gue à quelque pensée d'Arnobe. Le préface de l'édition de Leyde, on aura même jésuite donne un coup de bec mal distingué l'édition de François au grand Saumaise, qui avait promis Priscianensis, d'avec celle qui fut des commentaires sur cet auteur, faite sur le manuscrit de Sabeus. No- tez que Louis Carrion estime que le manuscrit d'Arnobe, qui est dans la bibliothèque du roi de France, est celui dont on se servit pour la pre- mière édition (27). Il s'imagine que puisqu'on la dédia à François 1*'., on lui envoya aussi le manuscrit. 3°. En troisième lieu, je remarque qu'il n'est pas vrai que les sept livres d'Arnobe aient été imprimés avec les notes d'Hérauld en i583, ni qu'il faille dis- tinguer l'édition de Hambourg de 1610, de celle dont on venait de par- ler, je veux dire de celle qui fut ac- compagnée du commentaire d'Elmen- horst. 4°. Enfin je remarque que Ste- wechius ne lit point une édition d'Arnobe, à Douai, l'an i634, son édition est d'Anvers, en i586; et il y avait long - temps qu'il était mort, quand ses Elecla in Arnobium furent réimprimés à Douai, en i634, cunt Paiatitlis seu Summariis Leandri de saiicto Marlino. Vous trouverez une et qui ne tint pas sa parole *. Sal- masiani autem illi commenlarii tant' diit expeclali, tant sœpè ejus amico- rumque litteris proniissi atque jactati, in J'umiim tandem fentosque evanue- runt (3o). Je crois qu'un tel écrit de Saumaise nous eût appris plus de bel- les choses, que son savant commen- taire sur le traité de PalUo de Ter- tuUien.
(28) Phillppas Labbe, Dissertât. Ae Scripto- ribus Eccles., iom. I,pag. io5.
* C'est Claude Saumaise qui donna l'édition de Leyde, i65i, 10-4°., cum nous viri ceîeber- rimi. Labbe et Bayle ont iguoré, dit Joly, que ce vir celeberrimus était Claude Saumaise, lequel avait aussi commencé un commentaire sur Ar- nobe, lorsque la mort le surprit. Fabricius en ayant trouvé le manuscrit, le ùl imprimer dans le tome second des Sancii Hippolyti Opéra, 1718, in-folio. Ce fi^gment de commentaire commence à la page 122 et Cnit à la page i34- (3o) Labbe, de Scriptorib. Ecclesiast., 10m.
ARNOLDUS (Nicolas), profes- λareille faute à la citation {*) de seur en théologie à Franekei", a page 43o, où M. du Pin dit naquit à Lesna, ville de Pologne, Disons quelque chose du père Lab- (261 Pocciantius, de Scriplor. Floreotinis, * i524 est une faute d'impression. Baylc, dans cette même remarque, a déjà dit deux l'ois 1542. Joly aurait dii s'en apercevoir, et n'au- rait pas iti reproclier à l'auteur une faute qui n'e.st que de son imprimeur.
(27) Ludov. Carrio, Fmcndat., lib. I, cap. JX, folio 18. M. du Via l'a^inne, pag. IJ9 du I". toinf de sa BJbliolbiquc.
le 17 de décembre 1618. Sa mè- re se trouvant veuve, lorsqu'il n'avait que trois ans, prit tout le soin imaginable de l'élever, et le consacra aux lettres. Il fit ses humanités dans le collège de Lesna, entre autres régens, sous Coménius, qui dictait alors à ses écoliersson Janua linguarum.
ARNOLDUS. 433 Il fut créé acolythe (a) au syno- cause que tous les chemins de d'Ostrorog, à l'âge de quinze étaient occupés par les troupes ans: et en cette qualité, il ac- du roi, ou par celles du pariecompagna Orminius (b) pendant ment, il fut à pied à Cambridge; deux années dans la visite des mais il ne put y entendre aucuéglises de Pologne; après quoi, il ne leçon de théologie: tous les fut envoyé à Dantzick, l'an i635, professeurs étaient sous la détenet s'y appliqua à l'étude de l'élo- tion, dans le collège de la Triniquence et de la philosophie. Il té. Étant de retour à Franeker.
éprouva quelquefois la mauvaise humeur de Jean Bolsac, qui était fâché qu'un jeune homme de tant d'espérance fût calvi- niste. Il retourna en Pologne, l'an i638, et cultiva la théologie sermonaire sous la direction d'Orminius; et un an après, il fut envoyé en Podolie, pour y être recteur de l'école de Jablo- now. Ayant exercé cette charge j>endant trois mois, il fit les fonctions de ministre deux ans de suite chez un grand seigneur (c). Comme on remarqua que ses talens pourraient être d'une grande utilité à l'Église, on ju- gea qu'il fallait lui donner les occasions de les cultiver dans les académies les plus fameuses. Il commença ses voyages l'an 1641.
il s'attacha à prêcher, même en flamand, et fit tellement goû- ter ses sermons, qu'afin de le retenir en Frise, on lui dissuada d'aller revoir la Pologne. Il fut jugé très-capable du ministère par la classe de Franeker, qui l'examina, et les louanges qui lui furent données déterminè- rent aisément une demoiselle du pays à l'épouser (A). II se maria avec elle l'an i645, et peu après il fut appelé par l'église de Beet- gum. Il la servit fidèlement et constamment jusqu'en l'année i65i, sans prêter l'oreille aux vocations qui lui furent adres- sées par d'autres églises; mais cette année-là, il se rendit aux instances des États de Frise, qui le choisirent pour succéder à Il vint d'abord à Franeker, et Cocceius dans la charge de proy fit de grands progrès sous Maccovius son compatriote, et sous Cocceius. Il fut aux acadé- mies de Groningue, de Leyde et d'Utrecht, l'an i643, et re- tourna bientôt à Franeker, et s'appliqua à l'étude du français et de l'anglais. Il fit un voyage en Angleterre l'année suivante; et ne pouvant aller à Oxford à (a) Les églises réformées de Bohême avaient retenu cette partie de l'ancienne disci- pline.
(6) Surintendant des églises de la Grande Pologne.
(c) Johannes de Potok-Potocki, succame' jarius terrœ Haliciensis.
TOME If.
fesseur en théologie à Franeker {d). Il s'acquitta de cette charge avec beaucoup de capacité jus- qu'à sa mort, qui arriva le i5 d'octobre 1680, après une lon- gue maladie, oii il donna beau- coup de marques de sa piété et de sa résignation aux ordres d'en haut (e). Je parlerai do quelques voyages qu'il fit depuis sa promotion au professorat en id) Cocceius avait été appelé par l'acadé- mie de Lejde.
ye; Tiré de son Oraison funèbre, pronon- cée le 22 d'octobre 1680, par M, Marck, professeur alors en théologie à Franeker ^ e< depuis à Groningue et à ïejde, 28 ^^34 ARNOLDUS.
théologie (B); et je n'oublierai «nt très-satisfaites des sermons qu'il pas les livres qu'il a doanés au public (C) prononça en flamand, ou en allemand, ou en polonais, selon les rencontres. Ce voyage dura deux ans. Ârnoldus ,. j se fit beaucoup estimer pendant ce {K) les louanges qu'on lui donna ^e^pj.jà, par le chancelier de Polodéterminèrent aisément une demoi- Etienne Corycinski, par le grandbre. Fecit pa '^ omnium laus auteur de son oraison tune- ^^^ j^ général des troupes Douglas, paufôpoAt, dit-il (1), tanta ^^ ^^^ Télectenr de Brandebourg, qui omnium tous, ut nobilissima m J* ri- j^j ^^^-^^ j^ ^^^^^ jg prédicateur au- siis t'irgo remigia à ^nzEH faeilis m j-^^^ jj £^^ député à Heidelberg l'an conjugales ejus rueret amplexus,anno ^ggg ^ ^^^^ engager M. Spanheim à 1645. Cette demoiselle fut louable de accepter une profession en théologie dans l'académie de Franeker, et il revint sans avoir obtenu cela préférer aux richesses la belle reputa tion et le mérite. On a d'autres exeni- ples d'un choix de cette nature, car il est certain que plusieurs mmistres, soutenus du seul éclat de leur élo- quence ou de leur savoir, sont par- ^^ venus à des mariages lucratifs, et 'gg ^e Maccovius, qu'il fit mettre sous d'autre côté bien avantageux par ie j^ presse, ni de la version, qu'il com- rang de la famille où ils prenaient «05^ et qu'il publia, d'un livre anglais une épouse. A quoi pouvait aussi con- ^^ Jérémie Dykius ( 4 ); mais je co- ( C ) Je n'oublierai pas les livres qu'il a donnés au public. ] Je ne dirai rien de la diligence avec laquelle il rassembla et mit en ordre les ouvratribuer l'espérance très-plausible, que de tels sujets seraient élevés tôt ou tard aux chaires de distinction, aux chaires considérables par les gages annuels. Quoi qu'il en soit, l'épouse de notre Arnoldus mérite d'être louée. Elle mourut au commencement de l'année i652, et ne laissa point d'en- fans. Il se remaria l'an i653 à la veuve d'un avocat de Leeuwarden, nommée Anne Pybinga, fille d'un bourgmestre de franeker, laquelle lui donna neuf enfans, cinq fils (2) et quatre filles, et lui survécut. 11 n y avait en vie que trois fils et une fille lorsqu'il mourut (3).
( B ) lia fait quelques l'oyages de- puis sa promotion au professorat en théologie. ] Il alla voir ses parens à Lesna, l'an i65i, et passa un mois agréablement chez son oncle maternel Martin Gertichius, ministre du lieu, et célèbre par divers ouvrages. Il fit un autre voyage, l'an i656, à la suite des quatre ambassadeurs ex- traordinaires que les États-Généraux envoyèrent au roi de Suède et au roi de Pologne. Leurs excellences voulu- rent l'avoir pour prédicateur, et fu- (i) Matckius, in Orat. funebri N. ArnoUi, (a) Le 7'. etUi". étaient jumeaux, rojet le Programme du recteur de Vacade'mie. Il est imprimé au devant de i'Oraison funèbre.
(3) Tiré de ce Programme, et H» i'Oraison funèbre.
terai sa Réfutation du Catéchisme des sociniens, son ^nti - Bidellus, son Anti - Echardus, son Lit>re contre Brei'ingius, son Apologie pour Ame- sius contre Erbermann défenseur de Bellarmin, ses Disputes théologiques sur des matières choisies, son Com- mentaire sur l'Epître aux Hébreux, son Lux in tenebris, et ce qu'il a pu- blié contre Jean Amos Comenius. Li- sez, touchant ces ouvrages - là, ce passage de son Oraison funèbre: Quis est qui non prœdicet Haccouianœ Catecheseos, in quâ religionis dicam an impietatis socinianœ plenissimum est compendimn, curatissimam refu- tationem, quœ supra fidem impiis se- ductoribus molesta, doctis grata est? Cujus non laiidem meretur tum Anti- Bidellus, quo pneumatomachi furo- rem, et fatuam Comenii ( 5 ) lucem extinxit; tum Anti-Echardus, cujus conquisitum et malè colligalum fas- ciculum ita dissoli'it, ut dissolutarum scoparum hactenùs retinuerit nomen? Iino quem non in mille detorsionum tenebris ineffabiliter delectat doctissi- marum illa uindiciarurn lux, quam publico toties recusam dédit, et cujus ope tuta ecctesia errorum ei^itat défia?
(4) Pyf^" Translata Euckarislica. MarcVius, in Oral, funeb. Arnoldi, pag. 35.
(5) Je cite un écrit ti'Arnoldus contre Come- nius dans let remarques (DJ, (I), etc. de l'ar- ticle COMKNICS.
ARODON.
Sed ne in hoc quidem labore acquies- cere potuit qui in ecclesiœ l'oluit consumi bonum. Breuingii ab eo tem- pore féliciter demoUtus ett tribunal, Erbermannum Bellarmino adi'ersiis Amesium snppetias ferenteni cnnfo- dit, etc. (6 ). Voilà quelques Anti qui ne sont point dans la liste de M. Bail- let.
(6) Marckias, in Orat. faneb. Arno\ài.,pag. 35.
ARODON ( Benjamin d' ), juif allemand, auteur d'un livre rempli de préceptes pour les femmes. Il a été traduit d'alle- mand en italien par le rabbin Jacob Alpron. Cette version fut réimprimée à Venise, l'an 54 1 2, selon le calcul des Juifs (a), après avoir été exactement corrigée par le rabbin Isaac Lévita. Ce li- vre est fort chargé d'observances, quelli che parlano in quel tempo clie si consiungono insienie, quella crea- tura elle uieneconceputa in queW ins- tante, riuscisse dal ventre délia madré con qualche mi;;^, o zoppo, o muto, o guercio, o simili mancamenti, o del tutto distrutto, e mal conditionato...non defono hauer intentione in queW instante alli piaceri, masolo per adein- piril voler difino.. (i): ambidui defo- no pensarin queli instante, che questo non lo Janno per il lor gioi^amenio ed adempir li lor appetiti carnali, via solo per mantener il precetto ngn' huomo da bene fa quello, che dei^e pensare in queli instante, perche si dei>e pensar solo a pensieri santi e pii ( 2 ). Cette morale est très- belle, et très rigide tout ensemble. Voyez ce (|ue l'on a dit dans les Nouvelles de la République des Lettres (3) touchant un livre de M. Yvon, ministre des Labadistes. Une si grande pureté est de ces sortes de biens qu'il est plus facile de souhaiter que d'espéi'er non-sPiilpmpnt nnnr la nronrplé ™^^^ néanmoins, les casuistes sont fort non-seulement pour la propreté louables, quand ils insistent là dessus, du corps, mais aussi pour la et qu'ils tâchent d'introduire la pu pratique des prières et des bonnes œuvres. Les observances du pre- mier ordre contiennent souvent des minuties, ou des régularités superstitieuses, et il y a quelque- fois un grand rigorisme dans celles du second ordre (A). C'est reté où les fureurs d'une convoitise brutale ne régnent que trop. Si notre rabbin avait cru, comme l'église ro- maine, que le mariage est un sacre- ment, il n'aurait pas exigé que ceux qui y participent eussent des disposi- tions plus saintes que celles qu'il leur demande. Il leur impose tout à la fois la loi du/afe«c linguis (4), dont les ce que l'on verra plus ample- païens recommandaient l'observation ment dans la remarque qui ac- dans les grands mystères, et celle du compagne cet article.
(à) Je crois que cela répond à notre an- née l652.
{ X) Il y a un grand rigorisme dans les observances que contient son ou- vrage.'] Car, par exemple, on ordonne au mari et à la femme de ne dire mot pendant le devoir conjugal, et de n'a- voir que des pensées pieuses, sans au- cune application au plaisir; et on leur déclare que, s'ils agissent d'une autre manière, leurs enfans naîtront dif- formes. Ogni persona deve esser av- vertita, tanloihuomo, corne la donna, ncl tempo che si congiungono insieme non devono parlar, ne haver niun cat- tivo pensiere, ne debbano scoprire U luoghi occnlti « vergognosi, perche sursiim corda, que l'ancienne église n'oubliait jamais de notifier dans la célébration de ses plus augustes céré- monies. En un mot, il est certain que si cet homme eût reçu avec ime entière foi la doctrine de J^ésus-Christ, et s'il eût été animé de l'esprit de grâce, il n'eût pas donné des conseils plus dignes de la pureté évangélique. Cela doit faire honte aux docteurs de relâchement qui sont si communs par- mi les chrétiens.
Notez que le dogme de ce rabbin ne s'accorde guère avec le conseil des (1) Precetli da esser imparati dalle Donne Ebree, (■2) Là même, cap. LXXI, pag. 43.
(3> Mois de novembre i685, pag. iî<)0.
(4) Horat., Od. I, lib. m. Vojet là-desfuf ses commentateurs.
ARODON.
M docteurs en médecine. Ceux-ci pré- tendent qu'un enfant conçu sous des distractions d'esprit, je veux dire, sous des pensées sérieuses, graves, immatérielles, est niais, sot et im- bécile ( 5 ); et ils donnent de tout autres conseils à Ceux qui désirent des enfans (6 ): mais pour peu qu'on soit raisonnable, on demeurera d'accord qu'ils mènent les hommes à une très- mauvaise école de chasteté: leurs pré- ceptes ne sont faits que pour des gens qui voudraient borner toutes choses à une vie animale, terrestre, sensuelle, épicurienne. Il faut aller à l'école du rabbin, si l'on veut apprendre à se comporter dans cette partie des de- voirs, en créature douée d une âme spirituelle, et qui ne veut point se rendre digne de cette censure, O curvœ in terras anima et cœlestium ina- On comprendra mieux combien la morale de ce Juif est belle et sublime, si l'on se souvient qu'elle est directe- ment opposée aux maximes de ces docteurs de corruption, qui ont rem- pli leurs poésies de tant de lascivetés. Ces dangereux empoisonneurs se gar- dent bien de conseiller le silence ^ et c'est ce qui a fait trouver à un mo- derne quelques preuves de l'interpré Je ne i'ous apprendrai pas que le ter- me juvare est lout-a-fait erotique, et consacré aux dernières délices de l'a - niour, qu'expriment encore, aussi bien que le murmure, ces deux i>ers du même auteur: Me voces audire javal sua gaadia fassas, Utque morer, me, me, &astineamque roget {*).
L'épithalame célèbre de Vempereur Gallienus, que Trtbellius Pollio préfère a ceux de cent poètes qui s' exercèrent aussi sur le même sujet, représente merveilleusement bien en- core ce sourd et obligean' murmure, et les caresses qui en sont insépara- bles. L'on weut que tenant la main des enfans de ses frères qu^il mariait, il leur prononçât ces uers de sa façon: Ite, Ite, ô pueri, pariter sudate medullis. Omnibus inter vos, non murmura vestra columbze, Bracbia non hederse, non vincant oscula conclia:.
Certes il est difficile de rien dire de plus pathétique, ou de plus passionné la-dessus. Être diamétralement opposé à ces faux docteurs, à ces pestes de la jeunesse, c'est un grand éloge, c'est un préjugé légitime que la morale que l'on avance est d'une admirable puuciii^ vj^.-.^ —,., jeté. 11 faut joindre à tout ceci la jutation qu'il a donnée aux paroles d un ^i^ie^se réponse qui fut faite par le poëte grec, qui contiennent la _des- ^^1^^^^ m Drelincourt à un évêque cription de l'a le regard du ^ Homère parle, dit-il ( S ), ce sont «g^sonne de son"'caractère, mais aussi sans doute ces paroles obligeantes des ^,^^ laïque qui aurait eu quelque déliens, ce Çai^i x*i •\.ux» des Grecs,et ^^ ^^^ larmes, ce sont les paroles de cet aima de mi aima des Espagnols, j^j Dj-glincourt ( 9 ), ces façons de qui accompagnent les plusfa^'orables ^e/-, que la i^ierge Marie est Vespiit prii^autés, et qui font dire au plus sa- ^^ j^ ^^^ j^^ chrétiens, il les défend uant de tous lespoëles en l'art d aimer; j„.;ii„^:^^ ^,,'H ft-fnif hpniÊfnun Accédant questus, accédât amabile murmur. Et dulces gemitus, aptaque verba joco ^").
Ployez comme il parle ailleurs: El mihi blanditias dixit, dominumque vocavit; Et quse prœtereà piiblica verba juvant (*^).
(5) Kqje» la remarque (C) de l'article Frak- çois d'Assise, dans le second alinéa.
(6) Forez Rodeiic de Castro, de Natura Mu- llerum, ùb. II l, cap. V.
(•j) Persius,Sat. Il, l'j. 6i. (8) Hexameron rustique, IV". journée, pag. III et suiv.
(»') Ovidius, lib. II, vs. 723, de Arteamandi. I*') Lib. ///Amorum, Eleg. FU, w. u.
par des railleries qu'il ferait beaucoup mieux de laisser à ceux qui montent sur le théâtre. Vous autres, dit - il, messieurs les pasteurs de l'église pro- testante, qui avez des chères moitiés, non tant comme des accidens insépa- rables de votre substance, que comme les os de vos os, et la chair de votre chair, voire, qui n'êtes qu'une chair en deux personnes, dites bien d'autres termes plus caressans à ces âmes de (*) Lib. II de Arte amandi, v. 689. (ç,) Drelincourt, Avant-Coureur de la Réplique à M. le Camus, évêque de Belley, pag- 36 i '^1' ARRERAC. ARRIA. ARRIAGA.
M français et le droit de l'Église, et de » cette loi de nature, quod quisque » juris in alium statuent, ut ipse eo- ') demjure utatur. » Cela regarde le premier tome, ou l'Irenarchie, c'est- à-dire, l'état de paix: ce qui suit concerne sa Polémarchie, c'est-à- dire, l'état de guerre. C'était un pe- tit tJolume, lequel contenait en quatre vos âmes, à ces vies de vos vies, à ces vies de vos cœurs et de vos âmes, à ces âmes de vos vies et de vos cœurs, que le monde n'entend pas: car vous êtes ces spirituels, qui jugez tout le monde, voire les anges, à plus forte raison les Romains, sans pouvoir être jugés de personne. Je ne sais qui lui en a tant appris, et ne puis pas répon- dre de ceux qui ont des Jemniss h la lii>Tes toutes les qualités et perfections dérobée. Mais un personnage grai'e, d'un chef d'armée, les ruses et strala- qui i'it en un chaste mariage, ne s'é- gèmes des anciens capitaines, les tudie point h une si extfai>agante rhé- moyens de nous serfir des occurrences torique. Le prélat répliqua d'une fa- en ta guerre, et de nous maintenir çon si burlesque que rien plus (10). l'ainqueurs après la i^ictoire obtenue , > rr „, ',,„ ^r j (5)- Cet auteur avait beaucoup lu, et M. Drelln'couri,pa/. i56. " était pas chiche de citations, mais ordinairement, il ne s'étend guère au parlement de Bordeaux, vers f^^t grand nombre de sujets. Il comla fin du XVr. siècle, est au- bat assez souvent les plus célèbres juteur d'un livre dont je parlerai ci-dessous (A).
(A) Il est auteur d'un livre dont je parlerai ci-dessous. ] Il a pour titre: la Philosophie cii^ile et d'état, dii^i- sée en l' Irénarchie et la Polémarchie, et fut imprimé à Bordeaux, par Si- mon Millanges, l'an iSgS, i/i-S". Il risconsultes, Accurse, Alciat, Budée, Cujas, etc.; et de temps en temps, il fait des observations bien singulières.
(31 Jean d'Arrerac, Epîire dédicatoite, pag. 1, vers lajin.
ARRIA, ou Arrie, nom de quelques dames romaines, dont devait comprendre deux tomes, dont je parlerai dans les remarques je n'ai vu que le premier (1). Voici de l'article PÉTUS *.
» pris mon sujet sur les lois du pre- « mier livre des Pandectes, que tous » les docteurs ont méprisées, ou pour w ne les avoir pas entendues, ou parce 3> qu'ils ont cru qu'elles ne servaient i> pas de beaucoup à la chicane, de la- 5> quelle ils étaient plus esclaves pour " le quête qu'ils en espéraient, qu'ay> moureuxdelavertuetderhonneur.
» Je trouve ce livre si riche et si p!an- >) tureux de belles lois, que je me 1) trompe fort, si je ne montre dans » le mien, qu'il contient la pUipartdes * L'article PÉTUs n'ayant pas été Honné parBayle, ses traducteurs anglais ont com- posé un article Arria que Cliaufepié a re- produit dans son Dictionnaire, en y ajoutantr une longue remarque contre le suicide, sujet qu'il reproche à Bayle de ne pas avoir traité assez directement, quoiqu'il en eût de belles occasions. Voyez les articles Lucrèce (re- marque D ), et ZlA (remarque C. ) ARRIAGA (RoDERic de), jésui- te espagnol, naquit à Lucrone, le 17 de janvier 1692. Il entra » lois de la nature et de la philoso- dans la société le 1 7 de septem- » maines^ J'ai ajouté à ce premier Sophie avec un grand applaudis- » livre les deux premiers titres du se- sèment à Valladolid, et la theo- ■» cond, sur lesquels j'ai discouru des logie à Salamanque; et ayant ap- « droits de juridiction, tant selon la -^ j^^ lettres du général ' ^ de la compagnie, qu il serait de (1) Il conlienl 721 pnges. (i) Jean d'Arrerac, Fpitre cardinal de JoreuiC.
la plus grande gloire de Dieu dédicatoire au ^^^^ quelques jésuites espagnols 438 ARRI 438 ARRI se transportassent en Bohême (a), pour y enseigner les plus hautes sciences, il s'offrit à cet emploi. Il arriva à Prague, l'an 1624- Il y régenta la théologie scolastique pendant treize ans, et il fut préfet général des étu- des vingt ans de suite, et chan- celier de l'université l'espace de douze années. Il reçut solennel- lement le bonnet de docteur en théologie, et il s'acquit beaucoup de réputation. La province de Bohême le députa trois fois à Rome, pour y assister aux con- grégations générales de l'ordre (b). On l'exhorta plusieurs fois à retourner en Espagne, mais ce fut en vain. Il fut extrême- ment estimé d'Urbain VIII, d'Innocent X, et de l'empereur Ferdinand III. Il mourut à Prague, le 17 de juin 1667 (c). Il publia plusieurs livres (A), oii il étala beaucoup de subtilité d'esprit. On trouve qu'il réus- sissait beaucoup mieux à ruiner ce qu'il niait, qu'à bien établir ce qu'il affirmait; et l'on pré- tend que par -là il est devenu le fauteur du pyrrhonisme (B), quoiqu'il ait donné à connaître qu'il n'était pas pyrrhonien. Il y aurait sans doute beaucoup d'injustice à le soupçonner de la moindre prévarication, et d'avoir été un faux frère des dogmati- ques; car s'il emploie toutes ses forces à réfuter un grand nom- bre de sentimens, il les emploie (a) Les jdsuilcs avaient fait depuis peu de ce pays-là une prouince de leur ordre, dé- tachée de la province d'Mtstriche. Sotuel, BiWiot. Scriptor. Societ. Jesu, pag. 728, [b) A la 8. à la 10, et à la 11. (cj Tiré de Solue], BiJjI. Scriplorum so- AGA.
AGA.
aussi à soutenir les opinions qu'il embrasse: on s'aperçoit aisément qu'il y procède de bon- ne foi, et qu'il agit de tout son mieux; et, si ses preuves sont inférieures à ses objections, il faut s'en prendre à la nature des choses. L'application avec la- quelle il a réfuté toutes les sub- tilités qui ont été inventées par les scolas tiques, pour montrer que deux propositions contradic- toires sont quelquefois véritables, et quelquefois favisses (C), suffit à persuader qu'il avait à cœur les intérêts des dogmatiques con- tre les pyrrhoniens. Il a quitté sur plusieurs matières de physi- que les opinions les plus géné- rales de l'école, comme sur la composition du continu, sur la raréfaction, etc: et c'est pour- quoi il a pris à tâche (d) de jus- tifier les innovateurs en matière de philosophie. C'est dommage qu'un esprit si net et si péné- trant n'ait pas eu plus d'ouver- ture sur les véritables principes; car il eut pu les pousser bien loin. Une légère connaissance de l'hydrostatique lui eût fait trou- ver la raison d'une expérience (D), pour l'explication de laquel- le il s'est tourmenté inutilement. Ses efforts, ses instances, ses souplesses là-dessus, font regret- ter qu'il ait couru avec tant de force hors du bon chemin.
(d) Dans la préface de son Cours «le Phi- losophie.
(A) Il publia plusieurs livres. ] Un Cours fie Philosophie en un volume, et un Cours de Théologie, en huit vo- lumes ■''. Le Cours de philosophie, im- primé in-folio, à Anvers, l'an i632, * Joly donne la liste exacte des éditions des OUÏ inges philoiophiqucs et tbéologiques d'Arriaga.
a été réimprimé plusieurs fois. L'édi- tion de Lyon, en 1669, est augmentée. Le I«^ et le IP. volumes de son Cours de Théologie furent imprimés en i643; le m«. et le IV«., l'an 1644; le V«., l'an 1649; le Vl«., l'an i65o; le VIP. et le VHP., l'an i655. Ce sont tous des in Jolio, impriniéschezBalthasarMoret, à Anvers(i).IltravaillaitaulX* tome, lorsqu'il mourut: c'était celui de Jure et Justiiiâ (al. Don Nicolas Antonio adonné à Arriaga un livre </e Oratore, imprimé à Cologne, l'an 1687, elBre- f^is Exposiiin Litterœ Magistri Senten- tiarum, cum Quaestionibus quœ circa eam moueri possunt, et auctoribus qui de illis disputant, imprimé à Lyon, l'an i636, inS°-, après d'autres édi- tions (3); mais comme le père Sotuel ne parle pas de ces deux ouvrages, quoique le premier eût été donné à ce jésuite par Alegambe, il y a lieu de croire que don Nicolas Antonio s'est trompé *.
(B) On prétend que il est dei'enu le fauteur du pyrrhonisme/] C'est le sentiment de M. de Viilemandy: Sunt alii, dit-il (4) > 9"' periculosiUs adhuc sollicitant ( sacratiora fidei dogmata ) cujus modi Arriaga suis in Thomam Disputationibus theologi- cis j nihil enim non moliuntur, utaho- rum quorumcumque placita reflexio- nibus et objectionibus suis destruant, ipsi auteni nihil Jerè adstruunt Celebris est inter romanenses scholasticos Roder icus ille Arriaga Is multis t'olum. fol. et philosophiam et theologiam est persecutus; jani autem singula queeqnc sic tractât, ut aliorum ferè omnium opiniones uariis rationi- bus injinnnre studeat, suas autem le- (i) Nicolas Antonio, Bibliotfa. Hispaa., tom. II, pag. 209, marque que plusieurs de ces volumes Jurent imprimés aussi a Lyon.
{2) Tire' de Sotuel, Biblioth. Script. Soc. Jesu, pag. 73g.
(3) Nicol. Antonio, Biblioth. Script. Hispaa., * L'onvrage intitulé Br«vi; Exposilio, etc.,Co- I ogne, 1635, est, ditJoly, du père Jean Martinez de Ripalda. Quant au Traite de Oratore, il a été imprimé avec le nom de l'auteur, et la per- mission du provincial de la société des jésuites en Bohême. Le libraire déclare en outre, dans soa avant-propos, le tenir d' Arriaga. Ces trois eirconsunces paraissent à Gibert {Jugemens sur les Savans qui ont traite de la Hhétorique.) pou- voir au moins balancer l'opinion de Bayle.
(4) Peirus de Viilemandy, in Scepticismo de- bellato, cap. II, pag. i3.
ARRIAGA. 439 vissimè sujffulciat. Si ex hâc methodo ingenii conditio dijudicetur, uerè pyr- rhonius pntest haberi; ciim tamen placita sua, quantum potest firmet, iisque constanter inhœreat, non potest légitimé eo nornine donari (5). On peut assurer que, si la lecture des écrits de ce jésuite inspire le caractère pyrrhonien, c'est par accident et con- tre son intention; car il est aussi décisif qu'un autre et aussi ardent à confirmer ses décisions 5 mais, ou par la faiblesse de l'esprit humain, ou par la difficulté des matières, il s'est trouvé dans le cas d'une infinité d'au- teurs qui découvrent admirablement le faible d'une doctrine, et qui n'en peuvent jamais rencontrer le fort Ils ressemblent à des guerriers qui met- tent à feu et à sang le pays de l'en- nemi, sans pouvoir mettre leurs fron- tières en état de résistance- M. Ancil- lon trouvait ce jésuite assez singulier en sa manière d'écrire, et plus libre que les autres qui, par une indigne seri'itude, n'osent abandonner les sen- timens des écrivains de la société, et qui les suii'ent ai^ec scrupule comme infaillibles Rapportant l'opinion de f^asquez, il dit nettement que, tout bien compté, il ne se fie pas beaucoup à la solution du père Vas- quez (6). 7'ai remarqué, ajoute M. An- cillon, en lisant Arriaga et Ot'iédo, que toujours, lors qu'un de ces deux jésuites soutient l'affirmatiue d'une proposition, l'autre soutient la néga- tive; ce qui est assez rare, même parmi les docteurs de la religion ro- maine en général, et que je n'ai guère vu qu'en Cornélius a Lapide et en Es- tius. 11 n'est point rare, que sur une infinité de questions, tant de la philosophie, que de la théologie sco- lastique, les jésuites s'entre-réfutent les uns les autres. On peut même dire que cela est très- commun. Suarez et Vasquez en sont un exemple.
(C) Il a réfuté avec application toutes les subtilités des scolastiques, pour montrer que deux propositions contradictoires sont quelquefois véri- tables, et quelquefois fausses. 2 11 a très-bien démêlé tous ces sophismes. Voyez sa II*. Dispute sur les Summu- (5) Idem, ibid., cap. If, pag. 32 (5) Idem, ibid., cap. If, pag. 32.
(6) y oyez le MélaBge critique de Litléralare, tom. I, pag. ao8.