SigPhi · Pierre Bayle

Dictionnaire historique et critique (Tome 2)

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res, ils me feindraient volontiers en- voyé de là mesmes, pour plaider con- tre eux. L'expérience lui montra, et nous montre encore aujourd'hui, qu'il avait tort de se croire à couvert de l'imposture^ car, outre les écrivains que j'ai cités, il s'est trouvé depuis peu deux nouveaux accusateurs. Le premier est le père Hazart, le second ne s'est donné qu'un faux nom (6) j mais il a produit une lettre d'un gentil- homme nommé M. d'Heucourt(7), qui atteste que le père de M. Arnauld, doc- teur de Sorbonne, est né et mort hu- guenot. J'ai raison de dire que le père Hazart a renouvelé l'accusation, car voici ses paroles: La rétractation de M. Dupleix ne m'incommode point, ni ne me ravit la liberté de prendre son (6) Celui de Sainte-Foi, dans les Avis impor- tans à M. Arnauld sur le projet d'une nouvelle Bibliotliéque d'auteurs janscuistes C'est une lettre datée de Paris le a8 de septembre ilf)!.

(■j) C'est ainsi qu'il faut dire, cl non pas Reu- cour, comme dans l'imprimé.

ARNAULD. 395 premier sentiment pour le fils légitime Le public a vu cela dans le jour- de sa meilleure connaissance, et le nal de M. Basnagc (12), et dans un second pour celui de sa complaisance livre qui a paru depuis la première- pour la parenté du sieur Arnauld, qui impression de cet article • je veux dire était lors d^un suffisant crédit pourga- dans l'Histoire abn'ge'e de la Vie et des gner ou obliger un auteur a quelque Ouvrages de M. Arnauld. Voici de " ' " quelle hauteur celui qui l'a composé a traité cela dans les pages 17 et 18. On ne s'amuse point à réfuter ici l'impertinent auteur d'un Avis important à M. Arnauld, etc., oii l'on produit l'extrait d'une prétendue lettre de M. le marquis d'Heucourt, pour prouver que M. Arnauld était né cal- l'inistc, aussi-bien que son père- Tout cela n'est qu'imposture. On a en main, non-seulement l'extrait du baptistère, que ce donneur d'avis désirait que l'on produisît, mais encore un désaveu en chose de cette nature (8). On lui a répondu qu'il faut avoir l'esprit très- mal fait « pour préférer ce qu'un M historien reconnaît avoir dit sur de » mauvaises instructions à ce qu'il » assure comme constant et indubita- » ble, étant mieux informé. S'il y 3) avait bien des gens d'un si méchant ') caractère, le mal qu'aurait fait un » historien, en publiant sur de mau- » vais mémoires des faussetés préjudi- ^> ciables à l'honneur du prochain, i> serait irréparable, puisqu'il aurait M beau se rétracter (9): » on se re- Jorme de la main de ce marquis, daté trancherait dans la réponse du père Hazart. f^oila cependant, conclut-on, M, Dupleix bien récompensé d'at-'oir de Bronton, près de Londres, le \5jiS mai 1693,où il déclare qu'il ne sait ce que c'est, que la lettre ne fut été si partial pour les jésuites dans son jamais de lui, et que c'est une pièce histoire. Ils lui font bien de l'honneur, en voulant qu'il ait eu si peu de con- science, que n'ayant rien dit que de frai, lorsqu'il avait assuré que l'avo- cat qui avait plaidé contre eux était religionnaire, il s'en soit rétracté en mentant par complaisance. Je ne sache point (10) qu'on ait répondu à la sommation * de celui qui a publié la lettre de M. d'Heucourt. La sommation était néanmoins pressante, car voici les termes dont on se servait en par- lant à M. Arnauld: Cette lettre, mon- sieur, dont on m'a remis l'original pour vous l'envoyer, demande absolument que vous produisiez votre baptistère; car ce ne sont plus les jésuites vos ennemis, qui vous reprochent d'être né huguenot. Mais on n'a pas laissé de confondre celui qui a fait imprimer la lettre, puisqu'on a informé le public (11) que M. d'Heucourt la désavouait.

(S) Voyei le IV«. Faclnin pour les petits-ne- veux de Jaosénins, pag. 20.

(9) L'a même.

(10) On écrit ceci l'an i6g4- * Le Baptistère ayant été imprimé i la page 4 de la Justification de M. Arnauld, docteur, etc., 17OÎ, Leclerc reproche à Bayle d'avoir dit qu'on n'avait point répondu à la sommation. Bayle avertit lui-même dans sa remarque, note (10), qu'il écrit en 1694. La seconde édition est de 1702, et 1 impression en était avancée, peut-être même achevée, quand parut la Justification; Bayle ne pouvait donc en parler.

(11) Dans /'Histoire des Ouvrages des Savans, mois de novembre 1692» pig. '34.

malicieusement et faussement compO' sée. Je trouve infiniment probable qu'un des frères de notre Arnauld l'a- vocat se fit huguenot (iS); car une personne, qui pouvait bien le savoir, m'a écrit que madame de Feuquiè- res (i4), et madame d'Heucourt sa sœur, qui, du côté paternel, étaient nièces de cet avocat, ont été de la reli- gion jusqu'à leur mort. La même personne m'a écrit qu'IsAAC Arnauld, ministre de la Rochelle, et auteur d'un livre intitulé Mépris du monde, était de la même famille que M. Ar- nauld. Cet ouvrage a été imprimé plus d'une fois • car l'édition de Rouen, en iGS^, porte qu'il a été revu, corrigé et augmenté de trois traités par l'auteur: savoir, Résolu- tions vertueuses; de l'Obéissance due au roi; Méditation sur la vieillesse *. (E) Il eut de son mariage vingt- deux enfans. ] L'aîné s'appelait Ro- bert. C'est celui qui s'est rendu si cé- lèbre sous le nomd'ARNAULD d'Andilli: (12) C'est-a-dire, dans /'Histoire des Ouvrages des Savans. Voyez la citation précédente.

(i3) Voyez la remarque (A), de l'article dr (Samuel) Durant.

fi4) Femme de celui qui fut battu dcvan: Thionville.

* Bayle donne la remarque (A) de son articlr Durant comme pouv,int se joindre ici. Voye- (i-drssus sa note (i3). Leclerc croit que Bayle a commis quelque erreur dans sa généalogie de li famille Arnauld.

396 ARNAULD.

voyez l'article suivant. Le second est perpétuelle de Port-Royal-des-Champs, mort evtque d'Angers, au mois de reforma cette abbaye sur le pied de juin 1692. Il s'appelait Hemri Ar- la reforme de Clairvaux, et la rendit HACLD *', et s'était fait fort estimer e'iective et triennale. Cinq de ses sous le nom de l'abbé de Saint-Nico- sœurs, avec leur mère, se firent relas, avant que de parvenir à la mitre, ligieuses dans ce couvent, et y ont Etant à Rome, il sauva par son adresse mené' jusqu'à la mort une vie trèset par son courage l'honneur et les austère (i6j.

biens des Barberins, contre les entre- Notez que dans l'Abre'gé de la vie prises des créatures et des parens d'In- de M. Arnauld, page 20, on assure, nocent X. Le prince de Palestrine, et i°. qu'il était le vingtième et le derles cartlinaux François, Antoine, et nier des enfans d'Antoine Arnauld, Charles Barberin, firent, par recon- et de Catherine Marion. Cela ne s'acnaissance, non - seulement frapper sa corde pas avec le mémoire que j'ai médaille et tirer son portrait, dont cité (17), qui leur en donne vingt et ils remplirent toutes leurs maisons; deut^ 2°. que lorsque le père de tant mais ils lui érigèrent aussi une statue d'enfans décéda, il n'en restait plus dans leur palais de Rome, avec un vers que dix, quatre garçons et six filles. que Fortunat *" avait composé pour (P) Une de ses filles réforma l'ab' saintGrégoirede Tours (i5),Ilestmort haye de Port- Royal. "^ Le nom de en odeur de sainteté à Angers, dans Port-Royal fait tant de bruit, et les son diocèse, d'où il n'était jamais sorti Arnauld sont si mêlés là-dedans, et depuis près de quarante-quatre ans tout cela est si peu connu en détail, qu'il étaitévéque*'.CATHERiNEARNAcLD, qu on peut être très-assuré que les cul'aînée des filles d'Antoine, fut ma- rieux liront avec joie ce qu'on pourra riée à M. le Maître, conseiller du roi et leur apprendre de particulier sur ce maître des comptes à Paris, dont elle sujet. J'ai donc cru que je ferais plaieut Antoine le Maître, fameux avocat, sir à mon lecteur, si je transportais et Isaac le Maître de Sacy, connu par dans mon livre ce que j'ai lu dans un sa traduction de la Bible, par celle de Factum (18). Ces sortes d'écrits sont l'Imitation de Jésus-Christ, par la Vie ordinairement inconnus à une inûnide dom Barthélemi des Martyrs, et té de gens (19).

par ses Poésies sacrées. Angélique Ar- << Port-Royal est originairement un NAULD, autre fille d'Antoine, abbesse " monastère de religieuses bernardi- « nés, à six lieues de Paris. Une des *; Ce Henri avait d'abord été avocat, dit „ s^urs de M. d'Andilli en fut faite Licclerc Un trouve ilansle tom. II des jl/e/noiref ri. j de tiue'raiure du père Desmolets, un Mémoire " abbesse au Commencement de ce sur la vie et sur la mort de feu messire Henri » siècle, n'ayant que onze ans. C'était » commun, dont Dieu a tiré un » grand bien. Car, dès l'âge de dix- 11 sept ans. Dieu lui donna une si )) forte pensée de réformer son ab- » baye, quoiqu'il n'y en eftt aucune, )) ni d'hommes, ni de filles, qui fût » réformée dans tout l'ordre de Cî- » teaux, qu'elle l'entreprit, et en vint » à bout avec assez de facilité, tant » Dieu donna de bénédictions à ses j) bons desseins. Elle en bannit toute )) propriété, toutes ses religieuses à Leclerc nie IVxistence de la médaille: il se fonde sur ce que, dix-sept ans plus tard, l'abbé Faydit ayant, à la tête d'un poëme latin de sa composition, fait graver les armes de M. de Pom- pone, y mit pour inscription: Alpibiis arvernis en mens mons altior ipsis, Ménage et les gens de lettres qui assistèrent à ses mercuriales regardèrent l'application de ce vers comme une pensée toute neuve. Du reste Linagc de Vauciennes, qui publia «n 16781e Dif- férend des 'Barberins avec le pape Innocent X, dit que « les Barberins ne furent pas satisfaits d'Arnauli). » (i5) Le voici: Alpibus Arvernis veniens mons allior ipsis. £.es Barherint fairaienl allusion aux armes et à la patrie des Arnauld. Cette famille est d'Au- vergne, et porte pour armes une montagne. Mé- moire du Mercure Galant, dpcemhre itig3.

*^ Il n'avait pas ciuaranle-quatre ans d'épis- cnpat, dit Ledcrc, puisque nommé en janvier 1649, sacre en iG5o, il est mort en i6()2. Il était .sorti une seule fois de son diocèse, pour aller à Thouars travailler à de Tarente.

(16) Tiré du même Mémoire. {17) C'est celui qui a été inséré dans le Mercure Galant, au mois de décembre i6g3.

(18) C'est le 1V«. pour les petits-neveux de Jansénius, contre le père Hazart.

(19) Depuis la première impression de cet ar- ticle, les factums pour les petits- neveux de à ramener à l'Eglise le prince Jansénius ont été insérés dans le Vlll^. vol. de la Morale praticjue des Jéjuiles.

ARNAULD.

ARNAULD.

» son exemple ayant mis en commun j> ce qu'elles avaient en particulier. j> Elle y établit une exacte clôture, » l'abstinence perpétuelle, l'office de j) la nuit, les jeAnes, le travail, le 3) silence, selon la règle de saint 5> Benoît. Et c'a été cette odeur de » sainteté, comme le parfum de l'é- j) poux, qui a attiré dans cette mai- 3> son ses sœurs, et ses nièces, et sa » mère même, chacune en leur temps. J) Le dessein d'une si parfaite réforme, » si courageusement entrepris et si ■» heureusement exécuté, la mit en 3) une si grande estime dans l'ordre, ■» qu'elle fut choisie n'ayant que vingt- )) sept ou vingt-huit ans, pour réfor- î) mer la célèbi'e abbaye de Maubuis- )) son. Elle y passa quatre ou cinq » ans, ce qui l'obligea de laisser à sa » sœur, qu'on a depuis appelée la » Mère Agnes, la conduite de sa ■>) maison de Port-Pioyal, en qualité de »» coadjutrice. Ce fut en ce temps-là, j) et pendant qu'elle était à Maubuis- » son, qu'elle vit saint François de }) Sales, qui était venu à Paris, pour » y établir une maison de la Visitation. 3) Elle le lit prier de la venir voir, et j) se mit sous sa conduite, et on peut » voir par les lettres de ce saint l'es- » time qu'il faisait de sa chère fille » l'abbesse de Port-Royal. » L'auteur du factum ajoute que la veuve d'Antoine Arnauld, mère de cette abbesse, eut une forte inspira- tion de se faire religieuse, sous la conduite de sa fille; et que comme Dieu lui donna ce désir dans le même temps que l'on avait conseillé à l'ab- besse de transférer son monastère des Champs à Paris, « elle acheta dans « le faubourg Saint-Jacques une mai- » son et un jardin fort beaux et fort M grands, qu'elle donna à l'abbesse, » couvent, et religieuses de Port- j) Royal, pour y faire leur établisse- M ment, comme elles le tirent en ef- » fet, ayant mis la maison de Paris, » avec une très-grande dépense, en 3) l'état où elle est maintenant, par la » bénédiction qu'il a plu à Dieu de » donner à leur charité et à leur dés- » intéressement. Ce fut là que cette » heurouse mère de tant de pieux en- » fans prit sa fille pour sa mère, en 3> se consacrant à Dieu par la pro- )) fession religieuse, pour vivre sous » SA discipline: ce qu'ayant fait pen- » dant quatorze ou quinze ans, avec )) une ferveur et une humilité très- )) édifiante, elle eut la consolation, » avant que de mourir, de donner sa » bénédiction à ses sis filles, et à ses » six petites-filles, qui étaient toutes )) dans le monastère, et qui y ont » toutes été religieuses, hors une qui » est morte jeune y étant pension- D naire. » Enfin, on voit dans ce fac- tum, que l'abbesse de Port ■ Royal était titulaire perpétuelle, et une de ses sœurs coadjutrice; mais que l'une et l'autre, n'ayant en fue que le plus grand bien de leur maison, voulurent bien quitter leur titre, pour y établir l'élection triennale. M. d'Andilli ob- tint du roi la permission nécessaire, quoique cela lui enlevât les moyens de retenir toujours cette abbaye dans sa famille. Joignez à ceci ce que nous di- rons dans son article.

( G ) On a eu grand tort de lui im- puter une apologie de Phalaris.J; Les paroles du père Abram, que je vais copier, se rapportent visiblement à notre Arnauld. De Phalaridis Agri- gentorum tyranni immani crudelitate superi^acaneum J'uerit dicere, citm et pleni sunt aliorum libri, et ipse se ne- farium, immanem, et sccleratissimum in epistolis scepè J'alealur. Unus in- t^enlus est Arnaldus, qui non ita pri- dem, orationem dicam an nugas? de ejus laude conscripserit: uidelicet ex eodem calamo Phalaridis Apuleiique laudatio et societatis nostrœ criminatio manauit, ut quibus se similem esse mallet, liquidiùs ostenderet ( 20 ). La méprise est lourde; car celui qui fit le discours pour Phalaris est un Ar- naud provençal. Voyez la remarque ( M ) de l'article d'EpiccRE.

(30) Abramns, in Ciceron., Orat., tom. I, pag. 8o3.

ARNAULD D'ANDILLI (Ro- bert), fils aîné du précédent, a été une personne de grand mé- rite. Voyez son éloge dans le Dictionnaire de Moréri, et dans les hommes illustres de M. Per- rault. 11 épousa mademoiselle de la Bodrerie, fille de celui qui a été si long-temps ambassadeur en Angleterre, et petite - fille 398 ARNAULD.

d'une sœur du chancelier de Sil- à M, Arnauld le docteur, ils in- leri. De ce xiiariage sortirent diquèrent une autre personne, cinq filles, toutes religieuses à savoir Arnauld d'Andilli, com- Port-Royal (dont l'aînée, sœur me on s'en est enfin expliqué Angélique de saint Jean, a passé fort nettement (c). Mais l'auteur pour un prodige d'esprit, de sa- des factums des petits-neveux de voir, et de vertu ), et trois fils. Jansénius a fait voir par de so- L'aîné est M. l'abbé Arnauld, lides raisons, que cette seconde abbé commanda taire de Chômes, application des deux A. A. était (a) qui, ayant porté les armes absurde (B). M. d'Andilli se re- long-temps pour le service du tira au couvent de Port-Royal, roi, dans le régiment d'Isaac Ar— en 1644 (C), et y a passé le reste nauld son cousin, mestre-de- de ses jours dans une application camp des carabins, se retira continuelle à des ouvrages de auprès de M. l'évêque d'Angers piété. Il y composa beaucoup de son oncle. Le second est Henri livres {d), que le public a reçus Arnauld, sieur de Luzancy, qui favorablement, et qui sont en a passé sa vie dans la solitude, telle quantité, qu on en a impri- Le troisième est Simon Arnauld me huit volumes in-folio (e). Il y marquis de Pompone, ci-devant mourut le 2'j de septembre 1674? ministre et secrétaire d'état, et dans la quatre-vingt-sixième an- à présent encore ministre d'état, née de son âge (J). connu par ses ambassades de II avait perdu sa femme, Hollande et de Suède (b). M. Ar- l'an 1637, et il est bon de savoir nauld d'Andilli fut mis de bonne la réflexion de Balzac sur cette heure dans le grand monde. Il y perte (D).

a eu divers emplois qui l'atta-,^-^ ^^„^;„ Réponse du père Hazart, chaient à la cour, et à la suite au factum des petits-neveux de Janse'nius.

du feu roi, et il ne se laissa f^oye^JeurlW^ kctum pajl^.

point corrompre au mauvais air ^^^^ /e Journal des Savans, du 9 deseptemque l'on y respire (A). On peut Are 1675.

voir dans le recueil de ses lettres.}$ ^^V''^^ "r™"' ''^"*""' ''"*' '^*^' -, édition de Hollande.

le difterent qu il eut avec le pre- (y^ Moréri, pag. 346.

sident de Grammond, qui avait,., „,.,. -, parle de lui dans son histoire la- ^^J^^ >| ^^.^ ^^ ^^ ^^,./^ ^^.^^ ^^,. tine autrement qu il ne devait, rompre au mawais air que l'on y res- Ceux qui forgèrent le roman de pire. ] C'était « l'un des hommes de l'assemblée de Bourg-Fontaine, " F^n" qui a eu pendant toute sa T,., ^,?.. i A » Vie à la cour, a Pans, et dans les désignèrent par les lettres A. A. ^^ provinces, une réputation mieux l'un des prétendus complices du „ établie *, et plus généralement re- dessein que l'on suppose qui y.^^^^^_^^,^^,^^, ^^^^^^^^ i„,,,ée a-abora fut pris d introduire le déisme; âansUs Nouvelles delà Ee'pubUque des LeUres, . 1 •! • A 1„4. avril inoi. et aiii se retrouve, boit dans les ediet quand ils virent que ces let-,V„', dés lV«rfeBa,i.,soi't dans les 0£«.r« très ne pouvaient pas convenir diverses S^Barle, Oe^Uatieaun, sut Utemo,- *■ -T gnage de Duliois d'Annemelz, pa;;e et favori du ., -, ^ duc d'Orléans, peint Arnauld d'Andilli soas de (a) // est mort au mois defei>rier ibgg. ^-^^^ y.laines couleurs. Le père Bougerel écrivit (i) Tiré du Me'moire inséré dans le Mer- à ce sujet une lettre à des Maizeaux; il y prend cure Galant, au mais de décembre iCigS. vigoureusement la défense d'Arnauld. Des M««- ARNAULD.

/« pour sou- » il y a plus de cinquante ans, un au- tenir le personnage qu'on fait jouer a » teur célèbre, qu'il ne rougissait tous les auteurs de la fable de Bourg- » point des vertus chrétiennes, et ne I^ontaine. Il savait de la religion ce tirait point de vanité des morales h. qu un homme de grand esprit en peut Voilà ce qu'on trouve dans le IV* fac- tum des petits-neveux de Janse'nius ( I ). On y trouve aussi ( a ), « qu'a- » vant même qu'il eût quitte' le mon- )• de, et lorsqu'il était à la cour, il a » voulu que tout ce qu'il avait de gé- nie pour les vers ne fût consacré apprendre par le catéchisme, par les livres de piété, par la conversation avec des personnes fort saintes, en lisant la parole de Dieu et l'entendant prêcher; mais moins il savait ce qu'on en enseigne dans l'école, plus il était incapable déformer des doutes sur la » qu'à la gloire de son Sauveur, et à vérité de nos mystères (7), parce qu'il » faire goûter les vérités chrétien- s'était accoutumé de bonne heure à » nés; car il ne s'était point encore captiver son esprit sous l'autorité di- » retiré, quand il a fait son poè'me » de la vie de Jésus-Christ (3), et ses » stances sur les plus belles et les plus )> édiûantes vérités de notre reli- » giou vine, qui nous est manifestée par l'E- glise, et que jamais personne n'a été plus éloigné de chicaner avec Dieu, et de vouloir comprendre par la raison faible et superbe ce que l'on se doit (B) On a fait voir que l'appli- contenter de croire par une humble cation qu'on lui faisait des deux A. ^., f pour le faire membre de l'assemblée de Bourg-Fontaine, était absurde.} Je ne rapporterai pas toutes les rai- sons qu'on a alléguées pour le mon- trer, je dirai seulement qu'on a ob- servé, entre autres choses, qu'il était de tous les voyages que le roi Louis XIII faisait toutes les années, avant et après le temps de l'assemblée chi- mérique de Bourg-Fontaine (4), pour dompter ceux de ses sujets que leur fausse religion avait engagés dans la révolte (5). Ce lui était une occasion, ajoute-t-on (6), d'avoir plus de zèle pour la religion catholique, par l'a- version que ces sortes de guerres font avoir de Vhcrésie; mais ce n'était pas zeaux, frappé des raisons da père Bougerel, en- voya sa lettre aux rédacteurs d'un journal, et y joignit un petit billet dans lequel il reconnaît avoir eu tort. Jordan, qui dans son yoragc liUéraire, pag. 120, loue des Maizeaux de s'être retracté, et Joly qui copie Jordan en le citant, n'indiquent ni l'un ni l'autre ou l'on peut trouver la lettre de Bougerel et le billet de des Maizeaux. La Bibliothèque historique de la France ne mentionne pas même ces deux pièces, qui sont imprimées àaosln Bibliothe'que raisonne'e des Ouvrages des Savans, tom. V, pag. 356, et tome VI, pag. 71.

(3) Forez ci-dessOHs la remarque (C), citation (g).

(4) Ce temps est Vannée 1621.

(5l IV». Factura des petits-neveux de Jansé- nius, pag. 18. (6) Lit même.

(C) Il se retira dans le couvent de Port-Royal.] Continuons à citer le IVe. Factura. « Ce fut à Port-Royal » des Champs qu'il se retira l'an 1644, » où ses neveux, M. le Maître l'avocat, » et un de ses frères, qui était d'épée, » s'étaient retirés ily avait cinq ou six » ans, lorsqu'il n'y avait point encore )) de religieuses. Car ce ne fut qu'en » 1648, que la maison de Paris obtint » de M. l'archevêque d'envoyer une » partie des religieuses à leur maison ') di's Champs. » C'est à mon lecteur à choisir entre l'auteur de ce factum et M. Richelet (8), qui ne donne poui' lieu de retraite à M. Arnauld d'An- dilli que sa maison de Pompone: je me contente de mettre de front ces deux diverses autorités*, et je rap- porte d'autant plus agréablement ce que l'on va lire, que l'on y trouve quelques-unes de ces choses particu- lières concernant la vie des grands (7) Ces paroles sont très-notables, et confir- ment ce que plusieurs soupçonnent, qu'il r^y a guère de gens moins persuadés que ceux qui emploient le plus de temps à disputer et à en- seigner dans les écoles.

(8) Voyez le jugement qu'il fait de M. Ar- nauld d'Audilli a la tête du recueil des Lettres, qu'il a publié, pag. 10, édition d'Amsterdam * Leclerc dit qu'Arnauld, retiré en 1644.'1 Port-Royal des Cbamps, y resta jusqu'en 1664 ou environ. Il alla.ilors à sa terre de Pompone oit iiicliclet le vit en 1667. Il se retira dans la suite \ Port-Royal el y Cuit ses jour».

4oo ARNAULD.

(D) // perdit sa femme en 1637- f^oici la réflexion de Balzac sur cette perte.'^ Ce qu'il écrivit là-dessus fait beaucoup d'honneur à notre Robert Arnauld, et à sa famille. « La nouvelle » de la mort de madame d'Andilli » m'a touché sensiblement. Je prends » part à tous les bons et'mauvais suc- » ces d'une famille qui doit être chère « à la France, et qui est née pour la » gloire du nom français. Mais je X plains particulièrement notre ami » qui, n'ayant jamais eu de passion ') défendue, perd en sa femme toutes » ses maîtresses et tous ses plaisirs. » Il est néanmoins si savant en la » doctrine chrétienne, et a tant de » sa vans de sa race à l'entour de lui, M qu'il n'a pas besoin de la philoso- » phiestoïque, ni d'aucun autre se- » cours étranger, pour se défendre )) contre les attaques de la fortune. )< Tout raisonne, tout prêche, tout 5) persuade, en celte maison, et un » Arnauld vaut une douzaine d'Epic- » tètes (il)."

(i j) Balzac, lellre XIX du II'. livre à Chape- lain, datée du 14 d'août 1687, pag. 82.

ARNAULD (Antoine), docteur de Sorbonne, fils d'Antoine Ar- nauld l'avocat (A), naquit à Pa- ris le 6 de février 161 2, le ving- tième enfant du mariage de son père avec Catherine Marion. Il fit ses humanités et son cours de agnê, et surtout à cul- philosophie dans le collège de ■bres II lui venait de si (. j ■,. ^^ -^ -j commença s, qu il en envoyait tous,,,,. ^,. ' • j • •^,..-'...d étudier la jurisprudence; mais il fut bientôt retiré de cette étude, et déterminé à la théolo- gie, par les soins de sa mère se- condée par l'abbé deSaint-Cyran. 'tare des arbres, est attestée par Après cette détermination, il se M. Perrault, dans ses Hommes illus- ^^[^ Jj étudier dans le collège de très, à la page i43 de l'édition de Sorbonne (Z/), et prit le traité de personnages > desquelles tant de gens sont si curieux. « Arnaud d'Andilli...}) servit vingt ans le roi et l'état. On J) lui donna pour récompense de ses » services huit mille livres de pension, i) quifurent réduites à six: avec cela, J) il se retira à Porapone, village J) à 7 ou 8 lieues de Paris. Là, s'étant J) détrompé des vanités du monde, }) et menant une vie véritablement 3) chrétienne, il composa plusieurs i) ouvrages. Ses lettres, le poème sur » la vie de Jésus- Christ (9). •. Josephe, J) de l'IJistoire des Juijs, les œuvres » de sainte Thérèse, et celles de Da- j) vila, sont les fruits de sa solitude...3> La meilleure de ses traductions est J, celle de Josephe (10). Un jour que 3, Richelet l'alla voir à Pompone, 3) qu'il n'y avait pas long-temps qu'elle 5) était publiée, la conversation, en Si suite de quelques discours, tomba 3) sur la manière dont les auteurs 3) travaillaient. Comme il savait que 3) Richelet connaissait particulière- 3) ment le célèbre d'Ablancourt, il lui » demanda combien de fois cet ex- 3) cellent homme retouchait chaque » ouvrage qu'il donnait au public: 3) Six fois, répondit Richelet: Et moi, •j> lui répliqua M. Arnauld, /ai refait V dix fois l'Histoire de Josephe; j'en 3) ai châtié le style avec soin, et l'ai 3) beaucoup plus coupé que celui de 3) mes autres oeuvres. Arnauld d'An- 3) dilli...dans sa retraite, après 7 ou 3) 8 heures d'étude chaque jour, se 3) divertissait à prendre les plaisirs 3) de la camp 3) tiver ses ar 3) les ans à la reine Anne d'Autriche j 3) et cette princesse les trouvait si à 3> son goût, que dans le temps elle ■n demandait qu'on lui en servît. » Cette application au jardinage, et à philosopher profondément sur la na (g) Cela est contraire à ce qui a été dit ci- dessus dans la remarque (A), citation Ci).

(10) Les critiques y trouvent beaucoup de fautes. Voyez les Sentiment de quelques ihéo- losicns de Hollande. J\ii ouï dire que M. le Moyne fut prié par les amis de M. rf'Andilli de marquer les endroits oît il croyait que le traduc- teur se serait trompé, et qu'il s'en excusa, crainte d'en marquer trop.

la Grâce sous M. l'Escot. Comme il ne trouva point conformes à la doctrine de saint Paul les leçons (a) Il ne subsiste pins, les nouveaux édi- Jîces de Sorbonne ayant été élevés sur ses ruines.

ARNAULD. 4oi