qu'un tel homme fût devenu un législa- teur si utile augenre humain.^Ses paro- les sont remarquables: Id solumpossu- mus indignari, unum hominem è le- uissimdgente, sine opibus ullis orsum, uectigalis sui causa, repente Iffges sa- lutis humano generi dédisse, quas tamen poslea abrogauêre multi (il).
(F) f^oiciles fautes de quelques auteurs touchant Asclépiade.'\ Meur- sius a été repris pour avoir cru qu'Asclépiade de Myrlea, et Asclé- piade de Nicée étaient deux person- nes. Malè Meursius hune Myrlea- num et Nicenum tanquam duos dis- tinctos recenset (12). Jonsius prétend que c'est une erreur, et que le même Asclépiade, qui était né à Myrlea et originaire de Nicée, est surnommé Myrleanus et JVicenus indifférem- ment. Pinedo était dans la même erreur que Meursius (i 3). Dansl'inad causam, reuocando, conjecturée fècit, quinque res maxime commu- niuni auxiliorum professus, abstinen- tiam cibi-, alias vint, fricationem cor- poris, ambulationem, gestationes: quœ ciim unusquisque semetipsum sibi prcestare posse inlelligeret,favenLibus cunctis ut essent vera quœ facillima erant, universum propè humanum genus circumegit in se, non alio modo, quam si cœlo emissus advenisset (8).
(D) La plus grande partie des ver- tus magiques des herbes étant chimé- riques, il fut facile à Asclcpiade de faire perdre le crédit des anciens re- mèdes.^ C'est le propre de l'homme de ne garder point de milieu. Ne l'aver- tissez pas que l'on coud des faussetés à l'intini avec les faits véritables, il croira tout. Désabusez-le d'une par- tie des faussetés, en lui montrant avec évidence qu'il y avait été trom- pé, il doutera de tout. Voilà com- ment les impertinences des remèdes qu'on nommait magiques aidèrent Asclépiade à renverser les choses mê- mes qui pouvaient être fondées. Pline va nous peindre heureusement cette inclination aux extrémités, qui se re- marque dans le cœur humain. Super omnia, dit-il (9), adjuvêre eum ( As- clepiadem ) magicœ wanitates, in tantum evectœ, ut abrogare herbis fidem cunctis passent. jEthiopide herba amnes ac stagna siccari con- jectu, tactu clausa omnia aperiri. yichœmenide conjectd in aciem hos- tium, trepidare agmina, ac terga ver- tere. Latacen dari snlitam a Persa- rum rege legatis, ut quocumque bé- nissent omnium rerum copia abunda- rent; ac multa similia. Ubinam istce fiiêre, ciim Cimbri Teutonique terri- bili Marte ulularent, aut ciim Lucul- lus tôt reges Magorum paucis legionibus sterneret? curve romani duces primam semper in bellis commercio- rum habuére curam? cur hercule Cœsaris miles ad Pharsaliam famem sensit, si abundantia omnis contingere unius herbœ felicitate poterat? Non satius fuit jEmilianum Scipionem Carthaginis portas herbd patejacere, quam machinis claustra per tôt an- nos quatere? Siccentur hodiè jEthio- (8) Idem, lih. XXFI, cap. III, pag. 444- (9) Idem, ibid., cap. IV, png. 446- TOME H.
(10) Idem, lib. XXIX, cap. I.
(11) Idem, lib. XXri, cap. lit, pag. 445.
(12) Jonsius, cleScript. Hist. pbilos., pag. 167. (l'j) Pinedo, in Stepban, Byzantin., pag. 4v9t num. i5 etpag. 757.
3i ASCLÉPIADE.
dice des auteurs qui sont cite's par Athenee, on entend d'Asclëpiade de Myrlea ces paroles du X*'. livre 5 'Ker- xKnTTui.hi h Toîç Tpa.yoùS'ov/Lthoiç (i4)- Dalechamp les a traduites, Asclepia- des libro de Us quorum noniine editce sunttragœdiœ. Casaubonren censure, et lui fait voir que le titre de cet ou- vrage n'était pas du genre masculin TpttyetiS'oùfjiivoi, mais du genre neutre tpctycùS'oùiJ.i^ct.-^ et que c'est ainsi que Plutarque Ta cité (i5). Il ne dit point où l'on trouve cette citation: je dirai donc, pour suppléer à ce défaut, qu'on la trouve dans la vie d'Isocrate, comme on le verra bientôt. Casaubon eût pu ajouter que ce même ouvrage d'Asçlépiade est cité au genre neutre par Etienne de Bysance et par Pho- tius. On le verra tout à l'heure. Ce critique a cru qu'Asclépiade expli- quait dans ce traité -là les actions qui avaient servi de matière aux poètes tragiques. Je ne doute point de cela, ni de la faute deDalechamp. Le traducteur latin de Plutarque a bronché sur le même titre; car il a rendu ces paroles de Plutarque, 'Aa-- xXM'^iatJ'MC 0 tÀ ^fiLya>S^(tiifJ.i^t*. a-uyyptt- ■^Aç, -pur ^ s clepiades tragœdiœ scrip- ton (16). Cela montre assez clairement, sans qu'il faille se servir de la suite de sa traduction (17), qu'il a pris As- clépiade pour un auteur de tragédies.
André Schotfait la même chose, dans sa traduction de Photius. Photius, num. CCLX, i456, parle ainsi: 'Aa-- ')/p*->|,«To(i8): c'est-à-dire, selon An- dré Schot, Ascleplades qui tragoe- dias scripsit. C'est un abus: TAscle- piade, dont il s'agit là, ne nous est point représenté comme un tel auteur. Notez en passant qu'il fut disciple d'Isocrate, vous en pourrez inférer en quel temps il a vécu. Pinedo a mieux entendu que le traducteur de Plutar- que le sens du ta.otTpcLyctsi'civy.ivut.; car en traduisant ce grec, 'Aa-zAnTnieTnç é (19), il a dit, Asclepiades qui de re- (i5) Casaub., in Atlien., png. •569.
(17) Elle confirme qu'il a prij Tragœdiw scrip- tor, non pa\ pour un homme qui traite de la tragédie, mais pour un poêle qui compose des tragédies.
(18) Pliolii Fibllotli., cod. CCLX.
(jg) Sicpli. Bysanlin., varlioT parythoç.
bus in tragœdiâ decantatis sex libros scripsit. Ces paroles grecques sont tirées de l'endroit où Etienne de By- sance nous apprend que l'Asclépiade, qui composa ces six livres, était de Tragile ville de Thrace. Je voudrais que Casanbon eût censuré Dalechamp, qui s'est figuré qu'Athénée cite Asclé- piade de Myrlea dans le passage que l'on a vu ci-dessus. Gesner a commis la même faute (ao). Etienne de Bysance eût fourni la justification de cette cen- sure. Vous trouverez dans Pinedodeux grosses fautes: il dit premièrement, qu'Asclépiade de Myrlea, disciple d'A- pollonius, fut un grammairien qui enseigna sous le grand Pompée dans Rome, et qui avait demeuré à Alexan- drie pendant sa jeunesse sous Pto- lomée IV. En second lieu, il nous donne à deviner si c'est le même As- clépiade, qui enseigna la grammaire dans la Turditanie, province d'Es- pagne (21). Je lui représente sur le premier chef, qu'un homme, qui aurait vécu sous Ptolomée IV, et qui aurait enseigné dans Rome au temps de Pompée, aurait été un prodige j car, entre la dernière année de ce Ptolomée, et la mort de Mithridate vaincu par Pompée, il n'y a pas moins de i4o ans. Sur le second chef je me contente de dire, que Strabon dit nettement qu'Asclépiade de Myrlea enseigna la grammaire dans la Tur- ditanie (22). le sieur Pinedo l'avait remarqué lui-même dans un autre Iieu(23). D'où vient donc qu'il en a fait un problème?
Examinons en deux mots une re- marque du père Hardouin. Il dit qu'Asclépiade de Pruse fut ami de Cicéron, et il le prouve par un pas- sage du premier livre de Oratore. Il n'en rapporte qu'une petite partie (24)5 mais le voici tout entier: JVeque i^erô Asclepiades is, quo nos medico arnica- que usi sumus, tùm quiim etoquentid ifincebat cœteros medicos, in eo ipso quod ornatè dicebat, Medicinœ fa- cultale utebalur, non eioquentiœ{i5).
(20) Gesner., in BihVioth., Jolio Ç)"].
(21) Pinedo, in.Steph. Bysanlin., pag, ^Sj.
(22) Slrabo, lib. IJI, pag. io8, (23) Pinedo, in Sleph. Bysantin., pag. 47t)- (24) Eloqiiens inedicus diciliir Ciceroni, lib. I de Oral., pag. 2Si, qui se eo medico et amico usum esse gloriatur. Harduinus, in In- dice Autor. Plinii, pag. gg.
C25} Cicer., de Orat., (il). I, folio 6i, C ÀSCLÉPIADE.
Il faut savoir que ce n'est pas Ciceron qui parle, mais l'orateur Crassus. C'est donc de Crassus, et non pas de Ciceron, qu'Asclepiade a été l'ami et le médecin. Prenez garde que Ci- ceron suppose que Crassus parlait ainsi l'an de Rome 662 (26)^ et n'ou- bliez pas qu'on parle là d'Asclépiade comme d'un homme qui ne vivait plus. Cela nous fournit une objection contre Pline, qui a dit qu'Asclepiade, ne gagnant guère à la profession de l'e'loquence, se tourna du côté de la médecine au temps de Pompée (27). 11 est sûr qu'en 662 Pompée nctait encore qu'un jeune garçon. Voyez la remarque suivante, num. IV.
Jonsius suppose qu'il y a eu deux Asclépiades de Myrlea; que le premier fut disciple d'Apollonius le grammai- rien, et auteur d'un livre intitulé ^lAos-ô^iûJV /SiCai'cdv (TtopôajTiKst, Philoso- phorum librorum emendationes (28), et que le second fit des livres tou- chant la grammaire et touchant les grammairiens {29). Je ne vois pas sur quoi il se fonde pour admettre cette distinction. Sa meilleure preuve se- rait de dire, qu'Asclepiade de Myrlea réfutait dans sa grammaire un sen- timent de Denys de Thrace. In isto opère Dionysii Thracis de partibus grainmaticce sententiam rej'ellit, teste Sexto Empirico (3o). Ce Denys, selon Suidas, enseigna dans Rome au temps de Pompée, et avait été l'un des dis- ciples d'Aristarque. 11 faut donc, me dira-t-on, que l'Asclépiade qui l'a réfuté soit différent du disciple d'A- pollonius. J'admets cette conséquence, mais je soupçonne qu'il y a un peu d'erreur dans Suidas. Il me semble qu'un disciple d'Aristarque (3 1) eût été trop vieux au temps de Pompée (32) pour enseigner: je dis donc que De- nys de Thrace disciple d'Aristarque n a pas vécu jusqu'au temps de Pom- pée. Il est donc possible qu'Asclepiade disciple d'Apollonius l'ait réfuté; car cet Apollonius ayant été' bibliothé- (26) Vide Fabricium, in Vilâ Ciceronis, ad ann. Vrbis 662.
(27) Plln., lib. XXyi,caj>. III.
(28) Jonsius, de Script. Hist. Fliilotoph., (29) Idem, ibid., pag. aoS.
(30) Idem, ibidem.
(îi) Aristarquejlorissait en l'ofympiade i56. (32) Il mil fin à la guerre de Mithridale en L'olympiade 17}).
caire d'Alexandrie après Eratosthène (33) qui mourut au commencement de l'olympiade 146 (34), a pu fort bien être contemporain d'Aristarque. 11 a donc pu avoir des disciples con- temporains de ceux d'Aristarque. il n'estdonc pas nécessaire qu'Asclepiade réfutateur de Denys de Thrace, soit plus jeune qu'un Asclépiade disciple d'Apollonius. Je ne sais pounpioi Vossius acquiesce si bonnement à la liaison qui a été faite par Suidas entre la qualité de disciple d'Aristarque, et celle de professeur à Rome au temps de Pompée (35). On le critique avec raison surce qu'il a dit qu'Asclepiade d'Alexandrie lit un ouvrage louchant les peuples d'Attique, et il en donne pour témoin le st;oliaste d'Aristo- phane. Asclépiades Alexandiinus (*) Toiç Ko/rà, tTîï^MOv i*fi;tovTa.ç consignafit, ut autor est scholiastes Aristopfianis in lYubes (36). Jonsius lui montre que le scoliaste ne dit autre chose, sinon que cet Asclépiade nommait les démarques Tot/c KetTÀTàv <fîï//.ov ctp;^''*'" (G) Celles de M. Moréri ne sont pas considérables. ] 1°. Les anciens auteurs n'attribuent pas à Asclépiade de Myrlea, comme il l'as- sure, l'Histoire d'Alexandre-le-Grand cite'e par Arian, 2°. Dire que Stra- bon ajoute qu'Asclepiade de Myr- lée avait enseigné la grammaire en Espagne, c'est prétendre qu'il avait dit les autres choses que Moréri avait déjà rapportées. Or cela est faux. 3°. C'est sans raison qu'il met en doute que la relation d'Espagne soit d'un autre Asclépiade, car Strabon la donne formellement à celui-là. 4°- Il ne fallait pas avancer si hardiment que Mithridate était en guerre at^ec les Romains, lorsqu'il tAcha de faire venir à sa cour le médecin Asclépia- de; car nous avons vu ci dessus (38), que Ciceron parle de ce me'decin comme d'un homme qui n'était plus eu vie l'an 662 de Rome j temps où (33) Jonsius, de Script. Hist. pbilosopli,, (34) Vossius, de Histor. Graecis, pag. 108.
(") Popidi Auici.
(361 Vossius, de Histor. Giaecis, pag' ^"7- (37) Jonsius, de Script. Hist. PhilofOpb., 484 ASPASIE.
Mithridate n'avait pas encore fait la guerre au peuple romain, si l'on veut bien suivre l'exactitude des termes. Ceci montre que M. Morëri pourrait bien s'être abusé en assurant qu'Asclé- nïade était en estime à Rome du temps de Pompée-le-Grand,...c'est-à-dire^ ASTYANAX.
ASPASIE de Milet, maîtresse de Përiclès. Nous donnerons son histoire dans la remarque (0) de l'article de Périclès.
ASPASIE de Phocée, maîlorsque ce grand homme y était le tresse du jeune C\RUS. Nous don- premier de la république. Ne met-il ^ •. - t i pas la naissance de ce Pompée au der- nier jour de septembre de l'an 648 de Rome? Comment accordera-t-il cela nerons son histoire dans la re- marque (C) de l'article de ce prince.
le passage de Ciceron, où il est ASTYANAX, fils unique d'Hec- ; d Asclepiade? Je sais bien qu il, 1, » i / » v j de l'inquiétude aux Grecs au mi- lieu de leurs victoires, quoiqu'il ne fût encore qu'un enfant. Les vents contraires les empêchant avec se peut couvrir de l'autorité de Pline, et que Jonsius lui fournirait un se- cond témoin j mais qui lui a dit que Pline soit plus croyable que Cicéron? Qui lui a dit que Jonsius ne se trompe as? jisclepiades medicus quidam.
( voilà un quidam mal employé: cet de s'en retourner chez eux après Asclepiade est trop célèbre pour me- Ja ruine de Troie, Calchas dériter une épithète si méprisante (Sg), Prusiacus in Bithyniâ philophysicus cognomine sub Pompeio M. i^ixit, teste Strabone, lib. XII {^o). Je n'ai trouvé au Xll*. livre de Strabon, si ce n'est qu' Asclepiade de Pruse était médecin (40* ^^ P^''^ Hardouin at- tribue à Strabon, qu'il cite 1. XII. p. 566, la même chose que Jonsius (4»). 5". L' Asclepiade dont Plutarque fait mention dans la vie d'Isocrate n'était point un poêle tragique (43), comme l'assure M. Moréri.
clara qu'il fallait précipiter As- tyanax du haut en bas des mu- railles; parce que, s'il devenait grand, il ne manquerait pas de venger la mort de son père, et d'être plus brave encore que lui. Là-dessus, Ulysse se mit à le chercher; et l'ayant trouvé, nonobstant les soins qu'avait pris sa mère de le cacher, il le jeta (H) Il y eut un autre Asclepiade, en bas des murailles («). D'autres médecincélèbre, sous l'empire d' Ha- ^ispnt aue ce. fut Ménélas oui drien. ] Il était de la même ville que le précédent (44) 1 et il fleurit sous Trajan, sous Hadrien et sous Anto- nin: il fut aflrauchi par un certain Caipurnius, et il obtint la bourgeoi- sie romaine, et plusieurs autres pré- rogatives. Une inscription nous ap- Îtrend toutes ces choses: voyez les ettres de Reinesius (45). Il composa plusieurs livres sur la composition des remèdes tant internes qu'exter- (39) Conférei ce qui a été dit ci-dessus au commencement de la remarque (Y) de Varticle d'Antoine Aknavld, le docteur.
(40) Jonsius, de Script. Hist. Philosoph,, (4i) Strabo, lib. XII, pag. Bgo. (4a) Harduin., in Indice Autor.
(43) Voyei la remarque précédente.
(44) ^^ Pruse en Bithynie.
(45) F.pist. Reinetii ad flofmannum et Ruper- «nm, png. ifj/i.
disent que ce fut Ménélas qui fit cette exécution (b). D'autres l'attribuent à Pyrrhus tout seul, sans dire que les Grecs, ou Cal- chas, l'eussent jugée nécessaire (c). Quoiqu'il en soit, les poètes, et les faiseurs de romans ont bien su le ressusciter, ou plutôt le faire échapper de la main des Grecs (B).
(a) Servius, in JEaeïd., lib. HT, i>s. 489 (b) Idem, in jEneïd., lib. II, us. 457.
(c) Pausan., lib. X.
(A) Il était fils unique d'Hector et d' Andromaque. ] Homère le dit ex- pressément i car il ne faut point dou- ter que ceux qui traduisent 'ExTopiVViv à^cfWMTciv (1), YfAvfils unique d'Hec > (i) Homer., lliados lib. FI, vs. 401.
ATHÉNAGORAS.
tor, n'aient raison: c'est ainsi que des Goths obligèrent lè&Troyensou l'entend le scoliaste. Les regrets Sicambriens à se retirer en AUemad'Andromaque au XXII^. livre de TI- gne, où ils se divisèrent en deux liade témoignent clairement qu'elle branches: l'une desquelles fonda enn'avait que ce fils. Hector lui don- fin la monarchie française dans les nait le nom de Scamandrius, et les Gaules; l'autre s'arrêta' dans l'AUe- Troyens l'appelaient Astyanax, à magne, et y fonda la Franconie, ou.
cause qu'Hector était la seule défense la France Orientale. Que de chimède la ville (a). res! M. Moréri, ne conside'rant pas (B) Les poètes, et les faiseurs de que les auteurs de ces légendes sont roman ont bien su le faire échap- assez chargés de mensonges, leur en per de la main des Grecs. } Ils ont dit attribue qu'ils n'ont point dits. 11 imque le même fiis d'Hector, qui avait \i\y\e au faux Manethon, et a d'autres été nommé Astyanax ou Scamander, auteurs de celle trempe, d'ai'oir fait s'appela Francion, et qu'il fut la tige premier roi des Gaules Francien ou d'où les rois de France sont sortis (3). François (7), fils d'Hector. Mais ils Le Manethon d'Annius de Viterbe dit ne prétendent point cela, puisqu'ils que Franeus, fils d'Hector, fut roi des disent que le roi des Gaules lui donna Celtes, c'est-à-dire, des Gaulois, sa fille. De plus, quelle négligence L'imposteur, qui a forgé cette pièce, n'est-ce pas, que de faire connaître cite dans ses notes Vincent de Beau- Andromaque seulement comme mère vais, qui dit que ce Franeus s'étant de ce Francion, lorsqu'on pouvait lui retiré dans les Gaules, après la ruine donner un fils plus réel, je veux dire de Troie, s'y fit tellement aimer du Astyanax! Voilà deux fautes de Moroi, qu'il en épousa la fille, et qu'il réri, en voici une autre. Il dit qu'Assuccéda à sa couronne. Je n'ai point tyanax fut précipité par ordre d'Utrouvé dans Manethon (4) ce que du lysse, et il cite l'Enéide de Virgile.
Pleix lui at^tribue; c'est que Franeus Or, ce poète n'a rien dit de semblable dans aucun de ses ouvrages. (7) Cesl mal traduire le nom propre Francns.
ATHÉNAGORAS, philosophe succéda à Rhémus, roi des Gaules, duquel il avait épousé la fille (5). Je n'ai pas même trouvé cela dans le commentateur de Manethon. Du Pleix ajoute que Trithème, alléguant pour son auteur Hunnibaud, quivii'aitsous athénien, florissait après le mi- Clot^is 1"., et celui-ci nommant pour \[q^ ^u IF. siècle, et avait beau- ses garans Dorac et ff' asthald, kisto- „_,,^ «1p 7plp nmir l'pvano^lp pI riens Scythes, dit qu'Hector eut deux * u'j-- m '.
fils, dont l'un, appelé Astyanax ou beaucoup d érudition, lout cela Scamander, périt à la prise de Troie, paraît par l'yà^po/og^ie qu'il adressa l'autre, appelé Laodamosifi) ouFran- aux empereurs Marc Aurèle Ancion, échappa des mains des ennemis, et s'enfuit auec un bon nombre de Troyens en la Pœonie, qui depuis fut dite Pannonie; et ayant été accueilli humainement du roi des Pœoniens, il s'arrêta en cette contrée sur les fron- tières de Scythie, et y bâtit la ville de Sicambrie, où lui et sa postérité tonin, et Lucius Aurèle Com- mode. Ce fut l'an 1 79, si nous en croyons Baronius ( a ), ou l'an ï68, si nous en croyons M. Dodwel {b). Il n'est pas aisé d'établir solidement que la derrégnèrent jusques au temps du roi nière opinion soit plus probable Antenor, qui fut tué par les Goths 49.0 que la première (A). Je ne vois ans avant Jésus-Christ. Les violences ^ „,•„„„ ^^ „„ >a personne qui ne suppose qu Athénagoras fut député par les chrétiens à la cour impériale, et (2) Ibidem, vs. 4o3, et lib. XXII, vs. 507.
(3) yoyez Ronsard, au commencement de la Franciade.
(4i Edition d'Anvers, m-8*>., en iSSa.
(5) Du Pleix, Mémoires des Gaules, tiv. II, chap.XXir.
(0) Diclys de Crète, an livre VI, dit que Pyrrhus emmena prisonnier Laodainaf (ils d'Hector et i Andromaque, (a)Baron. Annal. Ecclesiast., tom. II, pag, [b) Dodwel, Dissertât. Cypriaa. XI, num.
qu'il y présenta actuellement leur apologie (B); mais il y a lieu de douter de ces faits-là, et l'on peut croire assez vraisem- blablement la même chose tou- chant cet écrit, que touchant une infinité de requêtes des pro- testans de France, qui ont été imprimées, sans avoir jamais été présentées au prince (G). Je ne sais sur quoi l'on se fonde, quand on dit qu'Athénagoras était prê- tre (c). On a quelque raison d'ê- tre surpris qu'il ait été inconnu à Eusèbe, à saint Jérôme, et à presque tous les autres pères; car on ne le trouve cité que dans un ouvrage de saint Epiphane (D). Il n'était pas bien purgé de toute hétérodoxie (E): à cela près, les deux ouvrages qu'on a de lui sont importans (d). Le style en est bon et bien attique, mais un peu trop chargé d'hy- perbates et de parenthèses. Ils ont été mis sous la presse une infinité de fois, comme on le peut lire dans M. du Pin, qui a oublié néanmoins quelques édi- tions (F). Je parlerai d'un roman, qui a paru sous le nom d'Athé- nagoras (G). Si j'eusse pu con- sulter la dissertation que le père le Nourry a publiée (e), j'en eusse tiré sans doute quelques bons matériaux pour cet article; mais son ouvrage n'est point parvenu encore jusqu'à nous (/), quoiqu'il ait été imprimé l'an 1697. J'en ai vu quelque chose (r) Le père Labbe, Dissertât, de Script, ecclcsiast., tom. /, pag-. 65, l'assure, et Moréri aussi {cil L'autre est un Traite de Resurrectione.
(k) C'est la IIl'. du Tl". tome de son Appa- ralus ad Bihliolliecam niaKimam Velerum Patruni.
(./) J'écris ceci en avril 1699.
ATHÉNAGORAS.
dans le journal des savans (g), et dans les Acta Eruditorum de Leipsick (h).
(g) Du i3 de mai 1697, pag:. 33i.
(//) Du mois de décembre 1698, pag, 554- aisé d'étahlir que la dernière opinion soit plus probable que la première. ] On allègue de part et d'autre beau- coup de raisons. Voici celles de M. Dodwel(i). L'Apologie d'Athe'na- goras est adresse'e à deux empereurs, à qui l'auteur donne les titres à'^r- meniacis, Sannaticis, et quod maxi- mum est, philosophis ■ Cela convient à Marc Aurèle et à Lucius Aurèle son frère, naais non pas à Lucius Aurèle son fils. Celui-ci n'a jamais été nommé philosophe,et il paraît, par la seconde Apologie de Justin, que ce titre était commun à Lucius Aurèle et à Marc Aurèle son frère. Hune ti- tulum cum Marco Lucium P^erum ha- buisse communem constat è seciindâ ^polngid Justini (2). Le père Pagi, Dissert hypat. pag. ai6, se sert de la même raison, et cite Eusèbe, liv. If^, chap. Xil. Or ce Lucius Aurèle mourut vers la fin de Tan 169. L'Apo- logie fut donc présentée avant ce temps-là. Je laisse les raisons particu- lières qui ont fait choisir à M. Dod- well l'an 168 pour l'époque de cet ouvi-age. On lui objecte que l'éloge de sarmatique ne peut convenir à Lucius Aurèle, mort avant que l'on attaquât les Sarmates ^ mais il répond que cet éloge s'est glissé là par la faute des copistes, au lieu de celui de parthique, qui fut donné aux deux frères, avec celui d'arménique, après la guerre d'Arménie (3), Il ajoute que la paix profonde dont Aihénagoras félicite les empereurs (4), ne peut convenir au temps que Mai'c Aurèle et son fils ont régné en- semble. Il ne dit rien sur la principale objection \ et néanmoins on peut y (1) DoJvvel. Dissertât. Cyprian. XI, num. 87.
Ci) Capitol., in Vitâ Marc. Aiirel., cap. IX, (4) 'H o-u^TroLo-tL oix.avfA.ev» tu t/^STêf* «•uvês-êt jictTiietç tipnvtiç à.'TroKAuQva'iV. Vniversus tprrrjritin orbif per vesiram providen^ tiam pn]fitiuldj'ruitur pace. Atlienag., pag. i4' ATHÉNAGORAS.
répondre ((nelque chose, comme on le verra bientôt. N'oublions pas qu'il prétend qu'Athénagoras insinue que son Apologie lut faite dans la même olympiade que Peregrin se brûla (5). Cette action de Peregrin appar- tient, selon MM. Dodwel et de Tille- mont (6), à l'an i65j mais Scaliger l'a mise sous l'année 166 (7). Il se fonde sur ce que Peregrin donna ce spectacle pendant la célébration des jeux olympiques. 11 croit que l'ou- vrage d'Athénagoras fut présenté aux empereurs dans la même olympiade: sa raison est que Peregrin se jeta au feu trois ans avant la mort de Lucius Verus, l'un de ces empereurs. Ce rai- sonnement est meilleur que la preuve que M. Dodwel a fondée sur les paro- les d'Athénagoras; car elles mar tion de l'Apologie, était le fils, et non pas le frère de cet empereur, et ils le prouvent par les paroles où ces deux princes sont comparés à Dieu le Père, et à Dieu le Fils. Ipsa qidJem oralio longé valldius nobis prœbet arffumentum. Vos quidem, subjicit l'ir disertus, in summâ imperii ma- jestate adeo conjunctis animis orbem regitis, ut indè cœlestis etiara regni contemplationem animo quis cora- plecti queat. Ut vobis enim Patri et Filio in potestate sunt omnia, regnoin vos divinitùs collocato, ( régis enim anima, inquit spiritus propTieticus, in manu Dei est) sic uni Deo et filio ejus hoc est Verbo subjecta sunt om- nia. IVullus hic est cai'illationibus lo- cus: imperatores non tantiim allo- quitur, sed etiam comparationem inquent seulement le lieu, et non pas le stituit duos inler terrenos reges, qui TMv' Oh!Jf^7rlct.\i (8). Propeurbem Oljrrn- piam. Voyez M. de Tillemont (9). La preuve tirée de la profonde paix de l'empire est d'une telle nature, qu'elle sert aux deux partis: le cardinal Ba- ronius allègue ce fait comme une marque que l'Apologie n'a pu être présentée sous le règne du frère de Marc Aurèle, ni en aucun autre temps qu'en 179 (10). M. de Tille- mont n'a pas bien compris la pensée de ce cardinal, puisqu'il lui impute d'avoir inséré que cette apologie n'a été écrite qu'en [ 176, ou ] 177, de ce qu'elle marque que l'empire était alors dans une profonde paix (11).
Voici les principales raisons de ceux qui prétendent que l'Apologie d'A- thénogoras n'a point été présentée avant l'an 177, qui fut celui de la promotion de Commode, fils de Marc Aurèle, à la dignité d'Auguste (12). Us soutiennent que celui qui est col- lègue de Marc Aurèle dans l'inscrip- (6) Tillemont, Hist, des Empereurs, tom. II, pag. 'jSS.
(7) Scalig., Animadv. In Euseb., nuin. 2182, (8) Atlienagor., pag. 244- (9) Tillemont, Hibl. des Empereurs, tom. II, (11) Tillemont, Hist. des Empereurs, pag.
(12) /!/. de Larroque, ayant suivi Eiisèbe, a mis cf;lie promotion sous Van 179. Daniel Larro- quanus Matha:i (iiius. Dissertât, de legione ful- minatrice, pag- 648.