qui se nomma de la sorte 5 car il est y en a plus de treize cents du siècle sûr que les anciens rois de Perse de Socrate au leur, à conqiter depuis avaient pris cette qualité, et qu'elle Vannée quatrième oit il en né, dans leur fut aflèclée. Voyez le vingt-qua- la 7^^. olympiade (5). Voici la trièmt" vers des Perses d'Eschyle, et réfutation de cela. « Un habile les notes de Slanley sur ce vers-là. Il allèjiue le témoignage de Dion Chry- sostome, Orot. lll; de Josephe, An- tiquit., lib. XI, cap. VI; d'Héro- dote, lib. VUIetUb. ^/deXéno- phon, Expedit., lib. I; d'Aristides, in Roniœ Encondo; de Suidas, in l^ÀyAç 0tta-i\iùç. M. du Rondel m'a '> homme m'aurait épargné une ré- » ponse en ne me faisant pas » une demande si sotte. Mais pa- » tience; répondons à cet ignorant. J> Oui, paladin (6), le Turc est au- » jourd'hui celui qu'on nomme le }) grand seigneur. Mais du temps de « Socrate, c'était le roi des Perses indicpié ce passage de Stanley. On » qu'on appelait de la sorte, et qu'on peut ajouter à ces autetns Platon, i« » ne nommait point autrement. Aux Gorgid, pag. 321, C; Plutarque, i« ■» autres rois, dit Suidas, on don- Vitd Cimonis, pag. ^èS, E; le li- » ne le titre des états et des pays qui vre d'Eshter, chap. XVI, i's. \. Li- » sont de leur obéissance, et pour sez aussi le Panégyrique d'Isocrate, )> ce on dit le roi de Macédoine et vous y trouverez la plainte de cet » le roi des Lacédémoniens. Celui des orateur contre les Grecs de son temps, » Perses se qualifie simplement le qui, dai^s leur langage ordinaire, w grand roi ou le grand seigneur, donnaient au monarque des Perses » i^îyctç fLctcriXii/ç, fAiynç é^io-TroTnç. Et le titre pompeux de Grand Roi: Où » comme il portait le titre de grand ficLTixia, TOV /uiiycLv tcùrov Tr^oiruycifiù- » seigneur, ses sujets prenaient la IVon euni quasi bello cnpti regeni » pelait la Porte, ses courtisans o« mngnum appellamua? Notez que les w Î7nùùpa,H ficttrlxiaiç, ceux qui étaient rois de Perse ne furent pas les pre- » à la porte du roi. L'empereur des miers qui se donnèrent ce nom. Les )> Turcs lui a succédé au titre de rois d'Assyrie l'avaient porté, comme » grand seigneur, aussi-bien qu'en on le peut recueillir du chapitre XVIII du II*. livre des Rois (4), où l'on trouve les paroles du député de Sen- nacherib. Je me souviens de la ré- ponse que le père Goulu fit quand on Cl itifpia un passage de sa traduc- tion de l'Apologie de Socrate. Rap- portons d'abord les paroles du cen- seur: Je ne sais de quoi l'accuser, si ce n'eit d'une ignorance volontaire en un passage de son Apologie de So- (î) Herottian., lih. JI, cap. II, pag. iS'j. (3) Isocmtcs, in Panei;yr., pag. 96. Voyez l'ariicU Kc.Èsii.Kv$ II, citafion (38).
)) la meilleure partie de ses royau- j< mes, et en la forme de sou gou- » vernement. De façon que, sans ré- » relation et sans prophétie, Socrate » a pu parler du grand seigneur, de )) quoi le paladin ne l'a pu reprendre )> sans découvrir son anerie. Mais de » le renvoyer à Hérodote, à Thucy- » dide, et aux autres bons auteurs, (5) Disroiirs d'Âristarque à Nicaodre, sur les fautes (te Pliyllarquc, pag. 120, 121.
(fî) On M^ sert lie ce mot, a causf* quon avait h faire il Javen^ic, contre lequel il avait paru une satire, iniuulc'c La Défaite du Paladin Ja- versac. Voyei son article.
ARTABAN IV.
i) pour apprendre la vérité de ce que » je dis, ce serait à moi peine per- » due^ car le pauvre malheureux con- » fesse qu'il n'a point de livres, ni i> d'argent pour en acheter^ et à pei- » ne ceux qui ont des bibliothe'ques » lui voudraient confier les leurs j et » puis il n'y entend du tout rien. Je w me contenterai donc de l'envoyer » étudier l'histoire des Turcs au bout » du Pont-Neuf, où les colporteurs » étalent leurs images, afin que, sans 3) qu'il lui en coûte rien, il apprenne, i> dans les cartes où les empereurs w des Turcs sont figurés en taille- » douce, depuis quel temps les Otto- j) raanssont devenus grands seigneurs: « s'il y a huit cents ans, comme dit » le paladin, ou bien si c'est depuis 3> trois siècles seulement (7). » J'ai rapporté tout ce long passage afin que l'on vît à peu de frais, et sans con- sulter les pièces de la fameuse dispu- te du général des feuillans, les ma- nières rudes et grossières de ce temps- là (8) entre les auteurs qui étaient en guerre. Mais ne laissons point tom- ber la supercherie du père Goulu. N'ayant pas trouvé son compte dans y.îyx; fii^fhiùç, il supposa faussement que les mots fxiyoLç S'î^ttÔt^ç sont dans Suidas. Ce n'était point se tirer d'af- faire auprès des lecteurs habiles: cela ne servait qu'à imposer aux igno- rans 5 cela exposait partout ailleurs à la note de faussaire: tout bien comp- té, il se trouve que l'on critiqua jus- tement son grand seigneur.
Au reste, le titre superbe de roi des rois était moins propre que celui de grand roi, à flatter l'orgueil des Orientaux j car nous voyons qu'Ar- taban IV, pour se donner du relief, se fit nommer le grand roi. Il avait déjà eu, comme ses prédécesseurs, la qualité de roi des rois. Du temps de Pompée on la donnait communément au roi des Parthes; et si Pompée ne se régla point sur ce formulaire en lui écrivant, ce fut pour l'amour des autres rois qui étaient venus lui ren- dre hommage (9). Phraates se la donna dans une lettre qu'il écrivit à Auguste (10). Suétone l'a donnée au (n) Achates à Palémon, pour la défense de PliTlIarque, pa^. 43.
(9) Plularcli., in Pompeio, pag. 639, C. (jo) Dio, /('/(, I^y, ad aiinum ']^Z,pag. 63G.
roi des Parthes contemporain de Germanicus: c'est dans l'endroit où il raconte le regret qu'on eut de la mort de cet illustre Romain: Ré- gulas quosJam barbain posuisse, et uxorurn capita rasisse ad indicium maximi lucliLs. Regum etiam Regem et exercitaùone l'enandi et conuiclu Me- gislanuin abstinuisse, qund npud Par- llios justilii instar eU (i t). Je ne m'é • tonne pas du goût d'Artaban, lors- que je considère que le titre de roi des rois a été beaucoup plus commun que le titre de grand roi. On a don- né à Agamcmnon le titre de roi des rois (12). Diodore de Sicile assure qu'Osmanduas et Sésostris étaient qua- lifiés de cette manière, l'un dans son épitaphe ( i3), l'autre dans des in- scriptions de colonne (i4)- Us avaient tous deux régné en Egypte glorieu- sement. Cyrus fut aussi qualifié de la sorte dans son épitaphe (i5); et c'était un titre que l'on donnait à Tigranes, roi d'Arménie (16). L'Ecri- ture sainte le donne à Nabuchodo- nosor (17). Notez que les rois de Per se, qui succédèrent aux rois des Par- thes, continuèrent à se nommer rois des rois. Voyez la lettre de Sapor à Constantius, dans Ammien Marcel- lin (i8), et les notes de Heni-i de Va- lois sur cet endroit-là. Voyez aussi Trébellius PoUion, dans la vie d'Au- rélien, et les notes des commentateurs. Quelques auteurs veulent que les empereurs de Constantinople aient redoublé ce titre: Ils portaient en arnioirie quatre B, que les nôtres ap- pellent Jusi/s, qui l'eulent dire jiita-i- Kiuç fia,TiKitev 0a,TiKiua>v /ictTiKiun, c'est-à-dire, rois des rois, régnant sur les rois ( 19). Disons en passant (jue c'était par faste qu'on laissait à un prince tributaire le nom de roi.
(11) Sueton., in Caligiilâ, cnp. f.
(12; Cicero, Epist. XIV. lih. IX, ad Fami- liar., pag. 3i. Livius, lib. XLV, cap. XXVII.
(i3) Diodor. Siculus, lib. I, cap. XLFII.
(i5; Sirabo, Uh. XV, pag. 5oa.
(i6j Plutarclius, in Lucullo, pag. 3oo, C.
(i-) Voyez la Prophétie d'ÉzécIiiel, chap. XXVI, ys. ■;.
(j8) Ammian. Marcellin., lib. XVII, cap. V, pag. 163, ad unn. 357. lii.sselius, Uuinarum illu^lr. dec. IV, pag. 445, dit faussemenl que Capitolin a parle de celle lettre.
(i()) bodin, de la République, lii-. I, chap. IX, vers la fin, pag. 211.
456 ARTABAZE. ARTAVASDE l".
ARTABAZE, filsdePharnace, par un autre chemin. Si Mardonius commandait les Parthes et les Chorasaiiens dans l'expédition de Xerxës (a). Ce fut lui qui; après la bataille de Salamine, escorta le roi son maitre jusqu'à i'Hellespont, avec soixante mille hommes d'élite {b). Dès que Xerxës eut repassé en Asie, Ar- tabaze revint sur ses pas, et il se crut obligé en chemin faisant avait survécu à cette perte de bataille, il n'eût pas manqué de dire dans son manifeste qu'Artabaze l'avait sacriûe'5 qu'Artabaze n'avait été', ou que le spectateur du combat, ou cju'un fuyard; qu'Artabaze, qui avait dé- conseillé cette bataille, avait contri- bué de son mieux à la faire perdre, afin d'élever un trophée aux lumières de sa prudence. Artabaze ne serait pas le seul qui aurait soutenu par cette sorte de preuves l'opinion qu'il oc v.i«i v^w.^^^ -- aurait eue au conseil de guerre. C'est de punir la ville de Potidée, qui une étrange bévue, que de dire, com- 4 -,:^„„ rioc Ppr^pft me fait M. Moréri, que les Grecs persur les nouvelles de leur mau- vaise fortune. Il l'assiégea fort long-temps, sans pouvoir en ve- nir à bout, à cause des inonda- tions causées par les tempêtes. Il avait été plus heureux au siège d'Olynthe. Il désapprouva la ré- solution qu'on prit de laisser Mardonius en Europe (c), et ce fut aussi contre son avis, que Mardonius s'engagea à la bataille de Platée, qui fut si funeste aux Persans. Artabaze, qui avait prévu ce qui avint, conserva les quarante mille hommes qu'il commandait, et les ramena en Asie, avec beaucoup de pru- dence (A). M. Moréri n'use point là de discernement. Voyez la re- marque.
(a) Herodot., lib. VU, cap. LXVI.
\b Idem, lib. y III, cap. CXXVI.
(c) Idem, lib. IX, cap. LXF, LXXXVIII.
(A) // consert^a les quarante mille hommes qu'il commandait, et les ra- mena en Asie at^ec beaucoup de pru- dence.'\M. Moréri débite qu'Artabaze recueillit les débris de l'armée. C'est n'avoir point entendu l'auteur qu'on cite. Hérodote nous fait clairement comprendre qu'Artabaze retint au- près de lui ces quarante mille hom- mes comme un corps de réserve, et <jue lorsqu'il 1<!S voulut mener au com- bat il s aperçut de la déroute de Mardonius, et prit le parti de la fuite Potidée nu et dégarni de toutes sortes de circonstances, que fait-il là? De quoi sert-il à un lecteur?
ARTAVASDE I"., roi d'Armé- nie, fils et successeur de ce Ti— grane qui fut vaincu par Lu— cullus et par Pompée durant la guerre de Mithridate, trompa vilainement les Romains lors de l'expédition de Crassus (a); car, après avoir été trouver ce général avec six m.ille chevaux, pour lui prometre un secours de quarante mille hommes, il ne tint point sa parole, et s'ex- cusa sur la guerre qu'il avait à soutenir dans son pays contre les Parthes {b). Crassus, se voyant joué, usa de grandes menaces (c); mais il ne fut pas en état de punir cette perfidie: au contraire, Artavasde eut bonne part aux réjouissances qui furent faites à la cour du roi des Parthes, pour la ruine de l'armée romaine. Il avait arrêté le mariage de sa sœur avec Pa- core, fils d'Orode, roi des Par- thes {d); et il était à la cour d'O- (a)Dio, lib. XL. {b) Plutarc. in Crasso, pag. 554- {d) Id., ib-, pag. 564. Cicero, Epist. ad F^miim, lib. XF.
ARTAVÂSDE F'. 4^7 rode, pendant les excès de joie qu'ils se nnissent à genoux devant qu'une si grande victoire y eau- elle, ou qu'ils lui fissent des sup- sa. Il vit mille divertissemens plications: ils ne la nommèrent remplis d'insultes pour les Ro- que par son nom, ce qui fut mains; il assista aux festins et cause qu'on les traita plus dure- aux comédies, et il entendit ap- ment. Quelque temps après on pliquer des vers d'Euripide au fit mourir Artavasde, et l'on en- désastre de Crassus, dont la tête voya sa tête au roi des Mèdes. fut apportée pendant qu'on re- Ce fut Cléopâtre qui lui envoya présentait les Bacchantes de ce ce présent, lorsqu'elle fut de poëte. Cela fournit à Plutarque retour à Alexandrie après la l'occasion de dire qu'Orode en- perte de la bataille d'Actium fg-J. tendait le grec, et qu'Artavasde Elle crut que cette tête porte- a composé des tragédies, des rait le roi des Mèdes à s'allier harangues et des histoires (A), qui subsistaient encore en par- tie. Je ne pense pas qu'il faille distinguer cet Artavasde de celui qui trompa Marc Antoine (B). Il lui persuada de tourner ses ar- mes contre le roi des Mèdes (e); et l'embarqua par ce moyen dans une entreprise qui eut un très-mauvais succès, et oii il ne le seconda nullement {f). Marc Antoine, renvoyant la vengean- ce à une occasion plus commode, dissimula pour le coup; mais deux ans après, savoir l'an '^20 de Rome, il se servit de tant d'artifices, et de tant de belles promesses, qu'il l'attira enfin à s'aboucher avec lui; et alors, il le retint prisonnier, le chargea de chaînes d'argent (C), et l'em- mena en triomphe à Alexandrie. La femme et les enfans d'Arta- vasde furent aussi un des orne— mens du triomphe de Marc An- toine. Ils furent tous amenés à Cléopâtre, au milieu du peuple, chargés de chaînes d'or; mais on ne put obtenir d'eux, ni par promesses, ni par menaces, (e) // s'appelait Artavasde. (/) Dio, lib. XLIX. Stmho, lib. XI, pag. 36i et 366. Plutarcb. in Anlonio, pa§. ySS, plus étroitement avec Marc An- toine contre Auguste. On verra dans l'article suivant ce que de- vinrent les fils d' Artavasde. Il avait une fille mariée au fils du roi Déjotarus (h).
(g) Dio, lih. LI. Voyez la remarque (G), citation (l i).
(h) Cicero, ad Attic. Epist. XXI, lib. V.
(A) Artavasde a composé des tra- gédies, des harangues, et des histoi- res.] Voici un poète et un historien grec qui, en tant que poète, a été' oublie' par Vossius, mais non pas en tant qu'historien (i), quoique Mallin- crot le mette dans son recueil des his- toriens qui avaient e'chappëaux recher- ches précédentes. Mallincrot observe qu'Appien a cité l'histoire de notre Artavasde 5 mais qu'il a donné à l'au- teur un nom un peu différent. Il a- joute que ce prince est le premier de son nom, qui ait régné en Arménic(a). Cela pourrait être vrai, quand même la conjecture de plusieurs critiques sur un passage de Justin serait bonne. Ils prétendent qu'il faut lire Arta^>as- des, et non pas Ortoadistes, au II*, cha- pitre du livre XLIl. Il y aurait donc eu un roi d'Arménie nommé Artavas- des, au temps de Mithridate-le-Grand, roi des Parthes. Ce Mithridate fut (i) Vossius, de Histor. Grœcis, pag-. iS^- (2^ Mallincrot, Paralipomenon de Ili.slor. Grtec, pag. ii et 87: 1/ le nomme avec Vos- sius Artuasdes. M. Ryck, sur Tacite, Tpag. 2S, pre'iend que Plutarque le nomme Arlabaze; mais il est certain qu'il le nomme plus sautent 'Ap'r«to;/*9'<r»iç.
ARTAVASDE I".
chasse, et eut Orode son frère pour successeur, lequel Orode remporta une si mémorable victoire sur les Ro- mains. Notre Artavasde, à la ve'rité, régnait en même temps qu'Orode ^ mais rien n'eraj^êche qu'il n'ait com- mencé de régner avant lui, et que 720? M. Moréri remarque «jue ce prince détrôné mourut en prison quel- que temps après. C'est oublier une circonstance très-essentielle, car il fut -TToXifjiotj (10), Bello Actiaco gliscente inlerj'ectus est. Cléopûtre, selon Dion, Tisrane son père ne soit mort avant était de retour à Alexandrie, après la la déposition de Mithridate-le Grand; bataille d'Actium, quand ce meurtre auquel cas Artavasde aura pu être en guerre avec ce dernier. Il est vrai, qu'afîn que Justin soit d'accord avec Plutarque (3) et avec Dion (4)) il faut supposer que son Mithridate-le-Grand est lePhrahate que ceux-ci font régner du temps de Tigrane.
(B) Je ne crois pas qu'il J'aille dis- tinsuer cet y/rtafasde de celui qui trompa Marc Antoine. J Voici mes raisons. Celui qui trompa Crassus, était fils de Tigrane, à ce que Dion assure (5). Celui qui trompa Marc An- toine était fils de Tigrane, à ce que dit Josephe (6), dont le témoignage pour- rait être confirmé en cas de besoin par Strabon qui assure, non-seulementque celui que Marc Antoine punit de sa perfidie avait régné aprèsTigrane ("7), mais même qu'il était son fils (8). Donc, celui qui usa de supercherie envers les Romains au temps de Crassus, est le même qui les trompa dans l'expédi- tion de Marc Antoine. M. Moréri ne l'entendait pas ainsi: il voulait qu'oa reconnût deux Artavasdes. S'il en fi'lt demeuré là, on n'aurait pas trouvé fort étrange son sentiment; mais voici ce qu'on ne saurait payer. Il veut que l'un de ces Artavasdes soit celui qui avait composé des histoires et des poé- sies, et que l'autre soit celui que Marc Antoine mena en triomphe dans A- lexandrie l'an 720 de Rome. Il dit que celui-ci laissa un fils de ce même nom, qui est peut être celui dont parle Plutarque, qui aidait tant d'esprit (9) et qui trahit Crassus. Quel aveugle- ment! Crassus fut trahi l'an 701; ce- lui qui le trahit était actuellement roi d'Arménie: comment donc serait-il le fils d'un roi d'Arménie détrôné l'an (3) Plutarcli., m Pompeio.
(4)Dio, Ub. XXX ru.
(5) Idem, lih. Xt. (G) Joscpli., Ub. XV, cap. V. (^)Sliabo, lib. XI, subfnem. (g) Plulari|iie ne. du point qu'il eût beaucoup, Kl tant d'cspiit.
fut commis (i i). On ajoute qu'il laissa un fils nommé Artavasde. Ce n'est point cela j son fils aîné, qui lui suc- céda, se nommait Artaxias; son au- tre fils se nommait Tigrane: et quant à cet autre Artavasde, qui, selon M. Moréri, citant Tacite, perdit bientôt l'Arménie, que Tibère lui avait don- née, il n'était point fils de l'autre, et il ne fut que le troisième ou le qua- trième roi après lui. Il est faux de plus que Tacite nous apprenne que Tibère lui donna l'Arménie. Voici ce qu'il dit: Dein jussu Aui^usti impo- situs Artauasdes, et non sine clade nostrâ dejeclus, Tum C. Ccesar com.- ponendœ Armeniœ deligitur. Js j^rio- barzaneni, origine Medum, oh insig- neni corporis formam et prœclaruni animum uolentibus Armeniis prœfe- cit (12). Enfin, ce que dit M. Moréri, qu'Auguste y avait envoyé un fils d'A- grippa qu'on chassa bientôt, est très- faux j car l'envoi de Caïus César fils d'Agrippa fut postérieur à la ruine du dernier Artavasde. Caïus César ne fut point envoyé dans l'Arménie pour y régner, mais pour y mettre ordre aux afl'aires; il y établit Ariobarzanes, et puis continua de visiter l'Orient avec une pompe digne de l'héritier pré- somptif de tout l'empire romain. Si l'on tâchait à faire des fautes, en fe- rait-on plus que M. Moréri? En feraiton sept ou huit dans seize lignes? M. Hofman n'en fait que ti-ois dans cet article. Il dit, 1°. qu'Artavasde se- courut Crassus contre les Parthcs (i3) j 2°. que Tibère donna l'Arménie à un autre Artavasde; 3°. qu'avant cela, Auguste l'avait donnée à Artabaze fils d'Agrijipa, qui fut bientôt chassé. M. Llovd a supprimé tout cet article, quoi<iu'il fût assez bon dans Charles Etienne.
(C) Marc Antoine...le chargea' (10).Sirabo, lib. XI, subjinem.
(11; Vurez Tacite, Annal, lib. II, cap. III.
(12) Idem, ibid.
(i3) Charles Etienne le dit aussi.
ARTAVASDE II. 459 de chaînes d'argent.'] Dion remarque plaintes de ses sujets, et sur la qu'on les choisit telles, pour ue pas aemande qu'ils firent de Tigrane par des chaînes de fer («Ij- Paterca- ^on ficre, qui était eleve a Re- lus dit qu'afin qu'elles fussent hono- me, Auguste donna ordre a li- rables, on voulut qu'elles fussent d'or, bère de chasser Artaxias, et de Caienis, sed ne quid honoii Jeesse.i, conférer le royaume à Tigrane <2wei4 ct/jrit fi5). On avait use d une.,. - «-^, ^ semblable cérémonie envers Darius {d). Artaxias fut tue par ses su- (16) JJais que dirons-nous de M. Ryck, jets ayant 1 arrivée de Tibère ( A); qui a traité de fiction un fait avance ainsi il ne fut pas malaisé d'in- par Louis d'Orléans pour accorder Pa- staller Tigrane (e). Cela fut fait terculus avec Dion (17): Ce lait est,, •> / j d t- qu'Artavasde fut chargé de chaînes 1 an 784 de Rome. Tigrane, m d'argent en prison, et de chaînes d'or Ses fils, ne jouirent pas Ion g- le jour du triomphe. M. Ryck soutient temps de la royauté {f); ils fi— que ni l'un ni l'autre de ces historiens rent place à A"rtavasde II (B), n a parle, ni de prison, ni de triom-. ^,. phe, et qu'ainsi on ne sa.irait les con- 4"^ "^ conserva guère ce poste cilier ensemble. Il est pourtant vrai {g)- Auguste, qui le lui avait que Dion, dans la même page où il a donné, apprenant les confusions parlé des chaînes d'argent, parle des jg l'Arménie, y envoya Caïus cliaines a or ffu on donna a Arta\asde ^,,-. ri et à sa famille le jour du triomphe, ^esar sou j^etit-fils, pour y met- Admirons les mauvais tours que la tre ordre. Ce jeune prince y éta- mémoire nous fait. blit pour roi Ariobarzane, avec (i4) Dio, lib. XLix. circajinem. la satisfactiou de tout le monde.
(i5) Paterculus, lib. II, capitR LXXXII.
(163 Curiius, lib. r, cap. XII. Vide ihi {d)Ty\o, Uh-LlV.
(i") Ryclt, Anlmadv. ad Tacit. Annal., lib- ^ ' II,'eap. III, pag. liS, 2Q. if) ^^^ Tigrani diuturnum imperium fuit, nec libcris e/us. Ticilus, Annal., lib, ARTAVASDE II fut établi 11, cap. m.
roi d'Arménie j>ar Auguste. Il (sJ Tacit., Annal., lib. 11, cap. m.
avait été précédé deimis la mort...~,.
d'Artavflsde \" mr ArtaKiis mr ^^> ^rtaxiasfut tue avant l arrivée d Arta\asae 1.pai Aitaxias, pai ^^ Tibère.] Dion, qui nous apprend Tigrane et par les enlans de li- eettc circonstance, s'est abusé sur les grane. Artaxias, fils aîné d'Ar- noms; car il appelle Arlabaze celui 1 j> • •'> trahison de ses parens: occiso Armais non pas avant que d avoir taxiâ per dolum propinquorum {1) -, essayé de se maintenir avec ses mais Horace l'attribue à la valeur de troupes et les villes qui le décla- Tibère, rèrent roi lorsque son i^ère eut ■ • •. ^'■'""^' vinute Neronis ete pris (y). 11 eut le malheur d'être battu par Marc Antoine; ^ °e faut pas s'en étonner, les poètes .1 ■^ 'c ■ ^ I savent trop bien donner un bon tour <^t a ors il se retugia chez les.. '...q. aux evenemens; tout se convertit en Fartties, et il ht si bien avec sujets de louanges entre leurs mains j leur secours, qu'enfin il régna ils trouvent partout des fleurs pour dans l'Arménie (c): mais sur les e° couronner les princes. Josephe dit (a) Joseph., Antiq., lib. XV, cap. V. (i) Voypj. Lipse sur les Annal, de Tacite, liv.
{}>) Dio. lib. XLIX. II, chap. III.
(c) Arsacidanim mj seque regnumr/ue tu- (2) Tacitus, ibid.
tatus est. Tacitus, Annal., lib. II, cap. III. (3) Horat., Epist. XII, vs. 26, Uh. I.
ARTAVASDE II.
seulement qu'Artaxias fut chasse' par dactâ Armeiiiâ in potestalem popuH Archelaiis et par Tibère (4)- Sue'tone, Romani, regnum ejus ylrtai'asdi trasans dire un mot d'Arfaxias, se con tente d'observer que Tibère mit Ti- grane sur le trône: Ducto ad Orien- tent exercitu regnum ^rmeniœ Ti- grani restiluit, ac pro trihunali dia didit (9). Ce n'est pas sa seule faute, il a nomme Artavasde celui que Tibè- l'e couronna roi d'Arménie, et il fal- lait le nommer Tigrane.
(B) Tigrane et sesjils,...jirentpladema itnposuit (5). Je ne vois pas que ce a Arlavasde //. J Les auteurs du le terme de restituer ait ète ici bien employé, car Tigrane, qui était le cadet d'Artaxias, n'avait jamais été possesseur de l'Arménie, et n'avait point dû l'être pendant la vie de son aîné. Scaliger, qui a eu raison de di- re qu'Eusèbe ne devait point se servir d'un mot signifiant que l'Arménie fut subjuguée par Tibère (6 ), puisque les Arméniens ne demandèrent pas mieux que d'avoir pour roi Tigrane qu'il leur amenait, Scaliger, dis-je, qui relève justement cette fausseté, Supplément de Moréri n'ont pas été en cet endroit moins fautifs que Mo- réri même. Je laisse passer ce qu'ils disent, que notre Artavasde était fils d'Artaxias, et par conséquent neveu de Tigrane; il n'est rien dit de cela dans le IP. livre des Annales de Ta- cite, le seul auteur qu'ils aient cité. Mais passe pour cela: ils ajoutent que les fils de Tigrane furent nommés rois par l'ibère, et i\\x^ Artavasde II, leur cousin, succéda bientôt à la cou- ronne par ordre du même empereur.
ou cette impropriété d'Eusèbe ( 7 ), Tacite, leur témoin unique, les conaurait bien fait d'éviter le restiluit fond, car il dit expressément que tout de Suétone, et de ne pas donner le cela fut fait par Auguste. Il ne dit titre d'usurpateur à Artaxias (8). Il y point avec eux que les Romains aient a une autre impropriété ou fausseté fait la guerre à cet Artavasde, et qu'ils dans Eusèbe et dans saint Jérôme, son l'aient enfin détruit: ses paroles sont, traducteur, qui n'a pas été relevée non sine clade nostrd dejeclus, qui