
(i8) Meursii Nota; in Apollon. Dyscol., pag.
(ig) Alhenag., Légat, pro Christianis, pag. 28.
(ao) Huet., Demonstr. Evangel., Propos. IX, cap. CXIII, pag. 1087. Vossius, de Theolog. Gentlli, Ub. VII, cap. X, pag. 349, " '" même pensée.
(21) Voyez la remarque (C) de l'article pré- cédent, citation (43).
(11) SuiTridus, Notis in Atben. Légat., pag (23) Hnet. Demonstr. Evangel., Propos. IX, cap. CXLII, pag, loS^, et pag, an, ARISTÉE.
soit fondé sur quelque aventure ve'- ritable pourraient supposer qu'Aris- tée, ayant fait semblant d'être mort dans le logis du foulon, trouva moyen d'en sortir pendant Tabsence du maî- tre, et de s'évader secrètement de la ville j qu'il y retourna après s'ê- tre tenu caché quelques années; et qu'il produisit un poè'me, où il dé- bita ses exîases (24), qu'il fut bien aise que l'on prît au sens littéral, et non pas au sens poétique, auquel nous prenons ces vei-s d'Hotace: Quo me Bacch Plénum, quce in neiitoyi specus rapis lui aut quoi agor in et plusieurs autres que M. Huet al- lègue (26). Je ne sain'ais bien com- prendre comme lui que Maxime de Tyr confirme cette conjecture, c'est qu'Aristée ne prétendit pas que l'on prît ses expressions au pied de la let- tre ( 27 ). Maxime de Tyr suppose tout le contraire, comme on l'a vu ci-dessus (28). Pour ce qui regarde 1 apparition aux Métapontins, on peut supposer qu'un fourbe leur persuada facilement ce qu'Hérodote raconte; car ils étaient pythagoriciens, et par conséquent ils croyaient la mé- tempsycose.
(D) On a dit que son à me sortait de son corps, et y rentrait a sa fan- taisie. ] C'est ce qu'a dit Hésychius lUustrius, et après lui S-ùdas. Voici leurs paroles: 'Afiç-sow tow ITfoxovvMo-iot/ <})stsr/ rrtw ■\,iiX*^^ enlevai ots sfo 'xjto, "ai 2Ta,viêv«.< waAiv (2g). -fîrisleas Pro- connesius, ciijus aninumi corporis do- ftiicilio excessisse, rursiisque uhi vel- lel suhiisse fabulaniur. Toutou <))A!r< iTTcLvmcu "ttÔlkw (3o). Hujus animant quoties i^oluisset exiisse et rediisse dicunt.
(E) Le Giraldi a fait quelques fau- tes touchant notre Arislée. ] 1°. Il liTo-nJovttç <pCi(ê'ÔA*//t^TOç ysvLjUiVOÇ. jiris- liviis memoravit se Phœho inslincUiin veiiisse ad Itsedonas. Heroilot., lib. IV, cap. XIII.
(25) Horat., lib. III, Od. XXV.
(2G) Iluet., Demoiislr. Evangcl., pag. io38.
(îr) Idem, ibid., pag. loBg.
(29) Ilesycli. Illn.Htiius <lc his qui Eruditio- nis liinifi claviicre, paf^. fj.
(30) Suidas, in 'Api-rix;.
fait dire à Strabon que l'éloquence et les caresses d'ArisIée avaient une grande force: Slrabo Aristeant fa- cundid et blandiliis i-e.hementem j uis- se prodidit (3i). C'est n'entendre rien dans ce grec: av»tp yôtiç u rig Akxoç (Sa),fuit prœstigiis nemini secundus. 2°. Il fait dire à Hérodote qu'Aristée ayant ordonné aux Métapontins d'é- riger tout à la fois un autel et une statue à lui Arisfée et à Apollon, et leur ayant enfin déclaré qu'il était un corbeau, fut enlevé de devant leurs yeux. C'est mal entendre la nar- ration d'Hérodote: consultez-la (33). 3°. Il dit que Plutarque approuve la narration d'Hérodote. Cela est faux: Plutarque n'en touche qu'une très- petite partie, et y change même no- tablement les circonstances du lieu, et puis il rejette cela comme une fable.
(3i) Lilius Gregorius Giraldus, Dialog. III de Historiâ Poëlaium, pag. 85.
(32) Strabo, lib. XIII, pag. t^oi.
(33) Dans la remarque (C), depuis le com- mencement jusqu'à la citation (x3).
ARISTÉE, le géomètre, a vécu avant Euclide, et composa des ouvrages que l'on estima. Voyez ci-dessous un bon pas- sage de Pappus (A).
(A) P^oici, touchant notre Aristée, un bon passage de Pappus."] Je le qualifie ainsi, parce qu'il nous ap- prend une chose très-curieuse tou- chant Euclide, c'est que ce grand géomètre, par honnêteté pour Aris- tée, ne voulut point paraître plus savant que lui dans les coniques. J'en ai déjà parlé ci-dessus (i). Voyons les paroles de Pappus: Aristœus au- tem qui scrihit ea quœ ad hoc us- que. tempiis tradila sunt, solidorum H- bros quinque, conicis cohœrentes uoctti^it Éuclides aulem secutus Aristœum scriptoreni luculentum in iis quœ de conicis tradiderat, neque an- teuertens neque t^olens eorum tracta- tioneni destruere, cùm mitissinius es- set et benignus erga omnes, prœser- tïm eos qui malhemalicas disciplinas aliquâ ex parle augere et ampUftcare (i) Dans la remarque (D) de l'article d'A.- VOLI.OWHJS de PergCy citation (3iJ.
passent, ut par est, et nullo mo- do infensus, sed accuratus, non ar- rogans i^elul hic ( Apollonius Per- gœus ) quantum ostendi potuil de loco per ejus conlca menioriœ prodi- (2) Pappns, in Proœm. lib. VU, Malhem. Collection.
ARISTIDE, surnommé le juste, florissait à Athènes, en même temps que Thémistocle. lis furent fort brouillés ensem- ble; et il parut alors que, pour être supérieur à un autre en ARISTIDE. 343 varient sur les dernières heures d'Aristide (c), mais il ne faut point douter que Sénèque n'y ait fait une lourde faute (E). Nous dirons, dans l'article d'Au- TÉMiDORE, qu'un petit-fils d'A- ristide gagnait sa vie à dire la bonne aventure par les songes.
{c) Il mourut l'an 2 de la 78''. olympiade, (jiti était le [^''. après le bannissement de Thé- mistocle. Gorael. Nepos, in ejus Vilâ, (X)Pour être supérieur h un autre en fertu, on ne t'est pas en crédit. ] Cette pensée est de Cornélius Névertu, on ne l'est pas en crédit pos: In his cognilum est quanta an- (A). L'éloquence impétueuse de tistaret ehquentia innocentiœ; quam- Thémistocle le fit triompher de '?"«'« enJm ade6 excellebat Aristides I„:.,ot:^^ J^ „ -1 Ti 1 abstinentid, ut unus post hominum la ustice de son rival. Il est re- ■ „. '...„..„,1...,„. „.,j,.,.,_ marquable qu'un de ceux qui opinèrent au bannissement d'A- ristide se fonda sur la grande réputation de probité dont il le voyait jouir (B); mais voici une particularité qui est encore plus remarquable. Ce grand homme qui observait si exacte- ment les règles de l'équité chez lui, et envers ses compatriotes, ne faisait point de scrupule de préférer l'utile à l'honnête, quand il s'agissait d'une affaire de politique (C). Il vécut dans une grande pauvreté, et il en tirait un sujet de gloire (D). Il ne laissa, ni de quoi marier ses filles, ni de quoi faire ses funé- railles. La république se chargea de tous ces frais (a). Il fut assez généreux pour ne pas se joindre aux ennemis de Thémistocle, dans un temps où il y avait lieu de croire qu'ils l'accableraient {b); car, sans qu'Aristide s'en mê- lât, Thémistocle fut condamné au bannissement. Les auteurs (a) Plut, in Aristide, pag. 335.
mentoriam, quod quidem nos audieri- mus, cognomine Justus sit appelLa- tus, tanien h Thémistocle collabe- Jactus testulâ illd exilio deceni an- norum muUatus est (i). Soyez le plus honnête du monde, et n'ayez pas Tait de criailler, de clabauder, et de tempêter par des harangues, comp- tez que vous succomberez, ayant à faire au plus malhonnête homme de la Tille.
(B) Un de ceux qui opinèrent a son bannissement se fonda sur la grande réputation de probité dont il le uoyait jouir.^ Un bourgeois d'A- thènes, qui mettait sur sa marque qu'Aristide fût banni, réponditnaïve- ment à Aristide, qui lui demandait la raison de ce suHrage: Je ne le connais point, mais il me déplaît, a cause qu'il a travaillé ardemment à être surnommé juste. Cedensque ani- madverteret quemdam scribeutem ut patriâ pelleretur, quœsîsse ab eo di- citur, Quarè id faceret, aut quid Aristides commisisset, cur tantâ poe- nd dignus duceretur? Cui ille res- pondit se ignorare Aristidem, sed sibi non placere, quod cupide ela- bordsset ut prœter cœteros justus ap- pellarelur (2). Une infinité de gens pensent comme celui-là, mais ils n'ont pas sa bonne foi. Tout ce qui excelle leur déplaît; ils regardent plus équitablement une vertu très- (i) Corncl. Pfepos, in Vilâ Aristidi». (2) lUein, ibidem.
344 ARISTIDE.
qu'une vertu distinguée, fournir de quoi manger (8), le pria commune _ Cette réputation d'Aristide, de la quelle les Athéniens donnèrent un jour un témoignage si authentique en sa pre'sence (3), n'a point éprou- vé rinjure du temps; elle s'est con- servée dans tous les siècles: lisez ce passage d'Ausone: Nec cola anliquos ostentat Borna Calories: Aut ttnus tantitin justi sppclator ei œqui Pollel Ariiùdes velereique UlusLiaC Alhede témoigner devant les juges s'il n'é- tait pas vrai qu'il n'avaitjamais vou- lu recevoir les sommes que lui Callias lui avait très-souvent offertes, et sil n'avait pas répondu qu'il se glorifiait de sa pauvreté, plus que Callias de ses richesses. Il répondit que oui. Sa raison était qu'on voyait beaucoup de gens qui se servaient bien ou mal de leurs richesses, mais qu'il était rare de trouver un homme qui sup- (C) // ne faisait point de scrupule portât noblement la pauvreté ( 9 ). de prcJVrer l'unie à l'hnnnête, quand C était donc, dirat-on, par un prm- il s'a^lsiuit dune affaire de politi- cipe d orgueil qu il méprisait les Tique, i Voici un nouvel exemple de ce que nous avons dit ci dessus (5) touchant la Religion du Souverain. Aristide avait fait jurer une certai- ne chose aux Athéniens, et il avait lui-même prêté le serment en leur nom. Dans la suite, il leur conseilla de faire ce qu'ils trouveraient à pro- pos pour l'ulilité publique, et de le laisser chargé lui seul du parjure, pendant qu'ils se prévaudraient des circonstances favorables que la for- tune leur présentait. C'était sa maxi- me générale, comme Théophraste l'observe: KstÔ' okov S"' 0 0eô<:fpa,ç-oc <^)M- (r'i Tov a.^S'fa. tos/tov, TTifi to. aïK^nt kcli Toùç TToy^lreLÇ a,Kpa>ç ovto, JVxsttov, ev toiç JtOIVOK TTûKKci Trpâ^atl TTpOÇ T))V!/7rÔ9êi-IV Titç Tra.TfiîJ'oç, dç eru'xyyfi àcTwistç «TêOjWJVMV. ( 6 ). In unii'ersuin hune virum ait Tlienphrastus in rébus prii^atis et erga cilles summè justum: in repub. tamen multa ad tempora patriœ quasi multa iniqua illa flagitaret perpétrasse. Mal- heureux engagement que celui d'être assis au timon! le bien de l'état ne demande pas une ou deux injustices pendant la vie d'un homme, il eu demande plusieurs. Aristide n'en fut pas quitte peut-être pour cent. Notez que Cicéron nous en donne tout une autre idée (7).
(D) // tirait un sujet de gloire de sa paui^reté. ] Il avait un parent fort riche, nommé Callias, qui se voyant accusé publiquement de ne lui pas (3) Voyez ci-dessu.< le commencement de la remarque (H) de l'article AMPHURios.
(4) Anson., mMoscllâ, vs. 386, pag. 4i5.
(5) Dans la remarque (H) de l'article (i'AcÉ- • ILàUS II.
(7) Ciceio, de Officiis, lib. m, cap. XI, pag. 3i8.
chesses, c'est-à-dire, pour se distin- guer de la foule. C'est un grand plai- sir aux avares et aux ambitieux de pouvoir objecter cela à ceux qui ne leur ressemblent pas. Mais qu'y ga- gnent-ils? Quand il serait vrai que tous les hommes agissent par un prin- cipe d'amour -propre, n'est-ce rien que de tirer sa gloire plutôt de ceci que de cela? n'est-ce pas un assez juste motif d'admirer les uns, et de mépriser les autres? Elien raconte une chose qui paraît d'abord peu com- patible avec la pauvreté manifeste d'Aristide: Ceux qui avaient fiancé ses Jîlles renoncèrent, dit-il, à ce mariage après sa mort; c'est h cause, poursuit-il, qu'on connut alors son extrême pau^-reté (10). Il se trompe, ce me semble, dans son raisonne- ment. On connaissait cette pauvreté pendant la vie d'Aristide, mais on savait en même temps qu'il avait ua grand crédit. Or, les âmes les plus vénales et les plus intéressées ne croient pas s'engager à un contrat désavantageux, en épousant toute nue, pour ainsi dire, la fille d'un favori qui a cent charges lucratives à sa disposition. Voilà ce qui pouvait faire que les filles d'Aristide, sans un sou de dot, trouvaient des partis pendant sa vie; mais, lui mort, on n'avait plus rien à espérer: on les laissait donc là faute d'argent. Un bel-esprit (11) met dans la bouciie d'un favori une réflexion judicieuse: Un tel se tiendrait honoré de mon (8) On concluait, en voyant Aristide si mal vêtu, qu'il manquait de pain. Pliitarcb., in Aristide, pag. 334.
(9) Iilein, ibid.
(10) AJiaiii Var. Illstor., lib. X, cap. XV. (n) La demoiselle des Jardins, duns ses Exilés de la Cour d'Auguste- ARISTON.
alliance but-à-but, et il croit pour- tant foire un sacrifice a ma Joueur, en me demandant ma nièce. Tant il est vrai que lorsqu'on recherche les pa- rentes d'un homme de grand cré- dit, on songe plus aux avancemens qu'il peut procurer, qu'à la dot de ses parentes.
(t) On varie sur ses dernières heu- res...Séncque y a fait une lourde faute. ] Aristide, selon lui, fut con- damné à mort: tous ceux qui le rencontrèrent, quand il allait au supplice, baissèrent les yeux en gémis- sant, excepté un fripon, qui lui cra- justice était plus grande dans ce siè été dit au commencement, mais se- lon la forme qu'on croit la meilleu- re. Qu'il se soit trompé quant au fond, il est clair par le récit de Plii- tar(|ue. Cet historien avoue que quel- qu'un a dit qu'Aristide mourut exi- lé; mais il réfute cela (i5). A plus forte raison, faut-il rejeter comme une fable ce que dit Sénéque. Notez que Lancelot de Pérouse n'a point relevé cette faute: il la connaissait peut-être, mais il aima mieux sup- poser cela comme un fait certain, afin d'avoir lieu de soutenir que l'incha au visage. Aristide se mit à sou- rire, et dit aux magistrats qui l'ac- compagnaient: Ai'eriiiisez ce person- nage de ne pas ouvrir la bouche une autre fois si filainement. C'est ainsi que Sénèque narre la chose: Duceba- tur Alhenis ad supplicium Aiistides, cui quisquis occurrerat, dejiciebat delà que la justice, puisque le sénat d'Athènes fît mourir une personne dont la vertu était si brillante (i6j.
(i5) Phit., in Aristiile, pag. 335. (iCi) Voyez Z'Hogs'idi del Padre Seconiîo Lan- celloli daPerugia, lom. Il, pag. Bgg et seq.
ARISTON, natif de l'île de oculos, et ingemiscebat non tanquam Chios, s'écarta un peu des sentiniens de son maître Zenon, le chef des stoïques, comme on l'a pu voir dans le Dictionnaii'e de Moréri, avec quelques-uns de ses doermes. Povir ne pas redire magistratui: ^i Admone istum ne pos- ce qu on trouve la, ]e me con- 3) tea tam improbè oscitet {11). » tenterai d'observer, que la rai- Lipse a fort bien remarçiué sur ce son pour laquelle il rejeta la passage que Sénèque a pris l'un pour i •.1 1 ^-^,„ f,,+,.,,'^1 {'autre, lî a donne' à Aristide ce qu'il Î^S^^"^ ""^ }"" pliJSique, fut qu il fallait donner à Phocion. C'est Pho- )"gea que la logique ne nous sert fut condamné à la mort; de rien, et que la physique surin hominem justum, sed tanquam in ipsam juslitiam animadverterelur. In- ventus est tamen qui fociem ejus in- spueret: poterat ob hoc molesté for- te, quod sciebat neminem id ausu- rum puri oris. At die abslersit fa- ciem, et subridens ait comitanli cion qui cion qui c'est à lui que l'on cracha au visa- ge, lorsqu'on le menait à la prison où il devait boire la cigué j et c'est lui qui, se tournant vers les magis- trats qui l'accompagnaient, leiu' de- manda si quelqu'un n'arrêterait pas l'insolence de ce cracheur (i3). Sé- nèque a tourné à sa manière ces pa- roles; il y a mis une pointe: yer- ha noster etiam per argutiolam inver- tit (i4)- Apparemment ce n'est pas la première fois qu'il a changé et les choses, et les paroles. 11 serait à souhaiter qu'il fftt le seul qui prît cette liberté. On aime trop à rappor- ter un bon mot, non pas tel qu'il a (12) Seneca, Consol. ad Helviam, cnp. XIII, (i3) Plat., in Phocione.
(•4) Lipsius in Seoccs Coosolat. ad Helviam, passe les forces de notre esprit [a). J'ajoute à cela, qu'ayant re- tenu d'abord la morale, il en re- trancha ensuite beaucoup; car il voulut qu'on n'enseignât rien sur les devoirs particuliers du mari envers sa femme, ou du père en- vers ses enfans, ou du maître en- vers ses valets; et qu'on ensei- gnât seulement en gros ce que c'est que la sagesse. Sénèque l'en blâme avec raison (A), et mon- tre que les préceptes particuliers (a) AS'J.WV TOV iUSV, êl'vatl ÙTTif ilf/.â,Ç, TOV <r oôS'iv Trpoç n/xoLÇ. Dicens alterum qjiidem esse supra nos, alterum l'Cro nihil ad nos, Diogen. Laërt., lib. Fil, num. itii.
346 ARISTON.
et les sentences peuvent être neri pœdagogus (i). Il le réfute assez d'une merveilleuse utilité fB) au long dans uu autre lieu (2). Ariston disait que la nature de ^^^ ^% sentences, selon Sénèque ■p..,,. ^. a "«Luit, ue peuvent ctre a une nier^'eilleuse utdi- JJieu n était pas intelligible. Cela té. ] Il dit que, quand elles sont en porte à croire qu'il négligeait '^^^s > ou en prose resserre'e, elles absolument la contemplation des ^''appent vivement l'esprit, et allu- ^Kr^coc;i.Tr.»,^„ fn\ T1 r 1 1» X ment les semences de l'honnêteté, qui Choses divines (C). Il fut 1 anta-,^^^ naturelles à notre âme. Ipsàquœ goniste d Arcesilas sur l'hypothè- prœcipiuntur, per se viulikm habent se de l'incertitude; mais, si l'on ponderis.- utique siaut carmini intexta ajoutait foi à Diogène Laërce ^unl, aut prosd oratione in sententiam ^^ „ „• •. P. - ' coarclata. Sicut nia Catoniana:Em3i3 on croirait que le scepticisme non quod opus est, sed quod necesse était alors, et mal attaqué et est. Quod non opus est, asse carum mal défendu (D). On ditqu'Aris- ^^t. Qualia simt itla, aut reddita ora- ton était fort chauve, et que ce 1"^° ' ""',1"«'^'«: Tempori parce; fut ce qui lui causa la mort, le soleil lui ayant brûlé la tête (^). 11 était devenu voluptueux sur ses vieux jours. Ératosthène et Apollophane, ses disciples, nous apprennent cette particularité /'^<^^«* V«o* tangunt, et naturâ fim dans Athénée (r\ Te ne sai<; iia« f"**"" exercenle proficiunt. Omnium udU!> Amenée {c). Je ne sais pas honestarum rerum semina animi ge- Si ce tut en ce temps-là qu'il de- runt, quœ admonitione excitantur: vint flatteur d'un philosophe {d), 'î"'* aliter quant scintilla Jlatu lefi qui était très-bien à la cour d'An- «f//"'« > ignem suum cxplicat (3). Il Te nosce. JYuniquid rationem exiges, ciim tibi aliquis hos dixerit cersus?
Injuriarum remediiim est oblivio. Aiidenles fortuna juvat. Piger sibi ipie osbtal.
Adi'Ocatum. ista non qucerunt: aftigonus (e). Sa secte ne dura que peu de temps (E). Il disait une chose, qui peut rendre moins odieuse la doctrine d'Aristippe qu'elle ne l'est ordinairement (F).
ajoute qu'elles font sentir quelquefois leur force aux plus ignorans, et qu'A- grippa, favori d'Auguste se reconnais- sait très- redevable à un apophthegme sur la concorde. Quis negayerit, fe- riri quibusdarn prœceptis ejficaciter etiam imperitissimos? welut lus brei^is- On lui donnait des ouvrages qui simis uocibus, sed multhnihabentibus étaient d'ARiSToiv de Céa, philo- ponderis: sophe péripatéticien (G). Nous aurons à remarquer quelques niéprises de Vossius (H).
(6) Diog. Laërt., lib. yil, nitm. 164.
(c) Athen., lib. Fil, cap. Vl, pag. 281.
(d) Il s'appelait Persée.
(e) Athen., Ub. VI, pag. 25l.
(A) Il retrancha beaucoup de la morale Sénèque l'en bldnie ai^ec raison. ] Lisez ces paroles: Aristo Chius non tantiim supcrfacuas esse dixit naturaleni et rationalem, sed etiam contrarias; moralem quoque qunm solain reliqucrat, circumcidit. ]VaiH eum locum qui nionitiones con- tinet, sustulit, et p(cdagogi esse dixit non philosophi: tanqunm quîdqiiain aliud sit sapiens qu'ain Iniiaani ge- Nihil nimis. Avarus animus niillo satiatur lucro. Ab alio exspectes alteri quod feceris.
Hœc cum ictu quodani audimus, nec ulli licet dubitare, aut interroga- re...M. Agrippa, i>ir ingentis animi, qui solus ex his quos cii>ilia bella cla- ros potentesque fecerunt,felix in pu- blicum fuit, dicere solebat, mulliim se huic debere sententiœ: nam con- cordiâ parvœ res crescunt, discordiâ maximre dilabuntur. Hâc se aiebat, et fratrem, et amicum optimum fac- tum (4). Ceci confirme admirablement (1) Seneca, Epistolà LXXXIX, pag. 360. Vorei-le au.ui, Epist. XCIV, et Sexlus Empi- lictis ajversus Malhematicos, lib. Vil.
(s) Seneca, Kpin. XCIV.
ARISTON. 347 l'une des pensées dont je me servis deorumlib. i, iribuit Aristoni (9).
dans le projet de ce Dictionnaire (5). Faute d'attention, Elraeniiorst a cru J'observai qu'une sentence tirée de que l'^mto de Minucius était un da- Tite-Live ou de Tacite, et débitée tif ou un ablatif; mais c'est un nocomme ayant autrefois servi à porter minatif. Au reste, il ne serait pas imd'ua certain côté le sénat romain, est possible que le père Lescalopier attricapable de sauver l'état, etc. buât à notre Ariston ce qui convient (C) Ariston disait que la nature de à Socrafe. Célèbre Jioc proi'erblum Dieu n'était pas intelligible. Cela porte a croire qu'il négligeait la con- templation des choses divines. ] Car puisqu'il abandonna la physique, à Sacrales habuit; « Quod supra nos, » nifiil ad nos (10). » Lactance infère de là qu'il méprisait la religion. J^.jus viri ( Socratis ) quoties de cœlestibus cause qu'il n'y pouvait rien corapren- rogabalur nota responsio est: « Quod dre, il est vraisemblable, que par la » supra nos, nihil ad nos (i i). >' Komême raison il abandonna la théo- tez que, généralement parlant, on ne \o^ie. Dii^inarumrerum pariim studio- doit pas soupçonner de négligence sus t'idetur fuisse, cùm islud sœpè dans le service divin ceux qui reconjactaret, qu^e supra nos, nihil ad nos, naissent que la nature de Dieu est ut niirum sit Aristonem theologos in- inexplicable; car il y a bien des gens ter hic a f^elleio ascribi. Ces paroles à qui c'est une raison d'adorer Dieu sont d'un jésuite qui a commenté avec plus d'humilité, et avec plus de i'ouvrage de Cicéron de JValurd Deo- respect. Ainsi la remarque que Ton rum (6j. Il fait une faute, quand il fait contre Ariston est quelque chose s'étonne que Velleius, l'un des inter- de personnel; elle est fondée sur ce locuteurs, ait mis Ariston parmi les que l'on sait d'ailleurs que l'incomthéologiens; car ce philosophe n'était préhensibilité était pour lui un motif pas moins digne de cette place que de négligence. Je ne voudi'ais pas les autres dont Velleius a rapporté les senlimens. Voici la doctrine de celui- là: Cujus ( Zenonis ) discipuli Aris- tonis non miniis inagno in errore sen- tenlia est: qui neque Jormam Dei inmême assurer positivement qu'il ait négligé la religion: je m'arrête à la seule probabilité; car, n'en déplaise à Lactance, la maxime de Socrate, que j'ai rapportée (12), n'engageait point telligi passe censeal, neque in diis ce philosophe à négliger la théologie sensum esse dicat, dubiletque omnino Sa doctrine là-dessus était aussi belle Deus animons necne sit (7). Minucius Félix a parlé du même dogme, et il a dit que Xénophon et Ariston sentaient la grandeur de Dieu par cela même qu'ils désespéraient de l'entendre, So- cralicus JCenopfion Jormam Dei ueri negat fideri posse, et ideà quœri non oportere; Aristo Chius comprehendi omnino non passe: uterque majestatem Dei intelligendi desperatione sense- runt (8). Un commentateur s'abuse ici puérilement: il croit qu'il y a de la différence entre la personne dont Cicéron a parlé, et celle qui est men- tionnée dans ce passage de Minucius; il le croit, dis-je, parce qu'il suppose que Minucius a parlé d'un homme nommé Aristus. Quod Minucius Aristo Chio, id Cicero, de Naturd (5) Voyet-en le paragraphe IX, a la fin du XV'. volume de cette édition.
(6) Lescalopier in Ciceroa., de Natutâ Deo- ifum, lib. I, pag. 60.
(•j) Cicero, ibid., cap. Xlf. (8) Minucius Félix, pag. i54.
qu'on pouvait l'attendre d'un païen (i3); et il semble qu'il n'ait voulu qu'opposer des bornes à la curiosité humaine, par des raisons que nos plus pieux docteurs ont adoptées: c'est qu'il faut vouloir ignorer ce que Dieu n'a pas voulu que nous sussions; c'est qu'il y a du péril dans ces recherches profondes. « En un mot, il ne vou- » lait point qu'on recherchât trop cu- » rieusement l'artifice admirable avec M lequel les dieux ont disposé tout l'u- » nivers, etc. (i4)- " Vous trouverez la suite de ce passage dans la remar- que (Sj de l'article Anaxagoras (i 5), et vous y verrez sans peine que, par (9) Elmeoliorst., in Minucium Felicem, pag, (10)1301101. Divin. Instit-, lib. III, cap. XIX.
(11) Minutius Félix, pag. 112.
(i3) Voyez Xénophon, au /"■. lifre des Choses mémorables de Socralc. fi4) Là mnne, lii: IV, pa^. 3S6. (i5) Citation (202).
ARISTON.
les choses célestes dont Socrate n'ap- dessus, attitra deux jumeaux dont prouvait pas trop l'étude, il faut en- l'un confia un dépôt à Ariston, et tendre, non pas les matières de reli- l'autre le ledemanda ^ et parce qu'A- gion, mais l'astronomie. riston se tint en suspens, il fut re'- (D) Selon Diogène Laërce, le scep- futë par Persee (18). J'ai de la peine ticisme était alors, et mal attaqué, et à comprendre ce que veut dire cela. mal défendu.'] Ariston soutenait con- Ces deux jumeaux se ressemblaient-ils tre Arcésilas le dogme de l'évidence; parfaitement, et de telle sorte qu'il et il crut, voyant un monstre, je fût impossible de les discerner l'un de veux dire un taureau qui avait une l'autre, ou etaient-ils dissemblables, matrice, que son adversaire en tire- comme le sont ordinairement tous les rait im bon argument pour l'incom- jumeaux? C'est ce que Diogène prèhensibililé. Malheureux que je Laè'rce n'observe point. Sa brièveté suis, s'ècria-t-il, foilh une forte est quelquefois si insupportable, qu'on preufe fournie à arcésilas (16). Cela dirait que nous n'avons que des ex- nous apprend que les dogmatiques, traits mal digérés de son histoire des voulant soutenir que la nature des philosophes. Si ces deux jumeaux animaux était clairement connue, étaient faciles à discerner, d'où pou- alléguaient que nous distinguons avec vait venir 1 embarras d' Ariston? S'il certitude les mâles et les femelles de n'était guère possible de les discerner, chaque espèce, y ayant certaines par- sa suspension n'était point blâmable, ties si propres à celles-ci, qu'elles ne etne pouvait point servir à le réfuter j se voient jamais dans ceux-là. S ils carcela même qu'ilsetenaiten suspens raisonnaient de la sorte, il est sûr était une preuve de son respect pour que le taureau dont j'ai parlé servait la maxime: Le sage n'opine jamais. à les réfuter: mais d'ailleurs, il faut (E) Sa secte ne dura que peu de convenir qu'ils employaient un argu- temps. ] Cicéron en parle comme ment très-infirme; car les sceptiques d'une secte dont les dogmes avaient ne niaient pas, que, selon les appa- disparu: Sententiœ...Aristonis, rences, il n'y eût de la distinction Pyrrhonis, Herilli, nonnullorumque entre les mâles et les femelles, ils soute- aliorum evanuerunt (19). Sn^e, dit-il nalent seulement, qu'on ne savait pas ailleurs (ao), Arislotelem et Theo- si leur nature était telle qu'elle parais- phrastum...sequuti sunt, siue...etiam sait. Or il ne sert de rien d'alléguer Aristonis difficileni atque arduani, contre cela l'existence de ce taureau, sed jam tamen fractam et convictam Ne pouvaient-ils pas répondre: Nous sectam sequuti sunt. Il était bien dif- ne saisons pas si en ejfet il est pouri^u ficile que des sentimens aussi outrés de matrice; ce n'est peut-être qu'une que les siens fissent fortune: il ne apparence.'' Ariston demanda un jour à mettait de la différence qu'entre le nn acataleptique: f^ous ne t'ojes donc vice et la vertu: « les autres choses, pointcethommeopulent,quiest assis au- >, disait-il, ne valent pas mieux et ne près deuous?]Von,répondYa{\tre. Qui «méritent pas mieux d'être souhai- ^-OMS a creué les yeux, reprit Ariston j, tées les unes que les autres. » H^s (17)? C'était se défendre puérilement, contrarius Aristo Chius prœfractus, puisque le dogme de l'incompréhen- ferreus, nihil bonum nisi quod rectum sibilité ne suppose pas que Ion soit atque ho nestum est (21). 11 allait plus liosi'S itaient frappe mes jeux; mais néanmoins,je d'être souhaitées, encore qu'elles ne ne comprends pas certainement si cet servissent pas à l'acquisition du souve- hornme On des stoïques cipalement à celui-ci: Le sage n'opine Persée, qui, pour le combattre là- (.9) Cicero Tu.0.,1., '-*•/. ÎJÇ- ^^^- comprends pas certainement si cet servissent pas a 1 acquisition au souvt- 'ime existe, ni quelle est sa nature, ^ain bien. Il n'y avait gi^ère de jusa observé, qu'entre les dogmes t^sse dans ce d,ogme, mais enfin il stoïques, Ariston s'attacha prin- ^i^{i moins rebutant que celui d'A- ARISÏON. 349 car qui peut comprendre autre philosophe péripate'tîcien, qui riston