donc proprement dans le béguinage de Delft qu'est né le jansénisme de Hollande, t^ers l'an 1689.
(129) Histoire abrégée de M. Arnauld, pag.
(i3o) /nliiuir Mémoire touchant le PrORrès du Jansénisme en Hollande.
ARNGRIMUS, savant hom- me, natif d'Islande. Cherchez JONAS.
ARNISiEUS(HENNiNGUs), natif d'Halberstad, et professeur en médecine dans l'académie deHel- mstad, a été un philosophe et un médecin fort estimé vers le commencement du XVI F. siècle. On fait beaucoup de cas de ses ouvrages de politique, oii il éta- blit un dogme directement op- posé à celui d'Allhusius (A). H fut appelé en Daneinarck, et s'y transporta, et y eut le grade de ARNTS^US. conseiller et de médecin du roi (a). L'académie de Helmstad per- dit beaucoup par cette retraite (B). On a débité faussement qu'il fut professeur à lëne (C), et qu'il laissa sa bibliothèque à l'académie de ce lieu-là. On aurait pu dire, sans se tromper, qu'il fit des leçons dans l'acadé- mie de Francfort-sur-l'Oder, avant que d'en faire dans celle de Helmstad (b). Il avait voyagé en France et en Angleterre (c). Il mourut au mois de novem- bre i635 (d). Je donne les titres de plusieurs de ses ouvrages (D).
(a) Witte, in Diario Bio^. ad anit. l635. (i) ArniscEUS, prœf. lib. de Jure Majestatis. (c) Idem, ibid.
{d) Witte, Diarium Biograph. ad an- iiHm i635.
(A) // établit dans ses ouvrages de politique un dogme directement op- posé à celui d'Allhusius (i). ] Car il soutenait que l'antorité des prin- ces ne doit jamais être violée par le peuple. Voyez son livre de Auihori- tate Principum in Populum seniper inuiolabili, imprimé à Francfort, l'an 1613. Voyez aussi ses trois livres de Jure Majestatis, imprimés au mê- me lieu, l'an 1610, et ses Releclio- nes Polit icœ, imprimées aussi à Francfort, l'an 161 5. 11 n'acheva point ce dernier ouvrage, qui d'ailleurs a paru très-beau. Opus prœclarum, sed imperfectum (2). Il a donné un ca- talogue de ceux qui ont soutenu que la souveraineté appartient au peu- ple, dogme qui, au jugement de Boeclerus, est très-pernicieux, et le pivot des rébellions: A fatah hoc et pestilenti errore suspensa est omnis illa rebellandi liccntia quam f^ariis l'OcabuUs prœscribunt (3). Boe- clerus ajoute que c'est une chose dé- plorable qu'il y ait de très-grands hommes dans cette liste ^ et il mar- (2) Bosius, de ComparanJâ Priidentiâ civill, (3) Borclerus in f'.rot. de Jure Belli el Pacj!, lib. I, c,ip. m, num. a, pas- ^ïGque les diffe'rentcâ passions qui les ont poussés de ce cote-là: Patronos et prœcones nej'ariœ phllnsnphiœ re- censuit Arnisaeus principio libri de Auctoritate Principum in Populiim setnper inviolabiii. Fuisse in illis magnns l'iros, dolendutn: quorum aliquns animus arro^ans, elatus, in- domitus, ad fingendam et pingen- dam libertatcm sloïco supercilio for- te impulerit: alios metus oppressio- nis et tyrannldis eo ei'ibraverit, ut potestatem ciuilem benc cnnslitutnm negnrtnt, nisi populo subjiciatur: non- nullis commentitiœ sapienllœ species placuerit, ut tali tanquani teiricula- menlo reges, né in tyrannidern eluberen' tur, retentatos cuperent (4)- Si Ton fai- sait un tel catalogue la présente année 1699, il serait beaucoup plus long; car le dogme de la supériorité du peu- ple est devenu à la mode depuis quel- que temps. Grotius loue beaucoup un ouvrage politique d'Arnis.-eus (5).
(B) L'académie de Helmstad per- dit beaucoup par la retraite d' Arni- sœus.'\ C'est ce que te'moigne Conrin- gius, qui le qualifie œternum Juliœ academiœ et incomparabile nrnamen- tum (6). f^ir incomparabilis, dit-il en un autre livre (7), à quo civilis philosophia in academiâ Juliâ ut ali- bi nusquam, fuit excidta, et simul imperii quoque ut aliarum rerumpu- blicaruni l'eterum recentiumque his- toria, etiamsi spantm quldem, ac- curatè tamen satis est inculcala..., illius in Daniam discessu simul ulrum- que hoc studiorum genus fuerit heic quasi cnnsepultum.
(C) On a débité faussement qu'il fut professeur à lène.] Cela se trou- ve dans une e'dition d'un écrit de Bosius de Comparandd Prudentid ci- vili. Mais cette e'dition fut désavoue'e par la veuve de Bosius. Voyez l'aver- tissement qu'elle fit mettre au-devant du même livre, quand elle le fit im- primer exempt des fautes qui le défi- guraient dans l'édition précédente.
(D) f^uici les titres de plusieurs de ses ouvrages. ] Outre les traités de po- litique dont j'ai déjà fait mention (8), (/,) Tdem,ibid.
(5) Grotius, de Imperio sumuiar. Potestat. circa sacra, cap. III, num. 8.
(6) CoDring., de civili Prudenlià, cap. XIV.
(7) Iilnn, in Dedicat. Exercilal. de Repub. Imperii German.
(8) Dans la remarque (k).
ARNOBE. 47.7 il fit un livre deSubjectione et Exemp- tione Clericorum; un autre de Potes- tate temporali Pontificis in principes y un autre de Trans/atione Imperii ro- mani; un autre de Republicd; un au- tre de Jure connubiorum (g); un au- tre qui a pour titre Doctriiui politica in genuinani methodum quœ est ylris- tolelis, reducta, et ex probatissimis quibusque philosnphis, oraloribus, jurisconsultis, historicis, etc., breui- ler comportata et explicata. J'ai vu cet ouvrage de l'édition d'Amsterdam, en 1643: il est très-docte et très-solide. Il écrivit aussi sur la médecine: ses Obser^'ationes aliquot anatomicœ fu- rent imprimées à Francfort, l'an i6io, iu-4"- Sa dispute de Lue uenered cog- noscendd et curandd, le fut à Oppen- lieira, en la même année, in-4° (lo). Je ne sais point la date de la première édition de ses Disquisiiinnes de parlas' humani legitimis terminis, ni de ses livres de Prœseri'atione h peste, de hydropum Essenlid cl Curatione, de Apoplexid et Epilepsid cognoscendis et curandis (n). Quant à ses écrits de philosophie, il faut savoir qu'il fit des Notes sur la Logique de Crellius j Epitome metaphysices ad mentem ^ristotelis, de Constltulione et par- tibus metaphysicœ; f^indicice pro Aristoiele de subjecto metaphysicœ et nnturd entis; Disputatlones vin metaphysicœ; Epitome doctrinœ physicœ.
(9) Vo\e%le Diarium Biograph. de Witte, ai (10) Voyei Lindenius reno%'atas, pag. Sgo.
(11) Witte, Diaram Biograph. ad ann. i635.
ARNOBE, professeur en rlié- torique à Sicca, dans la Numi- die, vers la fin du IIP. siècle, fut attiré par des songes à ia pro- fession du christianisme (a). II s'adressa aux évêques, pour leur demander son admission à l'E- glise: mais comme ils se souve- naient de la véhémence avec la- quelle il avait toujours combattu la vraie foi, ils se défièrent de lui; et avant que de l'admettre au nombre des catéchumènes, ils voulurent qu'il donnât des (a) Voyez la remarque (A).
preuves de ses bonnes intentions (A). Pour les satisfaire, il écrivit un ouvrage contre les gentils *, oii il réfuta très-fortement les absurdités de leur religion, et le ridicule de leurs faux dieux. Il y employa toutes les fleurs de sa l'hétorique, et y débita beau- coup de littérature; mais comme il avait une louable impatience d'être agrégé au corps des fidè- les, il se hâta un peu trop en composant son ouvrage (B): de là vient que l'ordre et la belle économie n'y paraissent pas avec toute la justesse qu'il serait à souhaiter. Le pis est que n'ayant pas une connaissance fort exacte de la vérité chrétienne, il débita des erreurs très-dangereuses (C). On ne sait point ce qu'il fit de- puis, ni en quel temps il mou- rut. Son ouvrage contient sept livres, et non pas huit, comme ou l'a cru pendant quelque temps (D). Il a été commenté par de savans hoiumes, et im- primé plusieurs fois (E).
* L'article que contient le Dictionnaire de Chaufepié, donne quelques remarques sur les sept livres Adverslis gentiles.
(A) Ai'ant que de l'admettre au nom- Irc des cathécumènes, les éi'éques l'oulurent qu'il donnât des preut^es de SCS bonnes intentions.'] C'est saint Jé- rôme qui nous apprend ces particula- rités. Arnohius, dit-il (i), rketor cla- ms in j4fricd habetur: qui quiim in ci- t'itale Aiccœ ad declamandum jui'enes erudiret, et adhuc eihnicus ad credu- iuateni somniis compelleretur, neque ab episcopo impetraret fuient quant stfmper impugnai'eral, elucuLrat^it ad- fei siis prislinaru reliqioneni luculen- tissimos lihros, et tandem i^elut quibus- dani obsidibus pietatis foedus impetra- l'it. Ou le ref^arda comme un ennemi qui voulait faire un traite de paix; mais, avant que de conclure, on vou- lut avoir des garans de l'observation (i) Hicronymiis, in CUronico Euscbii, ad aimuin 2, oljmp. Ï76.
OBE.
de sa parole. On lui demanda des ota- ges, il en donna: ce furent sept in- vectives contre les païens. Après cela il fut regarde' comme un bon frère, et il fut reçu à la paix de l'Eglise.
(B) Il se hdta un peu trop en com- posant son cuivrage. ] Commentons ce- ci par un passage de Baronius. Qund ce/ô opus illud, ut interjîdeles admit- teretur, quasi fidei suce uadem festi- nus absolvit; hinc plané est quôd in eo (ut ait Hieronymus) fuisse visus est inœqualis et nimius, et absque operis sui parlitione confusus. Rursùm wero quod nondùm plenè esset scientiâ re- runi chrislianarum imbutus, utpoîè cîim non soliim non fuerit baptismate illustratus, sed nec in Écclesiam inter cathecumenos acceptus (2); i^eniâ dig nus est, si aliquibus nœuis i^isus eit commentarius ille esse respersus (3).
(C) // débita des erreurs très-dange- reuses, j Nous venons de voir que Ba- ronius attribue l'hétérodoxie, qui se rencontre dans les sept livres d'Ar- nobe, à la précipitation avec laquelle ils furent écrits; car l'auteur ne put attendre à les faire qu'il eût eu le temps de se bien instruire de tous les points de la foi chrétienne. L'annaliste veut qu'on excuse les erreurs d'Arnobe: il les représente comme de petits dé- fauts; mais il est sûr que l'Inquisition ferait aujourd'hui brûler tous ceux qui débiteraient de telles doctrines. Je consens que l'on ait de l'indulgence pour la personne d'Arnobe; il n'en est pas moins vrai que ses sentimens sur l'origine de l'âme, et sur la cause du mal physique, et sur quelques autres matières capitales, sont très -perni- cieux. Je l'ai remarqué ailleurs (4). H aurait pu dire à l'égard de nos mystères ce que Perse avoue àl'égard de la poé- sie, qu'il se mêlait d'en parler avant que de les connaître: Nec Junte lahra prolui Cahallmo, JVec in bicipiti sommasse Parnasso Memini, ut repente sic poêla prodirem.
Tirliconidasi/ue, pallidamque Prrenen lUis remillo, quorum imagines lambunt Hederœ sequaces. Ipse semipaganus Ad sacra Valuni carmtn ajf'ero noslrum (5).
(2) M. du Pin n'est pas de ce sentiment. Il composa, dit-il, BiMioth. des Auteurs ecclés., lom- I, pag. ao3, lorsqu'il n'était encore que catécbuuiène, sept livres.
(4) Cvnstdici la Table de ce Dictionnaire, au mot Arnolie.
(5,! Tsisius, in Piologo.
ARNOBE.
Voici le jugement de M. du Pin. « Il » paraît qu'il n'était pas encore tout- » à-fait instruit des mystères de notre » religion. 11 attaque avec beaucoup » plus d'adresse la religion des païens, « qu'il ne défend celle des chrétiens. 3) 11 découvre plus heureusement la w folie du paganisme, qu'il ne prouve M solidement la vérité du christia- » nisme. Mais il ne faut pas s'en éton- M ner; car c'est l'ordinaire de tous les M nouveaux convertis, qui, étant ■n encore pleins de leur religion, en » connaissent mieux les défauts, et la M faiblesse, qu'ils ne savent les preu- » ves et l'excellence de celle qu'ils i) embrassent (6). » Je ne vois per- sonne qui parle aussi faiblement des erreurs d'Arnobe, que M. Cave. Il dit que peut-être ce sont des doctrines un peu éloignées de la vraie foi. Dogma- ta quœdani habel forsan minus calho- lica, quœhomini è gentilium tenebris recens eruinpenli et noiidùm chrislianœ Jidei elementis salis instructo condo- nanda sunt (7). C'est pousser la tolé- rance beaucoup plus loin qu'on ne l'a fait dans la préface de l'édition de Leyde en i65i, où l'on se contente de dire qu'Arnobe s'écarte un peu de l'orthodoxie. Aliis in locis a weritate chrisiiand nounihil recedit, sed hoc coiidonandum illi qui ex Etlinicismi tenebris recens ad weritatem christ ia- nam perfenerat. Idem huic autori euenit, quod iis solet, qui ex carcere tenebricoso in lucem perducti i'isutn adhuc dubium habent (8). Encore un coup, excusons ce père; mais ne soyons pas assez simples, pour quali- fier obligeamment petites erreurs les dogmes qu'il a débités. Ils méritent, quand on les considère en eux-mêmes, tous les mêmes titres qu'on leur don- nerait aujourd'hui, si quelque docteur ture selon les lieux et les temps: elle est une monstrueuse hérésie, selon le sujet où elle se trouve, et selon le siè- cle oit elle règne. On l'oit des preuves de cette iniquité de AI. Jurieu dans toutes ses disputes contre les sectaires d'aujourdhui, auxquels il ne pardonne rien, pendant qu'il porte l indulgence et la tolérance pour lespèresjusqu'à un excès prodigieux (9). Le respect, que nous ai'ons pour les personnes, ne doit pas nous faire respecter leurs er- reurs, quand elles sont capitales. Dans une semblable occasion, on doit ap- peler scapham scapham, et ligonem ligonera. M. Jurieu veut bien excuser les erreurs d'Origène, à cause de son grand zèle j mais si cpielqu'un nous venait aujourd'hui débiter les rêve- ries de cet ancien, M. Jurieu ne se croirait obligé à aucun support. Si ces rêveries sont des hérésies et des impié- tés, qui changent l'enfer en un purga- toire, et qui anéantissent par ce moyen la crainte des peines éternelles, et la crainte de Dieu, pourquoi les doit - on supporter dans Origène? (10). La mollesse avec laquelle M. Jurieu parle des erreurs de saint Hilaire et de saint Jérôme, n'est assurément pas édifiante. Il les excuse, et dit que ce sont des bévues et des négligences. Mais si un théologien de ce siècle s'allait mettre dans l'esprit de soutenir les mêmes opinions, M. Jurieu se croirait obligé de les appeler des extravagances et des impiétés. Quelle iniquité criante! Les mêmes choses, qui sont des extra' vagances et des impiétés dans notre siècle, ne sont que des bévues et des négligences excusables au //^*. siè- cle. Pourquoi cela (11)? Cet auteur prétend connaître la source de ce double poids. Écoutons - le encore. M. Jurieu leur pardonne, connue des les avançait. Il faut convenir sans chi- fautes fort légères et fort minces, des cane, qu'un auteur moderne avait erreurs qui, dans les gens de notre fait là-dessus de bonnes leçons à son siècle, sont des hérésies infernales. censeur. Ecoutons-le. M. Jurieu pèse On se pique ordinairement d'un pro- ies erreurs à une fausse balance. Il fond respect et d'une haute estime juge de la doctrine par les personnes, et non pas des personnes par la doc- trine. Une même erreur change de na- (6) Du Pin, Bibliothèque des Auteurs ecclés., tom. I, pag. 204, col.:i, édition de Hollande.
(7) Gulielmus Cave, Hisloria; Litteraria; (8) Prœfat. Arnobii, in edil. Lugd, Bal., pour ceux qui ont le bonheur de vi- vre plusieurs siècles avant nous, quoi- que l'on voie en eux toutes les faibles- ses et toutes les mauvaises qualités que l'on ne peut pas souffrir dans les (9I Saurin, Examen de la Doctrine de M. Ju- ARNOBE.
■modernes. Quand on ne peut pas esti- mer les anciens, o/i se croit du moins obligé h les aimer, et a donner, par un jugement de charité chrétienne, la plusjfa^orable interprétation que l'on peut à leurs paroles. Au contraire, l'on se pare et l'on se fait honneur d'un zèle enjlammé contre ses contem- porains: on ne leur passe rien, et, à leur égard, on est prodigue d''anathè- mes. Il semble pourtant que l'intérêt de la religion étant conservé, la cha- rité deurait plutôt s'exercer envers les vivans, qu'envers les morts qui sont morts depuis plusieurs siècles. La cha- rité que ion a pour ces derniers, ne coûte guère, parce que leur mérite n'excite pas notre jalousie et notre en- i^ie, et que nous ne les regardons pas comme nos concurrens; mais pour ju- ger charitablement d'un adversaire qui parle et qui écrit contre nous, et dont la réputation offusque notre gloire, il faut un peu mortifier l'a- mour-propre; et c'est un sacrijice que Von ne fait pas facilement. Comme M. Jurieu n'a pas eu de querelle avec Origène, et qu'il a des ennemis per- sonnels dans le parti socinien, il ne faut pas s'étonner s'il a plus de to- lérance pour celui-là que pour ceux- (D) Son ouvrage contient sept li- vres, et non pas huit, comme on l'a cru pendant quelque temps. ] Tout le monde sait que le petit livre de Mi- nucius Félix a pour titre Octavius. On le trouve joint avec les livres d'Ar- nobe dans plusieurs anciens manu- scrits. C'est ce qui a été cause qu'il a passé pour un ouvrage d'Arnobe; et sans doute le mot Octavius, pris pour octavus, a fait illusion à bien des lecteurs. Citons ces paroles de M, du Pin. « Ce livre (i3) a passé » long -temps pour le huitième livre V d'Arnobe j car ayant été trouvé » avec les sept livres d'Arnobe dans )) un ancien manuscrit de la biblio- w théque du Vatican. Il fut imprimé » quatre fois sous ce nom (*), sans (12) Saurin, Examen de la Doctrine de M. Ju- rieu, 687.
( j3) Cest-a-dire celui de Minutius Félix.
(*) r.a preiiiièrr, par Sabieus, xki- le manu- scrit de Boine, l'an i54î; ta seconde en Jlli- inai^ne, par Gelenius; la Iroisièine en IJullande, à Leyden, en i552; le qualrième, à Bute, par Erasme, en 1S60.
» que personne reconnût son vërita- )) ble auteur. Le savant jurisconsulte » Baudouin s'aperçut le premier de )) cette erreur vulgaire, et fit impri- )) mer, l'an i56o, à Heidelberg, ce n petit traité séparé, avec une sa- )) vante préface, dans laquelle il le » rend à son véritable auteur. Or, M quoiqu'on doive à ce célèbi'e juris- y> consulte l'honneur d'avoir fait le j) premier cette découverte, cepen- » dant trente-trois ans après, Urfin, » faisant imprimer à Rome les ouvra- « ges d'Arnobe, soit qu'il n'eût pas )) vu l'édition de Baudouin, soit )) qu'il voulût se faire honneur de )) cette remarque, sépara le livre de )) Minutius d'avec ceux d'Arnobe, » sans avertir que cela eût été fait )> avant lui, se donnant ainsi tout » l'honneur de cet te décou verte (1 4} • » On trouve la même chose dans la préface du Minutius Félix imprimé à Leyde l'an lôSi (i5). On y trouve aussi, que presque dans le même temps que François Baudoiiin fit voir que le prétendu huitième livre d'Ar- nobe était l'ouvrage de Minucius Fé- lix, un autre critique eut quelque soupçon de la bévue. Eodem ferètem- pore id ipsum suboluit etium Hadriano Junio (\6). Cela n'est point exact: il faut dire que François Baudouin n'est pas le premier qui l'ait découverte j car il ne publia ce qu'il savait là-des- sus, que quatre ans après qu'un autre eut communiqué cette pensée au pu- blic. Son Minutius parut l'an i56o. Or voici ce que l'on trouve dans un ouvrage qu'Hadrien Junius fit impri- mer l'an i556. Amohin qui septem dunlaxat adversiim gentes libros edi- dit, octavus accrevit, quîim sit Mi- nulii Felicis, Octavius ab inteiiocu- torum uno ita vocitalus, novd ratio- ne obliterandi auctoris (17). L'année suivante Baudouin n'était pas guéri de l'erreur commune; car il cita comme le VIII*. livre d'Arnobe le Traité de Minutius. Sic ille apud Arnr>biuni Cecilius christianos dictilat, citm coë- unt, infantis occisi sanguineni lambe- (i4) Du Pin, Bibliothèque des Auteurs ecclés., (i5) Celle préface est de Jacques Ouzelius.
(iG) Jacques Ouzelius, in prajalione Minutii Felicis.
(17) Iladrianus Junius, Animadvers., lib. VI, cap. I.
ARNOBE.
te (18). Horribilis profecto est oratio CecUii illius lef^ulcu romani, <jui apud Arnoblum lihin octavo hœc ndhuc christianis objicit (19). Louis Carrion a donné à Junius Ja gloire d'être le premier qui eût rendu l'Octavius à son légitime maître. lUi (Minutio) octafiim adversùs gantes librum Junius nostcr in Aniniachersis suis princeps jam olini t^inclicai'it (20).
Carrion parla ainsi dans un ouvrage qu'il publia à Paris, Tan i583. Citons ces paroles de M. Joly. Minulil Felicis veluslissinii scriptoris christiuni Dialosus elcsantissinius contra idolorum vanitatern tant dtu pro octa^>o Arnobii adi'erslis génies libro habitus est, quia Minulius ewn sub niniine (Jvta- i^ii protulerut, donec a Francisco Bal- dtiino juvisconsulto anno i56o, Arno- bio abductus, et senuinn autori red- dituo est, ueluti Nicolaus Rigaltius in Prcefalione ad eumdem Minutium ob- sert'ai'it (21). Voilà deux sa vans liom- mes (aa), qui ignorent que Junius précéda Baudouin dans la découverte du vrai auteur de TOclavius. Au res- te, je ne crois point que M. Joly ait raison de mettre ce livre dans la classe des pseudonymes. Il prétend que l'auteur, en le publiant, se déguisa sous le nom d'Octavius j il vaudrait mieux, dire, ce me semble, qu'Octa- vius est le titre de l'ouvrage, et non j)as un nom supposé de celui qui l'é- crivit. On ne parlerait pas exactement, si l'on disait que les Dialogues de Pla- ton furent publiés sous les faux noms des personnages qui leur servent de titres..Vlinucius Félix imita Platon: il voulut que son dialogue portât pour titre le nom du principal interlocuteur. (E) Son ouurage a été imprimé plu- sieurs fois. ] Si j'avais les livres néces- saires, j'entreprendrais de donner ici l'histoire exacte des éditions d'Arnobe j mais il faut que j'abandonne ce des- sein, et que je me borne à quelques notes critiques contre ceux qui nous ont donné la liste de ces éditions. Celui qui a fait la préface de l'Arnobe (18} Franciseus Balduinus ad edicta vetcrum principum roman, de CbrisCianis, pag. 47, edil. Basil, apnd Oporinum, an. iSSy.
(20) Liidov. Carrio, EmcDdat., lib. II, cap.
xyiii, fui.o 5î. '^ (11) Ola 'diiis Joly, Disserlat. de Terbis Usiiar- ■^'i P'^S- '•4- <-•* livre fut imprimé Van 16G9.
(12) Kigaut e« Joly.
imprimé à Leyde l'an iG5i, raconte, 1°. que la première édilion de ce père est celle que François Priscianensis, Florentin, publia à Kome. 11 ne dit point en quelle aunée^ c'est un péché d'omission qu'on ne saurait pardon- ner; a", que Sigismond Gelenius changea plusieurs choses dans cette édition, non pas avec Faide des ma- nuscrits, mais en s'appuyaut sur le9 conjectures de son génie j 3°. ([ue Théodore Canterus, publiant Arnobe avec des notes, se plaignit de la har- diesse de Gelenius; 4° ^ue Godcscalc Stewechius travailla hien sur ce père: 5°. qu'Elmenhorst joignit à son com- mentaire la diversité des leçons re- cueillies, tant des manuscrits et de l'é- dition faite à Rome l'an \5'\i sur un ancien manuscrit de François Sa- bœus (28), que de l'édition de Fulvius Ursinus; 5°. qu'enfin Desiderius Heraldus publia de belles notes sur les sept livres d'Arnobe. J'ai trois choses à remarquer contre cela. Pi'emière- ment, la liste des éditions est très-in- complète 5 en second lieu, l'édition de Rome, en i542, n'est point dillércnte de la première, et cependant on la donne ici comme différente; en troi- sième lieu, il n'est pas vrai que les remarques de Didier Hérault soient ve- nues après l'édition d'Elmenhorst. Cel- le-ci est de l'année 1610, et l'ouvrage d'Hérault avait paru à Genève, l'aa Examinons la liste de M. du Pin (24). 1**. Je remarque en premier lieu, que les noms propres y sont fort défigu- rés faS). On y voit Canrerus, au lieu de Canterus; Hernienhnrstius, au lieu à' Helmenhorstius; Steuuchius, au lieu (23) Il s'appelailTauste, et non pas François. * L'auteur des Hemaïques insérées dans le toine XXIX de la Bibltothéi/ue française fOSié- dait un exemplaire de réilitlon d'Klmenhor-.t im- primée à Hanau irpis IFechelianis, i6o3, dédiée a Joseph Scaliger; mais le privilège de l'empereur pour l'impression est du 25 mai i582. Il n'est pas naturel, ajoute-l-il, que les héritiers d'André Wccliel, après avoir obtenu ce privilège, aieni laissé dormir l'ouvrage pendant 21 ans sans en laire usage. Cependant la Vihliothpque du Roi ne possède pas d'édition de l'Arnobe d'Elmenhorst antérieure à iGo3, et c'est aussi la première de cet éditeur que mentionne C. T. G. Schoene- mann dans sa Bibliolheca historico-liUcraria patntni latinorum, ouvrage dont il n'a paru que (24) Elle est a la page 2o5, col. i du I"- loin, de sa Biblioth., e'dil. de Hollande.
(25) Je ne me sers que de l'édition de Hol- lande.
432 ARNOLDUS.
de Stewechius. a". Outre cela, je re- be. Il trouve très-belle l'e'dition de marque (ju'on nous donne pour l'im- Leyde, mais il s'étomie que ceux qui primeur de la première édition un l'ont procurée, n'y aient pas inséré Théodore Priscianensis. C'est sans V^rnobianuscrilicusdeMeursxuSjimdoute une faute. Nous avons vu que le Florentin franciscus Priscianensis tut le premier qui fit voir le jour aux livres d'Arnobe. Or ce n'était pas un imprimeur. Le Poccianti ue lui donne point cette qualité: il se con- tente de le faire un bon humaniste, et auteur de quelques livres ita- liens (26). Je me persuade que ce fut à lui que Faustus Sabeus, Ijibliothé- caire du Vatican, communiqua le manuscrit sur lequel fut faite l'édition de Rome de i524 *• Ainsi dans la primé à Leyde, l'an iSgS, cumhypocri- tico Minuliano, Il voudrait que, pour le moins, ils en eussent fait men- tion (28). Ceux qui lui reprocheraient qu'il eût dù lui-même se souvenir des Eclogœ ad Arnobiurti de Jules-César Bulenger (29), ne seraient pas bien fondés; car cet ouvrage ne sert de rien, ni pour corriger le texte d'Ar- nobe, ni pour développer le sens lit- téral: ce n'est qu'un tissu de cita- tions, qui n'a qu'un rapport très-va-